Chapitre 3 : Crétin congénitale.

« On se lève Bones ! » dit Kirk en poussant le docteur hors du lit.

Quand le médecin chef atteignit le sol, il maudit Jim, ses ancêtres et les ancêtres de ses ancêtres. Puis il se releva doucement, faisant face au blond qui lui souriait de toutes ses dents :

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? » demanda-t-il surpris.

Le capitaine, encore en pyjama, désigna alors son padd et déclara :

« J'ai reçu un mail de Spock dans la nuit. Tu ne devineras jamais ce qu'il me dit… »

Mccoy grogna et alla s'assoir – non sans difficultés – sur le rebord du lit et fit signe à l'autre que non seulement il n'en savait foutre rien mais qu'en plus il n'avait aucune envie de deviner quoi que ce soit.

« T'es pas marrant Bones. » répliqua Kirk. Il décida cependant de lui lire le contenu du mail : « Capitaine, le lieutenant Uhura m'a fait part de votre départ la nuit dernière avec le docteur Mccoy dans le but de consommer de l'alcool. Je vous rappelle qu'il est formellement interdit pour un officier d'être en état d'ébriété en poste. Etant donné que vous êtes le capitaine : vous pouvez être appelé à tout moment sur la passerelle. Merci de prendre en considération mes remarques. Cordialement, Mr. Spock. »

Il regarda ensuite son médecin chef avec un grand sourire. Ce dernier haussa un sourcil. Bones avait très envie de répondre un « Et ? » médisant et il avait en tout honnêteté du mal à voir ce qu'il y avait de bien dans le fait de se faire engueuler par oreilles pointues. Il ne voulut cependant pas froisser son imbécile de meilleur ami et répliqua :

« Ah oui. En effet. » Dit-il en se massant le crâne.

« On est d'accord que ce n'est pas habituel, hein ? » s'enquit Kirk et sortant deux tasses, commençant à faire du café.

« Te faire enguirlander par le gobelin ? Moi ça me semble très habituel. » Soupira le brun en s'étirant. « Si ce mec devait faire la leçon à la vierge, tu peux être sûr qu'il trouverait un moyen de le faire. »

« Mais il ne l'a jamais fait par email ! » rétorqua Jim en lui apportant sa tasse de café, s'asseyant sur le rebord du lit à ses côtés : « ça veut dire qu'il n'a pas pu attendre que l'on soit en poste ou que l'on se voit en privé pour me le dire. » Il regarda l'autre boire une gorgée de sa tasse en fronçant les sourcils : « Et tu sais ce que ça sous-entend ? »

« Qu'il est passé de chieur à chieur olympique ? » demanda Bones. Jim leva les yeux au ciel et continua comme si l'autre n'avait rien dit :

« Qu'il désapprouve le fait que je sois allé boire un verre avec toi. Il est donc peut-être… » Le blond mit du suspens dans sa voix : « Enfin Bones, fais un effort !»

Le docteur le regarda avec un profond air de pitié : non. Non Spock n'était pas jaloux Jimbo. C'était le plus grand donneur de leçon de la galaxie et il se prenait juste pour la mère supérieure de ce vaisseau. Mccoy était persuadé que ce mail ne sous entendait rien. Mais le visage illuminé de Jim l'attendrit et il haussa les épaules :

« Peut-être qu'il est jaloux, oui. » admit-il. « Mais ne va pas trop vite en besogne. »

« Ouai, ouai je sais ! » répliqua le blond : « Mais admets quand même que c'est prometteur. Ton idée de le rendre jaloux en faisant semblant de flirter serait même… »

« Att…Quoi ?! Pardon ? » Le coupa net le médecin : « Wow, Jim ! Semblant de flirter ? »

« Fais pas cette tête ! » répliqua Kirk en se levant du lit et en allant mettre sa tasse dans le nettoyeur de vaisselle. Il rangea ensuite sa tasse toute propre sur l'étagère : « C'est ton idée, je te le rappelle. »

Kirk croisa les bras et regarda son meilleur ami d'un air accusateur. Comme un gamin à qui on aurait promis une moto et dont les parents - qui se seraient rendu compte de la connerie d'offrir une moto à un ado de quinze ans – lui auraient donné un vélo. Voilà typiquement le genre de regard de sale gosse que lançait le capitaine James T. Kirk à son médecin chef.

