Ha'ge Ohasu [L'être lumière] ~ Partie XI Lautuv-lar [Les obstinés]


chapitre 7 - Punaran
[Acceptation]

oOo

Précédemment

- tlhIngan jerk! (crétin de Klingon!) Rétorqua Leonard ce qui provoqua le rire d'Azhular, un rire chaud qui emplit le cœur de Leonard de bonheur.
Dieu ce qu'il pouvait aimer ce gamin insupportable!

ooo

- Bonjour, le trio infernal! Dit Bones en portant son plateau de petit déjeuner

Azhular se contenta de hocher la tête. Ève remarqua aussitôt qu'il y avait quelque chose dans l'expression de son tIn loDnI', une fierté, une sorte de... satisfaction orgueilleuse... Elle regarda les deux hommes attentivement tandis qu'ils prenaient place face à eux.
Cote à cote.
Bones ne fuyait donc plus Azhular?
L'étonnement silencieux de Ève éveilla l'attention de ses T'hylara

Azhular et Bones posèrent leurs plateaux. Viande quasi crue, verre de lait et des croissants pour le Klingon; deux œufs au plat et bacon dégraissé, yaourt, céréales au lait, coupelle de fruit, un jus d'orange et un grand café noir pour l'Humain... rien d'exceptionnel... mis à part que Bones semblait avoir beaucoup plus faim que d'habitude
Ce quelque chose dans leur attitude... cette façon qu'avait Azhular de s'asseoir plus près de Bones sans que celui-ci n'évite ce rapprochement... Ève comprit et son cœur bondit de joie pour eux...

Elle partagea aussitôt sa découverte avec ses hommes-à-elle. Jim avait fait le même raisonnement en les voyant s'asseoir l'un à coté de l'autre. Illes eurent un grand sourire, Spock resta impassible mais n'en était pas moins satisfait pour leurs T'hai'lu [amis/frères].

- Ce n'est pas trop tôt! S'exclama Jim en mordant dans son croissant à belles dents.

Azhular eut un demi-sourire goguenard et satisfait qui confirma leurs déductions. Leonard avait insisté pour que leur liaison reste secrète quelques temps, et il avait accepté pour lui faire plaisir. Mais on ne pouvait rien cacher à la perspicacité empathique sa loQ be'nI' (petite sœur), en tout cas, rien qui soit de nature sentimentale.

- De quoi parlez-vous Jim ? Demanda McCoy pris au dépourvu.

Jim se contenta de lui lancer un regard malicieux et Bones sut qu'ils étaient découverts. Il devint rouge tomate et toussota. Ce n'était pas le fait d'être découvert qui embarrassait le plus, mais cette joie sincère dans les yeux brillants de Jim et de la Petite, même l'impassible Vulcain avait l'air... content!
Puis son attention se focalisa sur le gros suçon à la base du cou de Jim... Ève en avait aussi un, et le contour d'un pansement apparaissait sous son col. Visiblement, leur nuit avait été très agitée...

Il allait leur faire une remarque quand ses propres reins lui rappelèrent subitement ses propres activités nocturnes, et matinales.
Azhular avait été insatiable, et l'avait chevauché une bonne partie de la nuit (il avait été magnifique de force et de virilité)... plus ce matin... Bones se demanda brièvement comment Azhular faisait pour s'asseoir sans montrer de gêne, parce que lui, son unique fois avait suffit pour... bref...
Leonard se demanda encore comment il se faisait que lui-même ait pu avoir autant d'érections à la suite, lui qui n'était qu'un simple Humain de bientôt 41 ans. Cela dépassait toutes les normes physiologiques humaines. Les sornettes à propos des phéromones excitatrices de certains Klingons mâles devaient avoir un fond de vérité... il fallait vraiment qu'il se penche sur ce mystère qui taraudait de plus en plus son esprit. Toujours était-il que, pour une première fois avec un homme, Leonard avait fait très fort.
Bones se racla la gorge pour éviter de trop y penser et repoussa la (trop) délicieuse main possessive du Klingon sur sa cuisse, sous la table...

McCoy remarqua le regard fixe, presque narquois, de Spock sur son cou. Oui, ronchonna-t-il en pensée, lui aussi avait un suçon visible. Ce satané Gamin n'avait pas pu se retenir de le marquer un peu partout. Et en même temps, il en éprouvait une indicible fierté.

- Vos parents sont venus me voir, hier soir. Annonça McCoy pour éviter d'avoir à aborder le sujet qu'ils avaient tous en tête. Ils m'ont posé beaucoup de questions

L'ambiance changea du tout au tout.

- À quel propos, Docteur ? Demanda Spock, faussement impassible, imperceptiblement irrité.

- D'après vous, Spock? Soyez logique! Nous revenons des morts des semaines après notre disparition inexplicable...

- 10 semaines, 6 jours et... Précisa Spock

- ...si vous voulez. Le coupa McCoy. Toujours est-il que votre père a entendu parler d'un certain nombre de vos... prises de risque. Ils voulaient en savoir plus.

Spock se retint de lui signaler que c'était lui qui avait révélé ces informations à Sarek lorsqu'il leur avait fait des reproches sur leur conduites passées

- Et vous leur avez donné ces informations ? S'étonna Jim

- Oui. Dans la mesure du possible. J'estimais qu'ils avaient le droit de savoir. Aurai-je dû refuser?

- Non, Docteur. Je connais votre professionnalisme, je sais pertinemment que vous n'avez rien révélé de confidentiel. Répliqua Spock.
Cependant, ses T'hylara perçurent que Spock aurait préféré que ses parents n'en sachent rien.

...
- C'est normal que tes parents veuillent savoir. Pensa Jim.

- Nam-tor nash-veh ta i dungi-ken-tor Sa-mekh t'du dvel t'du ! [Je suis sûre que maintenant ton père comprendra tes choix.] Renchérit Ève

- Nam-tor Sarek rishan-bosh [Sarek est obstiné]. Il ne reconnaîtra jamais que mon choix de carrière était logique.

