Disclaimer : Harry Potter, ses personnages et son univers… etc… etc… pour résumer : pas à moi (sniff), sauf cette histoire.

N/A : Coucou ! Eh bien il faut croire que cette semaine était située en période faste 😉 Voici donc, tout frais sorti de mon disque dur, le premier chapitre de cette fic.

Merci à DinaChhaya TalaNokomis, Daidaiiro, Zeugma, Annie, Eliie Evans, Juliana, plume pourpre, mel27270 et Kahouete, pour vos retours sur le prologue.

Annie : Ahhh ! Mystère ! Il y aura peut-être (certainement) un ou des couples (après tout ce sont des ados), mais… Gniark ! (oui, je suis parfois un peu sadique)

Et surtout, n'oubliez pas que les Reviews sont la nourriture et le soleil de la muse ! Alors n'hésitez pas, à vos claviers !

And now… Enjoy (j'espère) & Review (Allez, tous en chœur : LUMOS SOLEM) !


Premier contact

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La voix semblait venir de très loin.

—Miss Granger ! Hermione ! Vous devez vous réveiller maintenant !

Elle ouvrit brusquement les yeux sur l'obscurité. Elle était allongée sur une surface dure et froide. Peu à peu, sa mémoire commença à se remettre en place. La bataille. La Cabane Hurlante. Voldemort… Avait-elle été capturée ? Gisait-elle au fond d'un cachot ?

Une faible lueur commença à se dessiner sur sa droite, grandissant de seconde en seconde. Bientôt, elle put distinguer les silhouettes qui l'entouraient. Les fantômes de Poudlard ! Même un Peeves inhabituellement calme l'observait tranquillement, au côté du Baron Sanglant.

—Comment vous sentez-vous, Hermione ?

Reprit la voix qu'elle avait entendue à son réveil et qu'elle identifia comme celle de Nick-quasi-sans-tête.

—Un peu vaseuse, mais je vais bien, apparemment, merci Sir Nicholas. Que… que s'est-il passé ?

Elle regarda autour d'elle. La pièce ressemblait bien à un cachot, bien qu'un peu plus grande, si tant est qu'on puisse définir des dimensions standard pour un cachot, le sol était en pierres, et elle était pourvue d'une cheminée. Elle se releva péniblement. La pièce était froide et suintait l'humidité, elle devait se trouver dans un souterrain, conclut-elle. Elle n'était meublée que d'une petite table, à laquelle elle s'était accrochée pour ne pas retomber, lorsqu'un vertige l'avait faite tituber. Dessus, étaient posées une Pensine d'Obsidienne et un flacon rempli d'une substance argentée, près duquel une deuxième fiole, vide celle-là, était renversée.

Et tout lui revint.

Le professeur Snape, puisant dans ses dernières forces pour lui donner ses instructions. La fuite. Le cul-de-sac. Les fantômes. La potion…

—Est-ce que… Esquissa-t-elle.

—Oui. Peeves est allé faire un tour dans l'école, Severus était à la bibliothèque, en train de réviser pour les ASPICs. Il l'a entendu envoyer promener le plus jeune des Lestrange, qui lui rappelait que c'était bientôt l'heure du dîner.

—L'un de vous peut-il m'y amener sans que personne ne me voie ? Je passerais difficilement inaperçue dans cette tenue.

—Hélas, répondit le Baron Sanglant, « nous sommes incorporels, nous ne pouvons donc pas vous faire Transplaner, de plus il n'est pas prudent que vous preniez le risque d'être aperçue, ou repérée par le directeur. Cette pièce est encore plus sûre que la Salle sur demande. Elle a été créée et a été encartée par le professeur Snape lui-même, et nous en sommes collectivement les Gardiens du Secret… il faudrait nous circonvenir à tous pour pouvoir le violer. De plus, elle était liée à la potion, et depuis que vous l'avez bue, elle est située dans votre espace/temps, ce qui fait qu'elle peut exister maintenant pour vous, alors qu'elle ne sera créée que dans vingt ans... comme quoi la Magie dite Noire a parfois aussi son utilité. Seuls vous, et Severus dont elle reconnaitra l'empreinte magique, pourrez y avoir accès, ainsi que nous, bien entendu. Pour tous les autres, elle ne redeviendra éventuellement accessible que dans vingt ans.

