Note : Bonjour à tous ! Une nouvelle fois pas dans les clous, mais j'essaye d'être régulière quand même mais je ne posterai sans doute plus le dimanche, car en fait c'est compliqué, mais en semaine ce sera plus simple.

J'espère que l'histoire vous plait toujours autant, c'est sans doute un peu long mais je prends mon temps. J'ai une réelle affection pour mes personnages, et il est hors de question pour moi d'aller trop vite. J'aime l'idée que Duo en profite...

Ceci étant dit, ça ne va pas durer trop longtemps non plus, ça ne sera pas une histoire à 48 chapitres !

Tensh'ia, une nouvelle fois, merci.

Bonne lecture !

Chapitre 11 – Prendre ses repères…

Ce Samedi matin, Franny laissa dormir les deux jeunes garçons tout leur content. Le chamboulement qu'amenait le nouveau venu dans la maison promettait un certain vent de renouveau bienvenu. Elle avait trop vu, sans pouvoir agir, son jeune maître dépérir sous ses yeux, puis s'enfermer sous une carapace de protection pour ne plus laisser ses émotions prendre le contrôle. Puis, depuis quelques temps déjà, elle revoyait de temps en temps une lueur dans ses yeux : de la vie, de la joie, de l'envie…Il sortait davantage, faisait même attention à ses tenues… Et depuis hier soir, elle comprenait ce qui l'avait tant fait changer…Et elle espérait que cela aille plus loin et le libère complètement… Elle profita de son temps libre pour fabriquer des pantalons pour son adorable petit patient.

Heero fut le premier à émerger : il n'avait jamais été gros dormeur mais le réveil nocturne l'avait quelque peu décalé. Il apprécia sans un mot le chocolat chaud que Franny lui avait concocté, en compagnie de ses tartines beurrées. Elle savait que son jeune maître appréciait de prendre son petit-déjeuner dans le silence le plus total. Une clochette retentit et avant qu'il n'ait pu se lever, Franny se dirigea vers les escaliers.

- Monsieur, je m'en occupe. Finissez donc de manger, imposa t'elle.

- Hn.

Duo avait fini sa nuit. Peu glorieuse, elle l'avait laissé insomniaque une bonne partie puis il s'était écroulé de fatigue au petit matin. Malgré tout, le soleil transparaissant un peu au travers de rideaux épais, il se réveilla la tête lourde, en se demandant bien quelle heure il était.

Franny lui avait indiqué la petite clochette à secouer lorsqu'il aurait besoin de se déplacer ou de quelque chose. Il fit tinter l'instrument et eut la surprise de voir arriver Franny très peu de temps après, comme si elle avait déjà anticipé son réveil.

- Bonjour Franny !

- Bonjour Monsieur Duo, répondit-elle avec un grand sourire. Avez-vous fait bonne nuit ? Je crois voir que non…

- Oh…. Ça se voit tant que ça ?

Le ton désolé qu'employa Duo fit sourire la gouvernante :

- Ne vous inquiétez pas, après un bon bol de chocolat chaud, il n'y paraîtra plus. Souhaitez-vous prendre le petit-déjeuner ici ou préférez-vous descendre dans la salle à manger ?

Pris au dépourvu, Duo bredouilla :

- Euuuuuh, bah, euhhh, non, je vais descendre. Est-ce que Heero est réveillé ?

- Monsieur Heero finit son petit-déjeuner.

Duo soupira.

- Tant pis, je le mangerai seul.

Le transfert du lit au fauteuil ne fut pas aisé une nouvelle fois, la jambe de Duo devant être la moins sollicitée possible. Mais Duo se montra coopératif, il ne voulait surtout pas que son immobilisation dure plus longtemps que prévu.

Franny le descendit dans la salle à manger et celui-ci eut la surprise de voir Heero encore attablé.

- Hi Heero !

- Bonjour Duo.

- Je croyais que tu aurais fini.

- Je n'ai pas encore pris mon jus de fruit.

Duo s'installa et commença son babillage incessant, attirant là un sourire pour Heero, là un regard attendrissant de Franny.

- Duo, que veux-tu faire aujourd'hui ? L'interrompit Heero.

-Euh, je ne sais pas. Que me proposes-tu ? Répondit du tac au tac Duo, plongeant son regard améthyste dans l'océan glacé de son ami.

- Je t'avais proposé hier soir de te faire découvrir la propriété, te rappelles-tu ?

- Ah mais oui ! C'est une très bonne idée !

- Il faudra bien se couvrir. Le printemps est encore frais. Remarqua Franny.

- Mon fauteuil pourra-t-il aller dans le jardin ? Questionna Duo.