Bordel, pensa Bones. Il ne se rappelait même pas avoir dit ça. Ou peut-être que si. Mais il n'avait jamais eu l'intention d'assumer ce genre de plan foireux… N'est-ce pas ? Il maudit son lui du passé – complètement bourré – d'avoir mis une telle idée dans la tête du blond et il se leva pour aller vers ce dernier :

« Ecoute gamin… »

« Quoi ? » le contra Jim en haussant un sourcil : « Pour une fois qu'une de tes idées est bonne tu vas la laisser tomber. »

« Crois-moi, cette idée c'est de la fiente de pigeon malade. » répliqua Bones : « Si oreille pointue te voit flirter avec moi qu'est-ce que tu crois qu'il va penser, dans sa petite tête vulcaine ? »

« Qu'il ferait mieux de se bouger s'il ne veut pas que je lui passe sous le nez ? » répondit Kirk.

« Bèèèèp, Mauvaise réponse. Vous êtes le champignon de cette manche. » Le brun mit également sa tasse dans le nettoyeur de vaisselle mais la rangeant pas ensuite : « Il va se dire qu'il a déjà Uhura sous le coude, que tu es de toute évidence courtisé et réceptif à mes charmes et qu'il n'a aucun intérêt à lâcher sa relation avec sa copine pour toi. »

Jim ouvrit la bouche puis la referma : semblant réfléchir. Okay, Bones marquait un point. Mais que devait-il faire ? La stratégie actuelle ne marchait absolument pas. Il rangea machinalement la tasse du médecin et se gratta la tête en allant s'assoir sur son lit. Le brun le suivit et croisa les bras : le regardant cogiter.

« En fait… Je crois que je n'ai pas la bonne approche. Je n'essaye même pas de le séduire en soit dans les faits. » Déclara le blond. « Je ne fais que glisser quelques plaisanteries douteuses et… Et la plupart du temps Spock ne les comprends même pas. Je n'ai jamais agis comme ça. » Il regarda le brun : « Avec les filles c'est plus facile... »

« Parles pour toi. » le coupa le docteur en levant les yeux aux ciels : tout le monde n'avait pas le charme fou et l'égo démesuré de James T. Kirk.

« Mais avec Spock c'est… C'est toujours complexe. Tout ce qu'il dit ou fait peut s'interpréter. Et j'ai beau le connaître très bien, je ne sais jamais comment prendre ses actes. Je ne sais même pas comment il manifeste son intérêt pour quelqu'un…. Euh, en dehors d'une relation, j'veux dire. »

« En fait : tu te demandes comment le gobelin drague, c'est ça ? »

« En somme. » répliqua Kirk : « Si ça se trouve je passe à côté de pleins de choses. Mais je ne vois vraiment pas comment savoir ce genre de chose sans poser la question à Spock directement. »

Bones pensa alors à une idée. Elle n'était pas fameuse, certes, mais ils n'avaient pas mieux à l'heure actuelle :

« Tu veux que j'aille demander à Uhura ? »

Le blond releva les yeux vers lui :

« Pardon ? »

« Un peu de bon sens Jimbo. » rétorqua le médecin : « Personne n'est mieux placé qu'elle pour savoir quand Spock essaye de flirter ou non. »

« Mais comment est-ce que tu veux lui présenter ça ? » demanda l'autre : « Tu ne vas quand même pas aller la voir en lui demandant : « hey salut Nyota, on se parle quasi jamais mais j'aimerais bien savoir comment ton copain drague. Merci ! » Non définitivement Bones, ce n'est pas une bonne idée. »

