XV. JOURNAL DE LA CONQUÉRANTE

Après avoir passé de nombreuses années, à conquérir de grands pays et vaincre de grands leaders, la peur était devenue un concept étranger pour moi. J'avais pratiquement surmonté toutes mes peurs… jusqu'à ce que Gabrielle entre dans ma vie. Au début‚ c'était la peur de l'aimer. Je passais les deux premières années de sa servitude, à essayer désespérément, de ne pas l'aimer. Une fois avoir admis à moi-même que ces tentatives étaient vaines‚ ma peur commença à changer. La peur de l'aimer remplaça immédiatement celle de la perdre.

Après avoir brûlé les fouets que j'avais utilisés de rage contre elle‚ je mettais jurée à moi-même que je ne laisserais jamais rien lui arriver avec moi. J'étais plus souvent avec elle, elle restait dormir avec moi après le service, et lorsque j'étais obligée de partir pour une bataille, ou à un engagement quelque part, je trouvais toujours à ramener pour elle, un souvenir de ma victoire ou ma visite, qu'il s'agisse d'un vêtement, d'un bijou, d'un fruit, d'une noix exotique, ou quelque chose d'intéressant à lire. Il y avait encore des moments où j'étais une garce avec elle, mais je pense vraiment que‚ au fur et à mesure que le temps passait, ces moments où j'étais cette garce, étaient dépassés par les moments où je ne l'étais pas.

Dans ma volonté de ne pas la perdre, je lui avais donné un accès illimité à la connaissance. La connaissance était le pouvoir, et plus vous en aviez, plus vous pouviez avec succès, faire face à des défis imprévus. Alors qu'elle était encore mon esclave, j'ai donné des rouleaux de Gabrielle et des volumes liés des œuvres et des sagesses de tous les philosophes grecs légendaires. Il n'y avait pas de doute qu'elle devait être la seule esclave dans tout le Royaume, et dans la petite minorité de ceux qui étaient libres et lettrés‚ qui soit capable d'apprendre les enseignements de Socrate, de Platon‚ d'Aristote et d'Epicuros. Elle avait également reçu les œuvres des plus grands, mathématiciens et orateurs : Homère, Eschyle, Eratosthène et Caton. Juste avant d'être libérée, elle avait reçu les enseignements des mystérieux philosophes d'Asie, dont Siddhartha Gautama, Confucius et Huang Di. L'esclave Gabrielle avait absorbé avec impatience ces vastes informations comme une plante absorbant l'eau de pluie.

Cependant, lorsque nous avons commencé nos voyages comme égales, comme amoureuses, mon désir d'enseigner avait grandi. Gabrielle était un récipient presque débordant de connaissances philosophiques, artistiques et religieuses, mais elle ne connaissait de la guerre que ce que ses Sœurs Amazones lui avaient enseignée. Et bien que je respecte complètement la capacité des Amazones de se battre défensivement dans un conflit‚ they are not among the great wagers of war. Je voulais que Gabrielle connaisse les grands rois, conquérants et généraux avant moi. Je voulais qu'elle comprenne à la fois les clés de leurs victoires et les causes de leur grande défaite. À mes débuts‚ lorsque je voyageais avec Borias‚ j'avais étudié les dirigeants des siècles passés : les Rois Kleomenes‚ Bimbisara et Josiah‚ le Général Epaminondas et le Grand Cyrus II. Je transmis ce que je connaissais de ces hommes à Gabrielle, lui en remplissant les oreilles de traités de dominations et de défaites.

Je n'avais pas enseigné ces choses à Gabrielle parce que je voulais la transformer en un grand guerrier. Melosa la Reine des Amazones avait fait un excellent travail‚ à en juger par la conduite de Gabrielle avec les Amazones des Steppes en Thrace du Nord et contre les troupes de Shaikheti en Germanie. Non, je voulais qu'elle les comprenne mieux afin qu'elle soit toujours en mesure de prendre des décisions sérieuses, et qu'elle soit capable de saisir la situation et de la traiter intelligemment.