- Sans problème. Les allées sont toutes entretenues. Le rassura son ami.

- J'ai trop hâte ! Si c'est comme la maison, ce sera magnifique !

- Tu devrais être content, je pense…

Le petit-déjeuner avalé, Heero remonta Duo pour sa toilette, puis Franny resta pour l'aider à s'habiller. Cette dépendance l'insupportait mais il s'estimait heureux d'avoir à faire à une infirmière personnelle aussi dévouée que compétente, et surtout qu'Heero ne soit pas obligé d'intervenir. Il ne l'aurait pas supporté. En attendant d'avoir des vêtements adéquats, Franny rusa pour recouvrir avec précaution la jambe de Duo, afin qu'il ne ressente pas le froid.

C'est emmitouflé jusqu'au cou que les deux amis s'aventurèrent dehors. Le temps était ensoleillé, sans un seul nuage. L'air était froid et sec, le printemps avait encore un peu de mal à s'installer. Mais la nature reprenait ses droits. Les feuilles commençaient à apparaître, quelques bourgeons leur faisaient grâce de leur présence. Le jardin n'était certes pas en fleurs mais il était déjà impressionnant.

- Quand tout est fleuri, c'est magnifique…dit Heero.

- Je veux bien te croire, j'essaye de m'imaginer, mais ça doit être bien en deçà de la réalité.

- Je vais te montrer quelque chose

Heero poussa résolument le fauteuil vers un coin éloigné du jardin. Au détour d'une allée, un immense saule pleureur fit son apparition, et un banc se tenait en dessous, abrité par les branches tombantes. S'approchant, Duo s'aperçut que celui-ci était au bord de l'eau. Il en fut émerveillé.

- C'est superbe ici, dit Duo.

- Encore plus quand c'est fleuri.

- C'est ton petit coin ?

- Oui.

Duo fut à cet instant frappé par la sérénité qui régnait dans ce coin de jardin. De là, la maison n'était plus visible et on se sentait au milieu de nulle part, mais à l'abri. Il comprenait d'un seul coup ce que Heero venait chercher là : la paix. Et il partageait son petit coin avec lui. Heero poussa le fauteuil à côté du banc, sur lequel il s'asseya.

- Je viens ici dessiner, quand l'envie me prend.

- Je ne peux que comprendre : l'endroit est plein d'inspiration. Et c'est d'un calme… Ce jardin a l'air immense, cela doit être de l'entretien.

- Il l'est. Je ne te montrerai pas tout aujourd'hui. Daniel, notre jardinier, s'en occupe tout au long de l'année.

- Pourquoi ça ne m'étonne pas ?

Heero haussa les épaules et se plongea dans la contemplation du petit étang. Duo, à ses côtés, respecta son temps de silence et se plongea lui aussi dans ses pensées. Il respira à grandes goulées l'air pur et frais de ce printemps, et savoura sa première sortie depuis un mois.

- Rentrons-nous ? Fit Heero.

- Oui, je veux bien.

Heero remarqua alors la pâleur excessive de son ami :

- Duo, ça ne va pas ?

- Si, si, désolé, un coup de fatigue…

- Je vais te ramener, tu vas aller te reposer, ça fait beaucoup déjà pour toi.

Heero s'en voulut de ne pas avoir été assez vigilant.

- Non, non, c'était un plaisir ! Mais la nuit n'a pas été bonne, c'est sans doute à cause de ça…reconnut Duo.

- Tu n'as pas réussi à te rendormir après ?

- Non …

- Comment t'aider, Duo ?

L'interpellé sentit le ton inquiet employé par Heero

- Ne t'inquiètes pas, Hee-chan, ça va passer. Beaucoup de repos et surtout une jambe toute neuve ! C'est ça qui va vraiment m'aider…tenta de le rassurer Duo.

Tout en avançant, Duo vit la moto d'Heero, Wings, sous le garage attenant à la maison, et ne put empêcher un soupir de passer entre ses lèvres.

- Ca aussi, je vais devoir attendre…

- Un peu de patience, Duo…dès que c'est possible, je t'emmène avec moi. Répondit Heero.

Duo se retourna vers Heero, et lui adressa un magnifique sourire, qui toucha son ami au plus profond de son cœur.

- Tiens, aurions-nous de la visite ? S'interrogea Duo, voyant une voiture garée devant les marches de l'entrée. Peut-être Quatre ou Trowa ?

Heero secoua la tête :

- Je ne reconnais pas la voiture. Nous serons vite fixés.

Remontant la rampe avec le fauteuil, les deux amis pénétrèrent dans le hall d'entrée et furent accueillis par Franny.

