Ha'ge Ohasu [L'être lumière] ~ Partie XIV Difan batai [Forces vives]


chapitre 4 - Mesprahn
[
Détermination]

oOo

Précédemment :

Eve se laissa tomber sur le lit avec une bouffée de désespoir. Elle ne se souvenait pas avoir jamais ressenti une telle intensité d'émotions aussi négatives et violentes.
Elle s'allongea et fut emportée par de violents sanglots de désespoir et s'endormit au milieu de ses larmes

ooo

Amanda et Sarek retournèrent dans leurs appartements.

Sarek se replongea aussitôt dans ses recherches en mathématiques et programmations informatiques. Un Vulcain ne peut se permettre de rester inoccupé. Aussi, depuis leur départ, il travaillait sur les équations d'un modèle complexe de système dynamique.

Amanda ne put se retenir de sourire: son Époux bien-aimé était un scientifique tout autant qu'un ambassadeur. Il avait besoin d'un temps de solitude et de concentration pour absorber cette extra-ordinaire nouvelle. Elle ouvrit l'un de ses tiroirs où elle «cachait» une boite contenant sa «petite drogue douce»: des carreaux de chocolat bien noir, son péché mignon.
Amanda s'assit confortablement. Elle non plus n'appréciait pas rester à ne rien faire. Après cette pause gourmande, elle reprendrait la translation en Vulcain de ce livre en langue Standard. «Le petit Prince» écrit par un Humain nommé Saint-Exupéry. Elle en avait eu l'idée en voyant Ève traduire les manuscrits Klingons. Sarek trouvait cela irrationnel: les Vulcains ne lisaient pas ce genre d'ouvrage. Pourtant, il était toujours présent pour l'aider à trouver la traduction la plus juste.

La sonnette retentit. Sarek actionna l'ouverture automatique.

- Halitra Sikan? S'étonna Amanda

- Dif-tor heh smusma, T'Saï Amanda, Kevet-dutar Sarek. [ambassadeur Sarek]

- Sochya heh dif, Halitra Sikan. Entrez, ne restez pas devant la porte. Dit Amanda en se levant pour l'accueillir.

- Que nous vaut l'honneur de votre visite? Demanda tranquillement Sarek qui se leva lui aussi pour aller à sa rencontre

- Hakausu T'Raya m'a informé de sa venue à bord de l'Enterprise. Expliqua Sikan de sa voix froide. Je venais m'enquérir de votre état de santé ou de celui de votre fils.

Logique. Reconnut Sarek en pensée. Il ne saurait y avoir aucune autre explication possible de la venue de la Hakausu à bord de ce vaisseau. Si la Guérisseuse était venue pour l'un de ses collaborateurs, Sikan en aurait été informé.

- Comme c'est gentil à vous! Répondit Amanda de sa voix douce.

T'Saï Amanda était sincère. Sikan n'était pas habitué à ce que l'on pense ou dise de lui qu'il était gentil. Il en ressentit un profond plaisir qu'il réprima immédiatement, mais il ne put empêcher la pointe de ses oreilles de verdir un peu.

- Hakausu T'Raya a affirmé que le reh-vla-talikal'kash-naf de mes fils s'est reconstitué. Annonça tranquillement Sarek

Sikan se figea.
- Donc... T'Saï T'Kahael-Ève est à nouveau en vie, quelque part. Dit-il d'une voix légèrement vibrante.

- Oui, c'est si... Confirma Amanda qui ne put retenir ses larmes de revenir. Je... excusez-moi...

- Vous êtes une mère Humaine, il est logique que vous réagissiez comme tel. Trancha Sikan en se maudissant de ne pas parvenir à adoucir la froideur de sa voix

Amanda lui répondit par un doux sourire.
Sikan déduisit qu'elle avait parfaitement compris ses intentions. Cette Humaine était réellement très intelligente.

- Nous avions prévu de vous informer de cette nouvelle. Dit Sarek

Sikan regarda cette mère aimante qui essuyait ses yeux rougis avec un mouchoir. L'Ambassadeur avait certainement voulu attendre que son Épouse soit émotionnellement remise de cette incroyable information.

- Je suis... heureux pour vos fils et vous. Cette information est des plus satisfaisantes. Proféra Sikan de sa voix glacée.

Cette fois encore, Amanda ne se laissa pas abuser par la tonalité de son intonation:
- Lesek, itar-bosh nash-veh rom'es k'dular, T'hai'la t'nash-veh . [je vous remercie pour votre bonté, mon ami]

Prononcés en Vulcain, ces mots n'en avaient que plus de poids. Sikan n'eut aucune réaction, à part une légère accentuation du verdissement de ses oreilles. Pendant une demie minute, il ne sut quoi répondre. Il croisa le regard impassible, et pourtant approbateur de Sarek.

- Cette information doit-elle rester confidentielle? ou puis-je en informer mes hommes?

- Ce n'est pas confidentiel. Répondit Sarek.

- Dans ce cas, je vais aussitôt la transmettre.