Tout cela changea le jour où je dus combattre Callisto dans le Colisée.

Quand Callisto proposa un tournoi entre ses amies Amazones de Mésopotamie et les Sœurs Amazones de ma Gabrielle, j'avais été forcée d'affronter quelque chose que j'avais espéré et prié ne jamais avoir à faire. Gabrielle savait se battre, mais elle devait apprendre L'Art de la Guerre. Alors, cet après-midi-là, avant de combattre Callisto, je m'étais assise aux côtés de Gabrielle dans la tribune royale du Colisée, pris ses mains dans les miennes et lui racontai l'une des plus grandes leçons que j'avais apprises lorsque j'avais été en Chine avec Lao Ma.

— Gabrielle, commençai-je, vers la fin de mon séjour avec Lao Ma, elle m'a faite une proposition incroyable.

— Qu'est-ce que c'était, Xena ? demanda Gabrielle.

— Elle m'avait proposé de me nommer Commandant de son armée royale, répondis-je. J'aurais été sa Princesse Guerrière.

— C'est de là d'où vient ton titre ?

— Oui, répondis-je. Ce n'était pas vraiment mérité puisque cela ne s'est jamais réalisé.

— Pourquoi as-tu adopté ce titre‚ Xena ?

— Parce qu'avant de devenir Princesse Guerrière, je devais devenir une véritable guerrière, et je l'ai fait.

— Je croyais que tu étais déjà une grande guerrière‚ Xena, dit Gabrielle.

— Je savais comment me battre et comment tuer, mais je n'étais fondamentalement qu'un brigand avec un grand nombre de morts, alors, dis-je. Pour devenir une véritable guerrière, je me devais d'étudier l'Art de la Guerre.

— L'Art de la Guerre ? interrogea Gabrielle.

— Oui, répondis-je. Après avoir atteint Dao et gagné la paix intérieure‚ Lao Ma m'avait décerné un chakram et donné les grands enseignements du General Chinois Sun Tzu.

— Pourquoi me racontes-tu ça‚ Xena ?

— Parce que je veux t'enseigner ce que j'ai appris.

— Pourquoi ?

— Au cas où.

Je resserrais légèrement mon emprise sur ses mains‚ puis je commençai.

— Selon Sun Tzu‚ la guerre est le plus grand problème d'une nation‚ Gabrielle. C'est le chemin de la survie et de la destruction, et cela doit être étudié. Tout d'abord, il doit y avoir une chaîne de commandement, le Chemin, qui incitent les gens a avoir la même pensée que leurs supérieurs.

Gabrielle retira ses mains de mon emprise, puis se mit à caresser ma cuisse gauche pendant que je lui parlai. Je lui expliquai tout d'abord les éléments et la logistique d'une guerre, puis lui exposai leur philosophie.

— Gabrielle‚ j'ai gagné des guerres en suivant les règles de base de Sun Tzu. J'ai donné des ordres qui ont été suivis sans discussions. J'ai constitué des armées fortes et bien entrainées‚ distribué récompenses et punitions à mes troupes. Mais, c'est la sagesse philosophique de guerre de Sun Tzu qui m'a servi de plus grand mon allié. Il a dit que la force est le contrôle et l'équilibre du pouvoir‚ mais que c'est également le Chemin de la Duperie. De se faite‚ si tu es capable‚ sembles incapable ; si tu es active‚ sembles inactive ; si tu es près‚ sembles être loin ; si ton ennemi a un avantage‚ attires-le ; s'ils sont confus‚ prends-les ; s'ils sont forts‚ évites-les ; s'ils sont en colère‚ déranges-les ; et s'ils sont unis‚ sépares-les. Attaques-les, là où ils ne sont pas préparés, et vas là où ils ne s'y attendent pas. En entrant dans la bataille, Gabrielle, cherche une victoire rapide.

