Bonjour à toutes et à tous,

Voilà... nous voici rendus à la fin des aventures des 'Étreinte', j'espère que cette traduction vous aura plus tout au long de mes traductions plus ou moins perfectibles.

Merci à mes suiveuses de la première heure et aux autres, qui m'ont encouragée à poursuivre. Pour répondre à Amazone, Remuneration de Day et Thrall de Darkangel sont des contes (6 pour remuneration et 4 pour Thrall si je me souviens bien) légèrement différentes de celle-ci. Contrairement à L'Étreinte, elles ne réussissent pas à franchir le cap de Maître/Esclave, même si dans le 6ème chapitre de remuneration on en est pas loin.


La Campagne de la Conquérante

(THE CONQUEROR'S CAMPAIGN)

L'Étreinte - Épisode IX

By CJ Wells

Disclaimers: Xena‚ Gabrielle‚ Palaemon‚ Borias‚ Alti‚ Cyane‚ Solan‚ Dagnine and Darphus belong to those rather fortunate individuals affectionately known as The Powers That Be at Studios USA‚ Ren Pics and whatnots. The only thing I'm gaining from them here is the personal satisfaction of toying with the characters in my own image. All other characters named are mine.

Series Credit: The characters of this "Altaverse" Conqueror story originate from myEmbrace/Freedom Conqueror Series. The events of this story take place shortly after the events as presented in the Series‚ thus a thorough understanding of this story will be achieved only if each story of the Series is read. So please indulge and enjoy.

Story and Character Warning: Unlike my preceding Conqueror Series‚ this story will be one long narrative presented in parts. Like the preceding Series‚ the story will be told from both Xena and Gabrielle's points of view. And while we're on the subject of the Warrior Princess and her (battling?) Bard of Poteidaia‚ the Xena and Gabrielle of this tale are the Conqueror and former Concubine as first introduced in The Embrace. Differences from their ever evasive and ambiguous television counterparts are obvious.

Sex Warning: Graphic‚ consensual and very lesbian. You've been warned.

Violence and Profanity Warning: As segments of this story will involve physical altercations‚ some on a grand scale‚ both will be present.

To all of my beta readers: Thank you!

Comments and Feedback: I am always appreciative.


I. JOURNAL DE LA CONQUÉRANTE

C'était au lendemain de mon trente-troisième anniversaire quand j'appris que j'allais partir en guerre contre Shaikheti, le Seigneur de guerre Scythe. Je m'étais réveillée ce matin-là‚ comme je le faisais pratiquement tous les matins depuis notre retour à Corinthe‚ merveilleusement installée dans l'étreinte amoureuse de mon épouse Gabrielle. Pendant qu'elle dormait, sa chaude respiration envoyait des ondes d'air sur ma poitrine, je fus ramenée à une époque, des années avant même de la rencontrer.

-.-.-.-

J'avais rencontré Shaikheti peu de temps après mon retour de Chine. Des années auparavant, ses parents Scythes et lui avaient rejoint Borias et sa bande de sbires Sarmates dans une série de batailles contre les Goths de Germanie. Les Goths avaient gagné, mais Borias et Shaikheti étaient restés amis malgré leur défaite embarrassante. Ils s'étaient séparés, alors que Borias pillait à travers les Steppes et la Thrace pendant les années qui avaient suivies, Shaikheti s'était aventuré vers le sud, en Anatolie. Quand je rencontrai Borias en Thrace, il me parla de son ami, mais il avait supposé que Shaikheti avait été assassiné par les Perses près de Byzantium. Cependant, lorsque les deux se retrouvèrent en Thrace en ma présence, il y a douze ans, Shaikheti était bien vivant et menait une petite armée de guerriers Scythes et Perses.

Shaikheti avait environ le même âge et la même taille que Borias, mais il n'était pas aussi beau. Ce qu'il lui manquait en apparence, il l'avait en tempérament. Il était harmonieux et charismatique, il avait une voix mélodieuse presque hypnotisant. Tous les trois avions décidé de fusionner nos armées, mais cette fusion avait été de courte durée. Quelques semaines après notre collaboration, j'avais rencontré Alti, la Chamane bannie par les Amazones du Nord, je m'étais laissée contaminer par le désir du pouvoir ultime. Après avoir assassiné la Reine Cyane et l'élite des Amazones du Nord, Borias et moi avions commencé à nous disputer... beaucoup. Shaikheti semblait partager mon enthousiasme pour le pouvoir et ne désapprouvait pas forcément mes agissements, mais il conservait sa loyauté à Borias. Ainsi, il ne se mêlait jamais de nos querelles. Je me souvenais qu'à plusieurs reprises Shaikheti, restait assis sous notre tente de commandement, à manger tranquillement des raisins en nous regardant, Borias et moi, quand nous nous hurlions dessus jusqu'à ce que nous ayons perdu notre voix.