« Ne me prends pas pour plus débile que je ne suis ! » Bones regarda l'heure : bordel, huit heure quoi… ! « J'irais simplement lui demandé des conseils en matière de relation avec des Aliens en prétextant qu'une nana me plait. J'en profiterai pour lui faire raconter son histoire et voilà, le tour est joué. »

Kirk sembla considérer l'idée puis haussa les épaules :

« Okay ! » accepta-t-il. « On va prendre un vrai petit déjeuner plutôt que de boire ce truc qui nous sert de café ? »

« J'ai cru que tu ne le proposerai jamais. » sourit Bones en allant enfiler son uniforme, histoire de ne pas arriver au self en caleçon.

« Planète datant d'un milliard d'année approximativement capitaine. » dit Spock sur la passerelle en regardant son scanner : « On a des relevé biologiques intéressant. La vie sous forme végétale et animale semble présente. Il n'y a cependant aucune trace de vie à proprement parlé intelligente. »

« Merci Mr. Spock » rétorqua Kirk dans son fauteuil en fixant la planète qui se défilait en plusieurs nuances de vert sous ses yeux. Il se tourna vers le lieutenant Uhura et indiqua : « Passez-moi l'ingénierie. » La jeune femme s'exécuta : « Scotty ? » appela Kirk.

« J'vous écoute monsieur ! » rétorqua l'écossais.

« Pensez-vous pouvoir vous poser notre petit bijou sur cette planète ? »

« Négatif capitaine. L'Enterprise s'enfoncerait dans le sol vaseux de cette planète en quelques heures. Si nous faisons face à des complications, on ne pourrait pas repartir. » L'informa Spock avant que l'ingénieur Montgomery Scott ne puisse répondre.

« Il a raison m'sieur. » l'appuya Scotty : « Le mieux ça reste les téléporteurs si l'activité électrique nous le permet. Sinon, faudra envoyer une de nos navettes. Et encore, il faudra faire vachement gaffe. »

« Très bien. » répondit Kirk : « Chekov. » appela-t-il. Le russe se retourna :

« Aye Captain ? »

« Allez faire tous les tests de rigueurs dans la chambre des téléporteurs. Je veux savoir si on pourra y aller et en revenir sans pépins. »

« Oui Monsieur ! » répliqua l'enseigne en fonçant vers l'ascenseur.

« Lieutenant Uhura passez-moi le lieutenant Shepard. » demanda le blond à la jeune femme. Elle s'exécuta.

« Le canal est ouvert, capitaine. » répliqua-t-elle.

« Merci. » Jim reporta son attention vers le canal le reliant au chef de ses chemises rouges : « Shepard, je voudrais une équipe prête à partir dans deux heures maximum, mission d'exploration à pied. Minimum deux hommes en plus de vous et maximum quatre. Compris ? »

« Oui capitaine, je viens au rapport quand c'est fait. »

« Très bien. Kirk, terminé. » il coupa le canal et se tourna ensuite vers Spock : « Commandeur vous prendrez les commandes pendant notre excursion. Sulu et moi on descend avec l'équipe de sécurité. Veuillez sélectionner un officier scientifique pour effectuer les premières mesures. »

« Si je puis me permettre capitaine il serait plus logique de me faire descendre avec vous, étant l'officier scientifique le plus gradé, et de laisser les commandes au lieutenant Sulu. Qui est, de plus, notre pilote principal. » répliqua le vulcain en marchant vers le siège de son capitaine.

Kirk haussa un sourcil puis répondit en baissant la voix :

« Si ça tourne mal, je vous veux sur ce vaisseau pour prendre les bonnes décision. » il reprit un ton normal : « Vous êtes l'officier le plus gradé après moi Mr. Spock, vous restez sur l'Enterprise. »

Le vulcain sembla considérer la chose mais le regard de Kirk lui indiqua qu'il n'y avait rien à considérer du tout. C'était un ordre :

« Bien capitaine. » obéit-il.

