Hello there !

Me revoilà sur le fandom de Voltron, cette fois-ci avec un recueil de quatre OS sur Lance et Keith. En gros, il y aura quatre OS sur différentes étapes de leur relation (plus ou moins fluff, plus ou moins angst, plus ou moins hurt/comfort aussi, bref, vous verrez haha).

On commence avec quelque chose de tout mignon tout doux, parce que LE FLUFF C'EST LA VIE, et que ça fait teeellement du bien d'écrire des choses si douces, si vous saviez. 8D (Big up à Bymeha et Aeliheart974.) (Sinon à part ça j'ai peur que Keith soit un peu OOC, j'espère que ça ne sera pas trop le cas.)

Disclaimer : Voltron: Legendary Defender appartient à Dreamworks.

Genres : Romance, friendship.

Rating : K+

Bonne lecture !


Les quatre saisons


- 1 -
Printemps


« J'ai l'impression que le temps n'avance pas. »

Keith leva les yeux de la lame qu'il polissait pour regarder Lance assit en tailleur sur son lit, son masque d'argile sur le visage et sa serviette dans les cheveux.

« De quoi tu parles ?

- Je sais pas, c'est... C'est étrange, répondit-il en haussant les épaules. Ça te fait pas ça, toi aussi, des fois ? D'avoir cette sensation bizarre de ne pas voir le temps passer ?

- … Comme si l'on n'avait plus de repères temporels ?

- … Ouais. Ouais c'est ça, c'est carrément ça même !

- Alors oui, ça me le fait aussi parfois, soupira Keith. »

Lance observa Keith qui le regardait déjà, et il sourit en repensant aux souvenirs qu'il avait de la Terre.

« Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour, je sais pas moi... Revoir les feuilles tomber en automne, par exemple ! »

Keith sourit discrètement à son tour, et Lance le remarqua.

Il n'était pas le seul à qui la Terre manquait.


.


(Un jour, Keith a appris que la fleur préférée de Lance était la pâquerette. Depuis, il ne sait pas quoi faire de cette information.)

(Peut-être qu'un jour, il lui en offrira un bouquet.)

(Mouais. Peut-être.)


« Attends... Quoi ?! »

Keith lève les yeux au ciel alors que Lance le fixe, abasourdi.

« Ça va, calme-toi, grommelle Keith. Tu vas pas en faire tout un dram-

- Tu n'es jamais allé au cinéma ? » répète Lance. Keith lui lance un regard noir mais il continue, obstiné : « Jamais, genre, jamais ?

- Non ! Putain Lance tu-

- Mais comment ça se fait ? »

Lance ne comprend pas, et Keith peine à ne pas craquer. Le petit village dans lequel ils se trouvent est bien trop calme et paisible pour qu'il puisse se permettre de hausser le ton et d'attirer l'attention sur eux.

« C'est comme ça, dit Keith, toujours sur la défensive. Qu'est-ce que ça peut te faire de toute façon ? »

Oui tiens, qu'est-ce que ça peut bien lui faire ?

« Qu'est-ce que... ? Mais enfin Keith ! T'as raté ta vie mon pauvre !

- Pardon ? »

Ça ne fait qu'accentuer l'irritation de Keith qui se retient tant bien que mal de ne pas lui en coller une. Mais pour qui il se prend celui-là ? À côté d'eux, Shiro laisse un rire s'échapper de sa bouche lorsqu'il remarque l'expression à la fois colérique et perdue de Keith.

« Mais ne t'inquiète pas, reprend Lance en bon prince avant que Keith ne puisse déverser son agacement sur Shiro. On va remédier à tout ça ! » Pour imager son propos, il pointe du doigt le petit cinéma à côté d'eux, et avec son autre main, agrippe le bras de Keith qui n'a pas d'autre choix que de le laisser faire s'il ne veut pas causer de dégât. « Là !

- Quoi, là ?

- Je t'emmène au ciné pardi !

- Quoi ? Non ! J'ai autre chose à faire que de regarder un film, lance-t-il d'une voix qui se veut dédaigneuse.

- Keith, intervient Pidge, regarde-toi mec, t'es tout tendu.

