Ha'ge Ohasu [L'être lumière] ~ Partie XV Rishanlar [persévérances]


chapitre 3 - Snagelan
[Rencontre]

oOo

Précédemment :

- Nous avons reçu de la Saïshen en provenance de notre Épouse. Dit Spock calmement.
Le silence se fit autour d'eux... Le bonheur de leurs ami·es était palpable, leur confiance semblait inébranlable. L'espoir s'enracina plus profondément en Jim et Spock.

OOO

Ève regardait Sezv et d'autres Zhizv aller et venir autour d'elleux, leur apportant leur déjeuner.
Il y avait des synthétiseurs alimentaires dans tous les appartements, mais la plus part des Sishen avaient une préférence pour ces repas communautaire. Illes n'étaient pas des Êtres solitaires.
Ces plats étaient visiblement élaborés avec soin à partir de matières premières naturelles, probablement issues des cultures des terres de Chzhizv. Cette nourriture sortait sans aucun doute possible des mains d'excellents cuisiniers. Et elle était chaque jour plus savoureuse.
Seules les portions de viande étaient justes grillées, vraisemblablement produites par des réplicateurs.

Toustes les Zhizv portaient cette même tenue sombre de différentes couleurs, bleue, verte, marron. Celle-ci cachait l'intégralité de leurs corps. Elle était si longue qu'elle balayait le sol. On ne voyait même pas leurs yeux. Illes portaient toustes des gants, et ne montraient que deux de leurs quatre mains. Ève soupçonnait qu'elle était la seule à connaître ce détail.
Les Zhizv se déplaçaient avec une grâce étrange compte-tenu de leur apparence qui les faisaient ressembler à des Humanoïdes porteurs d'un surpoids conséquent, au fessier surdimensionné.

- Je peux vous poser une question, Sezv? Demanda Ève.

- Je vous en prie, Dame Ève. Répondit Sezv, intriguée

- Pourquoi portez-vous cette tenue? Est-ce une coutume du peuple Zhizv?

À d'autres Humanoïdes, Sezv aurait inventé un mensonge pour détourner les questions. Mais elle savait à quel point Dame Ève abhorrait les mensonges.

- C'est pour vous protéger.

- Nous protéger? S'étonna Ève. C'est pour nous protéger, que vous vous enveloppez tous dans cette tenue qui doit être étouffante? Nous protéger de quoi? Vous allez nous manger tout cru si vous ôtez ces vêtements?

- Nous sommes végétalien! Répliqua aussitôt Sezv, presque indignée. Non, c'est notre apparence. Elle est terrifiante pour vous.

Ève ne cacha pas son incrédulité :
- Je ne vous crois pas. C'est impossible!

- Le premier Sishen qui est arrivé sur Zhizv a été tellement horrifié par notre apparence qu'il s'est défenestré ! Répliqua Sezv cachant difficilement sa douleur. Et il en est mort!

- Cela signifie seulement que nous sommes très différents. Répliqua Ève. Je suppose que vous-même, vous devez nous trouver horriblement laids!

Sezv eut un temps d'arrêt, déconcertée. Elle n'avait jamais considéré les choses sous cet angle.
Pour les Zhivz les Sishen étaient les plus Précieux des Êtres vivants. Balok avait fait à leur peuple un merveilleux présent en amenant sue Chzhivz ces Humanoïdes si Bienveillants. Dès leurs arrivée, ils avaient accepté de protéger cette belle Planète avec leur Merveilleuse Lumière, avec une Totale Abnégation, sans jamais rien demander en retour.
Peu importait cette apparence si différente de la leur. La reconnaissance et le respect des Zhivz à l'égard des Sishen était absolue, et ils feraient tout pour que ces Sishens si Humbles et si Modestes soient heureux.

Sezv décida de continuer à être franche, mais elle hésita cependant avant d'avouer:
- On s'habitue.

- Si vous avez pu vous habituer, pourquoi pas nous?

- Non! Vous nous êtes trop Précieux pour que nous prenions ce risque! Répliqua Sezv avec véhémence, et ce que Ève perçut comme une profonde tristesse

Elle n'insista pas et laissa Sezv retourner à ses occupations. Mais Ève eut la sensation que les épaules de la Zhizv s'étaient abaissées et qu'elle se déplaçait avec une sorte de tristesse.

- En quoi leur tenue vous gène-t-elle ? Demanda Aïhua.

- Déjà ça doit être étouffant d'être emmitouflé là-dedans! Mais surtout, j'ai besoin de savoir. J'ai besoin de connaître l'apparence de ces personnes, de voir leur monde, de découvrir leurs coutumes, leurs façons de vivre! Cela ne vous a jamais traversé l'esprit?

- Nous sommes des êtres assez flegmatique. Expliqua Aïshima. Si cela ne gène pas les Ziiivv d'être habillés comme cela, et comme ce mode de vie nous convient, nous ne sommes pas tentés d'en savoir plus.

Ève ne montra pas sa réprobation.
Autant de soumission était à ses yeux un comportement imprudent. Cependant, leurs vies n'étaient en aucun cas en danger. Les Sishen étaient certes prisonniers volontaires, mais ils, non elles, étaient traitées avec respect. Ève se souvint de que Sishen était de genre féminin.
Ève se refusa à leur gâcher leur sérénité avec ces pensées et son besoin de savoir la vérité. Les Sishen étaient tout à fait satisfaites de leur sort, toustes celleux qui l'entouraient semblaient même heureuxses. Les Zhizv leur étaient reconnaissants de contribuer à l'équilibre de leur monde. Il était hors de question qu'elle rompe cet équilibre... mais cela ne l'empêcha pas de cogiter cette interrogation.

OOO

Jim et Spock avaient retrouvé Bones dans son laboratoire, accompagnés de Azhular et Séjal. Le docteur était ravi: il avait découvert des propriétés intéressantes des fruits de Olap'sa'ko'Mehkh [l'arbre père-mère].