-.-.-.-

Les Sept siciliennes présentent étaient un peu intimidantes. Alors que j'étais présentée à chacune des femmes, je les étudiai attentivement en engageant une courte conversation. J'avais déjà eu une interaction physique et verbale avec Aster Zemarian. Elle n'avait pas beaucoup dévoilé‚ et j'espérais que dans ces brefs dialogues avec les autres‚ j'en apprendrais assez sur elles pour mesurer leurs loyautés‚ leurs forces et leurs faiblesses.

La première chose que je notai, fut que ces femmes ne semblaient pas suivre une hiérarchie basée sur l'âge. Aster n'était pas la cheffe parce qu'elle était la plus âgée des sept. Il était évident qu'au moins trois des femmes, Penthesilia Samyah et les deux Ptolémées, Pella-Onava et Berenice étaient plus âgées. Elle était leur cheffe actuellement, parce qu'elle avait été, bien sûr, leur meilleure guerrière quand elles avaient combattu mon armée en Babylone‚ j'avais de minces souvenirs de sa capacité de combat, d'alors. Je ne pensais pas non plus que ces femmes étaient plus jeunes que moi, ce qui laissait sous-entendre qu'elles étaient d'excellentes guerrières, lorsqu'elles avaient été vaincues et vendues à l'esclavage quelques années plus tôt.

Leur déférence à Aster semblait être absolue. Ses ordres étaient exécutés sans conteste, et chacun de ses signes étaient assimilé par les autres. Il n'y avait pas non plus, d'intimité physique, ni d'amour romantique entre deux femmes. C'étaient des camarades, purs et simples. Le plus intéressant était le fait que‚ bien que chaque femme semblait considérer Callisto comme une alliée‚ elle était clairement exclue. Je considérai cela comme un avantage très nette.

Je fus d'abord présentée aux Ptolémées, puis à Calliope-Bithynis Zemarian, puis aux Samyahs, Penthesilia et Nicaea-Rhada. Lorsque je m'approchai de la dernière gladiatrice, Niconoe Zemarian, Aster se déplaça et vint se placer derrière la femme.

— Est-elle votre sœur ? demandai-je.

Elles sont toutes mes Sœurs‚ répondis Aster.

— Oui‚ je sais‚ dis-je‚ mais est-ce que c'est votre SŒUR ?

— Elles sont toutes mes SŒURS‚ répéta Aster.

— Okay, peu importe, dis-je alors en retournant mon attention à Niconoe. Est-ce que vous et Aster avez la même mère ?

Niconoe se tourna brièvement vers Aster avant retourner son attention vers moi et me répondre.

— Non, Conquérante‚ dit-elle simplement.

-.-.-.-

Ce fut au cours des deux premiers combats de gladiateur que leur faiblesse principale se manifesta. Aster m'avait menti. Ces femmes ne se battaient pas uniquement par sens de l'honneur, ni celui de la famille. Elles ne tuaient pas juste par envie, non plus. Ces femmes voulaient se venger de leurs ravisseurs, de la nation Amazone qui les avaient abandonnées, et de moi. Le premier combat se termina par Stanislas battant la Ptolémée, Berenice, au point où la jeune femme était inconsciente. Berenice avait été épargné sur ordre de Gabrielle, mais je me rendis rapidement compte que Gabrielle ne faisait pas faveurs aux gladiatrices. C'était un des éléments que je pensais, avoir poussé l'autre Ptolémée‚ Pella-Onava‚ à tuer de sang-froid la jeune Amazone Amarice ainsi qu'avoir presque réussi à tuer Darda.

