Ha'ge Ohasu [L'être lumière] ~ Partie VIII Tamek Tlingansu [Tamek le Klingon]


Chapitre 1 - Shi k'hali-tevakh
[
cimetière d'épaves]

oOo

Précédemment
- Que l'esprit du Père de notre peuple vous guide. Dit Spock d'une voix à la fois solennelle et douce. Dif-tor heh smusma [longue vie et prospérité]
- Je vous remercie, Spock. Répondit T'leia. Et vous souhaite de retrouver le chemin vers votre univers. Sochya heh dif [Paix et longue vie]

ooo

Les quelques jours qui suivirent le départ de Kokivô-ya furent étranges.
L'Enterprise était restée en orbite pendant presque 2 mois. Chaque Enterprisien·e avait pris goût aux beautés de ce monde et à la douceur de vivre qui régnait sur cette planète, et, surtout, à la bienveillance de ses habitant·e·s, leur joie de vivre communicative, leur sens de la fête... Les membres de l'équipage avaient naturellement noués des amitiés et savaient qu'ils ne reverraient plus jamais ces ami·e·s.
McCoy avait l'intuition que ce séjour avait agit comme une thérapie réconfortante, permettant à chaque membre de l'équipage de se remettre du traumatisme de l'enlèvement de Vlokir.

Il régnait à bord comme une sorte de... nostalgie.
Les liens de camaraderie et de solidarité s'étaient approfondis. Les Enterprisien·e·s maintinrent l'habitude qu'illes avaient acquise sur Kokivô-ya d'organiser chaque fin de semaine de joyeuses petites fêtes. Ève y prenait activement part, très joyeusement. Elle faisait découvrir aux fêtards la richesse musicale de la planète Terre des années 6500.00 à 11600.00. Incité par Ève, Azhular avait proposé un certain nombre de chansons Klingones particulièrement festives, aussitôt adoptées. Emportés par cet élan, les autres membres non-Humains avaient à leur tour proposé des chansons pour le plus grand plaisir de tous. Des danses traditionnelles furent enseignées dans la bonne humeur... et une radieuse pagaille.
Les festoyeurs bénéficiaient de la complicité passive de leur Capitaine, qui les rejoignaient parfois. Le Commandant, si à cheval sur le respect du règlement, n'émit aucune réprobation. Rien ne l'interdisait, tant que chacun s'acquittait consciencieusement de son devoir, et que cela n'entravait pas la bonne marche de l'Enterprise.
Quand la question s'était posée d'autoriser, ou pas, l'organisation de ces fêtes, Ève avait très sérieusement émis un argument imparable, qui avait beaucoup amusé Jim. Ces divertissements conviviaux étaient bénéfiques: ils entretenaient la cohésion du groupe et contribuaient à maintenir l'équilibre moral et la santé physique des membres de l'équipage. Considéré sous cet angle, Spock ne pouvait qu'approuver.

Les trois Klingons avaient été définitivement et naturellement adoptés sans que personne ne proteste. Ils étaient traités et considérés comme n'importe quel personnel à bord. Ils se sentaient respectés, mais pas craints.
Au début, cela leur sembla étrange, tant ils avaient l'habitude que les non-Klingons les considèrent comme des buveurs de sang sans morale. On admirait leur force, on respectait leur susceptibilité... et, à leur grand étonnement, on recherchait leur compagnie. Mais ils s'y habituèrent aisément, il était vraiment agréable d'être apprécié sans pré-jugé. Rapidement, ils ne furent pas les derniers à participer aux festivités hebdomadaires.

Le Capitaine avait pu juger lors de ce séjour sur Kôkivo-ya des compétences d'Azhular pour organiser la sécurité de Kôgo-Eve, ses facultés d'anticipation, d'adaptation, son autorité naturelle. Il avait par conséquent nommé Azhular chef de la sécurité, en remplacement du lieutenant Stanton Vasser qui avait été assassiné par Vlokir.
Cela ne provoqua aucun scandale. Tous estimaient que si le Capitaine avait pris cette décision, c'est que Azhular avait toutes les qualités requises pour assumer ce rôle. De plus, un impitoyable guerrier de sa trempe avait toute sa place en tant que chef des protecteurs, et encore plus alors qu'ils étaient perdus dans cet univers où tout leur était inconnu, où le danger pouvait surgir n'importe quand et de n'importe où. C'était même rassurant.

Ève était à la fois soulagée d'être libérée du poids des responsabilités impériales qui avait été posé sur ses épaules, et attristée d'avoir quitté des gens aussi bienveillants. Saraï était devenue une confidente et elle lui manquait beaucoup. Elles avaient beaucoup parlé ensemble. Ève savait qu'elle ne la reverrait sans doute jamais: elle avait perdu une amie. Elle n'avait pu se retenir d'en pleurer. Heureusement, Jim et Spock avaient fait leur devoir d'époux, et ils l'avaient consolée, chacun à leur façon.