- Ces molécules sont fascinantes! Elles interagissent de façon harmonieuse avec les cellules Humaines, Vulcaines et Klingones et semblent agir sur les défense immunitaires en les renforçant !

- Fascinant, en effet... Approuva Spock qui se tut soudain

Une Saïshen d'une blancheur irisée envahit la pièce, pour se concentrer sur Jim et Spock. Tétanisés de surprise mais comprenant le miracle qui se jouait devant eux, Bones, Azhular et Sèjal gardèrent le silence.

Ni Jim ni Spock ne purent prononcer un mot. Ils fermèrent les yeux. Comme la veille, la merveilleuse lumière de Ève les enlaça avec passion. Toujours avec ce même message, plus distinct cette fois-ci AshayamSpock,AshayamJim,AshayamSpock,AshayamJim. ... Trois minutes. Trois petites minutes de bonheur pur.

Spock et Jim rouvrirent les yeux. À nouveau, Spock aida Jim à conserver son calme, à contenir les battements anarchiques de son cœur et sa surproduction d'adrénaline.
Ils virent l'émotion dans les yeux de leurs amis, parés de leurs Saïshen rouges et bleues.

- Vous nous l'aviez dit, mais c'est encore mieux d'y assister! S'exclama Bones, émerveillé et heureux pour ses amis.

- Jik'ta [bordel!] Sa fichue lumière est reconnaissable entre mille. Ronchonna Azhular pour ne pas trahir ses sentiments.

- C'est... c'est... c'est merveilleux! Balbutia Sèjal,
Il ne put se retenir de penser que, normalement, un androïde ne bredouillait pas. Sans doute était-ce un effet secondaire de toutes ces formes de Saïshen auxquelles il était exposé.

Il y eut un silence agréable, où chacun put se remettre de ses émotions. Les ronronnements de joie des deux Émeraudines emplissaient la pièce d'un bonheur à la fois calme et intense.

- Ce contact a eu lieu sensiblement à la même heure que celui d'hier. Remarqua Spock tranquillement

- Oui! Si nous nous entraînons tous les jours à la même heure, notre Saïshen entrerai mieux en résonance avec la sienne! Suggéra Jim avec un espoir quasi palpable

- Ton raisonnement est juste Jim, sa Saïshen amplifiera les nôtres et augmentera nos chances de lui transmettre un message. Il nous faut absolument parvenir à lui envoyer une forme de réponse.

- Oui, comme nous, elle doit savoir grâce à notre Kash-naf que nous sommes en vie. Mais elle a aussi a besoin que nos Saïshen se rejoignent! Nous devons réussir à le faire!

- Vous nous tiendrez au courant? Demanda Bones

- Cela va de soit! Comment pourrions-nous laisser les lodnI (frères) et les Amis de notre Épouse dans l'ignorance! Rétorqua Jim avec un sourire malicieux.

Sèjal sourit à son tour, heureux du bonheur de Jim et Spock, heureux de faire parti de leurs Amis.

- Maqoch. Les lodnI et les maqoch. Bougonna Azhular

- Juste un détail Sèjàl. Ajouta Leonard. Nul ne doit savoir pour la Saïshen de Azhular et moi

- Je saurai tenir ma langue. Répondit le robot sans se défaire de son sourire.
Ces quatre hommes parés de leurs Saïshen avaient quelque chose de... magique. Il eut un aperçu de ce qui poussait les Êtres Humains à croire en des irrationalités en découvrant son propre émerveillement.

OOO

- Tu veux faire quoi? Répéta Aïshima, atterrée. Haïmei-naï, non!

- Je veux sortir d'ici et aller à la rencontre des habitants de Chzhizv. Je suis bien décidée à faire la connaissance de ce peuple. Répondit Ève avec une détermination sans faille

- Oh, mon haïmei-naï ! Et si c'était dangereux ? S'inquiéta Aïshima. Ce n'est pas pour rien que nous sommes logés et ici loin d'eux!

- Je suis intimement persuadée que les Zhizv sont des êtres bons, Aïshima. Insista Ève, avec véhémence. S'ils nous cloîtrent ici, c'est uniquement par peur que nous soyons effrayés par eux, pas parce qu'il y a des choses dangereuses à l'extérieur. Le suicide du premier Sishen les a profondément traumatisés, il est temps de mettre un terme à ce malheureux malentendu!

- Parce qu'ils sont d'une apparence si effrayante que...

- Si Spock était là, il te dirait que la beauté est une notion culturelle, que celle-ci n'a aucun lien avec ce qu'il y a au fond des esprits et des cœurs. Un jour Jim a dit que seule la peur est notre réelle ennemie, la peur de l'inconnu, et que l'inconnu n'est fait que d'ignorance. Je l'entends encore...

Aïshima ne put se retenir d'être interpellée par les mots de sa fille.

Ève revoyait son Capitaine assis à son fauteuil. Il dégageait une telle assurance et une telle prestance, si beau... alors que Balok venait de les menacer de détruire l'Enterprise... il les toustes avait bien manipulé·es ce...

- N'as-tu pas envie de savoir à quoi ressemble leur monde? Reprit Ève. Comment ils vivent, mangent, s'aiment, comment sont leurs enfants? Je suis intimement persuadée que je ne risque rien!

Aïshima réfléchit quelques minutes, la véhémence de son enfant-chérie était si convaincante :
- Tu es sûre de toi ?

Du temps de sa vie sur la planète Terre, dans ce lointain passé, Ève n'aurait jamais osé prendre de tels risques. Partir ainsi, seule, à l'aventure vers l'inconnu, sans autres guides que son intuition et son besoin de découvrir la vérité. Elle se serait sentit parfaitement heureuse et à sa place de captive chouchoutée. Tout en étant la même, Ève avait profondément changé au contact de ses Sa-t'hylara. Et cette seconde incarnation avait renforcé le processus. Elle avait acquis de la confiance en elle et du courage.

- Oui. Je refuse de rester dans l'ignorance plus longtemps. Je suis intimement persuadée que je ne risque absolument rien. M'aideras-tu?

- Oui.

