Je sais je sais ça fait des mois que je n'ai rien posté ici et je m'en excuse ;; J'ai eu un boulot cet été et ça a été assez complexe de survivre au travail et au dodo et de trouver du temps pour écrire un peu maIS me voilà revenue et en forme ! (pour combien de temps par contre, ça, j'en sais rien)

Donc avant tout ça, réponses aux commentaires :

Et ouiiii, il y a eu un mort hehe ! Vous allez apprendre dans ce chapitre plus d'informations à ce sujet, ainsi que d'autres détails, hehe ! J'espère que ça va vous plaire ! Je ne sais plus à qui j'ai déjà répondu et à qui non, mais je souhaitais tout de même à remercier tout le monde et je vais juste citer tout le monde ça va être plus simple ;)

MicroFish, The Lyon's , Aplin S , Courtney Ackles , Ellis Ravenwood et miruru-sensei

Merci beaucoup !

Disclamer : I do not own Supernatural


À l'école, personne ne se doute de rien. La présumée victime ne fréquente ni le High School of Kansas ni un tout autre établissement scolaire. De ce qu'Alex leur a dit, la mort de Daniel, ce type que Claire est persuadée d'avoir flingué, passera inaperçue. C'est un moins que rien, un anonyme, un gars qui ne manquera à personne.

Malgré toutes ces informations sensées être rassurantes, la blonde aux yeux bleus ne se sent pas bien. Elle est assise au fond du local de son cours d'histoire de l'art, tête baissée vers ses mains tremblantes et évite le regard de tous-tes. Son esprit vagabonde et les souvenirs de la semaine dernière la hantent encore. Ça fait exactement six jours et treize heures que ledit évènement a eu lieu. Six jours et treize heures qu'elle panique à chaque porte qui s'ouvre brusquement, à chaque fois qu'elle entend son nom, à chaque coin de rue. Six jours et treize heures que Benjamin et elle se voient toujours en cachette et évitent tout contact suspect. Six jours et treize heures que Castiel se comporte bizarrement, lui aussi. Que Dean Winchester la regarde avec compassion et, elle l'espère, une petite dose d'amour. Que son oncle et son prof d'histoire ont des conversations muettes, des regards complices et des sourires suspicieux. Six jours et treize heures qu'elle espère que tout cet enfer finisse. Elle préférerait de loin que la police débarque et l'arrête que de vivre encore, ne serait-ce que quelques minutes, avec cette boule au ventre, cette angoisse insupportable, ces tremblements incessants.

Castiel dépose une main qui se veut rassurante sur son épaule, faisant mine de regarder le travail d'analyse qu'elle est sensée faire pour ne pas attirer de soupçons. Le travail en question, d'ailleurs, est un brouillon de mots et de traits. Depuis six jours et treize heures, sa nièce n'est plus que l'ombre d'elle-même. Lui non plus ne s'est pas particulièrement bien senti depuis la Nouvelle. Il a du mal à fermer l'oeil la nuit et malgré tous les propos rassurants de Dean et de ses connaissances du système judiciaire, ça n'aide pas. Rien n'aide. Il vit dans la terreur et c'est insupportable. Il a failli appeler son ancien petit ami – Crowley McLéod –, devenu détective, pour lui mettre la situation (de façon hypothétique) en pleine gueule histoire d'avoir des informations inaccessibles autrement. Il s'est résigné à la dernière minute en se disant que moins on implique de personne, mieux c'est. De toutes façons, il trouve déjà qu'il y a trop de témoins et de gens au courant. Il fait confiance à Benjamin et à Claire, à Dean un peu aussi (il sait que ce dernier ne mettrait jamais son « fils » dans la merde), mais Alex et ses frères… Ce sont ces trois-là qui l'angoissent le plus. Il a peur qu'en cas de panique, ils fassent un faux pas. Qu'ils dénoncent sa nièce chérie. Pire, qu'ils mettent tout sur sa faute et n'assument rien. Après tout, avec Jody de retour…

– Vous allez bien, monsieur Novak ?

La voix de Claire le tire hors de ses pensées. Il n'est pas habitué de l'entendre le vouvoyer ni l'appeler par son nom de famille, mais ce sont les règles de l'école et ils se doivent tous-tes de les respecter. Il sourit faiblement et retire sa main en continuant de circuler dans l'allée. Pour la première fois de sa vie, il a hâte que son cours s'achève histoire qu'il puisse enfin respirer un coup dehors. Tout ce silence qui créé une ambiance lugubre le rend mal à l'aise. Quand il parle, il pense à ses oeuvres, au passé des autres, aux dates importantes, aux personnages fascinants… Mais dès qu'il se tait, trop de choses se bousculent dans sa tête, trop d'images, de propos qu'il souhaiterait ne jamais avoir entendu, d'histoires oubliées qui refont surface… Castiel déteste ça. Ça le rend de mauvaise humeur et il n'est pas habitué de l'être.

