Sur la planète, les négociations étaient arrivées à une impasse, les Komédos exigeaient d'obtenir des informations qui étaient normalement classifiées et Léa savait qu'en plus du danger que ça représentait de la leur donner, Starfleet ne l'accepterait tout simplement jamais.

- Ce que vous ne réalisez pas, dit alors le Riker holographique, c'est que ces informations, nous pouvons les obtenir par nous-même, par la force.

Il venait de passer à la menace et non seulement, ça inquiéta Léa, mais ça lui fit comprendre que les Komédos n'étaient peut-être vraiment intéressés par ces données et qu'ils recherchaient autre chose.

- Clairement, dit-elle avec calme, vous avez abandonné cette voie et c'est tout à votre honneur, mais nous ne pouvons vous donner tout ce que vous voulez sous prétexte que vous avez cessé de nous attaquer. Les informations que vous me demandez sont de nature sensible et même nos alliés n'y ont pas accès.

- Pourtant, nous vous offrons beaucoup en échange. Nous avons développé des technologies encore étrangères à la Fédération.

- Et qu'en est-il de vos connaissances médicales?

Il sembla étonné.

- Nous ne sommes pas des entités biologiques.

- Bien sur, mais vous nous avez étudié et sur Irizia vous avez tenté de modifier l'ADN des colons. Pour faire ça, vous devez être relativement avancé. C'est le genre de connaissances qui pourrait aussi intéresser la Fédération. Par exemple, malgré toute notre technologie, nous ne pouvons faire sortir un patient d'un coma profond.

Elle prenait un risque qu'ils découvrent la raison première de leur visite, mais elle voyait bien qu'elle n'arrivait à rien et elle ignorait si l'équipe de Myriam avait fait des progrès, elle devait trouver une façon de repérer l'enseigne Douze-Cent-Trois et de comprendre ce qu'ils lui voulaient.

- Je ne crois pas que nos connaissances sur la neurologie du cerveau des entités biologiques soient plus avancées que les vôtres, répondit l'hologramme.

Sur le moment, elle eut la certitude qu'il venait de lui mentir. Et même si elle n'avait affaire qu'à un hologramme personnifiant l'entité avec laquelle elle discutait, elle était certaine d'avoir perçu de l'embarras dans son attitude.

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La caverne descendait profondément sous le sol et pour s'y aventurer l'équipe dut littéralement en escalader les parois. Heureusement, ils étaient équipés de matériel d'escalade et la descente se fit lentement, mais assurément. Plus ils descendaient et plus la température baissait. Cependant, ils n'y virent aucun komédo avant d'avoir atteint un pallier où, de toute évidence, se trouvait une construction.

Giona sortit son tricordeur et scanna les environs.

- Je ne détecte pas de formes de vies humanoïdes, dit-elle avec détection, mais il se trouve une grande quantité de komédos dans cette direction. Les données ne sont pas claire, quelque chose bloque partiellement le signal.

- Allons-y, dit Myriam.

- Commandeur, dit Jamar, ce ne serait pas prudent. Nous risquons de nous jeter dans la gueule du loup alors que nous ignorons si l'enseigne s'y trouve.

Giona continuait de scanner, son tricordeur bipa.

- Commandeur, il y a autre chose. Le tricordeur détecte une importante quantité de polaritons.

- Le téléporteur à polaritons?

- Je dirais que c'est ici que se trouve la plate-forme de téléportation à polaritons.

- Si profondément sous la surface, alors que notre propre système de téléportation ne peut l'atteindre.

- Je détecte autre chose, un genre de conduite vers la surface, le faisceau de polaritons a dû le traverser.

- D'autres objections, lieutenant?

- Non, commandeur.

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Toujours connecté à l'appareil komédo, Douze pouvait voir dans son esprit voir la progression de la construction de l'amplificateur neural. Ils comptaient s'en servir pour diffuser les messages mentaux de Douze dans tout un secteur de la galaxie. Cette image le fit frémir. Il tenta de garder son calme pour que ses ravisseurs le croient plus coopératifs.

- Quelle source d'énergie allez-vous utiliser pour alimenter une telle merveille, dit-il alors? Je ne suis pas ingénieur, mais j'imagine que pour amplifier mon don et l'émettre sur une si grande distance, il faut une quantité d'énergie phénoménale.

Il vit alors l'image d'un système planétaire avec deux étoiles une blanche et une naine rouge et plusieurs planètes tournant autour.

- Ce système est binaire, expliqua Atélar. Nous allons épuiser l'énergie de l'étoile blanche jusqu'à ce qu'elle s'effondre sur elle-même pour devenir une naine blanche.

- Ça risque de modifier toutes les forces gravitationnelles de ce système planétaire.

- Toutes les simulations indiquent de grands mouvements des planètes de ce système et un bouleversement majeur. Mais il nous sera toujours possible d'habiter sur cette planète. Nos besoins ne sont pas les mêmes que pour des entités biologiques.

- Pourquoi faites-vous ça? Pourquoi prendre un tel risque juste pour que je rassure la Fédération sur vos intentions? Je trouve que l'enjeu n'en vaut pas le risque. La Fédération est pacifique et même s'ils se méfient de vous, si vous cherchez à faire la paix avec eux, ils en saisiront l'occasion.

- Nos simulations prouvent qu'il y a 74,56% de chances que la Fédération accepte notre proposition de paix.

- Alors où est le problème?

- Il y a un risque de rejet de 25,44% et c'est inacceptable. Avec l'utilisation votre don, le risque de rejet tombe à 2,47%.

- Pourquoi tenez-vous tant à faire la paix avec la Fédération?

Il vit dans son esprit les images de la bataille d'Antarès, là où la flotte, dirigée par le capitaine Roberge, avait repoussé une attaque komédo.

- Toutes nos estimations nous donnaient vainqueurs, notre technologie était meilleur, notre stratégie était sans faille et pourtant...

Il vit les débris des millions d'araignées robotiques flotter dans l'espace.

- Nous avons cru que les entités biologiques étaient des être inférieurs ne méritant pas notre respect. Nous avons eut tord. Nous ignorions trop de choses à l'époque, maintenant nous savons. Si nous voulons continuer d'évoluer, nous devons aussi faire évoluer notre civilisation, côtoyer des civilisations d'entités biologiques est la solution.

C'était donc l'évolution qu'ils recherchaient encore et toujours. Les Komédos avaient pour but principal de toujours évoluer plus et Douze-Cent-Trois réalisait tout à coup qu'ils étaient peut-être sincères dans leur effort pour faire la paix avec la Fédération. Mais devait-il les aider pour autant. Leur but ne risquait pas de changer, et leur besoin d'évolution pourrait sans doutes les mener à surpasser ceux qu'ils appelaient les entités biologiques. À ce moment, ils pourraient à nouveau être dangereux au delà même de tout ce qu'avait connu la Fédération. Le danger viendrait de l'intérieur et il frapperait avec une force et une précision imparable. Cependant, si la Fédération refusait leur proposition de paix, la situation pourrait être pire.