Cette allégeance ponctuelle des Sœurs Amazones ne signifiait rien pour ces femmes gladiateurs, maintenant. Elles ne possédaient pas le mal apparenté à Alti, dont la cruauté avait été provoquée par la passion du pouvoir spirituel ultime. Ces femmes, qui ne connaitront probablement jamais toutes les circonstances de leur capture, et la vraie raison pour laquelle leurs Sœurs ne sont jamais venues les libérer, avaient survécu à leur envie de se venger de la Nation, qu'elles pensaient les avoir abandonnées. Le fait qu'Aster avait choisi la lutte à mort contre ses supposées Sœurs de la Nation des Amazones était un premier signal d'alarme pour moi.

Alors que Pella-Onava se préparait à transpercer Darda‚ Escritt, la géante Amazone du Nord, se précipita vers Pella-Onava‚ la frappant jusqu'à ce que la jeune femme tombe à genoux avant de la décapiter. Escritt fut assommée par son geste, et resta abasourdie pendant quelques instants avant que les gardes ne recueillent le corps et la tête de Ptolémée. Gabrielle arriva dans la fosse de gladiateurs où nous étions postées, et commença immédiatement les soins sur Darda.

C'était durant le combat suivant, entre Bahri et la gladiatrice Nicaea-Rhada, que je me tournai vers Gabrielle pour jauger ses pensées sur ce qu'elle voyait.

— À quoi penses-tu, Gabrielle ?

— Je ne crois toujours pas qu'elles sont méchantes, Xena, répondit-elle, mais il est évident qu'elles sont très en colère...

Elle eut une hésitation.

— Et ? demandai-je.

— ... et blessées.

— Gabrielle, commençai-je, quand ce sera au tour de Escritt de se battre, concentres-toi sur Aster. Concentres-toi très fort sur elle, et rappelles-toi Sun Tzu.

— J'en ai bien l'intention‚ dit Gabrielle, juste au moment où nous observons qu'un Sergent furieux se jetait sur une gladiatrice également très en colère.

Alors que Bahri battait à mort Nicaea-Rhada, Gabrielle annonça :

— J'arrête le combat, en sortant sur le terrain de l'arène.

Mais juste à l'instant où elle leva son pouce‚ Calliope-Bithynis‚ Penthesilia et Niconoe se mirent à charger vers Bahri. Il était évident pour moi, qu'elles agissaient sur les ordres d'Aster, plutôt qu'impulsivement à la situation difficile de Nicaea-Rhada. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit à Charicleia ou à Hadiya sur la difficile situation de Bahri‚ elles se mirent à charger vers les gladiatrices. Et bien sûr, je les rejoignis.

— Bahri‚ mettez Gabrielle en lieu sûr ! criai-je en choississant délibérément Niconoe‚ comme cible.

La Zemarian était une excellente combattante, mais j'avais trouvé sa faiblesse presque immédiatement. Ayant combattue depuis si longtemps contre un adversaire qui portait un casque, Niconoe était enclin à piquer sa lance vers le bas, en dessous de la poitrine, dans certaines parties exposées du corps, plus vulnérables. Pour cette raison, je pus aisément anticiper chaque attaque. Finalement‚ lorsqu'elle s'attaqua à mon entrejambe, je parai le coup et lui donna un coup de coude sur la tête. Elle fut stupéfaite et tomba en arrière, perdant sa lance dans l'action. Quand elle se tourna pour la récupérer‚ je lui donnai un coup de pied dans ses côtes‚ la renvoyant au sol. À cet instant‚ j'entendis une voix crier :

— XENA‚ FAIS ATTENTION !

C'était Gabrielle‚ qui me prévenait que Nicaea-Rhada‚ qui avais repris conscience après la raclée de Bahri et venais après moi. Quand elle se jeta en avant avec sa lance‚ je parai l'attaque, et la frappai. Je retournai rapidement mon attention sur Niconoe, qui se tordait au sol, en tenant son côté blessé.

— Lèves-toi ! ordonnai-je. Je ne t'ai pas fait si mal.

Niconoe leva les yeux vers moi, la haine dans le regard me perçant presque la poitrine.

— J'ai dit LÈVES-TOI ! Quel genre de foutu guerrière es-tu !? Tu es si faible. Tu es pathétique. Tu es le larbin d'Aster‚ son esclave‚ hergavoneputtana (1).