- C'est pas faux, ajoute Shiro avant de croquer dans sa glace. »

(Même Hunk approuve en hochant vivement la tête.)

« Je-

- Allez mon pote, tu vas voir c'est cool ! Ça va te détendre ! On a bien mérité une pause, non ? »

Il n'a pas tord, et ça fait du mal à Keith de l'admettre. Ils sont arrivés ce matin sur cette petite planète amical (aux airs étrangement printaniers) pour que Coran puisse s'acheter quelques bricoles pour le château – et oh ils n'ont pas exactement compris ce dont il avait besoin, mais toujours est-il que la princesse les a viré du château en leur ordonnant de se reposer dans ce petit coin de paradis on ne peut plus mignon et fleuri.

Keith semble peser le pour et le contre de sa proposition, mais l'engouement de Lance, son enthousiasme, son regard apitoyant, et- … arg, il n'est pas si faible que ça, si ?

« … Juste un film alors, grogne-t-il en fronçant les sourcils pour la forme.

- Génial ! Allez viens suis-moi ! »

Tandis que Lance l'entraîne jusqu'au bâtiment, Shiro leur fait un faible signe de la main, tout sourire, et Hunk et Pidge se lancent un regard complice.

Et alors que Lance le lâche pour sautiller jusqu'au guichet, Keith ne peut retenir un mince (très mince) sourire transparaître sur ses lèvres.


« Y'avait vraiment aucun autre film ?

- Aucun je te dis ! »

Keith observe le ticket que lui a tendu Lance quelques instants plus tôt et soupire.

« … Une comédie romantique. Sérieusement Lance.

- Je sais, je sais ! S'exclame-t-il en levant les mains en signe de défense. Désolé, ok ? »

Il lève les yeux vers Keith et pour se faire pardonner, lui lance un petit sourire en montrant un comptoir à quelques mètres d'eux.

« Pop-corn ? »


« Lance, mets la boîte au milieu !

- Mais y'a pas assez de place ! Regarde ! Au moins, là, elle ne tombera pas.

- Mais tu vas tout manger !

- Mais non je te dis !

- Tu sais quoi ? C'était une mauvaise idée. Je me barre.

- Quoi ? Mais Keith !

- …

- Mais-

- …

- … Bon ok. OK d'accord. Tiens, le voilà ton paquet.

- Merci.

- Mais laisse-moi-en quand même un peu hein ? »


Il fait noir. À l'écran, le héros de l'histoire tourne autour de la femme avec qui il partage l'affiche. C'est plutôt mignon – même Lance le reconnaît.

Il tourne légèrement la tête pour voir l'expression de Keith. Sa toute première séance de cinéma. Les yeux plissés, il semble concentré et attentif aux réactions des deux personnages l'archétype de l'élève modèle.

Ah, plutôt mignon, ça aussi.

« Keith », chuchote Lance.

Il ne répond pas.

« Eh, Keith.

- Chut, j'écoute. »

Lance sourit.

« T'aimes bien, hein ?

- Lance, tais-toi. »

Il aime bien.

Lance sourit un peu plus.

Et il ne sait pas trop ce qu'il lui prend. Est-ce que c'est le fait de regarder une comédie romantique, ou juste d'être avec Keith et de découvrir une nouvelle facette de lui, il n'en a aucune idée. Mais il laisse son bras se déplacer lentement, discrètement, timidement sur les épaules de Keith. Et-

Ah.

Keith frissonne.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Lance déglutit. Il détourne rapidement le regard avant qu'il puisse croiser celui de Keith, qui ne comprend pas ce qu'il se passe. Qu'est-ce qu'il... ?

« Lance.

- Mh ? »

Lance se retourne et il espère (oh merde il espère tellement) que Keith ne remarquera pas ses joues rouges écarlates. Il fait chaud tout d'un coup, non ?

« Qu'est-ce que tu fais ? » redemande Keith, et Lance sait exactement de quoi il veut parler, mais il ne sait pas exactement pourquoi il a fait ça. De toute façon, il fallait qu'il s'y attende, non ? Ah, il aurait tellement dû s'en douter. Il a craqué. Qu'est-ce qui lui a pris déjà ? Et merde, Keith attend une réponse. Pitié, faites que sa voix ne tremble pas, faites que sa voix ne tremble pas, faites que sa voix-

« De quoi ? … Ah, ça ! dit-il en rigolant pour essayer de détendre l'atmosphère (enfin, surtout pour se détendre, lui). Bah, on est au cinéma, non ? »

Les cheveux mi-longs de Keith caressent son bras nu.

