Voici voilà une nouvelle fic, plus longue et plus élaborée que les précédentes. Cela fait bien longtemps qu'elle attend son heure alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Les chapitres sont tous écrits, je n'ai plus qu'à les relire avant de les publier, j'essaierai donc de ne pas trop vous faire attendre.

L'univers magique ainsi que les personnages que vous reconnaîtrez appartiennent bien évidemment à notre prêtresse à tous, j'ai nommé J.K. Rowling. Quand aux autres, ils viennent tout droit de mon imagination.

Bonne lecture à toutes et à tous!

Chap. 1 : Départ et Souvenirs.

Un éclair vert, une main l'agrippant par le poignet, une nouvelle explosion, un tas de gravas s'effondrant à ses pieds, l'obligeant à ralentir puis un cri atroce perçant la nuit sans étoiles. D'un regard en arrière, il vit son père à terre, sa baguette toujours levée, il continuait le combat pendant que lui se laissait entraîner, la peur au ventre, loin de toute cette horreur.

D'un sursaut, Draco se retrouva assis dans son lit, le souffle court, il avait encore fait ce cauchemar, il ne le quittait plus et le hantait toutes les nuits depuis sa fuite. Alors comme toutes les nuits depuis trois ans maintenant, il se leva et se rendit dans la salle de bain de son deux pièces. Il fixa son reflet quelques secondes dans le petit miroir écaillé qui surplombait le lavabo avant de se passer un peu d'eau glacée sur le visage. Il en avait marre, il était fatigué de ses insomnies incessantes, il ne supportait plus de refaire ce même cauchemar encore et encore et surtout il ne supportait plus de se dire sans cesse que s'il n'avait pas fuit le champ de bataille son père serait peut-être encore en vie.

Il avait été lâche comme toujours, trop lâche pour se libérer de la poigne de sa mère qui l'avait attiré hors du parc de Poudlard, loin du massacre. Le Seigneur des Ténèbres venait de tomber et ils avaient profités du chaos qui régnait alors, ils avaient couru, passant à travers les cris, les sorts perdus et les corps tombés. Une fois dehors, ils avaient transplané jusqu'au manoir Malfoy, ils devaient s'enfuir le plus loin possible s'ils ne voulaient pas finir leurs jours à Azkaban voir pire, s'ils ne voulaient pas recevoir un baiser...

Un frisson parcourut l'échine de Draco à cette pensée. Il retourna dans sa chambre et jeta un coup d'œil aux chiffres fluorescents de son réveil, 3h07. Avec un soupir il se recoucha. Il avait sommeil, pourtant ses yeux refusaient de se fermer, il ne pouvait s'empêcher de repenser à sa fuite.

Sa mère lui avait dit de prendre quelques affaires dans sa chambre et de la rejoindre dans le hall, il avait donc gravit les marches du grand escalier de marbre blanc et avait jeté tout ce qui lui passait sous la main dans une grande valise en cuire noir. Mais quelques minutes à peine après avoir commencé sa tâche, il avait entendu du bruit au rez-de-chaussée, puis bien vite, des pas avaient résonnés dans le couloir menant à sa chambre, la porte s'était ouverte à la volée et il s'était retrouvé face à Severus Rogue. Ce dernier avait jeté un rapide coup d'œil à la valise avant de s'adresser à Draco dans un murmure précipité.

- Des membres de l'Ordre fouillent le manoir, ils ont déjà trouvé Narcissa, tu dois t'enfuir et te faire oublier le plus longtemps possible. Tiens, rends-toi à cette adresse, fais-toi faire de nouveaux papiers et disparaît de la circulation.

Draco s'était saisi du morceau de parchemin que lui avait tendu le maître des potions. Ce dernier voyant que son élève s'était apprêté à protester le coupa net avant qu'il n'ait pu prononcer un mot :

- Ne discute pas ! C'est ça ou dans le meilleur des cas la prison à vie alors file, dépêche-toi, ils vont se demander ce que je fais.

Sur ces dernières paroles, il avait donné une tape sur l'épaule de Draco avant de sortir de la pièce en criant:

- Il n'y a personne à l'étage ! Allons à Poudlard ils doivent avoir besoin de renforts !

