Ha'ge Ohasu [L'être lumière] ~ Partie XI Lautuv-lar [Les obstinés]


Chapitre 2 Bosh-nayan'es
[prévenance]

oOo

Précédemment:
Azhular tendit une main vers lui mais ne le toucha pas. Il ne voulut pas le réveiller, pour lui dire quoi, d'ailleurs ?
Je viens de découvrir que je te veux! Sois à moi!
Non, cela était impossible à avouer.
Il se dirigea vers la porte...

ooo

McCoy était muni d'un sixième sens mais celui-ci fonctionna à retardement. Il se réveilla au second chuintement imperceptible de la porte de son bureau. Il sursauta en reconnaissant de façon infaillible le large dos musclé et la somptueuse crinière noire. Cela le réveilla aussitôt

- Azhular? Gronda-t-il aussitôt sur la défensive. Que faites-vous là?
Ce n'était pas de cette façon qu'il rêvait d'être réveillé par lui. Que faisait-il encore hors de son lit? Bon sang de gamin têtu et irresponsable ! C'était donc si difficile d'accepter de prendre un peu de repos récupérateur?

Azhular se retourna. À peine réveillé, bien que visiblement très fatigué, le Doc le scannait déjà de son regard métallique aussi tranchant que la pointe de la lame d'un d'k tahg. Azhular comprit qu'il allait encore se faire hurler dessus. Et pour une fois, cela ne l'amusa pas.

Le cœur de McCoy recommença inexorablement à douloureusement gonfler dans sa poitrine quand ses yeux croisèrent ceux du gamin.

- Je vais mieux que vous, Doc. Vous semblez exténué. Vous devriez vous reposer. Répondit-il

Bon sang, mais où était passée l'agressivité habituelle de ce Klingon? McCoy avait perdu d'avance, si le gamin se mettait à lui parler avec autant de gentillesse. Il ne devait surtout pas se laisser attendrir par cette surprenante prévenance... Il ne fallait pas que Azhular devine les sentiments pathétiques qu'il entretenait à son égard.

- J'aurai tout le temps de me reposer quand je serai mort! Se rebiffa le médecin en s'asseyant sur le lit de camp. Et d'ailleurs c'est...
Le sang lui monta à la tête, brouilla sa vision et la pièce tourna autour de lui. Il était allé trop vite, et n'avait probablement pas assez dormi. Il se frotta les paupières et ne remarqua pas que Azhular avait fait quelques pas vers lui, vaguement inquiet.

- ...c'est à moi de juger si vous allez mieux! Reprit-il avec autorité dès que les murs reprirent leur place normale.
Il était hors de question, cette fois-ci, que ce bon sang gamin irresponsable sorte de l'infirmerie avant qu'il n'ait pu s'assurer qu'il avait correctement récupéré et cicatrisé de ses blessures.

Azhular s'immobilisa. Il fallait qu'il tente de lui parler de ce qu'il avait compris, quitte à se faire rembarrer.
- Je vais bien, Doc. Je n'ai plus mal à...

- Bon sang de crétin de Troll! Le coupa McCoy en sortant précipitamment hors de son lit de fortune pour aller vers Azhular à grand pas. C'est moi le médecin, ici, c'est à moi de...

Toute l'attention du Klingon se focalisa soudain sur les pupilles extrêmement dilatées des yeux du docteur, si largement ouvertes qu'elles éclipsaient la majeure partie du bleu métallique de ses iris. Azhular avait de l'expérience, il savait ce que cela signifiait : consciemment ou non, cet Humain éprouvait du désir charnel vis à vis de lui! Ça changeait tout!
Ce fut comme un signal qui réveilla irrépressiblement tous ses instincts de mâle possessif, lesquels balayèrent toute forme de pensée rationnelle. Il voulait ardemment que cet homme lui appartienne, il allait se servir de ce désir pour se l'approprier.

Avant que le médecin n'ait pu achever sa phrase, Azhular avait bondit sur lui dans un grondement rauque, ses pupilles elles aussi soudainement hypertrophiées.

Atterré par cette réaction imprévisible, le médecin recula puis butta contre son bureau. Il était allé trop loin. Ce Klingon n'était pas aussi apprivoisé que cela, McCoy avait oublié combien les membres de cette ethnie pouvaient être susceptibles. Quelle ironie: il allait se faire broyer par les mains puissantes de cet homme dont il était si désespérément épris... Toute résistance était futile face à cette montagne de muscles aguerrie aux combats au corps à corps. McCoy avait lui-même fait en sorte que les murs de son bureau soient insonorisés pour garantir aux patients un meilleur secret médical. Il était inutile de crier ou de se débatte. McCoy ne tenta même pas de fuir... il se sentait si las... il ferma les paupières.

Résigné, McCoy ne sursauta pas quand Azhular le saisit par la nuque, avec un étonnant mélange de fermeté... et de douceur. Mais le Klingon ne fit aucun geste pour la briser. Il agrippa ses cheveux, força le visage de McCoy à se lever vers le sien. Il posa ses lèvres sur les siennes. Stupéfait, McCoy écarquilla les yeux à ce contact inattendu. De son pouce sur le menton, Azhular le força à ouvrir la bouche. Sans aucun autre préliminaire, sa langue s'y engouffra et s'y enfonça profondément.

Pour les deux hommes, le temps se suspendit.

Tétanisé, le souffle coupé, McCoy ne s'opposa pas à cette langue qui s'emparait des moindres recoins de sa bouche, conquérante. Il eut un long frisson. Là, prisonnier du carcan des bras puissants de Azhular, un rêve inaccessible se réalisait soudain. Bon sang, mais qu'est-ce que ce bon sang de gamin embrassait bien! Ses lèvres étaient fermes et pulpeuses, sa langue habile et expérimentée... C'était encore mieux que dans ses rêve les plus doux et McCoy sentit son cœur s'accélérer. Azhular dégageait une telle puissance, une telle possessivité... et cette odeur suave... McCoy glissa ses doigts dans l'épaisse soie de ses cheveux d'ébène, comme il avait toujours rêvé de le faire, si dense et si incroyablement douce. Le Klingon émit un grondement de satisfaction.
Sans cesser de posséder sa bouche, Azhular le souleva pour l'asseoir puis le coucher sur le bureau. Ses mains glissèrent sous la chemise de McCoy, brûlantes, possessives... oh comme il avait les mains douce!

