Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.

N/A : L'évènement qui se produit ici sera le déclencheur de plusieurs choses, et notamment, dans ce chapitre, du premier réel changement 'visible' (parce que nous savons que les choses ont effectivement déjà commencé à changer dans les faits, puisque Severus a déjà décidé de ne pas suivre la voie qui avait été la sienne dans le canon). Bien entendu, ce n'est pas encore très spectaculaire, mais c'est une chose très importante pour notre héros.

Et comme toujours, merci à ce(eux)lles qui m'aident énormément dans cette entreprise (je l'ai déjà dit, mais où suis-je allée me fourrer, avec cette histoire de voyage dans le temps ?) en me soutenant par leurs reviews régulières. J'espère ne pas trop vous décevoir, et rassurez-vous, il n'y en a plus pour bien longtemps avant de quitter Poudlard…
Donc un très grand merci, cette semaine, à Zeugma, Lolo66, LycorisSnape, milkanae, Juliana, zooeyy, Daidaiiro, et Kahouette qui a posté la 60ème review aujourd'hui.

Enjoy and Review !


Tobias

.

À la suite de cet échange, Severus était resté un long moment silencieux. Regulus était son seul ami, maintenant que Lily l'avait laissé tomber, et l'idée que le jeune homme puisse disparaitre dans ces conditions lui était presque aussi insupportable que la mort de la jeune fille. S'il était assez lucide pour reconnaître qu'Hermione avait raison, malgré tout, il était bien décidé à chercher une solution à ce problème également.

—Vous m'avez dit que vous n'arriviez pas à vous souvenir des mots de la formule qui ouvre la Chambre des Secrets. Mais ils ont été prononcés devant vous, n'est-ce pas ?

—Oui. Ron s'en était souvenu et les avait reproduits phonétiquement… si l'on peut parler ainsi, si l'on considère que le mot en question est plutôt une succession de sifflements qu'autre chose. Mais nous étions en pleine bataille, de plus je ne m'y attendais absolument pas, et j'étais tellement surprise que je n'y ai pas vraiment prêté attention au moment où il les prononçait.

—Il est donc théoriquement possible de le récupérer, en visionnant votre souvenir, soit dans la Pensine, soit par la Legilimencie.

—Peut-être oui, mais pour pouvoir le vaincre, Harry avait reçu l'aide de Fumseck, qui avait aveuglé le Basilic en lui crevant les yeux, et lui avait apporté l'épée de Gryffondor. Cela m'étonnerait que nous puissions bénéficier de la même chose sans que le professeur Dumbledore se doute de quelque chose.

—Vous êtes Gryffondor, non ? L'épée n'est-elle pas censée venir aux Gryffondors qui en ont vraiment besoin ? Contrairement à beaucoup, j'ai lu l'Histoire de Poudlard et mes manuels d'Histoire de la Magie.

—C'est exact, mais pensez-vous que le phénix ait agi de sa propre initiative ? Et même dans ce cas, le professeur Dumbledore ne se demanderait-il pas ce qu'il se passe ? Et tel que je le connais, le secret ne durerait pas bien longtemps après ça. Si nous décidions d'entrer dans la Chambre, il faudrait étudier sérieusement les moyens de détruire un Basilic en ne comptant que sur nous, et ceci en moins de deux mois !

—Peut-être pourrions-nous disposer de plus de temps. Énonça-t-il, songeur. « Cette pièce… si j'ai bien compris ce que les fantômes m'ont expliqué, n'existe pas à cette époque, à part pour nous, et la Cabane Hurlante est située hors des limites de Poudlard. Le souterrain est donc le seul endroit où il pourrait éventuellement s'apercevoir de notre présence. Et encore ce n'est pas certain. Si c'est moi qui l'ai aussi créé, il est peut-être protégé de la même façon. Après tout, en venant de la salle commune de Serpentard, je dois aussi traverser un mur magique pour y avoir accès. Je demanderai au Baron ce qu'il en est.

—Vous voulez dire… que nous pourrions, au besoin, entrer ou sortir du château à n'importe quel moment sans être repérés ? Même après la sortie ? … Vous avez sans doute raison. Ce ne devrait pas être impossible, je suppose. Finit-elle par admettre après un instant de réflexion.

