« Voulez-vous lire sur votre padd pendant que je travaille un moment ? » Proposa Spock, elle hocha la tête, elle avait hâte d'utiliser le padd que Spock lui avait donné pour écouter des histoires. Elle entendit Spock se déplacer sur le canapé et elle se déplia de sa position, posant ses pieds sur le sol et le padd sur ses genoux. Spock se leva et se déplaça à travers la pièce, elle pencha la tête, suivant le son de ses bruits de pas et essayant de suivre ses déplacements.

« Je serais juste à mon bureau si vous avez besoin de quelque chose. » Indiqua-t-il, elle hocha la tête et tourna son attention sur le padd. Elle ne savait pas par quoi commencer, elle ne connaissait pas beaucoup d'histoires… Elle se souvenait de quelques histoires que sa ko-mekh lui avait racontée, mais elle ne connaissait pas leur nom pour la plus part… Elle pourrait commencer par celle que Spock lui avait racontée hier soir, elle s'était endormie vers le début et n'avait pas pu entendre la suite, elle voulait connaître ce qui était arrivé à la princesse et ce qu'était le jardin du paradis… Elle demanda au padd s'il connaissait l'histoire du Jardin du paradis et une voix de femme s'éleva de l'appareil, lui répondant que le jardin du paradis faisait effectivement partie de sa bibliothèque et lui demandant si elle voulait qu'elle le lise. T'Meï hocha la tête, avant de se souvenir que le padd n'était pas une personne et ne pouvait pas vraiment la voir.

« Oui, s'il vous plaît… » Répondit-elle à l'appareil. La voix douce s'éleva du padd et elle écouta attentivement le récit du prince. Absorbée par l'histoire, elle bougea progressivement de sa position pour s'allonger sur le canapé à plat ventre, le padd posé sur l'accoudoir devant elle. Elle ne vit pas le temps passer et bercée par la voix douce et le récit du prince elle commença à dériver lentement. Son esprit se remplit d'images, d'un feu étrange dansant dans l'obscurité, d'une vieille femme, et des vents soufflant à travers la forêt, puis d'une ombre inquiétante, encapuchonnée de noir, rôdant et se tapissant dans la nuit. Elle se voyait, courir à travers le bois, et tenter de fuir la figure sinistre, se cachant, derrière les ronces qui griffaient sa peau, lacéraient sa chaire. Le vent sifflait entre les branches, les feuillages bruissaient doucement, alors qu'elle courait et trébuchait sur les racines, tombant sur le sol, rampant jusqu'à un vieil arbre dans lequel un creux avait été creusé par le temps. Elle se dissimula à l'intérieur et tendit l'oreille, attendant, guettant la venue de l'ombre… Elle se recroquevilla, serrant ses genoux contre sa poitrine et les tenant entre ses bras tremblants.

Un bruit soudain et fort la fit sursauter, la ramenant brusquement à la réalité, elle se redressa d'un coup et dégringola du canapé, tombant durement sur le sol, surprise, elle recula et son dos heurta la surface du mobilier. « Nam'uh hayal. Tout va bien, ce n'est que le son de la porte. » Vint la voix rassurante de Spock. Elle l'entendit se déplacer rapidement vers elle et elle recula, s'éloignant. Ses pas s'arrêtèrent prudemment à côté d'elle. « Tout va bien, T'Meï, vous êtes en sécurité. Vous êtes vous fait mal en tombant du canapé ? » L'interrogea-t-il doucement. Elle sonda son corps avant de secouer la tête. Elle ne ressentait pas de nouvelle douleur. A nouveau la sonnerie retentit dans les quartiers et elle entendit les pas de Spock se déplacer et s'éloigner de là où elle se trouvait. Elle se redressa lentement et se déplaça sur le canapé. « Entrez. » Appela-t-il et elle entendit le bruit de l'ouverture de la porte.

« Spock ! » Vint la voix du capitaine depuis l'encadrement. Que faisait-il ici ? S'interrogea T'Meï. Elle se rappelait vaguement du capitaine proposant à Spock de les rejoindre pour le déjeuner, était-il déjà si tard ? Est-ce qu'elle s'était endormie en écoutant l'histoire ? Elle n'avait pas vu le temps passer, tant elle avait été absorbée dans son récit. Spock invita le capitaine à entrer et elle entendit des pas pénétrer dans la pièce puis s'arrêter à proximité.