Jim acquiesça alors et quitta le fauteuil de capitaine pour le laisser à son second. Sulu se leva également et fut remplacé dans la minute par un autre pilote en chemise jaune. Kirk et le pilote se dirigèrent alors vers l'ascenseur et allèrent chacun dans leur quartier respectif pour récupérer certains de leurs instruments respectifs : pour Jim son holster personnel ainsi que son phaser de capitaine. Pour Sulu : son katana télescopique qu'il accrocha également à la ceinture. Jim haussa un sourcil quand l'officier l'eut rejoint en salle de réunion : Hikaru était certes impressionnant avec son arme blanche mais elle ne ferait pas le poids face à une grosse bestiole à paralyser. Il se retint simplement de tout commentaire et fit signe à Shepard de tendre au pilote un phaser. Le lieutenant Shepard avait ramené trois chemises rouges chargées de la sécurité avec lui. Répondants respectivement aux noms de Stewart, Lexi et Ryder. Tous les trois des hommes.

« Okay, alors cette planète serait de classe M selon nos instruments mais on ne doit pas s'y fier pour le moment. » dit Jim en affichant l'hologramme de la dîtes planète au centre de la table, ainsi que ses relevés : « Le seul moyen de déterminer avec précision la catégorie de cette planète et sa population, oui ou non intelligente, et de descendre y faire un tour : nos scanners ont du mal à passer le champ électromagnétique. »

Chekov arriva alors à ce moment dans la salle de réunion et fit passer les données de son padd sur l'hologramme au centre :

« J'ai vos calculs captain. » dit le jeune russe : « Nous pouvons utiliser les téléporteurs sur toute la surface de la planète sans risques. » Son padd émit alors une petite tonalité : « Ah. Mais Mr. Spock nous suggère de ne pas y rester trop longtemps tout de même. Certains pics de radiations sont dangereux pour nos organismes à long terme. Il ajoute dans son mail que nos combinaisons ne sont pas utiles mais qu'un renfort d'armement pourrait l'être. »

Kirk fit un petit sourire et appela la passerelle avec l'interphone sur le panneau de contrôle :

« Spock, cessez d'envoyer des mails à Chekov et venez participer à la réunion, on gagnera du temps. Kirk, terminé. »

Shepard et son équipe se retinrent de rire tandis que Sulu levait les yeux au ciel, il était cependant plus amusé qu'agacé. Chekov soupira quant à lui, sentant la tension entre les deux plus hauts officiers depuis le début de leur prise de poste ce jour-là.

Ils attendirent tous les sept l'arrivée du vulcain et continuèrent la réunion :

« Bon, maintenant que Mr. Spock est ici, poursuivons. » dit Jim en montrant la carte de la planète : « Selon les calculs de Chekov… » il lui fit un sourire : « Le point le plus propice pour nous téléporter serait cette clairière. Elle n'est pas très loin d'une plaine et d'un point d'eau. C'est là que nous sommes le plus susceptible de croiser une forme de vie intelligente en toute logique. »

« Cependant vous oubliez que la logique qui est propre aux humanoïdes ne l'est potentiellement pas pour les autres espèces. » intervint le vulcain : « Si vie intelligente il y a, elle peut se trouver n'importe où. »

Jim se retint de balancer une blague sur le fait qu'ils n'avaient décidément pas la même logique, eux deux. Mais il se résigna, considérant le fait qu'ils devraient partir dans moins d'une heure maintenant :

« Certes. On s'en tient tout de même à ce plan pour notre première excursion. » il se tourna vers Spock : « A qui avez-vous confier le vaisseau ? » demanda-t-il en regardant son padd.

« Le pilote Jeager. » répliqua le brun : « La plus gradée des pilotes après Mr. Sulu. » précise-t-il : « Elle a peu d'expérience dans le commandement mais c'est un bon élément. »

« Elle devrait s'en sortir le temps que nous ayons fini cette réunion. M'avez-vous choisi un scientifique pour le terrain ? » Questionna Kirk et remplissant les formulaires numériques de données d'excursion.