- Revenez nous voir quand vous voulez, Sikan, vous serez toujours le bienvenu

- Je n'y manquerai pas, T'Saï Amanda. Répondit Sikan avant de sortir.

Amanda attendit que la porte se soit refermée
- Sikan a beaucoup changé. Approuva-t-elle.

- Vous ne le trouvez plus antipathique. Dit Sarek calmement

Amanda perçut sans peine la taquinerie
- Il faut savoir le lire entre les lignes. Je pense qu'il est un homme bon et généreux.

ooo

Séjàl n'eut aucun mal à joindre la Teikogu Senta. Les vaisseaux de la flotte Teika-ke n'était pas encore très loin, ils n'avaient pas quitté l'Enterprise depuis longtemps. Senta savait à quel point Jim et Spock étaient affectés par leur deuil, elle s'inquiéta aussitôt

- Tout va bien, Teikogu Senta! Trancha Sèjal dès qu'elle prit l'appel

- Que se passe-t-il?

- Vous vous souvenez de ce lien mental des époux qui reliait nos amis à Ève

- Oui, je m'en souviens... Répondit Senta qui devina sans oser le croire ce que Sèjal allait lui dire

- Hakausu T'Raya vient de confirmer que ce lien est en train de se reconstituer, elle l'a...

- KÔGO-ÈVE EST VIVANTE ! ?

- Oui. Elle...

- Oh! mille fois bénie soit la Déesse Tsukiko Sukaï de nous avoir rendu notre Kôgo-Kokivo! S'exclama Senta les larmes aux yeux. Nos Kôgo-Gosona doivent être si heureux! Et nos peuples seront si heureux d'apprendre cette merveilleuse nouvelle! Merci, merci de me l'avoir dit! Sait-on où elle se trouve?

- Pas encore. Mais nos amis trouveront un moyen de le retrouver

- Je n'en doute pas une seconde.

- Adressez-leur toute mon amitié. Dites leurs que nous serons toujours là pour eux s'ils ont besoin de nous. Toujours!

- Je le ferai.

ooo

Azhular et Leonard se chargèrent d'annoncer cette renaissance à la 'fine équipe' Miss Uhura, Sulu, Chekov, Scotty et Miss Chapel. Il y eut beaucoup de larmes de joies. Le nouvelle se répandit ensuite dans tout le vaisseau comme une traînée de poudre.

ooo

Azhular et Leonard étaient dans leurs quartiers quand Tamek répondit à la demande d'appel de son cousin. Azhular alluma aussitôt l'écran du communicateur. Tamek portait un kabika, il devait être dans ses appartements privés.

- Qu'est-ce qui se passe? Demanda-t-il. Il est arrivé quelque-chose à Kirk ou Spock?

- yIn be'nI'wI' jatlhqa' ! (ma sœur vit à nouveau!) Répondit Azhular, les yeux brillants de joie

Les traits de Tamek s'assombrirent d'inquiétude. Son cousin devenait-il fou? Lors de son retour, Azhular n'avait pu ramener que Kirk, Spock et le Kabika de Ève. Il avait lui-même attesté de la disparition du corps.
Leonard vint s'asseoir à coté de Azhular, rayonnant... au sens propre du terme. Tamek mit ce détail de coté, pour le moment.

- Ils ont consulté Hakausu T'Raya. Expliqua Leonard. Elle a regardé dans leurs esprit et elle a confirmé que leurs liens mentaux avec elle s'étaient reconstitués. Et il n'y a une seule et unique explication à cela.

- yIn be'nI'wI' jatlhqa' ! Répéta Azhular.

Tamek renifla bruyamment. Il fut prit d'une quinte de toux. Il était un Chef guerrier Klingon, Jik'ta! (bordel), il n'allait tout de même pas pleurer de joie comme un gamin! Il se leva.
Leonard et Azhular entendirent le son d'un liquide versé dans un verre, le glouglou d'une personne qui boit rapidement, et enfin la trompette d'un mouchage. Leonard eut beaucoup de mal à se retenir de rire d'attendrissement.

Tamek réapparut à l'écran, très digne
- Donc notre petite Be'joH (princesse) est vivante! Où est-elle ?

- Nul ne le sait. Jim et Spock pensent qu'ils parviendront à communiquer avec elle grâce à leur Saïshen. Expliqua Leonard

- À propos de Saïshen. Remarqua Tamek. J'ai comme un drôle d'impression

Leonard devint rouge pivoine. Il tenta de contenir sa lumière, mais cela eut l'effet inverse. Comme stimulée par celle de son QI'tu Sor, celle de Azhular se fit plus intense.

- C'est un présent de ma loq be nI' à sa mort. Avoua Azhular

Tamek les contempla, souriant, heureux de cette double bonne nouvelle.
- qu nob SovmoHpu''a' SoH!

- Tamek dit qu'elle nous a fait là un magnifique cadeau

- HIja', jIQochbe' (oui je suis d'accord) Répondit Leonard
Il commençait à savoir dire quelques phrases en Klingon, et Azhular était fier de lui.

