Chapitre 2 : Top 5 !

« Tu as quoi ?! » beugla Mccoy dans toute son infirmerie, dévisageant son capitaine comme s'il venait de lui annoncer qu'il allait tenter un saut en parachute mais sans parachute. Les médecins et infirmières se retournèrent sur lui, se demandant ce qui pouvait agiter à ce point leur médecin chef.

« C'est pas la peine de le prendre comme ça… » Répliqua Jim doucement : « Je n'avais pas vraiment le choix de toute façon… ! »

« On a toujours le choix petit ! » brailla Bones en allant dans son bureau : « Tu sais qui d'autre disait qu'il n'avait pas eu le choix ? Hilter ! Kim Jong Eun ! Trump ! Elisabeth III *! Est-ce que je dois continuer comme ça ?! »

« Tu exagères. Je ne vais pas commettre de crimes contre l'humanité… » répondit Kirk en s'asseyant contre le revers du bureau de l'autre : «… Qui est Hitler ? »

Bones se rappela alors que Jim n'était pas une flèche en histoire – en même temps, se rappeler le nom d'un dictateur du 20e siècle, n'était pas chose aisée – et déclara que si : il venait de commettre un crime impardonnable.

« Tu es trop dans l'excès… » Soupira Jim. « Puis ça n'aura aucune répercussion sur toi, c'est juste à moi que ça complique la tâche en soit. »

« Et moi ça ne me complique pas la tâche peut-être ?! » clama le docteur : « Comment je suis censé t'aider à pécho oreilles pointues s'il pense que c'est moi que tu veux pécho ? Hein ?! »

« Je ne sais pas mais… C'était ça ou bien Uhura aurait tout découvert. Je ne voulais pas qu'elle aille le dire à Spock. C'est à moi de le lui dire et à personne d'autre. » Soupira Kirk.

Bones resta un instant muet, croisant ses bras :

« Okay, allé, vas-y. » dit-il.

« Pardon ? » demanda le blond en se retournant, cherchant à comprendre.

« Va lui dire ce que tu ressens, allé, fonce. Je suis de tout cœur avec toi. » Insista Mccoy, toujours en croisant les bras et haussant un sourcil.

« Mais tu débloques… » désapprouva le capitaine : « Mais enfin, je ne vais quand même pas… ! »

« Alors arrête de dire que c'est à toi de le lui dire si tu n'as pas les couilles d'aller le trouver pour lui dire la vérité ! » beugla le médecin chef, gesticulant ses bras dans de grands discours dramatiques. Il menaça Jim du doigt : « Ecoute moi bien, ne me dis pas que ce n'est pas mon problème car si : là c'est mon foutu problème ! » Il s'avança vers Jim et planta son doigt contre le torse de son ami : « Qu'est-ce que tu crois qu'il va penser le gobelin hein ? »

« Je… » Il sembla réfléchir puis soupira avec force à son tour : « Raaah ! J'en sais rien moi, je ne suis pas dans sa tête ! Il va juste penser que je t'aime et il va laisser couler. Ce n'est pas le genre à se mêler de ce qu'il ne le regarde pas de toute façon ! »

« Tu étais dans le coma ces dernières années ? » répliqua Bones d'un ton très sérieux : « Ou alors peut-être qu'on ne parle pas du même connard aux oreilles en pointes ! Non mais sérieusement ! » Il regarda son ami d'un air complètement halluciné et cogna deux petits cous contre le front du blond: « Allo ?! Il y a quelqu'un ? Non parce que là visiblement, le cerveau de James T. Kirk est en vacance ! »

Ce dernier repoussa alors le docteur de la main et croisa les bras, agacé :

« Un peu plus et je te collais un avertissement ou un blâme, au choix. » dit le capitaine d'un ton faussement menaçant. « Très bien, j'admets que Spock peut parfois se montrer curieux dans la vie privée de certains officiers mais… »

« Mr. ''J'ai des oreilles soniques qui entendent tout sur la passerelle'' est la plus grande donneuse de leçon de ce fichu vaisseau ! » le coupa Bones. « Tu crois vraiment qu'il va te laisser en amoureux transi ? Non ! J'en parierai ma blouse tiens ! »

« Et moi qui pensais que tu avais fini par apprécier Spock… » Soupira Kirk en zieutant négligemment un relevé d'un de ses anciens tests de contrôles : « J'ai vraiment un taux de cholestérol aussi haut ? » Demanda-t-il sceptique.

« Je n'ai rien contre ton second, Jim. » répliqua Mccoy : « Du moment qu'il ne se mêle pas de mes affaires. Et il adore ça : se mêler des affaires des autres. » Il jeta un œil aux relevés : « C'est la date de l'examen andouille, pas ton taux de cholestérol… » Expliqua-t-il désespéré.

