Ha'ge Ohasu[L'être lumière] ~ Partie IX Dénéva


Chapitre 3 - Nesh-kur ha'ge
[Lumière noire.]

oOo

Précédemment

- ... je vais te montrer les enseignements de Surak le Sage.
Laurena vint s'asseoir à coté d'elle et commença à lire à voix haute, aidé par Ève lorsqu'elle buttait sur une lettre. Nathan s'autorisa à laisser sa tension retomber un peu...

ooo

Resté seul, les membres entravés sur le lit, Spock mettait en oeuvre toutes ses ressources en concentration. Il devait contenir au maximum cette douleur derrière ses Naph-fo-dan afin que Ève en soit soulagé. Il fallait qu'il contrôle son esprit de façon absolue pour neutraliser les tentatives de contrôle mental de ce parasite en lui.

- Nam-tor kusut goh ro'fori t'kae, heh tash-tor kae ak'shem [La douleur n'est qu'une information de la pensée et la pensée contrôle le corps]. Répétait-il comme un mantra. Nam-tor nash-veh veh Whl'q'n, tash-tor nash-veh kae t'nash-veh [je suis un Vulcain, je contrôle ma pensée]. Nam-tor nash-veh veh WHL'Q'N

Il prit sa décision. Les entraves qui le retenaient sur le lit étaient conçus pour la contention des Humains, il les brisa presque sans effort. Rien dans cette infirmerie n'avait été prévu par les concepteurs de Starfleet médical pour soigner des non-Humains, qu'ils soient Vulcains, Klingons ou d'une autre ethnie, le docteur McCoy avait parfaitement raison de s'indigner sur ce point.
Spock remit son uniforme et parvint à éviter habilement les infirmier·e·s. Il emprunta le turbolift pour se rendre en salle de téléportation

Le temps du rapide trajet dans l'ascenseur, Spock tourna son esprit vers ses T'hylara. Il éprouvait l'irrationnel besoin de s'assurer qu'illes étaient en sécurité. Il le rationalisa en affirmant son devoir d'époux de veiller de ses Adunlar. Les informations transitant via leur Reh-vla'taikak kash-naf était imprécises, comme brouillées. Ce kash-naf était pour lui un précieux soutien, dont ce parasite neural tentait de le priver afin de l'isoler. Il fit un effort de concentration et parvint à obtenir les informations auxquelles il souhaitait accéder
Il perçut le profond désarroi de Jim, sa colère froide face à son impuissance, mais son Humain ne baissait pas les bras pour autant, il n'abandonnait jamais une lutte. Sa-fam-fnau T'hy'la [indomptable amant].
Il sentit la double douleur de Ève, physique et morale. Elle s'inquiétait pour lui mais se battait contre ses angoisses et sa souffrance pour conserver son calme. Et elle y parvenait. Ko-kyi'ik Adun'a. [courageuse épouse]
Spock était plus déterminé que jamais lorsqu'il entra dans la salle du téléporteur

- Faites-moi téléporter sur Déneb, aux mêmes coordonnées que précédemment. Ordonna-t-il tranquillement à l'enseigne.

- Désolé, Commandant. Répondit celui-ci, visiblement embarrassé de s'opposer au Commandant. Le Capitaine a interdit toute téléportation.

D'un geste vif, Spock fondit sur lui et lui fit perdre connaissance avec un To'tsu'k'hy [pincement neural]. Il le retint contre lui afin qu'il ne chute pas lourdement à terre. Il le posa sur le sol avec délicatesse. Mais l'enseigne avait eu le temps de sonner l'alerte. Moins d'une minute plus tard, Scotty entrait une arme à la main, alors que Spock achevait de paramétrer sa téléportation sur la console

- Je suis désolé, Commandant. Dit-il en toute sincérité. Le Capitaine a interdit toute téléportation. Éloignez-vous de la console ou je serai obligé de tirer sur vous.

- Vous faites votre devoir en obéissant aux ordres, Lieutenant-commander. Se contenta de répondre Spock calmement. Mais il est impératif que je retourne sur Dénéva.

- Le Capitaine va arriver, vous le lui expliquerez vous-même.

Scotty était vraiment navré de pointer une arme sur lui, mais il savait que le Commandant avait perdu son contrôle peu de temps auparavant. Il fallait vraiment que ces parasites neuraux soient foutrement puissants pour parvenir à prendre le contrôle de l'incorruptible commandant Spock! Scotty ne voulait pas qu'il se fasse du mal à lui-même, ou qu'il blesse quelqu'un.
Spock ne broncha pas. Le comportement de l'ingénieur en chef était logique.

Kirk entra, à la fois inquiet et en colère, suivi de près par McCoy, furibond. Kirk vit que Spock était parfaitement calme, à l'exception d'imperceptibles mouvements de douleurs qui agitaient de temps en temps son visage, mais qu'il était le seul à percevoir. Il concentra son esprit sur leur Kash-naf et sut via leur lien que ce calme n'était pas feint: Spock avait totalement repris le contrôle de lui-même, mais...

- Vous semblez maîtriser votre douleur, mais vous êtes loin d'aller bien ! Protesta-t-il durement.

Spock se retint de lui répondre que "bien" était un qualificatif imprécis. Il fut le seul à entendre le reproche contenu dans cette voix autoritaire de Capitaine. Le seul à comprendre que Jim aurait préféré le garder "à l'abri" comme il l'avait fait pour Ève en la faisant retourner dans leurs quartiers, en l'y confinant sous la garde vigilante de Azhular. Mais ce n'était pas ainsi qu'ils allaient trouver une solution à cette pandémie.

- Vous n'avez rien à faire ici! Gronda le docteur, qui lui aussi voulait le protéger.

- Je suis un Vulcain, Docteur. La douleur est un concept de l'esprit. Je contrôle mon esprit.

- Et votre moitié Humaine? Demanda Kirk. Celle qui est la plus vulnérable face à ce parasite?

- Elle est gérable et sous contrôle.

- Bon sang! S'énerva McCoy. Je me contrefiche de savoir si vous êtes Vulcain, demi-Vulcain, ou demi-gobelin! Ou de savoir que vous contrôlez telle ou telle moitié de votre esprit, Spock, vous êtes MON patient! Vous allez ramener fissa vos fesses de tête de mule stoïque à l'infirmerie, vous n'avez pas à courir partout!

Une vague de chaleur réconfortante caressa l'esprit de Spock. Cependant ces marques d'attachement ne firent que le conforter d'avantage dans son projet:
- Je ne cours pas partout, Docteur. Répondit-il impaviblement

- Ce n'est pas le moment de faire de l'ironie! S'emporta à nouveau McCoy en sautant à pieds joints dans la provocation de Spock

- Ma santé n'a aucune importance. Insista Spock de sa voix la plus neutre, le visage impassible. Il est indispensable de ramener l'une de ces créatures à bord afin que nous puissions analyser son fonctionnement et trouver son point faible pour l'éliminer. Étant donné que je suis déjà infecté par un de leur parasite, je doute qu'elles s'en prennent à nouveau à moi. Il est illogique de faire courir le risque à membre de la sécurité d'être infecté à son tour alors que je peux le faire sans menace supplémentaire pour ma santé.