« J'ai quelque chose pour vous T'Meï. » Annonça le capitaine Kirk sur un ton enjoué. Elle pencha sa tête sur le côté, interrogative. Il s'approcha lentement d'elle et elle recula légèrement sur le canapé, il s'arrêta à côté. « Tenez. » Dit-il, sa voix venant de quelque part en face d'elle. Elle sentit quelque chose être posé sur ses genoux et elle tendit une main prudente vers l'objet. Ses doigts rencontrèrent une surface douce et duveteuse, elle leva un regard interrogatif en direction de là où elle pensait que se trouvait le capitaine. « Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-elle timidement.

« Un animal en peluche. Plus exactement un lapin en peluche. » Vint la voix du capitaine. Un animal en peluche ? A quoi cela servait-il ? Elle caressa doucement l'objet, ses doigts explorant la surface douce de la créature, elle avait un petit corps et de longues oreilles pleines de poils. « Quel est la fonction d'un animal en peluche ? » Demanda-t-elle, curieuse. Elle n'avait jamais eu en sa possession de tel objet et elle ne savait pas à quoi il pouvait servir. Elle entendit le capitaine souffler légèrement et elle recula un peu, incertaine, craignant d'avoir dit quelque chose de mal.

« Un animal en peluche sert à vous réconforter quand vous avez peur ou que vous êtes triste. » Répondit-il après un moment. Elle haussa un sourcil perplexe, comment un objet inerte était-il sensé la réconforter quand elle était triste ou qu'elle avait peur. Et l'inquiétude et la tristesse n'étaient-elles pas des émotions illogiques ? Elle pencha légèrement sa tête sur le côté. « Comment cela fonctionne-t-il ? » Interrogea-t-elle. Le capitaine demeura silencieux un moment et encore une fois elle se demanda si elle avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas.

« Eh bien, vous le tenez contre vous, et il vous rassure… Le mieux pour comprendre et de l'essayer. » Dit-il avec entrain. Elle ne comprenait pas. Elle porta le petit corps pelucheux contre sa poitrine, serrant l'animal dans ses bras, il ne semblait rien se passer de particulier, pourtant, elle éprouvait une étrange sensation en tenant l'objet contre elle, elle ne saurait exactement l'expliquer… « N'avez-vous jamais eu de jouets ? » Demanda curieusement le capitaine, une note de tristesse dans sa voix. Un jouet ? Qu'est-ce que c'était ? Elle ne connaissait pas le terme et elle l'interrogea donc à ce sujet.

« Qu'est-ce qu'un jouet ? » Demanda-t-elle. A nouveau elle l'entendit prend une respiration forte et elle se blottit un peu plus contre le fond du canapé, serrant la peluche contre elle. « Un jouet est un objet avec lequel on peut s'amuser. » Répondit-il. S'amuser ? Ses sourcils montèrent sur son front dans une expression perplexe. « Qu'est-ce que c'est s'amuser ? » Demanda-t-elle. « Vous ne savez pas ce que ça veut dire ? » Demanda le capitaine surpris et elle se raidit légèrement inquiète qu'il soit en colère parce qu'elle ne connaissait pas le mot. « Spock, comment vos gens éduquent-ils leur enfants ? » Interrogea-t-il le vulcain avec un léger bord de colère dans la voix. Elle ne comprenait pas le sentiment de colère venant du capitaine, ni ses mots, lui reprochait-il de ne pas avoir été correctement éduquée ? Elle faisait de son mieux. T'Meï recula un peu plus loin dans le canapé. Elle entendit Spock se rapprocher et elle trembla un peu quand il posa une main douce sur son épaule.

« Les parents vulcains utilisent des objets à vocation pédagogiques afin d'éveiller les plus jeunes. Ce sont je pense l'équivalent de vos jouets terriens… » Répondit-il d'une voix neutre. Elle fouilla dans sa mémoire, cherchant une occurrence où elle aura pu utiliser ces objets, mais elle avait des difficulté à se rappeler du temps d'avant leur capture. « Par ailleurs, de ce que nous savons de T'Meï, elle a été enlevée lorsqu'elle était très jeune et elle n'a que très peu de souvenirs de l'époque datant d'avant son enlèvement, il est normal donc qu'elle n'en ait pas de souvenirs. » Continua-t-il. Oh, c'est pour ça qu'elle ne s'en rappelait pas ? Elle était trop jeune pour en avoir des souvenirs assez clairs ?