Toutefois, j'avais appris au tout début que Shaikheti avait une faiblesse. Il était irrémédiablement paresseux. Il recrutait avec aisance et adorait commander les guerriers, mais il ne voulait pas se salir les mains ou se blessait pendant la lutte. Quand nous chevauchions vers un village, alors que Borias et moi nous nous efforcions de ramener autant d'hommes que possible, Shaikheti restait assis en haut de son cheval comme s'il était une sorte de souverain moralisateur, guidant ses hommes sur ce qu'ils devaient prendre et qui ils devaient tuer. J'en eus assez rapidement. Ainsi‚ lorsque Borias avait décidé finalement de diviser nos armées et de nous séparer, je me rappelais de lui avoir dire de prendre son "son inutile petit ami" avec lui. Borias était tellement offensé par l'insinuation qu'il avait serré le poing et l'avoir levé pour me frapper. J'avais serré les deux miens aussi‚ et je l'avais défié de le faire. Mais j'étais enceinte de notre fils‚ Solan et Borias était trop honorable pour frapper une femme dans cet état... même moi.

Après le départ de Borias‚ j'avais nommé Dagnine d'Athènes Commandant en Second. Il avait tué plus que n'importe quel autre homme de mon armée et semblait toujours vouloir me faire plaisir. J'avais entendu dire que Borias et Shaikheti avaient séparé leurs armées peu après leur départ. Peut-être que Borias s'était-il lui aussi fatigué de l'inefficacité de Shaikheti.

Quand Borias revint plus tard pour tenter d'enlever mon fils, qui venait de naître, Dagnine l'avait assassiné dans un geste de loyauté envers moi. Malheureusement pour lui, Dagnine ne sachant pas que j'étais enceinte, ne comprit pas quand je lui enfonçais mon poignard dans le ventre, pour venger le meurtre du père de mon fils. Quand la nouvelle se propagea que mon Second avait assassiné Borias‚ faussement prétendu sur mon ordre‚ Shaikheti avait tenté de me faire assassiner pour venger la mort de Borias.

Absurde.

La tentative de Shaikheti fut vaine. Bien évidemment‚ il n'essaya pas lui-même de m'assassiner. Il avait envoyé deux Perses incompétents de son armée. Apparemment‚ ce n'était pas vraiment sérieux‚ parce que Darphus‚ mon nouveau Commandant en Second‚ s'était débarrassé facilement des deux avant qu'ils ne puissent s'approcher de moi.

Je n'avais plus entendu parler du nom Shaikheti de nouveau jusqu'à environ deux mois avant que je n'affranchisse Gabrielle.

-.-.-.-

C'était à un moment étrange dans ma vie. J'étais sur le point de me rendre compte que mon profond amour pour Gabrielle‚ que j'avais cru pendant longtemps être mon petit secret‚ était connu par deux autres personnes du palais‚ Palaemon‚ Commandant de ma Garde Impériale et la personne la plus proche de ce que je considérais comme un ami, et Demitrius‚ mon bibliothécaire du palais, et l'ami le plus proche de Gabrielle à cet époque-là.

Je me souvenais que cela avait commencé comme une journée magnifiquement ensoleillée. La température était parfaite‚ alors Gabrielle, pour profiter de la perfection de cette journée, était allée s'asseoir dehors dans les jardins du palais, pour écrire sur un de ces parchemins. Je la trouvai là, alors je me dissimulai derrière l'une des colonnes du palais‚ je jetai un coup d'œil tout autour, puis je l'observais fixement pendant un long moment. Je me surprenais à le faire assez souvent‚ observer fixement Gabrielle de loin. Ce jour-là‚ Demitrius aussi me surpris.

— Pardonnez-moi, mon Seigneur, chuchota-t-il.