- Nam-tor du ved sa-fu sa-mehk t'du, lautuv... [Tu es vraiment le fils de ton père ! Entêté...] Plaisanta Jim malicieusement

- Ri nam-tor nash-veh... [Je ne suis pas…]
...

- Arrêtez de faire ça! Grogna McCoy

- Ça quoi ? Demanda Jim, l'air trop innocent pour que cela soit crédible.

Azhular croisa le regard complice de sa loq be nI'. Il était à deux doigts d'éclater de rire mais se retint, par respect pour l'agacement de son amant.

- Votre machin de transmission de pensée!

- Ça se voit tant que cela ? S'étonna Ève

- Pas vraiment. Répondit Azhular. Il y a justes des petits détails infimes qui vous trahissent, il faut vous bien connaître pour les voir ou bien être très observateur.
Il se tut, soudainement conscient de l'aveu d'affection implicite qu'il venait de faire. Il était si mal à l'aise avec cela que son envie de rire s'était évanouie.

Mais Ève désamorça son malaise en lui adressant un sourire à la fois fier et malicieux:
- Normal, pour des loDnI ! (frères)

Azhular répondit par un grand sourire et Bones rougit...
Jim souriait aussi, et Ève ressentit la satisfaction de Spock, que ces échanges émotionnels n'indisposaient plus.

Vraiment, comme elle pouvait les aimer!
Tous.
Si fort.
Ses si douces Ko-thai'lu [amies] Nyotta et Christine, des femmes fortes qui étaient la bonté même,
Ses Sa-thai'lu, non, ses Sa-kai (frères) Bones le grognon et Azhular le Klingon soit-disant méchant
Ses Ashayam-T'hylara [amants chéris], sa raison de vivre et de respirer...

Un nœud serra soudain sa gorge et lui coupa la respiration. Elle recommençait à ressentir de l'angoisse, comme si un pré-sentiment lui hurlait qu'illes allaient toustes mourir sous peu par sa faute, et qu'elle ne pourrait rien faire pour empêcher cela. Les esprits de ses amants rejoignirent aussitôt le sien, la rassurèrent de leur amour et de leur force

- Qu'est-ce qui t'arrives, loQ be'nI?

- Vous êtes toute pâle, mon Petit!. Ajouta McCoy

- ... rien... ce n'est rien

- Pas à moi. Je sens ton malaise d'ici! Gronda doucement Azhular

- Mon Épouse est sujette à des crises d'angoisse qui vont croissant.

- Spock! Protesta Ève

- Vous m'accompagnerez à l'infirmerie dès la fin de ce repas! Décréta McCoy en mode médecin en chef de l'Enterprise

- Mais...

- Bones a raison, Ève. Approuva Jim.

Ève soupira et céda à leur douce pression affectueuse

ooo

En bon médecin attentif, McCoy procéda à tous les examens possibles et imaginables. Il constata que la puce contraceptive était bien en place dans son cerveau et ne présentait aucune modification. Le fonctionnement de son encéphale était parfaitement normal, tout comme celui de ses neurones intestinaux et cardiaques. Ils ne présentaient aucun dysfonctionnement dans les émissions ou la réception des différents neurotransmetteurs, ce qui écartait d'office toute suspicion de maladie mentale* comme un début de dépression.

Mais McCoy était aussi un clinicien à l'ancienne et il se méfiait des machines. De ce fait, il préférait vérifier de visu l'état de santé de ses patients, comme les médecins de famille du vingtième siècle. Il pria Ève d'enlever sa tunique pour ne garder que le soutien-gorge et le leggings

- Qu'est ce que c'est que cela? S'exclama-t-il en voyant les marques de doigts sur sa taille, et sur tout son corps, les nombreuses marques de morsures, et les suçons

Ève rougit:
- J'ai fait une très grosse crise d'angoisse hier soir, j'ai eu tellement besoin d'être rassurée et ... hem...
Elle ne put finir mais McCoy avait très bien comprit. Il rougit lui aussi. (il rougissait décidément beaucoup depuis de matin)
- Je n'ai pas fait de cauchemar et j'ai très bien dormi, après...

- Je vois… Sourit-il avec une tolérance qui le surprit lui-même
Qui aurait pu croire que Jim et Spock puissent être aussi violents ? Cependant, Ève ne semblait en souffrir d'aucune façon. Et avec après cette nuit impétueuse passée avec Azhular, qui l'avait lui aussi marqué un peu partout de la même façon, McCoy était plus que mal placé pour faire une quelconque remarque.

Il poursuivit ses analyses, écouta longuement son cœur et sa respiration, mais rien ne vint expliquer l'état angoissé de Ève.

- Bon, vous avez bien une pression artérielle un peu élevée, mais rien de grave.

- À cause de cet état de stress?

- Oui. Voulez-vous que je vous prescrive un calmant ?

- Non. Merci. Je suis sûre que cela va passer. Ça vient juste par crise. C'est certainement un contre-coups de tout ce qui nous est arrivé

Ève ne présentait aucun symptôme pouvant évoquer un état de stress post-traumatique, mais McCoy se retint de la contredire.
- Il vous faudrait pratiquer des activités relaxantes

La Petite ne put se retenir de lui lancer un regard malicieux remplis de sous-entendus. Bones grommela des mots indistincts, à croire que Jim déteignait sur elle!

- Ahem... une autre activité. Un loisir créatif par exemple...

- Oui, comme danser et écouter de la musique, Hali tam'a a conservé dans ses mémoires de la bonne vieille musique de mon époque

- Oui, c'est une bonne idée

- Jusqu'à présent, avec mes études, je n'ai pas eu le temps d'en écouter beaucoup. Je veux devenir ambassadrice...

- Et bien, tant que vous serez sujette à ces crises d'angoisses, travaillez moins et adonnez-vous plus à la musique. Telle est ma prescription.