Cette dernière remarque provoqua de la colère en Niconoe, ce que j'avais voulue faire. Souffrant toujours‚ elle attrapa sa lance et la balança vers moi. Je la saisis‚ lui arrachai des mains, et l'empalai avec. Alors qu'elle mourait, je regardais Aster, qui était restée immobile à côté de Callisto à leur entrée, en souriant. À cet instant-là, j'espérais que Gabrielle regardait Aster elle aussi.

Hadiya eut une épaule déboîtée pendant son combat, avant de tuer Calliope-Bithynis. Charicleia, aussi, fut blessée‚ mais elle vainquit également son adversaire‚ Penthesilia. Alors que les gardes gladiateurs emmenèrent les deux cadavres, et les blessées Nicaea-Rhada et Penthesilia, mes deux alliées s'approchèrent de moi, et me remirent leurs épées. Quand Hadiya me tendit la sienne, elle sourit.

— J'ai appris un peu de latin en voyageant avec vous, Conquérante, dit-elle. Durate ad finem, Princepessa. Persévérer jusqu'au bout, Princesse.

Quelques instants plus tard, alors que les spectateurs chantaient « Virago Principessa » en réponse à ma victoire, je fis signe à Aster et à Callisto de s'approcher. Je fis signe ensuite à Escritt de venir. Alors qu'elle s'exécutait‚ je regardai vers Gabrielle et lui fis un signe de tête. Elle me rendit mon signe de tête avant que je ne retourne mon attention vers mon adversaire‚ Callisto.

Alors que les deux femmes se tenaient en face d'Escritt et moi, je regardai brièvement les deux épées que Hadiya et Charicleia m'avaient présentée. Quelques instants avant, j'avais mis les deux épées à mes pieds, et maintenant je contemplais le rôle de ces deux armes.

— Laissez tomber vos lances, dis-je à Callisto et à Aster alors que je retournais mon attention sur les deux ennemies qui me faisaient face. Je pris les épées, ordonnai simplement :

— Prenez ceci.

Callisto sourit alors qu'elle prit l'épée.

— Je suis tellement impatiente de ça, Chérie.

— Oh vraiment ? demandai-je. Alors, es-tu prête à mourir‚ Callisto ?

— Et toi‚ Chérie ? répondit Callisto.

— Toujours et jamais‚ répondis-je alors que nos épées se touchèrent une première fois d'une longue série. Cette femme contre qui je me battais, n'était plus l'adolescente folle que j'avais baisée et manipulée, quelques ces années auparavant. C'était une guerrière avec l'habileté, la conviction et la concentration d'un guerrier. Il y avait une partie de moi qui aimait me battre contre quelqu'un que je considérai comme un digne adversaire. Pour sa part, Callisto devait probablement ressentir du plaisir sexuel d'une folle, à me combattre. She cooingly flashed this smile that resonated arousal each time our swords connected. C'était comme si elle me combattait et me pénétrait en même temps. Je m'attendais, à tout moment, à entendre les gémissements de son orgasme.

Malheureusement pour moi, elle ne savait pas quand se taire.

— J'ai rêvé de ce moment depuis longtemps, Chérie, dit-elle, alors que nous nous combattions.

— C'est vrai, répondis-je.

— Oh oui.

— Tu devrais te méfier de ce dont tu rêves, Callisto, l'avertis-je.

— Oh, non, Xena, répondit-elle. Dum somnium mei vivo‚ somnium horum circum me servio. Comme je vis mon propre rêve, je fais le rêve de ceux qui m'entourent.

— De qui ? lui demandai-je. Aster ? Ses Sœurs ?

— Peut-être, rétorqua Callisto. Peut-être pas. Peut-être les gardes ou les nobles romains qui regardent ces combats stupides. C'est peut-être toi, ma chérie.

