Disclaimer : Harry Potter, ses personnages et son univers… etc… etc… pour résumer : pas à moi (sniff), sauf cette histoire.

N/A : Encore un peu de temps et d'inspiration, cette semaine, alors go !

Merci à LycorisSnape, Zeugma, Juliana, Kahouete et Daidaiiro pour vos commentaires.
Merci aussi aux nombreux lecteurs anonyme et a tous ceux qui ont mis cette histoire en favori ou en alerte.

Enjoy & Review!


Les Horcruxes

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—Que savez-vous ?

Hermione sursauta violemment en ouvrant les yeux. Le lourd volume ouvert sur ses genoux, tomba par terre avec un bruit mat. Encore mal réveillée et l'esprit un peu embrouillé, elle bondit sur ses pieds, honteuse d'avoir été prise en flagrant délit de paresse par un professeur… pire, par ce professeur. Le mur s'était ouvert silencieusement, et Severus se tenait debout devant elle. Elle reprit pied dans la réalité au moment où elle leva les yeux vers lui, et elle frémit en se souvenant du jeune homme qui était entré pour la première fois dans sa cachette, la nuit précédente. Quelques heures avaient suffi pour le transformer. Elle retrouvait désormais les traits durs et amers et le ton autoritaire du Maître des potions, tels qu'elle les avait toujours connus. L'illusion aurait été parfaite, n'eut été l'uniforme qu'il portait sous ses robes, qui soulignait sa maigreur d'adolescent grandi trop vite. Il leva un sourcil dans une expression terriblement familière.

« Je terrifie vraiment mes élèves à ce point ?

L'image de Neville flotta un instant devant elle, et elle ne put s'empêcher de se demander ce qu'il était advenu du jeune homme. Mais elle balaya très vite cette idée, elle devait essayer de ne plus penser à ce qu'il s'était passé… peut-être devrait-elle demander à Severus s'il accepterait de lui enseigner l'Occlumencie ?

—Certains, oui. Répondit-elle. « Mais en l'occurrence, vous m'avez seulement surprise.

—En train de somnoler, effectivement. Mais je suppose que cela peut être excusable, compte tenu des évènements que vous avez vécus au cours des dernières heures.

—C'est vraiment magnanime de votre part, ironisa-t-elle. « Vous êtes loin d'avoir l'air en pleine forme non plus, lui retourna-t-elle.

Ses épaules légèrement voutées accentuaient encore son air épuisé. Elle lui désigna le second fauteuil, dans lequel il se laissa tomber sans chercher à dissimuler son épuisement.

« Café, thé ?

—Café, merci. Noir et sans sucre, s'il vous plait.

Missy se matérialisa devant eux, avant même qu'elle n'ait le temps de l'appeler, comme si elle avait écouté aux portes.

—Missy souhaite le bonjour à monsieur Severus. Missy a préparé du café pour miss Hermione et monsieur Severus. Missy a aussi apporté des gâteaux. Monsieur Severus devrait…

—Manger plus, je sais. La coupa-t-il d'une voix lasse. « Merci Missy. Tu peux nous laisser maintenant, nous avons à parler.

—Elle a l'air de bien vous aimer. Constata Hermione après le départ de l'Elfe.

—Elle doit bien être la seule dans tout le château. Mais nous ne sommes pas là pour parler des Elfes de Maison, si je ne m'abuse.

—Je ne pense pas me tromper en supposant que Madame Pomfresh ne vous déteste pas non plus, ni le Baron Sanglant. Quant aux autres fantômes, je ne sais pas ce qu'il en est à cette époque, mais compte tenu de la façon dont ils parlent de vous, vous avez manifestement réussi à gagner leur plus grand respect à tous, y compris Peeves... Mais comme vous le dites, nous ne sommes pas là pour parler de ça.

—J'ai beaucoup réfléchi, et il va falloir que je visionne de nouveau ces souvenirs. Je… pour hier, je suis désolé si je vous ai fait mal. Je ne voulais pas vous blesser. C'était...

—Je comprends, Severus. Vous êtes tout excusé, et si vous en avez besoin, je suis prête à recommencer. Même si j'apprécierais que ce soit d'une manière un peu moins… impérieuse.

—Brutale, vous voulez dire ! Je sais que je peux souvent me montrer très désagréable, voire parfaitement insociable, mais je ne suis généralement pas violent, à moins qu'on ne m'attaque... Le suis-je devenu ? Demanda-t-il avec une certaine hésitation, mêlée, à ce qu'il lui sembla, d'une bonne dose d'appréhension. « Est-ce pour cela que vous me craigniez ?

—Pas en actions, non. S'empressa-t-elle de le rassurer. « Vous pouvez parfois vous montrer parfaitement odieux en paroles, être très souvent foncièrement injuste et de mauvaise foi, principalement avec les Gryffondors, mais à ma connaissance, vous n'avez jamais levé la main sur un élève... Et je ne vous craignais pas. Tout à l'heure, vous m'avez vraiment surprise.

—Vous êtes à Gryffondor ?

