Elle ne voyait vraiment pas, comment ça pourrait aller mieux avec le temps ? De sa propre expérience les choses n'allaient jamais en s'arrangeant et quant à faire confiance à ces gens, elle ne savait pas si elle en serait jamais capable. Comment pouvait-elle faire confiance à ces personnes qui voulaient prétendre que tout irait bien, qu'elle ne serait plus blessée, quand le mal et la douleur était tout ce qu'elle connaissait ? Cela faisait tant d'années qu'elle vivait dans ces conditions horribles qu'elle ne pouvait pas même comprendre autre chose, elle ne pouvait pas comprendre la gentillesse de Spock par exemple, elle ne pouvait pas comprendre qu'il ne lui veuille pas de mal, qu'il soit si bon avec elle. Comment pourrait-elle le croire ?

Elle entendit Spock se déplacer sur le canapé et elle se tendit instinctivement. Il y eut un cliquetis et elle déduit que Spock était juste entrain de ramasser les assiettes pour débarrasser. Lorsque les maîtres mangeaient et qu'elle était là elle devait s'occuper de servir et débarrasser les plats et la nourriture. « Je peux le faire… » Proposa-t-elle en se redressant. « Ça ne sera pas nécessaire, je vais débarrasser, réfléchissez plutôt à quelque chose que vous voudriez faire. » Répondit Spock en prenant les plats, elle entendit ses pas s'éloigner. Quelque chose qu'elle voudrait faire ? Comment était-elle sensée savoir ce qu'elle était sensée faire ? Elle avait l'habitude qu'on lui dise toujours ce qu'elle devait faire. Et si on ne lui disait pas, elle savait de toute façon quelles étaient ses tâches et devoirs et ce qu'on attendait d'elle. Mais tout était devenu plus compliqué depuis qu'elle était arrivée ici, on ne la forçait plus à faire des choses, on lui parlait comme si elle était une vraie personne, on la laissait choisir et décider ce qu'elle voulait, même si elle n'avait aucune idée de ce qu'elle était sensée vouloir. Elle se creusa la tête pour essayé de deviner ce que Spock pouvait bien attendre d'elle, il avait proposé tout à l'heure de lui faire visiter ses quartiers, peut-être devrait-elle commencer par cela.

« Puis-je visiter ? » Demanda-t-elle timidement en tournant son visage dans la direction où était parti Spock. « Bien sûre, vous êtes libre d'explorer mes quartiers, ce sont aussi les vôtres maintenant, faites juste attention. Voulez-vous que je vous guide ? » Interrogea-t-il. Elle se mordit la lèvre, elle ne voulait pas prendre de son temps mais elle ne voulait pas non plus risquer de casser quoique ce soit, il lui avait dit de faire attention ce n'était sûrement pas pour rien. Il sembla lire son trouble intérieur comme il rajouta : « Cela n'est pas du tout un inconvénient. » Elle hocha la tête anxieusement.

« Bien, alors, vous êtes sur le canapé qui se trouve au centre de mes quartiers, je n'ai pas encore pu faire installer de lit d'appoint alors pour l'instant vous dormirez dessus j'en suis navré, mais j'espère que ça ne sera pas trop inconfortable. » Elle haussa un sourcil, inconfortable ? Dans sa cellule elle dormait sur un sol gelé, un canapé et qui sait peut-être une couverture vu comment ils étaient précautionneux étaient bien plus que ce qu'elle n'avait jamais eu. « Sur votre droite se trouve le synthétiseur, vous pouvez l'utiliser librement lorsque vous avez faim, il répond aux commandes vocales de sorte que vous ne devriez pas avoir de difficulté à l'utiliser. A gauche près du mur du côté de la porte se trouve mon bureau avec mon ordinateur, je vous demanderai de ne pas y toucher. » Elle hocha la tête, enregistrant l'information dans sa mémoire, ne pas toucher à l'ordinateur, elle pouvait comprendre cela ses maîtres n'aimaient pas du tout qu'elle fouine dans leur affaires c'était sans doute pareil pour Spock, il ne voulait pas qu'elle s'immisce ou fouille dans ses affaires. Elle se leva et fit le chemin jusqu'au synthétiseur, elle le trouva contre le mur, elle suivit ensuite le mur, dépassa la porte par laquelle était entrée et atteint le bureau.

