Alors qu'ils arrivaient devant les quartiers de Spock, T'Meï fut alertée par des bruits dans l'entrée. Elle s'arrêta derrière Spock. « Attendez… » Prévint Evans en s'avançant devant eux. Elle l'entendit marcher à travers la porte. « Tout va bien. » L'entendit-elle appeler. « C'est le commandant Scott. » Expliqua-t-il. Elle entendit Spock s'avancer à son tour dans les quartiers et elle le suivit, restant prudemment derrière lui. « Ah Commandeur, j'ai pu aller chercher quand nous nous sommes arrêtés à la station de quoi installer un nouveau lit d'appoint pour la petite, désolé pour le temps que ça a pris, nous n'avions plus de stock ! » Annonça une voix. « Je me suis permit de l'installer dans vos quartiers… » Continua-t-il, elle nota qu'il avait un drôle d'accent. « Oh, j'espère que ça ne vous dérange pas… » Dit-il. « Merci commandant. » Répondit Spock. « T'Meï, je te présente notre ingénieur en chef, le commandant Montgomery Scott. » Annonça-t-il. Elle fronça les sourcils, pourquoi ce nom lui disait-il quelque chose ? Elle était sûre d'en avoir déjà entendu parler… Oh, elle s'en souvenait, c'était lui qui avait réglé les synthétiseurs pour qu'ils puissent produire des vêtements pour les enfants… Et il avait été sur la station pour aller chercher de quoi lui faire un lit ? C'était une gentille attention…

« Hey, bonjour gamin. » La salua le commandant. Elle inclina légèrement la tête, ses mains serrées devant elle autour du petit lapin. « Merci monsieur pour les vêtements et pour le lit… » Dit-elle. « Ce n'est rien, ne vous inquiétez pas. Et pas la peine de m'appeler Monsieur, appelez-moi Scotty, c'est comme ça que tout le monde m'appelle ici. » Elle sentit la chaleur monter dans ses joues et elle inclina un peu plus la tête. Elle n'était pas vraiment à l'aise avec les surnoms et s'en tenait généralement à appeler les gens par leur titre… C'était une habitude qu'elle avait hérité de la maison des maîtres où elle était sensée témoigner du respect pour les gens qui lui étaient supérieurs. La seule personne qu'elle appelait seulement par son nom était Spock, néanmoins, ce n'était pas par irrespect mais du fait de la proximité et du lien qui s'était rapidement tissé entre eux… Soudainement, elle s'interrogea, devrait-elle l'appeler Monsieur ou Commandeur ? Est-ce que le fait qu'elle l'appelle par son nom était une marque d'irrespect ? « Bien, si l'agencement vous va je vais vous laisser et retourner à mes machines. » Continua le commandant après un moment de silence. Spock approuva la disposition et le commandant leur fit ses adieux puis quitta leur quartiers.

« T'Meï ? » Entendit-elle Spock l'appeler. Elle se rendit compte qu'elle était restée immobile au milieu de la pièce. « Viens t'asseoir. » L'invita-t-il et elle se mit en mouvement, elle alla prendre place sur le canapé. « Est-ce que tout va bien ? » Lui demanda-t-il. Elle haussa légèrement les épaules. « Est-ce que la rencontre avec le guérisseur te perturbe toujours ? » L'interrogea-t-il. La question la surpris. C'est vrai que la rencontre avait été assez… perturbante. Mais non, ce n'était pas les mots du guérisseur qu'elle avait actuellement à l'esprit. Elle secoua la tête. « Y a-t-il autre chose qui te perturbe ? » La questionna-t-il et elle hocha la tête. « Veux-tu me dire ce que c'est ? » Invita-t-il doucement. Le vert envahi de nouveau son visage et elle prit une courte inspiration. « Je me demandais… » Commença-t-elle. « Comment devrais-je vous appeler ? » Le questionna-t-elle. « Spock ou Sa-mekh, si tu as envie de m'appeler comme ça, sont très biens… C'est à cause de ce qu'a dit le commandant Scott ? » Interrogea-t-il. Elle hocha la tête, en réalité, c'était aussi à cause des maîtres… Elle se mordit la lèvre, soucieuse.