- Êtes-vous en train de prétendre que vous êtes le seul homme à même de faire ce job? Grommela McCoy
Il pressentait que Jim allait céder face à cet argument imparable et il était partagé entre l'indignation et la résignation. Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre!

- Effectivement. N'est-ce pas, Capitaine?

Kirk retint un soupir, et prit sur lui l'inquiétude qui le rongeait. Il n'avait pas envie que son T'hy'la prenne des risques. Cependant, il devait faire confiance à son Commandant et Officier Scientifique, son Vulcain, qui n'agissait jamais de façon irréfléchie. Spock avait hélas raison: c'était l'unique démarche rationnelle dont ils disposaient, l'unique chance de trouver une solution à ce cauchemar collectif et Spock était le seul à pouvoir le faire... jamais Jim n'avait autant haï la logique

- Votre logique est comme toujours inéluctable, monsieur Spock. Dit-il d'un ton résigné. Prenez tout de même un phaser et ramenez-nous un exemplaire de ces machins immondes.

Spock lut dans ses yeux, aussi surement que s'il le lui avait transmis en pensée «Fun-uh difan t'nash-veh [reviens-moi vivant]»

ooo

Spock avait raisonné juste. Il ne fut pas attaqué et n'eut aucune difficulté à capturer une créature après l'avoir étourdie d'un tir de phaser à puissance maximum. Il l'enferma dans une boite hermétique et la ramena au laboratoire de xéno-biologie, où McCoy l'attendait avec autant d'impatience que d'appréhension.

Dès son retour à bord, il envoya un bref message au Capitaine pour l'informer de la réussite de sa mission et qu'il se rendait au laboratoire avec la créature afin de l'étudier. Il obtint comme réponse un sobre "message bien reçu" et une vague de soulagement via leur kash-naf. Ève ignorait qu'il s'était à nouveau déplacé sur Dénéva. Il jugea préférable de ne pas l'en informer, d'autant plus qu'il perçut qu'elle avait trouvé un équilibre émotionnel stable.

Il se plongea avec le docteur McCoy dans l'étude de cette créature. Il parvenait à présent à contenir parfaitement sa douleur derrière ses barrières mentales, mais il était régulièrement obligé de les renforcer, car cette lutte permanente les fissuraient inexorablement.

ooo

Le communicateur du bureau bipa. Laurena cessa sa lecture et Ève se précipita pour répondre:
- Oui, Hali-tam'a ?

- J'ai pensé qu'il vous serait utile de savoir que monsieur Spock a capturé sur Dénéva l'une de ces créatures vectrices du parasite neural, il l'a ramenée au laboratoire de Xéno-biologie L9. Il est revenu de cette mission en bonne santé compte tenu de son infection. Le docteur et le commandant ont commencé l'étude de cet être.

- Merci beaucoup, Hali-tam'a, vous êtes un ange !
Son Spock était décidément d'un courage hors norme!

- Hali-tam'a, c'est du Vulcain qui signifie l'esprit du vaisseau. Traduisit Laurena pour son frère

- Quelle créature? Demanda Nathan préférant se centrer sur l'essentiel

- Une de ces créatures qui a piqué Spock et infecté les gens...

- Ainsi que mes parents et Peter. Comprit Nathan en maîtrisant son émotion pour ne pas effrayer Laurena

- Oui.

- Je veux la voir, je veux voir cette créature ! S'exclama Laurena en se levant d'un bond, faisant tomber à terre le pad de Ève

- Et moi, j'ai besoin de voir Spock. Allons-y. Répondit Ève en ramassant sa précieuse tablette pour la reposer sur la table

Nathan n'émit aucune objection vis à vis du désir de sa sœur et de madame Spock-Kirk. Il ne posa pas non plus de question à propos cet esprit du vaisseau à la voix de synthèse. Entre ce trouple que tout le monde considérait comme normal, cette jeune femme émettant de la lumière sous les regards blasés des membres l'équipage et la présence de ces Klingons dont personne n'avait peur, rien de ce qu'il voyait ici n'obéissait à la normalité classique. Même sa sœur qui pourtant détestait et appréhendait tout ce qui sortait de l'ordinaire, ou bouleversait ses petites habitudes, même elle ne paraissait pas être incommodée le moins du monde par tout cela! Il commençait à s'en faire une raison.

Azhular gardait toujours à la porte. Nathan ne put se retenir de se sentir impressionné par ce grand Klingon qui avait l'air si inflexible. Intimidée Laurena se cacha derrière son frère.

- Non, Kôgo-Ève. Gronda-t-il les bras croisés. Le Capitaine a ordonné que vous deviez rester dans vos quartiers pour vous reposer.

Mais Ève ne fut nullement effrayée par l'impressionnant Klingon. Elle se redressa pour lui tenir tête. Même si elle ne lui arrivait à peine qu'au menton.

- Kyuoshi-Azhular, je me suis reposée. Affirma-t-elle. Je n'ai presque plus mal, la preuve:
Pour le lui prouver, elle posa sa main sur son bras, et nulle douleur ne lui fut transmise.

- Le Capitaine...

- ... Hali-tam'a m'a informée que Spock a ramené l'une de ces choses au labo L9 de xéno-bio. S'exclama-t-elle en haussant le ton. JE · VEUX · ALLER · LE · RETROUVER!

Azhular se figea, surpris par sa voix autoritaire. Il eut un demi-sourire appréciateur :
- Et bien vous voyez, quand vous le voulez Kôgo-Ève, vous savez donner des ordres !

... et les ordres de Kôgo-Ève passaient avant ceux du Capitaine.

ooo

Le petit groupe fut rejoint par Kirk qui se rendait au même endroit. Il éprouva de la colère en voyant Ève. Il lui avait ordonné de se reposer dans leurs quartiers. Comment avait-elle fait pour convaincre Azhular de la laisser sortir?

Ève le regarda d'un air de défi. Elle dit avec une surprenante volonté:
- HAISHAU nash-veh gla-tor Spohkh ! [je VEUX voir Spock!]

Jim comprit que rien ni personne ne la ferai plier. Ni son patibulaire garde du corps Klingon, ni l'autorité d'un Capitaine de vaisseau, pas même un chantage affectif de son T'hy'la. Elle voulait voir son Adun [époux]. Jim serra les poings et garda son calme. Il s'obligea à reconnaître qu'il était normal que Ève veuille retrouver Spock, comme il était normal que son neveu et sa nièce veillent voir la créature responsable de tout ce drame.