— Hmm, répondis-je. Non captus est. Ne te fais pas attraper.

— Je vais essayer, dit-elle. En tout cas‚ j'attends notre mort avec impatience, quand nous pourrons passer l'éternité dans le Tartarus ensemble.

— Toujours optimiste‚ dis-je juste avant Callisto ne serre le poing gauche et le balance contre moi.

Je la frappais aussi. Après le troisième ou quatrième coup‚ je remarquai qu'elle approuvait en fait mes frappes cinglantes. Entre autres choses, devenir une gladiatrice l'avait rendue résistante à la douleur.

— Je vois que tu t'es occuper de beaucoup de merde ces jours-ci‚ Callisto‚ dis-je dit à un moment donné‚ en la raillant.

— Oh‚ ma jolie‚ siffla-t-elle‚ Semper in excremento sum‚ solum profunditas mutat. Je suis toujours dans la merde, seule la profondeur varie.

Nous nous combattîmes pendant si longtemps et si durement, que je commençais à imaginer, que cela ne se finirait jamais, lorsque je sentis une présence s'approcher derrière moi. Juste alors, une voix me cria :

— Xena‚ fais attention !

Je me retournai et vis Gabrielle charger Aster.

— Gabrielle‚ NON ! m'écriai-je quand je levai mon épée au-dessus de ma tête pour bloquer le coup d'Aster venant de derrière moi. Je lui fis face rapidement et tentai de diriger mon épée dans son ventre‚ mais elle bloqua mon attaque. Je levai mon épée au-dessus de la tête, cette fois pour bloquer l'attaque de Callisto alors qu'elle était derrière moi.

S'ils s'unissaient‚ sépares-les.

Alors que je me tournai vers Callisto, je vis alors Gabrielle, brandir une lance comme un bâton, en prenait le manche pour frapper Aster dans le dos. Aster tomba à genoux.

— Tu ne peux pas te battre contre moi et sauver ta précieuse Gabrielle en même temps, hein ? dit Callisto avec un sourire.

Tout ce qui m'importait en ce moment, c'était de voir ce qui se passait derrière moi. Ainsi‚ je sentis monter en moi une colère noire‚ poussant mon cri de guerre‚ je sautai et me retournai par-dessus Callisto‚ me positionnant de telle sorte que j'étais au moins face à Gabrielle, et obligeant Callisto à faire demi-tour pour me faire face.

Duc, sequi, aut fuge ! m'écriai-je à Callisto. Mènes, suis ou sors du chemin !

— Je ne vais nulle part, Xena, répondit Callisto. Alors tu vas devoir me déplacer.

— Alors soit, dis-je en donnant un coup de pied dans la main, la levai et la projetai. Elle retomba, inconsciente.

Enfin, je pouvais voir et défendre Gabrielle.

Après avoir frappé Aster, Gabrielle se baissa instinctivement pour s'occuper de Escritt, gravement blessée par Aster. Aster était toujours à genoux, mais pas longtemps. Resserrant dans sa main, la poignée de l'épée, elle se leva, mais je détournai instantanément son attention de mon amour.

S'ils sont en colère‚ déranges-les.

— Tu ne veux pas te battre contre elle, Aster, dis-je en me référant à Gabrielle. C'est moi qui ait tuée ta sœur.

— Ton énorme cousine a tué une de mes Sœurs aussi‚ Babania‚ dit Aster‚ en faisant allusion à mon "soldat", Escritt‚ quand elle lança son épée sur moi.

— Ouais, mais j'ai tué Niconoe de sang-froid, dis-je. Elle et toi aviez le même père, n'est-ce pas ?

À cet instant, Aster m'attaquait avec son épée. Nous nous combattîmes avec force pendant un certain temps. J'étais tellement concentrée sur Aster que je n'avais pas remarqué que Callisto était revenue à elle. Gabrielle le remarqua, et chargea Callisto avec la lance.

Si ton ennemi a un avantage‚ encourage-le.