« Quand j'étais dans la maison des maîtres… je devais appeler les… personnes supérieures par leur titre… je n'avais pas le droit d'utiliser leur nom… » Expliqua-t-elle faiblement. Elle sentit sa main se poser sur son épaule. « Tu n'es plus là-bas. Ici personne n'est supérieur à personne, tout le monde est égaux. Bien sûre il y a certaines marques de respect qui sont importantes… Surtout quand les gens ne sont pas proches. Mais, tu as le droit d'utiliser le nom, le prénom ou le surnom d'une personne si elle t'y autorise, comme le commandant Scott, ou bien, si vous êtes assez proches, comme nous. Tu comprends ? » Demanda-t-il. Elle hocha doucement la tête. Elle avait encore du mal à concevoir qu'elle était libre, et elle avait des difficultés à comprendre qu'il n'y avait plus de maître, ou de personnes supérieures à elle, mais elle comprenait ce qu'il voulait dire… « Par ailleurs… » Continua Spock. « Quand tu es proches de quelqu'un ou si la personne t'y autorise, tu peux le tutoyer. » Expliqua-t-il. Le vert envahi de nouveau ses joues, elle n'avait jamais tutoyé que sa Ko-mekh… Cela faisait donc plusieurs années qu'elle n'avait tutoyé personne, elle n'en avait jamais eu le droit chez ses différents maîtres. « Par exemple, tu n'as pas besoin de me dire vous, d'accord ? Nous sommes assez proches pour nous tutoyer et je t'y autorise. » Dit-il. Mais… Elle n'avait pas le droit de tutoyer les adultes ? Sauf qu'il l'y autorisait… Elle était confuse. Elle ne comprenait pas ce qu'elle était sensée faire… Mais elle n'allait pas s'opposer à sa volonté… Elle hocha doucement la tête.

« Veux-tu essayer ? » Proposa-t-il. Essayer de le tutoyer ? Elle se déplaça, légèrement mal à l'aise. Il avait beau lui avoir dit qu'elle pouvait, elle ne se sentait pas à l'aise avec, elle était assez effrayée même à cette idée. Elle ne savait pas vraiment exactement pourquoi ça lui faisait aussi peur, sans doute était-ce parce qu'elle était habituée à faire comme ça, et à devoir obéir aux règles des maîtres… Elle… Elle ne pouvait pas, pas pour l'instant. Elle secoua doucement la tête. « D'accord, je sais qu'il est difficile pour toi d'aller à l'encontre des règles que l'on t'a fixé quand tu étais là-bas, mais tu pourras le faire quand tu te sentiras prête. » Répondit Spock, comprenant visiblement son problème. « Puis-je te poser une question ? » Demanda-t-il après un moment. Elle haussa un sourcil perplexe, cela la confondait toujours qu'il lui demande sa permission… Néanmoins, après une courte réflexion, elle hocha la tête. « J'aimerai, si tu t'en sens capable, que tu me parles des règles qu'il y avait dans la maison des maîtres… » Enquêta-t-il. Il voulait qu'elle lui parle des règles ? Elle se mordit les lèvres et serra doucement ses bras autour d'elle. Il y en avait beaucoup… et y penser ne la rendait pas particulièrement à l'aise, mais ça ne la dérangeait pas de lui en parler.

« Les maîtres… Les méchantes personnes… avaient beaucoup de règles… » Commença-t-elle. « Nous… nous n'avions pas le droit de nous battre, d'essayé de nous échapper ou même de… de leur résister… On était puni si on essayait… On devait faire tout ce qu'ils voulaient… On avait pas le droit de dire non… Nous n'avions pas le droit d'utiliser notre nom, et ils ne l'utilisaient jamais non plus, ils nous appelaient juste esclave, ou bien par des noms méchants… Nous devions appeler tous les adultes par leur titre… Maître, ou monsieur… Nous n'avions pas le droit de parler entre nous… Et la plus part du temps, nous n'avions pas le droit de parler… Nous n'avions pas le droit de nous plaindre, et si nous faisions quelque chose de mal, ou si nous désobéissions, ils nous punissaient… Ils nous frappaient et ils… ils faisaient des choses méchantes… » Expliqua-t-elle faiblement. Elle sentit Spock serrer doucement son épaule et elle sentit sa compassion et sa bienveillance passer à travers le contact. « Je te remercie de bien avoir voulu me dire tout ça… Je sais que ce doit être difficile. Je veux que tu comprennes que les règles qu'on t'a fixé là-bas étaient de mauvaises règles, faites pour pouvoir mieux te contrôler et te blesser… Tu n'as plus à y obéir. Et les seules règles qu'il y a ici, sont des règles faites pour te protéger, parce que je ne veux pas qu'il t'arrive du mal, et tu ne seras jamais blessée parce que tu as désobéi. D'accord ? » Demanda-t-il. La petite fille hocha la tête.