- pegh, c'est un secret.

- vIyaj tey' (j'ai compris, cousin). mu' batlh DaHutlh'a' (tu as ma parole d'honneur)

ooo

Il y eut des coups discrets de frappé à sa porte et cela réveilla Ève. Elle s'assit sur le lit. Aïshima entra, visiblement très mal à l'aise.

- Je peux entrer? Demanda-t-elle

- Je t'en prie. Répondit poliment Ève qui avait surtout envie de rester seule pour se noyer dans chagrin.

- Je suis venue te chercher pour que tu viennes manger avec nous.

- Nous qui ? Demanda Ève avec une agressivité qu'elle ne maîtrisa pas

Le fait qu'Aïshima paraisse étonnée lui permit de s'en rendre compte.

- Pardonne-moi. Je... j'ai du mal à ne pas péter un plomb.

- Je comprends. Répondit Aïshima avec compassion.

- Non, tu ne comprends pas, tu ne peux pas comprendre. S'énerva-t-elle à nouveau. J'ai choisi de mourir pour que mes bien-aimés puissent vivre. Et je suis punie en étant... reconstituée loin d'eux. Je ne peux pas vivre loin d'eux! Je ne veux pas! Et en plus, je ne suis plus la même. Je suis en proie à des crises de fureur, je n'ai jamais eu ça avant!

- Tu es la même! Affirma Aïshima

- NON! JE NE SUIS PLUS LA MÊME!
La lumière de Ève, rouge sang, se mit à tournoyer furieusement autour d'elle
- Balok a bidouillé mes gènes pour me reconstituer! Il m'en a remplacé. Ce corps n'est même pas un clone de celui que j'avais! Je ne suis même pas le clone de celle que j'étais!

Visiblement, Aïshima ignorait ce fait.
-... bidouillé tes gènes? Répéta-t-elle

- ...il m'a rajouté des gènes Klingons, ceux de Azhular! Je suis à 25% Klingon! Soit-disant pour des histoires de stabilité génétique! Balok...

Ève eut un temps d'arrêt, essaya vainement de se calmer:
- Tu n'as pas idée de la violence de la colère qui bouillonne en moi! Tu n'as pas idée à quel point j'en veux à Balok d'avoir ENCORE joué avec ma vie! Je NE VEUX PAS de cette vie! Sans Spock et Jim, aucune vie ne vaut la peine d'être vécue!

- Ce peuple a besoin de nous, de toi...

- J'AI DÉJÀ DONNÉ, tu te souviens? Rétorqua Ève sèchement. J'ai déjà TOUT donné pour vaincre Dochnesh! J'ai ABANDONNÉ les deux HOMMES DE MA VIE pour éliminer ce monstre ! Comme il était prévu que je le fasse, en gentille petite marionnette BIEN DOCILE! . J'en ai PLUS QUE MARRE d'être utilisée comme ça, sans qu'on me demande mon avis. Pourquoi ne m'a t'il pas ramené à bord de l'Enterprise? Nous serions venus en aide à ce peuple volontairement! Pourquoi jouer de moi comme avec une marionnette? Pourquoi? POUR QUI SE PREND-IL?

La colère enflait de plus en plus en Ève, au point d'être à deux doigts de la submerger. Dans un mouvement vif, Aïshima vint prendre Ève dans ses bras, la serra très fort contre elle. Elle émit la plus douce, la plus tendre, la plus aimante des Saïshen dont elle était capable.

- Je suis désolée, désolée. Murmura Aïshima qui ne pouvait pas retenir ses larmes.

Ève trembla, mais ne la repoussa pas. Cet amour avait quelque chose de familial, et lui faisait du bien, apaisait un peu la douleur cuisante de la séparation d'avec ses T'hylara, mais...

- Ta Saïshen ressemble beaucoup à la mienne. Remarqua soudain Ève

Aïshima sursauta presque. Ève la repoussa brutalement: elle vit la grande pâleur de la Sishen.

Ève articula d'une voix blanche, dans un souffle douloureux :
- Lorsque Balok m'a conçue la première fois, il a utilisé certains de tes gènes, n'est-ce pas?

Aïshima trembla à nouveau, de toute évidence ... effrayée. Ève explosa à nouveau:
- Lorsque que je t'ai rencontrée, à bord de l'Enterprise, tu savais, TU SAVAIS! Tu savais qui m'avait conçue, ET POURQUOI, et de quelle façon, parce que ma Saïshen me vient DE TOI, de TES gènes ! Tu savais à quel point ne pas savoir d'où je venais et pourquoi j'avais été déposée là M'ANGOISSAIENT, et tu ne m'as RIEN dit! RIEN!

- ...oui, c'est vrai, pardonne-moi, je n'avais pas le choix...

- MENSONGE! Tu étais COMPLICE de cette mascarade !

- J'ignorai que tu devais mourir, je...

- LAISSE-MOI! SORS!

- ...il faut que tu manges...

- VA-T-EN ! JE NE VEUX PLUS TE VOIR !