Draco avait tout d'abord été étonné de constater que Rogue était en réalité du côté de l'Ordre, puis il avait regardé le petit bout de parchemin froissé qu'il lui avait donné, « Mr. Watson, 34 Allée des Embrumes, Londres ». Après s'être assuré que tous les membres de l'Ordre avaient quitté le manoir, il avait fait ses adieux à la maison de son enfance et s'était rendu sans plus attendre chez ce Mr Watson. Là-bas, il avait obtenu de faux papiers, il s'appelait désormais « Drake Smith », le nom le plus commun que le Royaume-Uni ait porté. Il n'aimait pas ce nom. Ici, il se faisait simplement appeler Drake.

Quelques coups sourds furent frappés à la porte. Draco se retourna et regarda de nouveau son réveil : 5h, il avait du réussir à se rendormir. Mais qu'est-ce qu'on pouvait bien lui vouloir encore. Il alla ouvrir. Un jeune homme typé espagnol, en baggy et sweat à capuche se tenait devant la porte.

- Pablo... Ne me dit pas que tu t'es encore fais jeter par ta nouvelle meuf, tu pourrais pas t'arranger pour faire ça la journée ?

- Ha ha très drôle Drake, cette fois c'est sérieux et je te ferais remarquer que même si je me fais jeter moi au moins j'ai des meufs contrairement à certains.

- Très bonne remarque Einstein, répondit Draco en levant un sourcil sarcastique.

- Oh ça va j'avais oublié, dit Pablo en levant les yeux au ciel.

En effet, Pablo savait, ou tout du moins était censé savoir, que Draco préférait les hommes mais comme il l'avait si bien dit lors d'une soirée plutôt arrosée « Tu sais... hic...Drake... ça s'voit pas du tout que t'es PD ». Et c'est sur cette phrase des plus philosophique qu'il avait vomit tout ce qu'il pouvait sur le tapis du PD en question.

- Allez entre idiot, l'invita Draco en souriant, et raconte-moi donc ce qui t'amène de si bonne heure.

- J'ai vu Tito tout à l'heure, enfin hier soir, il m'a donné un ordre de mission du Patron pour toi, d'après ce que j'ai compris ça se passe à Londres.

- Londres ? Et pourquoi veut-il m'envoyer là bas ? Il a bien des hommes sur place non ?

- Ben apparemment c'est un gros coup et la plupart de ses hommes de mains qui bossent là-bas sont connus des Aurors. Il veut des nouvelles têtes pour passer inaperçues.

- Le seul problème c'est que je ne suis pas une nouvelle tête, quelqu'un pourrait me reconnaître.

- Tu sais ça fait quatre ans maintenant que tu as quitté le pays pour vivre ici, ta mère a déclaré qu'elle ne t'avait pas revu depuis la bataille, et le ministère t'a laissé pour mort alors je ne pense pas que quelqu'un fera le rapprochement.

- Tu crois ?

- Dans le pire des cas on pensera que tu ressembles beaucoup à Draco mais ça n'ira pas plus loin, tu ne fais pas parti de la liste des Mangemorts en fuite, tout le monde pense réellement que tu es mort.

Pablo était la première personne à avoir fait partie de sa nouvelle vie, il l'avait rencontré durant le voyage qui l'avait mené jusqu'en France et ils étaient entrés en même temps au service du Patron. Ils avaient donc appris ensemble les ficelles du métier. Au départ ils n'étaient que de simples compagnons de galère puis une véritable amitié avait fini par naître entre eux. Aujourd'hui Pablo savait tout ou à peu près de la vie passée de Draco.

- Et puis le Patron a confiance en toi, il sait que tu fais du bon boulot et je ne pense pas qu'il prendrait le risque de t'envoyer sur une mission comme celle là s'il pensait qu'il y avait le moindre risque que tu sois découvert. Tu devrais le faire, conseilla Pablo, ça te fera du bien de revoir ton pays, sans parler du fait qu'il y aura un belle récompense à la clé, ajouta-t-il un sourire aux lèvres.

- Tu ne perds pas le nord toi, plaisanta Draco, bon c'est d'accord j'y vais. Et toi ?

- Tito m'a bien proposé d'être du voyage mais j'ai refusé, j'ai quelques camions de contrebande à ramener d'Espagne et puis de toute façon je n'ai pas très envie de retourner à Londres.

- En même temps c'est compréhensible.

Pablo avait raconté un jour à Draco que lorsqu'il était à Londres il avait perdu une grosse somme d'argent en jouant au poker contre des types pas très nets. Étant dans l'incapacité de payer il avait fuit le pays et n'avait pas très envie d'y remettre les pieds.