- vIghajchoH (sois mien!) Grommela Azhular entre deux baisers

Le cerveau du docteur commença à dériver. Il avait lu dans un vieux bouquin que les mâles dominants Klingons avaient la capacité d'émettre des phéromones sexuelles puissamment aphrodisiaques, mais il n'y avait aucune preuve nulle part de ces allégations fantaisistes... Les lèvres de Azhular était à présent sur son cou, affamées... il répétait ces mot troublants vIghajchoH... Bon sang que c'était agréable, encore mieux que dans ses fantasmes les plus fous !

Pourtant, un signal d'alarme se déclencha soudain dans l'esprit de McCoy...

L'attitude de ce gamin était tout à fait anormale.

Pour ne pas dire pathologique.
Jamais Azhular n'avait montré le moindre intérêt à son égard, jamais il n'avait recherché sa compagnie.

OK, il venait le consulter pour une simple égratignure, mais McCoy avait finit par comprendre qu'il appréciait se faire enguirlander par lui. (une bizarrerie spécifique aux Klingons, sans doute)

Pourquoi lui sautait-il dessus de cette façon?
Oh non!
Il faisait une réaction allergique à l'un des antibiotiques qu'il lui avait injecté dans sa perfusion!
Ou à l'un des composés ultra-nutritif!

Le sang de McCoy que le Klingon avait porté à ébullition se changea en glace dans ses veines. L'inquiétude prit le pas sur le désir, sans pour autant l'effacer totalement. Il tenta de repousser doucement Azhular qui ne s'en rendit même pas compte.

- Je te veux! Grondait Azhular d'une magnifique voix rauque qui envoyait de longues décharges électriques dans les reins du Docteur. VIghajchoH! GhaH joH'yIn qoch! (sois à moi! sois mon compagnon de vie!)

McCoy ne comprit pas les mots Klingons, mais il avait pris sa décision. Il était hors de question pour lui de profiter du subit désir de ce gamin pour satisfaire ces bas instincts contre lesquels il luttait depuis tant et tant de semaines.

- Non.
Non, pas juste la satisfaction d'une pulsion sexuelle, d'une basse concupiscence provoquée par les séquelles du stress des combats de la veille, ou par la réaction allergique à l'un des composants de la perfusion. McCoy désirait ardemment partager de l'amour avec cet homme, il rêvait de partager sa vie ...pas la bestialité de se faire prendre à la va-vite sur un coin de table dans un vulgaire coït...

Azhular sursauta presque. Il se redressa, il ne comprenait absolument pas ce refus : tout dans le corps du médecin lui hurlait oui, oui!
Son souffle court;
Ses mamelons durs sous ses doigts;
Sa peau qui frémissait sous ses caresses;
Les battements accélérés de son cœur qui faisaient vibrer cette veine à son cou;
Les pupilles dilatées de ses yeux où le bleu n'était plus qu'un cercle fin;
Cette puissante érection qu'il sentait contre la sienne...
Et pourquoi ne l'avait-il pas repoussé dès le premier baiser?

- Non ? Gronda Azhular, choqué et incrédule, la voix rendue rauque par le désir, presque menaçante

- Non. Je ne veux pas. Répondit le médecin avec tout le calme et la fermeté dont il était capable
Non, McCoy ne voulait pas le faire comme ça, là sur un coup de tête. Tous deux n'en retireraient que des regrets. Il ne voulait pas vivre un rêve éphémère et illusoire, il ne voulait pas être la conquête d'une heure ou deux puis être rejeté. Son cœur déjà si douloureux en serait définitivement brisé.
Et il devait déterminer l'origine de ce comportement anormal et soigner le gamin contre ces étranges effets secondaires.

- ... mais... ? Balbutia le Klingon, pris au dépourvu.

Azhular le contempla, le Doc était immobile.
Azhular remarqua que le Doc ne se débattait pas, qu'il ne hurlait pas. Il ne le repoussait même pas.
Azhular remarqua que le Doc n'avait pas peur de lui alors qu'en tant que Klingon, il avait suffisamment de puissance pour le tuer d'une seule main, et par conséquent il était assez fort pour lui arracher ses fragiles vêtements et le violer sans qu'il ne puisse se défendre. Il lui suffisait de saisir ses deux poignets si fins dans une de ses mains, de les plaquer au-dessus de sa tête, et... il en était sûr à la vue des signaux que lui renvoyaient son corps : l'Humain finirait par y trouver du plaisir... oh, c'était si tenant... le forcer à prendre du plaisir avec lui...
Azhular comprit qu'il avait... confiance en lui ?
...confiance, alors qu'il était absolument sans défense face à son bon vouloir...

McCoy disait juste non, calmement.

Azhular lutta contre ses pulsions.
Lui non plus ne voulait pas juste du sexe. Il voulait posséder cet homme dans la totalité de son être: il voulait son corps, il voulait son cœur, il voulait être son protecteur, il voulait être le centre de ses pensées. Et le posséder physiquement sous la contrainte n'était pas la bonne solution. En tout cas, surtout pas avec un Humain au corps aussi fragile. Il risquait de le blesser et de recevoir sa haine en retour.
Il le lâcha et recula d'un pas. Il regarda le Doc se remettre debout et arranger ses vêtements. McCoy tremblait un peu et son visage était très pâle.

- Je dois retourner à mon poste. Dit Azhular dignement, en dissimulant sa profonde déception et son orgueil blessé.

