Bonsoir! Voilà plus d'un an que je n'ai pas publié ici. Pourtant, les idées étaient là mais il me manquait un petit je ne sais quoi pour me lancer à nouveau… Mais me revoilà !
J'en profite donc pour remercier Crime of Passion 06, Ellerinna et Floridianna pour leurs encouragements qui ont réussi à me décider. MERCI les filles !

Pendant ces mois de "silence", je n'ai pas déserté FF : j'ai lu, j'ai commenté et j'ai également expérimenté l'écriture par un autre biais en remplissant le rôle de Beta pour deux supers histoires (que je vous invite à lire d'ailleurs : Better in time et Homeless). Et vivre ces publications m'a donné envie de retenter l'aventure ici.

J'espère donc réussir à vous embarquer dans « Faded… », qui sera une fic « all humans » avec nos personnages préférés. J'ai quelques chapitres d'avance mais entre le travail, la maison et la vie de famille, je préfère vous annoncer un chapitre toutes les 2 semaines. Si je peux raccourcir le rythme, je le ferais sans hésiter.

J'attends maintenant vos impressions, vos questions, vos suggestions, etc….tout ce qui motive un auteur à poursuivre l'aventure !

Bonne lecture !


Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer, je ne fais que jouer un peu avec eux.


Faded…

-Izzie ! Izzie ! Izzie !

La clameur de la foule envahissait les couloirs sombres du backstage. Là, debout, seule dans le noir, je tentai de calmer mon souffle erratique et mon cœur battant la chamade. J'avais laissé mon manager dans la loge, lui interdisant de me suivre sous peine de me stresser encore plus. A chaque cri de mon nom, mon estomac se tordait, suivant ainsi le rythme binaire inculqué par le public.

-Izzie ! Izzie ! Izzie !

J'avalai la dernière gorgée d'eau de la petite bouteille que je tenais fermement en main, puis l'écrasai brusquement, me permettant de passer mes nerfs sur le plastique avant de la lancer dans la poubelle toute proche.

Je devais y aller.

Je fis quelques pas dans le noir, me repérant aux fines bandes de scotch fluorescent collé au sol avant de m'arrêter de nouveau devant l'ingénieur son. Sans un mot, il me tendit mon micro et mes oreillettes puis pointa son poing fermé vers moi, attendant que je le cogne du mien comme à chaque représentation.

-Izzie ! Izzie ! Izzie !

Les musiciens étaient déjà sur scène, invisibles dans l'obscurité épaisse qui emplissait la scène, m'attendant sans un bruit. Je montai les quelques marches pour gagner le plateau, toujours à l'abri des rideaux de velours rouge. Mon estomac se serra fortement, à m'en faire mal, mais déjà l'adrénaline apparaissait dans mon organisme, m'empêchant de faire marche arrière.
Mécaniquement, je lissai d'un geste de la main ma robe scintillante et replaçai une mèche derrière mon oreille. Sur ma gauche, le régisseur s'impatientait, me faisant sourire. J'observai une dernière fois le plateau, apercevant, avec mes yeux avertis et connaisseurs, la montagne qu'était mon batteur. Il me sembla qu'il me fit un signe d'encouragement avec l'une de ses baguettes mais peut-être était-ce mon esprit qui l'avait imaginé dans ces ténèbres où même une chatte pourrait y perdre ses petits.
Je pris une grande inspiration et fis signe au régisseur. Sa voix résonna quelques secondes dans les oreillettes, donnant le top à toute l'équipe puis ce canal se coupa pour laisser place au retour son. La guitare commença doucement, installant le tempo et les bruits de la foule montèrent.

Des applaudissements.
Des cris.

Comme un papillon vers la lumière, ils m'attirèrent irrémédiablement vers eux et je fis les derniers pas pour sortir de ma cachette de tissu. De nouveaux cris montèrent et enfin les projecteurs se braquèrent sur moi alors que la batterie et les synthés débutaient leurs lignes mélodiques.
Des frissons envahirent tout mon corps avant que je ne m'élance vers le bord de la scène en m'écriant « Bonsoir Phoenix ! », faisant instantanément disparaitre la boule au fond de mon estomac.

Les chansons s'enchainaient et ma sensation de totale liberté prenait de plus en plus de force. C'était pour cela que je chantais. Pour me sentir libre. Pour me sentir forte. Pour me sentir en vie.

Avant d'entamer la dernière chanson du répertoire de ce soir, j'égrenai un à un les prénoms de toute mon équipe technique ainsi que ceux de mes musiciens car sans eux, rien de tout cela ne pourrait être aussi fort.
Mon bassiste me fit un clin d'œil et mon batteur fit tourner entre ses doigts sa baguette avant de la pointer vers moi en souriant de toutes ses dents. Je lui envoyai un baiser du bout des doigts avant de me retourner pour faire une ultime fois face à mon public survolté pour la dernière chanson.
Mais alors que j'entamai le premier couplet, un mouvement sur ma gauche attira mon regard et je ne pus que regarder sans réagir cet homme encagoulé se précipitant vers moi. Puis la douleur m'envahit alors que je sentais la froidure du métal contre ma peau…

-Non ! hurlai-je en me relevant.

Il me fallut quelques secondes pour reprendre mes esprits. J'étais chez moi, assise dans mon lit, trempée de sueur et tremblante.

Comme tous les jours.

Et comme tous les jours, je sortis difficilement de mes couvertures, toujours tremblante, pour gagner la cabine de douche et ouvrir le robinet d'eau froide qui me permettrait de reprendre pied.