Il fut étonnement facile pour Ève de fausser compagnie au reste du groupe et de s'éclipser discrètement.

Aucune porte n'était fermée à clef. Il n'y avait ni serrures, ni loquets, ni portes blindées, ni gardes, ni caméras, ni aucun système de surveillance d'aucune sorte.
Si cage il y avait, celle-ci n'avait pas d'autres barreaux que ceux de l'acceptation de cette captivité. Par moment, Ève dut cependant se cacher pour ne pas se faire repérer des Zhizv qui circulaient paisiblement dans les couloirs. Elle arpenta de nombreux corridors, escaliers, ascenseurs et soudainement, elle se retrouva dehors.

Elle sortit son pad et commença à filmer tout ce qui l'entourait. Elle marcha un peu et ne croisa aucun Zhizv. Elle se retourna. Elle vit les hauts murs, parfaitement entretenus, sans aucune fenêtre, teints en turquoise, qui rejoignaient le ciel.

Le souffle de l'air était agréablement tiède, comme une caresse. Cette brise apportait à ses narines des odeurs inconnues, plus intrigantes que repoussantes. Le ciel était d'un beau turquoise tirant sur le vert, le soleil semblait orange. Sa lumière était chaude sans être brûlante. Le sol était recouvert de mousses aux camaïeux verts, parsemées de minuscules fleurs violettes. Il devait être agréable de s'y asseoir pour un pique-nique...

Ève suivit tranquillement le petit sentier de terre brune. Elle arriva à l'orée d'une forêt.
L'odeur moussue qu'elle avait perçue venait de là. Elle n'en avait jamais vue de telle : une forêt d'arbres-champignons et d'immenses buissons de fougères.
Elle s'inquiéta de la présence de spores qui auraient pu lui être nocif. Elle réfléchit à la façon de Spock, faisant appel à sa logique. Déjà, au vu de la taille de ces... arbres étranges, si spores ils y avait, ceux-ci devaient être plutôt gros, vraiment trop gros pour qu'elle ne les respire. Et puis, ces végétaux ressemblaient à des champignons, mais en étaient-ils vraiment? Normalement, les champignons n'avaient pas de grosses racines.
Surtout, s'il y avait eu des éléments pathogènes dans cet air-là, il y aurait eu des portes hermétiques et des sas de décontamination à l'entrée des bâtiments où les précieuses Sishen étaient hébergées. Ce qui n'était pas le cas.

Il y avait toutes sortes d'arbres-champignon, aux camaïeux beiges, marrons, rose, rouges, violets, bleus... aux troncs de toutes tailles, avec ou sans corolles d'une couleur plus claires, aux chapeaux ovales, ronds, diaphanes ou recouverts de ce qui semblait être des fleurs ou des fruits qui allaient d'un rouge soutenu au violet profond.
Des bouquets de feuilles de fougères étaient regroupés en buissons verts, oranges ou rouges. Certains se dressaient en de raides feuillages, d'autres étaient ondulé ou bouclés comme des chevelures.

Elle entendit le bourdonnement d'un insecte, et elle pensa aussitôt à se précieuse Lash'a. Elle croisa le chemin d'une drôle de bestiole volante aux couleurs de l'arc-en-ciel et la suivit jusqu'à ce qu'elle se pose sur une fleur affleurant à la collerette d'un arbre-champignon pour la butiner. Le tronc comportait plusieurs collerettes, les unes au dessus des autres. Chacune était garnie de nombreuses fleurs, de plus en plus épanouies, puis flétries, puis devenues des fruits à mesure qu'on montait vers le haut. Comme si ces collerettes remontaient le long du tronc en même temps que que les fleurs devenaient fruits.
Ok... il y avait donc sur cette planète des arbres-champignons fruitiers aux collerettes mobiles... (elle imaginait sans peine combien Spock trouverait cela fascinant) et il y en avait vraiment beaucoup là où elle se trouvait.

Elle se pencha sur le... papillon? oiseau?
Une sorte d'oiseau-mouche aux ailes de papillon. Il avait une adorable tête d'oiseau au bec fin d'un butineur. Ses yeux et ses six pattes étaient de type insectoïdes. Son corps fuselé scintillait, recouvert de minuscules plumes irisées et multicolores...
Elle leur chercha un nom. Elle ne pouvait pas pondre un nom scientifique en latin, elle n'y connaissait rien en latin, et Spock n'était pas là pour combler son ignorance... un mathra-kushel, ou papilloiseau, oui, les deux noms étaient sympa.

Elle regarda autour d'elle. Le "tronc" tordu de l'un des champignons fruitiers déformé par une énorme excroissance retint son attention. Ève s'approcha encore un peu. De loin, elle reconnut l'organisation d'une ruche remplie de papilloiseaux, creusée dans le tronc. Ce champignon-là avait un chapeau magnifique, les plus belles fleurs et les plus gros fruits, il ne souffrait donc en aucune façon de la présence de ses locataires.

Sem'rik haterkadaya [fascinante symbiose] aurait dit Spock à la vue de tout ceci. Ève adorait quand Spock disait ce mot, et que Jim en souriait, et que Bones en haussait les yeux au ciel.

Ève eut une pensée pour le trio de scientifiques embarqué à bord de l'Enterprise. Ils s'étaient tant extasiés face à aux richesses de la planète des Plantes-insectes. Sans nul doute, Atkins le botaniste, Yamagashi la zoologue-entomologiste et Alexa l'entomologiste auraient été aux anges en voyant les merveilles offertes par la planète Chzhizv, tout comme illes s'étaient émerveillé·es de celles de Kastik-ek'tra où Lasha était née.
Elle vit le sourcil de Spock se lever: "Aux anges, intéressante expression" aurait-il dit, puis le sourire narquois de Jim. Elle imagina la réplique de Bones à propos de la signification des oreilles pointues chez les Humains, et le rire goguenard de Azhular. Ève ne put s'empêcher de sourire d'amusement en visualisant la scène.
Elle secoua la tête doucement. Elle ne devait pas se faire du mal ainsi.