La vie normale reprit son cours à bord du vaisseau perdu au milieu de nulle part, du moins, aussi normale que pouvait être la vie dans une situation aussi précaire.

Ève avait retrouvé son fauteuil sur la passerelle, bien qu'il n'y avait plus aucune raison logique à cela. Mais, curieusement, cela convenait à tout le monde. C'était devenu "sa" place. Elle poursuivait ses études, plus studieusement que jamais, et ses Sa-t'hylara étaient secrètement satisfaits de l'avoir toujours à portée de regard.
Spock et Jim avaient repris ensemble leurs recherches de points de repère pour retrouver une route vers la Terre.
Sulu et Chekov veillaient à ce que la navigation se déroule sans histoire, tout en papotant de ce qu'ils feraient de retour dans leur univers.
Miss Uhura scrutait les ondes radio à l'affût d'un éventuel message qui prouverait la présence d'une vie intelligente, tout en traduisant un ouvrage en même temps, car il n'y avait pas grand chose à écouter.
Azhular et ses frères s'entraînaient inlassablement, et enseignaient au personnel de sécurité de nouvelles formes de combat rapproché particulièrement efficaces.
Les scientifiques s'émerveillaient de toutes les découvertes accumulées sur Kastik'Ek'tra [Planète végétale], Epsylon-prime et Kokivô-ya. Illes ne seraient jamais sorti·e·s de leur laboratoire, si le Docteur McCoy n'était pas venu les menacer de les suspendre de leur poste s'illes ne venaient pas manger leurs trois repas quotidiens. Il avait bien insisté sur le chiffre trois.
Quant à Scotty, il filait le parfait amour avec Hali-tam'a, en améliorant, encore et encore le fonctionnement de la machinerie de l'Enterprise

ooo

- Capitaine. Dit soudain Spock en scrutant ses senseurs. Un phénomène stellaire vient de se matérialiser devant nous.

- Mettez-le sur l'écran principal

Les deux hommes se tournèrent vers celui-ci

- Magnifique, mais certainement dangereux ... il me rappelle quelque-chose

- En effet, Capitaine, il s'agit d'une fontaine blanche. Le même type de trou de ver que celui qui nous avait précipité en cet univers. À un détail près cependant, la rotation du phénomène autour de son axe se fait dans le sens inverse que le précédent.

- Vous pensez que ce soit susceptible de nous ramener d'où nous venons, Commandant ?

- C'est une probabilité non négligeable, mais pas absolue, je l'évalue à ...

- ...perdu pour perdu. Combien de temps avant le contact, Monsieur Spock ?

- Dix minutes, Capitaine

Kirk retourna s'asseoir dans son fauteuil et brancha le communicateur:
- Ici le Capitaine Kirk qui vous parle. Nous nous trouvons en présence du phénomène stellaire inverse de celui qui nous a transmutés dans cet univers. Nous allons le traverser à nouveau dans dix minutes, avec l'espoir de retrouver notre univers d'origine. Que chacun prenne immédiatement ses dispositions, et s'attache à un siège inamovible afin de ne pas être blessé. Hali-tam'a fera le décompte.

Jim lança à Ève et Spock ce regard qui semblait dire "Ça va fonctionner!", auquel elle répondit par un grand sourire. Spock resta impassible.

Hali-tam'a égrena les minutes, puis les secondes.

Comme la dernière fois, le choc fut violent. Il y eut une grande lumière, puis, plus rien...

Les membres de l'équipage reprirent conscience.
Mais cette fois-ci, il n'y avait eu aucun blessé. Spock fit projeter sur l'écran principal une image de l'univers qui les entourait

- Mais nous sommes exactement au même endroit ! S'exclama Kirk, dépité. Ce n'est pas possible!

À force de passer des heures à scruter les étoiles, il avait fini par les mémoriser.

- Hali-tam'a, pouvez-vous analyser notre position? Dit Spock toujours pragmatique

- Nous nous trouvons au sextant trois-mille deux.

- Vous savez où nous sommes ? S'étrangla Kirk

- Ma mémoire cartographique de cette partie de l'univers avait été effacée, Capitaine. Elle a été réactualisée lors du franchissement du phénomène de fontaine blanche

Kirk et Spock mirent de coté leurs interrogations sur cet étrange phénomène, préférant se concentrer sur les conséquences immédiates de cet événement.

- Monsieur Chekov, avez-vous entendu ?

- Aye, капитан!. Répondit Chekov avec un immense sourire

- Calculez une trajectoire qui nous ramène vers notre chère Terre. Lieutenant Sulu, poussez les moteurs en facteur neuf. Miss Uhura, ouvrez tous les canaux de réception. Tachez de savoir à quelle époque nous nous trouvons, et si nous sommes bien de retour chez nous

- Aye Aye, Capitaine! Répondirent-illes avec entrain

Ève pouvait sentir l'excitation qui agitait Jim. Elle éprouvait un peu d'appréhension à l'idée d'enfin découvrir leur monde.