- J'ai failli oublier, ajouta Pablo, tiens, ton ordre de mission, il tendit une enveloppe à Draco qui s'en saisit, Tito t'attend à la gare pour 7h30.

- Ok, j'y serai, merci Pablo.

- No problème mec et fais gaffe à toi, je ne tiens pas à ce que ma prochaine mission soit de te faire évader compris?

- T'inquiète.

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Lorsqu'il arriva à la gare, il n'eut aucun mal à repérer Tito. C'était un homme brun, grand et bien bâti, son front proéminent projetait une ombre sur ses yeux, rendant son regard sombre et intimidant, faisant ainsi de lui le stéréotype parfait du mafieux italien. Ce n'était pas pour rien que le Patron l'avait choisi pour faire partie de ses plus proches hommes de main. Il était adossé au mur faisant face aux rails, les bras croisés, il observait les passants aller et venir à la recherche du train qui les mènerait à bonne destination. Lorsque son regard se posa sur Draco, il se redressa et vint à sa rencontre. Les deux hommes se serrèrent la main accompagnant leur geste d'un bref salut de la tête.

- Tu as lu ton ordre de mission ? Interrogea Tito.

- Pablo m'a tiré du lit aux aurores, j'ai à peine eut le temps de faire ma valise. C'est quel genre de boulot ?

- Cambriolage, du genre plutôt bien payé.

- Étant donné que le Patron prend la peine de faire venir des gars des quatre coins du monde, je suppose qu'il ne s'agit pas simplement d'aller piquer un tableau de valeur dans la résidence secondaire d'un requin du ministère.

- Effectivement, cela risque d'être un peu plus… complexe. Mais tu n'auras qu'à lire ton ordre de mission. Je suis là uniquement pour t'informer que tu devras former un nouveau gars.

Draco afficha un air sarcastique, comme s'il allait avoir le temps de faire du baby-sitting.

- Contente-toi de garder un œil sur lui, renchérit l'italien qui connaissait assez le blond pour savoir qu'il n'appréciait pas qu'on lui mette un bleu dans les pattes. Il serait regrettable pour toi qu'il compromette la mission, ajouta-il en écartant le pant de sa veste, révélant ainsi un révolver dont, Draco en était sûr, il n'hésiterait pas à se servir à la moindre erreur de sa part. Non pas qu'il ait peur d'un révolver, il était un sorcier après tout - même si cela faisait un bon moment qu'il ne s'était pas servi de sa baguette - mais le fait que Tito lui montre cette arme signifiait clairement qu'à la moindre bourde, il était mort et même s'il trouvait que le révolver lui donnait un style, Tito savait également se servir de sa propre baguette.

- Ok, c'est bon, j'ai saisi le message, répondit Draco en levant les yeux au ciel.

- Content de constater qu'on se comprend Drake.

- C'est ça ouais, dis-moi plutôt où je suis censé le trouver ce... ?

- Harry Wilson. Il sera ce soir au Dragon Mauve. Tu demanderas à Zabini de te le présenter, c'est lui qui s'occupait de sa formation avant toi.

- Blaise fait partie de la mission ?

- Tu plaisantes, depuis qu'il s'est fait balancer par un indic dans l'histoire du trafic d'ailes de dragon les Aurors l'ont pris en chasse. Il quitte l'Angleterre dans deux jours. Il crèche au Dragon Mauve en attendant son vol pour le soleil. C'est pour ça qu'on te refile le nouveau.

- Je vois... Dommage, j'aime bien bosser avec Blaise.

- Ben tu devras te contenter du petit nouveau, en attendant dépêche-toi ou tu vas louper ton train.

- C'est bon, j'y vais, répondit Draco. Au plaisir Tito, ajouta-t-il en le saluant de la main à la manière d'un militaire.

- À la prochaine et n'oublie pas ce que je t'ai dis, renchérit l'italien en posant la main sur sa veste, à l'endroit où demeurait le pistolet.

Cette mission devait vraiment être importante aux yeux du Patron pour que Tito insiste à ce point sur le fait qu'il ne fallait commettre aucune erreur.

Après s'être installé seul dans un compartiment du train, Draco put enfin ouvrir l'enveloppe qui lui indiquerait ce qu'on attendait de lui.

Il lut :

Vous avez 15 jours pour vous infiltrer dans la garde moldue du château de Windsor et pour dérober le plus précieux des joyaux de la couronne : Le Prince Noir. Si passé ce délai vous n'avez obtenu aucun résultat, la mission sera confiée à une autre équipe.