- Voui, monsieur le docteur! Répondit-elle avec de faux airs de petite fille bien sage qui firent rire Bones

ooo

Spock leva le nez de sa console, il avait senti... son esprit se tourna vers celui de Ève.

Depuis qu'illes avaient la possibilité de communiquer à distance par la pensée, illes étaient en permanence connectés les un·es aux autres. Illes avaient tout trois aménagé un système complexe de cloisons mentales plus ou moins hermétiques. Cela permettait à chacun d'eux de garder son jardin secret comme le disait Ève, tout en les empêchant d'être assailli par les pensées parasites des autres. Illes avaient aussi des barrières plus perméables leur donnant accès au ressenti de ses T'hylara s'ils le souhaitaient.

Le ressenti de Ève était inhabituel et éveilla la curiosité de Spock.

Spock entrouvrit la barrière perméable et se retrouva le temps de quelques secondes dans le corps de Ève. Il y avait de la musique forte, sur laquelle elle dansait et chantait. Cette activité lui procurait beaucoup de plaisir. Spock attira en pensée l'attention de Jim et lui aussi se connecta à Ève.

...
Elle sentit leur présence:
- Bones m'a prescrit une cure de musique! Pensa-t-elle gaiement

-Voilà une prescription médicale plus que pertinente et qui me plaît beaucoup! Répondit Jim. J'ai hâte de contribuer à cette médication thérapeutique

Spock retint un soupir. Ce genre d'activité ne l'attirait guère, mais si cela permettait à leur épouse de gérer ses angoisses, il s'y adonnerait volontiers.

-Spock, tu es le meilleur des époux! S'exclama Ève qui avait compris ses non-dits
...

ooo

Azhular entra dans le bureau de Bones après avoir frappé. Le Doc ne releva même pas la tête de son pad

-Merci, Christine. Mettez le dossier sur mon bureau

Azhular aimait le voir aussi sérieux et concentré. Son QI'tu'sor sauveur de vies. Il se dégageait de lui une assurance tranquille.

- Docteur McCoy dit-il simplement
Ils étaient en service, il ne pouvait se permettre de familiarité.

McCoy sursauta presque en reconnaissant cette voix magnifique, son sang ne fit qu'un tour.

Azhular le vit pâlir et se crisper, et il s'en étonna:
- Qu'est-ce que tu as?

- Pourquoi es-tu venu ici? Demanda Leonard sur la défensive
...non, pas encore, pas ici! Songea-t-il comme une supplique, presque au bord de la panique. Maintenant qu'il avait goûté aux indescriptibles plaisirs de la chair avec lui, il n'était pas sûr de pouvoir résister à ses avances si délectables, à ce corps si magnifique, à ces mains si...

Azhular perçut nettement un rejet dans la voix et l'attitude de l'Humain. Un doute l'étreignit et son cœur se serra douloureusement. Les yeux de Leonard le fixaient durement, comme les lames acérée d'un D'k tahg. Azhular ne tergiversa pas :
- Tu ne veux plus de moi?

- Quoi? S'exclama McCoy
Sa panique avait fait monter sa voix dans les aigus, il se reprit aussitôt:
- Mais qu'est-ce que tu racontes?

Que voulait-il dire par vouloir de lui?

Azhular s'avança et Leonard se leva de sa chaise pour s'éloigner de lui. Si le Klingon le couchait à nouveau sur ce bureau, il était perdu.

- Tu veux rompre avec moi. Constata Azhular. Tu me fuis à nouveau.
De quoi McCoy avait-il peur? Il ne lui avait pourtant fait aucun mal.
Il ne l'avait pas suffisamment imprégné et à présent cet Humain lui échappait. Il resta digne alors que son sang lui faisait subitement mal dans les veines. Il n'avait jamais ressenti de douleur semblable.

Les yeux de Leonard s'arrondirent de surprise: rompre avec Azhular?
Alors que son cœur s'enflait dans sa poitrine au simple fait de penser à ce satané Gamin? Alors qu'il sentait un sournois désir monter en lui juste en le voyant et en entendant sa belle voix?
- Ne sois pas stupide! S'emporta Leonard avec une colère qu'il ne maîtrisa pas. C'est juste que je ne veux pas que tu me sautes dessus ici.

- ... que je te saute dessus ? Répéta Azhular, perplexe mais soulagé. Je ne comprends pas.
Leonard ne voulait pas rompre avec lui! Il reprit espoir. Il devait y avoir un malentendu

- Oh que si, tu me comprends! Gronda Leonard en le pointant d'un doigt accusateur. Tu sais parfaitement qu'avec tes bon sang de phéromones, je ne serais pas capable de te résister!

- Mes phéromones? Comment...?
L'existence des Hoch nIv joq étaient un secret bien gardé, comment pouvait-il le savoir?

- Je suis médecin, Azhular. L'interrompit Leonard. Je connais les limites d'un corps humain normal! Hors, je suis un simple Humain normal. La seule explication logique est que ton corps émette des phéromones aphrodisiaques! Et que tu maîtrises parfaitement leur effet comme tu l'as fait hier soir et ce matin quand tu les as utilisées sur moi!

- Tu as aimé...

Cela résonnait comme un aveu, et mit le feu aux poudres. McCoy s'emporta avec colère
- ...là n'est pas le problème! Tu t'es servi de moi comme d'un jouet!

Azhular comprit enfin les craintes et les reproches de son Humain
- Tu as raison sur un point, je suis bien un loD ghatlh, un mâle dominant. Rétorqua-t-il avec orgueil. Et quand je désire puissamment un ou une partenaire, donc toi, j'émet des Hoch nIv joq, des ondes du désir. Mais, tu dois savoir que, premièrement, tu es parfaitement parfaitement capable d'y résister, puisque tu m'as déjà dit non, et de deux, jamais en service.

McCoy croisa les bras et rétorqua avec incrédulité:
- "Jamais en service". Tu te moques de moi?