- Nous sommes loin de la Terre ? Demanda-t-elle

- Nous sommes à la frontière de l'univers connu, et nous ignorons à quelle époque nous avons été projetés. Répondit Spock. Si rien ne se met sur notre route, en vol de distortion 9, il faudra quatorze jour et...

- Pourquoi voudriez-vous qu'il nous arrive quoi que ce soit ? Demanda Kirk en souriant

Ève le regarda avec un air malicieux :
- C'est vrai que jusqu'à présent...

Spock vit l'une des lumières clignoter sur son tableau de bord:
- Capitaine, les déflecteurs ont repéré quelque chose d'inhabituel, droit devant nous.

Kirk retint un soupir désabusé.
- D'inhabituel ? Ça devient décidément une habitude. Monsieur Sulu, redescendez en vitesse sub-luminique

Il ne fallut qu'une demi-minute pour que le vaisseau soit à portée de vue de ce que les déflecteurs avaient repéré.

- Je mets l'image à l'écran. Prévint Spock. Grossissement maximum

- Oh! S'exclama Ève. Un cimetière d'épaves !

- Des vaisseaux Klingons uniquement à en juger par la signature photonique. Annonça Spock

Le Capitaine se pencha sur son communicateur :
- Chef Azhular, ici le Capitaine Kirk, veillez nous rejoindre sur la passerelle, immédiatement.

Puis il convoqua aussi le Docteur McCoy

Les deux hommes furent là en moins de cinq minutes, intrigués. Mais en arrivant sur le pont, Azhular vit l'image à l'écran et comprit. Il répondit à la question avant que le Capitaine ne la pose :
- HIja', Capitaine. Je n'ai jamais vu de tels vaisseaux, mais si je m'en réfère aux armoiries sur les coques, ce sont bien des vaisseaux Klingon, et uniquement Klingons.

Azhular dissimula les frissons glacés qui le crispaient: sur plusieurs vaisseaux, les armoiries étaient celles de son clan. Comment une telle chose avait-elle pu arrivée? Il était rare que les Klingons se battent entre eux.

- Docteur, vérifiez s'il y a des survivants. Ordonna Kirk

McCoy était déjà penché sur la console. Il fallut 5.42 minutes pour faire une première évaluation :
- Je détecte des survivants mais sur un seul vaisseau et les signes vitaux sont faibles. Il va falloir faire vite.

- Les Klingons sont vos ennemis. S'étonna Azhular. Pourquoi leur venir en aide ?

- Si on a la possibilité de leur venir en aide, on ne va tout de même pas les laisser crever comme des chiens, au prétexte que ce sont des Klingons! S'indigna McCoy en dardant sur lui ses yeux d'un bleus métallique perçant

Que de véhémence! Azhular contempla McCoy, jusqu'à ce que l'Humain détourne le regard en rougissant pour une raison que ne s'expliqua pas le Klingon.

- Vous êtes vraiment une rasss...

- ... hum... Murmura Ève imperceptiblement.

Azhular croisa cette fois-ci le regard réprobateur de Ève.

- ... un peuple faible. (Ève haïssait le mot race et lui en avait expliqué les raisons... Cependant, comment une si fragile Humaine était-elle parvenue à le dresser ainsi? S'étonna le Klingon.) Votre tendance à la compassion vous mènera à votre perte ! c'est peut-être un piège

- Un piège organisé par des mourants? Rétorqua McCoy avec agressivité. Je veux bien croire que les Klingons sont de féroces soldats, mais quand même!

Azhular eut un sourire provocateur qui agaça davantage le médecin. La réactivité colérique de cet Humain lui plaisait bien.

- Peu importe. Trancha le Capitaine avant que Azhular ne puisse répondre ou McCoy réagir. Azhular, vos frère et vous, vous viendrez avec nous. Vous nous guiderez à l'intérieur de l'oiseau de proie où se trouvent les survivants

- A vos ordres, Capitaine. Obtempéra le Klingon.
Après tout, c'était au Capitaine de décider. Ses frères et lui étaient là pour les protéger en cas de piège... et il devait reconnaître qu'il avait envie de savoir ce qui s'était passé. Le seul moyen était d'interroger les survivants.

- Monsieur Sulu, je vous laisse le commandement

- Aye, Capitaine!

Ils descendirent à la salle de téléportation : Kirk, Spock, Azhular et ses frères d'arme, McCoy, et Ève qui s'imposa.

- Cela pourrait être dangereux. Fit remarquer Jim

- Vraiment ? Quel risque pourrait-il y avoir si tous les membre de l'équipage de ce vaisseau sont blessés ? En plus, je n'ai rien à craindre en votre compagnie, vous tous êtes des hommes aguerris.