Jim haussa les épaules et finit par s'assoir carrément contre le bureau du médecin chef :

« Qu'est-ce que tu me conseilles de faire ? » demanda-t-il, semblant épuisé. En voyant le regard de Mccoy, il ajouta très vite : « Outre de lui dire la vérité, par pitié. »

Bones se posa alors pour réfléchir. Il regarda Jim dans les yeux puis secoua la tête, trouvant visiblement que son idée : c'était bien de la merde. Alors il pensa aux options qui s'offraient à son capitaine. Cette bourrique de Jim ne voulait pas avouer ses sentiments : soit. Et l'idée que le médecin avait trouvée était à exclure et à envoyer dans les fin fonds de l'univers - de préférence dans endroit où elle se ferait atomiser par des Klingons – tant il ne l'assumait pas et l'assumerait pas. Cependant les alternatives à ce merdier étaient aussi nombreuses que des Fourmies dans un nid de blattes : quasi inexistantes… Ou mortes… Au choix. Puis il mit le doigt dessus : peut-être que tout n'était qu'une question d'infiltration. Comme Jimmy avait réussi à gagner la ''confiance'' de Uhura, il pourrait passer autant de temps avec Spock qu'il le voudrait, évoquant ses détresses amoureuses et le besoin d'en parler ''entre homme'' : mettant ainsi le lieutenant à l'écart et laissa le bénéfice au gamin de se rapprocher de Spock et de tenter sa chance ! Cette option pouvait même être une solution de repli si les tentatives de Kirk étaient veines : il n'aurait qu'à dire qu'il voulait s'entraîner, être prêt ou voir ce que cela faisait ! Spock et sa logique – de ses deux – ne pourraient qu'être d'accord avec l'idée.

Le docteur Mccoy se sentit alors victorieux et il regarda Jim avec une fierté non dissimulée dans les yeux :

« Alors voilà ce qu'on va faire… ! »

Le capitaine Kirk arpentait les couloirs menant à ses appartements : le plan de Bones n'avait pas vraiment marché : ni le premier jour, ni les trois jours qui suivirent. Jim n'avait cessé de proposer à Spock des entrevues seuls à seuls pour qu'il puisse – soit disant – se confier à lui. Mais le vulcain avait toujours quelque chose à faire. Et la seule fois où Jim y était parvenu, il y avait un échiquier entre eux qui empêcha toute tentative de sa part. De plus, ce n'était pas vraiment chose aisée d'imaginer des sentiments que l'on n'a pas. Il est facile de tourner rapidement en rond et se répéter dans ses propos : ce à quoi Spock ne manquait pas de réagir. « Vous avez déjà évoqué cet aspect-là, Jim » ou bien « Je vous ai déjà donné mon avis à ce sujet » ainsi, toute cette petite mascarade avait du mal à tenir debout. Et Jim savait que son second le sentait.

Alors qu'il allait passer le couloir, il croisa la dernière personne qu'il avait envie de voir à ce moment-là : Miss je-suis-une-balance en personne. Le lieutenant Uhura lui sourit et alors qu'il lui rendait son sourire pour aller vers ses appartements, elle lui barra la route :

« Je peux vous dire un mot, capitaine ? » demanda-t-elle.

Kirk pensa qu'elle en avait déjà dit sept et qu'il n'avait pas envie d'en entre plus mais il se força à accepter. Ils firent un bout de chemin ensemble et Nyota entra dans le vif du sujet :

« J'ai bien vu que vous essayez d'établir un dialogue avec Spock et d'obtenir de l'aide mais… Je ne pense pas qu'il pourra vous aider. Pas tout seul en tout cas. »

Ah bah tiens, ça l'aurait étonné.

« Je pense que, peut-être, je pourrais être d'une meilleure aide pour ce genre de sujet. » dit-elle gentiment.

Et lui, il pensait qu'il avait envie de la démettre de ses fonctions. Le motif ? Cassage de couilles ponctuel : à peu près à chaque fois qu'elle lui adressait la parole depuis un peu moins d'une semaine. Jim regretta le fait d'être une personne honnête - si on omettait ses rapports quelques peu trafiqués : certains détails n'ont pas besoin d'être énoncés - et dû se contenter de la rembarrer avec gentillesse et professionnalisme.

« Discuter avec Spock m'aide beaucoup au contraire. Je pense que ça a un effet un peu libérateur sur moi. Rien qu'en parler me fait beaucoup de bien. » Répliqua-t-il. « Mais je vous remercie de la sollicitude que vous me portez, lieutenant. »

Le petit rappel de son grade à la fin était un message que Jim lui adressait. S'il avait voulu discuter plus longtemps, il l'aurait appelé Uhura. S'il avait voulu l'inclure dans cette histoire, il aurait prononcé son prénom. Il espèrait qu'elle comprendrait.