- Alors, quelles sont vos conclusions ? Demanda-t-il aussitôt en franchissant la porte du laboratoire.

Spock leva la tête de son appareil. Leur Reh-vla'talikal kash-naf lui permit de percevoir la détermination absolue de Ève et l'irritation frustrée de Jim, il n'en fit aucun commentaire.

- Il s'agit d'une créature uni-cellulaire, à mi-chemin entre une amibe* et un neurone cérébral*. Expliqua-t-il tranquillement. Comprenez-vous ce que je suggère?

- Que cette chose est indépendante tout en faisant partie d'un tout, d'un organisme pluri-cellulaire. Répondit Kirk au tac au tac.

- Comme une sorte de... cerveau sans corps, dont les... morceaux ne sont pas physiquement reliés entre eux? Murmura Ève.

- Oui, c'est tout à fait ça. Répondit McCoy. Ces amibes neuraux symbiotiques sont psychiquement reliés entre eux et inter-agissent à la manière d'un être unique, afin d'assurer la survie du groupe

- Comme si elles étaient en Wifi? Intervint Laurena

- Chut, ne te mêle pas des conversations des adultes! Gronda Nathan à mi-voix

- Tout à fait. Poursuivit Spock nullement dérangé par l'intervention de l'enfant. Ces amibes neuraux proviennent probablement d'une autre galaxie où les lois de la physique sont totalement différentes. C'est pour cette raison que nos tricordeurs ne les détectent pas en tant qu'être vivant. Il se peut qu'il soit difficile de la détruire.

- Mais pas impossible ! S'exclama Kirk. Le Dénévien, dans le vaisseau qui a foncé dans le soleil, il était probablement infecté. Il a crié qu'il était libre peu de temps avant que son vaisseau ne grille!

- Oui, je m'en souviens aussi. Dit McCoy. Nous avons orienté nos travaux en ce sens, nous avons tout essayé, Spock et moi. Radiations radioactives, chaleur intense à 9000 degrés... rien n'atteint cette créature

- C'est une perte de temps! Se cabra le Capitaine. Il faut l'éliminer sans tuer l'hôte, et trouver un moyen de stopper cette invasion.

... tuer cette créature, sans tuer Sam, Aurelan, Peter et Spock...

- Il faut faire exploser la planète Dénéva pour stopper définitivement cette épidémie. Intervint soudain Azhular, impératif. Quand un membre est gangrené, il faut le couper sans pitié.

Il y eut un silence douloureux. Kirk, Spock, et McCoy avaient eux aussi envisagé cette cruelle solution du désespoir, mais tout en eux se rebellait contre une telle décision.

- Je suis au regret de reconnaître qu'Azhular a raison. Considéra Spock. Ces amibes neuraux ont déjà détruit au minimum cinq civilisations, et logiquement un nombre non calculable d'autres civilisations sur son trajet. Il faut faire cesser cette hécatombe.

- ...non, non! Protesta Ève. C'est trop cruel pour les habitants de Dénéva!

- C'EST INACCEPTABLE ! S'emporta Kirk. Nous avons quatorze labos! Les meilleurs équipements! Les meilleurs scientifiques! Les meilleurs ordinateurs! Je VEUX d'autres alternatives à ce massacre ! Je veux arrêter cette invasion, mais pas au prix de plus d'un millions de vies!

Son éclat de voix fut accueilli par un nouveau silence. Toustes avaient beau réfléchir, illes ne trouvaient aucune solution viable.

- Peut-être... Commença Ève qui se tut aussitôt

- Qu'alliez-vous dire ? Demanda Kirk en essayant de retrouver son calme

- Je ne suis pas une scientifique...

- Justement. Contredit Spock. Votre point de vue pourrait nous permettre d'envisager ce problème sous un autre angle

- Peut-être sommes-nous passé à coté de quelque-chose... tout ce que l'on sait est que quelque-chose dans les rayons de ce soleil a tué la créature sans tuer la personne...

- ... oui! Approuva Jim. Il existe donc une chose qui permettrait de la tuer sans faire de mal aux personnes infectée!

- Une chose émise par ce soleil. Je vais vous sembler ignorante, mais, quelles sont les propriétés du soleil ?

Avant que les adultes n'aient pu répondre, Laurena intervint à son tour, visiblement fière de son savoir. Elle déclama avec un débit si rapide que nul ne put lui couper la parole*:
- Le rayonnement solaire est l'ensemble des ondes électromagnétiques émises par le Soleil. Il est composé de toute la gamme des rayonnements, de l'ultraviolet comme les rayons gamma, des infra-rouges aux ondes radio en passant par la lumière visible. Près de 5 % de l'énergie électromagnétique du Soleil est émise sous forme de rayonnement UV! Mais seule une faible partie du rayonnement solaire parvient jusqu'à la surface de la Terre. Tout près du soleil, ces ondes électromagnétiques ne sont pas filtrées par une atmosphère terrestre. Ce sera facile à vérifier: Tante Ève sait faire toutes sortes d'énergies électro-magnétiques!

Il y eut à nouveau un silence. L'intervention de cette enfant était pertinente...

- Cette suggestion est judicieuse. Approuva Spock.

- Je ne pense pas que je serais capable d'émettre des ondes radio. Murmura Ève

- Nous pourrions commencer par tester uniquement le spectre lumineux visible et invisible en commençant par les infra-rouges. Proposa Spock

- Oui, ça je l'ai déjà fait tout à l'heure.

- C'est possible de faire ça ici, Bones? Demanda Kirk

- Oui, c'est facile à expérimenter, j'ai déjà le matériel nécessaire, il suffit de le re-paramétrer. Renchérit McCoy. Nous n'avons rien à perdre de toute façon.

- Procédons à des tests immédiatement! Ordonna Kirk
Peu lui importait que l'idée provienne d'une enfant de 11 ans. Seule l'élimination de ce parasite était importante.

- Je paramètre immédiatement les appareils de mesure. Répondit Spock.

Illes vinrent toustes se regrouper autour de la cuve qui contenait l'amibe neural, et un bocal avec des tentacules du parasite
Nathan prit la main de Laurena: si cela réussissait, leurs parents, leur frère Peter, toustes leurs ami·e·s seraient sauvé·e·s.
Kirk et Spock se rapprochèrent jusqu'à ce que leurs épaules se touchent, sans même en avoir conscience, et se mirent en face de Ève.
McCoy se plaça près de Ève, tricoder à la main. Azhular se permit de se joindre au groupe et ne fut pas repoussé. (McCoy réprima un frisson quand le coude du Klingon le frôla)

- Allez-y. Dit McCoy

Ève regarda chacune des personnes présentes, puis repoussa le stress qui l'envahissait. Elle commença par émettre de l'infra-rouge invisible, puis lentement, elle parcourut le prisme lumineux, en pensant à un arc en ciel. Sa lumière apparut et devint rouge, corail, orange, jaune, jaune-vert, vert, turquoise, cyan, bleu, bleu-azur, indigo, violet, violet-foncé puis la lumière disparut alors qu'elle continuait en produire.

