Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling, etc, etc.

N/A : Encore un OS pas très gai, j'en ai peur... mais j'essaye de me soigner ! J'espère que ça compensera un peu l'absence de ma muse, partie en vacances on se sait où pour 'Vulnera' (mais je suis à sa poursuite).

Severus s'est toujours senti coupable pour la mort de Lily. Mais Lily s'est-elle jamais demandé ce qu'il serait devenu si elle lui avait pardonné? Léger bashing James et Sirius.

Pour beaucoup, y compris Severus, Lily est une sorte de "sainte". Personnellement, je pense qu'elle était surtout une enfant gâtée, qui prenait ce qu'on lui donnait, et ne se souciait pas trop de ce que les autres pouvaient éprouver. Severus lui a été utile avant Poudlard, pour se familiariser avec son nouveau monde, mais je suis certaine qu'elle a saisi la première occasion pour se débarrasser d'une relation devenue plus encombrante qu'autre chose (Je n'adhère pas aux théories du "ce n'était pas la première fois et ce n'a été que la goutte d'eau..."). Une véritable amie ne se serait pas arrêtée à un mot, certes malheureux (mais quel ado n'en prononce pas, quitte à le regretter immédiatement), mais aurait aussi pris en compte les circonstances, et ce qui les avait liés jusque là. Comment en plus a-t-elle pu se rapprocher des Maraudeurs et se laisser séduire par ce petit c** de James (désolée, je ne l'aime pas, celui-là... je préfère encore Sirius, c'est tout dire), cela me laisse sans voix ! Et qu'on ne me ressorte pas "oui, mais il avait changé... etc" : vous en connaissez beaucoup, vous des ados qui "changent" du jour au lendemain et de harceleurs compulsifs deviennent, également du jour au lendemain, des modèles de vertu ? Peut-être plus tard, en devenant adulte, a-t-il un peu évolué, je veux bien lui laisser le bénéfice du doute, mais tant qu'il était à Poudlard, j'en doute...
Severus continuant à l'aimer malgré tout (l'amour est aveugle), j'ai essayé de montrer qu'elle avait peut-être, elle aussi, un peu "mûri" et de plus, j'ai trouvé assez tentant (et allez, avouons-le, jouissif. Niark!) qu'au moment de mourir, ce soit à lui qu'elle pense, et pas à James.

Et Merci à LycorisSnape, Juliana, Zeugma et Debby alias Alice pour vos commentaires sur le petit bonus au 'Veilleur dans l'ombre' publié il y a... non ! Pas déjà quinze jours...


En cet instant je pense à toi

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Ma baguette ! Ma baguette est restée dans le tiroir du haut de la commode de ma chambre. Je ne pourrai pas Transplaner ! J'ai tellement ri le jour où tu m'as montré l'étui que tu avais fabriqué pour maintenir la tienne toujours à portée, plaquée contre ton bras gauche ! Je t'ai même demandé si tu le gardais pour dormir. Je t'ai traité de paranoïaque… A quatorze ans, tes 'nous sommes en guerre, Lily ' me semblaient tellement… exagérés, éloignés des préoccupations des enfants que nous étions.

Sev !

Oh Sev, que nous est-il arrivé ? Pourquoi ai-je écouté James ? Pourquoi l'ai-je cru lorsqu'il me disait que quoi que je fasse ou que je dise tu deviendrais un Mangemort. Que tu étais comme tous les autres. Pourri jusqu'à la moelle. Irrécupérable.

Pourquoi n'ai-je pas su me souvenir de tes rares sourires heureux, lorsque tu transformais pour moi des feuilles en papillons. Pourquoi n'ai-je pas su me souvenir qu'il t'avait haï avant même de te connaitre, uniquement parce que tu voulais légitimement être réparti dans la même Maison que ta mère… tout comme lui voulait l'être dans celle de son père. Comment ai-je pu oublier son orgueil d'enfant riche et gâté, son arrogance, le sourire méprisant qui retroussait un coin de sa lèvre, l'étincelle cruelle et malsaine dans son regard, lorsqu'il repérait une nouvelle victime avec laquelle s'amuser. Ton seul tort a finalement été de lui résister, il abandonnait vite les proies résignées.

Ce jour-là, lorsque tu m'as appelée par ce… mot, j'étais tellement en colère, Sev, que je n'ai pas réussi à voir au-delà.

Pas su voir à quel point ce qu'ils t'avaient fait était ignoble.

Et non seulement je me suis détournée de toi, mais je me suis jointe aux autres, je me suis moquée de toi. La moitié de l'école était là, tes « amis » de Serpentard en tête, et toi, suspendu en l'air par un pied, les robes rabattues par-dessus la tête… ils avaient bien réussi leur coup. En une seconde, tu étais devenu la risée de tous. Ce qu'ils ont fait ensuite, je n'ai même pas voulu le savoir, mais les messes basses et les rires gras étaient assez explicites. Comment auraient-ils réagi, eux, dans les mêmes circonstances ? Comment aurais-je réagi… moi ?