Jim ne sut que répondre à cela, Spock reconnut la pertinence de ce raisonnement, et Azhular ricana discrètement. Ils se firent téléporter en 2 fois, directement dans le poste de pilotage. Il n'y avait pas âme qui vive. Il faisait froid, mais pas au point que cela soit dangereux pour la santé. Après une rapide vérification dans les ordis, Azhular constata que les systèmes de survie étaient opérationnels. Tous les autres systèmes avaient été débranchés.

- Angghal, vous restez ici. Ordonna Kirk. Vous reconnectez les systèmes et nous avertissez en cas de problème.

- HIja', Capitaine.

- C'est par ici. Dit McCoy en se fiant à son médicorder.

Le vaisseau était plongé dans le noir. Aucun d'eux n'avait pensé à amener une lampe portative. Finalement, c'était une bonne chose que Ève se soit imposée, elle éclaira leur chemin

- Angghal en met du temps à tout reconnecter. Ronchonna Azhular

- Il est probable que les circuits du poste de pilotage aient été volontairement endommagés. Suggéra Spock

- Ils sont tous là, derrière cette porte! S'exclama soudain McCoy au détour d'un couloir

- Phaseur sur paralysie. Ordonna Kirk.

La porte était bloquée, il fallut les muscles puissants des deux Klingons et de Spock pour en forcer l'ouverture. La pièce était plongée dans le noir le plus total.

- Ève, voudriez-vous émettre une sphère de lumière ? Demanda Spock

- Tout de suite.

Ève transféra sa lumière dans Lash'a, et l'étoile vivante s'éleva en bourdonnant.
Elle dévoila une scène macabre.
Il y avait là plus d'une quarantaine de Klingons silencieux, hommes et femmes, ligoté·e·s, blessé·e·s, baignant dans leur sang qui suintait à travers leurs trop nombreuses blessures. Certain·e·s étaient mort·e·s, les survivant·e·s attendaient dignement que la faucheuse mette un terme à leurs souffrances

Quelques-un·e·s des blessé·e·s ouvrirent les yeux en les plissant, et ne crurent pas ce qu'illes virent : trois Humain·e·s dont une petite femelle, deux Klingons et un Vulcain, ensembles, et visiblement indignés.

- Bon sang de saloperie de sort ! S'exclama McCoy en se précipitant dans la pièce comme une fusée, médicorder en main tel une arme contre la mort.

Jim saisit son communicateur
- Sulu ici Kirk, faites téléporter ici une équipe d'infirmier et de médecins immédiatement!

Azhular et Aktuh sortirent leurs couteaux crantés et se dépêchèrent de détacher les prisonnier·e·s, pour que le docteur puisse les examiner plus facilement. Le docteur M'Benga apparut avec Miss Chapel et trois infirmier·e·s. Illes continrent leur stupéfaction horrifiée, et se mirent aussitôt au travail.

- Nous sommes là pour vous aider. Expliquait Azhular d'une voix forte et ferme. Cet Humain est le Capitaine Kirk et il est affligé d'une compassion maladive.

- Je vous remercie. Railla Kirk qui tentait de détacher un blessé.

Azhular parcourut rapidement les blessés et les morts des yeux. Il y avait bien de vagues ressemblances avec des personnes qu'il avait connues dans sa jeunesse sur Qo'noS, mais rien de plus. Peut-être étaient-ils des membres du clan Kardem, peut-être pas...
Spock rejoignit Jim. Avec sa force sur-humaine, il n'eut aucun mal à rompre les cordes à main nue. Tous deux vérifièrent si la victime respiraient encore, puis ils la positionnèrent d'autorité en position latérale de sécurité*, en attendant que l'un des médecins ne l'examine. Azhular ne connaissant pas ces gestes de sauveteur, il se contenta de détacher les blessés, puis Jim et Spock les plaçaient en PLS après un rapide examen.

Ève se pencha sur l'une des victimes, l'un des rares à ne pas être attaché, le Klingon haletait de douleur

- Il a l'air si jeune! Déplora-t-elle.

McCoy se baissa vers lui, il passa sur lui son médicorder et blanchit. Ève comprit. Elle s'agenouilla à coté de lui et posa sa main sur l'épaule de l'adolescent qui la regardait avec étonnement.

- Je suis Ève. Dit-elle avec une grande douceur

- ... je suis... Tre'gok... Kanff... je vais... mourir ? Souffla-t-il en proie à d'insoutenables douleurs

Ève se souvint des mots de Azhular sur Kokivô-ya :
- Oui. Répondit-elle avec compassion. Je suis sûre que Kahless vous attend déjà au Sto-vo-kor.