Aïshima sursauta et recula. La Saïshen de Ève, presque noire, était d'un contact douloureux. Elle sortit rapidement, en larmes.
Ève se précipita sur la table. Dans sa colère, elle la souleva et la fit tomber par terre. Elle avait besoin de frapper, de briser, de casser, de... Le bruit de la chute lui fit prendre conscience qu'elle était en proie à une violente surcharge émotionnelle. Elle se laissa tomber sur le sol, et fut à nouveau emportée par des sanglots.

Elle pleura longtemps, jusqu'à en être épuisée.
Son organisme lui rappela qu'il avait des besoins. Elle se rendit compte qu'elle avait faim, et soif. Elle n'avait rien mangé depuis son... réveil. Elle se leva et eut des vertiges...

Elle se dirigea lentement vers le réplicateur. Par provocation, elle rechercha de la soupe de plomeek, juste pour pouvoir hurler qu'il n'y en avait pas... il y en avait. Et des croissants?... aussi! Elle remit difficilement la lourde table sur ses pieds. Elle posa son plateau. Elle s'assit et commença à manger, lentement.
La soupe de plomeek. Le plat préféré de Spock. Les croissants, la gourmandise favorite de Jim. C'était un peu comme si il y avait un peu d'eux dans ces aliments. Malgré le goût agréable, elle eut du mal à mastiquer, à avaler. Elle se força à finir. Elle avait synthétisé de petites portions, elle se refusait à jeter de la nourriture.
Elle sentit cependant que cela lui faisait du bien.

Elle ressentit une immense fatigue... logique, elle avait émis tant de Saïshen de façon si intense et incontrôlée avec ce corps... nouveau-né. Elle tituba vers le lit et s'y laissa tomber. Elle dormit lourdement. Ses rêves furent peuplés de Spock et de Jim. Elle pleura dans son sommeil.

ooo

La méditation du soir était devenue un rituel indispensable pour Jim.
Il avait toujours apprécié méditer avec Spock. Depuis la mort de Ève, cela s'était transformé en un besoin au même titre que manger, dormir et... faire l'amour avec lui.
C'étaient ses seuls moments de réel réconfort. Bien sûr, la prévenance de leurs amis Bones et Azhular, la tendresse d'Amanda, ainsi que celle que Sarek ne montrait en aucune façon, l'amitié sincère de Sèjal, et même les attentions discrètes de Sikan, lui faisaient du bien mais...
Sexe et méditation étaient devenus des besoins vitaux, c'étaient les seules choses qui l'empêchaient de sombrer.

Il savait que cela était dû au déchirement du puissant Reh-vla-talikal'kash-naf qu'ils avaient partagé avec Ève. Les Humains n'étaient faits pour concevoir de tels liens et encore moins pour en supporter la rupture. Il savait qu'elle était de nouveau en vie, quelque part, mais rien n'atténuait la douleur de l'éloignement et de l'absence...

S'unir avec Spock, unir leurs corps dans une étreinte, unir leurs esprits, élever leurs âmes par delà la souffrance, l'espace et le temps... Jim était reconnaissant envers Spock de l'aider à atteindre ces états où la douleur permanente se taisait, enfin.

Spock était conscient de cette addiction, car il en était lui-même atteint. Il était Vulcain: il n'avait pas le droit de ressentir ou d'exprimer des émotions. Alors c'était Jim qui les éprouvait pour lui, versait ses larmes, unissait sa peine à la sienne, extériorisait sa douleur, sa colère. Puis ensemble, ils trouvaient l'oubli dans l'union de leurs corps ou dans l'élévation de leur esprits. Spock lui était reconnaissant de pouvoir exprimer ses affects par procuration et mettait toute son énergie en oeuvre pour aider Jim à ne pas être débordé par leurs émotions mutuelles.

La renaissance de Ève avait ajouté une nouvelle dimension à leur troubles. Une nouvelle forme de souffrance. Savoir Ève en vie quelque part. Être dans la totale impossibilité de la rejoindre, de veiller sur elle, de lui parler, de l'étreindre, les rendaient fous de frustration.
Où était-elle?... Comment allaient-il la retrouver? ...Était-elle en sécurité? ...Y-avait-il des personnes bienveillantes pour veiller sur elle?... Elle avait tant besoin d'amour!
Leur méditation fut brutalement interrompue par une perception qui s'insinua en eux. Ils l'eurent aucun mal à l'identifier.

- Ève... bordel, Nam-tor ko-veh reshnek ! [elle est en colère!] S'exclama Jim en émettant un halo de lumière rouge sang

- Ha. Beglanau nash-veh isha. [Oui, je le perçois aussi]. C'est infime mais perceptible

- Elle est en colère ! Répéta Jim en se levant brusquement, furieux. Et nous ne pouvons rien faire pour lui venir en aide!

- Ri nam-tor mene t'Eve vi'tehvar [La vie de Ève n'est pas en danger.] Déduisit Spock calmement

Indigné, Jim s'immobilisa, comme figé dans son mouvement:
- Pardon ?