La cloche sonne. Les élèves se lèvent et rendent leur copie sur le bureau de Novak pendant que ce dernier se dépêche de revenir vers l'avant afin de les saluer. Ça lui permet de se sortir de sa torpeur et il sourit faiblement, encore une fois, en voyant sa nièce passer devant lui. Il se demande comment elle se comporte dans ses autres cours, si elle est aussi déprimée et à part, si les autres enseignant-es s'inquiètent. Il évite généralement la salle commune et la cuisine, se contentant de manger ses sandwichs dans son bureau et de son minuscule frigo qui garde ses fruits et légumes au frais. Il n'aime ni les commérages ni les foules. Et personne ne commère autant que des professeur-es de lycée. Du moins, personne à sa connaissance.

Après avoir ramassé toutes les copies, il se rue vers son bureau. Dean est prosterné devant, bras croisés sur son torse et un journal à la main. Son coeur commence à battre rapidement. C'est la première fois depuis six jours et treize heures et demi que Dean le rejoint de la sorte avec un regard aussi sérieux qu'affolé. Accélérant le pas, Castiel ouvre sa porte sans parler et tire le professeur d'histoire à l'intérieur.

– Qu'est-ce qu'il se passe ?

– Regarde-moi ça.

Il lui tend le journal.

ALEX JONES PORTÉE DISPARUE

Le titre à lui seul suffit à Cassie pour comprendre la gravité de la situation.

Il se tourne vers Dean avec le même visage inquiet qu'avait celui-ci quelques secondes auparavant.

– C'est quoi ce bordel ?


Benjamin n'a pas eu la force d'aller en cours ce matin. Il a vu le journal en premier, puisque c'est lui qui, depuis plusieurs jours, se lève tôt pour l'amener à Dean en espérant ne pas y voir de meurtre à la une ou de porté-e disparu-e. Ce matin-là, il a manqué de recracher le peu que son estomac contenait en voyant le nom de sa bonne amie apparaître en première page. Alex Jones portée disparue. Son coeur a raté un battement, ses mains sont devenues instantanément moites et il s'est laissé tomber à même le sol. Alex, disparue.

Après toutes les horreurs et le stress que cette brunette lui a fait vivre, elle ose disparaître ?

Le meilleur ami de sa mère est apparu quelques secondes après avoir entendu le vacarme de son corps qui s'écroule et a arqué un sourcil en attrapant le journal. Sa réaction n'a pas été meilleure :

– Bloody Hell ! Est-ce une blague ?!

Il s'est retenu de déchirer le journal, se disant que ça serait plus intelligent de lire l'article pour mieux comprendre la situation. Dès qu'il en a fini, il a pensé à appeler Castiel, s'est rappelé que ce dernier avait cours ce matin et a décidé de se rendre tout simplement au high school afin de le rejoindre à son bureau. Avant de partir, il s'est assuré que Ben allait « bien » (dans la mesure du possible) et qu'il allait survivre. Ce dernier lui a tout simplement dit de ne pas s'inquiéter et s'est réfugié dans sa chambre, tête basse et regard perdu.

Il n'en est pas sorti depuis et il est déjà 15h. Les cours finissent dans une demi-heure et depuis sept heures du matin, l'adolescent de seize ans fixe son plafond, allongé sur son lit. Il hésite entre péter les plombs ou se droguer depuis quelques minutes. Tous les scénarios possibles et imaginaires ont traversé son esprit. Soit Daniel n'était pas si inconnu que cela et une personne le connaissant a décidé de se venger, soit la mère biologique d'Alex a encore merdé et un des membres d'un gang se charge de la situation en la kidnappant, soit celle-ci a tout simplement fugué, soit elle a été assassinée, soit elle s'est suicidée dans un trou perdu en ne supportant pas de vivre dans le mensonge, soit… Soit… Soit… Pleins d'hypothèses aussi farfelues les unes que les autres lui passent par la tête en boucle comme une chanson déplaisante qu'on ne peut se sortir de l'esprit de par aucune façon.

Ça dure depuis des heures et des heures. Il en a marre. Il se sent à la fois coupable, inquiet et agacé. Il a tout simplement hâte que tout cet enfer disparaisse. Que tout redevienne normal. Qu'il sorte en soirée à tous les soirs, qu'il boive et se drogue sans arrêt pour noyer ses peurs, qu'il dorme normalement, qu'il ne grimace pas à la vue du rouge ou d'un objet rappelant un fusil… Il ferme ses yeux pour la énième fois dans l'espoir de retrouver ses esprits. Il a l'impression de ne plus être lui-même.