—Oui. Mais je ne pense pas que cela ait été votre principal grief envers moi. Votre comportement à mon égard était surtout dû au fait que je s-j'étais la meilleure ami de Harry Potter.

—Vous m'avez dit que vous n'avez pas regardé les souvenirs… est-ce vrai ?

—C'est vrai. Je n'ai pas pour habitude de mentir, et je n'aurais regardé ces souvenirs que s'il n'y avait pas eu d'autre alternative. Je vous ai toujours respecté, en tant que professeur, et vous vivant, je ne me serais jamais autorisée une telle ingérence dans votre vie privée !

—Aussi étrange que ça puisse paraitre, je vous crois. De ce que j'ai pu voir, vous étiez à la recherche de quelque chose. Des… Horcruxes ? Je n'ai rien trouvé sur ce sujet à la bibliothèque… pas même dans la Section Interdite. Termina-t-il avec un regard de défi, qu'elle ignora royalement.

—Les rares grimoires qui y font allusion en ont été retirés après que Tom Jedusor ait quitté l'école. Ils sont maintenant conservés dans le bureau du directeur. Elle lui rendit son regard. « Je les ai… empruntés après la mort du professeur Dumbledore.

Instinctivement, elle jeta un coup d'œil furtif sur le petit sac de perles qu'elle avait porté en bandoulière sous son blouson durant tout leur périple, pendant ces derniers mois, et qui était maintenant posé sur le chevet. Une chose à la fois, il n'était pas encore temps de dévoiler tous ses secrets.

Severus fronça les sourcils, dubitatif.

—Qui est ce Tom Jedusor ? Et qu'a-t-il à voir avec toute cette histoire ?

—Tom Jedusor est le véritable nom de Vous-savez-qui. Sa mère, Merope, était une Gaunt, qui eux-mêmes descendaient de Salazar Serpentard, et son père un Moldu, dont elle était tombée amoureuse, et avec qui elle s'était enfuie après lui avoir fait boire un philtre d'amour. Elle lui avait donné le nom de son père, je suppose que c'est ce qui l'a poussé à en changer.

—Un… Moldu ! Non ! C'est absolument impossible !

—C'est pourtant la stricte vérité. Votre Seigneur des Ténèbres, qui prône à qui veut bien l'écouter la supériorité des Sang-purs est un Sang-Mêlé, qui plus est né d'un philtre d'amour, et dont le père a abandonné la mère avant même sa naissance. Ce qui explique sûrement sa haine des Moldus. Il a été élevé dans un orphelinat, d'où le professeur Dumbledore l'a tiré lorsqu'il a eu onze ans. Il a été réparti à Serpentard, où il s'est arrangé pour faire oublier son ascendance 'impure', et a créé son premier Horcruxe alors qu'il était encore adolescent. Il en avait créé deux avant même d'avoir quitté Poudlard.

—Et… et c'est quoi, un Horcruxe ?

—Vous l'ignorez vraiment ? Je suis heureuse de voir que malgré votre attirance pour les Arts Sombres, vous n'en êtes pas encore arrivé là ! Un Horcruxe est une abomination, dont pratiquement personne ne soupçonne même l'existence. À ma connaissance, seuls Herpo l'infâme et Jedusor ont osé dépasser le Tabou ultime.

—Tabou ?

—L'immortalité ! Un Horcruxe est un objet, issu d'un sort de Magie Noire extrêmement puissant, qui permet à un sorcier de séparer son âme en deux, et d'enfermer ce fragment d'âme dans un objet, ou plus rarement, un être vivant. C'est un procédé particulièrement précis et abject, qui nécessite la mort d'une personne, tuée de sang-froid et sans aucun remords, et un rituel de Nécromancie particulièrement atroce. Dès lors, le sorcier ne peut plus mourir tant que le Horcruxe n'est pas détruit. Ce qui ne peut être fait que par son créateur, ou par une substance tellement destructrice qu'il ne puisse pas se réparer de lui-même. À ma connaissance, seuls le Feudeymon ou le venin de Basilic peuvent en venir à bout.
Une fois l'objet détruit, le fragment d'âme l'est également. En effet, un Horcruxe est l'opposé d'un être humain. La survie du fragment d'âme enfermé dans l'objet ensorcelé dépend de son contenant alors que même après sa mort, l'âme d'un être humain survit. De plus, un Horcruxe non détruit peut pénétrer à l'intérieur d'une personne et en sortir à sa guise si cette personne entre en résonance émotionnelle avec lui. Cela est arrivé à Ron Weasley et à Harry, lorsque nous transportions le médaillon de Serpentard, avant que quelqu'un… Je suppose maintenant que c'était vous… ne transmette à Harry l'épée de Gryffondor, qui avait été enduite de sang de Basilic et avait donc le pouvoir de le détruire. C'est pourquoi vers la fin, nous le portions chacun à notre tour.

Severus la regardait d'un air choqué. On aurait pu croire qu'il venait de recevoir un coup sur la tête.

—Et vous dites que… Vous-savez-qui en a… fabriqué plusieurs ?

