Disclaimer : Harry Potter, ses personnages et son univers… etc… etc… pour résumer : pas à moi (sniff), sauf cette histoire.

N/A : Juste deux choses que les lecteurs m'ont demandées :

Première question : à quand un peu plus d'action… et je tiens à préciser que je suis entièrement d'accord avec ça. Je suis en effet tout à fait consciente du fait que je "rabâche" un peu des faits connus, dans ces premiers chapitres, mais je pense que cela était nécessaire, afin que les protagonistes apprennent à se connaitre et à appréhender le caractère de l'autre. Après tout, EUX ne savent pas ce que NOUS savons ;)
Alors je vous demande encore un ou deux chapitres de patience, avant que Les premiers vrais changements ne commencent à s'amorcer, même si, mine de rien, certaines choses sont déjà en gestation...
N'oublions pas que manipuler le temps exige d'y aller avec précautions, malgré les tentations…

Quant à la deuxième question : romance ou pas romance ? Eh bien… il s'agit d'ados, donc à priori, les hormones devraient s'exprimer, tôt ou tard. Savoir quels seront les pairings (au pluriel et susceptibles d'évolution), ça, c'est une autre histoire… Et pour anticiper la prochaine, romance oui, très certainement ; citron pas sûr du tout (sauf pour les bonbons d'Albus, mais ça, c'est une autre histoire xD). En tout cas, ce n'est pas le propos principal de cette fic, et pour le moment pas à l'ordre du jour.

Et comme toujours, un grand Merci à mes revieweuses/eurs : LycorisSnape, DinaChhaya TalaNokomis, Zeugma, Juliana, BrunasseLucile, zooeyy, Mi, Daidaiiro, Firenze-Snape, Kahouete, Milkanae et Lyka Opale, pour votre patience, et vos gentils commentaires sur le dernier chapitre.

Enjoy & Review!


Missy

.

Hermione avait l'impression d'être ballottée dans tous les sens. Une de ses épaules était prise dans une sorte d'étau vibrant, qui menaçait de la broyer, tout en agitant son corps comme une poupée de chiffons. Des cris d'agonie emplissaient la nuit, et des éclairs verts fusaient derrière ses paupières closes. Et soudain, elle gisait sur les lattes disloquées d'un plancher crasseux, incapable du moindre mouvement, paralysée, impuissante. Et elle avait l'horrible sensation d'une chose immonde, qui glissait silencieusement sur le sol, ou s'agrandissait peu à peu une large tache écarlate et visqueuse. La vision d'une énorme gueule béante, ouverte sur deux immenses crochets aussi acérés que des poignards envahit son esprit. Elle se débattit, essayant désespérément d'échapper à la chose qui enserrait toujours son épaule, la retenant prisonnière, l'empêchant de fuir loin du monstre rampant, avant que son cerveau ne finisse par appréhender les mots qui résonnaient à ses oreilles comme un leitmotiv.

—Miss Hermione ! Miss Hermione doit se réveiller maintenant, miss !

Hermione ouvrit brusquement les yeux, cillant dans la lumière qui éclairait la pièce 'a giorno', contrastant avec l'obscurité dans laquelle elle s'était débattue un instant plus tôt. La petite Elfe devait lui secouer l'épaule depuis un bon moment déjà, car elle sembla soulagée de la voir enfin émerger du sommeil semi-comateux dans lequel elle avait été plongée. Elle grelottait malgré le feu qui flambait haut dans la cheminée. Elle se sentait désorientée, et nauséeuse. La tête lourde, encore pleine de hurlements, de flammes, de sang, et d'un immonde gargouillis qui s'échappait d'une gorge déchiquetée et sanguinolente. Le vague souvenir de ses propres cris, bien réels ceux-là, résonnait encore dans ses oreilles, et des larmes inondaient ses joues et brûlaient ses paupières.

« Miss Hermione à fait un cauchemar, miss. Missy a apporté à manger, et monsieur Severus a donné une potion calmante à Missy pour miss Hermione. Il a dit qu'il ne pouvait pas lui donner tous les jours de la potion de sommeil sans rêves.