« Près de l'autre mur se trouve le lit dans lequel je dors, à gauche du lit une porte mène à la salle de bain, sentez vous libre de l'utiliser comme bon vous semble. » Continua Spock. Elle avait le droit d'accéder à sa salle de bain ? Elle pouvait se laver ? L'étonnement devait se voir sur son visage mais Spock ne le releva pas se contentant de continuer à lui fournir des informations sur l'endroit où elle allait vivre ses prochains jours. « J'ai aménagé un espace de méditation, il se trouve entre le canapé et le lit, si vous voulez nous pourrons méditer ensemble, pratiquez vous la méditation ? » Demanda-t-il. Elle hocha la tête, elle savait que la méditation était une pratique commune chez les vulcains et qu'elle aidait à maintenir l'équilibre psychique. Sa mère lui avait appris à méditer et dans sa cellule c'était bien la seule chose qu'elle pouvait faire. Elle avait conscience cependant qu'elle ne devait certainement pas faire cela de la bonne façon vu les lacunes qu'elle semblait avoir face à d'autres télépathes qu'elle avait pu rencontrer, mais elle faisait aussi bien qu'elle pouvait. Elle espérait que Spock ne lui tiendrait pas rigueur de l'état de ses boucliers ou de son esprit en général, elle avait du endurer de nombreux assauts psychiques contre lesquels elle n'avait pas su se défendre et qui avaient réduit son esprit à l'état de lambeaux.

« Je… je ne suis pas très bonne pour ça… » Expliqua-t-elle en baissant la tête. Elle continua à tracer timidement le contour de la pièce, elle trouva la porte menant à la salle de bain et aussi le lit, elle revint vers le centre de la pièce, là où se trouvait le canapé. « Ce n'est pas grave, je vous guiderai et vous apprendrai… vous a-t-on enseigné les méthodes de méditations vulcaines ? » Interrogea Spock. Elle hocha la tête. Sa mère lui avait appris avant de mourir, elle ne savait sûrement pas tout, mais elle savait assez de choses. « Ma mère m'a appris certaines choses… » Expliqua-t-elle, une note de tristesse dans sa voix. Elle tâtonna à la recherche du canapé et reprit place dessus. Elle entendit les pas de Spock se rapprocher puis il se rassit à côté d'elle.

« Ma mère est morte aussi… alors je voulais te dire que je partage ta douleur, et que si tu voulais me parler d'elle je serais là pour écouter, d'accord ? Et si tu veux parler de quoique ce soit d'autre je suis là aussi. » Elle baissa la tête et renifla. Elle ne savait pas si elle serait jamais capable d'en parler, de sa mère, ou de toutes les autres choses. De toute façon, elle n'aimait pas parler. Les maîtres n'aimaient pas non plus qu'elle parle. Pourquoi Spock voulait-il qu'elle parle ? C'était si étrange, tout était si bizarre ici. Elle voulait dire que tout était bizarre, pour qu'il lui explique, qu'il lui dise pourquoi les choses étaient comme ça… Mais elle se sentait incapable de parler… Elle sentit la trace froide de l'eau sur sa joue et elle passa sa manche sur son visage, l'essuyant d'un geste rapide. Les vulcains ne pleuraient pas, elle le savait, elle n'était vraiment pas une bonne vulcaine.

« T'Meï ? » Appela doucement Spock près d'elle. Elle ne pouvait pas répondre, elle avait l'impression que si elle parlait elle allait éclater en sanglots, et elle ne devait pas pleurer, sinon Spock la détesterait et ne voudrait plus d'elle. Elle serra ses poings fermement sur ses genoux et essaya de prendre des respirations silencieuses, tentant péniblement de se calmer tout en cachant son état à Spock. Elle ne voulait pas qu'il la déteste, ou pire, le décevoir.

« Kan-bu, vous avez le droit de pleurer. » Lui dit Spock, elle secoua la tête, serrant si fort ses poings sur ses genoux que ses ongles commençaient à lui rentrer dans les paumes. « Pourquoi pas ? » Demanda-t-il. Était-ce une sorte de test ? Attendait-il une certaine réponse d'elle ? Elle ne savait pas. Elle se contenta de secouer la tête. Il y eut un long silence jusqu'à que Spock parle encore. « Souhaitez-vous fusionner pour me montrer ce qui ne va pas ? » Proposa-t-il et à nouveau elle secoua la tête et se crispa légèrement. Elle ne voulait pas risquer de lui faire mal à travers la fusion, elle avait pris assez de risques comme ça.