Spock resta silencieux un instant puis répliqua

« Je pensais qu'au final vous feriez le choix de me prendre sur la planète, capitaine. » s'expliqua-t-il.

Le regard de Jim se posa alors sur lui et il s'en voulut tout de suite. Comment pouvait-il résister à ce regard ? En soit, Spock ne lui avait pas sorti les yeux de ce fichu chat botté, son visage était toujours aussi inexpressif, mais sa voix était légèrement plus douce : une petite touche de déception dans celle-ci.

« Je maintiens que vous devez vous trouver à bord. » Il lui tendit le padd et déclara : « Jenkins fera parfaitement l'affaire. Elle est très compétente » décida-t-il sans l'aval du vulcain. « La réunion est terminée. Rendez-vous à la salle de téléportation avec votre équipement dans 45 minutes. »

Tout le monde quitta alors la salle et Spock et Kirk sortirent en dernier. Jim tapota l'épaule du vulcain et déclara :

« Je sais que vous vouliez partir en mission. » Le vulcain le fixa, attendant la suite. Jim dû déglutir devant ce regard si sombre et intense : « Mais j'ai besoin de vous pour prendre les bonnes décisions là-haut. Ne le dîtes pas à Sulu, mais je me sens plus en sécurité quand c'est vous qui avez les rênes. »

Kirk était sincère- bien qu'il ait une grande confiance en Sulu, il s'avait que le jugement de Spock avait quelque chose en plus – cela avait certainement fort à voir avec les sentiments qu'il entretenait à l'égard du Vulcain.

Ce dernier ne répliqua pas et se contenta de le saluer pour retourner sur la passerelle. 45 minutes plus tard, Kirk, Jenkins, Sulu et les chemises rouges se faisaient téléporter à la surface de la planète.

Bones était tranquillement en train d'arroser sa fougère – si, il avait une fougère – dans son bureau, quand un message émana de son communicateur :

« Mccoy, j'écoute. » dit-il en reposant son arrosoir miniature.

« Docteur Mccoy. » c'était le gobelin. Le médecin chef se retint de lâcher un grand « Quoi ?! », on ne pouvait pas lui foutre la paix plus de dix minutes ? Il avait dû s'occuper de toute une des équipes scientifiques qui étaient devenus verts à la suite d'une expérience foirée.

« Spock ! Laissez-moi deviner : un chemise rouge s'est tordue l'index ? »

« On a un besoin urgent de votre intervention dans la salle du téléporteur. Le capitaine et l'équipe de terrain ont été en contact avec un pathogène inconnu et on des blessures multiples dû, d'après nos relevés et enregistrements, à une plante carnivore qui… »

Bones ne le laissant pas finir, se saisissant de sa mallette de transport et fonçant vers la salle de téléportation avec deux infirmiers. Quand il arriva dans la pièce, il fit venir sept brancards et suivit celui de Jim. Le blond baragouinait des trucs sans queues ni tête :

« Je vous aime Jenkins… Vous aussi Sulu !... Toi aussi Bones je t'aime ! » Disait-il pendant qu'on le conduisait à l'infirmerie. Il vit passer Spock et son visage s'illumina : « Je vous aime Spock ! » derrière lui il vit Uhura qui ouvrait de grands yeux surpris : « J'vous aime lieutenant ! » ajouta-t-il.

Une fois que tout le vaisseau, couloirs, portes et plantes vertes y furent passés, le capitaine sembla s'endormir. Les autres aussi déliraient, mais leur état n'était pas aussi inquiétant que celui de Jim. Selon Spock, c'était lui qui s'était pris le pollen de la plante carnivore en pleine tête. Bones le fit s'allonger sur la table d'auscultation puis au bout d'une dizaine de minutes à travailler sur un remède, ils purent le leur injecté. L'effet fut immédiat sur Shepard et Lexi, les autres restèrent dans leur monde. Bones donna des directives concernant Sulu, Ryder et Stewart puis emmena Jim – qui avait continué de déclarer son amour au monde entier - dans son bureau, assit sur la table d'auscultation, pour lui recoudre le flanc qu'une des épines de la plante avait ouvert :