La potion de sommeil sans rêves était effectivement très dangereuse à utiliser. Si on en abusait, elle pouvait très rapidement créer une sévère addiction, qui pouvait parfois mener jusqu'à la démence, voire même à la mort dans les cas extrêmes. Ainsi, malgré sa sortie, il ne semblait pas lui en vouloir de ce qu'elle lui avait dit un peu plus tôt. Il se souciait même encore de son état, alors que le sien ne devait pas être bien meilleur, après tout ce qu'il avait dû 'encaisser' en si peu de temps. Ce Severus-là, malgré les épreuves déjà traversées, conservait encore quelques bribes d'une sensibilité et d'une humanité que son professeur paraissait avoir oubliées depuis longtemps. Elle s'en sentit soulagée. Pendant deux mois, en dehors de l'Elfe et des Fantômes, il serait plus que certainement la seule personne qu'elle aurait l'occasion de côtoyer dans cette époque, et s'il avait déjà eu le caractère de l'homme qu'elle avait connu, son audace aurait pu faire de ces deux mois un enfer.

—Merci Missy. Je vous suis très reconnaissante, à toi et au pr-à Severus. Tu le remercieras de ma part pour la potion… Crois-tu qu'il soit très en colère contre moi ? ajouta-t-elle avec hésitation.

—Monsieur Severus n'est pas en colère contre Miss Hermione, non. Monsieur Severus n'est pas aussi dur qu'il veut le laisser paraître, miss, il est seulement très, très malheureux… L'Elfe prit soudain un air horrifié en plaquant ses deux mains contre sa bouche, et commença à tirer sur ses oreilles. « Missy est une mauvaise elfe, Missy ne doit parler à personne de monsieur Severus !

Hermione lui saisit les bras pour l'immobiliser et l'empêcher de se mutiler.

—Arrête Missy ! Je t'interdis de te faire du mal ! Tu n'es pas une mauvaise Elfe, bien au contraire. Tu aimes Severus, c'est tout. Et tu désires ce qui est bien pour lui, n'est-ce pas ? L'Elfe cessa de se débattre, attentive. « C'est ce que je veux aussi !

Elle la lâcha précautionneusement, prête à lui bloquer les bras de nouveau, mais l'Elfe ne bougeait plus et la regardait maintenant avec perplexité. Hermione poursuivit :

« Écoute Missy, je veux moi-aussi aider Severus. Répéta-t-elle. « Je viens du futur, mais ça, je suis sûre que tu l'as déjà compris, et je sais des choses sur son avenir. Tu peux me croire si je te dis que ce qu'il a déjà vécu n'est rien à côté de ce qui l'attend. Je commence à me rendre compte à quel point je l'avais mal jugé, et je veux vraiment l'aider à rester du côté de la Lumière et à faire les bons choix, pour qu'il puisse avoir une vie meilleure, et plus heureuse que celle que je lui ai connue. Mais pour cela, je serai peut-être parfois, pour son bien, obligée de faire, ou de connaître, des choses qu'il n'approuverait pas vraiment que je sache. Tu es une Elfe libre, tu peux faire tes propres choix. Veux-tu m'aider ? Veux-tu être mon alliée pour l'aider à affronter les épreuves qui l'attendent ? Mais cela implique que ça reste un secret entre nous, et que tu ne dois pas le lui dire.

L'Elfe la considérait avec une attention soutenue. La Magie des Elfes était très puissante, et différente de celle des Sorciers, Hermione n'en était pas sûre, mais elle se doutait qu'ils pouvaient sentir des choses, et en l'occurrence la sincérité ou la malhonnêteté de leurs interlocuteurs. Bien qu'ils ne puissent habituellement pas se rebeller contre les désirs de leur maître, même si celui-ci leur ordonnait une chose contraire à leur étique. Dobby restait, à sa connaissance, une exception, en ayant osé aller contre la volonté de Lucius Malfoy pour tenter d'aider Harry.