— Sûrement‚ que tu plaisantes‚ petite fille‚ dit Callisto arrachant la lance de des mains de Gabrielle avant de lui donner un coup de pied dans le visage.

Ma Gabrielle retomba‚ visiblement inconsciente.

Si tu en es capable, n'hésite pas.

Je vis ROUGE. Callisto me chargea, et je combattis mes deux ennemies comme une possédée, pendant plusieurs instants jusqu'à ce que la combinaison de l'épuisement‚ de la rage et de mon inquiétude pour ma Gabrielle, commencèrent à me dominer. Je supposais qu'Aster avait détecté ma faiblesse‚ car elle réussit à me taillader dans le bas du ventre. Quand je tombai à genoux de douleur et de fatigue‚ Aster me sourit méchamment quand Callisto leva son épée pour m'éviscérer.

— Vengeance pour ma famille‚ Xena ! poursuivit Callisto. Vengeance pour Cirra !

Alors que je levais mon épée pour bloquer son attaque, l'éclat du soleil qui m'aveugla, j'entendis en premier le tristement célèbre cri de guerre de Callisto, puis un cri « NON ! et ensuite j'entendis Callisto hurler.

Attaque là où ils ne sont pas prêts et vas là où ils ne s'y attendent pas.

Callisto tomba à genoux, agrippant un côté où le sang suintait entre ses doigts. À cet instant-là, nous étions toutes les deux l'une en face de l'autre. Souriante, Callisto tendit la main, caressa mon visage en regardant au plus profond de mes yeux avant de tomber sur le sol. Debout au-dessus d'elle, Gabrielle tenait un poignard ensanglante.

— Va fungule‚ bizzuoca‚ chuchota-t-elle à Callisto‚ bien qu'étonnamment‚ elle ne la regardait pas.

Son attention était toujours portée sur Aster, qui était probablement aussi stupéfaite que moi sur ce dont nous avons été témoins.

Gabrielle était manifestement traumatisée par ce qu'elle venait de faire, mais elle avait l'air tout aussi furieuse de ma fâcheuse position, dans laquelle j'étais quelques instants auparavant. Elle pointa son poignard tremblant, vers Aster comme un défi.

Quand Aster se jeta sur Gabrielle, je rassemblai toutes les forces que j'avais en moi, me levai et lui transperça la poitrine avec mon épée. Lorsque Aster tomba, je m'effondrai.

Dans la lutte‚ cherches une victoire rapide.

Gabrielle courut vers moi, en arrachant une partie de sa tunique, pour la poser sur ma blessure ensanglantée. Elle pleurait.

— Est-ce que ça va, Xena ? demanda-t-elle hystériquement. S'il te plait, dis-moi que tu vas bien.

— Je survivrai‚ mon amour‚ lui dis-je. C'est juste un égratignure.

Je regardai en premier la blessure sur le front de Gabrielle, puis le sang de Callisto sur ses mains.

— Est ce que ça va ?

— Je crois, répondit-elle.

A cet instant, une voix murmura :

— Babania Gabrielle.

C'était Aster. Gabrielle rampa jusqu'à la gladiatrice déchue.

— Cela ne devait pas se terminer de cette façon, Aster.

— Si, je le pense‚ répondit Aster.

— Tu fais toujours partie de la Nation, ma Sœur, dit Gabrielle. Tu aurais dû savoir que si nos sœurs en Mésopotamie avaient su que vous aviez survécu à la guerre contre l'armée de Xena à Babylone... si elles avaient su que vous aviez été vendues comme esclaves... elles seraient venues vous chercher... C'est pour cela que je suis là maintenant.

— Nicée-Rhada et Penthesilia sont vivantes, Babania, dit Aster. Bérénice à une chance de survivre.

— Nous veillerons à ce qu'elles rentrent chez elles en Mésopotamie, ma Sœur, dit Gabrielle. Je te le promets.