Il avait nettement perçu le désir de l'Humain, il avait tenté d'en profiter pour de le séduire et s'approprier son corps. Il lui aurait donné du plaisir, beaucoup de plaisir, suffisamment pour qu'il veuille recommencer. Ensuite, il l'aurait mis devant le fait accompli. Il se serait approprié sa vie et lui aurait dit: DaH, SoH vIghajchoH, Doc, SuQam HItlhej (Dorénavant, tu es à moi, Doc, tu vivras avec moi)

Mais il avait échoué. Le Doc avait su résister à son emprise. Seul le corps de cet Humain était faible. Il n'était pas possible de soumettre son esprit. Azhular respectait cela, et son désir de faire de cet homme son compagnon augmenta.
À présent, le Doc allait certainement lui en tenir rancune et ne plus vouloir lui adresser la parole... Il allait devoir être patient pour obtenir son pardon et...

- Ça c'est à moi de le décider! Gronda le docteur McCoy les bras croisés avec autorité, comme si rien n'était arrivé. Je dois d'abord vérifier que votre blessure a bien cicatrisé! Vous ne quitterez pas cette infirmerie tant que je ne me serai pas assuré qu'il n'y a plus de risque d'infection!
Il était hors de question que ce stupide gamin impétueux sorte de cette pièce sans qu'il n'ait pu procéder à ces vérification!

Azhular se raidit de surprise. Pourquoi le doc ne lui faisait-il aucun reproches?
L'irascible docteur McCoy le foudroyait de ses yeux plus d'k tahg que jamais. Ce médecin était si entièrement dévoué à son devoir! Il était toujours prêt à aller jusqu'au bout, quoi qu'il puisse lui arriver, quels qu'en étaient les risques pour lui-même... il fallait aux coté de cet homme admirable un protecteur à la hauteur de ce dévouement, et Azhular voulait être ce guerrier-gardien. Il était le plus puissant combattant embarqué à bord de ce vaisseau. Il était le seul à en être digne.

Qel McCoy (docteur McCoy), têtu, inflexible, courageux, d'une dangereuse abnégation... si adorablement ronchon. Il le regardait comme il le faisait toujours, comme si Azhular n'était qu'un jeune crétin inconséquent et incapable de prendre soin de sa santé correctement. Le Doc ne semblait pas lui tenir rigueur pour ses avances vigoureuses.

Azhular décida de calquer son attitude sur celle du médecin, lui aussi allait faire comme si rien ne s'était passé
Il raffermit sa volonté et reprit espoir: puisque que Qel McCoy ne montrait aucun ressentiment, peut-être que tout n'était pas perdu. Peut-être devait-il prendre un peu plus son temps, les façons humaines de courtiser devaient être différentes.

Il devait trouver le moyen, il fallait que cet Homme lui appartienne.

- Asseyez-vous sur ce bureau. Ordonna McCoy en brandissant son médicorder. Cela m'évitera de me pencher, j'ai le dos en compote en ce moment et contrairement à vous, je n'ai plus vingt ans!

- Je n'ai plus vingt ans non plus, Doc. Protesta Azhular

McCoy ne réagit pas à sa réponse. Il promenait avec concentration le médicorder sur le corps de son patient, essayant de ne pas prêter attention au regard intense posé sur lui, ni à ces mains dont les caresses étaient si merveilleuses. À plusieurs reprises il lut les résultats sur le petit écran et modifia le réglage de son appareil.
- Je ne comprends pas. Grommela-t-il avec perplexité. Tout a l'air normal... pas la moindre trace de IgE ou de IgG, ni d'histamine* ... comment expliquer...?

Il recommença l'analyse avec un autre médicorder, consulta à nouveau les résultats et obtint le même bilan biologique.
- Dites-moi. Demanda-t-il à voix haute. Avez-vous eu des démangeaisons pendant votre sommeil ou à votre réveil ce matin?

- Non. Pourquoi?

- Des vertiges? des nausées? des rougeurs? des boutons? des oreilles qui sifflent? des difficultés à respirer, même infimes? de la toux? le nez qui coule? une augmentation anormale de la température de votre corps? des manifestations physiques inhabituelles?
McCoy se retint d'ajouter "mis à part votre crise de Pon farr Klingon de tout à l'heure"

- ...non, rien de tout ça. Répondit Azhular un peu décontenancé par cette liste incongrue

- Alors cela devait être un effet secondaire du stress. Murmura McCoy pour lui-même.

- Quoi donc, Doc? demanda Azhular qui ne comprenait pas pourquoi le Doc avait l'air aussi inquiet et perplexe

- Rien, soulevez votre chemise que je vérifie la cicatrisation votre blessure. Rétorqua-t-il un peu sèchement

Par pure provocation, Azhular enleva sa tunique et présenta son torse nu. Il se tint bien droit, mettant en valeur la magnifique sculpture d'ébène qu'était son buste.

McCoy se crispa intérieurement: les mamelons dont les aréoles rondes étaient plus sombres que le reste de la peau pointaient vers lui, comme s'ils ne demandaient qu'à être sucés et mordillés. L'eau lui monta à la bouche. Il avala sa salive et se concentra sur son travail. Il ôta doucement le pansement et inspecta minutieusement la plaie. Cela lui prit plus de temps que d'ordinaire pour accomplir cette tache, car cette peau à l'apparence si veloutée dégageait une odeur suave et enivrante qui entravait ses capacités de concentration.

McCoy remit lentement un autre bandage. Par moment, ses doigts de touchèrent la peau de son patient avec une grande douceur au prétexte de mieux ajuster le pansement. De longs frissons parcoururent le dos du Klingon tant il trouva cela autant agréable que frustrant. Hélas pour lui, le Doc ne le remarqua pas.

- Parfait... elle est bien refermée et presque cicatrisée. Annonça McCoy d'une voix presque douce. Vous voyez ce que peut faire une bonne nuit de vrai repos ? Gardez ce bandage jusqu'à demain et privilégiez les douches soniques pour éviter de mouiller la plaie. Vous pouvez reprendre votre poste, mais pas avant d'avoir pris un solide petit déjeuner. Attendez quelques jours avant de reprendre vos entraînements pour ne pas risquer de rouvrir la blessure. Et si il vous arrive une manifestation physique inhabituelle, revenez me voir.