« Au moins ici, tu ne risques plus de choquer personne : si tu avais vu la tête de Spock et Uhura gamin ! Heureusement que tu es poly-amoureux : sinon tu pouvais dire adieu à tes chances avec oreilles pointues. » dit-il en retirant le chandail du blond, constatant la blessure : ouai, ça avait été désinfecté par un de ses infirmiers mais il fallait vraiment recoudre maintenant. Il vint reposer une compresse imbibée de désinfectant contre la blessure, pour la nettoyer avant de commencer le travail. « Franchement, tu ne pouvais juste pas laisser cette brave plante faire sa vie ? Mais non ! Le grand James T. Kirk a un besoin vital de faire chier son monde, surtout les trucs verts, grands et potentiellement mortellement dangereux ! »

« Je t'aime Bones ! » brailla Kirk en se balançant d'avant en arrière.

« Tu arrêtes de bouger espèce de crétin congénitale, ou je te fou sous sédatif !... » il savait pertinemment qu'il ne pouvait pas, le remède étant encore dans son sang et incompatible avec le dit sédatif. Mais ça, Jim n'en savait rien.

« Okay… Okay… ! »Répliqua Kirk en arrêtant de bouger. « Cet univers est formidable ! » dit-il alors que le médecin vint poser le pistolet à fil sur son flanc : « Cette galaxie est formidable ! Cet équipage est formidable ! Tu es formidable ! »

Mccoy poussa la détente et une première partie du flanc était recousu. Il passa ses doigts contre la peau, se penchant pour mieux voir, afin de vérifier qu'il n'y avait pas de retouches à faire. Le blond ne sentait rien, il était comme un bien heureux sous son anesthésie.

« Je sais que je suis formidable. » répliqua le médecin chef. « Sinon je t'aurais laissé dans la pièce d'à côté te ridiculiser auprès de ton gobelin chéri. »

« Non, tu es formidable c'est tout ! Tu es gentil, drôle, marrant, tu… ! »

« Tu sais que drôle et marrant c'est la même chose, hein ? » demanda Bones en appuyant une nouvelle fois sur la détente.

« Tu es intelligent, cool, tu es mon meilleur ami et… »

« Alors le bisounours, tu la fermes et tu me laisse me concentrer maintenant. Si je me loupe tu auras une méchante cicatrice. » Répliqua le brun en s'approchant du flanc du blond. Alors qu'il allait positionner de nouveau son pistolet, Jim l'interrompit :

« Bones… ? »

L'interpellé leva la tête vers lui, en soupirant et le maudissant de ne pas le laisser faire. Il rencontra alors les yeux bleus du blond et en un instant, Kirk avait déposé ses lèvres sur les siennes.

Mccoy n'était pas certain de ce qu'il se passait. Jim… Jim était en train de… De lui faire un smack ? Ouai, ouai c'était carrément ça…! Il considéra le fait de le repousser en lui collant une baigne. Mais quelque chose en lui le retint de le faire. Bien sûr il savait que le blond était sous l'emprise de ce pollen et il savait qu'il n'y avait rien de vrai dans cet acte inattendu. Mais ce n'était pas ces informations qui ne l'avaient pas fait bouger. Un je ne sais quoi qui lui échappait.

C'est alors que Kirk se sépara de lui, lui souriant de toutes ses dents :

« Je t'aime Bones ! » dit-il rayonnant.

Le médecin chef resta un instant muet : stupéfait de ce qu'il venait de se passer. Puis le pistolet à point dans sa main le ramena à la réalité. Il finit de recoudre Kirk et le força à se reposer dans un lit de la clinique, aux côtés de Sulu et des autres. Il alla ensuite dans son bureau et commença son rapport. Il ne put cependant pas écrire grand-chose : une idée lui restant en tête.

Jim l'avait embrassé et il était presque sûr d'avoir aimé ça…

Fin du chapitre 3…