Alors comme ça, il allait devoir dépouiller la reine d'Angleterre en personne... La perspective était intéressante pensa Draco alors qu'il regardait se consumer l'ordre de mission auquel il venait de mettre le feu de manière à ce que personne ne puisse être au courant de ce qui se préparait.

Une question le taraudait tout de même. Pourquoi le Patron n'avait-il pas assigné cette mission à des membres du réseau moldu ? Quand bien même il préférait, par commodité, que des sorciers s'en chargent, il n'y avait aucune raison de faire venir de nouvelles têtes... À moins que le joyau ne soit surveillé par des Aurors... Auquel cas, cela signifierait que ce joyau n'avait pas d'intéressant que sa valeur monétaire. Autrement dit, il était fort probable que ce bijou soit pourvu de propriétés magiques.

Ces conclusions ne faisaient que rendre la mission plus attrayante encore aux yeux de Draco.

Après un changement de train à Paris, c'est à Calais qu'il embarqua à bord du ferry à destination de la ville de Douvres dans son Angleterre natale.

Quelques heures de taxi furent encore nécessaires avant qu'il n'arrive à Londres. Comme il n'était pas pressé de se rendre au Dragon Mauve et qu'il lui restait quelques heures avant la tombée de la nuit, il décida d'aller se promener sur le Chemin de Traverse. Bien que certains de ses collaborateurs soient tout comme lui des sorciers, il ne s'était plus retrouvé dans un lieu inaccessible aux moldus depuis sa fuite, autant dire depuis une éternité.

Lorsqu'il passa la porte du Chaudron Baveur, il dut se rendre à l'évidence, la magie lui avait terriblement manquée. Il ne s'était certes jamais privé de lancer quelques sorts de base, histoire de faciliter son quotidien, néanmoins, dans ce lieu empli de sorciers, il ressentit une puissante énergie magique envahir tous ses sens. Il se laissa gagner par cette sensation incroyable qui lui donnait l'impression d'être un plongeur remontant enfin à la surface et respirant une grande bouffée d'air après plusieurs minutes passées sous l'eau. Il se sentait à nouveau dans son élément et cela lui fit un bien fou.

Comme il avait hâte de se retrouver sur le Chemin de Traverse, il ne s'attarda pas dans le pub, préférant se rendre directement dans l'arrière cours où il usa de sa baguette pour ouvrir le passage.

Le lieu n'avait plus rien à voir avec ce qu'il était quatre ans auparavant. Les affreuses affiches violettes du ministère indiquant les consignes de sécurité à respecter face aux forces du mal avaient disparues ; avec elles, bon nombres des avis de recherche de Mangemort en fuite, la plupart ayant déjà été mis hors d'état de nuire. La quasi totalité des magasins avaient également rouvert leurs portes, rares se faisaient désormais les vitrines laissées à l'abandon et barrées de planches. Mais le plus important restait encore qu'en cette fin de mois d'août, il y avait foule. Les gens se pressaient de nouveau dans les allées sans crainte d'être attaqués ; les écoliers emplissaient les librairies, les papeteries ou les animaleries ; même la boutique de M. Ollivander avait rouvert ses portes. Malgré sa longue captivité, le vieil homme ne s'était pas résolu à prendre sa retraite, donnant ainsi aux jeunes générations l'opportunité de profiter de son expérience.

Dans cet endroit, le passé de Draco lui revenait en pleine figure. Il se rappelait de toutes les fois où il avait parcouru ce chemin accompagné de ses parents, de toutes les fois où il était entré dans l'une ou l'autre des nombreuses boutiques qui bordaient cette route, de toutes les fois où il avait admiré un bel objet dans une vitrine et où il avait réclamé puis obtenu ledit objet. Mais bien vite, d'autres souvenirs se rappelèrent à lui. Ces mêmes magasins pillés, saccagés ou brûlés, les si jolies vitrines brisées, les commerçants horrifiés de voir l'œuvre de toute une vie réduite en cendre, les partisans des ténèbres parcourant les rues, traquant les ennemis du nouveau régime et leur infligeant les pires tortures avant de les mener de la façon la plus atroce possible vers une mort inévitable.

Un frisson parcouru l'échine de Draco. Les images qui défilaient dans sa tête lui étaient atrocement familières pour faire régulièrement partie de ses cauchemars.

Jamais il ne se pardonnerait d'avoir été aussi lâche.