- Là! S'exclama Bones le nez sur les cadrans. La créature donne des signes de faiblesse!

- Butez-là! Gronda Azhular avec une jubilation perceptible. Maintenant!

Ève maintint la longueur d'onde, guidée par le bourdonnement approbateur de Lash'a. Les tentacules dans le bocal commencèrent à s'effilocher. Puis Ève perçut la vie de cette créature, mais pour la toute première fois de sa vie, elle n'eut aucune pitié. Et en moins de trois minutes, il n'en restait plus qu'un tas de cendres informe, et les tentacules avaient tout simplement disparues.

Ève leva des yeux intenses sur Spock. D'autorité, elle lui prit la main, et le sépara du groupe. Il ne protesta pas et se laissa entraîner. Elle posa la main sur la poitrine de Spock. Elle se concentra à nouveau. Elle recommença à émettre cette lumière noire, mais en la projetant en Spock, au travers de lui. Elle perçut les tentacules en lui et concentra sur elles les ultraviolets. Elle ne cessa son rayonnement que lorsqu'elle les sentit totalement disparues. Un profond sentiment de délivrance les traversa, la douleur s'était enfin tue. Le parasite avait été incapable de tenter de se défendre contre cette attaque mortelle.

- Cette technique fonctionne. Dit Spock tranquillement. Il faut à présent la reproduire à l'échelle de la planète.

- Oui! Soupira Ève
Elle retint son envie de pleurer. Ce n'était pas le moment de flancher.

Spock ne montra pas le vif soulagement qu'il ressentit à avoir été délivré de cette souffrance qui était devenue de plus en plus aiguë au fur et à mesure que les heures avaient passées. Il posa furtivement la main sur l'épaule de Ève, et elle sut combien il était fier d'elle. Cela l'aida à ne pas craquer émotionnellement.

- Nous allons utiliser les satellites qui gravitent autour de la planète, pour capter et renvoyer dans les moindres recoins ces ultraviolets. Décida Kirk en faisant lui aussi un effort pour conserver son calme (La vie de Spock était hors de danger, la vie des membres de sa famille allait être sauvée!). Combien de temps cela a-t-il été nécessaire pour vous soigner, Spock ?

- 2.16 minutes. Mais j'ai été exposé à un flux directement concentré sur les tentacules. J'estime qu'il faudra un exposition d'au moins 3.45 minutes.

- Dans la cuve expérimentale, cela a prit un peu moins de 3 minutes pour anéantir la la créature et 2 minutes et demi pour détruire les tentacules. Précisa McCoy

- Arrondissons à cinq minutes. Conclut le Capitaine. Au pire, les habitants de Déneb bronzeront un peu! Et si cela n'est pas suffisant, nous enverrons des équipes sur place munis d'émetteurs d'UV.

Il se pencha sur le communicateur:
- Hali-tam'a. Demandez à Scotty et son équipe de me rejoindre immédiatement en salle de réunion 2R1

- Aye, Capitaine. Répondit l'ordi. Je leur annonce la bonne nouvelle ?

- Oui, vous avez enregistré les paramètres de l'expérience?

- Evidemment, Capitaine.

- Parfait! Commencez calculer le protocole opératoire en utilisant tous les satellites artificiels de Dénéva.

- Avec plaisir, Capitaine !

- Ma parole, Spock. S'exclama McCoy, cet ordi devient plus chaleureux que vous !
Il était tellement plus facile de provoquer ce Vulcain que de lui dire combien il était soulagé de le savoir sain et sauf.

Parfaitement conscient de la raison de l'attitude du médecin, de Spock se contenta de hausser un sourcil ironique, et sortit avec le Capitaine.

Laurena se mit soudain devant Ève, les yeux brillants d'espoir:
- Tu peux faire pareil avec ma Maman, et mon Papa et Peter ?

- Oui, Laurena, bien sûr que je vais le faire!

- Je vous accompagne. Décréta McCoy. Vous pouvez venir aussi, Kuyoshi Azhular, sauf si vous avez mieux à faire

- Puisque c'est demandé si gentiment. Ironisa Azhular. Je vous accompagne.

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Dès que Ève eut fini de soigner leur famille, Nathan et Laurena repartirent de l'infirmerie afin que la fillette ne soit pas tressée à attendre leur réveil. Elle était rassurée et heureuse: elle savait que sa Maman, son papa et son petit frère étaient sauvé·e·s. Alors, elle avait insisté afin que «Oncle» Spock les accompagne car elle voulait à nouveau lire les «Whl'q'n Zun-lar». Kirk avait poussé Spock à céder à cette requête: tout était prêt pour la transmission des UV sur la planète, sa présence n'était plus indispensable. Les rapports pouvaient attendre demain, ordre du Capitaine. (Spock avait bien mérité un peu de détente, et lire les enseignements du Grand Sage en compagnie de Ève était l'idéal pour cela)

ooo

Peter se sentait bien. Il n'avait plus mal du tout. Il fait un rêve si doux, avec une ange de lumière aux yeux si gentils. Cette ange lui avait fait un tendre câlin qui avait fait disparaître la douleur. Il ouvrit les yeux. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait vu, mais il le reconnu tout de suite:

- Tonton Jim ! S'exclama-t-il dans un cri d'heureuse surprise

- Peter. Tout va bien, tu es guéri. Tu es à l'infirmerie, à bord de l'Enterprise. Tes parents, Nathan et Laurena sont en bonne santé. Tout le monde est guéri!

Peter s'assit sur la couchette. Il vit ses parents dans les autres lits.

- Ils dorment, ne t'inquiète pas. Ils vont bien

- Il faut que je reste encore au lit ? Demanda timidement l'enfant.

- Qu'en pensez-vous, docteur McCoy?

McCoy consulta les données sur le tableau d'affichage:
- Le Docteur pense que ce courageux petit bonhomme est en pleine forme. Répondit-il avec bonhomie. Il faut juste qu'il se repose.

Tonton Jim s'écarta pour lui montrer les autres personnes qui l'accompagnait.
- Tu te souviens du Commandant Spock?

- Oui, c'est le monsieur Vulcain que Laurena n'arrête pas de parler

Tonton Jim eut un sourire attendri:
- Oui, et bien voici Ève, l'épouse de monsieur Spock

- Bonjour, madame. Lui dit-il d'une voix timide.