Je supposai qu'il ne voulait pas alerter Gabrielle de ma présence. Embarrassée, je l'attrapai par sa tunique et le tirai dans le couloir du palais, hors de vue de Gabrielle.

— Que voulez-vous ? demandai-je avec colère.

— Palaemon vous cherche, Conquérante, répondit Demitrius. Quelque chose à propos sujet du seigneur de guerre Perse Shaikheti.

— Shaikheti n'est ni Perse ni seigneur de la guerre, m'exclamai-je. Ce n'est qu'une grosse merde paresseuse.

— Autant pour moi‚ Conquérante‚ remarqua Demitrius. Néanmoins‚ Palaemon vous cherche concernant cet individu.

— Très bien, dis-je en relâchant la tunique de Demitrius.

Je me dirigeai vers la salle du conseil de guerre quand sa voix m'arrêta net.

— Puis-je vous poser une question‚ mon Seigneur ? interrogea-t-il.

Je me tournai vers lui.

— Laquelle ?

Demitrius s'approcha doucement de moi.

— Je suis un vieil homme qui en a beaucoup vu et connu beaucoup dans ma vie.

— Oui et alors ?

— Je crois que je suis arrivé à un endroit de ma vie‚ continua-t-il‚ où le fait d'être âgé m'a permis de gagner assez de respect pour me permettre de demander à Votre Majesté ce qui ne serait pas autoriser à une âme plus jeune.

— Avez-vous une question à me poser‚ vieil homme ?

— Oui, mon Seigneur, dit-il. Vous avez pratiquement tout ce que n'importe qui pourrait désirer, mais si vous pouviez demander aux Dieux de vous donner une chose que vous n'avez pas maintenant, quel serait-il ?

Je posai mes mains sur mes hanches et laissa échapper un profond rire.

— Quelle folie vous a poussé à poser une telle question ?

— Je suis vieux et je n'ai plus rien à perdre, Conquérante, fut simplement sa réponse.

Je ressaisis la tunique de Demitrius.

— Oh, mais vous avez encore quelque chose à perdre, dis-je. Je pourrais vous tuer maintenant, vieil homme.

Il ne répondit pas, mais il n'y avait aucune peur sur son visage. Je le relâchai.

— Je ne vous répondrez pas, Demitrius, dis-je en me détournant de lui et en m'éloignant.

— Puis-je faire une supposition ?

Je m'arrêtai et je me tournai vers lui. Je ne trouve plus drôle, le jeu de ce vieil homme, pensai-je.

— Si vous sentez que vous pouvez vous divertir à mes dépends, alors oui, faites-le, dis-je.

Demitrius n'hésita pas une seconde.

— Je crois que la seule chose que vous demanderez aux Dieux, c'est l'amour de Gabrielle.

Je me précipitai vers lui et tendit mon doigt sur son visage.

— Vous vous trompez, mentis-je. Vous ne savez pas de quoi vous parlez.

Je me tournai et m'éloignai de lui, puis je m'arrêtai et je me retournai pour lui faire face. Il n'avait pas bougé.

— Si jamais vous parlez à qui que ce soit, de cette ridicule conversation, je vous tuerai, dis-je. Me suis-je bien fait comprendre ?

— Je comprends‚ mon Seigneur.

Je convoquai Gabrielle dans ma chambre ce soir-là. Nous n'avions pas de sexe, car nous avions toutes les deux nos cycles, mais je n'arrivais pas à dormir non plus. Alors, je restai allongée là, ma tête posée sur ma main, à la regarder alors qu'elle dormait, et détestait Demitrius pour me connaître trop bien.

-.-.-.-

Le lendemain matin, Palaemon et moi avions navigué jusqu'à Lydia pour combattre Shaikheti. Nous étions restés absents très longtemps. Comme je l'avais supposé, Shaikheti avait envoyé ses troupes pour nous affronter. Je ne l'avais jamais vu. Bien qu'il ait réussi à monter une armée de taille considérable, mais sans la présence d'un leader efficace, ses hommes n'avaient aucune chance contre ma puissante force. Le jour où ses pitoyables guerriers se rendirent‚ je décidai que nous passerions la dernière nuit à Lydia pour nous reposer dans notre camp militaire avant de naviguer pour rentrer à Corinthe. Je me souvenais de cette fameuse nuit, elle était plutôt fraîche, et parce que j'étais encore trop excitée par les combats, le sommeil m'échappait. Je décidai de passer la nuit assise à côté d'un feu pour aiguiser mes armes.