« Est-ce que vous avez peur de fusionner ? Vous ne sembliez pas avoir peur de ça lors de notre première fusion, mais après vous avez refusé la fusion quand le docteur l'a proposé pour que je puisse établir l'étendu de vos blessures psychiques… Est-ce que… la fusion vous a blessé ? » Demanda-t-il, légèrement hésitant. A nouveau, elle secoua la tête, elle voulait crier, crier que ce n'était pas elle qui avait été blessée, mais lui, et qu'elle était mauvaise, parce qu'elle lui avait fait du mal, elle ne voulait même pas le blesser, mais elle était mauvaise, à l'intérieur d'elle, et tout ce qu'elle faisait était mauvais et elle faisait du mal aux autres et c'est pour ça qu'on lui avait fait du mal, elle méritait toutes ces choses… Elle sentit ses yeux lui brûler et des larmes perlèrent sur son visage. Elle le cacha entre ses mains, honteuse.

« Il n'y aucune honte à pleurer. Ni à avoir peur. Je sais que la tradition vulcaine a du vous enseigner à contrôler vos émotions mais il est acceptable, dans une situation comme la votre, d'éprouver des émotions, et il est acceptable aussi de les exprimer… Vous n'avez pas besoin de vous cacher. » Dit-il. Est-ce qu'il voulait vraiment dire ce qu'il disait ? Les vulcains ne mentaient pas… les vrais vulcains en tout cas, contrairement à elle… Elle n'avait pas l'impression d'avoir encore quoique ce soit de vulcain… Mais Spock était un vrai vulcain, alors il ne lui mentirait pas, non ? Elle avait encore du mal à lui faire confiance, pourtant, il ne lui avait fait aucun mal depuis leur première rencontre dans la cellule… Elle sentit le corps de Spock se déplacer près d'elle et se rapprocher, elle se tendit instinctivement. Puis, il passa un bras autour de ses épaules et doucement posa sa main sur le bas de sa nuque. Immédiatement elle sentit les émotions affluer en elle. Il y avait de la douceur, de la compassion, et une autre chose qu'elle n'avait ressentie que rarement et essentiellement auprès de sa mère. De l'amour. Cela faisait si longtemps, qu'elle n'en reconnaissait même plus le goût, elle en avait oublié le parfum. Mais à nouveau, c'était comme une vieille mélodie qui jouait dans sa tête. Le barrage de ses yeux se rompit, déversant un torrent de larmes silencieuses. Spock ne dit rien, se contentant de la retenir et de la laisser pleurer, jusqu'à que l'épuisement la gagne et que ses larmes se tarissent. Sans s'en rendre compte, elle s'était doucement lovée contre lui, se recroquevillant dans son étreinte rassurante. Là où pour la première fois, depuis si longtemps, elle se sentait aimée. Épuisée, vidée de toute énergie, elle sombra dans le sommeil et la nuit et quelque part, loin, elle était sûre d'entendre quelqu'un chanter. C'était une berceuse douce, qui ne ressemblait à aucune chanson qu'elle connaissait.

Elle ignorait combien de temps elle avait dormi, quand elle s'éveilla, elle n'était plus assise, elle était allongée, recroquevillée sur le canapé, la tête posée sur ce qui semblait être un coussin et il y avait quelque chose de chaud et de doux sur elle. Alors qu'elle revenait à elle, elle tendit l'oreille, au début, elle n'entendit rien d'autre que sa propre respiration, puis elle perçut le son d'un autre souffle, il était bien plus lent, c'était pour cela qu'au début elle ne l'avait pas entendu. Il y avait aussi quelque chose d'étrange, une odeur dans l'air, comme de la fumée parfumée. Lentement, prudemment, elle se redressa, s'asseyant, la couverture posée sur elle glissa sur ses jambes, elle en attrapa les bords et la mit autour de ses épaules.

« Spock ? » Appela-t-elle doucement. Elle se rappelait qu'elle s'était trouvée dans les quartiers de Spock, elle devait encore y être. Elle se souvenait avoir pleuré, puis s'être endormie. Elle savait qu'elle n'était pas seule dans la pièce, elle avait entendu le bruit de l'autre respiration, et elle avait déduit qu'elle devait appartenir à Spock, elle ne voyait pas qui d'autre à part eux deux pourrait se trouver dans ses quartiers. Elle entendit un froissement de tissu puis la voix grave du vulcain vint de quelque part sur son côté.