« … Oui ? » Keith ne comprend pas. Évidemment.

« Ben, c'est normal au ciné !

- … C'est normal de se serrer l'un contre l'autre ?

- Oui ! Haha, c'est bizarre dit comme ça hein ? C'est comme une tradition, tu vois ? Un truc qu'on fait... au cinéma... »

Se serrer l'un contre l'autre.

« Oh. »

Keith hausse les épaules et- ah, la lumière est devenue trop sombre, Lance n'arrive pas à voir l'expression de son visage. Mais il n'y a aucune agression dans sa voix. Rien. Pas de moquerie, ni même de dégoût. Juste... des interrogations.

Keith est intrigué.

« Je... Enfin, tu me dis si ça te dérange hein. »

Il attend quelques instants avant que Keith ne réponde. Pendant ce temps, aucun d'eux ne bouge les yeux dans les yeux, ils ne font que se regarder. Lance, les joues rouges, et Keith, l'expression indéchiffrable. Dans la salle sombre de cinéma, seuls leurs yeux brillent dans le noir.

Il n'y a plus aucun bruit, et même les personnages de la comédie ne parlent plus.

Merde.

Finalement, Keith lui sourit discrètement (il lui sourit bon sang), et il se retourne enfin pour regarder à nouveau l'écran. Il hausse une nouvelle fois les épaules et, faisant cela d'une façon qu'il tente négligée, Lance remarque que c'est comme s'il se replaçait dans son fauteuil pour être plus confortablement installé contre son bras.

« Non, ça va. »

Lance ne suit même plus la suite de l'histoire – est-ce que le gars l'a finalement embrassé ? Est-ce qu'elle éprouve les même sentiments que lui ? Et son ex, là, est-il revenu la voir ? Non, à la place, il a toute son attention portée sur Keith et ses cheveux qui caressent son bras.

Tellement cliché.

Keith semble sentir son regard insistant. Alors il se retourne, encore une fois, et ah, leur visage sont proches, si proches, et Lance sent le souffle léger de Keith contre ses lèvres et-

« Eh les amoureux, trouvez-vous une chambre ! »

La petite salle de cinéma se met à rire et les deux se crispent.

Oh mon Dieu oh mon Dieu oh mon Dieu.

Lance retire rapidement son bras des épaules de Keith et ils se détournent vivement tous les deux, embarrassés.

Oh mon Dieu oh mon Dieu oh mon D-

Les « amoureux ».

Lance n'ose même plus se retourner vers Keith. Ses joues sont encore plus rouges que tout à l'heure, et la chaleur remonte rapidement jusqu'à ses oreilles.

Ils étaient si proches. L'autre a-t-il vraiment cru qu'ils allaient s'embrasser ? Et Keith, y a-t-il pensé lui aussi ? Est-ce que l'idée que Lance ait pu l'embrasser lui a ne serait-ce qu'effleuré l'esprit ?

Et est-ce que lui-même aurait osé ?

Et de toute façon, qu'est-ce qu'il foutait là, à flirter avec Keith, d'abord ? L'inviter au cinéma, passer négligemment son bras par-dessus ses épaules... On se croirait dans une mauvaise parodie. Et tout ça devant une comédie romantique en plus ? Il ne manquerait plus que leurs deux mains ne s'effleurent dans la boîte de pop-corn...

Aaah, Lance est perdu. Keith est un camarade, ok ? Ils bossent ensemble.

Mais qu'il le veuille ou non, c'est aussi un ami.

Il fait partie de la famille Voltron, avec tous les autres. Hunk, Pidge, Shiro, Allura, Coran. Et Keith et lui. Leur relation a beaucoup évolué depuis le début de leur aventure. Le temps et le cours des choses ont fait qu'ils se sont inévitablement rapprochés, au fil de leurs missions. Keith est passé du statut de rival au statut d'allié. Du statut de connaissance à celui d'ami – de famille.