Les Klingon·e·s survivant·e·s tendirent l'oreille, étonné·e·s qu'une simple Humaine prononce de tels mots avec une telle dignité, comme si elle partageait leur Croyances. Tre'gok eut un long tremblement.
- ...non... je ne suis ... pas encore... un homme...

- ... je ne comprends pas... Murmura Ève décontenancée

Azhular vint s'accroupir près d'eux, à contre cœur, tout en se maudissant de céder à la compassion absurde de cette Humaine. Mais il avait juré de veiller sur elle. Et là, elle avait besoin de lui pour venir correctement en aide à ce jeune guerrier mourant. Il glissa son bras dans le dos Tre'gok afin qu'il puisse s'asseoir: un guerrier digne de ce nom ne doit pas mourir allongé sur le sol.

- Tre'gok est très jeune, je pense qu'il n'a jamais connu de femme. Expliqua-t-il. Mais vous pouvez l'aider.

- ... pardon ? S'inquiéta-t-elle

Azhular sentit presque l'aura de légitime possessivité des époux de Ève peser sur ses épaules et figer l'air autour de lui. Avant qu'ils n'aient le temps de lui tomber dessus, il s'empressa d'expliquer :

- Un baiser. Juste un baiser. Ainsi, il pourra affirmer la tête haute qu'il aura goûté à la chair d'une femme.

Ève hésita. Elle croisa le regard possessif de Spock puis celui de Jim, jaloux. Elle voulait le faire, elle voulait aider ce jeune homme à conserver sa dignité. Ils comprirent ses intentions hésitèrent, puis cédèrent. Il leur était si difficile de ne pas se comporter comme des "propriétaires", même si leurs conscience leur répétaient que Ève ne leur appartenait pas. Et de toute façon, qu'ils soient d'accords ou pas, leur Ko-t'hyla avait pris sa décision
Ève se pencha sur Tre'gok et posa ses lèvres sur celles du jeune homme, sa lumière se répandit en lui, apaisante.

- Ghaj... vaj quv... 'ach? Murmura-t-il. (C'est... si doux... Encore ... ?)

- Il demande un autre baiser. Traduisit Azhular d'une voix bourrue

Ève ne put refuser. Elle prit son visage en coupe dans ses mains et posa à nouveau ses lèvres, un peu plus longtemps, avec toute sa tendresse, et sa lumière la plus bienveillante. Tre'gok leva les bras sur elle, et l'enlaça, avec les maigres forces qui lui restaient. Elle le serra doucement contre elle.

- ... vaj quv be'... (femme si douce...)

Le temps d'une seconde, la douleur le libéra enfin de son emprise. Il s'immergea dans la douce lumière de cette étrange Humaine, puis, tranquillement, son cœur s'arrêta. Ses bras retombèrent sur le sol, Ève sentit le corps de Tre'gok devenir lourd et mou. Il fallut beaucoup d'effort à Ève pour retenir ses larmes et sa lumière. Azhular rouvrit les paupière du mort, leva les yeux vers le plafond et émit un cri puissant. Contrairement aux autres Humains, Ève ne sursauta pas.

- Qu'est-ce qui vous prend? S'indigna McCoy. N'avez-vous donc aucun respect pour ceux qui sont mort?

- Au contraire, Docteur. Répliqua Ève d'une voix tremblante d'émotion. Ainsi doit faire un Klingon à la mort d'un guerrier, pour lui permettre d'entrer au Sto-vo-kor.

Elle ne remarqua pas le long regard fixe de ses T'hylara. Elle se leva avec difficulté, ses vêtements couvert de sang, elle refusa l'aide d'Azhular. Autour d'eux, les autres survivant·e·s avait été détaché·e·s, et étaient téléporté·e·s à bord de l'Enterprise.

À peine fut-elle retournée à bord, que Ève s'enfuit afin de se réfugier dans leur chambre. Ses T'hylara ne la retinrent pas.

Vaguement inquiet, Azhular demanda :
-Qu'est ce qui lui arrive?

- Surcharge émotionnelle. Répondit Spock un peu froidement. En quoi son état émotionnel vous concerne-t-il?

- J'ai juré de veiller sur elle. Ronchonna Azhular

Kirk le regarda brièvement d'un air mauvais, où suintait toute sa possessivité, semblant lui dire "C'est à Spock et moi de veiller sur elle."

- Sa vie n'est pas en danger. Déclara le Capitaine avec une autorité un peu agressive. Cela ne vous concerne donc pas. Allez plutôt aider le Docteur à prendre soin des blessés.

Azhular ne broncha pas. Il approuvait la possessivité de cette attitude: cet Humain se comportait comme il le devait vis à vis de sa vulnérable épouse

- A vos ordres, Capitaine.