- Monsieur Heero, une personne se présentant comme un ami de Duo souhaitait le voir. Comme vous n'étiez pas présents, j'ai pris sur moi de le faire patienter au salon.

- Tu as bien fait, Franny, répondit le susnommé. Nous allons de ce pas l'accueillir.

Dans le même temps, Heero se prit à craindre une visite de Zechs. Même s'il était persuadé que celui-ci n'oserait pas se présenter face à Duo depuis l'accident, il craignait qu'il n'essaye de nouveau d'agresser Duo.

En rentrant dans le salon, Duo ne put retenir une exclamation de surprise :

- PJ ?!

Le photographe, voyant les deux amis entrer dans le salon, se leva d'un bond, fronçant les sourcils :

- Duo ! Enfin, je te retrouve ! S'exclama t'il. Mais que t'est-il arrivé !?

- Oh, ça, c'est une longue histoire, fit Duo, alors qu'Heero l'installa face à PJ, retenant à peine un soupir de soulagement. Mais dis-moi, toi, que fais-tu ici ?

- Duo, j'étais très inquiet. Cela fait un mois que je n'ai plus de nouvelles et que tu ne viens plus au studio.

- Et pour cause…

- C'est … Zechs qui a fait ça ? se risqua timidement PJ.

- On ne peut rien te cacher, soupira Duo. Il ne m'a pas raté comme tu peux le voir.

- Je suis tellement désolé, Duo…

- Qu'aurais-tu fait de plus ? Tu n'y es pour rien si cet homme a un problème… Mais dis-moi, comment m'as-tu retrouvé ?

- Eh bien, j'ai mené ma petite enquête. Quand nous avons vu débarquer Zechs, pour sa séance photo, le lundi, Elie a failli avoir une crise cardiaque en voyant son visage, et Zechs pour se justifier lui a expliqué que tu l'avais agressé subitement, sans raison pour compromettre ses prochaines séances.

- Le fumier…siffla Duo.

- Elie a vu rouge et il t'a appelé. Il n'a eu que ton répondeur. Je lui ai dit qu'il s'était un peu trop lâché, et qu'il n'avait eu que la version de Zechs, aussi peu fiable soit-il. Il a reconnu qu'il avait été un peu trop impulsif.

Duo se rappela le message d'Elie et fit la grimace.

- Toujours est-il que nous attendions ton retour pour avoir une explication des faits. Mais tu ne revenais pas, nous avons commencé à nous inquiéter. Je suis alors allé chez toi, où tu n'étais pas. Des voisins m'ont renseigné, m'ont dit que tu étais à l'hôpital. J'ai commencé vraiment à flipper, Duo.

Duo lui adressa un sourire contrit. Il n'avait pas pensé que cela les inquiéterait à ce point.

- Je suis désolé, PJ. J'aurai dû au moins vous envoyer un message…

- C'est vrai que j'aurai aimé. Je me suis rendu à l'hôpital de Sank. Ce ne fut pas simple d'avoir des infos mais j'ai fini par savoir que tu étais chez Heero. Le temps de trouver l'adresse, et me voilà.

- C'est digne d'une série policière, dis-moi !

- Crois-moi, j'aurai préféré te retrouver chez toi… Qu'a-t-il encore été inventer ?

- Je crois qu'il me trouvait un peu trop à son goût… Sauf que moi, pas du tout ! On s'est battu, j'ai mal croisé un meuble. Fin de l'histoire.

- Et tu n'as pas porté plainte ?!

- Oh arrête, on dirait Quatre ! Je ne veux pas de problème, PJ.

- Ce n'est pas toi qui en aura mais Zechs. Son impunité va trop loin tout de même !

- Tu parles de ton mannequin vedette, là, PJ. Tu risquerais gros pour le Studio 10.

- Et la réputation du studio ? Ce n'est pas en préservant un agresseur que nos valeurs seront reconnues…

- PJ, ce n'est pas négociable…En attendant, ta visite me fait très plaisir, sourit Duo.

Le bruit des verres qui tintait les firent se détourner : Heero arrivait avec un plateau de jus de fruits et de gâteaux. Duo souleva un sourcil, étonné. Il ne l'avait même pas vu s'absenter du salon.

- Franny nous a préparé un petit en-cas. Expliqua t'il.

- Quelle riche idée ! Duo frappa dans ses mains. Le grand air m'a ouvert l'appétit !

- Duo, je vais expliquer à Elie ce qu'il s'est vraiment passé. Et s'il le faut, nous prendrons des mesures…Commença PJ.

- PJ, stop ! Oublie cette histoire, je t'en supplie ! Et fais comme si j'avais eu un banal accident, ce qui est un peu le…

- Duo ! Gronda Heero.

