Après leur déjeuner, Spock était retourné travailler à son bureau et T'Meï avait terminé d'écouter l'histoire du prince et du jardin du paradis. La fin semblait tragique et elle devait dire qu'elle était un peu inquiète pour le prince après la menace que la mort avait proféré. Après avoir terminé l'histoire, elle s'était mise en quête d'un nouveau récit, elle avait cherché un moment sur le padd, mais ne connaissant pas de titre, elle s'était vite retrouvée bloquée… Elle avait donc posé le padd sur la table basse et avait récupéré Sor, qui avait écouté attentivement l'histoire assis à côté d'elle. Elle était entrain de manipuler ses oreilles avec attention tout en repensant à la conversation et aux explications du Capitaine à propos du jouet quand lui vint l'idée d'investiguer sur les termes qu'elle n'avait pas très bien saisi. Elle récupéra le padd et l'interrogea.

« Que signifie amusement ? » Demanda-t-elle à l'appareil, et alors qu'elle n'avait que peu d'espoir que celui-ci lui réponde, la voix féminine s'éleva : « Amusement, de l'action de s'amuser, signifie une distraction agréable, un divertissement. » Elle chercha par la suite la signification de s'amuser et de divertissement, mais elles semblaient toutes dire les mêmes choses, la renvoyant de l'une à l'autre définition, sans fournir plus d'explications sur ce dont il s'agissait. Elle fronça les sourcils, est-ce que toutes les définitions étaient aussi inutiles ? Par la suite, elle commença à rechercher des mots au hasard, qu'elle avait pu entendre, ici et là. Elle chercha des informations sur les vaisseaux, la botanique, Starfleet, la Fédération… Et alors que l'appareil lui citait le monde de Vulcain comme un des premiers fondateurs de cette dernière, elle s'arrêta soudainement, comme suspendue aux derniers mots. Vulcain, sa planète détruite. Elle était prise d'une soudaine curiosité morbide… Elle ne savait que très peu de choses sur la destruction de son monde et le padd lui donnait accès librement à des informations sur ce sujet. La question étant, voulait-elle savoir ? Et puis, il n'y avait pas seulement elle, Spock était un vulcain aussi et même s'il était occupé à son travail, elle savait qu'il entendait très certainement les questions qu'elle posait au padd depuis qu'elle avait entamé ses recherches. Non, elle ne pouvait pas demander tant qu'il était là et qu'il écoutait, elle abandonna le padd, le reposant devant elle et serra Sor à la place contre sa poitrine.

« T'Meï ? » Appela Spock, la faisant légèrement sursauter. « Est-ce que tout va bien ? » Demanda-t-il doucement et elle hocha la tête. « Êtes-vous prête à aller retrouver le lieutenant Sulu au jardin botanique ? » Questionna-t-il et elle hocha la tête de nouveau, se déplaçant sur le canapé. « Sor peut-il venir avec nous ? » Demanda-t-elle timidement, tenant la peluche sous son bras. Il y eut un moment de silence pendant que Spock réfléchissait, avant de lui répondre finalement : « Bien sûre. Vous pouvez emporter Sor. » Elle sauta avec excitation sur le sol et se déplaça vers la porte d'entrée, Spock sur ses traces. Il passa devant et elle le suivit à l'extérieur. La question qu'elle s'était posée plus tôt dans la journée lui revint en tête alors qu'ils marchaient dans le couloir, elle tourna son visage dans la direction où elle pensait que devait se trouver Spock.

« Spock ? » Demanda-t-elle et le vulcain s'arrêta pour se tourner vers elle. « Oui ? » Elle fronça les sourcils et se mordit la lèvre, cherchant comment poser la question qu'elle avait en tête. « Ai-je le droit de sortir de vos quartiers ? » Interrogea-t-elle timidement. « Nous venons de sortir, je ne comprends pas le sens de votre question. » Répondit-il. « Je veux dire… ai-je le droit quand je suis seule ? » Questionna-t-elle. « Eh bien, un vaisseau n'est pas un endroit très sûr pour un enfant, d'autant plus quand vous ne pouvez pas voir ce qui vous entoure, donc je préférerez que vous ne vous y déplaciez pas sans être accompagnée. » Vint la réponse du vulcain. Oh. Donc elle n'avait pas le droit de sortir seule. Est-ce que les quartiers étaient comme la cellule ? Mais Spock n'était pas comme les maîtres pourtant. Elle avait un peu de mal à comprendre tout cela. « Pourquoi posez-vous cette question ? » Demanda Spock. Elle baissa la tête et recula légèrement, elle l'entendit se déplacer et quand il parla à nouveau sa voix venait de quelque part en face d'elle. « Qu'est-ce qui vous préoccupe Kan-bu ? » Incita-t-il doucement. Elle croisa ses bras devant elle, serrant Sor protectivement contre sa poitrine. La peluche avait sur elle un étrange effet apaisant, elle ne comprenait pas comment l'objet pouvait avoir un tel effet. Quand le capitaine lui avait dit comment il fonctionnait et de tout simplement l'essayer, elle avait été très sceptique, mais elle devait se rendre à l'évidence que les peluches d'animaux semblaient dotés d'étranges capacités magiques, quoique, elle ne savait pas, peut-être était-ce simplement les peluches de lapins… Elle devrait étudier la question plus tard…