- NuqneH, Qel. Grommela Azhular
Le visage du doc était si prêt du sien et ses yeux d'k tahg si attentifs et si sérieux, si beaux, que Azhular eut à nouveau envie de l'embrasser.

- Pardon?

- Ça veut dire : merci, docteur

McCoy montra une certaine surprise, qu'il masqua en demandant:
- Ne m'aviez-vous pas proposé de m'enseigner plutôt des jurons Klingon ? Comment dit-on crétin de Klingon? Parce que je suppose que le mot «troll» n'existe pas dans votre langue de sauvages.

Après ce qui venait de se passer, que le Doc traite de sauvage était légitime. Azhular ne s'en formalisa pas et eut un sourire amusé: il avait perçu une sorte d'affection dans cette façon de prononcer le mot "troll" :
- jerk signifie crétin, tlhIngan jerk

- Vous pouvez retourner à votre poste, tlHingan jerk !

McCoy avait réussi l'exploit de rester aussi professionnel et impassible que ce bon sang de Vulcain, malgré son cœur en miettes qui battait n'importe comment.
Il attendit que Azhular soit sorti pour s'effondrer sur son fauteuil, il tremblait de tous les muscles de son corps.

Jamais il n'aurait pu penser que l'enfer puisse être aussi proche du paradis...

Oh, comme il se sentait pathétique!
Si profondément idiot d'y avoir cru, ne serait-ce qu'une seconde...
De lourdes larmes silencieuses dévalaient sur ses joues.

Azhular l'avait embrassé avec passion.
Azhular l'avait pris dans ses bras.
Azhular l'avait désiré!...

Mais ce n'était pas lui, Leonard McCoy, que ce Klingon avait désiré, il avait juste voulu de son corps pour assouvir cette sorte de crise sexuelle incompréhensible.

À son âge, s'amouracher d'un jeune Klingon... il était pathétique... c'était lui le Leonard-jerk...

Il savait que les Klingons pouvaient être imprévisibles, mais pas à ce point. Azhular était dans la pleine force de sa jeunesse et si beau, vraiment trop beau pour sa santé mentale se répéta-t-il... et si intelligent... et ces yeux de pierre précieuse... Avec un peu de patience et de douceur, il pouvait avoir tous les partenaires qu'il voulait, n'était-ce pas ce qu'il avait fait sur la planète Kôkivo-ya ?
Alors pourquoi jeter son dévolu sur lui, aussi sexy qu'un hypospray?

Cela lui avait été si difficile de résister à ce désir puissant que Azhular avait réveillé en lui... cela faisait si longtemps qu'il était attiré par lui... il y était parvenu, il avait réussi à dire non. Mais, par tous les dieux et démons de l'univers, que cette victoire de sa conscience morale avait un goût amer.

Le Doc rêvait de partager la vie de Azhular.
Rêve d'un vieux fou en pleine crise de la quarantaine, inaccessible utopie.
McCoy n'était pas fait pour la vie de couple, il en était intimement persuadé. Oui, il avait toujours été fidèle à sa femme; oui, c'était elle qui l'avait trahi et trompé. Mais il l'avait si souvent laissée seule, passant des journées entières, parfois des nuits, voire des semaines à soigner ses patients. Il ne vivait que pour cette vocation: sauver des vies. Il était marié à son travail.
Il avait tout perdu suite à son divorce. Kelly lui avait tout pris et avait emmené leur fille loin de lui. Longtemps, l'alcool avait été son seul soutien. Mais il avait été assez prudent pour que cela ne se voit pas.

Puis Jim s'était imposé dans sa vie.
Puis ce Spock exaspérant. Quoi qu'il dise de cette irritante tête de mule vulcaine, McCoy savait que leur respect était réciproque.
Leurs précieuses amitiés lui avaient sauvé la vie.
Et la Petite était arrivée, innocente et si démunie, elle avait réveillé sa fibre paternelle.
Et à présent, ce frère d'adoption de la Petite, ce dangereux gamin avait achevé de réanimer son cœur... et de le briser une seconde fois

Étrangement, McCoy n'était pas choqué par l'attitude de Azhular, il n'éprouvait aucune rancune à son égard
Il avait été agressif mais telle était sa nature. Il était un Klingon.
Oui, il avait été très entreprenant, mais pas harcelant. La frontière entre les deux pouvait parfois être si infime. Il s'était immédiatement arrêté dès qu'il avait dit non. Il n'avait pas insisté. McCoy se rendit compte que s'il avait refusé le baiser, Azhular ne serait pas allé aussi loin.

Azhular n'était pas un idiot. Il avait bien vu la contradiction entre les signaux envoyés par son corps et ce refus verbal, il en avait été étonné. Peut-être avait-il deviné que le médecin aurait fini par y prendre du plaisir, s'il lui avait forcé la main... car McCoy avait éprouvé du désir pour cet homme jeune et vigoureux, un désir aussi puissant que douloureux... mais Azhular l'avait respecté.
McCoy se souvenait encore du goût de sa bouche, de sa langue enlaçant la sienne, de la brûlure de ses mains sur son corps, de l'odeur suave de sa peau... et il avait profité du pansage de sa blessure pour effleurer trois fois cette peau si douce... (ce n'était pas très professionnel, mais le gamin n'avait émit aucune protestation, il n'avait même pas dû s'en rendre compte)
McCoy avait là de quoi alimenter ses fantasmes secrets pendant des mois.

L'impitoyable guerrier Klingon l'avait respecté. Se répéta-t-il
tlhIngan jerk... pas si crétin que cela
Le premier jerk qui lui affirme que les Klingons sont tous des sauvages...