Spock avait assisté à cet échange sans intervenir. Il percevait à travers leur lien la profonde détresse de Ève provoquée par sa trop grande compassion. D'une certaine façon, Azhular n'avait pas tord: cette empathie excessive était une faiblesse qui aggravait l'hyper-sensibilité de Ève. Spock dut lutter pour conserver son calme, et ne pas céder à ses instincts atavique, qui lui ordonnaient d'aller aider son Adun'a [épouse], là, maintenant, tout de suite. Comme l'avait dit Jim, la vie de Ève n'était pas en danger. Ève n'était ni égoïste, ni égocentrique. Il savait qu'elle comprenait que Kirk et lui devaient s'assurer qu'il n'y ait pas d'autres survivants ailleurs dans les autres épaves, et qu'ils devaient aider McCoy à organiser la prise en charge de chaque blessé·e
Une fois leur devoir achevé, et seulement là, ils pourraient aller la réconforter. Il perçut via leur Kash-naf que Jim percevait lui aussi la douleur de leur Ko-t'hyla, et souffrait de ne pouvoir la consoler. Ils échangèrent un bref regard et entreprirent de s'acquitter de leurs devoirs de Capitaine et de Commandant.

L'infirmerie était trop petite. Une chambre commune fut ouverte dans la salle de loisir la plus proche, afin d'y héberger les blessé·e·s les moins graves. Ils se laissèrent faire sans se rebeller, obéissant aux directives autoritaires de Azhular et ses frères qui semblaient faire partie de cet équipage d'Humanoïdes étranges. Ces trois Klingons étaient visiblement respectés. Tous trois s'étaient naturellement mis sous les ordres du docteur McCoy, qui écoutait cependant les conseils d'Azhular.

Le médecin Humain ne cachait pas son indignation, mais il n'avait aucune pitié condescendante dans son attitude. Lors du tri des blessés, il ne cessa de jurer avec colère, à coup de «Bon sang de bon sang de saloperie de sort!» et de «Ces Klingons sont des sauvages!» tout en dirigeant les médecins et les infirmières avec une efficacité remarquable. Être traités de sauvages convenait tout à fait aux Klingons, ils préféraient cela à être considéré comme des victimes: ils étaient des Guerriers.

Quant à l'équipage, il ne protesta pas que l'on prenne ainsi soin de ces êtres réputés pour leur dangerosité, comme si la compassion naturelle des Kokivô-yan avait été contagieuse. Nombreux furent ceux qui proposèrent leur aide.

Depuis qu'ils avaient embarqué le trio de Klingon à bord de l'Enterprise, McCoy les avait contraints à subir un certain nombre d'analyses médicales, leur promettant que tout ce qu'il découvrirait resterait confidentiel. Ils avaient finalement accepté de s'y soumettre grâce à la douce pression de Ève : elle voulait que le docteur puisse les soigner correctement s'ils venaient à tomber malade ou être blessés.

Ève était une personne très douce. Mais, à défaut d'être autoritaire, elle était extrêmement têtue : elle avait insisté, et insisté encore, et Azhular avait fini par obtempérer, à contre-cœur (sous le regard goguenard et amusé du Capitaine, et celui faussement impassible du Commandant). Le médecin aurait pu le harceler jour et nuit, Azhular serait resté campé sur sa position. Et voilà que lui, un Klingon, il avait cédé à la pression de cette petite Humaine et sa lumière déstabilisante. Pour garder la face devant ses hommes, il avait argué qu'il ne faisait que tenir la parole qu'il lui avait faite de lui obéir. Mais ils n'avaient pas été dupes...

A présent, Azhular ne regrettait pas d'avoir cédé : toutes ces informations accumulées sur la biologie des Klingons étaient forts utiles pour sauver ceux de son peuple, peut-être de son clan. McCoy passa plus de six heures à opérer les blessé·e·s à la chaîne et sauva chacun·e de ses patient·e·s avant de s'effondrer de fatigue.

Pendant ce temps, les séquenceurs photoniques et médicaux scannèrent les épaves une à une, mais aucune autre preuve de vie ne fut trouvée. Quand McCoy les informa que tous les blessé·e·s étaient sorti·e·s d'affaire, Kirk et Spock s'autorisèrent à prendre du repos.

Jim et Spock entrèrent précipitamment dans leur chambre, mais Ève ne se rendit pas compte de leur arrivée. Elle était comme roulée en boule sur le lit, sous les draps, sa lumière, bien que contenue autant que possible, pulsait douloureusement. Lash'a émettait des trilles ronronnantes pour essayer de la réconforter

Jim s'assit à coté d'elle et elle se précipita dans ses bras en tremblant:
- Bones les a tous sauvé. Dit-il d'une belle voix rassurante. Tous ceux que nous avons ramenés à bord !

- Tre'gok... vesht-nam-tor ni nu-ri [il était si jeune]... et tous les autres... torturés à mort...

- Vesht-korsal etek ha-kiv k'dah-leh-keh' nafu [Nous avons sauvé la vie de vingt-quatre personne]. Rationalisa Spock.