- La première fois, quand tu m'as repoussé, nous n'avions pas commencé nos services, et hier, ta journée était sensée être finie quand j'ai mis cet ambassadeur dehors avant de te sauter dessus, comme tu dis.
...et il était vraiment dommage qu'ils soient tous deux en service...

-... oui, c'est vrai. Reconnut McCoy qui se détendit. Je n'aurais pas dû m'emporter ainsi.

Il y eut un silence embarrassé.

- Donc, tu penses que je peux forcer ta volonté à me désirer. Déduisit Azhular, presque blessé

McCoy n'eut pas le courage de le nier.
Il avait beaucoup réfléchi à cette nuit, à leur étreinte de ce matin, à insatiabilité d'Azhular, à la réactivité sur-réaliste de son propre corps qui avait à chaque fois réagi au quart de tour... alors que normalement, aucun humain lambda n'est physiologiquement capable de recommencer à être en érection à peine cinq minutes après avoir eu un orgasme, et encore moins, plusieurs fois de suite!
Un goût amer lui était monté à la gorge. Il aimait Azhular, passionnément, la question ne se posait même pas. Mais il avait l'impression que le Gamin l'avait considéré comme un jouet sexuel. Il avait su attendre son consentement pour leur première fois, puis, pour toutes les autres, il s'en était allègrement passé le considérant comme acquis d'office. Et cela le blessait profondément...
«2.0114 femme par Klingon et par jour» avait calculé Spock. Et ce n'était qu'une moyenne! Pourquoi n'avait-il pas tilté à cette information? Au regard des performances de Azhular, il trouvait le chiffre bien sous-estimé...

- Sache que si mes Hoch nIv joq sont aussi efficaces sur toi, c'est parce que tu as accepté leur effet sur toi. Rétorqua Azhular. Elles agissent sur le corps et pas sur l'esprit. Elles exacerbent un désir déjà existant. Si une personne n'éprouve aucune attirance pour moi au départ, je ne peux la forcer à me désirer

Azhular laissa Leonard absorber cette information, et ce que cela impliquait. Il le vit rougir et aima cela. Son Humain hyper-sensible. Mais il resta à distance de lui. Il comprit qu'il allait falloir lui apprendre à être un peu moins impératif dans sa façon de proposer à Leonard de partager du sexe avec lui et à verbaliser son désir pour lui afin qu'il ne se sente pas manipulé.

-... Sinon tu m'aurais appartenu dès mes premières avances car tu aurais été incapable de me dire non. Mon tord a été de me comporter avec avec toi comme je l'aurai fait avec un ou une partenaire Klingon.

- Je ne suis qu'un simple Humain, Azhular. Rétorqua Leonard avec une certaine gène. Je n'ai pas votre endurance Klingonne, et je n'ai rien d'un loD ghatlh. Je ne serai pas capable de recommencer comme cela toutes les nuits. Tu es un Klingon jeune et vigoureux, je suis un Humain qui n'est plus de la première jeunesse, tu risques d'être frustré si tu reste avec moi. Le supporteras-tu?

Il y avait de la douleur dans voix du Doc... Leonard possédait cette franchise et cette capacité à accepter les conséquences de ses actes et de ses parole, aussi douloureuses soient-elles. Leonard était un homme bien plus fort qu'il ne le croyait lui-même. C'étaient là des qualités que Azhular estimait au plus haut point et appréciait chez Leonard.
Et, bien qu'il n'en comprenne pas la raison, cela lui plaisait que son QI'tu Sor soit un peu plus âgé que lui.

- Je ne suis pas un obsédé, Leonard. Rétorqua Azhular. Je m'adapterai. Et il me reste toujours ma main, mes mains.

Il eut la satisfaction de provoquer un sourire amusé sur le visage de Leonard
Et puis, l'endurance était une qualité qui pouvait s'acquérir avec de l'entraînement. Songea Azhular. Et il savait être patient et méthodique... oui, avec beaucoup de patience et de douceur, ainsi que de longues imprégnations quotidiennes de ses Hoch nIv joq, il pouvait rendre son Humain aussi insatiable que lui.

Azhular se sentait vraiment en vie en deux circonstances: dans le feu de la bataille, lorsque la lame de son d'k tagh plongeait dans le cœur de son ennemi, et que son sang chaud et gluant dégoulinait sur ses mains. Ou dans la fièvre de la chair, lorsqu'il faisait gémir et crier son ou sa partenaire sous les assauts de son membre, le faisant perdre pied et se tordre de plaisir dans ses bras. À ces moments-là, il se sentait si puissant, tellement vivant.

Cette nuit-là, il avait découvert avec un grand étonnement l'extase d'être le receveur quand il avait pris Leonard en lui. Il avait si fort désiré cet Humain une seconde fois, son Humain. Mais il avait vu la crispation de Leonard et il n'avait pas voulu prendre le risque de le blesser en le pénétrant une seconde fois.
Il ne connaissait que trop bien cette douleur-là. Vlokir le vampire l'avait régulièrement possédé, interminablement. Cela n'avait été que longues souffrances et humiliations. Son membre sur-dimensionné qui l'avait ravagé aurait pu le dégoûter à jamais...
Le désir de Azhular de s'unir à nouveau avec Leonard avait été si fort qu'il avait pris la décision d'accepter cette souffrance pour avoir la satisfaction de lui donner encore du plaisir.
Le temps écoulé depuis sa libération avait permis à son intimité d'enfin cicatriser. Azhular avait découvert avec un plaisir sans nom que Leonard avait la taille parfaite pour le satisfaire. Son membre était parfait: il l'emplissait juste comme il le fallait sans jamais le déchirer et atteignait à chaque fois sa prostate. Ce qui leur permettait de recommencer, encore et encore et encore. Peu lui importait d'être essentiellement receveur, il ne voulait pas que Leonard connaisse de souffrance.

Ce bonheur absolu de ne faire qu'un dans la chair, il ne voulait le partager qu'avec Leonard, désormais. Il voulait lui donner ce pur bonheur charnel.