Il finit par se redresser. Non, il ne prendra pas de drogue. Ce n'est pas une bonne idée. Mais rester assis dans son lit et être inactif (en plus d'oublier de manger) n'en est pas une meilleure. Il se force pour descendre dans la cuisine et sortir les restes de la pizza de la veille qu'il ne prend même pas la peine de réchauffer avant de l'engloutir. Son téléphone à la main, il s'installe de manière nonchalante sur le canapé et décide d'envoyer un SMS à Claire pour savoir si elle est déjà au courant ou non de la nouvelle.

De : Benji

À : Claire

Rassure-moi, Castiel t'a déjà appris la mauvaise nouvelle.

De : Claire

À : Benji

Oui… Monsieur Winchester a demandé si on voulait passer chez lui ce soir…

De : Benji

À : Claire

Ça me ferait plaisir de te voir. :)

Ils essayent tous les deux d'en dire le moins possible par message pour éviter de laisser trop de preuves. Ils ont vu assez de séries TV et lu assez de romans policiers pour savoir que les flics, de nos jours, fouillent tout ce qu'ils peuvent. S'il leur faut lire en fond et en comble les messages des suspects, ils le feront. Ainsi, pour couvrir leurs derrières, Claire et Benjamin communiquent entre eux de la façon la plus évasive possible. Surtout lorsqu'ils ne sont pas en face à face dans un endroit sûr.

Alors qu'il s'apprête à allumer la télévision, il entend la porte d'entrée grincer et sursaute par réflexe. Ses jambes viennent rejoindre son torse et il entoure ses bras autour d'elles en s'assurant que la personne qui entre est bel et bien une personne connue. Le visage de son gardien apparaît suivi de ceux des Novak. Castiel et Claire pénètrent la maison de Dean avec la même gueule d'enterrement que ce dernier. Ben les salue vaguement et les rejoint dans la cuisine où Dean leur sert une bière à chacun.

– Ok, il faut qu'on mène notre propre enquête pour qu'on sache ce qu'il s'est passé avant que les flics ne découvrent le pourquoi du comment, énonce le propriétaire des lieux.

– Et comment on fait ça sans passer pour des suspects ? lance Ben en ouvrant sa bière.

– C'est simple. Alex était ton amie proche, tu peux toujours dire que tu t'inquiètes pour elle et tu cherches à la retrouver. Moi, je peux me servir de mon apparence pour draguer les mecs qu'Alex connaissaient et aller dans les bars où elle allait.

Castiel grince des dents, complètement en désaccord avec le fait que sa nièce utilise son corps à ce genre de fins.

– Et nous, en tant que ses enseignants, on peut toujours dire qu'on essaye de ramasser le maximum d'informations possibles pour aider la police, tout simplement, explique Dean en adressant un regard à Castiel. Si tu es d'accord pour bosser avec moi, bien sûr.

L'oncle de Claire hausse les épaules, l'air de dire « ai-je le choix ? »

– Alors, on fait ça ?

– On fait ça.

Le regard qu'ils se lancent par la suite est suspect et les deux adolescents remarquent bien que quelque chose cloche entre les deux adultes. Se sont-ils connus par le passé ? Ont-il déjà bossé ensemble ? Pourquoi Dean a-t-il soudainement demandé à Castiel son accord, alors qu'il a pour habitude de toujours donner des ordres qu'on ne discute pas ? Et pourquoi Cassie a-t-il fait une pause avant de répondre ? Il est certes toujours tête en l'air et perdu dans ses pensées, mais lors de situations importantes, il sait se concentrer et répondre du tac au tac…

Claire secoue sa tête. Non, c'est impossible que son oncle et son professeur préféré se soient déjà connus sans qu'elle le sache. Quelqu'un aurait bien fini par lui en parler tôt ou tard, non ?

Ben, quant à lui, s'imagine comment les deux ont pu se rencontrer, quelle relation ils ont pu avoir et comment se fait-il que les deux ont le même tatouage… Il a bel et bien remarqué le symbole bizarre d'une étoile à cinq branches et un semblant de feu autour de celle-ci sur le torse de son gardien. Il a aussi parfaitement entraperçu le même dessin sur le torse de son professeur la fois que ce dernier avait déboutonné sa chemise un jour de canicule de l'an dernier quand Ben était passé à son bureau pour lui porter un énième devoir à l'avance… Jusque là, il n'avait pas pensé une seule seconde que les deux tatouages pouvaient avoir une signification quelconque pour les deux adultes. Depuis toujours, il pensait qu'il s'agissait d'un tatouage qui était jadis à la mode, mais maintenant qu'il y repense… Peut-être que…

– Bon, vous voulez rester à manger ? propose Dean en coupant le silence gênant qui s'est créé depuis quelques minutes.

Claire supplie Castiel du regard.

– Oui, pourquoi pas.