« Hum hum… » Commença le capitaine avant de taper dans ses mains, la faisait légèrement sursauter. « Eh bien nous allons remédier à cela. » Dit-il. « Déjà commençons par donner un nom à ce petit animal… Comment voulez-vous l'appeler ? » Elle haussa un sourcil perplexe. Comment était-elle sensée l'appeler ? Et puis, l'objet avait déjà un nom, c'était un lapin en peluche… Il n'était pas logique de lui donner un autre nom.

« C'est un lapin en peluche, quelle est la logique de lui donner un autre nom ? » Demanda-t-elle. Jim, qui était habitué au vulcain et à leur sens de la logique répliqua facilement : « Oui, mais comment allez-vous le différencier des autres lapins en peluches si vous ne le nommez pas par un terme en particulier ? » Elle haussa un sourcil, pourquoi aurait-elle besoin de le différencier d'autres lapins en peluches ? Y en avait-il beaucoup d'autres ? Cela étant, elle pouvait voir son sens logique… Il était normal de lui donner un nom, tout comme Spock avait un nom, qu'elle en avait un aussi et que le capitaine en avait un, pour les différencier des autres individus… Elle revenait donc à sa première question, quel nom devrait-elle lui donner ? Elle baissa la tête sur l'objet tout en réfléchissant à un nom.

« Peut-on l'appeler Sor ? » Demanda-t-elle en redressant la tête, regardant dans la direction du capitaine. Elle ignorait exactement d'où le nom lui était venu, le mot semblait résonner étrangement en elle même si elle ignorait ce qu'il voulait dire et qu'il ne lui semblait pas tout à fait exacte. « Bien sûre. » Vint sa réponse rapide. « Alors ça sera Sor, le lapin. » Dit-il. « Bien, que diriez-vous d'un bon déjeuner maintenant ? » Proposa-t-il en s'adressant à T'Meï et à Spock. Elle pencha la tête sur le côté. « Sor peut-il manger avec nous ? » Questionna-t-elle. « Évidemment. » Répondit le capitaine. « Alors, que voulez-vous manger ? » Interrogea-t-il, elle l'entendit se relever et se déplacer, sans doute vers le synthétiseur pensa-t-elle. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle voulait manger et elle haussa les épaules, serrant toujours Sor contre sa poitrine.

« Que pensez-vous du riz et des légumes ? » Demanda le capitaine et elle hocha la tête, le riz semblait bien et elle avait bien aimé les légumes hier. « Spock, que voulez-vous ? » interrogea-t-il. « Je prendrai un bol de Plomeek. » Répondit Spock. « Et un hamburger pour moi, ne le répète pas à Bones T'Meï. » Dit-il, elle perçut l'amusement dans sa voix. Elle haussa un sourcil, pourquoi ne devait-elle pas le répéter au docteur McCoy ? Elle ne comprenait pas. Mais, même si elle ne comprenait pas, elle ne comptait pas le répéter de toute façon. Elle secoua la tête. Spock et Jim se déplacèrent autour du canapé, apportant les plats sur la table basse ainsi qu'une chaise supplémentaire, comme ils ne pouvaient pas tous se serrer ensembles sur le canapé. Spock s'assit ensuite à côté d'elle tandis que le capitaine prenait place sur la chaise. Elle posa Sor sur ses genoux et lentement commença à manger.

« Comment se déroule le transport jusqu'à la base stellaire ? » Questionna Spock. Elle tendit l'oreille, écoutant la conversation avec attention. On leur avait dit que les enfants seraient amenés jusqu'à une base dans l'espace, à part elle qui serait ramenée directement à New Vulcain. « Eh bien, tout est assez tranquille, et à ce rythme là nous devrions y être après-demain. » Répondit le capitaine. « Les recherches des familles avancent, mais certains enfants ont disparu depuis très longtemps et ce n'est pas facile de retrouver des membres de leur famille… » Continua-t-il. Ils tombèrent dans une conversation tranquille, discutant des affaires et de la vie du vaisseau, le capitaine questionna Spock sur les rapports sur lesquels il avait travaillé et le Vulcain parla de choses compliquées à propos d'expériences qu'elle ne comprenait pas et elle se contenta d'écouter d'une oreille distraite tout en mangeant son plat.