« Oui mais Spock ne vous aidera pas à sortir avec… » Elle chuchota : « Avec qui vous savez. » Elle reprit un ton normal : « J'ai de l'expérience à ce sujet. Ce n'était pas facile de sortir avec Spock ! Je peux vous l'assurez ! » dit-elle, visiblement fière.

Oh si : Jim savait très bien à quel point cela pouvait être complexe de sortir avec le vulcain, il se savait très, très bien. Il le savait si bien qu'il n'en était toujours pas venu à bout. Le blond s'arma de son plus beau sourire et s'apprêtait à répliquer qu'ils en parleraient plus tard – tout en veillant à ce que ça ne puisse pas arriver – quand Bones passa le coin du couloir et tomba sur eux. Nyota eut un petit sourire et fit signe à Jim qu'il allait voir. Ce dernier se retint de blêmir et quand il croisa le regard de Mccoy, il le supplia de jouer le jeu des yeux :

« Docteur Mccoy ! » s'enquit la brune avec un grand sourire : « Vous avez fini votre service ? »

Bones haussa un sourcil et regarda Jim : elle voulait son adresse postale et son relevé de note de CE2 aussi ? Cependant il accepta de se soumettre à cette petite mascarade. Il regarda sa montre et répliqua de bonne grâce :

« Il est 2200 heure, je pense que oui : j'ai fini ma besogne pour aujourd'hui » dit-il avec une fausse bienveillance.

« Le capitaine et moi aussi ! » s'exclama-t-elle : « Il me proposait justement d'aller boire un verre dans ses appartements. On pourrait l'inviter, n'est-ce pas capitaine ? »

Elle fit de grands yeux complices au blond qui acquiesça, blasé :

« Veux-tu te joindre à nous Bones ? » demanda-t-il.

Le médecin chef regarda ses deux vis-à-vis d'un air totalement détaché et se retint : c'était foutue sa petite soirée tranquille. Après tout, dormir c'était surfait. Puis il sentait que s'il laissait tomber Jimmy sur ce coup-là, il en ferait une syncope.

« Avec plaisir. » répliqua-t-il.

Uhura fit alors mine d'être appelé sur son communicateur :

« Oh désolée… » dit-elle en le rangeant dix secondes plus tard : « Je ne vais pas pouvoir rester. Spock a besoin de moi. » Elle sourit aux deux hommes : « Mais amusez-vous bien ! »

« Merci, vous aussi. » soupira presque le docteur Mccoy. Le blond se contenta de se taire.

Une fois le lieutenant hors de vue, Bones déclara :

« Elle aussi, dans le genre donneuse de leçon elle atteint des sommets. »

« Dans le genre casse pied aussi. » répliqua Kirk en marchant vers ses appartements, suivit du docteur. « Elle essaye de faire en sorte que je ne passe plus de temps seul avec Spock. Elle veut être là, pour m'aider bien entendu… »

« Bien entendu. » répéta Bones sur le même ton que son meilleur ami. « On va vraiment se le boire ce verre dans ta piaule ? »

« Si tu veux. J'ai une bouteille de whisky je crois. Au pire il me reste un peu de Vodka. »

« Tu prends ton quart à quelle heure demain ? » questionna le médecin. « Je commence à 1400 heure, et il est hors de question que je ne fasse pas de grasse mat' à décuver si tu dois te lever à 0530 heure. »

« Détends-toi pépé » le coupa Kirk : « Sauf urgence, je prends mon quart à 1445 heure. » Il lui tapota l'épaule : « Tu pourras dormir de tout ton sou. »

« On part donc sur une soirée de beuverie sans vergogne. » décida Bones : « Le pépé a cinq ans de plus que toi. Alors on se détend Kirk. » fit-il remarquer alors qu'ils entrèrent dans les appartements de Jim.

« Six. » corrigea ce dernier.

« Cinq trois quart, okay. » accepta le docteur.

« Tu m'appelles gamin depuis qu'on se connait Bones, laisses moi t'appeler Pépé. Avec un peu de chance, quelqu'un qui ne nous connaît pas croira vraiment que tu es mon grand-père. »

Mccoy le dévisagea alors et prit deux verres, en les servant il déclara :

« Je suis médecin, pas ton putain de papy. »

Ils burent alors la fin de bouteille de Vodka et entamèrent la bouteille de Whisky. Quelques heures et verres passèrent et les laissèrent dans un état d'ébriété conséquent. Après avoir tendu une nouvelle fois son verre vide à son camarade beuverie, il ricanna :

« Tu es médecin, mon médecin qui plus est, et c'est toi qui me fait picoler. » accusa-t-il moqueur en prenant une nouvelle fois son verre rempli. Bones haussa un sourcil et contourna le bar pour venir trinquer.