Ainsi que l'avait pensé Hermione, récupérer le diadème de Serdaigle ne posa aucun problème majeur à Severus. Il connaissait la Salle sur Demande et maintenant qu'il savait ce qu'il devait chercher, il ne lui fallut pas longtemps pour le trouver. Avant de l'apporter à la jeune fille, il prit aussi le temps de récupérer un coffret de bois de cèdre, dont il renforça les propriétés protectrices naturelles par de multiples sorts. Maintenant qu'il avait été en contact avec l'un d'eux, il prenait toute la mesure de la dangerosité des Horcruxes. Dès qu'il l'avait pris entre ses mains, l'aura malsaine qui entourait le diadème sous son apparence anodine l'avait horrifié. Et après ce que lui avait raconté Hermione des réactions des jeunes gens lorsqu'ils portaient le médaillon sur eux, il avait estimé plus prudent de l'enfermer afin de limiter au maximum les contacts. Il redoutait en outre le cumul de l'aura maléfique que pourrait générer tous les Horcruxes réunis en un seul endroit, même entourés de puissants sorts protecteurs. Il avait certes le temps de réfléchir au problème, mais en attendant, il conseillerait à Hermione de conserver le coffret au cœur de la Pensine d'obsidienne. En effet la pierre noire vitrifiée était l'un des plus puissants répulsifs naturels existants, contre la Magie Noire.

Ce fut le lendemain matin, après le petit déjeuner, qu'Argus Rusard, le concierge, lui transmit une convocation à se rendre immédiatement dans le bureau du directeur.

Lorsqu'il pénétra dans la pièce, il eut la surprise d'y trouver, déjà installé dans l'un des confortables fauteuils disposés devant le bureau, son directeur de Maison en grande conversation avec Dumbledore. Mais ce fut la vue de la personne qui avait pris place sur le deuxième fauteuil, qui lui arracha une exclamation où la surprise se mêlait à l'inquiétude. Les attaques de Mangemorts sur les villes moldues s'étaient intensifiées au cours des derniers mois, et les familles de sorciers nés-Moldus étaient particulièrement visées. Ils étaient originaires de la même ville, le rapprochement de leur présence à tous deux semblait évident, et il s'attendait à ce que le professeur McGonagall fasse elle aussi son entrée dans le bureau, à tout moment.

—Lily ? Il est arrivé quelque chose, à Cokeworth ? Tes parents… S'exclama-t-il en oubliant de saluer les deux professeurs, qui étrangement, ne tinrent pas compte de ce manquement, le regardant même avec une certaine compassion.

—Miss Evans va parfaitement bien, ainsi que sa famille, Mr Snape. L'interrompit Dumbledore avant que la jeune fille n'ait pu ouvrir la bouche. Si elle est ici, c'est parce que ce matin, elle a reçu une lettre, que sa mère lui a demandé de me transmettre.

Le regard de Severus passa du directeur à Horace Slughorn, avant de revenir se poser sur Lily, qui lui jeta un rapide regard gêné avant de le reporter sur ses mains, qu'elle avait croisées sur ses genoux.

« Vous n'êtes pas obligée de rester, Miss Evans. Poursuivit doucement Dumbledore. « Je sais que Mr Snape et vous êtes un peu en froid, depuis quelques temps. Vous avez rempli votre mission, et si vous préférez rejoindre vos amis…

—Je reste. Affirma la jeune fille fermement en relevant le visage vers le professeur. « Je pense que c'est le moins que je puisse faire compte tenu des circonstances. À moins que… que Severus ne veuille pas de ma présence, bien sûr. A aucun moment, elle ne s'était directement adressée à lui. Il y avait deux ans qu'elle ne lui avait plus adressé la parole.

—Lily ! Comment peux-tu penser que… tu sais bien que jamais je ne pourrai...

—Bien, coupa Dumbledore avec son affabilité habituelle, je vous remercie Miss Evans. Je pense en effet que compte tenu de l'amitié qui vous a naguère unis et des liens de voisinage de vos deux familles…

À ces mots, Severus détourna son regard de Lily pour le fixer à nouveaux sur le directeur.

—Il est arrivé quelque chose, à Cokeworth ! Mais ce n'était plus une question.

—Je pense que vous feriez mieux de vous assoir, Mr Snape.

—Je n'ai pas besoin…

—S'il vous plait... Insista Dumbledore patiemment. Il attendit que Severus ait pris place sur le fauteuil vide qui lui faisait face pour continuer. « Cela concerne votre père.