Il n'avait jamais été jusqu'à commettre l'irréparable, Rogue l'avait fait à sa place et jamais le Lord Noir ne lui avait redemandé une telle chose mais que se serait-il passé s'il l'avait fait ? Après tout, lorsqu'il lui avait ordonné de torturer un prisonnier, il l'avait fait. Il avait plusieurs fois usé des sortilèges Doloris ou Crucio sur des êtres humains... Ces images aussi hantaient ses nuits de manière récurrente mais il ne pouvait s'en défaire, elles étaient le prix à payer pour avoir cautionné, ne serait-ce qu'un peu, le terrible massacre qu'avait engendré la folie meurtrière d'un homme qui croyait pouvoir défier jusqu'à la mort.

S'il avait été moins lâche, il aurait libéré Ollivander de son cachot et se serait rallié à l'Ordre qui aurait trouvé un moyen de les protéger lui et ses parents. Bien avant cela même, si seulement il avait été moins lâche, il n'aurait pas permis aux Mangemorts d'entrer dans le château et Dumbledore serait probablement encore en vie. Peut-être même son père le serait-il aussi s'il n'avait pas obéi aveuglément au Seigneur des Ténèbres et qu'il avait eu le courage de solliciter l'aide du vieux fou plutôt que de passer son année à tenter de le tuer. Toute sa famille aurait ainsi pu être mise sous la protection de l'Ordre du Phénix bien avant que la guerre ne commence véritablement. Quel gâchis...

Draco soupira, il ne pourrait jamais revenir en arrière, il devait se faire une raison, et arrêter de sans cesse repenser à ce qu'il aurait dû faire. Il n'avait été qu'un misérable lâche et il ne se le pardonnerait jamais, c'était un fait. Mais depuis ce funeste jour de bataille, il s'était promis de ne plus l'être et le fait d'entrer au service du Patron lui avait permis de tenir cette promesse. Chaque mission était dangereuse, il avait souvent eu peur mais pas une seule fois il n'avait reculé. C'était d'autant plus vrai lorsqu'un camarade était dans la bouse. Pablo avait d'ailleurs une dette envers lui depuis le jour où il l'avait sorti d'une souricière mise en place par les Aurors.

Les pas de Draco l'avaient mené jusque devant Gringotts, la banque des sorciers, le lieu qui renfermait l'immense coffre rempli de l'or amassé par tous les membres de la famille Malfoy depuis des générations. Jamais Draco ne toucherait ne serait-ce qu'à une noise de cette fortune ; à moins de ressusciter aux yeux des Aurors, ce qui n'était pas du tout dans ses intentions.

De toute façon il n'avait pas besoin de tout cet or, il gagnait de quoi vivre grâce à toutes les missions qu'il effectuait. Et puis ce n'était pas l'argent qui le motivait, il avait un besoin irrépressible de se sentir vivant. Et quel meilleur moyen pour cela que de prendre le risque de se faire tuer au moins une fois par mois. L'adrénaline était son carburant depuis trois ans et il adorait ça. Peut-être cherchait-il par là à repousser la partie de lui qui était morte lors de sa fuite. Cette partie là contenait toute son enfance, son innocence ainsi que son amour pour ces parents mais il avait du faire une croix dessus et l'enterrer car jamais il ne pourrait revoir sa mère, condamnée à perpétuité, et encore moins son père, cet homme qu'il avait tant admiré.

Draco poursuivit son chemin, finalement, ce n'était peut être pas une si bonne idée que cela de revenir dans ce lieu chargé de souvenir... Au moins il avait pu vérifier que Pablo ne s'était pas trompé, personne ne semblait le reconnaître, même les commerçants qui l'avaient côtoyé durant ses jeunes années n'avaient pas l'air d'avoir ne serait-ce qu'un doute sur son identité passée.

Lorsqu'il passa devant un kiosque, son attention fut attirée par les exemplaires de la gazette du sorcier que le vendeur venait de déposer sur une pile déjà presque vide. Draco lui en acheta un et décida d'aller s'installer à la terrasse d'un café, devant une bièrraubeurre pour le lire. Il n'avait pas eu de nouvelles du monde sorcier depuis une éternité, préférant garder le moins de contacts possible avec cet univers dans lequel il n'était pas sûr d'avoir encore sa place.

Il apprit divers informations sur les magouilles ministérielles, un tel était félicité pour avoir pondu une loi révolutionnaire sur les conditions de détention des trolls des montagnes, tel autre était accusé de corruption, tel autre encore avait été décoré pour avoir rendu un quelconque service à son pays, bref, les nouvelles n'avaient pas tant changées que cela. Une chose retint cependant son attention, à la rubrique people de la Gazette, on pouvait lire en gros titre "Le héros du monde sorcier va se marier ! ".