Palaemon avait fini par me rejoindre, essayant fortement d'engager une conversation désinvolte avec moi.

— Ça était une bataille facile‚ hein‚ mon Seigneur ?

— Oui.

— Il fait plutôt frais par ici la nuit, n'est-ce pas, Conquérante ?

— Oui.

Ses questions entreprenantes et mes réponses désintéressées durèrent un moment avant qu'il ne finisse par dire quelque chose qui retint mon attention.

— J'ai eu une conversation intéressante avec Demi... Demitrius avant de quitter Corinthe, mon Seigneur, dit Palaemon.

J'arrêtais d'affûter mon épée.

— Ah, bon ?

— Oui, Majesté, me répondit-il. Il m'a dit que Gabrielle et lui avaient eu échange plus qu'inhabituel.

— Vraiment.

J'essayai de paraître aussi neutre que possible‚ mais à l'intérieur je brûlais comme une torche allumée.

— Oui, Majesté, dit-il. Est-ce que cela vous intéresse de connaître la question qu'il lui a posée ?

Je levai mon épée pour y regarder mon reflet.

— Allez-y, Palaemon, répondis-je après quelques instants.

— Il a demandé à Gabrielle si elle pouvait obtenir quelque chose dans ce monde, en plus de sa liberté, qu'est-ce que cela serait, a-t-il demandé. Voulez-vous connaitre sa réponse ?

Je soupirai avec impatience et regardai Palaemon.

— Demi m'a dit qu'elle lui a répondu qu'elle souhaiterait pouvoir vous toucher Conquérante, dit-il. Curieuse et étrange réponse, hein, Majesté ? Vous touchez, n'était-il pas la fonction la plus importante de votre concubine ?

— Qu'est-ce que Demitrius vous a dit d'autre ?

— Rien.

Je m'approchai de Palaemon et lui posai la pointe de mon épée sous la gorge.

— Vous mentez ! m'exclamai-je.

Il semblait surpris.

— Non, pas du tout, mon Seigneur, insista-t-il.

Je regardai au fond de ses yeux pour percevoir sa duperie.

— Demitrius ne vous a-t-il pas demander de me poser exactement cette même question ?

Palaemon haleta.

— Demi n'est pas assez fou pour avoir fait ça... n'est-ce pas ?

Je retirai mon épée de la gorge de Palaemon.

— L'a-t-il fait, Conquérante ?

Je repris l'affûtage de mon épée.

— Par tous les dieux, il l'a fait, n'est-ce pas ? Ah ! Ce vieil homme est plus courageux que ce que je ne le pensais.

— Laissez tomber‚ Commandant‚ le prévins-je.

— Eh bien, que lui avez-vous répondu ?

Je ne répondis pas.

— Laissez-moi deviner‚ mon Seigneur, continua-t-il. Vous lui avez dit que vous voudriez tuer Caesar encore et encore. N'ai-je pas raison ?

— Pourquoi voudrais-je faire ça, Palaemon ?

— Parce que vous avez toujours dit que tuer Caesar une fois n'était pas suffisant.

Je souris à mon Commandant.

— Rien ne vous échappe‚ Palaemon‚ lui dis-je‚ en sachant fort bien qu'il venait de me mentir.

-.-.-.-

Quand je revins au palais, j'allai immédiatement à la bibliothèque pour affronter Demitrius. Il n'était pas là, mais se trouvait assis avec Gabrielle dans les jardins du palais. Après avoir marché avec eux, je l'attrapai par sa tunique et le tirai sur ses pieds. Gabrielle se mit immédiatement à pleurer.

— Sors ici‚ Gabrielle‚ lui demandai-je.

Elle ne bougea pas et commença à secouer frénétiquement la tête.

— Je t'ai dit de partir d'ici !

— S'il vous plaît, ma Lady, s'il vous plaît... implora-t-elle.

Demitrius l'interrompit :

— Gabrielle, ça va, Chérie. Allez va.

Gabrielle ne bougeait toujours pas. Je la poussai.

— Je t'ai dit de foutre le camp d'ici !

Elle tomba à genoux.