Ève s'approcha de la ruche.
Les papilloiseaux avaient remarqué sa présence. Elle ne fit aucun geste brusque. Quelques-uns virent voleter autour d'elle, puis constatant qu'elle n'était pas dangereuse, retournèrent à leurs activités : butiner les fleurs et s'affairer autour des fruits. Elle filma la ruche sous toutes ses coutures.

Ève reprit sa route, tranquillement. Elle croisa en chemin quelques animaux de formes variées, mi-insectoïdes, mi ressemblant à des mammifères, gros comme des chats, dont certains semblaient être un parent accompagné de ses petits. Ils ignorèrent tous superbement sa présence.

Elle entendit au loin un bruit reconnaissable entre tous : celui que les petits faisaient lorsqu'ils s'amusaient, quelle qu'en soit l'espèce ou l'ethnie. Elle arrêta sa caméra et rangea le pad dans sa sacoche. Elle accéléra son pas, en se laissant guider par ces rires et ces cris d'amusement. Elle arriva au détour d'un énorme champignon rose dans ce qui semblait être... un jardin public. Elle avança de buissons en buissons.

Enfin, elle les vit et recommença à filmer

Dans ce parc évoluaient de tout petits Zhizv, pas plus grands que des enfants Humains de deux ou trois ans. Aucun n'était emmitouflé dans cette étouffante cape. Ils jouaient librement, papotaient, criaient, couraient, sautaient dans tous les sens, comme tous les enfants de l'univers le faisaient, surveillés non loin de là part leurs parents. Les adultes discutaient entre eux, l'ambiance était douce et sereine.

Éve était intimement persuadée qu'il existait en la plus part des adultes de toutes les ethnies un instinct qui les poussaient à protéger les petits, quels qu'ils soient. C'était cet instinct qui l'avait poussée à prendre soin de l'œuf duquel était née sa précieuse Lash'a.
Si les Sishen acceptaient de découvrir à quoi ressemblaient les Zhizv, leur montrer ces petits enfants était, selon Ève, le meilleur moyen de les aider à faire abstraction à leur apparence physique.

Car, oui, les Zhizv étaient effectivement totalement différent de tous les Humanoïdes qu'elle avait pu rencontrer, ou voir dans les différents dossiers ethnographiques qu'elle avait consultés. Ce qui était normal puisqu'elle se trouvait dans un monde parallèle à celui dont elle provenait.
Les Zhizv étaient de forme Insectoïde.
Ils étaient à mi-chemin entre l'araignée et la fourmi. Quel nom l'entomologiste de l'Enterprise lui avait-elle enseigné, lorsqu'il avait fait escale sur Kastik-ek'tra, la planètes de plantes? ... ah, oui, des myrma... arachno... des Myrmarachnés, ça sonnait comme un nom de pierre précieuse...
Le mensonge de Balok, faisant d'eux de féroces créatures arachnoïdes humanoïdophages revint à l'esprit de Ève et lui apparut absolument monstrueux.

Leurs corps étaient objectivement arachnéen : celui-ci était divisé en un buste-céphalothorax droit et étroit, et un large abdomen ovale presque rond, cambré vers l'arrière (qui donnait l'impression d'être un énorme fessier sous la tenue qui cachait intégralité de leur corps). Quatre... jambes étaient accrochée à la jonction des deux. Les quatre bras sortaient du haut du thorax. Leur tête était directement fixée à ce buste, il n'y avait presque pas de cou.
Ils avaient quatre mains de quatre doigts dont un pouce opposable.
Leurs carnations étaient irisées et chatoyantes. La plus part de ces Zhihv étaient de couleur verte, allant du vert-citron au vert-olive en passant par le turquoise, l'un d'entre eux était d'un magnifique bleu-nuit.
Leurs visages ressemblaient à celui d'une fourmi : ovoïde avec de grands yeux très sombres brillants et expressifs, qui lui rappelèrent ceux de Lash'a. Sauf qu'ils avaient des paupières, de longs cils et une pupille noire. Ils avaient aussi une paire de mandibules au dessus d'une petite bouche, et une paire d'antennes, toutes deux minuscules chez les enfants. Les mandibules et les antennes étaient d'une teinte plus foncée, presque scintillante.
Ils étaient vêtus de vêtements divers au tissus de couleurs chatoyantes: robes, blouses, pantalons...

L'un des enfants chuta, et pleura. Il fut aussitôt entouré, caressé, câliné par tous les autres petits avant même qu'un adulte n'ait eut le temps de réagir. Le cœur de Ève fondit de tendresse: la scène était vraiment adorable. Sans s'en rendre compte, elle émit une très douce Saïshen.

Ève entendit un crissement à coté d'elle. L'un des enfants l'avait vue et s'était approché d'elle. Il la contemplait en silence, à bonne distance. Ève rangea son pad dans son sac sans penser à l'éteindre, et fit un pas vers lui, le plus doucement possible. Le petit recula, obligeant Ève à sortir de sa cachette et les parents la virent à leur tour.
Il y eut un grand silence, tous les yeux étaient tournés vers elle. Étonnés, interrogateurs, mais dénués de la moindre agressivité.

Ève devina l'inquiétude qui devait vriller le cœur de ces parents. Doucement, elle fit encore un pas vers eux tandis que le petit reculait. Puis, toujours très calmement, elle leva la main en faisant le Ta'al:
- Je me nomme Ève. Je viens en paix.

Elle avait gardé son translateur automatique accroché à son Kabika. Il traduisit et prononça les mots en Zhizh.

Les adultes imitèrent son salut Vulcain.

Lentement, elle s'accroupit, puis s'assit sur ses genoux. Elle tendit doucement sa main vers l'enfant, paume vers le haut, en une invitation au contact. Ce geste devait être universel, car elle sentit que la tension diminua notablement.
Le petit hésita, puis se rapprocha d'elle. Il tendit une toute petite menotte et la posa à tâton dans la paume de Ève. Le contact était chaud, doux et charnu.