« Tu es en sécurité, maintenant. » La rassura-t-il. Elle se pencha contre lui et il passa un bras autour de ses épaules, la serrant doucement. « Est-ce que la rencontre avec le guérisseur a un peu apaisé tes douleurs ? » Demanda-t-il après un moment. Elle haussa les épaules. Elle ne savait pas vraiment, la douleur était moins forte quand il était là, alors c'était difficile de savoir si la fusion avait pu aider en quoique ce soit, le guérisseur avait surtout regardé dans sa tête et observé ses centres psychiques et leur lien… Il n'avait pas vraiment opéré de manipulations sur son esprit. En réalité, elle ne savait même pas exactement ce qu'il était sensé faire dans sa tête, elle savait juste qu'ils devaient fusionner pour qu'il puisse regarder son esprit… « Est-ce que je suis obligée de le revoir ? » Demanda-t-elle. Elle comprenait d'un côté la nécessité de soigner son psychisme, de l'autre… Sanu avait été extrêmement désagréable avec Sa-Mekh et avec le docteur. « Non, tu n'y es pas obligée, mais cela serait mieux. De la même façon que le docteur McCoy a soigné tes blessures physiques, nous avons besoin aussi de guérir ton esprit et pour cela il faut que tu vois le guérisseur… » Expliqua-t-il.

« Mais… il n'était pas gentil avec vous… Je ne l'aime pas… » Dit-elle. Elle ne comprenait pas pourquoi il supportait ce genre de remarques ? C'était un peu comme… Elle ? Elle avait subi et accepté des choses parce qu'elle y avait été conditionnée, habituée… Et on dirait qu'il y était aussi habitué… Ce n'était pas normal. Le capitaine devrait l'aider. « Vous pourriez le dire au capitaine, il pourrait aller lui dire d'être plus gentil ? » Questionna-t-elle. « Ne t'inquiète pas pour ça, et je n'ai pas besoin que le capitaine me défende… » Rétorqua-t-il. Elle haussa un sourcil. « Vous ne devriez pas le laisser dire des choses comme ça… » Insista-t-elle. « T'Meï, j'apprécie ton inquiétude, mais ce n'est vraiment pas grave, d'accord ? » Répondit-il sur un ton sec. Elle se tut et elle hocha la tête. « Pardon… » Murmura-t-elle en baissant son visage. Elle entendit Spock prendre une inspiration. « T'Meï… je suis désolé, je ne voulais pas te parler de cette façon, je ne voulais pas te faire peur. » Dit-il doucement. Elle haussa les épaules, ce n'était pas grave, vraiment, ça lui apprendrait à parler trop… Et à se mêler de ce qui ne la regardait pas. Maintenant Spock la détestait et il ne voudrait sans doute plus d'elle… Des larmes silencieuses commencèrent à envahirent ses yeux et elle serra ses poings sur ses genoux, ses ongles pénétrants dans sa chaire, tandis qu'elle essayait de s'empêcher de pleurer.

« T'Meï… » Appela-t-il doucement. « Je suis vraiment désolé, tout va bien, je te le promets… Je suis… J'ai beaucoup été attaqué, que ce soit par les vulcains à cause de ma partie humaine, ou par les humains qui me jugeaient trop vulcain… J'y suis habitué… Mais tu as raison, je ne devrais probablement pas l'être. » Expliqua-t-il. « Je suis désolé, je ne voulais pas t'effrayer, je te promets que je ne suis pas en colère contre toi… » Ajouta-t-il quand elle ne dit rien. « Est-ce que tu peux me dire comment tu te sens ? » Demanda-t-il après un moment. Elle haussa les épaules et frotta une main sur sa joue, chassant les larmes qui s'y trouvaient. Elle était triste et effrayée, elle avait envie de courir et en même temps qu'il la tienne dans ses bras, comme Ko-Mekh quand elle avait peur ou qu'elle pleurait… Elle avait peur qui la laisse, qu'il l'abandonne et qu'il la déteste. « Je suis désolée… » Murmura-t-elle. Elle sentit une main sur son épaule et elle tressaillit, elle sentit ses émotions à travers le contact : prudence, regret, peur… « Tu n'as rien à être désolé… » Lui assura Spock. Elle baissa la tête. « Je vous ai énervé… » Dit-elle faiblement. « Ce n'est pas le cas, je te le promets… » Répondit-il. Les promesses étaient des mensonges… Les grandes personnes lui mentaient et la blessaient tout le temps…