- Ève exprime de la colère, Jim, pas de la peur. J'en déduis que sa vie n'est pas en danger.

Jim accepta de mettre sa fureur de coté pour faire appel à sa rationalité :
- Oui... et la seule fois où elle s'est vraiment mise en colère était quand elle s'est sentie manipulée

"Non, mais, vous m'avez bien regardée ? NAM-TOR ISH-VEH GLAZHAU SPO'KO-TE'KRU ? [EST-CE QUE J'AI L'AIR D'UNE REINE ?] " Jim sourit presque alors que ce souvenir resurgissait dans leurs esprits, Ève était si mignonne dans sa légitime sa fureur " NAM-TOR . NASH-VEH . MAUT . HAYAL ! [JE . SUIS . TRÈS . CALME !]"

- L'injustice est pour Ève un motif de colère. Poursuivit Spock
Il faisait appel à toutes ses ressources mentales afin de garder sa tranquillité d'esprit, et ainsi aider Jim à retrouver son calme. La colère ou la rage étaient vaines, inutilement douloureuses dans leur situation. Il savait qu'il ne pouvait le dire à Jim, sous peine de faire redoubler sa fureur

- Ça veut tout de même dire qu'elle subit une injustice! S'enflamma à nouveau Jim

- Ou qu'elle éprouve de la colère pour la même raison que toi. Suggéra Spock.

- C'est à dire? Grommela Jim.

- Le fait d'être séparé de nous. Il est probable qu'elle ait été à nouveau rendue à la vie car ces personnes ont besoin du pouvoir de sa Saïshen, pour une raison ou une autre.

- ... recréée à des fins... utiles ? S'indigna Jim, outré. Non! Ce n'est pas possible! N'a-t-elle pas déjà assez donné?

- Si elle était en vie pour nous, elle serait auprès de nous, ce qui n'est pas le cas. Et le second fait que nous pouvons déduire est qu'elle est en possession d'un corps d'adulte. Un nourrisson nouveau-né n'éprouve pas de sentiment d'injustice.

Le cœur de Jim battait trop fort dans sa poitrine. Ses pensées et ses émotions se bousculaient dans son esprit de façon anarchique.

- Ève est une adulte, Jim. Répéta Spock doucement. Son esprit est intact, sans cela notre lien n'aurait pu renaître avec autant d'intensité. Elle est intelligente et combative. Elle est forte. Nous devons lui faire confiance.

"Je ne suis pas une petite chose fragile à enfermer dans un cocon!" Hurla son souvenir dans leurs esprits, comme pour confirmer les propos de Spock

Jim respira profondément, se frotta les yeux énergiquement, fit de violents efforts pour retrouver son calme. Il prit soudain conscient que sa crise émotionnelle était extrêmement pénible pour Spock.
- Excuse-moi. J'aurai dû mieux me contrôler

- Thrap-fam'es nufau [il n'y aucune offense]

- Comment fais-tu, T'hy'la? Comment fais-tu pour conserver ainsi ta rationalité quoi qu'il arrive?

- Je puise mes forces dans la logique, et en toi. Répondit Spock tranquillement.

Il se leva avec sa grâce Vulcaine, entouré de cette si belle aura verte. Il savait pertinemment l'effet que cela avait sur son T'hy'la
Jim le trouva plus beau que jamais, sa fureur s'évanouit. Son désir se transmit dans l'esprit de Spock, enflammant ses reins. Ils reprendraient leur méditation plus tard...

Jim agrippa la nuque de Spock qui ploya vers lui sans réticence. Leurs lèvres s'unirent dans un frisson. Comme tous les soirs, ils ne portaient que leurs kabika Kôkivo-yan, ils n'eurent qu'à défaire les ceintures pour accéder à l'objet de leurs désirs. Leurs peaux, si douce et si réactives, marquée par leurs suçons. Leurs sexes, dressés l'un contre l'autre, enlacés par les vrilles avides de Spock.
Ils s'allongèrent sans cesser de s'embrasser.

- Et si tu revenais puiser tes forces en moi! Susurra Jim avec une délectable malice

Spock ne se fit pas prier et commença à le préparer. Il trouvait plus fascinant que jamais cette façon qu'avait Jim de s'abandonner totalement à lui, cet Humain, son Humain, si fier que nul n'avait réussi à dompter. Il le trouvait plus beau, plus désirable que jamais.

- J'ai l'impression que notre Kash-naf s'est approfondi. Murmura-t-il alors que Jim gémissait de plaisir

- ... je t'aime! Répondit-il entre deux soupirs. Viens!

Jim et Spock partageait beaucoup de choses ensemble, leur temps, leurs pensées, leurs émotions, leurs affects. Mais ils s'échangeaient rarement des mots d'amour. Le cœur de Spock s'accéléra. Il s'immergea dans la chair frémissante de son bien-aimé Sa-t'hyla. Jim l'enlaça de ses bras et de ses jambes...
Ce ne fut que lorsqu'ils furent au bord de l'orgasme que Spock passa aux aveux:

- Ashau nash-veh t'du, Jim, je t'aime!