McCoy soupira.
Il avait besoin d'une vraie douche pour se remettre les idées en place, il en profiterai pour pour soulager cette érection persistante qui devenait douloureuse. Il avait toujours eu un haut sens moral, mais n'avait jamais été pudibond. Fantasmes et masturbations pouvaient être efficaces pour soulager certaines tensions nerveuses, et c'était sans effet secondaire, sans risque pour la santé...
Ensuite, il prendrait un bon petit déjeuner, avec un "croissant de Kirk" (nom donné par l'équipage à cette viennoiserie depuis que Ève en avait re-paramétré le goût pour faire plaisir au Capitaine), et il mettrait de vrais vêtements. Enfin il irait rendre visite au trio infernal, et il se sentait déjà exaspéré...

Il retourna rapidement dans ses quartiers. Sous sa douche, il revit ces yeux de braise, revécu leur baiser passionné, et craqua dans un gémissement désespéré, à la simple évocation de cette large paume et ces doigts brûlants sur son membre... puis fondit à nouveau en larmes.

ooo

McCoy sortit du turbofleet, il avait retrouvé toute sa détermination: il n'avait pas le temps de s'appitoyer sur son sort. Il croisa Sarek dans le couloir.
Décidément, cette journée commençait vraiment mal...
Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à refuser de rester à se reposer dans leurs lits?! Il était vraiment très tôt, le Vulcain n'avait rien à faire hors de sa chambre.
Les opérations à la chaîne, les soucis, la nuit trop courte, la visite de Azhular, la fatigue avaient émoussé sa patience et son self contrôle, McCoy s'énerva aussitôt :

- Bon sang, Ambassadeur ! Gronda-t-il sans même prendre le temps de le saluer. Vous n'allez pas, vous aussi, vous comporter de façon aussi irresponsable que Jim et Azhular avec votre santé !

- Bonjour, docteur. Répondit impassiblement le Vulcain.
Sarek était habitué aux fascinantes fluctuations souvent imprévisibles des affects des Humains. Cependant, jamais il n'en avait croisé avec cette façon aussi irrationnelle de montrer son empathie médicale. Comment faisait Spock pour supporter les débordements émotionnels permanents de ce médecin?

- Qu'est-ce que vous faites ici au lieu de vous reposer comme vous m'aviez promis de le faire?

- Je ne pratique actuellement aucune activité physique fatigante. Rétorqua Sarek, en toute bonne foi. Ma santé n'est en aucune façon remise en cause par ma présence ici.

Bon sang! Ssschnechnegaï père et fils, même combat, même vulcattitude exaspérante
- Alors, laissez-moi deviner, vous venez... voir votre fils?

Il se retint de justesse de dire «enquiquiner votre fils avec vos bon sang de leçons de morale psychorigides»

- Effectivement, je dois lui parler. J'ai des questions à lui poser.
Sarek vit le Docteur froncer les sourcils avec un incompréhensible mécontentement, mais, étonnement, l'Humain s'abstint de tout commentaire.

- Leur cabine est par là, Grommela-t-il. Allons-y
Cet insensible Gobelin-père allait probablement blesser ses amis avec ses remarques logiques, mais il ne pouvait rien faire pour l'en empêcher. Son sang bouillonna brièvement dans ses veines, mais il parvint à conserver un semblant de calme.

- Puis-je vous poser une question personnelle, Docteur?

McCoy s'arrêta de marcher et se retourna, visiblement méfiant.
- Je vous écoute...

- Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris les hem... liens... de Spock avec ces deux personnes?
Il ne voyait pas d'autres mots pour qualifier cela. Le mot amants le rebutait de part tous les sous-entendus charnels qu'il impliquait. Employer le mot T'hylara revenait à totalement accepter ce trouple, et il n'y parvenait toujours pas, de plus, il n'était pas sûr que cet Humain aurait compris le sens de ce terme Vulcain.

- J'ai été soulagé. Avoua McCoy au tac au tac.
Il entrevit un moyen de, peut-être, permettre à cette tête de mule vulcaine de comprendre qu'il n'y avait rien d'illogique dans ce trouple.

- ... soulagé ? Répéta Sarek en haussant un sourcil comme le faisait son fils
S'il y avait bien une réponse à laquelle il ne s'attendait pas le moins du monde de la part d'un médecin, c'était bien celle-ci. Puis il se souvint que cet homme était un ami de son fils, et des deux autres Humains. C'était donc logique.

- Comment vous dire... dès le début, Spock se comportait de façon... territoriale, comme vous dites, vis à vis de Ève. Quant à elle, elle était déjà profondément amoureuse de lui. Une sorte de coup de foudre réciproque, si vous voyez ce que je veux dire.

- ... mon fils?... un coup... de foudre ?

Bon sang de Vulcain constipé des émotions!
- Oui, je sais, les Vulcains n'ont pas de coup de foudre. Rétorqua McCoy sans cacher son agacement. Comment le dire autrement... ils se sont... attachés l'un à l'autre quasi immédiatement, chacun à leur façon. Et cela valait mieux pour eux, puisqu'ils ont été obligés de rester collés l'un à l'autre en permanence à cause des effets secondaires de cette fièvre. Spock appelait cela le ponala kaochahilalalik-fusionnel-quelque-chose

- Vous voulez dire le Pon nala-kaunshaya'es telik ?

- Oui, c'est ça. Ça a duré très longtemps. Inutile de vous faire un dessin.

Sarek ne prêta pas attention à cette dernière phrase qui n'avait absolument aucun sens
- Très longtemps est une durée imprécise. Combien de temps a duré cette obligation ?

Une durée imprécise... Ronchonna McCoy en pensée
- Je n'ai pas le chiffre précis, je suis sûr que Spock pourrait vous le dire à la minute près avec quatre chiffre derrière la virgule... je dirai plus d'un mois...

À nouveau Sarek haussa un sourcil. Normalement cette période du Pon nala-kaunshaya'es telik [temps d'attachement marital fusionnel] durait sept jour Vulcains, le temps que le couple fasse connaissance dans la Telsu'kelek [maison des époux]...