Ève se permit de lui adresser un sourire. Les yeux de l'enfant se posèrent sur elle, croisèrent les siens. Ils étaient grands ouverts de curiosité et d'excitation.
Il s'approcha tout près d'elle. Il hésita et posa une autre main sur la joue de Ève, comme pour en découvrir la texture. Ève imita lentement son geste. Elle déposa le bout de ses doigts en une caresse sur le doux visage de l'enfant. Celui-ci apprécia le contact car il émit un joli gloussement qui ressemblait nettement à un rire.

Aussitôt, les autres enfants accoururent et Ève eut des petites menottes curieuses sur le visage, sur ses mains, dans ses cheveux. Les touchers étaient animés par la curiosité. Ils étaient extrêmement doux, comme s'ils craignaient de la casser. Ève caressa les joues de velours de ces enfants. De près, elle put remarquer que leurs corps, hormis le visage et les mains, étaient recouverts d'un fin duvet. C'est cela qui leur donnait cet aspect chatoyant. Et les rares fois que les petits bras nus touchaient sa peau, cela lui rappela la texture légère et soyeuse de la fourrure blanche d'un chat angora.

- Bonjour, toi, bonjour... Répétait-elle sans cacher son attendrissement

Les parents s'approchèrent à leur tour, lentement, comme s'illes ne voulaient pas l'effrayer. Ève se leva avec précaution pour ne pas faire tomber l'un des enfants. Ils restèrent collés à elle, visiblement ravi de pouvoir toucher une Sishen pour de vrai

- Vous n'avez pas peur de nous... Constata l'un d'eux.

- La peur est la fille de l'ignorance et des préjugés. Et je refuse de laisser cela guider mes gestes, surtout lorsqu'il est possible de ne pas rester ignorant. Et puis, comment pourrais-je avoir peur d'enfants aussi adorables?

- Dis, tu es un Sishen, un vrai ? Demanda l'un des enfants

- Oui. Je suis une vraie Sishen. Répondit Ève, attendrie

- Tu nous montres ta lumière ? Évze s'iiiil te plait!

- S'iiiiil teeee plaiaiaiait. Reprirent en cœur les autres enfants en levant sur elle de grands yeux suppliants et emplis d'espoir, comme seuls savent le faire les enfants

Éternelle, universelle curiosité...
Ève sourit d'amusement à cette Chzhizvication de son prénom. Elle tendit la main paume vers le haut. Elle en fit jaillir une sphère blanche irisée. Et les enfants exclamèrent un "Zheeeeh!" émerveillé

- Regarde, Évze, regarde, c'est toi là!

Un enfant lui tendit une petite carte. Ève montra un bref étonnement. C'était une carte plastifiée d'un jeu à collectionner, elle se reconnut dans ce portrait stylisé... "Pokémon-Ève" songea-t-elle
- Il y en a une comme cela pour chaque Sishen ?

- Oui, mais celle-là c'est une plus super-rare parce que ta lumière elle est différente!

- Tu en sais des choses! Je te rends tout de suite cette carte super-rare.

Ève croisa le regard des parents, attentif aux moindres de ses gestes
- C'est grâce à ce jeu que ces enfants n'ont pas été rebutés pas mon apparence.

Elle remarqua l'étonnement des parents: ils avaient bien compris qu'elle n'avait pas choisi le mot "rebuté" par hasard.

- Oh non! Quand on te regarde bien, tu n'es pas vraiment si moche que ça, tu sais! Déclara un enfant avec gentillesse, comme s'il voulait la consoler. Je veux dire que tu es belle aussi, tu es juste pas pareil, c'est tout!

Avant que les parents aient eu le temps de réagir, Ève avait eu un immense sourire:
- Je te remercie, c'est le plus beau compliment qu'on m'ait fait! Dit-elle en se retenant de l'embrasser.

Elle devina l'embarras des parents :
- Sur ma planète, on dit que la vérité sort de la bouche des enfants. Expliqua-t-elle en souriant. Je me rends compte que ce principe est universel! Je suis sûre que nous avons plus de points communs que nous le croyons! Déjà, nos enfants sont gentils, francs et sincères.

Des petites mains tirèrent sur sa tunique et Ève s'accroupit à nouveau:
- Oui?

- Déjà, tu as des yeux pour voir, pareil que nous! Constata un enfant en montrant ses yeux

- Des mains et des pieds. Ajouta un autre en levant ses quatre petites menottes, doigts ouverts. Même si tu en as moins! Ça doit être pas pratique!

- Mais tu n'as pas d'antennes. S'inquiéta un troisième. Comment tu fais pour sentir les odeurs?

- Je n'ai pas de jolies antennes comme toi, mais j'ai un nez. Répondit Ève en posant son doigt sur celui-ci. Il me sert à respirer et sentir les odeurs.

- Zheeeeh!

- Et tu as une Maman? C'est très beaucoup important une Maman!

- Oui. Répondit Ève en pensant à sa mère Humaine, et à Aïshima avec affection. Elle vit ici, elle se nomme Aïshima.

- Tu as des amis que tu aimes et qui t'aimes?

- Oh oui. Et ce sont de merveilleuses personnes! Répondit Ève dont la voix vibrait d'amour.

- Bin alors, on est pareil! Décrétèrent plusieurs enfants avec jubilation.

- Oui, nous sommes pareils. Confirma Ève tendrement

- Alors pourquoi tu étais si tellement en colère quand tu es arrivée ?

Ève prit le temps de réfléchir avant de répondre.

- Je suis mariée avec les deux hommes les plus merveilleux de l'univers. Je les aime plus que tout, ils sont ma vie, mon air, ma raison de vivre. J'ai été... amenée ici sans eux. Cela m'a été insupportable!
Elle s'étonna de parvenir à en parler si calmement et éprouva un étonnant soulagement. D'autant plus qu'elle eut la sensation que ces enfants avait mal pour elle.

- Moi aussi je serai trop en colère si on me séparait de ma petite-copine! Confirma l'enfant en prenant aussitôt la main de son amie

- Je croyais que Balok ne séparait pas les couples. S'étonna un parent.