« Pour en revenir à Severus, il me fait confiance, je pourrai certainement le convaincre de m'accompagner jusqu'ici dans la soirée. En attendant, je vous suggère de vous restaurer, et de vous reposer un peu. Je vais demander à un Elfe de vous apporter tout le nécessaire pour aménager cet endroit. J'ai bien peur que vous ne deviez y rester au moins jusqu'à la sortie.

« Ne dites rien… Dumbledore ». « Il n'a jamais trahi… tout était prévu, programmé, par Albus lui-même ». « Changer… passé… modifier… avenir… le Seigneur… il doit être… détruit… Horcruxes ». Depuis qu'elle était seule, les évènements des dernières heures tournaient en boucle dans sa tête. Allongée sur le lit que lui avait installé l'Elfe en babillant, pendant qu'elle se jetait –elle ne s'était pas rendue compte à quel point elle avait faim- sur le ragoût qui fumait sur la petite table apparue toute garnie certainement directement en provenance des cuisines.

—Les fantômes ont expliqué à Missy qu'elle devait se mettre à la disposition de Maîtresse Hermione Granger. Maîtresse Granger peut demander tout ce qu'elle désire à Missy.

—Alors tout d'abord, je te demande de ne plus m'appeler Maîtresse. Hermione suffira, ou miss, si tu préfères ne pas utiliser uniquement mon prénom.

—Missy est une bonne Elfe, elle fera ce que miss Hermione lui demande.

Après avoir terminé son repas, elle s'était étendue sur le lit pour attendre que le Baron Sanglant lui amène le professeur… non, Severus Snape. Elle appréhendait cette rencontre avec un Snape de dix-huit ans, qu'elle avait vu mourir vingt ans plus tard, d'une façon atroce, seulement quelques heures auparavant. Comment allait-elle pouvoir gérer ça ? Et lui, comment réagirait-il ? Il n'avait pas encore pris la Marque, selon les fantômes, mais cela ne voulait pas dire qu'il n'était pas l'ami de ceux qui avaient déjà franchi le pas. Qu'il n'allait pas la trahir.

Elle ne savait pratiquement rien du passé de celui qui avait été son professeur pendant six ans. Seulement des bribes, glanées au hasard de ces quatre dernières années. Elle connaissait son aversion pour le père de Harry, pour Sirius Black, et dans une moindre mesure, pour Remus Lupin, envers qui il avait toujours été cependant beaucoup plus mesuré. En additionnant les maigres confidences de son ami et ce qu'elle avait pu voir ou entendre elle-même, elle avait conclu que son enfance n'avait pas été des plus faciles. Quant à son adolescence, les Maraudeurs, au vu de la rancœur qu'il leur gardait encore plus de vingt ans après, avaient apparemment fait de sa scolarité un enfer…

Cela pouvait-il expliquer le caractère de l'homme qu'il était devenu ? Sa froideur, Sa dureté ? Avait-il toujours été comme ça ? Et quel rapport cela pouvait-il avoir avec son activité d'espion pour l'Ordre auprès de Voldemort ? Ou s'était-il passé autre chose ? Cette même chose, peut-être, qui avait transformé le jeune Mangemort en un espion dont la loyauté était allée jusqu'à accepter le pire des sacrifices pour le bien commun ?

Ses yeux commençaient à se fermer, lorsque le mur s'ouvrit sans bruit, sur la lueur caractéristique qui accompagnait les fantômes. Elle se redressa vivement et se leva, appréhendant la rencontre imminente.