- ...Et notre cher Jim, passé un court moment de méfiance a voulu faire plus ample connaissance avec la Petite Ève. Je crois qu'il a craint de perdre la précieuse amitié qui le liait avec Spock. Il a craint que la Petite ne les sépare par possessivité. Et cette histoire de Ponala-chose a aggravé cette crainte. Cela arrive parfois chez les Humains. Alors il a voulu créer des liens amicaux avec elle... mais... je pense qu'il a perdu le contrôle de la situation...

- Que vous voulez vous dire?

- Je pense que Jim a été pris au piège de son propre jeu. Son charme naturel a agi sur Ève, qui était si naïve qu'elle ne s'est rendu compte de rien. Ils sont brutalement tombés amoureux l'un de l'autre avant même de se rendre compte de ce qui leur arrivait.

Une jeune épousée, éprise de son mari, qui tombe amoureuse d'un autre homme? Sarek n'avait jamais entendu parler d'une chose aussi irrationnelle
- Et comment a réagi Spock?

- De façon logique, bien sûr. Répliqua McCoy avec un rire attendri. C'est un Vulcain jusqu'au bout des ongles, votre fils, comment pensez-vous qu'il puisse réagir autrement?

- Et quelle est selon vous la façon logique de réagir à une situation aussi irrationnelle?
Il se retint de dire scabreuse.

- Il a dû réfléchir à toutes les données de ce problème, en scientifique. Tel que je le connais, il a dû exposer à Jim et Ève les raisons totalement logiques et parfaitement rationnelles de résoudre cette situation inextricable ainsi. Je suis même sûr que c'est lui qui leur a proposé de vivre ensemble. D'ailleurs, c'est lui qui a annoncé à l'ensemble du personnel leur condition de trouple. Ces deux-là ont toujours été si proches, et connaissant les talents de séduction du Capitaine, nul n'a vraiment été surpris, ni choqué.

Les deux sourcils de Sarek se soulevèrent brièvement avec incrédulité... son fils avait fait ça ? Et l'équipage n'en avait pas été choqué?
- Vraiment ?

- Vous êtes son père, vous savez bien que Spock agit toujours avec la plus stricte des droitures, en méprisant le qu'en dira-t-on. Jim est lui aussi un esprit libre et volontaire. Quant à Ève, elle est honnête et écoute toujours son cœur... un parfait trio d'entêtés. Jim et Spock ont toujours formé et forment encore une équipe de commandement efficace et respectée. Il y a toujours eu une vive amitié entre ces deux-là... sauf que je pense maintenant que ce n'était pas de uniquement l'amitié, mais quelque chose de beaucoup plus profond. Involontairement, la Petite a agi comme un révélateur.

Comme Sarek n'ajouta rien, McCoy sonna à la porte. La porte s'ouvrit sur Spock, en pyjama, Lash'a perchée sur son épaule et toute scintillante. Il irradiait de lui une douce lumière verte. Son visage était à a fois parfaitement neutre et détendu. Lash'a bourdonna joyeusement son souhait de bienvenu.

- Dif-tor heh smusma, Docteur. [Vie longue et prospère] Dit-il, avec dans sa voix calme une imperceptible bienveillance. Vous êtes venu ausculter Jim.

- Bonjour, Spock, salut la bestiole. Je reconnais-là votre légendaire sens de la déduction logique. Répondit McCoy un brin provocateur. Oui, je suis venu évaluer l'efficacité de votre tour de magie vulcaine sur Jim.

Spock accepta le jeu et allait lui répliquer qu'il n'y avait aucune magie dans la transe algique. Puis il vit son père. Les traits de son visage perdirent toute leur prévenance et se durcirent, la lumière qui l'entourait disparut. Sarek comprit nettement qu'il n'était pas le bienvenu, mais il ne pouvait à présent se permettre de faire demi-tour.

- Dif-tor heh smusma, Sarek. [longue vie et prospérité] Dit-il d'une voix dépourvue du moindre affect.

- Sochya heh dif, Spohkh. Répondit son père [Paix et longue vie]

- Entrez. Dit Spock aux deux hommes.
Il fut quelques pas en arrière pour leur céder le passage

Sarek comprit la réticence de son fils quand il se rendit compte qu'il pénétrait dans la partie privée des quartiers qu'il partageait avec ses compagnons. Contrairement à ce docteur, il ne faisait pas partie du cercle restreint de leurs intimes... alors qu'il était son père, et il en éprouva un vague malaise. Irrationnel sentiment indigne d'un Vulcain, qu'il réprima aussitôt.

Sarek vit le grand futon à même le sol, recouvert d'un boutis rouge brodé de motifs noirs dont il ne parvint pas à identifier l'origine. Il vit le coin de méditation, avec ses bougies et trois coussins... trois... les deux Humains s'adonnaient-ils donc aussi à la méditation ? Il croisa enfin le regard accueillant de Ève, et celui, méfiant, de Kirk. Mais l'Humain se reprit et arbora une expression neutre. Illes étaient assis à une table basse sur laquelle était posée leur petit déjeuner, dont une toute petite coupelle contenant ce qui semblait être des pétales de fleurs et de minuscules portions de fruits. Illes portaient le même pyjama réglementaire que Spock. Toustes deux émettait une lumière douce, blanche pour elle, jaune-orangée pour lui.

- Ambassadeur. Dit Kirk en guise de salut. Bonjour, Bones.

- Bonjour Docteur. Dit Ève. Bonjour Ambassadeur, soyez les bienvenus, je vous en prie, venez prendre place.

Spock désigna froidement à son père son propre coussin de sol, il aurait été impoli de refuser.

- Je vous remercie. Répondit Sarek en s'asseyant.

- Avez-vous déjà pris votre petit déjeuner ? Demanda Ève.