- S'il te plait, appelle-moi Ève. Dit-elle avec douceur et un doux sourire

Elle avait l'air si gentille, et elle ressemblait tant à l'ange dont il avait rêvé, que Peter oublia d'être intimidé. Il répondit à son sourire, puis il remarqua l'impressionnant monsieur au bras croisés au fond de la pièce et ne vit plus que lui:
- Dis, tonton Jim, le grand monsieur, là-bas, c'est un vrai guerrier Klingon ? Demanda-t-il avec enthousiasme

Ève sourit à nouveau, face à cette sensation de déjà-vu. Elle comprit qu'il devait être peu courant de croiser de vrais guerrier Klingons. (mais existait-il de faux guerriers Klingons?)

Sans trop savoir pourquoi, Azhular était resté avec Ève et McCoy après qu'elle ait fait sa lumière invisible. Nul ne lui avait demandé de partir, alors il s'était mis dans un coin de la chambre, discrètement, en observateur. La pensée d'avoir contribué, même indirectement, à sauver cette famille l'emplissait d'une satisfaction qu'il n'avait pas connue depuis longtemps. Il avait prit part à cette guerre contre ces machins dégoûtants. Ensemble, ce trouple, ce doc ronchon, cet équipage et lui, ils avaient sauvé ce monde... Combien de Klingons pouvaient s'enorgueillir d'avoir aidé à détruire un ennemi aussi malfaisant?
...et ce tout petit bout d'homme qui le regardait à présent avec un sourire ravi. Le Capitaine venait d'expliquer à Kôgo-Ève combien cet enfant était timide et introverti. Brièvement, il se souvint de Tamek au même âge, alors que ces deux enfants ne se ressemblaient en aucune façon.

Tonton Jim eut un grand sourire amusé :
- Oui, ce vrai guerrier Klingon se nomme Kyuoshi Azhular. Il est notre chef de sécurité.

- Wahou ! S'exclama Peter avec admiration. Et c'est ton ami ?

- Oui. Répondit Ève. Kyuoshi Azhular est notre ami.
Le ton de sa voix trahissait la confiance et l'amitié qu'elle éprouvait pour lui

- Wahou! Répéta Peter, des étoiles plein les yeux.

Le vrai guerrier Klingon s'approcha du lit, plus qu'étonné. Cet enfant n'éprouvait aucune frayeur vis à vis de lui. Azhular avait remarqué l'admiration de Laurena pour le Commandant Spock. Et ce garçonnet semblait avoir de la fascination pour les Klingons. Ces gamins étaient bien tous les trois comme leur oncle, tout à fait hors du commun.

McCoy aida l'enfant à descendre du lit. Pieds nus, il s'approcha de Azhular. Il croisa ses yeux étranges.

- Vous êtes un guerrier? Demanda Peter d'une voix timide. Vous avez fait la guerre pour de vrai?

- Je suis un guerrier. Répondit-il avec orgueil, mais d'une voix douce. Et j'ai participé à des guerres.

McCoy contempla Azhular avec étonnement, il ne l'avait jamais entendu parler ainsi, avec cette voix-là. Ève était appuyée tout contre Jim, et ne semblait au contraire nullement surprise.
- Peter a toujours rêvé de rencontrer un guerrier Klingon. Lui chuchota Jim avec malice, ignorant que Azhular pouvait l'entendre.

- Wahou! Alors vous devez jamais avoir peur de rien! S'exclama Peter avec autant d'admiration que d'envie

- Seuls les crétins sans cervelle n'ont peur de rien, petit homme. Rétorqua Azhular avec un grand sérieux. La peur est utile, c'est elle qui nous fait rester sur le qui-vive face au danger.
Azhular était un tout petit enfant quand Kahli l'indomptable, sa Mère, lui avait dit cela. Il venait de faire un terrifiant cauchemar et il avait tellement honte d'avoir eu si peur, lui, un Klingon. La réaction de Peter fut la même que celle qu'il avait eue à l'époque: il était inconcevable qu'une personne si forte puisse connaître la peur.

L'attention de Azhular était concentrée sur l'enfant. Il ne vit pas la brève mais vive surprise de Jim, Ève et McCoy à ces mots qui si peu Klingons.

- Bin, vous faites comment, alors?

Azhular s'accroupit devant l'enfant, et répéta à nouveau ce que lui avait dit sa Mère:
- Ce qui est important, petit homme, c'est de ne pas se laisser dominer par la peur, de ne pas la laisser décider à ta place. Dit-il en posant doucement le doigt sur l'emplacement cœur de l'enfant qui ne recula pas à ce contact. De toute façon, une fois qu'on est engagé dans un combat, quel qu'il soit, on n'a plus de peur, on a juste l'envie de gagner.

Le cœur de McCoy commença à s'accélérer dangereusement dans sa poitrine. La scène qui s'offrait à lui était tellement magnifique.

- Moi, j'ai tout le temps peur. Avoua l'enfant en rougissant

- De quoi as-tu peur?

- Qu'il arrive du mal à ma famille. Murmura l'enfant avec honte.

- C'est une peur légitime. Approuva Azhular au grand étonnement de Peter. Il n'y a rien de plus précieux au monde qu'une famille. Mais un jour, tu seras assez grand et fort pour la protéger.

D'une certaine façon, Azhular considérait Ève, Spock, Jim et McCoy comme une famille, sa famille... et par extension, ce neveu de Jim Kirk faisait aussi parti de son clan.

- Et j'ai peur des inconnus.

- A ton âge, c'est une attitude prudente. Mais tu n'as pas l'air d'avoir peur de moi.

- Vous n'êtes pas un inconnu! Vous êtes un ami de tonton Jim et de la gentille dame! Alors vous ne pouvez pas être quelqu'un de méchant!

- Logique. Ne put se retenir de dire Ève dans un rire attendri.
Jim la serra doucement contre lui, et profita du fait que l'attention de tous soit entièrement tournée vers le Klingon et l'enfant pour déposer quelques baisers dans ses cheveux doux.

Peter eut un moment d'hésitation. Son regard devint déterminé et il tendit les deux main vers Azhular. Le Klingon comprit et fit asseoir l'enfant sur son avant-bras. Il se releva sans effort.

- Wahou! Vous être drôôôlement fort! Vous devez vous entraîner drôlement souvent! S'exclama Peter avec jubilation, en s'accrochant à son uniforme. Vous vous entraînez beaucoup?

- Allons retrouver Nathan et Laurena. Proposa Ève avec un grand sourire. Kyuoshi Azhular te répondra en cours de route!

- Je reste avec tes parents le temps qu'ils se réveillent et je vous rejoins. Dit Jim d'une voix rassurante

McCoy les regarda partir en silence. Peter faisait subir à Azhular un interrogatoire serré et celui-ci lui répondait sans perdre patience. Il marchait lentement, car Ève était visiblement fatiguée. Elle était autant attendrie qu'amusée.
Le cœur de McCoy battait beaucoup trop fort et beaucoup trop vite dans sa poitrine, à croire qu'il faisait une crise de tachycardie. La façon avec laquelle le Klingon se comportait avec ce gosse! Cette prévenance silencieuse pour la fatigue de Ève, cette gentillesse bourrue et protectrice vis à vis de Peter, cette compréhension immédiate des angoisses de l'enfant... Azhular ferait assurément un bon père... Bon sang de Klingon plus beau que jamais, mais il voulait sa mort ou quoi?