Il s'approcha alors très prêt de lui et murmura d'une voix suave :

« Non Jim… C'est toi qui m'as invité à partager un verre avec toi. » Devant l'air goguenard de son meilleur ami il ajouta en haussant le ton : « Bah quoi ? T'attends quoi pour me tripoter ? J'croyais pourtant que c'était moi que tu voulais pécho… ! »

Le blond joua alors le jeu avec un petit sourire amusé et approcha ses lèvres de celle du docteur, s'arrêtant tout prêt :

« Salut beau gosse… » Susurra-t-il : « Tu viens souvent ici ? » Il eut un nouveau rire devant sa propre bêtise mais ne quitta pas l'autre des yeux.

« Dans ta piaule ? » questionna Bones. Il but une gorgée de son verre : « Ouai. Ouai carrément souvent même. » Il désigna le lit derrière eux : « J'dors parfois ici avec un mec insupportable. »

Kirk regarda le lit et haussa un sourcil à son tour, faussement indigné :

« Ah ouai ? » il tangua un peu : « Parce que je suis insupportable maintenant ? » demanda-t-il en rapprochant sa boisson de sa bouche.

« J'dirais même que t'es chiant. » affirma le médecin, catégorique. Il déposa son verre sur le bar et reporta son attention sur l'autre : « T'es le mec le plus chiant que ce vaisseau ait jamais abrité. » Il prit également le verre de Jim de ses mains et le déposa à côté de l'autre : « T'es tellement chiant que je me retrouve à devoir faire des trucs pas croyables pour te sauver les miches tous les 1er du mois. »

Son Whisky lui ayant été lâchement arraché, Jim fronça les sourcils :

« Tu fais quoi là ? » demanda-t-il agacé. « Rends-moi mon verre. »

« T'es tellement chiant que je dois passer mes soirées à me bourrer la gueule avec toi plutôt qu'à essayer de mettre Chapel ou une de ces 1500 nanas en uniforme dans mon lit. »

« Tu dis des conneries, on est même pas 600 sur ce vaisseau. » commenta Kirk, se retenant à l'épaule de Bones pour ne pas tomber. « Et ce n'est pas ma faute si te picoler avec moi fait partie de ton top 5. »

« Ça en fait pas partie à toi, de ton top 5 ? » questionna l'autre en se tenant quant à lui au rebord du bar.

Kirk sembla alors considérer la chose et répliqua :

« …De mon top 3 plutôt. »

« Oh, quel honneur. » répliqua sarcastiquement Mccoy : « Tu restes chiant. »

Kirk s'accrocha définitivement à l'épaule de son meilleur ami et brailla :

« Tu pus de la gueule… »

« C'est toi qui pu de la gueule ! » répliqua l'autre très intelligemment, car en soit, ils avaient bu la même chose et de surcroît, exactement la même haleine. « Tu fais chier. On était en train de flirter et tu as tout gâché. » Ricana-t-il.

Le blond sortit alors la tête de son épaule et approcha son visage très prêt de l'autre, faisant alors douter Mccoy : la plaisanterie devait probablement finir. Sinon ça deviendrait gênant.

« Pourquoi tu veux qu'on flirt ? » demanda Kirk et tripotant négligemment le menton du brun : « ça sert à quoi ? »

Bones se dit que son idée, celle qu'il avait eu en premier lieu, n'était pas si mauvaise après tout. Il haussa les épaules et répliqua en enlevant les mains de Jim de son visage :

« J'pensais que si on faisait croire à oreille pointue qu'il y avait du concret entre nous et qu'on flirtait devant lui, ça le rendrait jaloux le bougre. Et qu'il finirait par se rendre compte que tu es plus intéressant qu'Uhura. »

Jim haussa les épaules à son tour :

« C'est pas con comme idée » l'alcool parlait clairement. « Pourquoi tu l'as pas dit plus tôt ? Ta première stratégie est nulle. »

« Elle t'emmerde ma stratégie. » rétorqua le brun en amenant Jim jusqu'à son lit et le l'étalant sur le matelas. « On en parlera demain, ça suffit les conneries Jimmy. »

« Ouai… Ouai… Les conneries c'est… » Kirk ne termina pas sa phrase, s'endormant dans la minute.

Bones marcha jusqu'au bar et but cul sec son verre puis celui de Jim. Il regarda le blond dormir d'un œil vitreux et fronça les sourcils : depuis quand passer la soirée à picoler avec l'autre andouille – meilleur ami, demeurant un andouille, il le maintenait – était dans son top 5 des bonnes soirées… ? Non… Plutôt dans son top 3… ? Ou… Ou dans son top… Son top 1… ?

Fin du chapitre 2…

*Ouai, j'aime bien me mettre en danger comme ça. Faire des pronostics et tout.