- Non, pas encore. Répondit-il en masquant son étonnement face à cette prévenance inattendue

- Jim, il serait plus simple que je vous ausculte sur un lit. Intervint McCoy, bougon.

- J'arrive, Bones

Jim se leva. Il ôta sa chemise avant de s'allonger. Il perçut un très bref accès de jalousie possessive en provenance de Spock, et il aima cela.

- Vous semblez troublé, Bones. S'inquiéta Kirk. Il y a eu un problème?

Sarek vit qu'aussitôt Spock et Ève focalisèrent toute leur attention sur le médecin

- Non. Rien de grave. Grommela Bones. Rien que ce satané crétin de troll Klingon irresponsable !

Il arracha le pansement vivement, faisant pousser à Kirk un cri de protestation :
- Bones !

- Quel douillet vous faites !

- Ça fait un mal de chien. Se rebiffa Kirk

- Oui, et bien je ferai doucement quand vous daignerez enfin prendre correctement soin de votre santé! Objecta le docteur.

Ève avait elle aussi remarqué que le Docteur était préoccupé. Elle avait vu aussi ses paupières gonflées et ses yeux rougis, ses traits tirés par la fatigue. Elle s'inquiéta pour lui. Il ne dormait vraisemblablement pas assez, avait beaucoup trop travaillé et se faisait beaucoup trop de soucis pour eux, tout le temps.
Elle repensa à sa remarque à propos du satané Klingon, mais surtout à cette petite inflexion dans sa voix... elle rassembla les différents éléments comportementaux entre Bones et Azhular...

- Oh! Murmura-t-elle.

'Bones est amoureux d'Azhular!'

- Qu'est-ce que tu dis ? S'exclama aussitôt Kirk en se relevant à demi. Ça n'est pas possible!

Comment se faisait-il que Bones n'ait pas protesté à cette hallucinante affirmation de Ève?

- Jim restez tranquille! Tempêta McCoy

- Mais, je n'ai rien dit ! Protesta Ève doucement.

-... et pourtant je t'ai entendue! Insista Jim oubliant à nouveau leur vouvoiement

...
- En effet, Ève. Pensa Spock. Cependant, tu as pensé ces mots.
...

Spock resta impassible, alors que ses T'hylara échangeaient un regard émerveillé.

Ce fut comme si un barrage venait de céder à cette révélation.
Les flots chaotiques des sentiments / émotions / pensées formulées-informulées des Humains se précipitèrent soudain les uns contre les autres, et se mélangeaient avec les pensées, plus ordonnées du Vulcain. Spock ne put se retenir de froncer un sourcil de malaise face à la cacophonie absolue de cette irrépressible marée invasive. Ce fut quasiment aussi désagréable pour Jim et Ève qui durent faire face à de violents vertiges.

Chacun fit aussitôt le silence en son esprit, le temps que Spock les aide à élaborer rapidement les fondations de nouvelles Naph-fo dan shidik [barrières mentales] adaptées pour endiguer ce phénomène anarchique. Ce n'était pas la première fois que Jim et Ève élaboraient de telles enceintes et ils y parvinrent toustes deux en moins d'une seconde. Il allait juste falloir qu'illes apprennent à les conserver dressées en permanence.

Sarek déduisit ce qui venait de se dérouler sous ses yeux tout en ayant des difficulté à le croire: l'Humain James Kirk avait "entendu" une pensée non verbalisée de l'Humano-Sishen Ève S'chn t'gai. La jeune femme ouvrait de grands yeux émerveillés, l'Humain Kirk rayonnait littéralement de bonheur. Spock restait impavide, même s'il avait fermé les paupières pendant 0.56 minutes, probablement en proie à une forme de malaise due au contact d'esprits aussi désordonnés que pouvaient l'être ceux des Humains.
Son fils et ses compagnons venaient vraisemblablement de découvrir qu'illes avaient la capacité de se transmettre leurs pensées, sans avoir recours à un contact physique. Il fallait que leur lien psychiques soit extrêmement puissants pour rendre cela possible. Rares étaient les Vulcains qui en étaient capables. Sarek, secoué par cette révélation, dut faire un effort pour ne pas montrer son étonnement. Mais la conversation et les révélations qui suivirent furent si sur-réaliste qu'elles anéantirent toutes pensées en lui.

- Bon, votre blessure est propre... Bougonna McCoy qui ne s'était rendu compte de rien. Votre machin Vulcain a fonctionné

- Je vais pouvoir retourner à mon poste ? Demanda Kirk

- Contre votre promesse de ne plus faire l'idiot. Répliqua McCoy, un peu acerbe

- Et vous, vous irez vous reposer. Ordonna Kirk gentiment

- Me reposer ? S'indigna McCoy. Vous plaisantez? Avec tous ces patients à surveiller ?

Spock fronça imperceptiblement les sourcil. Bones était plus irascible qu'à l'ordinaire, et ce n'était pas normal. Il échangea une pensée et un rapide regard avec Ève. Elle se leva promptement et vint s'agenouiller à coté du docteur, pour essayer de le calmer et le raisonner.

- Jim a raison, Bones, vous avez vraiment l'air épuisé. Dit-elle avec toute sa tendresse, en posant sa mains sur son épaule. Il faut vous reposer!

Mais Bones était trop fatigué pour se rendre compte de l'inquiétude sincère de ses amis et accepter leurs conseils
- Je me reposerai quand je serai mort ! Proféra-t-il. Il y a trop de travail pour le moment!

- Vous avez passé plus de douze heures à faire des intervention chirurgicales et à prendre soin des blessés. Contra Spock. Vous avez déjà accompli bien plus que votre devoir ne l'exigeait. Les blessés sont dans un état stable qui ne requiert plus votre présence. Il est irrationnel et dangereux pour votre santé de vous refuser un moment de récupération.