Dobby… la pensée de la créature fidèle qui avait librement donné sa vie pour son ami, revint frapper son esprit. Il y avait peut-être quelque chose à explorer de ce côté-là ! Dobby était-il déjà né à cette époque ? Il était difficile d'estimer l'âge d'un Elfe. Pourrait-il être un allié chez les Malfoy ?

—Missy fait confiance à miss Hermione. Reprit la créature après un long moment passé à l'étudier. « Missy veut bien faire alliance avec miss pour le bien de monsieur Severus. Mais Missy ne peut pas promettre de ne rien lui dire, en cas de danger. Missy ne fera jamais rien qui pourrait nuire à monsieur Severus.

—Cela me semble un marché équitable. Je fais confiance à ton jugement, Missy. Rien de ce que tu me diras ne sortira d'ici, je te le promets.

Après une ultime hésitation, l'Elfe se remit à parler.

—Missy a aidé miss Eileen à élever monsieur Severus, en cachette de son père. Missy a essayé de les protéger autant qu'elle le pouvait, mais elle ne pouvait pas faire grand-chose sans que Tobias ne se rende compte de sa présence. Il avait cassé la baguette de miss Eileen, pour qu'elle ne puisse plus utiliser la magie. Lorsque monsieur Severus avait sept ans, elle est tombée très malade. Tout ce qu'elle pouvait encore faire, en cachette, c'était quelques potions, pour essayer de se soigner. Elle en a profité pour lui enseigner tout ce qu'elle savait. Elle lui avait aussi donné tous ses livres d'école, et ceux qu'elle avait emporté de chez ses parents. Et elle lui avait appris tous les sorts qu'elle connaissait, et leurs mouvements de baguette.

Une étincelle de fierté passa dans le regard de l'Elfe.

« À leur retour du Chemin de Traverse, il ne lui a fallu que quelques heures pour maîtriser sa baguette, c'était comme s'il l'avait toujours eue entre les mains. Sa mère était une sorcière et même s'il n'y avait eu aucune magie à leur adresse depuis longtemps, le ministère ne pouvait pas prouver que c'était lui qui l'utilisait. Il s'est entraîné chaque jour avant son départ pour l'école. Miss Eileen était tellement heureuse de voir à quel point il était doué ! Elle espérait si fort qu'une fois à Poudlard, sa vie changerait, et qu'il se sentirait enfin comme les autres ! La colère faisait maintenant vibrer sa voix. « Missy ne pouvait même pas Transfigurer d'anciens vêtements, pour que les autres enfants ne se moquent pas de monsieur Severus, Tobias s'en serait aperçu…

Elle se tut un instant, visiblement submergée par l'émotion.

« Quand sa maladie a empiré, Tobias a appelé le médecin moldu trop tard. Miss Eileen avait défendu à Missy de se montrer, et Missy n'a rien pu faire pour la soulager. Missy avait peur de rester dans la même maison que Tobias sans miss Eileen, alors monsieur Severus a demandé au professeur Dumbledore de l'héberger. Et maintenant… maintenant, Missy a peur des amis de monsieur Severus. Mauvaises, mauvaises personnes !

Ses grands yeux brillaient de larmes, mais elle paraissait soulagée de s'être confiée à quelqu'un. Hermione posa doucement sa main sur l'épaule de la petite créature.

—Je suis heureuse que tu te sois confiée à moi, Missy. Je te promets que je ferai tout mon possible pour aider Severus à se détacher de ces mauvaises personnes. Je pense qu'il est déjà lui-même convaincu de le faire, mais compte tenu de sa situation à Serpentard, cela ne sera pas facile, et il faudra sûrement qu'il fasse semblant pendant encore quelques temps d'être leur ami. Même après avoir quitté l'école, j'en ai peur… et peut-être devrai-je faire la même chose, pour pouvoir l'aider. Tu comprends ?