« Est-ce que les quartiers sont comme la cellule ? » Finit-elle par demander. Elle entendit Spock inspirer et elle recula légèrement, resserrant sa prise sur Sor. Spock posa une main douce sur son poignet. « Non, vous n'êtes plus retenue captive, et je peux vous assurer que vous ne le serez plus jamais, et vous ne retournerez pas là-bas… » La rassura-t-il. « Vous pouvez aller et venir librement, à la seule condition d'être accompagnée afin de pouvoir assurer que vous soyez en sécurité, je comprends que cela puisse vous paraître un peu restrictif et vous rappeler le temps où vous n'étiez pas libre de vos mouvements, mais je vous assure que c'est une solution temporaire le temps de trouver un environnement plus propice à votre épanouissement et où vous pourriez évoluer avec une plus grande liberté tout en restant en toute sécurité. » Expliqua-t-il. Elle croyait comprendre, pas tout, mais un petit peu. Elle comprenait le fait qu'un vaisseau naviguant dans l'espace pouvait être un endroit dangereux et que sa cécité rendait encore plus dangereux de s'y déplacer seule, elle avait bien conscience de son handicap, et que donc elle doive être accompagnée. Mais elle ne comprenait pas ce qu'il entendait par un environnement plus propice où elle pourrait évoluer librement ? Elle n'avait jamais été libre de ses mouvements aussi loin qu'elle s'en souvienne chez les différents maîtres à qui elle avait appartenu. Mais, là encore, Spock avait dit que ça serait différent, que ça ne serait plus comme quand elle était chez les maîtres… Elle était à la fois impatiente et aussi un peu inquiète à cette perspective. Il y avait eu beaucoup de choses nouvelles depuis que Spock était entré dans sa cellule et si elle appréciait les changements, ne plus être blessée, avoir accès à de la nourriture et à des soins, être bien traitée, ne plus être forcée de faire les mauvaises choses… elle trouvait la nouveauté inquiétante et elle était toujours assez méfiante, craignant que tout ceci ne soit qu'une sorte d'illusion qui finisse par s'estomper et par disparaître. Elle avait peur de se réveiller un matin et d'être de retour dans cette prison…

« Vous ne retournerez pas là-bas, T'Meï. » Répéta Spock, elle haussa un sourcil un peu surprise et se rappela qu'il avait toujours ses doigts sur son poignet, il avait du saisir une partie de ses pensées à travers le contact. Bien qu'elle ait croisé la route de quelques télépathes par le passé, elle n'était pas vraiment habituée à être en contact avec l'un d'eux de façon aussi longue. Spock retira doucement sa main, rompant le contact, comme s'il s'en était lui-même rendu soudainement compte. « Voulez-vous toujours vous rendre au jardin botanique ? » Lui demanda-t-il et elle hocha la tête. Ils se remirent en marche, empruntant de nombreux couloirs qu'elle essayait toujours de cartographier, avant de prendre un turbolift qui les mena sur le pont des jardins, du moins c'était ce qu'elle pensait, puis ils prirent encore d'autres couloirs avant d'arriver finalement à leur destination.

« Nous y sommes. » L'avertit Spock alors qu'ils passaient par une porte. Elle fut immédiatement assaillie par une multitude d'odeurs et elle ne reconnaissait aucune d'entre elles. Ça ne sentait rien comme elle connaissait, ça ne sentait pas mauvais, comme sa cellule ou les maîtres, c'était au contraire un mélange d'odeurs agréables qui formaient une sorte de parfum entêtant. Elle avança prudemment dans la pièce, flairant les odeurs autour d'elle, essayant de se repérer à travers le prisme de son odorat, un sens qu'elle avait rarement exploité pour se diriger, quand elle entendit des pas se rapprocher et venir vers elle. Elle s'arrêta brusquement et recula, courant presque dans les jambes de Spock et alla se cacher derrière lui. Spock posa une main rassurante sur son épaule.