—Tobias ! Rectifia le jeune homme avec dégoût.

—Votre père, poursuivit Dumbledore sans relever l'interruption a été victime de… d'un accident, la nuit dernière. Il a été hospitalisé, dans un état critique.

—Je n'ai pas de père, énonça Severus d'un ton glacial. « L'homme dont vous parlez a regardé ma mère mourir lentement, sans faire un seul geste pour tenter de lui venir en aide, après des années de maltraitance. Son sort m'est indifférent.

—Vous ne voulez pas savoir ce qui s'est passé ? Devant le silence de Severus, Dumbledore poursuivit. « Votre… Tobias Snape a été impliqué dans une rixe au couteau, à la sortie d'un pub. Lorsque Mrs Evans a écrit à sa fille, les médecins ne lui donnaient pas plus de quelques heures. Il est fort probable qu'au moment où nous parlons, il soit mort.

—Au moins, aura-t-il eu des médecins pour s'occuper de lui, contrairement à ma mère. La seule chose que je regrette, c'est que cela ne soit pas arrivé trois ans plus tôt. Elle serait peut-être encore vivante aujourd'hui…

La voix du jeune homme s'était altérée sur ces derniers mots, démentant le masque de froideur qu'il avait affiché précédemment. Severus avait aimé sa mère. N'avoir rien pu faire pour la sauver lui avait déchiré le cœur. Trois ans plus tôt, c'était Lily et ses parents qui l'avaient soutenu dans cette épreuve, alors que Tobias ne s'était même pas donné la peine d'assister aux obsèques de son épouse. Son indifférence pour le sort de son père, aussi choquante aurait-elle pu paraitre pour un œil extérieur, ne surprenait aucune des trois autres personnes présentes dans la pièce. Ils avaient tous été témoins de la douleur et de la révolte qui l'avaient ravagé lorsqu'il avait appris la mort d'Eileen Snape, et ils connaissaient tous la profondeur de son ressentiment envers son géniteur.
Severus s'était levé.

—Puis-je me retirer monsieur le directeur ? Son ton avait retrouvé sa froideur. Poli et inexpressif.

—Quels que soient vos sentiments, il est indispensable que vous vous rendiez à Cokeworth au plus vite. Nous vous fournirons évidemment toutes les attestations prouvant que vous vous trouviez à l'école pendant… Je suis désolé monsieur Snape, mais tout le voisinage connaissait votre situation familiale, et la police moldue a émis le désir de vous rencontrer au plus tôt.

—La… police ? Ils pensent que j'aurais pu…

—Il s'agit d'un meurtre, qu'il soit volontaire ou pas, et ils se doivent d'explorer toutes les pistes. Mais encore une fois, vous n'avez pas de souci à vous faire. C'est juste une formalité.

—Je comprends monsieur. Je ferai ce que je dois faire. Puis-je me retirer maintenant ?

—Vous pouvez y aller, mon garçon, je vais prendre les dispositions habituelles avec le Ministère de la Magie pour qu'il fasse le nécessaire vis à vis des autorités moldues, et votre directeur de Maison vous accompagnera, demain matin. Vous êtes bien entendu dispensé de cours jusqu'à votre retour. Ah ! Et les parents de miss Evans ont proposé de vous accueillir pendant la durée de votre séjour, si celui-ci devait excéder une journée.

—Merci monsieur le directeur.

—Severus ! Attends-moi ! Au son de sa voix, il s'était immobilisé, et Lily le rejoignit dans le couloir, près de la gargouille. « Je suis désolée, pour ton père !

—Pas moi !

Il regretta instantanément la sècheresse de son ton. N'apprendrait-il jamais de ses erreurs ? Lily venait tout juste de lui adresser la parole pour la première fois depuis la fin de leur cinquième année, et lui… mais heureusement, certainement grâce aux circonstances, cette fois, elle ne lui tourna pas le dos. C'était bien la première fois qu'il pouvait être reconnaissant d'une chose envers Tobias !

—Ne sois pas comme ça Severus.

—Et qu'est-ce que je devrais faire selon toi ? La lassitude avait maintenant remplacé la rudesse dans sa voix. « Pleurer à chaude larmes ? Même si j'étais éventuellement disposé à passer sur ce qu'il m'a fait à moi, cet homme est aussi responsable de la mort de ma mère que s'il lui avait planté un poignard en plein cœur ! Et ça… ça…

—Je sais tout cela, mais ça n'en reste pas moins ton père.