- Balok... Répéta Ève sans parvenir à vraiment contenir sa colère.
Elle respira profondément pour faire taire son irritation et y parvint. Les Zhizv avaient eu le temps de la voir, mais eurent la pudeur de ne pas lui poser de question. Ils comprenaient. Malgré tout le bien que Balok avait fait à leur peuple, si celui-ci l'avait séparée de ses époux, il était légitime qu'elle soient en colère contre lui.

- Les Humanoïdes vivent en couple à trois? Demanda un parent

- Non. Notre trouple est atypique.

- Tes chéris, ils ressemblent à toi? Demanda un enfant.

- Oui, ce sont des Humanoïdes, comme moi.

Ève sortit son pad de sa pochette. Aussitôt les enfants se regroupèrent autour d'elle. Certain lui grimpèrent même sur les épaules pour mieux voir. Le fait que Ève n'ait aucun geste de recul ou de répulsion n'échappa pas aux parents : l'Humaine ne faisait pas semblant de les accepter tels qu'ils étaient.
Ève n'était pas forcément friande de contact physique aussi rapprochés d'ordinaire. Mais il se dégageait de ces petits une telle gentillesse et une telle joie de vivre. Elle avait la sensation étrange que ces enfants lui transmettaient ces affects. C'était doux et agréable.

- Lui c'est Spock et lui c'est Jim. Dit-elle, son amour modifiant les modulations de sa voix.

- Oh, il a des trucs pointus!

- Des oreilles pointues, oui, comme tous les Vulcains. Il a aussi le sang vert, alors que Jim et moi avons du sang rouge.

- Une autre espèce Humanoïde que la vôtre. Comprit un parent.

- Oui.

Les parents échangèrent des murmures. Balok ne leur avait pas menti à propos de l'ouverture d'esprit de cette Sishen.

Ève n'y prêta pas attention. En quelques clic, elle retrouva une photo de groupe qui avait été réclamée par Senta lors de leur voyage. Elle les nomma en les montrant du doigt :
- Sarek le papa Vulcain de Spock, Amanda sa maman Humaine.

- Alors, Skock, il est un métis? Demanda l'un des enfants

Ève se mordit les lèvres pour ne pas rire.
- Oui. Il y en a aussi sur Chzhizv?

- Voui, on n'a pas tous la même couleur! Répondit l'enfant bleu-nuit avec fierté.

- Vous avez tous de très belles couleurs. Confirma Ève, en le pensant vraiment. Voici Sikan le Vulcain, Sèjal le robot androïde...

- C'est quoi un androïde ?

- Un robot conçu pour ressembler à un Humanoïde. Sèjal a développé une conscience, ce qui fait de lui un Humanoïde à part entière

- "Zheeeeh!" ...

- Senta la Kôkivo-yanne, Tamek le Klingon, mes frères de cœur Azhular le Klingon et Bones l'Humain. Derrière, se trouvent mes amis les Humains Pavel, Hikaru, Scotty et Nyota, Christine et les Klingons Angghal et Aktuh, et bien sûr, à coté de moi, mes amours Spock et Jim.

Avec deux doigts elle agrandit l'image sur le bijou vert que portait Spock:
- Et ma précieuse Lash'a

- Elle est trooop mignonne!

- Il a beaucoup d'Humanoïdes différents. S'étonna un parent.

- Nous étions en route pour combattre un être qui menaçait la vie de notre univers, et l'union fait la force! Répondit Ève avec fierté. Malgré leurs différences, ils ont su faire la paix entre eux et devenir des amis!

- Dame Ève! Appela une voix.

- Je suis ici, Sezv! Répondit Ève. Je suis en train de subir l'attaque Câlin-douceur! Je suis dans l'impossibilité de bouger!

La plaisanterie de Ève fit rire les enfants qui resserrent doucement leurs étreintes. Ève attendit que Sezv se trouve face à elle pour ajouter:
- Vous aviez raison! Il est très-très dangereux de sortir du bâtiment! Je vous en prie, ôtez ce masque à présent. Il n'est plus nécessaire

Sezv l'enleva avec lenteur

- Je le savais! S'exclama Ève avec un immense sourire. Vous avez des yeux très doux!

Lentement, elle détacha d'elle les bras des enfants et se leva.

- Balok l'avait dit... Murmura Sezv, émue. Il l'avait dit mais je ne le croyais pas...

- Qu'a-t-il dit ? Grommela Ève sur la défensive

- Que vous n'auriez pas peur de nous, que vous verriez nos ressemblances plus que nos différences. Que vous suiviez les enseignements d'un philosophe Vulcain.

- Ce philosophe se nommait Surak, il a dit : Nous avons des différences, j'en suis ravi. Ensemble, puissions-nous être plus que la sommes de chacun de nous. Et oui, cette phrase est pour moi l'une des plus belle qu'il ait prononcée. C'est parce que nous pensions tous ainsi que les membres de l'armada Fraternité a vaincu le monstre dévoreur de soleil! Nous avons fait de nos différences une force.

- Vous devriez rentrer, Aïshima se fait du soucis pour vous.

- Oui, je comprends, j'arrive. J'ai vraiment été heureuse de vous rencontrer. J'espère que cela ne sera pas la dernière fois.

- Vouiii! Répondirent les enfants.

- Nous en serons heureux. Ajouta l'un des parents.

OOO

Spock et Jim s'installèrent au centre de la pièce, dans cette minuscule mais confortable maison, toute en bois, que Sikan leur avait construire au fond du parc pour leurs entraînements. Tout comme le cube habitable dans le hangar à bord du vaisseau, cet abri contenait une salle carrée dévolue à leurs exercices, et un petit studio avec tout le confort, spartiate mais pragmatique (futon pour deux, table basse et coussins de sol, réplicateur alimentaire, placard avec des vêtements de rechange, sanitaire, salle de bain).