Ma douche froide terminée et l'esprit redevenu clair, je passai rapidement ma tenue avant de trainer des pieds vers ma cuisine pour me servir un énorme bol de café fort. Immanquablement, je passai à côté de la petite commode où mon dernier Grammy prenait la poussière en remplissant son rôle de porte-photos improvisé, me laissant entrapercevoir comme chaque jour, le visage souriant de mon père, posant à mes côtés sur le tapis rouge dans son smoking noir, tranchant avec la magnifique robe de dentelle blanche qui m'avait été offerte par l'un de ces grands couturiers français.

Encore une fois, je secouai la tête vivement pour faire disparaitre ces souvenirs d'un passé beaucoup trop douloureux dorénavant et tentai de reprendre pied dans mon quotidien. Dehors, le ciel s'obscurcissait doucement. J'avais dormi une bonne partie de la journée. J'écoutai distraitement le flash infos et la météo avant d'éteindre la télévision et de quitter mon logement, ma casquette vissée sur la tête et mes lunettes de soleil sur le nez.
Après avoir attrapé le train de banlieue pour rejoindre le centre-ville, je remontai aisément à pied les deux boulevards, me fondant dans la foule de ce mercredi soir sec et chaud. Des femmes en tailleur, des hommes en costume… tout ce petit monde « dans la norme » quittant son travail croisait quotidiennement d'autres hommes et d'autres femmes en tenue de soirée, eux, se dépêchant de rejoindre un restaurant, une avant-première ou une salle de spectacle. Et les autres, comme moi, qui rejoignaient leur travail, passaient alors inaperçus à côté de tout ce clinquant qui attirait tous les regards, nous transformant ainsi en ombres fugaces et anonymes. Los Angeles était une ville qui ne dormait jamais, tout comme Las Vegas.

Je passai devant le kiosque à journaux, me permettant d'observer quelques secondes les dernières unes des magazines. Comme toutes les semaines, ces deux jeunes hommes étaient en couverture et je souris à leur réussite. Comme toutes les semaines, ils posaient tels des mannequins, ensemble ou séparément, faisant hurler les groupies dans les rues à chacune de leur apparition… Ils avaient travaillé dur et ils méritaient cette reconnaissance…

J'achetai un café au Starbucks et passai la grille d'entrée du studio, situé non loin du fameux Sunset Boulevard, presqu'au pas de course, avant de pénétrer dans le batiment. Je filai au vestiaire, déposai mon sac et mes lunettes et enfilai ma tenue avant de réajuster ma casquette. Je remontai le couloir vers les studios d'enregistrement et alors que j'entrouvrais la porte de mon local, la porte du studio 1 s'ouvrit pour laisser sortir Jacob et deux hommes qui discutaient en se dirigeant vers le bureau du patron. J'attrapai mon instrument et refermai sans un bruit la porte, ne voulant pas les déranger alors qu'ils s'éloignaient désormais. En soufflant, j'entrai dans le studio et commençai ainsi ma nuit, remettant de l'ordre dans la pièce.

Mon père avait-il imaginé cela pour sa fille lorsqu'il rencontra ces hommes la première fois ? Au début, j'essayais de me réconforter en me disant que non, qu'il avait pensé que tout se déroulerait sans accroc. Mais désormais, la rancœur, la douleur et la solitude étaient beaucoup trop grandes pour que je le lui pardonne. Et à chacun de mes réveils, seule ma colère envers Charlie me permettait de tenir jour après jour et de ne pas me laisser aller à avaler une boite de jolies pilules de toutes les couleurs pour enfin dormir et me reposer éternellement. Il avait parié sur ma vie et cela, je ne pouvais l'accepter venant de lui. Jamais un père ne devrait faire quelque chose qui puisse mettre en danger son enfant.

Un brusque claquement contre la vitre séparant la pièce en deux résonna et me sortit de mes pensées alors que j'avais toujours les mains sur la guitare acoustique que je voulais replacer sur son pied. De l'autre côté de la vitre de la cabine de l'ingénieur, Jacob se tenait là, moqueur, ses deux invités en léger retrait dans la pénombre.

-Je te paie pour faire le ménage, pas pour te laisser croire que tu pourrais être une starlette ! Allez au boulot Swan ! dit-il d'un ton cassant dans le micro alors qu'un rictus narquois était apparu sur son visage.

S'il savait…

Personne ici ne savait qui j'étais, encore moins ce Jacob. Mais si j'avais la force de me relever et de le lui dire, il irait surement se cacher dans les jupes de sa mère, honteux.

Je replaçai aussitôt l'instrument et repris le manche du balai correctement entre mes mains pour poursuivre mon travail sans avoir émis le moindre son.
Lorsque je relevai la tête quelques secondes plus tard, la cabine était de nouveau vide, me laissant seule avec ma vie…

Izzie... J'étais Izzie, chanteuse à la tête des charts internationaux durant des mois et des mois, des années même, aux millions de disques vendus de par le monde.

Mais plus une note n'était sortie de mes lèvres depuis presque trois ans désormais.

Et dorénavant, j'étais juste Swan, pas même mademoiselle Swan ou Isabella…non, juste Swan avec cette pointe de dédain dans la voix…Swan, la femme de ménage et gardienne de nuit d'un studio d'enregistrement en plein cœur de L.A….

Voyez-vous l'ironie de la situation ? Moi, oui. La vie est une batarde…


Alors ? Vos premières impressions ? Montrez-moi que j'ai bien fait de me lancer dans l'aventure :-)

Le chapitre suivant arrivera dans quelques jours, je vous laisse le temps de digérer cette mise en bouche.