Une volupté absolue se déversa en eux, leurs corps et leurs âmes se hurlant leurs amours

ooo

Le soleil était juste levé quand Ève sortit du lit. La salle de bain contenait une baignoire en plus de la douche sonique et hydrique. Mais Ève se contenta d'une douche à l'eau. Elle mit l'un des kabika et retourna dans la pièce principale.

Un... une?... un.e quoi d'ailleurs? Quel était le nom de ce peuple? Un être masqué l'y attendait

- Qui êtes-vous? Demanda-t-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu
Cette personne ne lui avait jamais menti, ni lui avait jamais fait aucun mal, elle n'était pas directement responsable de ce qui lui arrivait.

- Je suis Sezv, votre servante. Répondit Sezv grâce au traducteur automatique. Je suis à votre service.

Le ton doux et soumis de Sezv désamorça la colère de Ève.

- Pourquoi êtes-vous ici? Demanda-t-elle plus doucement

- Je suis venue vous chercher afin de vous faire visiter les bâtiments. Je suis à votre service exclusif.

- Je ne veux pas sortir de cette chambre. Ce n'est pas prudent. Répondit Ève en essayant de parler avec autant de gentillesse que Sezv. Je suis en proie à des crises de fureurs, je ne maîtrise plus ma Saïshen. J'ai peur d'être dangereuse.

- Mais...

- Je sais que vous avez besoin de ma Saïshen. Mais moi, j'ai besoin de temps pour m'habituer à ce nouveau corps et pour accepter cette... captivité

Sezv eut un visible sursaut d'indignation en entendant ce mot

- Il faut appeler un chat un chat! S'énerva Ève. Je suis ici contre ma volonté, et loin de tous ceux qui comptent pour moi!
Sa Saïshen se remit à crépiter

- Vous voyez? Je ne parviens plus à maîtriser ma Saïshen. Sortez avant que je ne pète à nouveau un plomb!

Sezv s'empressa d'obéir.

- Au moins, si je craque encore, je ne ferai de mal ou de peine à personne. Soupira Ève restée seule
Elle repensa à Aïshima. Elle se souvint de sa tristesse permanente lorsqu'elle avait fait sa connaissance. Elle comprit que la Sishen avait dû être rongée par la culpabilité de ne rien pouvoir lui dire. Ève avait été cruelle avec elle dans son éclat de colère. Elle se jura de lui présenter ses excuses dès qu'elle serait en état de prononcer une phrase sans piquer une crise de rage.

Elle prit un petit déjeuner non équilibré, en ayant une pensée pour Bones-mère-poule qui aurait hurlé en voyant le contenu de son plateau, composé de bols de soupes de plomeek et de plusieurs croissants. Son esprit le revit, fonçant sur Jim pour lui faire des remontrance et Jim lui répondre, ânonnant avec du croissant plein la bouche. Elle revoyait la scène comme si elle y était encore:

"- Jim ! Bon sang ! Je vous ai pourtant conseillé de manger plus équilibré le matin ! Qu'est-ce que c'est que ça?
- 'heu chui 'ou'ours ah'amé le 'atin !
- Nam-tor au kwon-sum nash-spo ! Nahyan-fam [Ils sont toujours comme ça, irrationnels]."

Elle sourit à ce souvenir et se força à manger.
Elle tira une couverture du lit. Elle la plia en quatre pour en faire un coussin de méditation et le posa sur le sol. Elle s'assit en tailleur, ce corps refusant de se plier à la position du lotus.

Elle prit une profonde respiration et ferma les yeux. Elle fit appel à toute la concentration dont ce cerveau tout neuf était capable
En elle, elle sentait son reh'vla-talikal kash-naf [lien mental trilatéral] battre douloureusement. Elle fit un effort pour rationaliser cette information, comme l'aurait fait Spock : Spock et Jim étaient en vie. Voilà ce que cela voulait dire le lien profondément implanté dans dans sa chair et dans son âme: Ses Sa-t'hylara étaient en vie! Même s'ils étaient loin d'elle, inaccessibles... elle avait réussi, ils étaient en vie !
VIVANTS!
Elle avait réussi.
Elle répéta encore et encore cette phrase comme un mantra. Nam-tor Spock heh Jim difanik, difanik, difanik ! ["Spock et Jim sont vivants, vivants, vivants..."] Pour le moment, seul cela devait avoir de l'importance. Elle y devait y puiser sa force, y retrouver une raison de vivre.

Elle était loin d'eux, si loin d'eux, mais tous leurs mots, leurs phrases, leurs regards étaient en elle. Elle devait s'approprier la ténacité de Jim qui jamais ne baissait les bras, le raisonnement logique de Spock qui toujours gardait la tête froide, leurs rationalités, leurs sens de l'adaptation...