Accompagné du Baron Sanglant et de Nick-quasi-sans-tête, un jeune homme grand et mince, aux longs cheveux noirs, vêtu d'un uniforme aux couleurs de Serpentard pénétra dans la pièce, qu'il examina curieusement, avant de poser sur elle deux prunelles d'onyx qu'elle connaissait bien. Même si elle s'y était préparée, le choc de ce regard bien vivant, inquisiteur, et déjà tellement semblable à ce qu'il serait vingt ans plus tard, la cloua sur place. Ce fut lui qui finit par rompre le silence.

—Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ? Si le Baron Sanglant ne s'était pas porté garant pour vous… J'espère pour vous qu'il ne s'agit pas encore d'une des manigances de ces quatre petits cons…

—S'il vous plait, prof-monsieur Snape. Je vous jure que je n'ai rien à voir avec les Maraudeurs, et que ceci est tout sauf une plaisanterie.

—Je ne me souviens pas de vous avoir déjà vue à Poudlard, comment connaissez-vous les Mar…

Il s'interrompit brusquement, semblant seulement prendre conscience de la tenue de la jeune fille, et de l'état dans lequel elle était. Elle était tellement épuisée qu'elle n'avait même pas eu le réflexe de demander à Missy si elle pouvait disposer d'une douche, d'un peigne, ou d'un miroir. Ses vêtements étaient déchirés, souillés, couverts de sang dont une grande partie était celui de l'homme qui lui faisait face, ses mains écorchées, et elle n'osait imaginer l'état de son visage et de ses cheveux.

« Que vous est-il arrivé ? Êtes-vous blessée ? Interrogea-t-il en fronçant les sourcils. « D'où me connaissez-vous ? Comment êtes-vous arrivée ici ? Poursuivit-il devant sa dénégation muette. Et d'ailleurs… Il se tourna vers les fantômes. « Qu'est-ce que c'est que cet endroit ?

Sans qu'elle ait remarqué le moment où il l'avait sortie, il avait maintenant sa baguette à la main, et semblait scanner, analyser, l'espace autour de lui. Au bout d'un long moment, il reporta toute son attention sur elle.

« Je ne comprends pas. Je peux sentir mon empreinte magique partout dans cette pièce, et pourtant c'est la première fois que je mets les pieds ici !

Hermione soupira et jeta un regard désespéré aux spectres qui se tenaient, immobiles, près de la cloison qui s'était refermée derrière le jeune homme. Elle prit une grande respiration et se jeta à l'eau. Le mieux était encore de tout lui asséner d'un coup. Il y avait déjà eu des exemples de voyages temporels, même si généralement ils étaient provoqués par des phénomènes magiques accidentels. En se souvenant de ce qu'il était devenu, elle le pensait capable d'encaisser le choc. Mais la croirait-il ? Elle se retourna vers lui, la bouche sèche, et soudain, en croisant son regard, elle sut ce qu'elle devait dire.

—Pratiquez-vous déjà la Legilimencie ?

Il plissa les yeux, la considérant plus attentivement encore. Son regard glissa sur ses baskets, son jean, son pull et son blouson. La mode avait évolué en vingt ans, mais ce genre de vêtements n'avait tout compte fait pas tellement changé. Il abaissa lentement sa baguette, sans toutefois la ranger. Il semblait perplexe, lorsqu'il répondit prudemment.

—D'où venez-vous ? Ou plutôt… Oui, je pense plutôt que la question exacte serait… de Quand ?

Avec un soupir et un hochement de tête, Hermione lui indiqua la chaise que Missy lui avait apportée un peu plus tôt, puis elle se rassit elle-même sur le bord du lit.

—1998, lâcha-t-elle brutalement.

Il encaissa le choc sans broncher en apparence, mais elle l'observait attentivement, et elle l'avait vu accuser imperceptiblement le coup.

—Vous êtes élève ?

—J'étais élève, jusqu'à l'année dernière. J'ai dû quitter l'école... La guerre… J'étais l'une de vos élèves… C'est vous qui m'avez demandé de venir ici. Vous… vous êtes… Sa voix s'étrangla dans sa gorge. « Vous êtes… vous… elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas lui dire, en le regardant dans les yeux, qu'il était… Ce fut lui qui termina sa phrase.