Azhular se rendit compte qu'il était resté un moment silencieux. Les yeux gris-bleus de Leonard étaient fixés sur lui, à la fois doux et indulgents. Sous des dehors impatients, cet Humain était exactement le contraire.

- À quoi penses-tu donc? Lui demanda-t-il gentiment
Azhular était si beau, plongé dans ses pensées, les yeux brillants. Il ne se lasserait jamais de le regarder

C'était étrange à quel point cette gentillesse, que Azhular n'acceptait de personne, ne l'indisposait pas lorsqu'elle provenait de Leonard ou de Ève.
- Je ne suis pas venu te voir pour avoir du sexe avec toi mais pour prendre des nouvelles de ma loq be'nI

- Ta loq be'nI est en excellente santé, et n'a aucune raison physiologique de ressentir ces crises d'angoisses. Répondit Leonard, à la fois soulagé de changer de sujet et inquiet pour sa Petite.

- Si j'ai bien tout compris, ma loq be'nI est apparue comme ça à bord de ce vaisseau. Et elle ignore totalement comment et dans quel but. Le monde d'où elle vient appartient à un lointain passé et n'existe plus. À par ses époux et nous, elle n'a plus aucune famille. Elle ne sais pas non plus d'où lui vient ce pouvoir de Saïshen, ni pourquoi celui-ci lui a été donné. Si ça se trouve ce corps n'est même pas celui de sa naissance sur la planète Terre. Même Aïshima n'a rien pu lui dire

- Oui, c'est bien ça... parfois, j'ai l'impression qu'elle est parmi nous depuis toujours

- Elle a donc toutes les raisons de ressentir ces angoisses. Il n'y a rien de pire que de ne pas savoir d'où on vient et de savoir qu'on ne pourra jamais retourner auprès des siens!

Azhular savait parfaitement de quoi il parlait, lui qui avait renoncé à retourner sur sa planète natale. Toustes celleux de sa génération qu'il avait cotoyé·es, appréci·es, détesté·es ou aimé·es étaient mort·es. Mais lui, il lui restait au moins Angghal et Aktuh.

- Oui, tu as raison. Soupira Leonard en se rasseyant. Et je ne peux rien faire pour l'aider.

Cette impuissance lui était douloureuse. Azhular se rapprocha doucement de lui.

- Nous pouvons déjà veiller sur elle et ses deux qaDanganpu'jerk

- qaDanganpu'jerk, laisse-moi deviner, ses crétins d'époux?... oui, et bien nous ne sommes pas prêt d'en voir le bout! Ces trois-là attirent les problèmes comme des aimants! Et en plus, ils sautent dedans à pieds joints!

- Ce n'est pas grave. Je tuerai leurs ennemis et tu soigneras leurs blessures.

- Nous formons un parfait duo de psychopathe!... Ricana Leonard. Le maniaque du poignard et le médicorder-maniaque!

Azhular fit un pas de plus vers lui et le cœur de Leonard s'emballa dans sa poitrine. Il dit la première chose qui lui passa par la tête:
- Que signifie QI'tu'sor joh Qi'tu sor? Tu as dit ça hier soir.

Azhular sembla hésiter, mais le regard impératif du docteur lui fit comprendre qu'il devait répondre avec honnêteté

- Le climat de Qo'noS est très rude, les arbres y sont rares. Au centre de Qo'noS mojmeH, dans le Kaa'lak qul choS, le désert de feu de Kaa'lak, se trouve le plus grand et le plus puissant de nos arbres: le QI'tu Sor, l'arbre-oasis.

-... un arbre... oasis?

- Ses branches noueuses ont une apparence frêle, comme ton corps, mais elles résistent à toutes les tempêtes. Ses frondaisons et ses racines s'étendent loin autour du tronc. Les no'Sor, les arbres-ancêtres ont des branches et des racines de plus de 500 mètres de longueur. Les feuillages tamisent et filtrent la lumière violente du soleil du désert. Les feuilles capturent et retiennent l'humidité des jajlo' vIQoDlI'mo', les vents de l'aurore. Les racines accumulent des réserves d'eau. Les frondaisons tempèrent la chaleur caniculaire du jour et les températures glaciales de la nuit. Tous ces éléments créent un micro climat propice à la vie, un oasis dans le désert.

- Tu vois en moi un QI'tu Sor ? S'étonna Leonard, sonné par cette métaphore révélatrice de ce que Azhular pensait de lui

- Les QI'tu Sor les plus puissants et les plus anciens ont tous un animal gardien. Poursuivit Azhular. Un Ka'ar vIghro"a'. Ce tigre Ka'ar creuse son terrier entre les racines du QI'tu Sor pour s'y installer avec sa meute...

-... les galeries ainsi creusées oxygènent les racines et la meute protège le tronc et les branches principales des herbivores. L'oasis créée par l'arbre leur procure une réserve de nourriture végétale et animale. Déduisit Leonard. Une magnifique symbiose entre deux espèce totalement différentes.

- Tu es mon QI'tu Sor, je suis ton Ka'ar vIghro"a'. Grommela Azhular avec une possessivité agressive.

- ... tu es surtout un insupportable gamin! Rétorqua Leonard, la voix étranglée par l'émotion
Considéré sous cet angle, il n'était plus du tout question d'un coup d'un soir, ou d'un flirt de quelques jours mais d'une vie entière! Était-ce donc possible? Était-ce réellement possible? Leonard avait encore du mal à le croire

Azhular eut un sourire carnassier. Il fit un dernier pas et coinça son QI'tu Sor contre un mur. Il lui vola un long baiser passionné. Il ressortit rapidement, laissant Leonard aux prises avec un léger vertige.

Leonard se reprit rapidement et se rendit compte qu'il souriait béatement.
Il se sentait intensément soulagé. La franchise de ce gamin était rassurante et lui avait permis de percer l'abcès avant qu'il n'empoisonne leurs relations.