Aster saisit le poignet de Gabrielle alors que je rampais vers elles.

— Non, S'il te plaît‚ Babania‚ implora-t-elle‚ sa respiration devenait plus difficile. Mycugines… permets leur de rentrer en Sicile en toute sécurité. Nous avons notre propre omerta… notre propre code… La Sicile est notre patrie maintenant.

— Comme tu veux, lui répondit Gabrielle.

Aster me sourit alors.

— Intelligent d'avoir appelé ma sœur ma 'gavone puttana', murmura-t-elle. Ma putain de bonne à rien... en sachant très bien qu'elle n'était ni l'une ni l'autre. Comment as-tu appris notre dialecte si vite, Babania ?

— J'ai beaucoup de compétences‚ répondis-je. Je n'ai pas appris tout cela‚ cependant. Mais je n'ai pas tout appris. Qu'est-ce que "babania" veut dire exactement ?

Aster gloussa et regarda Gabrielle.

— Héroïne, dit-elle à Gabrielle avant de fermer les yeux pour la dernière fois.

-.-.-.-

Il se passa quelques instants avant que nous nous souvenions, Gabrielle et moi, que nous étions la principale attraction de Rome, et l'objet des applaudissements retentissants. Je me relevai, et ma Gabrielle et moi ne primes pas la peine de saluer notre public, alors que nous avancions, bras dessus bras dessous vers notre entrée de gladiateur, où nos amis nous attendaient.

Octavius annonça la fin des jeux pour la soirée et nous escorta jusqu'à son palais. Toutes les victimes, y compris Amarice et Callisto avaient été emmenées par des gardes et préparées pour un bûcher funéraire. Gabrielle insista pour que nous y soyions présentes. Il m'était douloureusement évident, que Gabrielle devait asssiter aux funérailles, en particulier à celui de Callisto.

Darda et Escritt, les deux plus gravement blessées de notre groupe, avaient été emmenées à l'infirmerie du palais pour recevoir des soins supplémentaires. Après leur avoir rendu visite et avoir été soignées, Gabrielle et moi sommes retournées dans notre chambre d'hôtes, où Gabrielle avait insisté pour que je m'allonge et me repose.

Alors qu'elle me chevauchait l'abdomen et commençait à me masser les épaules, les seins et les avant-bras, je tendis la main et passai mes doigts sur sa joue.

— As-tu eu peur, Gabrielle ?

— À chaque instant où j'étais là-bas, répondit-elle. J'ai eu peur pour Escritt, peur pour toi, et même pour Aster.

— Quand Callisto t'a donné un coup de pied, dis-je, j'étais certaine qu'elle t'avait gravement blessée, j'étais folle de rage.

— Nan, répondit Gabrielle. Je faisais juste ce Way of Deception que tu m'as appris.

Je gloussai.

— Tu ferais une parfaite guerrière‚ Gabrielle‚ dis-je.

— Merci, Xena, répondit-elle, mais je pense que je fais une bien meilleure barde.

J'hésitais.

— A propos de Callisto, Gabrielle...

— Mon cœur saigne pour elle‚ Xena‚ mais je devrai faire avec‚ dit-elle. Elle t'aurait tuée. Je ne pouvais pas laisser cela arriver. J'avais plus peur de te perdre que tout le reste...

Un soupir.

— ... J'ai mal à l'intérieur, chuchota Gabrielle.

— Je sais‚ chérie‚ dis-je dit. Je t'aime tellement.

Les larmes coulèrent sur son beau visage.

— Je t'aime aussi, Xena, dit Gabrielle, puis me posa la question : As-tu eu peur aujourd'hui ?

— Gabrielle, mon amour, répondis-je, Grâce à toi, je peux honnêtement dire que j'ai encore surmonté ma peur.

Gabrielle secoua la tête et sourit avec ce Sourire de Gabrielle. Nous nous embrassâmes.

FIN


1 . Sa putain de bon à rien (quelque chose de ce genre NDLT).