Potter... Potter allait se marier... Et avec la belette femelle si on en croyait la suite de l'article. Une fois l'information assimilée, ce n'était pas si surprenant que cela, c'était même plutôt prévisible, seulement, l'idée d'un Potter marié avait quelque chose d'étrange. Draco avait souvent repensé à Harry et à la manière dont il l'avait sauvé des flammes. Rien ne l'avait obligé à revenir les chercher lui et Goyle, surtout alors qu'ils venaient d'essayer de le livrer au Lord Noir. À sa place, Draco n'aurait pas eu le courage de faire demi-tour et pourtant, il ne fait aucun doute qu'il en aurait eu envie. Au fond, il ne souhaitait pas la mort d'Harry. Lorsque Crabbe avait voulu le tuer, il avait eu la peur de sa vie.

À cette pensée, Draco avala de travers la dernière gorgée de sa bièrraubeurre. Le Seigneur des Ténèbres accompagné de son armée de Mangemort avaient passé un an chez lui, il les avait vu torturer et tuer plusieurs dizaines de prisonniers sans défense, il avait lui-même été forcé à torturer certaines personnes et il venait de penser que la plus grande peur de sa vie avait été de voir un maléfice de mort frôler Potter. Sa bièrraubeurre devait être enrichie en Whisky Pur Feu pour que ses neurones aient grillés à ce point. Il avait certes eu peur que Potter meurt mais il aurait eu la même réaction si ça avait été Weasley ou Granger. Il n'était pas comme sa tante Bella qui éprouvait un plaisir malsain à torturer et assassiner des innocents.

Ceci dit, il est vrai qu'amener Potter au Seigneur des Ténèbres revenait à signer son arrêt de mort. Seulement, cela lui aurait permis, ainsi qu'à ses parents, d'être de nouveau dans les bonnes grâces du Lord Noir – ce qui, soit dit en passant, prouvait bien qu'il avait plus peur de ce dernier que de voir Potter mort. Sans compter qu'il était plus simple de le capturer que de lancer soi-même l'Avada.

Toujours est-il qu'il devait une sacrée chandelle au Survivant, même si ça lui arracherait la gueule de l'avouer. Il lui devait la vie, au sens propre comme au figuré. Si Potter n'avait pas anéanti Voldemort, Merlin seul sait où en serait sa santé mentale à l'heure actuelle et il est claire que son existence aurait été bien différente.

Avec le temps il avait fini par s'avouer qu'il avait toujours envié le courage de Potter - ce courage que lui même n'avait jamais su trouver face au Seigneur des Ténèbres. Toute la haine qu'il lui avait manifestée pendant sept années n'était en réalité ni plus ni moins que de la jalousie. Une jalousie derrière laquelle se cachait une pointe d'admiration et peut-être même une légère attirance physique mais Draco préférait ne pas trop penser à ce dernier point. Les ¾ des sorciers gays fantasmaient déjà sur Harry Potter et il n'avait aucune envie d'ajouter son nom à la liste. Le fait qu'il ait arrêté d'haïr Potter sans raison valable ne signifiait pas pour autant qu'il l'appréciait. Le héros national avait beau être courageux, il n'en restait pas moins agaçant avec ses manières de toujours se rendre intéressant aux yeux des profs, d'être constamment au bon endroit au bon moment pour sauver le monde, de réussir à se faire aimer de tous, sans compter cette manie qu'il avait de toujours mettre son nez dans des affaires qui ne le regardaient pas.

Draco soupira, il avait beau être reconnaissant envers Potter, il ne pouvait se défaire de cette vieille rancune qui était présente dans chacun de ses souvenirs.

Il se leva. Il avait autre chose à faire que de s'attarder sur les fantômes de son passé. Il avait décidé d'enterrer son ancienne vie ainsi que toutes les personnes qui en faisaient partie, Potter était donc mort, comme tous les autres. La seule exception à la règle était Blaise, mais comme ils n'avaient jamais vraiment sympathisé du temps de Poudlard, Draco ne le considérait pas comme ayant réellement appartenu à son ancienne vie.

Laissant de côté ses pensées tortueuses, il régla sa consommation et prit la direction de l'Allée des Embrumes.

En espérant que le démarrage vous ait plu^^