« Alors, qu'avez-vous prévu de faire ? » Interrogea le capitaine après un moment. Elle entendit Spock prendre une pause de son repas. « J'ai programmé un padd pour que T'Meï puisse s'occuper pendant que je travaille. J'ai prévu sinon de lui faire visiter le vaisseau, nous allons rencontrer tout à l'heure le lieutenant Sulu au jardin botanique, T'Meï a témoigné de l'intérêt pour la botanique. » Répondit le vulcain. « C'est vrai T'Meï, vous vous intéressez à la botanique ? » Demanda le capitaine avec curiosité. Elle hocha de la tête mais n'élabora pas plus. « Et avez-vous lu des choses intéressantes sur le padd que vous a donné Spock ? » La questionna-t-il. « J'ai écouté la suite du conte que monsieur Spock m'a lu hier soir… » Répondit-elle timidement. « Attendez… Spock vous a lu une histoire pour dormir ? » S'étonna le capitaine en riant. Elle ne comprenait pas, qu'y avait-il de drôle dans ce qu'elle avait dit ? « T'Meï étant aveugle et ne pouvant pas lire par elle-même, il m'a parut logique de lui lire, d'autant qu'elle n'a que rarement eu l'occasion d'entendre ou de lire des histoires… » Répliqua Spock d'une voix neutre.

« Vous avez conscience que c'est incroyablement doux Monsieur Spock… » Répondit le Capitaine d'une voix amusée. « Il est logique de fournir à T'Meï ce dont elle a manqué pendant tant d'années. » Répondit Spock avec sérieux. « Bien sûr, ce n'est que de la logique, monsieur Spock… » Vint la voix du capitaine. « Et de quoi parlait le conte alors ? » La questionna-t-il. Ses joues se couvrir de vert alors qu'elle répondait : « Il semble que je me sois assoupie pendant l'histoire… mais il y avait un prince et une vieille dame, et il était à la recherche d'un beau jardin dans lequel se trouvaient des fruits magiques… » Expliqua-t-elle. « Vous aimez les histoires de prince et de princesse ? » Questionna-t-il, curieux. « J'apprécie les histoires, qu'il y ait un prince ou une princesse dedans m'indiffère assez… » Dit-elle. Elle ne comprenait pas bien pourquoi le capitaine lui posait toutes ces questions ? Allait-elle être interrogée sur chaque histoire qu'elle lirait ?

« Avez-vous une histoire préférée ? » Demanda-t-il. Elle haussa un sourcil. Elle l'ignorait. Elle n'avait que peu de souvenirs des histoires que lui racontait sa mère lorsqu'elle était plus jeune. Et après sa mort, il n'y avait plus personne pour lui en raconter. Elle secoua la tête et inconsciemment posa une main sur Sor, caressant doucement sa surface, le contact doux avait quelque chose de réellement apaisant. Le capitaine abandonna l'idée de la questionner et ils tombèrent dans un silence agréable. Alors qu'elle continuait de caresser Sor, elle se rendit compte qu'elle n'avait pas encore remercié le capitaine pour son présent. Elle inclina légèrement la tête dans sa direction.

« Je vous remercie de m'avoir donné Sor. » Dit-elle poliment. « Il n'y a pas de quoi. » Répondit le capitaine. Elle haussa un sourcil interrogatif à la phrase. De quoi n'y avait-il pas ? Elle tourna un regard curieux vers Spock. « C'est une expression terrienne qui signifie que l'on reçoit vos remerciements. » Expliqua Spock, semblant comprendre son questionnement. « Vous vous habituerez au langage illogique des humains. » Poursuivit-il. « Eh ! » S'indigna le capitaine. « Mon langage va très bien. » Protesta-t-il. Elle avait quelques doutes à ce sujet comme il semblait utiliser des expressions plus qu'illogiques. « Et n'essayez pas de la faire rentrer dans votre moule vulcain. » Se plaignit-il. Malgré son ton, elle semblait lire un certain amusement chez le capitaine.

« Dois-je vous rappeler qu'elle est vulcaine ? » Répondit simplement Spock. « Elle est peut-être vulcaine, elle n'a pas grandi et n'a pas été éduquée en tant que telle. » Répliqua le capitaine cette fois sur un ton bien plus sérieux. L'atmosphère de la pièce était soudainement devenue lourde, sans qu'elle comprenne exactement d'où cela était venu. Elle fronça les sourcils, réfléchissant aux mots du capitaine, est-ce que parce qu'elle n'avait pas été éduquée de la bonne façon elle était moins vulcaine ? Elle serra anxieusement Sor contre elle. Elle sentit le contact rassurant de la main de Spock contre son dos et elle se rapprocha imperceptiblement de lui, se fondant un peu dans le contact.