Ils se prirent par la main.
Ce n'était pas indispensable, mais Spock savait que cela aidait Jim à mieux se concentrer, et c'était toujours ainsi qu'ils avaient fait avec Ève. Progressivement, ils émirent leurs Saïshen, augmentant son intensité peu à peu.
Celle de Ève se joignit soudain à la leur. Jim dut faire un effort pour calmer les battements anarchiques de son cœur, tout comme Spock dut faire appel à toute ses facultés de contrôle sur lui-même pour ne pas céder au débordement émotionnel. Chacun aida l'autre à conserver son calme mental.
La connexion était si nette, cette fois-ci. Les mots étaient si distincts :

AshayamSpock,AshayamJim,AshayamSpock,AshayamJim, Din-tor ni'mau t'nash-veh, Nam-tor rom dular ha?, Ri svi'tehvar, Ashau t'dular ! AshayamSpock,AshayamJim...
[ SpockAmour, JimAmour,SpockAmour,JimAmour. Me manquez tant, Allez-vous bien ? Ne suis pas en danger, Vous aime...]

Ils mêlèrent intimement leurs Saïshen à la sienne, en augmentèrent encore l'intensité, et unirent leur esprit. Ils n'eurent aucun mal à penser les mêmes mots en même temps:
TaluhkAshayamÈve, Nam-tor etek rom, Hi din-tor t'du. Nam-tor du Wilat? Nam-tor du Wilat?
[PrécieuseÈveAimée, Nous allons bien, Mais tu nous manques ! Où es-tu? ]

Juste quelques mots. Ces phrases courtes avaient une plus grande probabilité de lui parvenir entières. Ils les formulèrent encore et encore, avec toute la force de leurs esprits, jusqu'à épuisement, jusqu'à ce que la lumière de Ève les abandonne... leur donnant l'impression que cette pièce était devenue glaciale.

Jim serait tombé sans les bras de Spock pour le soutenir.
- Je comprends mieux sa fatigue après ses entraînements. Sourit Jim tristement.

Spock l'aida à marcher jusqu'à leur chambre, il le posa sur le futon et commença à le déshabiller.
Jim se laissa faire, il avait trop besoin de ce réconfort. Et le seul endroit au monde où il voulait être, mis à part tout contre Ève, était les bras de son Vulcain adoré.

Ce ne fut que lorsque Spock fut nu lui aussi, allongé tout contre lui, ses lèvres scellées aux siennes que Jim mesura à quel point son Sa-t'hy'la était lui aussi bouleversé. Ses caresses étaient un mélange étrange de douceur et d'agressivité, comme s'il ne savait choisir entre les deux. À l'effleurement suave succédait l'empoignement, au suçon la morsure. Spock le prépara longuement à le recevoir, comme il le faisait toujours.

Irrationnellement, Spock avait besoin de s'assurer que Jim était bien tangible, réel, concret... charnel... contrairement à ce contact qu'ils avaient eu avec leur lag'i Ko-t'hy'la [amante commune], si insubstantiel et éphémère. Il avait besoin de le saisir, le tenir, l'enlacer, le marquer de son empreinte, d'amarrer son corps au sien... ses naph-fo-dan s'effritaient irrémédiablement.
Spock éprouvait de plus en plus de difficultés à contenir sa Os-shidik-ma'es [possessivité atavique].

Jim comprit le besoin de son T'hy'la. Depuis la mort et la renaissance de Ève, Spock l'avait soutenu. À chaque instant, jour après jour, il avait toujours été là pour lui. Son esprit solide et rationnel avait littéralement porté celui de Jim, avec un infini dévouement, une inaltérable patience. Sans ce dévouement total de Spock, Jim se serrait effondré.
À présent, c'était Spock qui avait besoin de Jim. Besoin qu'il se soumette à lui de façon absolue, corps et âme. Jim ne se posa pas de question, pour Spock, il était prêt à tout. Il se donna à lui sans réserve:

- Oui, Spock. Murmura Jim. Nam-tor nash-veh k'du. Kum-uh t'nash-veh [Je suis à toi. Prends possession de moi.]

Spock n'attendait que cette permission pour libérer sa Os-shidik-ma'es. Il posa les mollets de Jim sur ses épaules, l'enserra et l'immobilisa dans ses bras puissants. Il s'engouffra en lui avec urgence. Jim sentit la possessivité de Spock se déverser dans son esprit telle une coulée de lave. Il s'en délecta comme d'une caresse. Un plaisir brut se déversa en eux, sauvage et indomptable.

- Jim, Jim t'nash-veh, Tan t'Ève t'nash'veh, t'sa-nash-veh, t'sa-nash-veh ! [Jim, Jim à moi, mon Présent de Ève, mien, mien !]

- Ha! Ha! K'du! Ashayam t'nash-veh! Taluhk Ashayam [oui! oui! tien, mon Amour! Précieux Amour] Gémit Jim en le serrant contre lui

Puis Jim ne fut plus en état de dire quoi que ce soit.
Spock était si puissant, si impératif. Son corps, son esprit enlaçaient Jim, le possédaient de toute sa force. Il en était presque bestial. Jim s'abandonna totalement à cette tempête. Il cria de plaisir, encore et encore, à en avoir la gorge enrouée. L'intensité absolue de sa jouissance fut telle qu'elle précipita celle de Spock, trop rapidement pour qu'il en soit apaisé

Spock empoigna Jim pour le retourner sur le ventre. Il ne lui opposa aucune résistance. Spock saisit ses hanches et le mit à genoux. Il s'enfouit à nouveau profondément en lui. Ses main l'agrippaient avec force, Jim allait avoir de magnifiques bleus demain. Jim ne protesta pas, au contraire. Il aimait quand Spock laissait sur son corps des marques de sa possessivité. Il se cambra pour mieux le recevoir en lui. La main de Spock empoigna le pénis de Jim, le ramena en érection et ne le lâcha plus.
Le plaisir de Spock se déversait violemment dans ses veines. Jim avait autant que lui besoin d'oublier la douleur du manque, et de s'assurer physiquement de la présence de Spock. Ses coups de hanches étaient brutaux et profond, et arrachaient à Jim des gémissements de plaisir.