-... oui, mais...

- Shhh... Murmura Jim.

Il la fit taire d'un baiser autoritaire.
Et à chaque fois qu'elle voulut parler, il recommença, la réduisant au silence avec ses lèvres impérieuses. Spock commença à la déshabiller. Ses mains habiles, sa bouche chaude initièrent des caresses brûlantes. Le désir puissant de ses Sa-t'hylara s'infiltra en elle sans entrave, sans qu'elle y oppose de résistance. Leurs feux écarta son chagrin sur leurs passages, et elle ne chercha plus qu'à se blottir tout contre leurs corps si virils. Que pouvait-il y avoir de plus consolateur que leurs bras possessifs ?

Doucement Jim acheva de lui ôter ses vêtements tandis que Spock se déshabillait, les couvant de son regard fixe. Le Vulcain s'allongea contre elle. Elle se serra contre lui, convulsivement. Elle avait besoin de leur force et de leur tendresse. Elle avait instinctivement le besoin de se sentir protégée, portée par leur amour. Alors ils la couvrirent de caresses douces et lentes.

Jim embrassait sa Ko-ashayam [bien-aimée] à en perdre haleine, encore et encore. Il couvrait son visage de baisers, son front, ses joues, puis revenait s'emparer de ses lèvres, de sa bouche. Il voulait de toutes ses forces lui apporter du réconfort, instinctivement, son esprit fusionna avec celui de Ève. Il fut aussitôt happé et enlacé par celui de Ève, et emporté dans ce plaisir étrange de ne faire plus qu'un mentalement avec elle.

Dès que Spock sentit que Ève le désirait elle aussi, qu'elle était prête à le recevoir, il s'immergea en elle. Il le fit lentement et doucement, comme si elle était faite de la plus fragile des porcelaines, la plus précieuses des créatures vivantes...

Jim poussa un gémissement étranglé, sous cette sensation étrange que de sentir, par procuration, le sexe lourd de Spock creuser implacablement son chemin en son corps, écartant sa chair, mettant tous ses nerfs à vif à chaque mouvement.
Ainsi, c'était ce qu'elle ressentait lorsqu'il ...
Tétanisé par cet afflux de sensations étranges, ne sachant comment y faire face, Jim se blottit tout contre Ève. Il était à la fois hagard et rempli d'un désir nouveau, incapable de bouger, de peur de rompre cette connexion, et à la fois réticent face à la violence de ce qu'il ressentait. Il n'avait jamais été pénétré et n'avait jamais désiré l'être.
L'esprit de Ève enlaça le sien, le rassura. Ce n'étaient que du plaisir par procuration et elle était si heureuse de partager ce bonheur avec lui. Jim accepta de s'abandonner, de laisser son esprit blotti contre celui de Ève ...

Tout à sa volonté d'aider Ève à se détendre, tout à son propre désir d'elle, Spock n'avait pas pris conscience de la fusion mentale de ses T'hylara. Il comprit ce qui venait de s'accomplir à la vibration étrange de leur Reh-vla'talikal kash-naf, puis au soupir étranglé de Jim. Il faillit jouir à cette double merveille.
Spock eut d'abord un violent sentiment de fierté : sans avoir recours à son assistance, les esprits de Ève et Jim étaient à présent devenus suffisamment puissants pour pouvoir accomplir un tel miracle normalement inaccessible aux Humains... d'autant plus irréalisable que tous les Vulcains n'en étaient pas capables.

Et de savoir que Jim ressentait, en son corps, tout ce qu'il partageait avec Ève, que chacun de ses coups de rein se répercutaient aussi en lui... comme s'il s'accouplait... non, comme s'il faisait l'amour à ces Dah danik-taluhk-namsular t'Stukhtra [deux être les plus précieux de l'univers] en même temps...

C'était là un bonheur indicible qui allait bien au-delà du simple plaisir charnel...

Spock ralentit encore ses mouvements, pour donner à Jim le temps de s'accoutumer à cette nouvelle forme de perception. Mais ce fut Jim qui protesta soudain alors que les cuisses de Ève se refermaient autour de ses reins:
…"veh-karik'es ! [plus fort!]"...
… et Ève soupira, l'enlaça, approuva "oui, oui, veh-karik'es"...
… d'une même voix, Ève et Jim haletèrent " Ha, Spock, ha, spo'nash-vel [oui, Spock, oui, comme ça]"
… et ils soupirèrent "encore va'ashiv!" ...
... et ils crièrent "Spock, ha, Spock"...
et Spock leur obéissait avec délectation, il se fit plus énergique, plus puissant, presque violent...
n'y tenant plus, il rejoignit les esprits des amants, ils s'enlacèrent mentalement et, brusquement, l'orgasme les faucha, dans un halo de lumière.