Après un autre long moment passé à l'observer, comme pour juger de sa sincérité, Missy acquiesça de la tête, et ce qui pouvait tenir lieu de sourire passa sur le visage de l'Elfe, qui se retourna en claquant des doigts. Les plats, qui avaient eu le temps de refroidir, recommencèrent à fumer sur la table.

Lorsqu'elle la regarda de nouveau, Hermione aurait pu jurer qu'elle avait l'air amusé.

—Si miss Hermione fait confiance au jugement de Missy, alors elle devrait manger, maintenant. Et puis aller se reposer. Missy a assez de travail à veiller sur une personne qui ne se donne pas la peine de prendre soin de sa santé !

Hermione sourit à son tour. L'Elfe venait-elle de faire de l'humour ? Rassérénée à l'idée d'avoir trouvé une alliée, elle s'assit à table et commença à manger sous l'œil satisfait de la petite créature.

Hermione était arrivée un mardi, et Severus, après le mercredi après-midi passé à discuter, avait envoyé Missy l'avertir qu'il ne pourrait sûrement pas lui rendre visite de nouveau avant le samedi soir.
Entre temps, il n'avait pas perdu son temps. Après avoir camouflé en manuel scolaire le livre traitant du Feudeymon qu'il avait réussi à 'emprunter' à la Section Interdite de la bibliothèque, il avait entrepris une véritable campagne d'isolement, se rendant encore plus insociable qu'à son habitude. Il avait conscience que le prétexte des révisions intensives, et de la nervosité due aux examens qui approchaient n'était pas le meilleur qu'il aurait pu trouver, mais c'était le seul qui pouvait justifier son attitude.

Il ne pouvait pas changer radicalement ses habitudes sans que ses condisciples de Serpentard ne se rendent compte de quelque chose, mais il pouvait toujours les accentuer. Aussi commença-t-il par se lever chaque jour à cinq heures au lieu de six, afin de pouvoir se rendre à la bibliothèque dès son ouverture. Il se mit aussi à rester dans la salle commune, penché sur ses livres jusqu'à des heures impossibles, attendant pour rejoindre son dortoir que ses camarades soient endormis, et envoyant rebuffade sur rebuffade à ceux qui tentaient de l'aborder. Stratégie qui s'avéra immédiatement payante : Il n'était déjà pas très populaire, même au sein de sa propre Maison, mais dès le second jour, plus personne ne s'avisa de venir l'importuner lorsqu'il était plongé dans ses bouquins. Après tout, si Snape voulait s'épuiser à la tâche, c'était son problème !

Seul, le jeune Regulus Black lui jetait parfois des regards suspicieux. Il était le seul à pouvoir vraiment se targuer du qualificatif d'ami de Severus Snape depuis le départ de Lucius Malfoy, et son comportement l'intriguait. Severus n'était jamais stressé à l'idée d'un contrôle ou d'un examen, d'autant que même si cela avait été le cas, il avait sous la main toutes les potions nécessaires pour y remédier. Et une telle soif de travail, sans être totalement anachronique, ne correspondait pas non plus à ses habitudes. Le jeune homme connaissait bien ses capacités, et en était habituellement assez orgueilleux, pour que son ami ne soit pas étonné de son soudain manque de confiance en soi.

Hermione, quant à elle, avait assez bien supporté ces presque trois jours d'isolement. La solitude n'avait jamais effrayé la jeune fille, pour autant qu'elle ait un livre à portée de la main, et Missy l'avait avertie que Severus ne pourrait surement pas venir avant plusieurs jours. Elle passait beaucoup de temps à lire, à élaborer des ébauches de plans, et à noircir des pages et des pages de parchemin. Elle avait en outre un urgent besoin de récupérer après ces mois de chasse aux Horcruxes dans des conditions précaires et sans cesse sur le qui-vive. Sans compter la bataille finale, et son impact physique et psychologique. Malgré un sommeil haché, le plus souvent perturbé et agité par des cauchemars récurrents, elle s'endormait régulièrement sur son fauteuil ou sa chaise, sans même s'en apercevoir, et le temps fila s'en qu'elle ait l'opportunité de s'ennuyer.

TBC