Il voulut voir à quoi pouvait bien ressembler cet arbre-oasis. Il ne trouva que quelques holo-photographies mal cadrées, des photos volées. Le QI'tu Sor avait un puissant tronc de baobab. Mais ses branches noueuses comme des cordes étaient fines. Si fines qu'il était incroyable qu'elles puissent être aussi longues. Certaines avaient de minces lianes qui descendaient jusqu'au sol où elles prenaient racine... Les Ka'ar vIghoro"a' s'apparentaient à de magnifiques panthères noires musculeuses au yeux jaunes.

Leonard prit une longue respiration. Oui, Azhular ressemblait à un Ka'ar vIghoro"a'.
Il se replongea dans son travail, le sourire toujours accroché aux lèvres, le cœur à la fois léger et empli d'amour

ooo

Jim et Spock étaient rentrés un peu plus tôt à leur cabine qu'à l'ordinaire.
Toute la journée, ils avaient perçu la lutte énergique de Ève contre ses crises d'angoisses à répétition. L'effet positif de ses séances de danse et de chant sur de la musique n'avaient été que momentané.

Ils n'éprouvaient présent qu'une seule envie : faire comprendre à leur Épouse qu'ils veillaient sur elle, le lui dire charnellement.
À moins que ce soit ce besoin de plus en plus intense qu'avait Ève qui exacerbait ainsi leurs désirs charnels? Ce besoin viscéral de recevoir du réconfort en se blottissant tout contre eux, dans la force de leurs bras virils, blottie contre la chaleur de leurs corps brûlants et enlacée par leurs esprits possessifs... se noyer et s'oublier dans leurs plaisirs partagés
Ils l'ignoraient.

De toute façon, quelle qu'en soit la cause, le résultat était le même.
La douche fut rapide et ils s'enlacèrent sur le lit ouvert comme si leurs vies en dépendaient. Les préliminaires furent vite expédiés. L'esprit de Spock rejoignit celui de Jim, et le corps de Jim s'immergea profondément en celui de Ève, et ils s'aimèrent avec une tendre passion.
Enfin ensemble! Profondément soulagée par leur union à la fois mentale et charnelle, elle s'abandonna.
Ève agrippa Jim, le serra contre elle, toujours aussi émerveillée de savoir que les esprits des hommes de sa vie étaient unis dans le corps de Jim.

La lumière fut vive autour d'eux, s'amplifia au fur et à mesure que leur étreinte devenait plus intense, pour finir par exploser en même temps que leur orgasme..

Ils reprirent rapidement leur souffle et la bouche de Spock s'empara de celle de Ève...

La sonnerie de la porte du bureau retentit. Il fallut une longue minute à Spock pour parvenir à contenir la colère provoquée par sa frustration.
Jim s'était déjà rapidement habillé, vaguement inquiet: seule une raison importante pouvait justifier qu'un membre de l'équipage vienne les déranger en ces lieux privés, plutôt que de les appeler sur le Com. Il alla dans l'autre pièce et ouvrit la porte. Il eut une demi seconde de stupéfaction:

- Ambassadeur Sarek ?

Sarek ne put se retenir de hausser un demi-sourcil : le Capitaine portait un cafetan Vulcain trop grand pour lui, vraisemblablement celui de Spock. Ses pupilles étaient nettement dilatées, ses joues rougies, ses lèvres gonflées, ses cheveux en bataille...
Mais, surtout, tourbillonnait autour de lui un somptueux mélange de lumières vertes, jaune-orangées et blanches scintillantes. Sarek comprit sans peine à quelles activités s'adonnait le trio, et que sa visite était donc plus qu'inopportune. Il se sentit furtivement mal à l'aise.
Cependant, il avait pris sa décision et ne pouvait se permettre de reculer, sauf si son fils refusait de le recevoir. Refus qui était d'ailleurs d'une probabilité non négligeable.

- Dif-tor heh smusma, Ang'jmizn James Kirk [Vie longue et prospère, Capitaine James Kirk]. Dit-il en faisant le Ta'al.

Décontenancé par cette marque de respect sans aucune trace de condescendance, Kirk répondit par automatisme dans un Vulcain parfait, en faisant lui aussi le salut Vulcain:
- Sochya he dif, kevet-dutar Sarek S'chn t'gai. [Paix et longue vie, ambassadeur Sarek S'chn t'gai]

Sarek reconnut distinctement le vrombissement énergique de Lash'a, qu'il perçut irrationnellement comme menaçant. Elle précéda l'arrivée de son fils et de sa bru. Spock avait revêtu, tout comme Ève, ce qui ressemblait à un sobre kimono noir brodé de délicats petits motifs rouges. Probablement une tenue Kôkivo-yanne. Toustes deux aussi avaient les pupilles dilatées, et étaient parés de ces halos de lumières tournoyantes, mais qui commençaient à s'atténuer.

- Je vous en prie, entrez. Dit Kirk parvenant à rester calme et neutre, comme il se le devait face à un Vulcain.

Bien. Si le Capitaine lui permettait d'entrer, cela augmentait la probabilité que Spock accepte de l'écouter. Le regard de Sarek croisa celui de son fils, impénétrable mais froid, parfaitement Vulcain.

- Spock, j'ignorai que vous étiez occupé. Cependant, je souhaiterai vous parler, seul à seul.

L'esprit de Spock se rebella aussitôt. Sarek devina plus qu'il ne vit le raidissement imperceptible de son fils, et il anticipa son refus.

...
- Nar'uh ni'droian t'sa-veh. [Accepte sa demande], Pensa Jim. Expédie ça au plus vite et nous pourrons retourner au lit.

- C'est peut-être important. Renchérit Ève. Et puis, c'est ton père. Nous resterons connectés avec toi si tu veux.

- Haishau nash-veh ish-nash! [Je le veux]. Nous sommes époux, je trouve illogique de vous cacher des informations sur ma famille.
...