« Je ne vais pas te faire de mal… T'Meï, sens mes émotions, est-ce que tu ressens de la colère ou la moindre violence ? » Interrogea-il. Elle fronça les sourcils. Non. Elle ne sentait que de la tristesse et une émotion avec laquelle elle était familière, mais qu'elle ne se serait pas attendue à sentir chez lui, la peur. Pourquoi avait-il peur ? Elle ne comprenait pas… Elle secoua la tête. « Je ne suis pas fâché, d'accord ? » Dit-il et elle hocha doucement la tête. « Tout va bien… » La rassura-t-il. Doucement, prudemment, il la prit dans ses bras, elle se laissa aller contre lui et se blottit contre son torse, la petite peluche emprisonnée contre sa poitrine. Elle sentit une main caresser ses cheveux. « Kan-bu… Est-ce que tu penses que tu pourrais me parler ? » Poussa-t-il doucement. Elle secoua la tête, elle ne se sentait pas assez sûre pour parler. « Est-ce que tu as peur de parler ? » L'interrogea-t-il et elle hocha la tête. « Voudrais-tu fusionner ? » Demanda-t-il après un moment. Elle allait secouer la tête lorsque soudainement elle fut prise d'une hésitation… Le guérisseur leur avait conseillé de fusionner ensemble, il avait dit que cela pourrait consolider leur lien et l'aider à avoir moins mal et à contrôler ses émotions… Elle avait toujours peur de lui faire mal ou qu'il se mette en colère contre elle, mais peut-être, si elle était plus capable de se contrôler, et si ils solidifiaient le lien, Spock ne la détesterait pas… Elle hocha prudemment la tête. Elle sentit Spock bouger pour s'asseoir face à elle.