« Je suis là. » Répondit-il. « Je méditais. Voulez-vous vous joindre à moi ? » Offrit-il. Elle paniqua, elle avait dérangé Spock alors qu'il méditait, elle ne devait pas déranger les maîtres ou les clients, normalement, et même si Spock n'était ni l'un ni l'autre, elle estimait qu'elle ne devrait pas le déranger non plus et qu'il serait fâché si elle le faisait et elle ne voulait pas le mettre en colère il avait été si gentil avec elle… « Pardon, je ne voulais pas vous déranger. » S'excusa-t-elle immédiatement, baissant la tête, effrayée et honteuse. Il s'empressa de la rassurer. « Vous ne l'avez pas fait. Venez, asseyez vous. » L'invita-t-il. Elle se leva, ses petits doigts tenant toujours les bords de la couverture, et se déplaça du canapé vers l'endroit où elle estimait que devait se trouver Spock. « Voilà, ici, faites un pas en avant et vous y êtes. Vous pouvez vous asseoir. Vous pouvez prendre un coussin pour être plus à l'aise. » Elle suivit ses directives et prit place sur le sol, s'asseyant en tailleur, une posture qu'elle savait adaptée pour la méditation.

« Bien, comment vous sentez-vous ? » Demanda-t-il. Elle haussa les épaules, sa tristesse et ses pleurs avaient laissé place à un sentiment d'épuisement, elle était lasse et fatiguée. Elle ne savait pas comment répondre en réalité, elle ignorait la réponse qu'il attendait et elle trouvait cela perturbant, d'habitude elle savait toujours ce qu'on attendait d'elle, mais ici et avec Spock, tout était différent, et elle ne savait plus. Spock ne la poussa pas, cependant, et attendit patiemment qu'elle trouve les réponses en elle. Elle avait conscience aussi que ce n'était pas une question commune pour un vulcain et elle ignorait aussi quelle était la bonne réponse pour quelqu'un de son espèce. Devait-elle dire ce qu'elle éprouvait, au risque de ne pas paraître parfaitement vulcaine ? Ou mentir ? Ce qui était aussi peu vulcain que de ressentir et d'exprimer ses émotions. Des fois elle ne comprenait pas bien les coutumes de son peuple, elles ne lui semblaient pas si logiques, pour une espèce fondant tout sur la logique. Son trouble était probablement du au fait qu'elle n'avait pas grandi parmi son peuple, mais qu'elle n'avait que des brides de la sagesse de sa culture. Spock cependant attendait d'elle une réponse, et elle se creusa la tête pour en fournir une qui soit adaptée, sa mère lui avait dit de ne jamais mentir sauf si c'était pour se protéger et elle ne pensait pas qu'elle avait besoin de se protéger en cet instant, alors elle opta pour dire la vérité.

« Je me sens fatiguée. » Murmura-t-elle en serrant ses bras et la couverture autour d'elle. « Voulez-vous retourner dormir ? » Proposa Spock. Elle secoua la tête. Elle était encore ensommeillée et elle serait sans doute capable de se rendormir, mais elle était troublée depuis qu'elle était ici, tout son quotidien avait été chamboulé, des choses qu'elle croyait, qu'elle avait pour certitude, s'étaient révélées fausses et méditer un peu pourrait peut-être l'aider à remettre un peu d'ordre dans ses pensées.

« Que voulez-vous faire ? » L'interrogea-t-il avec douceur. « Pouvons-nous méditer ? » Demanda-t-elle. « Bien sûr. Voulez-vous méditer librement, ou souhaitez vous que je vous guide ? » La questionna-t-il. Encore une fois, elle craignait de le déranger. « Je ne veux pas vous déranger… » Répondit-elle avec prudence et un léger soupçon d'anxiété. « Si je le propose, c'est que logiquement, cela ne me dérange pas. Je vous propose de faire de cela une nouvelle règle, si je vous propose quelque chose, vous pouvez si vous le voulez l'accepter, sans craindre de me déranger. » Elle releva la tête vers lui. « Êtes-vous d'accord ? » Demanda-t-il. Elle hocha la tête toujours perdue quant au fait qu'il établisse des règles et demande ensuite son accord à leur sujet, alors que les règles étaient les règles et qu'elle n'avait pas à les discuter. « Pouvez-vous me répéter les deux règles que nous avons mis en place ? » L'interrogea-t-il. Elle se redressa légèrement et récita les deux règles de Spock : « Personne n'a le droit de me toucher ou de me faire quelque chose que je ne veux pas. Et je ne vous dérangerai pas si j'accepte quelque chose que vous avez proposé. » Récita-t-elle. Elle se demandait pourquoi il lui faisait répéter les règles et si elle devrait les réciter encore toutes lorsqu'elles seraient plus nombreuses. Mais, elle n'avait pas à poser la question ni à discuter les méthodes ou l'autorité de Monsieur Spock.