Sarek déduisit à leur silence qu'illes échangeaient leurs pensées.

- J'accepte votre demande. Concéda Spock d'une voix impassible

Était-il possible que les compagnons de son fils aient intercédé en sa faveur, comme le lui avait prédit son Épouse ?

- Lash'a, sarlah du ha ? [Tu viens?]. Dit Ève doucement

Mais Lash'a émit un bourdonnement têtu qui signifiait clairement "non!", et s'accrocha fermement à l'épaule de Spock. Nul n'insista.
Sarek prit conscience que cette insectoïde n'était pas traitée comme un animal de compagnie, mais plutôt comme une amie choyée. Ils lui reconnaissaient vraisemblablement une capacité à penser avec une logique qui lui était propre. Il l'avait d'ailleurs lui-même expérimentée lorsqu'elle lui avait dit son opinion sur sa conduite envers son k'diwa'Spock [Spock-bien-aimé]. Elle bénéficiait par conséquent de son libre arbitre.
Sarek ne se permit pas de faire de remarque. Il n'était plus à cela près, désormais.

La porte se referma. Spock s'assit à son bureau, il fit signe à son père de faire de même.

- Je vous écoute. Dit simplement Spock d'un ton tout à fait neutre

- L'ambassadeur Saraï m'a transmis des pads relatant le rôle que vous et vos T'hylara avez joué dans l'histoire de leurs nations. Je les ai visionnés avec votre Ko-mehk.

Spock ne fut pas le seul à remarquer l'utilisation du terme T'hylara, et ce que cela impliquait

...
- T'hylara? Glantau sa-veh u'T'hylara ! [Il nous considère comme des T'hylara!] S'étonna Jim

- Na'shikhau sa-veh ta nar-tor sa-veh reh-shif t'etek ha ? [Suggère-t-il qu'il accepte notre trouple ?] Demanda Ève

- Kesik'es [Vraisemblablement]. Répondit Spock avec prudence

- Tu parles d'une franchise! Railla Jim. Il ne peut donc pas le dire franchement plutôt que de tourner autour du pot?

- ...tourner 'autour du pot' ? Répéta Spock.

- Ce serait reconnaître qu'il a eut tord. Comprit Ève. Ri lau sa-veh veling. [Il ne le peut tout simplement pas]
...

- Le docteur McCoy a quant à lui bien voulu répondre à mes questions. Poursuivit Sarek
Il fit comme si il n'avait pas deviné cet échange silencieux au regard de Spock imperceptiblement absent. Les deux Humains était absent physiquement, mais finalement, ils étaient quand même là. Son fils devait leur permettre d'entendre leur conversation.
Sarek avait compris la puissance de leurs liens mutuels, mais n'avait pas envisagé que cela puisse être à ce point. Il devait s'avouer qu'il en était impressionné. Créer de tels liens mentaux avec des êtres psy-nul comme les Humains! Ces deux Humains ne devaient pas être ordinaires.

- Il m'en a informé.

- Vous et vos T'hylara avez accompli de grands desseins, tout en accomplissant votre devoir. Déclara Sarek. Cependant, mettre ainsi vos vies en jeu et permettre à des peuples d'accéder à la paix sans entraver leur évolution normale ne sont pas des actes anodins. Tout comme vous avez risqué votre propre vie afin de mettre fin à une pandémie planétaire.

Sarek fit une pause. Spock était resté parfaitement impassible, tandis que l'étonnement de ses T'hylara se déversait en lui.

...
- Je délire ou il vient de te faire un compliment! S'exclama Jim

- De nous faire des compliments. Précisa Ève. Il a dit 'Vous et vos T'hylara'
...

Sarek était fier, non, un vulcain n'éprouve pas de fierté, il était satisfait de l'impassibilité totale de son fils. Spock n'avait eu qu'un infime haussement de sourcil. Sarek s'était contenté d'énoncer des faits, mais il savait que les Humains allaient prendre ces mots pour des compliments, et leurs affects devaient en ce moment envahir l'esprit de son fils.

- J'ai contacté T'pau. Poursuivait Sarek avec un calme apparent. Je lui ai expliqué votre situation particulière. Elle a accepté de vous rencontrer. Elle évaluera votre Reh-vla-talikal'kash-naf [lien mental tri-latéral] qu'elle légitimera par un mariage officiel.
Peu importait à présent l'aspect à première vue illogique de ce trouple. Ce kash-naf reliant des humanoïdes d'espèce différentestranscendait cette relation (un Vulcain, un Humain, une Sishen), le légitimait, s'inscrivait dans la dynamique de k'lalatar prkori k'lalatar prnak'lirli [Infini diversité sous ses différentes combinaison].

Cette fois-ci les esprits de ses T'hylara restèrent muets de surprise... Sarek avait organisé pour eux un mariage officiel Vulcain!

- T'pau a accepté de nous marier ? Demanda Spock toujours impavide, parfaitement Vulcain, malgré l'immense stupéfaction de ses T'hylara qui assiégeait violemment ses Naph-fo-dan [boucliers mentaux].

- Je lui ai expliqué la particularité de votre Reh'vla-talikal kash-naf. Elle a été très intriguée, cela n'est jamais arrivé. Elle n'a pas remis ma parole en doute. Elle procédera à la cérémonie matrimoniale si celui-ci est suffisamment puissant, ce qui à mon sens ne fait aucun doute.

- En avez-vous parlé à ma mère?

- Oui. Elle m'a reproché d'être trop intrusif. Cependant, je ne fais que prendre acte de la situation actuelle. Vous et vos T'hylara vivez maritalement sans être mariés, cela n'est pas convenable.

À nouveau Spock entendait parfaitement les non-dits :
Je reconnais l'existence de votre trouple, et l'accepte désormais.
Ses T'hylara acquiescèrent, ils avaient fait la même interprétation que lui. Spock percevait nettement leur bonheur qui insinuait en lui une agréable chaleur. Il estima par conséquent que son père avait suffisamment fait d'effort pour qu'il accepte cette offre implicite de paix.
Il le fit à la façon de Sarek, vulcainement, sans le dire ouvertement et d'une voix impassible.
- Certes. Je comprends vos arguments, Sa-mehk t'nash-veh [mon Père], et ne m'y opposerais pas.