« Ça n'en fait pas d'elle quelqu'un de moins vulcain. » Corrigea Spock, ce qui la rassura un peu, elle avait peur de ne pas être assez vulcaine pour Spock et qu'il la rejette… Ce n'était pas sa faute si elle n'avait pas été éduquée de manière vulcaine et elle faisait de son mieux… « Ce n'est pas ce que… oh… je suis désolé T'Meï, ce n'est pas ce que je voulais dire. » Répondit le capitaine en s'adressant à elle. Elle haussa les sourcils, les excuses n'étaient pas logiques. Il ne lui avait rien fait de mal et il n'y avait rien à pardonner. Le repas se poursuivit dans un calme relatif, Spock et le capitaine reprenant leur petite conversation et T'Meï parlant assez peu, comme à son habitude, tant qu'elle n'était pas directement interrogée. Après le repas, le capitaine devant retourner sur le pont les salua puis quitta les quartiers de Spock, leur promettant de se rencontrer à nouveau bientôt. Une fois laissés seuls, Spock débarrassa les assiettes, tandis que T'Meï caressait pensivement le pelage de Sor.

« Spock ? » Demanda-t-elle timidement. Elle entendit le vulcain revenir vers le canapé. « Oui T'Meï ? » L'interrogea-t-il doucement. Elle se mordit les lèvres, elle avait peur de poser sa question. « Qui y a-t-il kan-bu ? » Demanda-t-il, la poussant doucement à poser la question qu'elle avait sur les lèvres. « Est-ce que parce que je… je n'ai pas été éduquée correctement… je suis moins vulcaine ? » Demanda-t-elle en baissant la tête. Elle l'entendit marcher puis prendre place à côté d'elle. « Vous êtes vulcaine, même si vous n'avez pas été éduqué de cette façon… et ce n'était pas de votre faute. » La rassura-t-il. Elle l'entendit prendre une inspiration. « Puis-je partager quelque chose avec vous ? » Demanda-t-il, il avait presque l'air prudent. Elle hocha la tête. « Il y a quelque chose que vous ne savez pas à mon sujet, je ne suis pas complètement vulcain… ma mère était humaine, et je suis seulement à demi vulcain… » Elle haussa un sourcil. Spock n'était pas complètement vulcain ? Il ne ressemblait pas à un être humain pourtant. Enfin, elle ne savait pas exactement à quoi il ressemblait, mais son caractère ne ressemblait pas à ce qu'elle connaissait des humains… Et pourquoi lui disait-il cela ? En quoi cela importait-il qu'il soit seulement à moitié ou complètement vulcain ?

« Beaucoup de vulcains m'ont jugé… incomplet… parce que je n'étais pas entièrement vulcain… Alors, sachez que, quelque soit la façon dont vous avez grandi, la façon dont vous êtes aujourd'hui, ça n'importe pas, d'accord ? Je ne vous jugerez pas comme étant moins vulcain parce que vous n'avez pas été éduquée de cette façon. » Dit-il et elle hocha la tête, elle comprenait ce qu'il voulait dire, bien qu'elle ne comprenait pas pourquoi les vulcains avaient jugé qu'il était incomplet, Spock ressemblait à n'importe quel vulcain pour elle… Mais encore, cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas fréquenté la compagnie de son peuple et son jugement était peut-être biaisé. Elle fut prise d'une anxiété soudaine à l'idée de rencontrer bientôt d'autres vulcains, est-ce qu'ils la jugeraient différemment de Spock ? La jugeraient-ils incomplète comme ils avaient jugé Spock incomplet ? Et s'ils ne l'acceptaient pas, ne voulaient pas d'elle comme elle était ? Elle se recroquevilla, s'enfonçant dans le canapé et serrant ses genoux contre son corps.

« Et si les autres vulcains ne m'acceptent pas comme je suis ? » Murmura-t-elle. Elle sentit à nouveau le contact réconfortant de la main de Spock dans son dos. « S'ils ne vous acceptent pas, c'est qu'ils ne vous méritent pas… Ne vous en faites pas, l'espace est assez grand pour que nous puissions tous y vivre à notre place, il faut juste trouver la votre. » Répondit-il. Et si elle ne trouvait pas sa place ? S'il n'y avait pas pour elle ? Si sa place c'était dans la maison des maîtres ? Si elle était condamnée à vivre une vie d'esclave pour toujours… « Et si je n'en ai pas ? » Demanda-t-elle en reniflant faiblement. Il enroula son bras autour d'elle et la serra doucement contre lui. « Vous serez toujours à votre place parmi les gens qui vous aiment… » Répondit-il.