« Es-tu sûre ? » Vérifia-t-il, elle hésita à nouveau avant de hocher la tête et elle sentit ses doigts venir se poser sur son visage. « Mon esprit à ton esprit… » L'entendit-elle dire puis elle le sentit pénétrer à l'intérieur de sa tête… Ses sentiments, comme une vague, vinrent recouvrir son esprit. Elle sentit son amour, mais aussi sa tristesse, sa peur et ses regrets. « Pourquoi êtes-vous triste ? » Elle n'avait pas conscience même d'avoir formulé la question, elle n'était pas vraiment habituée à la fusion et au fait qu'on puisse entendre toutes ses pensées. « Parce que je t'ai blessé et je ne voulais pas te faire de mal… » L'entendit-elle répondre dans ses pensées. Il lui avait fait peur, mais il ne lui avait pas fait de mal, elle savait ce que c'était que d'avoir mal… Un torrent d'images se déversa dans sa tête, des souvenirs des hommes qui l'avaient blessée… Elle sentit la douleur, dans ses pensées, et son cœur se serrer tandis que son esprit était submergé de souvenirs et de sensations. Une vague de protection et d'amour puissante vint laver ses pensées, s'enroulant autour d'elle et écartant les souvenirs désagréables, les repoussant loin d'elle. « Je ne vais jamais te faire de mal de cette façon, je te le promets… » Dit-il et elle pouvait sentir qu'il disait la vérité. « Je ne veux pas te faire de mal, d'aucune façon. » L'entendit-elle dire à nouveau dans ses pensées. Elle essaya de pousser, sonder à l'intérieur de son esprit, elle pouvait ressentir la connexion dont avait parlé de guérisseur, c'était comme un fil, mince et ténu, tendu entre leur deux esprits… Elle sentait aussi toujours la peur et la tristesse dans ses pensées. « Pourquoi avez-vous peur ? » S'entendit-elle demander. Plutôt que de lui répondre, il lui montra, elle, terrifiée, prostrée sur le canapé… Elle comprit qu'il craignait de lui faire peur. Puis l'image changea, rapidement, maintenant elle courrait loin de lui. Elle sentit qu'il avait peur qu'elle le repousse et le déteste parce qu'il lui avait fait mal. Puis, soudainement, il était seul, et elle était partie, elle sentit la profondeur de sa perte, c'était un sentiment intense, c'était comme une brûlure, une déchirure semblable à ce qu'elle avait ressenti quand ses parents étaient morts… Ses propres projections, ses propres peurs répondirent alors à ses pensées… Elle apparut seule dans la prison, livrée à elle-même, recroquevillée contre un mur dans le noir, le paysage changea rapidement et elle fut transportée de retour sur l'Enterprise, dans leur quartier. « Tu ne retourneras pas là-bas, je te le promets… » Lui dit-il. Elle lui montra, comme elle avait peur, qu'il l'abandonne et la laisse seule… Il la rassura, lui disant qu'il ne la laisserait jamais, qu'il ne l'abandonnerait pas… Elle lui montra, sa peur qu'il la déteste et il répondit par une vague puissante d'amour… « Jamais je ne pourrais te détester… » Et encore une fois, elle pouvait sentir l'intense sentiment de conviction qui accompagnait chacune de ses pensées. Les promesses étaient des mensonges… Mais, l'esprit, ne pouvait pas mentir… « Je ne te mentirai jamais. » Assura-t-il dans ses pensées. Elle lui répondit par une multitude de souvenirs, de promesses qu'on lui avait faite, et qui avait été trahies. Leur promesses, et leur mensonges. Il répondit par ses propres promesses, les mots qu'il avait prononcé dans la prison et qu'à l'époque elle n'avait pas cru… Les assurances que plus personne ne lui ferait de mal, qu'il la protégerait toujours. Qu'il ne la laisserait jamais. Elle entendit à nouveau son cri, brisant à travers les portes de l'infirmerie, quand elle était retenue par le pirate… Elle sentit sa colère, dirigée vers les pirates qui s'en étaient pris à elle, courir dans son esprit. Il sentit sa peur, face à sa colère, et il fit disparaître le sentiment et la rassura immédiatement. « Je ne suis pas en colère contre toi, seulement contre ceux qui t'ont blessé… » Il entendit sa propre voix craquer dans ses pensées, les mots qu'il avait prononcé plus tôt dans les quartiers… Elle vit ses regrets, il n'avait pas voulu lui faire peur, lui faire penser qu'il était en colère contre elle. Elle vit sa lassitude face aux attaques nombreuses qu'il avait subi au fil des ans et que c'est pour ça qu'il avait réagi comme cela… Parce qu'il ne voulait plus leur accorder de l'importance… Il ne voulait plus laisser ce genre de paroles l'atteindre et plus que tout, il ne voulait pas montrer que ça l'atteignait. Elle revit Sanu attaquer verbalement Spock et elle entendit sa propre voix prendre sa défense et elle sentit l'amour et la reconnaissance de Spock pour elle. Il lui montra combien le fait qu'elle prenne sa défense ainsi l'avait touché, et qu'il n'avait pas vraiment su réagir à ce sentiment. Parce que ce n'était pas à elle de le protéger. Puis, finalement, elle sentit son esprit se détacher d'elle…

Quand elle sortit de la fusion, elle sentit les larmes sur son visage, elle renifla et essuya ses joues avec sa manche. Elle sentit le front de Spock presser contre le sien. « Tout va bien… » Murmura-t-il. Elle vint se blottir contre lui et il la serra dans ses bras. Ils restèrent ainsi un long moment. Puis, au bout d'une heure ou de quelques minutes, elle n'avait plus vraiment conscience du temps… Il s'écarta d'elle. « Est-ce qu'il y a quelque chose que tu veuilles faire ? » Lui demanda-t-il et elle leva son visage vers lui. « Pouvez-vous me parler d'Odin ? » Interrogea-t-elle. « Bien sûre… » Commença-t-il, puis il se mit à lui raconter de vieilles histoires à propos d'un ancien peuple de la Terre, sur lequel régnait un dieu bienveillant qui veillait sur les neuf mondes qui formaient son royaume… Elle lui posa des questions, à propos de ce peuple étranger, de leur coutumes et de leur croyances, il lui expliqua patiemment leur culture, répondant à toutes ses questions… Finalement, bercée par les histoires que lui racontait Spock, et fatiguée par la fusion et toute la journée qu'elle avait eu, elle s'assoupit contre lui et il alla la porter dans son lit et la borda… Elle sentit la caresse douce d'un baiser sur son front et elle tomba endormie.