- T'nash-veh, t'nash-veh! Répétait Spock comme une litanie. T'nash-veh ek'wak! [à moi pour toujours]

- Oui, Spock, à toi, k'du! ek'wak... ek'wak!

- Nam-to du t'nash-veh! Dungikal-tor nash-veh t'du worla sa-prah s'nash-veh! [Tu es mien! Je ne te permettrai jamais de t'éloigner de moi!]

- Oui, Spock, oui! Worla [jamais]

Jim donna tout à son Sa-t'hy'la, son corps, son esprit, son amour.
L'orgasme fut à la mesure de leur fureur amoureuse, dévastateur.

Jim se laissa glisser sur le lit, essoufflé. Il s'allongea épuisé.

- Jim?

Il y avait encore tant de désir dans l'esprit de Spock. Jim ne se posa pas de question, si Spock avait encore besoin de lui, alors il le lui donnerai.
- Oui, Spock. Viens. Répondit Jim

Avec des gestes presque doux, Spock le coucha sur le coté, plia les jambes de Jim et l'investit à nouveau. Il s'allongea sur Jim, un bras entourant son visage avec possessivité, l'autre main lui servant d'appuis. Le temps de la violence était fini, remplacé par celui de la douceur. Une autre façon de posséder Jim, de s'approprier son corps, lui chuchoter son amour incommensurable à chacun de ses coups de reins, dans chacune de ses caresses. Jim, son Ashayam, son Taluhk Qom'i [précieux Humain]

- K'hat'n'dlawa [moitié de mon âme et de mon cœur] Murmura Spock à l'oreille de Jim
Ces mots étaient d'une telle intensité émotionnelle, qu'ils provoquèrent un long frisson dans le corps et l'esprit de Jim.

Les mouvements de hanches de Spock furent longs et lents, pour ne pas blesser Jim et lui donner du plaisir. Jim se laissa porter, bercer par le corps brûlant et les mots de Spock «K'hat'n'dlawa». Jim avait l'impression d'être à l'intérieur de Spock. Son esprit le cernait de toute part, l'enlaçait, possessif, aimant, adorateur. «T'nash-veh, t'nash-veh»

Jim perdit le sens du temps. Le plaisir possessif de Spock s'insinuait dans son esprit, alimentait le sien.
Jim murmura des mots d'amour «K'hat'n'dlawa», «oui, Spock t'nash-veh!», «Ashayam t'nash-veh!», lui donna son corps, son amour, son âme... Tous deux perdirent totalement le sens du temps pour se noyer éperdument l'un dans l'autre...

Puis ils s'étendirent sur le lit. Jim sombra aussitôt dans un épais sommeil. Spock sortit des lingettes pour nettoyer rapidement leur corps recouverts de leurs sueurs et de leurs semences mêlées, puis remonta la couverture sur eux. Il n'était pas l'heure de dormir, mais Spock s'accorda lui aussi ce temps de récupération, leurs esprits enfin vidés, leurs corps étroitement enlacés, lourds et engourdis de fatigue...

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à suivre
Spock et Jim ne rejoignirent pas le groupe pour le repas du midi. Leur connexion à sens unique avec Ève, et leurs étreintes passionnées les avaient épuisés.


Sishen est un mot féminin nous a dit Aïshima. Une Sishen peut être un homme ou une femme... (j'ai décidé de faire preuve de mauvaise fois et pour une fois, que le féminin l'emporterai sur le masculin, na)

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J'espère que vous ne trouvez pas ces Zhizv trop repoussants.
Ce sont des êtres pacifiques et d'une grande bonté, et végétaliens.

J'ai essayé de faire "logique"
Les insectes et les araignées n'ont pas de paupière. Mais, me semble-t-il, à partir d'une certaine taille, cela devient indispensable pour protéger les yeux des poussières.
J'ai observé un grand nombre de photo d'araignées et de fourmis, toutes ont des sortes de poils qui servent surtout à percevoir leur environnement. Là encore, je me suis dit qu'il était logique que leur peau soit protégée par du duvet. Et tant qu'à faire, d'une jolie couleur.

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K'hat'n'dlawa
Vulcan langage dictionary
: cellui qui est la «moitié de mon cœur et de mon âme dans son sens le plus profond»; cette formule devenu inusitée après la réforme de Surak, en raison de sa connotation émotionnelle trop intense... une sorte de «T'hy'la puissance mille»... ^^

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SCOOP: Une myrmarachné végétarienne, ça existe

fr·wikipedia·org/wiki/Bagheera_kiplingi
«Bagheera kiplingi est la seule araignée connue à avoir un régime principalement herbivore. En effet, elle se nourrit de corps beltiens, excroissances sucrées et protéinées produites au bout des feuilles de certaines espèces d'Acacia. Les corps beltiens sont perçus comme le résultat d'une coévolution entre les Acacia et certaines espèces de fourmis...»

futura-sciences·com/planete/actualites/zoologie-etonnante-araignee-vegetarienne-tricheuse-20829/
«Olson a découvert cette espèce au Costa Rica en 2001 et Meehan a observé son comportement en 2007. Ils se sont donc associés pour observer, de manière directe et par enregistrement vidéo, le comportement de cette araignée. Les analyses isotopiques de l'azote et du carbone du système Fourmis-Acacia, de Bagheera kiplingi et d'autres araignées révèlent que l'araignée végétarienne est plus similaire au système symbiotique qu'à toute autre araignée et qu'elle se nourrit principalement des corps beltiens.
Cette découverte a beaucoup d'implications. Elle montre que la co-évolution entre une fourmi et une plante peut développer des structures potentiellement vulnérables à une tierce partie, même si ce sont des araignées, traditionnellement orientées vers la prédation. En outre, ces araignées vivent en nids très denses et des indices suggèrent que les mâles adultes s'occupent des œufs et des petits, comportement jusque-là inconnu chez les autres espèces d'araignées. La transition vers un régime herbivore pourrait avoir fortement influencé l'évolution sociale de cette espèce.»

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