— S'il vous plaît, ma Lady... quoi qu'il ait fait, ce n'était pas son intention... s'il vous plaît...

J'étais déchirée de l'intérieur. Cela me ravageait de voir la femme que j'aimais plus que tout, pleurer et supplier pour la vie d'un homme qu'elle pensait que j'allais prendre. Cela me ravageait aussi qu'elle l'aimait tellement, qu'elle était prête à risquer sa propre vie, pour sauver la sienne. Je relâchai Demi, pour la saisir par le bras et la relevai sur ses pieds. Au fond de moi, je voulais tomber à genoux et la supplier de m'aimer, mais la douleur et la colère me dominaient, alors que je la ramenai de force jusqu'à l'entrée des jardins, en me répétant sans cesse dans ma tête, Ne pleure pas, Xena. Ne la laisse pas te voir pleurer.

Quand nous arrivâmes devant l'entrée, je relâchai ses bras, et la poussa de nouveau.

— ALLER ! criai-je.

Derrière moi, Demi ajouta :

— Vas-y, Gabrielle. Tout ira bien.

A travers ses larmes, Gabrielle me lança un regard terriblement mauvais et sortit en coup de vent. Je reculai de quelques pas‚ touchée profondément par ce regard‚ avant de me retourner et de m'approcher de Demi.

— Vous avez parlé avec Palaemon de notre petite conversation, n'est-ce pas ? lui demandai-je en le saisissant par le cou.

— Oui, Majesté, j'ai discuté avec lui, fut sa réponse.

— Donc, mon Bibliothécaire en chef a désobéi à mes ordres et le Commandant de ma Garde Impériale m'a menti en me regardant droit dans les yeux.

— Avant de perdre la vie, mon Seigneur, dit Demi alors que ma prise sur son cou resserrait, laissez-moi vous expliquer ?

— Aucune explication ne vous épargnera la vie, vieil homme, dis-je.

— Je comprends‚ exposa-t-il‚ mais cela me satisferait que vous sachiez pourquoi, avant de passer de l'autre côté.

Je desserrai un peu ma prise.

— D'accord, expliquez.

— Palaemon et moi nous avons parlé de vous et de Gabrielle de temps en temps, Majesté, déclara Demi. Cela n'a jamais été pour vous manquer de respects. Nous nous soucions tous les deux du bien-être de la jeune fille, et comme vous le savez, Palaemon vous vénère. Je n'ai aucune excuse pour la raison pour laquelle j'ai rapporté notre conversation avec Palaemon, uniquement celle de dire qu'il est la seule autre personne que je connaisse qui a un lien sincère avec vous.

Je détournai les yeux alors que Demi continuait.

— Je ne vais pas prétendre comprendre complètement le fonctionnement interne de l'esprit, et le cœur d'une femme, mon Seigneur, dit-il, mais je crois que Gabrielle vous apporte à la fois, de la joie, et du chagrin...

Il y eut une pause.

— Cela ne devrait pas se passer ainsi, Conquérante.

Je libérai son cou, et reculai de lui‚ puis je dégainai mon épée. Je serrai très fermement le manche en me préparant à mettre fin à la vie de Demitrius. Alors qu'il fermait les yeux en se préparant à son exécution, je repensai à Gabrielle. Je repensai à son regard mauvais. Elle me déteste, pensais-je. Cela me tourmentai comme le Tartarus pour savoir qu'elle me détestait tellement. Et en tuant Demitrius, un homme qu'il aimait, un homme qui était devenu pour elle, un père, ne servirait qu'à sceller cette haine envers moi pour l'éternité. Je craignais déjà la vie sans elle. Passer le reste de notre vie commune, en sachant qu'elle me méprisait plus que toute autre personne, était une frayeur bien trop grande pour moi. Alors, sans rien dire, je baissai mon épée, et me dirigeai vers l'entrée.

Quand j'ouvris la porte et que j'avançai dans le couloir, je vis Gabrielle assise sur le sol, appuyée contre le mur, le visage enfoui dans ses genoux, pleurant de façon incontrôlée.

— Lève-toi, Gabrielle, ordonnai-je.

Quand elle me regarda, son magnifique visage était taché de larmes, ce qui me mis presque en larmes. Je montrai les jardins. Elle se leva aussitôt et courut à l'extérieur. Je la regardai alors qu'elle courait dans les bras de Demi pour le serrer très fort. Il lui rendit son étreinte. Je l'écoutai.