- Heero, nous en avons déjà discuté nous aussi, je ne reviendrais pas dessus. S'il vous plait, oubliez ça, je ne reviendrais plus au studio, comme ça aucun risque pour personne.

Le silence accueillit l'affirmation de Duo, suppliante et ferme à la fois.

- Je vais y aller. Fit PJ, en se levant brusquement.

- PJ, ne te fâche pas…

- Je ne suis pas fâché, mais dans la plus totale incompréhension. Tu te conduis comme un coupable et je suis intimement convaincu que ce n'est pas le cas. Je ne te comprends pas. Je préfère partir avant de m'emporter.

- Je…

Duo ravala ses paroles, et baissa la tête, en signe de reddition. Il ne savait plus quoi dire. Il n'y avait plus rien à dire en fait.

Heero raccompagna PJ à la porte, qui tenta une dernière fois de lui faire entendre raison :

- Heero, tu es son ami. Pourrais-tu le raisonner ?

Heero le regarda quelques secondes, ne sachant que dire, et répondit :

- Duo est têtu, et je connais ses raisons mais je n'ai pas dit mon dernier mot.

- Tu sais, je n'ai jamais photographié une personne aussi … magique et mystérieuse. Je ne sais comment expliquer cela mais ne plus pouvoir travailler avec lui, je le ressentirais comme une frustration terrible. Son potentiel est énorme, il ne doit pas passer à côté. Et Duo est…une belle personne.

- Je lui dirais… Promit Heero.

PJ lui serra la main et s'en retourna :

- Je compte sur toi !

Refermant la porte, Heero se hâta vers le petit salon où il trouva Duo en pleine contemplation du panier des cookies préparé par Franny.

- Duo…

- Hum ? Oh, oui Heero, désolé, j'étais ailleurs…

- PJ est plein de bon sens.

- Heero…

- Ne ferme pas ta réflexion.

- D'accord, je vais y réfléchir…As-tu goûté ces merveilles ? Franny fait vraiment de la très bonne cuisine !

Heero laissa Duo changer de conversation, et grignoter ses biscuits. Insister lui aurait coupé l'appétit et ce n'était pas le moment. Une chose après l'autre.

- Souhaites-tu aller te reposer ?

- Oooooh non, je ne veux plus rester allonger ou immobile, je peux bouger, j'en profite ! Enfin … Tu vois ce que je veux dire. Je voudrais voir si Franny a des choses à me faire faire en cuisine…

- Tu étais fatigué tout à l'heure…

- Eh bien, ça va mieux ! Allez, s'il-te-plaiiiiit !

L'attaque spéciale *chibi eyes* de Duo était irrésistible et son ami capitula très vite. Il l'emmena en cuisine et le laissa entre de bonnes mains.

Le reste de la première journée de Duo convalescent se passa comme dans un rêve pour lui. Avec Franny, il avait cuisiné des cookies, et des galettes. Dans l'euphorie du moment, il avait englouti quasiment la moitié du saladier de gâteaux, sans vraiment s'en rendre compte. Son sourire était revenu embellir son visage. Heero le regarda s'affairer avec sa gouvernante, et voyait ses yeux briller de bonheur, comme il ne les avait jamais vu. Il comprenait mieux pourquoi ces scènes de vie pourtant simples pouvaient être importantes pour Duo. Il se prit à penser que Duo n'était que de passage et qu'il ne fallait mieux pas qu'il s'habitue à ça... Il sentit son cœur le serrer douloureusement dans sa poitrine et il fronça les sourcils. Encore une réaction bizarre due au « phénomène Duo ».

Le soir venu, ils se retrouvèrent dans leur pièce préférée, la bibliothèque. Confortablement installé, Duo avait un sourire qui ne fanait pas malgré l'immense fatigue qui tirait ses traits. Il avait insisté pour passer un peu de temps à lire avant de se coucher, un rituel important. Il éloignait aussi le plus possible le coucher, car il avait peur que sa nuit soit une nouvelle fois difficile.

Il sentit une main le secouer en douceur.

- Duo ? fit Heero, d'une voix douce.

- Mmmm ?

- Tu devrais aller te coucher…

- De …oh !

Il se rendit compte qu'il s'était proprement endormi sur son livre, pourtant passionnant.

- Mmm je crois que tu as raison… J'ai les yeux qui se ferment tout seul…

Il bailla sans retenue, pendant qu'Heero actionnait la clochette. Franny arriva très vite, pour l'aider à mettre Duo au lit. Il se laissa faire sans protester, trop fatigué pour pester contre cette dépendance honteuse pour lui. Il s'endormit comme une souche, épuisé mais heureux.