« Commandeur Spock, T'Meï. » Les salua le lieutenant Sulu en s'approchant, ne semblant pas se formaliser plus que cela de son comportement étrange. Il s'arrêta à proximité des deux vulcains. « T'Meï, je te souhaite la bienvenue dans le jardin botanique du vaisseau. » Dit-il. « C'est ma partie préférée sur l'Enterprise, j'aime piloter, mais j'apprécie aussi beaucoup la botanique et les plantes. Tu aimes les plantes ? » Demanda-t-il et elle hocha la tête. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, elle supposait qu'inconsciemment on devait avoir envie de ce qu'on ne pouvait pas avoir, bien que dans ce cas il pourrait y avoir beaucoup de choses qu'elle pourrait souhaiter avoir qui serait sans doute plus pertinent qu'un jardin fleuri. Cependant, elle avait son propre jardin imaginaire, dans lequel elle allait se replier, quand elle avait peur ou qu'elle était blessée. Elle situait son jardin sur vulcain, même si une telle localisation était illogique, a cause du climat défavorable de la planète, et du fait qu'eh bien, elle n'existait plus. Mais ça lui rappelait la maison même si ce n'était que dans son esprit. Au fond, elle ne connaissait que très peu de choses au sujet de la botanique. Seulement des choses qu'on lui avait lu, quelques rares noms et descriptions de fleurs. Mais elle n'en avait jamais vu de ses propres yeux, ou du moins elle était trop jeune pour s'en souvenir, et elle n'en verrait probablement jamais… Mais maintenant, elle pouvait les sentir et peut-être même les toucher, si monsieur Sulu et Spock le voulaient bien.

« Alors, y-a-t-il une fleur que tu souhaites voir en particulier ? Je ne te promet pas que nous ayons toutes les fleurs et les plantes que tu puisses souhaiter, mais nous avons une assez grande variété de spécimens… » Expliqua Sulu. Elle fronça les sourcils, elle ne connaissait pas beaucoup de plantes, mais elle se rappelait d'une fleur dont sa ko-mekh lui avait parlé. « Avez-vous des orchidées vulcaines ? » Interrogea-t-elle. « Elles sont assez rares maintenant, mais oui nous en avons un spécimen, venez. » L'invita-t-il. Il se mit à marcher et elle le suivit à travers ce qui semblait être un petit chemin qui devait probablement passer entre plusieurs plants de fleurs et de plantes diverses. Elle entendit Spock les suivre de près. Sulu s'arrêta soudainement et elle s'immobilisa dans ses traces.

« Voilà notre orchidée vulcaine, nous avons aussi quelques spécimens terriens… » Présenta Sulu. Elle se pencha légèrement et renifla doucement, l'orchidée diffusait une odeur douce et sucré, c'était agréable. Elle se tourna vers Sulu. « Puis-je les toucher ? » Demanda-t-elle. « Celles-ci vous pouvez, mais faites attention, comme je vous l'ai dit, c'est un spécimen rare. Vous ne pourrez pas toucher toutes les plantes cependant, certaines sont dangereuses… » L'avertit-il. Elle hocha la tête. « Je ferai attention… » Promit-elle et elle tendit doucement une main en avant. Ses doigts effleurèrent un pétale doux, on aurait dit que la fleur était recouverte d'une espèce de matière duveteuse semblable à celle qui recouvrait Sor…

« C'est doux, on dirait que c'est recouvert de poils… » Dit-elle. « On appelle ça des trichomes, ce sont de fines excroissances semblables à des poils et qui recouvrent certaines fleurs. » Expliqua-t-il. Oh, les fleurs avaient des poils ? C'était une découverte surprenante. « Pourquoi les fleurs ont-elles des poils ? » Interrogea-t-elle curieuse, et heureuse aussi d'en apprendre plus. « Ça leur sert à se protéger des agressions extérieures. Comme tes poils te protègent du froid… » Expliqua Sulu. Oh ? Alors les petits poils sur les plantes leur servaient à se protéger du froid ? Et probablement aussi d'autres choses… « Pourquoi les fleurs sentent-elles si bon ? » Demanda-t-elle. « L'odeur qu'elles dégagent leur sert à attirer les insectes pollinisateurs. Leur parfum est fabriqué par des petites glandes situées au niveau des pétales qui sont appelées des osmophores. » Dit-il. « Qu'est ce que c'est un pollinisateur ? » Questionna-t-elle ensuite. Elle espérait que ses questions curieuses ne dérangeaient pas le lieutenant Sulu.