- C'est l'hôpital qui se fout de la charité, Spock! Explosa McCoy en le pointant d'un doigt accusateur. Rappelez-moi qui est allé se promener à Deneb en pleine épidémie de folie générale, alors qu'il était infecté par cette créature, et qu'il souffrait un martyr qui en aurait tué plus d'un, et qu'il aurait pu y laisser sa peau!
Cela lui fit un bien fou de percer cet abcès...

... de quoi ? Songea Sarek. Mon fils a été...
Il déduisit sans peine ce que "y laisser sa peau" signifiait

- Je n'avais pas le choix, docteur. Répliqua Spock dignement. Ma vie n'avait pas d'importance face au danger de mort qui pesait sur celle des habitants de Deneb. Et vous le savez pertinemment. Étant déjà infecté, et résistant à leurs impulsions mentales, j'étais le seul à pouvoir prélever et ramener à bord l'une de ces créatures ! C'était le seul moyen pour pouvoir découvrir leur point faible et stopper cette pandémie.

- C'est dangereux de ne pas se reposer. Insista Ève à coté de lui. Vous mettez votre santé en danger!

- Et qui m'a demandé de lui injecter dans les veines un isotope radioactif au mépris de sa santé ? Gronda McCoy en se tournant vers elle avec rancune
Parce que elle aussi, dans le genre prendre des risques inconsidérés... !

- Bones! Vous savez bien que nous n'avions pas le choix! Protesta Ève comme si elle avait été prise en faute. Seule une lumière radioactive pouvait mettre fin au règne de Vlokir! Autrement, il aurait tué tous les membres de l'équipage et continuer à massacrer des innocents. Nous n'avions pas le choix!

... une lumière... radioactive contre... un massacre ? S'étonna à nouveau Sarek, resté cependant impassible

- Et vous, Jim! Vous et ce crétin de Azhular, vous êtes les pires de tous! Continuer à vous battre alors que ...

- Ça suffit, docteur McCoy! Ordonna le Capitaine agacé. Vous allez trop loin! Il est plus que temps pour vous de vous reposer ! Et c'est un ordre!

Avant que McCoy n'ait eu le temps de faire le geste de se remettre debout, Ève avait posé sa main sur sa nuque. Il y eut une vive lumière et il tomba dans les bras de Jim, sans connaissance, comme un pantin désarticulé.

- Bien joué, Ève! Approuva Jim. Ça c'est une idée géniale!

- Comment avez-vous accompli cela?

- Je l'ignore, Spock. Je voulais tant qu'il dorme, je... j'ai écouté mon instinct. Je n'aurais peut-être pas dû...

- Au contraire, Bones a besoin de se reposer. Affirma Jim avec satisfaction.

Il posa deux doigts sur son cou et compta en silence
- Le pouls est un peu rapide, mais son cœur bat normalement.

Spock vint tranquillement les rejoindre. Ève ôta le boutis et mit rapidement des draps propres. Avec des gestes doux, Jim et Spock déshabillèrent le médecin, jusqu'à ce qu'il ne porte plus qu'un sous-vêtement. Précautionneusement, ils l'allongèrent sur le lit, dans une position confortable. Ève remonta les draps sur lui et le borda comme un enfant.
Jim remit sa chemise avec l'air satisfait de celui qui a accompli son devoir.

Spock posa les doigts sur le visage de McCoy et ordonna d'une voix douce :
- Dormez, mon ami. Dormez deux cycles complets de sommeil. Accordez-vous le repos dont vous avez physiquement et psychiquement besoin.

- Ça vous apprendra à me relever de mes fonctions! Railla Kirk tendrement. Si on vous avait laissé continuer comme ça, vous auriez finir par vous effondrer!

- Vous avez été si bon avec moi depuis que je suis arrivée, Bones. Dit Ève en l'embrassant sur la joue. C'est à mon tour de prendre soin de vous, qui êtes comme un grand frère pour moi.

Ils mirent tous trois leur main sur la poitrine de Bones et une douce lumière l'enveloppa.

- Cette lumière vous aidera à récupérer vos forces plus rapidement. Murmura Ève avec une vive tendresse. Faites de doux rêves, mon cher grand frère.

ooo

à suivre

Paralysé par l'attaque lumineuse, McCoy n'avait pu empêcher les deux hommes de le dévêtir... et il était furieux.


Ça fait des semaines que McCoy souffre de son amour pour Azhular, et que celui-ci n'en a jamais rien vu. Je n'allais tout de même pas faire tomber Bones tout cuit dans le bec de Azhular, qui s'est rendu compte de ses sentiments juste avant de lui sauter dessus ! ^^

Je n'avais pas prévu de décrire un Azhular aussi agressif. Mais après tout, soyons logiques: c'est un Klingon. Les Klingons doivent sans cesse prouver leur nature guerrière et conquérante... même en amour.
(Je n'ai moi non plus aucune preuves des allégations fantaisistes concernant les phéromones excitatrice)

ooo

le coin réaction allergiques fr·wikipedia·org/wiki/Allergie

"(la sensibilité aux éléments allergènes) résulte à la fois de la nature et fréquence des contacts avec les allergènes, de l'«éducation » du système immunitaire
Classification dite « de Gell–Coombs » : les hypersensibilités sont des réponses inappropriées ou excessive de l'organisme à un allergène.

En 1963 Gell et Coombs les ont classées en quatre types, correspondant à 4 types de réponse du système immunitaire :
- réponse immédiate : induite par des anticorps de type E (IgE), causant notamment l'urticaire ou l'œdème de Quincke ;
-réponse cytotoxique : avec les anticorps de type IgG ;
- réponse médiée par le complexe immun : également liés aux IgG formant des complexes immuns ; (lien avec maladies auto-immunes)
- réponse retardée : associée à une inflammation cellulaire qui apparait plusieurs heures ou jours après le contact de la peau avec l'allergène. C'est le type d'allergie qui cause l'eczéma.

Fonctionnellement, lorsque l'organisme produit une réaction allergique, il libère une substance, l'histamine, responsable majeure des symptômes. L'action de l'histamine est bloquée par des médicaments dits « antihistaminiques »
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