- Tout va bien, Bones? Vous avez l'air soucieux?

- ...non, oui... il faut que je vérifie un truc. S'empressa de répondre McCoy en saisissant un pad pour se donner une contenance, il fit mine de le consulter. Parfait, tout va bien!

ooo

Aurelan Kirk se sentait engourdie, comme dans du coton. Il lui fallut une demie-seconde pour retrouver ses esprits et réaliser qu'elle ne souffrait plus. Elle pensa à ses enfants, à son mari, à ses ami·e·s, et l'espoir s'empara de son âme. Elle ouvrit soudain les paupières et croisa les yeux noisette de Jim, pétillants.

Jimmy?
James Kirk ?
Vivant ?

Oui, bien vivant. Il souriait. De ce sourire qu'il avait quand il était particulièrement satisfait de ce qu'il avait accompli.
A coté d'elle, Georges grommela et ouvrit les yeux à son tour.

- Les enfants sont en sécurité. Dit aussitôt Jim avant qu'ils n'aient le temps de s'inquiéter. Nous avons détruit le parasite et mis un terme définitif à leur invasion !

- Jimmy ? Hoqueta Georges, médusé
C'était la seconde fois que son cadet revenait des morts... et cette fois-ci, il était en pleine forme et visiblement heureux

- En effet, je ne suis pas mort. Expliqua rapidement Jim avec un grand sourire. L'Enterprise avait été projetée dans un univers parallèle par un phénomène stellaire, nous sommes de retour!

- Où sont les enfants ? Demanda Aurelan.

- Avec le Commandant Spock

Aurelan ne put retenir un sourire:
- Laurena n'a cessé de nous parler de ce Vulcain depuis qu'elle a rencontré cet officier.

- Elle parle Vulcain avec une fluidité qui a fasciné Spock. Et il en faut beaucoup pour l'étonner. Peter s'est réveillé en excellente santé, il y a un moment déjà. Il avait été moins gravement atteint que vous. Aussi notre docteur l'a laissé sortir. Le Doc a accepté que vous quittiez vous aussi l'infirmerie dès votre réveil à la condition que vous ne fassiez rien de fatiguant.

- Nous allons pouvoir rentrer chez nous! Se réjouit Aurélan

Elle avait encore du mal à croire en un tel bonheur. Ils étaient tous passés si près de la mort sans aucun espoir de guérison. Il n'y a rien de pire pour une mère que de voir son enfant souffrir le martyr sans ne rien pouvoir faire pour l'aider.

- La vie va pouvoir reprendre comme avant! Il va falloir que tu viennes dîner à la maison, avec ton ami Vulcain.

Jim tiqua imperceptiblement.

- Je peux te poser une question? Intervint Georges qui avait perçut le malaise de son frère

- De toute façon même si je dis non, tu la poseras quand même, Sam. Sourit Jim.

- J'ai appris, qu'avant votre disparition, tu avais désobéi aux ordres et détourné le vaisseau. Est-ce la raison pour laquelle vous avez tous disparu ?

- Nous n'avions pas prévu d'être aspiré par la fontaine blanche d'un trou de ver, et de nous retrouver dans un univers parallèle. Répondit Jim redevenu sérieux. Nul ne l'aurait pu. À l'époque, il nous fallait aller sur Vulcain, c'était une question de vie ou de mort.

- C'est aussi ce qu'à prétendu l'ambassade Vulcaine, qui a lavé ton nom de toute accusation. Ton ami Spock était en danger de mort, c'est cela ?

- Je ne puis pas en parler. Répliqua fermement Jim.

Georges et Aurelan connaissaient bien cet air là. Il était inutile d'insister, Jim ne répondrait pas.

- Mais il va mieux, n'est-ce pas ? Demanda Aurelan

- Oui...

Jim sembla hésiter, puis se jeta à l'eau. Il n'avait pas envie de tergiverser indéfiniment:
- Je partage sa vie désormais, avec lui et son épouse.

Il fallut quelques secondes pour que cette information parvienne réellement au cerveau de son frère:
-... tu...? S'étrangla Georges... QUOI ?

Que son frère vive avec un homme, il pouvait l'admettre, mais qu'il soit en couple avec deux personnes lui sembla inadmissible.

- ... mais cette femme, cela ne la gène pas que vous vous la partagiez entre vous deux? Demanda Aurelan, choquée par ce qui lui sembla être une situation scandaleusement machiste

- Nous ne nous partageons pas Ève, elle n'est pas un objet! Notre relation s'apparente à un triangle équilatéral... Il nous est impensable d'avoir à choisir entre l'un, l'une ou l'autre. Tout s'est accompli naturellement entre nous.

- Jimmy, tu sais que ce type de relation est considérée comme à la fois instable et immature. Tenta de le Raisonner Aurelan. J'ai lu que certains médecins en parlent comme d'une tentative de reformer le sécurisant trio affectif deux-parents et un enfant*

- J'ai l'air d'un gosse? À quel moment Spock t'a-t-il semblé être une personne immature? Et tu ignores tout de Ève. De plus une fois que les T'hylara ont scellé leur Kash-naf, ceux-ci sont profonds et indissolubles. Ce lien vulcain nous relie ensemble, de façon à la fois mentale et physi...

Jim se tut tandis qu'il prenait soudain conscience de la raison de l'inégalité de leurs Kash-naf. Un long frisson le parcourut. Il prit sa décision. Dès ce soir, il allait établir l'équilibre entre leurs relations.

- Tu vas bien? Je suis désolée si nous t'avons blessé, mais...

- Vous ne m'avez pas blessé. Ni toi ni Sam. L'interrompit Jim doucement. Au moins, tu me dis ce que tu penses avec franchise. De tout façon, je savais que cette information vous serait difficile à accepter. Mais maintenant que vous savez, sachez que je n'ai en aucune façon l'intention de m'expliquer davantage, et encore moins de me justifier.

A nouveau, Jim eut cet air butté, qui signifiait nettement je ne renoncerai pas à cette relation, c'est à prendre ou à laisser

- On peut au moins faire la connaissance de cette femme. Proposa Aurelan d'une voix raisonnable tandis que son époux restait figé sur son indignation.

Jim leur tendit des robes de chambre. C'était beaucoup plus que ce à quoi il s'était attendu. Il ne doutait pas une seconde que Aurelan et Ève s'entendraient bien, car elles étaient toutes les deux d'une profonde gentillesse... Et Sam finirait par se faire convaincre par sa femme, comme toujours.