« Un pollinisateur est un animal qui transporte des grains de pollen des fleurs mâles aux fleurs femelles et leur permettent de se reproduire. » Répondit Sulu qui ne semblait pas le moins du monde ennuyé et paraissait même ravi de parler de botanique avec elle. Elle hocha la tête, alors le pollen et le parfum servaient aux fleurs à se reproduire donc ? « Tu sais que les fleurs dégagent des odeurs, mais sais-tu qu'elles peuvent aussi produire de la musique ? » L'interrogea Sulu. Elle le regarda avec de grands yeux ronds, l'expression sembla provoquer une hilarité soudaine chez son guide. « Viens, je vais te montrer quelque chose… » Dit-il en se remettant en marche. Elle le suivit le long d'une allée, et à mesure qu'elle avançait, il lui semblait entendre comme un bruit, étrange et très faible, semblable à une sorte de carillon. A mesure qu'ils progressaient, le son se faisait un peu plus fort, un peu plus présent. Finalement Sulu l'arrêta devant ce qui semblait être la source du son. Pouvait-il vraiment venir d'une fleur comme il le prétendait ? Elle ignorait qu'une fleur pouvait produire de la musique, cela lui semblait incroyable. Mais, elle ne voyait pas pourquoi le lieutenant Sulu lui mentirait à ce sujet.

« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-elle, émerveillée par la musique. « On l'appelle la plante chantante, c'est une fleur talosienne… En plus d'être vraiment très belle, sa structure a la particularité de vibrer et de produire du son au contact du souffle de l'air… » Expliqua-t-il. C'était vraiment incroyable, pensa-t-elle. C'était véritablement une plante qui chantait… Elle ne savait même pas que c'était possible… « Existe-t-il d'autres plantes qui font de la musique ? » Demanda-t-elle avec excitation. « Eh bien, je ne connais que celle-là, mais l'univers est grand et s'il existe une plante qui fait de la musique je suppose qu'il doit probablement en exister d'autres… » Indiqua Sulu. « Ça serait en effet une supposition logique… » Commenta Spock qui jusque là s'était contenté de seulement observer leur interactions. « Est-ce que tu aimes la musique ? » L'interrogea Sulu. Elle haussa les épaules, un peu gênée, elle avait en réalité peu souvent eu l'occasion d'en écouter, elle se rappelait que sa mère chantait parfois pour elle lorsqu'elle était toute petite, mais c'était la chose la plus proche d'une expérience musicale qu'elle avait pu faire… Néanmoins, elle pouvait dire qu'elle appréciait le son que produisait la plante, alors sans doute appréciait-elle la musique.

« Je crois… » Répondit-elle doucement. « Savais-tu que Spock était un grand joueur de lyre vulcaine ? » Lui confia Sulu. Elle haussa un sourcil et secoua la tête, elle ne savait pas que Spock savait jouer de la musique. « Tu devrais l'écouter jouer, c'est un excellent musicien. » Lui chuchota-t-il comme s'il essayait de parler sans être entendu par le vulcain, ce qui était impossible au vu de leur ouïe particulièrement développée… Elle haussa un sourcil, curieuse, elle aimerait vraiment beaucoup écouter de la musique, elle tourna un regard plein d'espoir vers Spock. « Ce serait un réel plaisir de jouer de la musique pour vous Kan-bu. » Dit-il et un petit sourire se fraya un chemin sur son visage. Elle se retourna vers Sulu, une question soudaine lui venant en tête. « Quelle est la plante que vous préférez parmi toutes celles qui se trouvent ici ? » Demanda-t-elle.

« Hum, je vais te montrer… Viens… » L'invita-t-il et elle le suivit à nouveau à travers plusieurs sentiers, jusqu'à qu'ils se stoppent soudainement. « Je te présente la plante Beauregard, mais personnellement je l'appelle Gertrude… Attention n'approche pas trop près, c'est une plante carnivore. Est-ce que tu sais ce que c'est ? » La questionna-t-il. Elle secoua la tête tout en reculant prudemment. « Une plante carnivore est une plante capable d'attirer et de capturer des proies, comme des petits insectes par exemple, puis de les assimiler pour se nourrir. » Expliqua-t-il. Oh, elle ne savait pas que les plantes pouvaient manger d'autres êtres vivants… C'était un peu bizarre et assez effrayant. Elle se demandait pourquoi c'était la plante préférée du lieutenant Sulu ? Elle supposait, comme toute préférence, qu'elle devait être fondée sur des bases assez illogiques. Mais elle ne l'interrogea pas sur le sujet. Ils continuèrent à parler, Sulu l'interrogeant sur ses connaissances et sur ce qu'elle aimait, et elle lui posant des questions sur les fleurs et les plantes. Il lui montra plusieurs autres spécimens, dont une rose terrienne, une fleur capellane, une plante Retlaw qui était capable de se déplacer grâce à ses racines et qui était enfermée derrière un champ de force, parce que c'était apparemment une plante très dangereuse car elle était très venimeuse… Elle se sentit triste néanmoins pour la plante d'être ainsi enfermée… Elle l'interrogea sur l'apparence de la plus part des fleurs qu'il lui montra et il les lui décrivit de façon plutôt détaillée, puis bientôt la visite toucha à sa fin. T'Meï remercia Sulu pour leur avoir servi de guide et pour avoir répondu à ses questions, Sulu les salua puis ils repartirent en direction des quartiers de Spock.