Le cœur de Sarek se réveilla dans sa poitrine. Il avait réussi à mettre fin à leur désaccord sans qu'aucun d'eux ne perde la face.
- Je n'en attendais pas moins de vous, Sa-fu t'nash-veh [mon Fils]. Approuva Sarek comme si de rien n'était. Votre mère m'a demandé par ailleurs de vous faire savoir qu'elle considérera tous les enfants de Ève comme les vôtres, Spock, quels que soient leurs gènes. Et vous savez combien il est parfois impossible d'aller à l'encontre de la volonté de votre mère.

...
- Tous vos enfants seront nos petits-enfants.
Comprit Spock

- Cela ne m'étonne pas d'Amanda, elle est une femme formidable! S'exclama Ève

- Avec une mamie pareille, nos enfants seront pourris-gâtés. Plaisanta Jim avec tendresse
...

Sarek se leva et Spock fit de même. Lash'a prit son envol et vint de poser sur l'épaule de Sarek qui se figea. Ses antennes étonnement douces frôlèrent son cou
-T'du kum-to, rom. Etek kunli [toi comprendre, gentil. Nous heureux]
Cette fois-ci les affects transmis étaient comme des effleurement doux et affectueux, agréables, même pour un Vulcain.

- Il semblerait que Lash'a vous ait adopté. Constata Spock impassiblement

- En effet. Je vais vous laisser, à présent. Au revoir, mon Fils.

- Sochya heh dif, Sa-mekh.

- Dif-tor heh smusma, sa-fu t'nash-veh.

La porte se referma, Ève et Jim vinrent le rejoindre.

- Bordel! Ton père ne fait pas les choses à moitié !

Ève vint se blottir contre Spock resté immobile.
Il luttait contre ses affects qui menaçaient de le mener à la rupture. Les vives émotions de ses T'hylara avaient affaibli son contrôle. Il prenait seulement maintenant conscience à quel point le rejet de son père l'avait profondément blessé.

Ève leva la tête vers lui, elle lui souriait doucement à travers des larmes silencieuses qui coulaient sur ses joues. Son Adun'a était si belle. Spock croisa le regard à la fois satisfait et fier de Jim, son Adun était si beau.

Ses T'hylara respectèrent son besoin de silence, tout en le guidant dans leur chambre. Spock prit place sur son coussin de méditation, tandis que Jim et Ève s'allongeaient sur le lit. Le bruissement des draps et leurs soupirs étouffés afin de ne pas le déranger étaient aux oreilles de Spock musicalement apaisants.
Il finit par atteindre suffisamment de quiétude pour atteindre l'état dont il avait besoin. Il ferma totalement son esprit à toute distraction extérieure et se plongea dans sa Wh'ltri [méditation]

Apaisé, Spock rouvrit les yeux sur un spectacle dont il ne se lassait pas. Ève et Jim, nus, enlacé·es, somnolent·es. À présent que ce mariage allait être reconnu et officiel, il sentait fuser en lui une profonde satisfaction. Il avait toute légitimité à revendiquer ces Humain·es comme sien·nes aux yeux de son peuple, et de tous les univers existants...
Illes s'éveillèrent tout à fait lorsqu'il les rejoignit au lit et illes prirent soin de lui à leur façon.

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Fin de la onzième partie

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à suivre
Partie douze
: Ha'gelar [lumières]
Où le voile sera levé sur la raison de la présence de Ève en ce monde...

Je n'ai fais aucune description physique de Ève.
Comment l'imaginez-vous physiquement?
La couleur de sa peau, de ses yeux, la forme de son visage, de son corps...

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*Coin maladies «psychiques»

Il apparaît de plus en plus que beaucoup de maladies mentales seraient d'origine génétique, provoquant des dysfonctionnements au niveau du cerveau.

Les neurones communiquent entre eux via l'émission de neurotransmetteurs. Si cette transmission se fait mal, ou si un neurotransmetteur est produit en trop grande quantité ou pas assez, c'est toute une personnalité qui peut être impactée, et souffrir.
On peut être porteur d'une anomalie génétique, qui déclenche, ou pas, la maladie mentale en fonction des événements de nos vies

Par exemple, dans le cas de la dépression, c'est la sérotonine qui pose problème (plus, selon certaines sources, un problème au niveau de la flore intestinale et des neurones tapis dans la paroi de celui-ci)... vous remarquerez que dans certaines famille, on est dépressive de mère en fille sur plusieurs génération...
Donc, il est inutile de prétendre à un dépressif que «il suffit de le vouloir pour s'en sortir». Tout ce que cela peut avoir comme effet est de culpabiliser la personne, qui est déjà en état de souffrance psychique. En fait, c'était comme si on disait à une personne qui a une bonne grosse grippe de faire un effort pour faire baisser sa fièvre. (meuh si, avec de la volonté, on guérit d'une grippe en deux jours...)
futura-sciences·com/sante/dossiers/medecine-depression-deprime-burn-out-1356/page/9/

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Kaa'lak qul choS, le désert de feu de Kaa'lak,
Je n'ai trouvé aucune description de la géographie de Qo'noS, mis à part ceci : fr·memory-alpha·wikia·com/wiki/Qo%27noS
«...Elle comprend un continent unique et un vaste océan ; vue de l'espace, sa couleur prédominante est le vert. Du fait de la forte inclinaison de son axe de rotation, elle connaît des conditions climatiques très rudes et des températures extrêmes simultanées de chaud et de froid, des changements saisonniers brutaux et de grandes ampleurs.»
Donc, j'ai inventé...
un «désert de feu» me semble tout à fait plausible sur cette planète des extrêmes

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