Elle commença par remettre en pratique les enseignements de Spock sur l'élaboration des Naph-fo-dan'shidik [barrières mentales]. Elle se souvint de la première fois, où il lui avait montré comment faire en la guidant pas à pas, à cette époque où ils se découvraient et se vouvoyaient. Le souvenir était puissant, l'empreinte de l'esprit de Spock était d'une certaine façon gravé en elle. Elle ferma les yeux et se laissa guider par ce souvenir. Elle parvint à en élever quelques unes, les plus importantes, pour commencer à contenir sa colère.

La faim ramena son esprit à la réalité. Son corps était engourdi. Elle se fit répliquer de la nourriture. Elle ajouta à sa soupe de plomeek et au croissant les fruits préféré de Lash'a et une portion de simili-viande presque crue. Sans doute un héritage de Azhular. "Avant", elle en mangeait peu et de préférence bien cuite. Ce corps devait sans doute avoir de plus grands besoins en protéines. Elle eut une pensée affectueuse pour celui qui était réellement son frère à présent. Elle continua à réfléchir tout en mangeant. Elle comprit qu'elle devait aussi se réapproprier ce corps qui lui avait été imposé.

Après le repas, elle fit quelques exercices et se rendit compte qu'elle avait perdu le sens de l'équilibre. Elle regarda ses mains avec attention, et elle lui parurent différentes, sans parvenir à détailler en quoi... elle soupira et reprit ses mouvements. Elle se souvenait de tous ses entraînements si amusants avec Spock et Jim, puis ceux plus sérieux avec Azhu. Il avait en vain tenté de lui apprendre à être un peu plus agressive... cette agressivité était en elle, à présent. Tout ce qu'ils lui avaient appris était encore là, en sa mémoire, comme gravé dans du marbre.

La fin de l'après midi fut consacré à retrouver la maîtrise de sa Saïshen, et là encore, elle devait tout réapprendre. Il en était de sa lumière comme du contrôle de ses mouvements ou de ses barrières mentales. Son esprit savait mais pas son corps.

Ève passa toute une semaine ainsi. Elle ne s'accorda aucune minute de répits. Se reposer était prendre le risque d'être à nouveau accablée et débordée par le désespoir. Elle s'y refusait.
Elle demanda chaque matin à Sezv de la laisser seule, la prévenant qu'elle ne voulait voir personne. Et chaque matin, Sezv obéissait sans protester.

Le plus difficile fut de trouver un moyen de canaliser sa colère. La belle voix de Spock vint à son secours: "Laissez-moi vous montrer ce que j'ai compris lors de ma Wh'ltri, un moyen de canaliser la lumière sans l'entraver." Ève comprit ce qui lui arrivait. Ce n'était peut-être pas un problème de gènes Klingons. Son indignation était légitime. Sa Saïshen agissait en elle comme un affect qui amplifiait l'intensité tous les autres. Elle se souvint des techniques qu'il leur avait montrées à Jim et elle.
Méditation après méditation, elle fit le tri dans ses émotions, les assuma, travailla sur elles, et elle acheva de reconstruire les plus importantes de ses barrières mentales. Elle réussi à retrouver un équilibre psychique convenable malgré cette colère. Spock aurait été fier d'elle.

Mais ce qui la perturbait le plus était de savoir qu'elle n'était plus la même, au moins physiquement: ses chromosomes étaient différents.
Pouvait-on réduire une personne à la somme de ses gènes?
À la somme de ses souvenirs comme semblait le croire Balok?
Dans quelle mesure les gènes Klingons de Azhular avaient-ils une influence sur son comportement?... 25% quand même! un quart de ses chromosomes! C'était énorme.
Allait-elle se retrouver soumise à certains atavismes propres à ce peuple?

C'était l'éternel débat entre l'inné et l'acquis. Elle aurait aimé avoir Spock et Jim à ses cotés pour l'aider à répondre à cette question... Elle rassembla toutes ses connaissances sur les diverses ethnies, telles qu'elle les avaient lues dans les dossiers sur son pad, et surtout telles qu'elle les avaient apprises à leurs cotés.

Le peuple Klingon était un peuple de guerriers agressifs depuis la nuit des temps, prompt à la passion et à la colère
Mais cette violence était-elle dans leur sang ou le résultat de leur éducation ?
Azhular lui avait expliqué que tous les Klingons étaient des guerriers, les femmes comme les hommes, et qu'il n'y avait pas de mort plus indigne que de mourir de vieillesse.
Mais son tIn loDni (il était biologiquement son frère, se répéta-t-elle)... mais son tIn loDni s'était un peu "pacifié" à leurs contacts, il avait appris une forme de compassion, cependant... Elle le revit lorsqu'il avait combattu les Krupsu qui avaient envahi l'Enterprise. Il avait été sans pitié et les avait massacré avec une jubilation visible. Même si son but n'avait pas été de se battre pour se battre, mais de protéger l'équipage et les passagers.
Dans un même temps, tout guerrier qu'il était, Tamek n'était pas pour autant une brute sans cervelle... il savait réfléchir, se contenir, évoluer... et même montrer une forme de tendresse, ne l'avait-il pas surnommée puqwI' (mon enfant)?