Ce soir-là, lorsque tu es venu pour t'excuser, ils m'ont tous dissuadée de t'écouter. Ils ont réussi à me convaincre que tu recommencerais à la première occasion…

Je sais que tu as dit ça sous le coup de la colère et de l'humiliation. Je sais que tu n'as même pas réalisé à qui tu le disais, même si c'était inacceptable pour n'importe qui. Inacceptable… mais certainement pas inexcusable. Je sais que tu ne pouvais pas te permettre de perdre encore plus la face devant les membres de ta Maison, en étant redevable de ton salut à une Gryffondor. Née-Moldue de surcroit. Je sais qu'au point où en étaient les choses à cette époque, être un Sang-mêlé à Serpentard était presque une condamnation. Peut-être pas à mort, du moins pas à l'intérieur de l'école, mais à un insoutenable ostracisme. Et il te fallait encore y survivre pendant deux ans.

Tout cela, je le savais, mais je n'ai pas voulu en tenir compte. Tu m'avais blessée, et je ne voyais que ça, et tous les Gryffondors faisaient bloc autour de moi pour me cacher tout le reste. A partir de ce soir-là, ils ne m'ont plus lâchée, je ne pouvais plus faire un pas toute seule. Et j'ai été faible. Et j'ai été lâche. Et j'ai cédé à la facilité. Oui, c'était tellement facile, d'être enfin parfaitement intégrée à ma Maison. De ne plus être celle qui a de mauvaises fréquentations. D'être entourée de sourires. Après tout, j'avais perdu un ami, mais j'en avais retrouvé des dizaines. Je me suis laissée griser, sans penser que toi, tu avais perdu la seule personne qui pouvait encore te retenir du côté de la Lumière.

Je suis consciente d'à quel point cela peut paraître prétentieux, mais c'est aussi la vérité.

Parce que je le sais. Je le savais déjà. Si je ne t'avais pas abandonné, si tu ne m'avais pas perdue, tu n'aurais jamais basculé. Oh bien sûr, tu n'aurais pas renoncé à étudier les Arts Sombres, mais je sais que tu étais prêt à tout le reste pour moi.

Je sais que tu… m'aimais.

Je le sais, et je le savais. Et tout cet amour, tout cet immense amour me faisait peur. Me terrifiait. Je n'étais pas prête à affronter cela. Nous avions quinze ans, c'est l'âge des amourettes d'adolescents. Toi, tu m'offrais le Grand Amour. J'ai eu peur. J'ai été égoïste. Et l'excuse était tellement évidente ! Je me suis persuadée qu'on ne pouvait pas s'intéresser à la Magie Noire sans vouloir devenir automatiquement un Mage Noir… Comment ai-je pu être assez aveugle pour ne pas voir que les Maraudeurs s'y intéressaient tout autant que toi… bien entendu sous le prétexte de vouloir aider Remus.

Je me suis réfugiée au cœur de ma Maison. Je me suis laissée courtiser par d'autres. Et puis peu à peu, James s'est assagi, il a réussi à m'apprivoiser… et je suis tombée dans ses filets.

Il a changé. Depuis notre mariage, il est redevenu arrogant et prétentieux, comme avant. Avec Sirius, ils paradent comme deux paons autour de Dumbledore, comme si c'était eux qui avaient créé l'Ordre. Pourquoi est-ce que dis qu'il a changé ? Non, il n'a pas changé, il ne se cache plus, il a réussi son pari. Parce que même s'il prétend qu'il est vraiment tombé amoureux de moi par la suite, je sais maintenant qu'au départ, je n'étais que l'objet d'un pari entre lui et Sirius.

Je ne suis pas malheureuse, non, mais puis-je dire que je suis vraiment heureuse ? Je ne sais pas. Il y a Harry, Harry que j'aime par-dessus tout, et que son père adore. Harry est le ciment de notre couple, mais jusqu'à quand ? Quand le ciment commencera-t-il à s'effriter ?

Je n'aurais peut-être pas pu t'aimer, Sev. Mais j'aurais pu rester ton amie. J'aurais pu être là pour toi lorsque tu en as eu besoin, lorsque tu t'es retrouvé seul, face à Malfoy, et aux autres… face à Voldemort ! Je m'en veux tellement, Sev ! J'espère tellement que tu n'es pas là ce soir, que tu ne l'as pas accompagné ! Tu dois tellement me haïr ! J'aimerais tellement être sûre que tu m'as pardonnée. J'aimerais tellement savoir si cet espion dont Dumbledore nous a parlé, ce Mangemort à son service dans les rangs de l'Ombre, c'est toi ! Quelque chose au fond de moi m'a toujours soufflé que c'était toi… Je voudrais tellement que ce soit toi ! Je voudrais tellement savoir que tu es revenu vers la lumière !

Les bruits ont cessé au rez-de-chaussée, mais je ne me fais aucune illusion, aucun d'entre nous n'est vraiment capable de lui tenir tête ! Et tu vois, quelle ironie, c'est à toi que je pense, aux portes de la mort. A toi et à Harry. Si je pouvais, si j'arrivais à le sauver, j'aimerais tellement que ce soit toi qui prenne soin de lui ! Qui pourrait mieux le protéger que toi ?

N'oublie jamais Sev ! N'oublie jamais qu'il est mon fils avant d'être celui de James. Je te demande pardon Sev. Je…

FIN


Lumos, please...