Jim se coucha sur le dos, à coté de Ève, tétanisé par ce qu'il venait de vivre. Il croisa le regard sombre et possessif de Spock, comprit soudain son désir: Spock avait envie de lui, de le pénétrer, réellement. Même si Jim avait découvert ce que ressentait Ève, il ne se sentait pas prêt à le vivre dans sa propre chair.
Mais son Ashayam'Sa-t'hy'la le désirait si fort... et il aimait tant son Bien-Aimé... alors, Jim était prêt à faire cet effort-là, Jim acceptait de lui offrir cette étreinte, par amour pour lui. Pour Spock, il était prêt à tout, même à lui offrir cela.

- Ha, Ashayam, sarla'uh. Than'uh k'nach-veh ra aitlu du. [oui, Amour, viens. Fais de moi ce que tu désires]

Spock se sentit profondément touché. Mais ce n'était pas ce qu'il souhaitait de Jim.
En tout cas, pas de cette façon. Oh oui, il aspirait à ce que Jim le laisse le pénétrer car il le désirait à en avoir mal.
Cependant il ne voulait en aucun cas lui forcer la main. Il souhaitait que ce désir soit mutuel, que Jim se donne. Qu'il s'offre à lui corps et âme. Mais surtout, surtout, que Jim y prenne tant de plaisir qu'il souhaite de recommencer, encore et encore...

Ils avaient toute la vie devant eux, il était inutile de précipiter les choses. Spock rampa sur le corps frémissant de son Jim, traçant son chemin vers sa bouche avec des baisers brûlants. Il s'installa sur ses reins, et d'un mouvement habile de ses hanches l'accueillit en lui.

- ...bordel, Spock! Gémit Jim dans un sursaut d'extase

Leur plaisir mutuel fut immédiat, explosif. Jim lui agrippa la hanche, enroula ses doigts autour de son pénis suintant, et les vrilles l'enlacèrent à leur tour. Spock était si beau quand il le prenait ainsi en lui! Le Vulcain ne fut pas tendre, cette fois-ci, pas plus que l'Humain.

Épuisée, physiquement et surtout psychiquement, Ève ne chercha pas à les rejoindre, se contentant de contempler ses Sa-t'hylara avec admiration et amour. Il se dégageait d'eux tant de force et de puissance.
Mais ils en décidèrent autrement. Ils l'agrippèrent et elle se retrouva fermement enlacée tout contre eux par leurs bras puissants, possessifs. Elle ne leur résista pas et se laissa emporter avec reconnaissance dans la violence de leur passion, son esprit à la fois dans celui de Jim et de Spock, ne sachant plus où finissait son corps et où commençait les leurs. Et ils se mirent eux aussi à émettre leur propre lumière qui se mêla à la sienne. Ce fut absolu, possessif, violent... merveilleux.

Tandis que ses T'hylara s'endormaient, après une douche câline, il fallut à Spock une longue méditation pour se remettre de ces émotions.

ooo

à suivre
Dès le début de leur quart du matin, le Capitaine convoqua une réunion afin de faire le point...


Le coin écriture non sexiste:
En bonne féministe, j'essaie de perfectionner mon écriture inclusive, ce qui explique les «Les Enterprisien·e·s maintinrent l'habitude qu'illes avaient acquise...»
Parce que pour moi, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin, pas plus que le féminin ne doit l'emporter sur le masculin. Cette règle a été décidé au 17em siècle par des hommes qui avaient décrété que le masculin était un genre plus noble que le féminin, tout comme dans la nature le mâle était supérieur à la femelle... à cette époque des mots comme autrice ou écrivaine faisaient partie du langage courant. Et les accords se faisaient par proximité : «les hommes et les femmes sont venues»
J'essaie de ne pas faire trop lourd, mais si cela gène certain·e·s, surtout, n'hésitez pas à me le faire savoir

Pour info ce· ou «point médian» s'obtient sur Windows en maintenant la touche alt et en tapant 0183.

Pour celles & ceux qui sont intéressé·e·s par le sujet, je conseille de visionner cette conférence de Mme Éliane Viennot Agora des savoirs: "Féminiser la langue française ou revenir sur sa masculinisation" sur dailymotion·com/video/x2ba6c5
Cette historienne et professeure de littérature française de la Renaissance explique de façon simple comment des hommes au 17em ont décrété que le masculin devait l'emporter sur le féminin. C'est passionnant... et rageant, car, avant cela, la langue française était "inclusive" de façon naturelle depuis "nos ancêtres les romains"

...

*Le coin informatif : la position latérale de sécurité :
(définition Wikipedia) : La position latérale de sécurité (ou PLS) est un geste de premiers secours à pratiquer systématiquement lorsque l'on est en présence d'une personne inconsciente, qui respire normalement
Je vous conseille vivement de faire un tour sur le site de la croix rouge : croix-rouge·fr/Je-me-forme/Particuliers/Les-6-gestes-de-base /L-inconscience

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