Mais merde, quoi. C'est Keith. Il ne peut décidément pas-

Oh.

Il a osé jeter un coup d'œil à côté de lui, et...

La main de Keith.

Innocemment posée sur l'accoudoir.

L'accoudoir qu'ils partagent tous les deux.

Il lève les yeux Keith a reporté son attention sur le film. Et sa bouche est entrouverte.

L'héroïne se jette dans les bras de l'homme de sa vie.

Et lentement, imperceptiblement, Lance glisse ses doigts entre ceux de Keith. Sur l'accoudoir. L'accoudoir qu'ils partagent.

Tellement plus cliché bordel.

Cette fois-ci, Keith ne frissonne pas. Il ne cille même pas et se contente de se retourner vers Lance. Il a l'air si impassible. Comment fait-il pour avoir l'air si impassible ? Lance ne sait pas, lui-même ne l'est pas, pas du tout. Il a une boule dans la gorge et il transpire de la nuque. Et son visage n'a toujours pas retrouvé sa couleur habituelle.

Et Keith lui sourit – encore. Et Lance ne sait pas trop comment interpréter ce sourire, mais il lui sourit aussi en retour. Ça paraît normal.

Ils sont moins près d'un de l'autre que tout à l'heure, et pourtant ils semblent tout aussi proches. Lance a les yeux rivés sur ceux, brillants d'il ne sait quelle lueur, de Keith.

Et...

Ouah.

La main de Keith est chaude contre la sienne. Et celui-ci ressert ses doigts, de façon à se que leurs mains soient jointes, comme si c'était normal, et le cœur de Lance s'accélère, un peu plus.

Ouah.

Les yeux de Keith brillent.

Il finit par se retourner vers l'écran. Heureusement pour lui, Lance n'a pas remarqué les faibles rougeurs apparues sur le haut de ses joues.


« Keith ! T'es sérieux mec ? T'as fini tout le pop-corn ! Je t'avais dis de m'en laisser ! »


Keith est assis dans un champ de pâquerettes avec Shiro. Hunk et Pidge ont entraîné Lance dans une dégustation de spécialités locales – des espèces de fruits rouges et des fleurs comestibles.

Shiro a les yeux fermés et est allongé, les bras derrière la tête, et Keith est assis en tailleur à côté de lui. Le Paladin Rouge le soupçonne de faire semblant de dormir et d'attendre le moment où il voudra bien lui raconter ce qu'il s'est passé au cinéma.

Parce qu'il est clair que les Paladins ont remarqué quelque chose.

Ils sont tous les deux sortis du cinéma sans un mot, les mains dans les poches, étonnement gênés et n'osant presque pas se regarder dans les yeux.

Keith ne sait plus quoi penser.

Il s'est juste laissé porter par l'instant. Ça semblait tellement normal de se tenir contre Lance et d'avoir sa main dans la sienne. Parce qu'il s'était senti bien, comme ça. Et Keith n'a aucun doute sur le fait que Lance ait éprouvé la même chose que lui.

Ils se sont habitués à la présence de l'autre sans vraiment s'en rendre compte.

Et puis le film s'est terminé, et la lumière s'est rallumée. Et il a fallu lâcher la main de Lance.

Et...

Ah, c'est tellement gênant.

« Lance a failli m'embrasser. »

Shiro ouvre les yeux pour l'observer.

« Il a failli ?

- Il a failli.

- … Et ?

- Et c'est tout », répond Keith en haussant les épaules.

Shiro referme ses yeux et se met à réfléchir. Keith l'observe, allongé au milieu des pâquerettes, et il le regarde droit dans les yeux lorsque le Paladin Noir les rouvre finalement.

« Et tu aurais voulu ? »

Il ne sait pas.

« Je sais pas. »

C'est trop compliqué dans sa tête. Mais il repense à la main de Lance contre la sienne – et il sent une douce chaleur au creux de sa poitrine.

Il cueille une pâquerette.

Et il sourit.

« Peut-être. »

Et Shiro sourit.

« Peut-être. »


(Plus tard, Keith s'étouffera avec une fleur lorsqu'il apprendra, par Shiro, que de telles traditions n'existent définitivement pas sur Terre.)