À l'époque où nous sommes, il en existe au moins quatre, peut-être cinq. D'où je viens, il y en avait sept, dont un était Harry Potter lui-même. Jedusor avait tellement fractionné son âme, qu'il en était devenu physiquement presqu'inhumain, et mentalement aux trois-quarts fou. Il… ne voulait plus seulement survivre, il voulait devenir le Maître de la Mort. C'est pour cela qu'il vous a… qu'il vous a…

C'est lui, une fois de plus qui termina la phrase.

—Tué ! Vous voulez dire qu'il voulait fabriquer un autre…

—Non. C'est une autre histoire. Il voulait dominer la baguette de sureau, et il était persuadé, à tort d'ailleurs, que vous en étiez le Maître.

—La baguette de sureau ? Comme dans les contes de Beedle le Barde ? Mais la légende des trois frères n'est qu'une histoire pour les enfants !

—Non. Les reliques de la Mort existent bel et bien. Les trois frères étaient les Peverell. La cape d'invisibilité est la propriété de James Potter, qui est un descendant direct d'Ignotus, la pierre de résurrection est sertie dans la bague des Gaunt, qui descendaient de Cadmus, qui est un Horcruxe. Quant à la baguette de sureau, qui appartenait à Antioche, a été conquise par Dumbledore en 1945 lorsqu'il a vaincu son précédent propriétaire, Gellert Grindelwald, qui l'avait lui-même volée. Elle est chaque jour exposée à la vue de tout un chacun.

Severus fixait maintenant Hermione avec une intensité qui rendait la jeune femme nerveuse.

—Et comment… pourquoi pensait-il que moi, je pouvais en être le Maître ?

—Vous… c'est une longue histoire, dont je ne connais pas tout. Vous avez d'ailleurs dû en voir une grande partie dans vos souvenirs. En juin 1997, vous avez… tué Dumbledore. Les fantômes m'ont affirmé qu'étant déjà mourant, c'était lui-même qui avait planifié sa mort, une euthanasie en fait, afin de faire d'une pierre deux coups en renforçant votre position auprès de Vold… de votre Maître. Étant donné qu'il était mort volontairement et n'avait donc pas été vaincu, la baguette ne vous appartenait techniquement pas. Je ne sais pas grand-chose sur cette partie de l'histoire, cela doit faire partie des souvenirs que le prof-que vous avez laissés, je suppose.

—Je n'étais pas en état d'analyser tous les détails, la nuit dernière. Comme je vous l'ai dit, il va falloir que je les revoie, peut-être même plusieurs fois, pour tout remettre dans l'ordre. J'avoue que tout ça me donne le vertige. Mais une chose m'intrigue. Pourquoi me faites-vous confiance ? Après tout, je suis sensé devenir un Mangemort dans les deux ans qui vont suivre. Je pourrais aussi bien être en train de vous soutirer des informations pour les rapporter au Seigneur des Ténèbres ! Vous rendez-vous compte de ce qu'il pourrait offrir à celui qui lui donnerait l'occasion de devenir dès maintenant le Maître de la Mort ?

—Vous pourriez. Admit Hermione. « Mais les fantômes vous connaissent bien, ils se sont portés garants pour vous. Vous aviez prévu que vous pouviez mourir à tout moment, vous leur aviez dit qu'à défaut d'être là lui-même, il faudrait que la personne qu'il enverrait vous contacte. Vous… vous m'avez envoyée ici, vous avez fait confiance à mon jugement. Vous avez fait confiance à votre ancien 'vous'. Je… je ne sais pas quelles raisons vous ont poussé à devenir Mangemort, mais vous-lui, il savait que vous ne me trahiriez pas ! J'ai choisi cette année, pour être sure de savoir où vous trouver, mais également parce qu'aussi bien les fantômes que moi, voulions vous donner une chance de choisir votre destin en toute connaissance de cause. De… ne pas gâcher une seconde fois votre vie. Je sais que nous devons essayer de modifier le moins de choses possibles pour avoir une chance, même infime, d'influer sur le cours des évènements. Mais si nous réussissions à trouver un prétexte pour repousser un peu la date de votre soumission, tout en rassurant Vold-Jedusor sur votre loyauté, et à retrouver et à détruire tous les Horcruxes avant Halloween de 1981, nous pourrions peut-être préserver l'avenir de notre monde, tout en préservant aussi le vôtre. Je vous avoue que je n'ai pas toujours pensé comme ça, mais pendant vos derniers instants, j'ai senti, au plus profond de moi, que je pouvais vous faire confiance. Et puis… ce n'est pas comme si j'avais eu beaucoup d'autres alternatives, alors j'ai choisi de suivre mon intuition.

—Pourquoi avant Halloween de 1981 ?

—Parce que sans le vouloir, ce soir-là, non content d'avoir tué ses parents, il a transformé Harry en Horcruxe vivant, du moins, c'est ce que pensait le professeur Dumbledore. Son portrait le lui a révélé juste avant la dernière bataille… Et que je ne pense pas que vous pourriez tuer de sang-froid un enfant innocent, qui plus est de manière atroce, pour le détruire. Quand bien même serait-il le fils de James Potter !

TBC