— Je vais bien, Gabrielle, lui dit-il.

— Qu'as-tu fait pour la mettre en colère‚ Demi ? lui demanda-t-elle, en enfouissant son visage sous son menton.

— Tout va bien, dit-il. Tout va bien maintenant.

— Ne la mets plus jamais en colère, s'il te plaît, dit-elle. Je serais perdue sans toi.

À cet-instant-là‚ je remontai en coup de vent le couloir, et m'enfermai dans ma chambre à coucher‚ je me mis à pleurer pour la première fois depuis la nuit où j'avais abandonné mon fils.

Quand Gabrielle s'était présentée cette nuit-là pour le service, j'avais très sérieusement réfléchi à honorer ce désir de me caresser. Je nous avais refusé le charme de son toucher, depuis la première nuit de sa servitude, cinq ans auparavant. Malheureusement, je n'avais pas réussi à le faire, mais je ne lui avais pas demandé de non plus de me donner du plaisir, cette nuit-là. Au lieu de cela, sans dire un mot, j'avais profité de son corps. J'avais touché vigoureusement presque toutes les parties d'elle avec mes mains ou ma bouche, puis je lui avais donné du plaisir buccal. Et quand elle était descendue de son orgasme, elle s'était effondrée dans le sommeil, j'étais restée éveillée, et la regardai fixement dormir, ressentant de la joie... et du chagrin.

-.-.-.-

Mon anniversaire était loin de ces jours torturés, d'amour sans retour. Comme l'anniversaire de Gabrielle un mois auparavant, nous avons passé la plupart de la journée dans notre chambre, à manger, jouer, nous détendre et nous aimer. Pour son vingt-sixième anniversaire‚ je l'avais gâtée-pourrie. Je la baignais et lui fis un massage sur tout son corps, en lui appliquant une huile parfumée. Ensuite‚ je lui offris un beau chiton bleu‚ une des créations d'Illiana et une bague de saphir assortie à un collier. Plus tard dans la journée‚ je lui chantais une chanson. Je ne savais pas expliquer pourquoi‚ mais je n'avais jamais chanté devant Gabrielle auparavant‚ bien que j'avais souvent fredonné pour l'endormir ces derniers mois. Elle rayonna d'un sourire étincelant alors que je chantais, plus tard, elle commenta :

— Tu as une belle voix, Xena. Je ne savais pas que tu pouvais chanter aussi bien.

Ce à quoi je répondis :

— J'ai beaucoup de compétences.

Pour mon anniversaire, Gabrielle m'offrit un foulard de soie et un nouveau fourreau pour mon épée qu'elle avait fabriqué et cousu. Il avait un motif unique et était absolument adorable.

— C'est un des motifs que j'ai adoptés chez les Amazones‚ me dit-elle. Elle passa également beaucoup de temps à me coiffer les cheveux. Elle les tressa, puis défit les tresses et les brossa doucement. Ensuite, elle les épingla en haut, puis jeta des pétales de fleurs dessus avant de les enlever et de refaire des tresses.

— Tu t'amuses bien‚ Gabrielle ? lui demandais-je.

Elle avait défait les tresses une deuxième fois pour en faire un simple chignon en bas de ma tête.

— Je m'amuse beaucoup‚ Xena‚ ma Lady‚ répondit-elle.

Quand le soir arriva, Gabrielle récita un beau poème qu'elle avait écrit. Je tombai dans la mélodie de sa voix alors qu'elle déclamait. Après ses cadeaux, nous avons apprécié un défilé de nourriture et de vin avant de nous perdre dans la passion l'une de l'autre.

Je m'étais couchée avec ma Gabrielle ce soir-là complètement repue, sexuellement satisfaite et profondément heureuse. Cela ne me traversa jamais l'esprit, la perspective d'entrer dans un conflit‚ surtout avec un fléau comme Shaikheti.

Je me relaxais le lendemain matin de mon anniversaire, reflétant encore le bonheur de la veille, quand une main se mit à me pétrir la poitrine et que des lèvres commencèrent à sucer le lobe de mon oreille gauche.

— Qu'est-ce que tu fais, Gabrielle ? lui demandais-je

— Je te séduis.