- Vos vêtements sont dans nos quartiers. Allons-y.

Ils sortirent de la chambre. Dans le couloir, ils croisèrent l'ingénieur en chef, la main enveloppée dans un tissu imprégné de sang

- Scotty? S'inquiéta aussitôt Jim. Qu'est ce qui vous arrive ?

Scotty lui fit un immense sourire ne le voyant
- Trois fois rien Capitaine. Ça a beaucoup saigné mais en fait je me suis juste un peu coupé. Hali tam'a m'a grondé et traité d'imprudent et maintenant elle refuse de le donner accès à tous les ordis tant que je ne me serai pas fait soigné ! Elle a vraiment un sacré caractère !

- Je ne peux que lui donner raison! Rit le Capitaine face à la mine déconfite de Scotty

- Au fait, Capitaine. Vous avez encore fait des étincelles avec vos deux tiers! Plaisanta Scotty. Le sauvetage de cette planète, bon sang, ça a été grandiose ! Il va falloir qu'on fête cela dignement ce soir!

- Merci, Scotty. J'ai plutôt l'intention de m'accorder un peu de repos.

- Votre P'tit'Dame est épuisée d'avoir fait cette lumière UV dans la labo?

Il y avait autant de respect que de tendresse dans la voix de l'ingénieur.

- Oui, entre autres. Mais allez donc vous faire soigner avant que Hali-tam'a ne perde patience. Elle est fichue de vous priver de fête si vous ne faites pas ce qu'elle vous a demandé.

Scotty rit à son tour et entra dans l'infirmerie.

- Le lieutenant commander Scotty est notre Chef-ingénieur. Le meilleur de toute la flotte! Expliqua Jim avec orgueil

Georges attendit qu'ils soient dans le turbolift pour demander, choqué:
- Ne me dis pas que tout l'équipage est au courant ?

- Bien sûr que si, ils savent. Spock le leur a annoncé lui-même.

- Et ça ne les choque pas ?

- Pas que je sache. De toute façon, Spock leur a bien expliqué qu'il ne tolérerait aucune médisance. Et cela ne remet pas en cause nos compétences pour le commandement de ce vaisseau.

Ils croisèrent des membres de l'équipage à plusieurs reprise. Et sur chaque visage, cette même expression de contentement et de fierté...

ooo

Jim ouvrit la porte de sa cabine, et la scène qui se présenta aux yeux des deux parents était si surréaliste qu'elle se grava sur leur rétine juste le temps de la demi fraction de seconde qu'il fallut pour que l'on s'aperçoive de leur présence. A part deux personnes, toustes étaient assis·e·s sur un coussin de sol, autour d'une table basse.

Nathan était en grande discussion avec le Docteur McCoy, penchés sur un large pad. Il y avait à coté d'eux un bocal dans lequel flottaient des filaments étranges. Georges et Aurelan avaient fait sa connaissance lorsque Jim leur avait fait visiter le vaisseau, il y avait... une éternité de cela. Ils semblaient parler du parasite qui avait été annihilé. Jusque là, rien d'anormal. Nathan était passionné de biologie, comme son père.

Laurena écoutait religieusement monsieur Spock, elle était parfaitement impassible. Le Commandant lui parlait en Vulcain, un magnifique livre ouvert et posé devant elleux, recouvert de photos et de glyphes Vulcains. Il ne cherchait pas à forcer son regard et montrait du doigt des signes sur les pages. Laurena était assise bien droite, dans une posture imitant celle du Vulcain. Elle était visiblement passionnée et étonnement immobile, sans stéréotypie, ni d'autres mouvements parasites.

Mais celui qui les stupéfia le plus fut leur fils benjamin. Peter, le si timide Peter, à la limite de la phobie sociale, était en plein combat acharné, armé comme son adversaire d'une épée en carton, contre un... Klingon ?! Vêtu d'un uniforme inconnu ?! Peter attaquait de toutes ses forces, essayant d'avoir l'air menaçant malgré le grand sourire qui éclairait son visage, et le Klingon parait mollement les coups en l'encourageant à y aller encore plus fort.

Une jeune femme était assise à coté de monsieur Spock, ou plutôt tout contre lui. Elle était pâle, mais applaudissait chaque attaque de Peter.

D'un même mouvement, Spock et elle levèrent les yeux vers eux.

Laurena les vit à son tour :
- Mamaaaan !

Peter se précipita vers eux et Aurelan le prit dans ses bras.

- Tu as vu, dis ? Kyuoshi-Azhular m'a dit que je "pouvrais" devenir très fort si je m'entraîne beaucoup !

- Aurelan, Sam, voici Spock et Ève, mes T'hylara, mes compagnons.

Spock se leva et aida Ève à se mettre debout. Le Vulcain fit le Ta'al.

- Longue vie et prospérité. Dit-il tranquillement

- Dif-tor heh smusma. Ajouta Laurena

- Soyez les bienvenus. Dit Ève d'une voix douce

- Vous connaissez le Docteur McCoy.

- Enchanté de vous revoir en bonne santé!

- Et Kyuoshi-Azhular, notre chef de la sécurité

... et en plus, le Klingon était chef de la sécurité ? !

- Bonjour. Répondit le Klingon avec un léger salut. Je vais vous laisser.

- Dis, tu m'apprendras encore ? Insista Peter

- Cela ne dépend pas de moi, loQ loD (petit homme). Répondit le Klingon avant de sortir.

Jim se dirigea vers Ève et lui prit les mains:
- Tik-pon spoleck du uzh-is t'ha'ge t'du, smertau ish-veh t'du ! [à chaque fois que tu découvres un nouvel usage de ta lumière, cela t'épuise.]

Georges n'en comprit pas un mot. Mais il perçut une grande fluidité dans le phrasé de Jim. Quand avait-il appris à parler le Vulcain?

- Dungi-nam-tor ish-veh tok-ti, Jim, ri tun'uh t'du. Vest-ma etek mau karik-zherka! [Ça va aller, Jim, ne t'inquiète pas. Nous avons aussi eu beaucoup d'émotions fortes.]

- Venez vous asseoir. Proposa Jim. Non, Bones, restez avec nous.

Plutôt décontenancés Georges et Aurelan vinrent prendre place. Ils se savaient pas à quoi ils s'étaient attendu. Certainement pas à cette étrange sérénité qui baignait la pièce. Jim lança un regard à Bones et celui-ci se lança dans l'explication de ce qu'il s'était passé. Comment la blessure de Spock leur avait permis de comprendre le mécanisme du fonctionnement de ces créatures parasites, et comment les ultraviolets leur avaient été fatal. Georges et Aurelan écoutèrent sans l'interrompre

- C'est moi qui ai eu l'idée de la lumière ultraviolette ! Dit Laurena avec fierté. Et c'est ko-kuk-Ève qui a fait la lumière noire qui vous a sauvé!