Le peuple de Kôkivo-ya était un peuple pacifique depuis toujours.
Nature ou culture ? D'aussi loin que remontait leur histoire, bonté et solidarité étaient enseignées au enfants, glorifiées et valorisées. Égocentrisme et méchanceté existaient aussi, il ne fallait pas faire d'angélisme, mais ces comportements étaient minoritaires, et extrêmement mal vus.
Cependant, lorsque les événements l'exigeaient, ils savaient se battre avec opiniâtreté et courage. Ils s'était battus de toutes leurs forces contre Vlokir, avec violence, inventivité et agressivité.

Deux peuples aux antipodes l'un de l'autre... mais qui s'étaient pourtant très bien entendus lors du voyage vers Dochnesh. Ils partageaient un même goût pour la fête, les gueuletons, l'alcool, les rires, les chants et les danses... et de belles amitiés s'étaient nouées.
Ils avaient commencé par s'affronter dans une énorme bagarre, dans la plus grande salle de loisir du vaisseau amiral Kokivo-Epsylonnien... Le pugilat avait impliqué des Klingon·es, des Kokivo-yan·es, des Humain·es et même quelques Vulcain·es. Seule la Saïshen de Ève était parvenue à y mettre fin. Il y avait eu une répartition équitable de gnons, bleus, coquards et bosses, mais aucune blessure grave. Nombreuxses étaient les combattant·es à posséder un coutelas, tous étaient restés dans leur fourreau.
Toustes les participant·es avaient semblé plus que ravi·es de ce moment de défoulement, mis à part les Vulcain·es qui n'avaient pas eu d'autre choix que de se défendre. Les Klingon·s étaient enchanté·es: les autres soldat·es de l'Alliance étaient des combattant·es expérimenté·es, solides et puissant·es. Illes clamèrent qu'illes étaient de dignes frères et sœurs d'armes!
En guise de punition, toustes celleux qui avaient été impliqué·es dans cette pagaille furent privé·es d'alcool pendant une semaine... Jim avait eu beaucoup de mal à se retenir de rire à la vue leurs visages déconfits lorsque Ève avait délivré cette sentence.

Le peuple Vulcain...
Un peuple de barbares violents et passionnés, pacifiés par la discipline mentale de Surak...
Dont l'héritage sauvage resurgissait lors du Pon Farr.
Dont les atavismes ancestraux parvenaient à s'exprimer dans cette os-shidik-maik'es, cette possessivité viscérale contre laquelle Spock devait lutter en permanence. (tout en sachant que sa Saïshen aggravait l'intensité de cet affect)
Le peuple Vulcain avait même fini par développer une partie du cerveau uniquement consacrée au T'san'at [contrôle mental des émotions] et au Vedrah prah [acceptance et suppression de la douleur physique]. Il était parvenu, générations après générations, à provoquer une modification physique et génétique par la pratique permanente et rigoureuse de la Kai'tan [discipline mentale] et la Wh'tri [méditation]
Le peuple Vulcain constituait l'exemple type que tous n'est pas forcément écrit dans les gènes dès le départ, qu'il n'y a pas forcément de destin tracé pour qui a la volonté de se battre...

Ève ignorait la part de gène Sishen qui devait logiquement compléter son génome. De toute façon, c'était en elle depuis son premier éveil dans la chambre de Spock... et elle ignorait tout de ce peuple si secret.

La voix douce et rassurante de Spock s'éleva dans l'esprit de Ève, réchauffant son cœur.
«Ici, vous serez traitée avec respect. Vous vivrez selon vos propres valeurs et votre propre personnalité, sans vous soucier du jugement des autres. Vous pourrez vous parfaire jusqu'à atteindre un tel seuil d'excellence, d'intelligence et d'accomplissement, et cela vous permettra surmonter tous les problèmes et toutes les crises.»

«...Vous pourrez vous parfaire jusqu'à atteindre un tel seuil d'excellence...» Elle avait des crise de surcharges émotionnelles et lumineuses, mais les mots de Spock étaient en elle, gravés pour toujours dans son esprit. Même s'il était loin d'elle, ses paroles pouvaient encore la guider.

Ève n'était pas idiote, elle savait bien qu'il ne suffisait pas d'avoir de la volonté pour tout réussir. Mais avec des efforts elle pouvait certainement accomplir bien des choses...
Avec beaucoup d'efforts, d'entraînements, de pratiques, de rigueurs, elle devait pouvoir augmenter suffisamment sa Saïshen pour entrer en contact avec Spock et Jim... Oui, elle en était sûre, maintenant, et c'était ce qu'elle allait faire.
Il n'existe pas de scénario sans issue, Jim l'avait toujours dit. Elle se battrait et réussirait!

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à suivre

A peine Jim et Spock avait-ils posés un pied sur Terre, qu'ils furent enlevés et emmenés, manu militari par des soldats jusqu'à l'ambassade Vulcaine, au nez et à la barbe des représentant de Starfleet impuissants...

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