Alors que Dean lui offre son sourire habituel et rassurant, ça le replonge dans ses plus vieux souvenirs…


Il a vingt ans et c'est sa première journée à l'université.

Après avoir passé une année entière à voyager dans son propre pays au volant de sa Lincoln pour trouver quelque chose d'intéressant à faire de sa vie, Castiel s'est enfin décidé : l'histoire de l'art sera sa destinée. Il s'est inscrit sur un coup de tête, comptant sur ses nombreuses lectures et ses connaissances bibliques (merci papa pasteur) pour passer son entrevue.

Il n'est pas très chanceux dans la vie, Castiel. Plus jeune frère d'une famille de quatre, il fait souvent tâche à côté des trois autres.

Le plus vieux d'entre eux, Samaël, dont le nom fait encore grincer les dents de papa Novak, est un architecte renommé mondialement et travaillant pour Frank Lloyd Wright. Le second, Balthazar – définitivement, c'est maman Novak qui choisit les noms –, vient à peine de finir ses études en arts visuels que déjà il est engagé dans le plus gros musée de sa ville comme restaurateur. Finalement, Gabriel, le passionné des humain-es et de la culture, qui a commencé ses études en anthropologie afin de finir archéologue, s'est marié avec la belle Charlie Bradbury, la meilleure archéologue de sa faculté, la plus douce et la plus gentille, que ses parents idolâtrent.

Comment vivre à la lumière à côté de trois stars de la sorte ? Il a toujours été dans l'ombre, encore plus quand il a annoncé à papa-maman qu'il désirait prendre une année sabbatique et partir se ressourcer au Grand Canyon ainsi que sur les plages de San Francisco. Il était sûr que les deux allaient le renier, mais Gabriel a pris sa défense en leur disant que Castiel est encore jeune, qu'ils ont déjà trois fils desquels être fiers et qu'il ne faut pas s'inquiéter. Après tout, leur cousin Raphaël était parti en vacances lui aussi et, regardez-le, il est médecin réputé !

Même si Castiel a été touché par l'intervention de son aîné, il en a surtout été blessé. « Vous avez déjà trois fils desquels être fiers, arrêtez d'en demander autant de notre petit Cassie ! » C'était probablement la chose la plus horrible qu'il ait eu à entendre, même s'il savait que les intentions de Gab n'étaient pas mauvaises, bien au contraire.

Il n'a donc jamais été chanceux dans la vie : ses parents le perçoivent comme un moins que rien, son frère le défend en l'insultant et, comme s'il manquait de cerise sur le gâteau, son voyage l'a davantage ruiné qu'il ne l'a aidé.

Ainsi, quand il a reçu une réponse positive suite à son entrevue à l'Université de Chicago, une petite larme a coulé le long de sa joue. Une seule. Il a serré fort la lettre contre son torse et l'a pliée en quatre pour la ranger dans son porte-feuille. Comme ça, il n'oubliera jamais. Après tous ses échecs, toutes les difficultés que la vie lui avait présentées, voilà que celle-ci lui présentait un sentiers tout frais tout beau qui lui permettait de se remettre sur pieds. Et, peut-être aussi, d'impressionner ses parents.

À bien y penser, il n'a pas plus envie que ça de les impressionner, ses vieux…

En inspirant une bonne bouffée d'air pour se donner confiance, Castiel passe la porte d'entrée de son pavillon et se dirige vers son premier local où se déroule son cours d'histoire. Il entre et, perdu dans ses pensées, se retrouve face à deux yeux verts perçants qui le dévisagent de haut en bas. Il recule directement, arque un sourcil et, sans vouloir paraître trop impoli, demande à l'homme devant lui ce qu'il fait là et pourquoi bloque-t-il le passage.

– Oh, rien du tout, je regarde qui débarquent au cours pour voir à qui j'ai affaire cette année histoire de savoir si j'vais me faire chier ou pas. Mais disons qu'en te voyant, je ne suis pas du tout déçu d'être enfermé entre ces quatre murs…

L'inconnu lui offre son plus beau sourire qui se veut rassurant et Castiel, perplexe, ne trouve rien de mieux à lui répondre qu'un haussement d'épaules, suite auquel il le contourne pour s'installer en avant, là où on voit le mieux le tableau. Il a peut-être perdu une année en voyageant, mais ça ne signifie pas qu'il est un moins bon élève qu'avant.

Les yeux verts ne le lâchent pas de tout le cours. À la fin, ils l'attendent à la sortie du local et les joues de Castiel, intimidées par toute cette attention soudaine, virent au rouge au moment même où son épaule frôle celle de l'inconnu.

Profitant de cette proximité, les yeux se penchent vers Cassie et lui murmurent une phrase toute simple, et pourtant celle-ci sonne davantage comme une invitation à une aventure qui ne finira probablement pas bien qu'à une proposition innocente.

– Dean Winchester, à votre service.