- Voyons, Laurena. Gronda tendrement sa mère. Tu as trop d'imagination.

Laurena se tourna vers Ève:
- Fais-lui ton tour de magie!

Ève sourit doucement. Elle fit jaillir de sa paume une belle sphère lumineuse, mais fatiguée, elle contrôla mal son flux de lumière. Spock se retrouva paré d'une aura verte et Jim d'un halo doré. Aurelan et Georges retinrent un hoquet de surprise. Cet étrange phénomène leur apparut comme une confirmation de cette histoire de cachenaf vulcain dont Jim leur avait parlé.

- Stop ! Tu es trop fatiguée! Ordonna Jim aussitôt.

- Tu es une magicienne ? Demanda Peter, émerveillé. Une fée ?

- Je ne sais pas ce que je suis. Répondit doucement Ève, en se reposant à nouveau contre le corps puissant et ferme de Spock.

- Tu nous montreras encore ta lumière? Insista Peter

- Oui, promis.

- Demain, Peter. Ajouta Jim avec une douce autorité.

Il y eut un long silence. Aurelan et Georges observèrent longuement cet étrange trio que leurs enfants avaient déjà accepté, même le rigoureux Nathan. Ils virent la fierté immense dans le regard de Jim, et l'admiration sans borne dans celui de Ève, même les yeux de l'impassible Vulcain semblaient scintiller. Aurelan savait reconnaître l'amour quand elle le voyait. Il était là, inscrit en toutes lettres sur ces trois visages sereins.

- Il faudra que vous veniez manger tous les trois à la maison. Décida-t-elle.

Georges regarda sa femme avec étonnement. Bon, il ne lui restait plus qu'à la suivre, comme d'habitude. Au labo, c'était lui qui donnait les ordres, mais dans leur couple il n'était jamais parvenu à faire changer son épouse d'avis. Cette histoire de trouple ne lui plaisait guère. Tous trois étaient cependant des adultes consentant et ne faisaient de mal à personne... et il n'avait jamais vu son frère aussi heureux. Et c'était ce qu'il y avait de plus important au monde, ça et le bonheur de sa femme et de ses enfants

- Ça nous fera plaisir. Renchérit-il.

L'estomac de Nathan émit un grondement, qui provoqua le rire de son cadet.

- Je crois qu'il serait pertinent que nous partagions un souper. Sourit Jim

ooo

à suivre
Le capitaine réserva une petite salle munie d'un réplicateur alimentaire...

Avis aux amatrices & amateurs (ou amateur·e·s ?) du genre:
je vous promets beaucoup-beaucoup d'amour charnel ❤ au prochain chapitre, notre trouple a grand besoin de réconfort...


Le coin épisode de référence
Dans l'épisode TOS «Operation annhilate!», ces UV rendent Spock (provisoirement) aveugle, pour la plus grande culpabilité de McCoy
Dialogues sur la passerelle, après que Spock ait retrouvé la vue
fr·memory-alpha· /wiki/Operation_-_Annihilate!_(épisode)

Kirk : (souriant) "M. Spock, retrouver la vue serait une expérience émotionnelle pour la plupart. Vous, je présume, que vous n'avez rien ressenti ?."
Spock : (très sérieux) "Bien au contraire. J'ai eu une très forte réaction. Ma première vision a été le visage du Dr McCoy se penchant au-dessus de moi..."
McCoy : (blasé/agacé) "... une cécité éphémère qui n'a pas amélioré votre appréciation pour la beauté, M. Spock."

McCoy : (murmurant) "Ne dites pas à Spock que j'ai dit qu'il était le meilleur premier officier de la flotte."
Spock : (entendant malgré tout) "Pourquoi, merci, docteur McCoy."
Kirk :(amusé) "Vous vous étiez si inquiété pour ses yeux de Vulcain que vous avez oublié ses oreilles de Vulcain..."

^^ le triumvirat infernal est là au top de sa forme

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Le coin biologie (merci google)

amibe vulgaris-medical·com/encyclopedie-medicale/amibe-amibiase
«Les amibes sont des protozoaires (animaux unicellulaires) appartenant à la classe des rhizopodes. Elles sont constituées d'une seule cellule mobile, pouvant s'entourer d'une fine coque, formant une protection allant de quelques microns à plusieurs dizaines de microns de diamètre...»
et ça ressemble bien à ces machins super-beuark que l'on voit dans l'épisode TOS «Operation annhilate!»

neurone cérébral :
J'ai précisé neurone cérébral car le cerveau n'est pas le seul endroit où nous en avons !
En recoupant les différentes sources sources sur Google, j'ai découvert que :
- le cerveau compte 86 à 100 milliard de neurones.
- nous avons aussi un cerveau viscéral avec 200 millions de neurones tapis dans dans la muqueuse de nos intestins (digérer, c'est un boulot complexe à plein temps; certaines maladies dégénératives commencent là, en silence, et elles pourraient être diagnostiquées avant que cerveau d'en haut soit atteint)
- 40 000 neurones dans notre cœur pour gérer au plus près le rythme de ses battement (!).
et qui sait, il y en a sans doute d'autres ailleurs que la science n'a pas encore découverts

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Le coin j'ai tout piqué sur Wikipedia (bis):

fr·wikipedia·org/wiki/Rayonnement_solaire
«Le rayonnement solaire est l'ensemble des ondes électromagnétiques émises par le Soleil.
Il est composé de toute la gamme des rayonnements, de l'ultraviolet lointain comme les rayons gamma aux ondes radio en passant par la lumière visible. Le rayonnement solaire contient aussi des rayons cosmiques de particules animées d'une vitesse et d'une énergie extrêmement élevées.
Composition de l'émission d'ondes électromagnétiques par le Soleil ... le maximum d'émission est dans le vert (λ=504 nm), et la répartition du rayonnement est à peu près pour moitié dans la lumière visible, pour moitié dans l'infrarouge, avec 1 % d'ultraviolets...»

fr·wikipedia·org/wiki/Ultraviolet
«Près de 5 % de l'énergie électromagnétique du Soleil est émise sous forme de rayonnement UV. Ces rayons UV sont classés dans trois catégories en fonction de leur longueur d'onde : les UV-A (400-315 nm), UV-B (315-280 nm) et UV-C (280-100 nm). Toutefois, en raison de l'absorption des UV par la couche d'ozone de l'atmosphère, 95% de la lumière UV qui atteint la surface de la Terre appartient à la gamme des UV-A2,3...»
A faibles doses, ils sont bons pour la santé...

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le troupe, une tentative de reformer le sécurisant trio deux-parents et un enfant?
J'ai lu/entendu cela un jour quelque part... j'ai recherché sur internet mais n'ai rien trouvé
mais j'imagine très bien des psy obtus pondrent ce genre de raisonnement.

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