« C'est très bien, T'Meï. Maintenant commençons la méditation si vous le voulez bien. Joignez vos mains devant vous et essayez de vous concentrer sur vos pensées… cherchez l'ordre et l'équilibre à l'intérieur de votre esprit… » Lentement, Spock la guida, l'invitant à observer le cours constant, le flux et le reflux de ses pensées et des connexions à l'intérieur de son esprit, à se concentrer sur les énergies qui passaient en elle. Elle essayait de se concentrer sur sa voix, mais comme assez souvent, elle rencontrait des difficultés à se concentrer, son esprit était parasité par des émotions et des souvenirs négatifs qui troublaient l'ordre qu'elle essayait de maintenir à l'intérieur d'elle-même. Mais, elle essaya tant bien que mal de se raccrocher, prenant appui sur la voix de Spock et sur les sentiments qu'elle lui associait, pour éloigner les sentiments de peur et l'angoisse qui l'accablaient. Elle se concentrait sur des émotions qu'elle avait ressenti à son contact, douceur, car Spock ne lui voulait aucun mal, protection, car Spock la protégeait d'être blessée et veillait sur elle, chaleur et amour, car Spock l'aimait. Même si elle ne comprenait pas bien pourquoi.

« Spock ? » Demanda-t-elle soudainement, brisant le silence de leur méditation. « Oui ? » Vint la réponse douce. Elle ne savait pas comment poser la question qui lui était venue en tête. Elle se mordilla anxieusement les lèvres. « Quelle est votre question, Kan-bu ? » L'interrogea Spock, semblant lire son trouble comme s'il pouvait voir à travers ses pensées.

« Je… quand nous sommes en contact, je ressens… comme des émotions… qui viennent de vous je crois… je me demandais pourquoi… » Elle s'interrompit, hésitante. « Vous avez effectivement la faculté de ressentir les émotions des autres à travers le contact, c'est une faculté commune chez les Vulcains, mais elle semble cependant plus développée chez vous. Il arrive que des vulcains fassent preuve de capacités particulières, d'une télépathie puis puissante par exemple ou comme vous, d'un don d'empathie. Quant aux émotions que vous ressentez chez les autres, et chez moi, ce sont les émotions qui nous traversent à l'instant où vous les ressentez. Est-ce que cela répond à votre question ? » L'interrogea-t-il. Ce n'était pas exactement sa question et donc pas tout à fait la réponse qu'elle attendait, mais elle ne savait pas comment formuler sa question, elle n'avait pas l'habitude de parler de ce genre de chose, en fait elle n'avait pas pour habitude de parler tout court. Elle secoua la tête.

« Quelle est votre question ? » La questionna-t-il alors avec douceur. « Quand vous m'avez touché, j'ai ressenti de la douceur, de la protection, et… de l'amour. » Dit-elle. Ce n'était pas vraiment une question, elle le savait, mais il lui manquait les bons mots pour demander ce qu'elle voulait, alors elle espérait que Spock comprendrait. « Pourquoi ? » Demanda-t-elle simplement.

« Le sentiment que vous avez ressenti, c'est ce que ressentent les parents pour leur enfants. » Répondit-il. Les parents ? Voulait-il vraiment dire… qu'il l'aimait comme son propre enfant ? Qu'il voulait qu'elle soit son enfant ? Mais, le capitaine avait dit que Spock ne pourrait pas l'adopter ? C'était ce qu'elle voudrait, si on lui en laissait le choix. Mais elle pensait que c'était impossible. Elle pensait qu'ils allaient la remettre à une famille vulcaine et disparaître ensuite. « Mais… Le capitaine a dit que vous ne pourriez pas m'adopter ? A cause de votre travail et… » Et parce que sans doute jamais quelqu'un de sain d'esprit ne voudrait d'elle.

« C'est ce que vous voudriez ? » Interrogea-t-il. Elle ne savait pas, tout était si nouveau, mais elle aimait Spock, et elle voulait rester avec lui et qu'il soit son nouveau Sa-mekh. Spock était gentil avec elle et avant personne ne l'était… Elle ne comprenait pas pourquoi il était si gentil. Elle hocha la tête.

« Si c'est votre souhait, alors je pourrais l'être. » Répondit-il. Pour de vrai ? Des larmes, cette fois de joie, envahirent ses yeux. Elle se redressa et alla se fondre contre sa poitrine, des bras forts l'entourèrent, la serrant avec douceur. Elle se blottit contre lui, des larmes chaudes coulant sur son visage et allant se perdre sur ses vêtements.

« Merci… » Murmura-t-elle.