—Mort ! Je suis mort. Conclut-il froidement. « Sinon je serais venu en personne, et je me serais efforcé d'éviter tout contact avec… moi-même.

Elle acquiesça silencieusement, tout en admirant ses capacités et sa vitesse de réflexion et de déduction. Il ne montrait rien des émotions qui avaient pu le traverser à l'annonce de cette nouvelle. Apparemment, sa maîtrise de l'Occlumencie non plus, n'était pas nouvelle. Cet homme était, même à dix-huit ans, certainement l'être le plus intelligent qu'elle ait jamais rencontré. Au moins autant que Dumbledore, se dit-elle. Elle indiqua la Pensine de la main.

—La guerre… reprit-elle. « Il avait-vous aviez prévu que les événements pourraient tourner de cette manière. Vous avez fabriqué une potion, qui m'a permis d'arriver jusqu'ici. Ce flacon contient vos souvenirs. Je ne les ai pas regardés, c'est-c'était votre vie. Mais sur cette partie de l'histoire, les fantômes en savent sûrement beaucoup plus que moi.

Elle s'interrompit un court instant.

« Vous… vous m'avez envoyée ici pour essayer de changer… certaines choses. Vous ne m'avez pas répondu, pour la Legilimencie. Je pense que le plus simple serait encore que vous regardiez.

Il ne semblait pas avoir écouté la dernière phrase.

—Professeur, moi ? Fit-il avec une nuance de dégoût palpable dans la voix.

—Maître des potions. Vous avez pris le poste en 1981, après avoir assisté le professeur Slughorn pendant un an, pour vous former à l'enseignement, d'après ce que je sais.

Au moins ai-je obtenu une Maîtrise ! Que s'est-il passé pour qu'en plus, Dumbledore, parce que j'imagine qu'il sera toujours directeur dans trois ans, engage un professeur d'à peine vingt et un ans ?

Il la regardait maintenant d'un air curieux.

—Non seulement professeur, mais aussi directeur de Serpentard… Je ne connais pas toute l'histoire, je suppose que c'est pour cela que vous avez laissé vos souvenirs, pour le cas où vous ne pourriez pas venir vous-même. Vous étiez un… un Mangemort. Je ne sais pas ce qui vous a poussé à trahir Voldemort, il tressaillit clairement à l'énoncé du nom, « mais vous êtes devenu l'espion du professeur Dumbledore. Un peu avant d'être engagé ici, je pense.
Je ne sais pas plus pourquoi vous êtes resté à Poudlard par la suite, après sa disparition, à la fin de la première guerre.

—Il a… disparu ? La coupa-t-il.

—A Halloween de 1981, en essayant de tuer Harry Potter. Mais sa mère s'est interposée, et l'enfant a survécu, et Vold… en le voyant tressaillir à nouveau, elle se reprit « Vous-savez-qui a disparu. Il est revenu, dix ans plus tard, mais il n'a pu réellement récupérer un corps physique qu'en 1994.

—Harry Potter ? Le fils de James Potter, je suppose ! Mais pourquoi aurait-il voulu tuer un enfant ?

—Oui, le fils de James Potter. Une histoire de prophétie, qui annonçait qu'un enfant né à la fin du mois de juillet serait celui qui pourrait le vaincre.

—Vous avez dit que sa mère s'est…

Il s'interrompit brusquement. Son expression avait changé, et elle perçut nettement l'anxiété dans son ton, alors qu'il demandait : « qui était sa mère ? Répondez-moi !

—Elle s'appelait Lily. Son nom de jeune fille était…

Le bruit de la baguette de bois noir, heurtant le sol de pierre, la fit tressaillir, lui coupant un instant la parole, et ce fut lui qui termina la phrase, d'une voix éteinte.

—Evans ! Elle s'appelait Lily Evans.

TBC