—Oh non, tu es loin de tout savoir, ne put-il s'empêcher de souffler d'une voix presqu'inaudible, avant de continuer plus haut. « Il n'a jamais été mon père. Il ne s'est jamais comporté en père. Ton père a fait beaucoup plus pour moi que lui… Lily, je sais ce que ma réaction peut avoir de révoltant pour toi, mais tu as grandi dans une famille normale, tu ne peux pas comprendre. Ma mère…

Les poings crispés, il serra ses paupières en secouant la tête, s'efforçant de réfréner avec rage les larmes qui menaçaient d'envahir ses yeux. Sa mère… Lily…

Sa mère, silhouette immobile et glacée, si frêle, si fragile sous le drap qui la recouvrait. Lily… des flashs de ce qu'il avait vu dans la Pensine lui traversaient l'esprit, tels des éclairs aveuglants... Lily… Lily gisant, sans vie, sur le sol d'une chambre dévastée. Les pleurs d'un enfant, et son propre hurlement… Douleur. Rage. Culpabilité.

Tête baissée, il appuya ses deux mains contre le mur, en respirant profondément, pour se calmer, avant de se retourner vers elle. Il n'était pas sûr que sans les évènements des derniers jours il aurait osé continuer. Il ne l'avait certainement pas fait dans sa 'vie précédente'. Mais c'était la première fois, depuis deux trop longues années, qu'elle acceptait de lui parler, peut-être pourrait-il tenter, sans trop en révéler…

« Lily… je sais que tu ne veux plus rien avoir à faire avec moi, mais je t'en supplie, rien qu'une fois, même si ce doit être la dernière, même si tu ne dois jamais plus m'adresser la parole par la suite, écoute-moi jusqu'au bout ! Je te demande pardon. Je sais que je n'ai aucune excuse, mais tu sais aussi ce que signifie être à Serpentard pour un sang-mêlé, qui plus est issu des plus basses couches de la société moldue. Ce que je suis obligé de montrer ici pour être ne serait-ce que toléré dans ma propre Maison, n'est pas ce que je suis vraiment, Lily. Je… je n'aurais jamais dû prononcer ce mot, ni contre toi, ni contre personne d'autre. Il leva une main, paume en avant, lorsque la jeune fille fit mine d'ouvrir la bouche pour lui répondre. « Je t'en supplie, laisse-moi terminer. Je suis prêt à te le demander à genoux, devant toute la Maison de Serpentard, devant toute l'école, si cela peut te convaincre de ma bonne foi. Et avant que nos routes ne se séparent définitivement, je veux aussi te remercier, d'avoir été là pour moi alors que personne d'autre ne l'avait jamais été. Je te suis tellement reconnaissant, et je… je suis tellement désolé ! Je…

Les larmes coulaient maintenant librement sur ses joues sans qu'il en ait conscience. Il aurait donné sa vie dans l'instant, sans l'ombre d'une hésitation, pour que ce qu'il avait vu dans la Pensine n'arrive pas. Il était prêt à toutes les humiliations, à tous les sacrifices.

Au lieu de rire de lui, ou de le repousser une fois de plus, Lily posa une main légère sur son avant-bras.

—Il y a longtemps que je t'ai pardonné ce que tu m'as dit Severus. J'ai été tellement blessée, sur le moment, que je n'ai pas pris la mesure de ce que tu venais de subir. En voyant la lueur d'espoir qui commençait à briller au fond de ses yeux, elle retira vivement sa main, laissant retomber son bras le long de son corps. « Mais plus rien ne pourra jamais être comme avant entre nous. Il y a… les gens que tu fréquentes… et puis il y a…

—Potter ! Cracha Severus.

—Oui, il y a James, admit-elle d'une voix tranquille en le regardant droit dans les yeux. Et même s'il a changé, je ne suis pas sûre qu'il verrait une réconciliation entre nous d'un très bon œil. Dans moins de deux mois, nous aurons tous définitivement quitté l'école, et nous avons choisi des chemins trop différents. Il vaut bien mieux que nos relations restent ce qu'elles sont depuis deux ans, ce sera plus simple pour tout le monde. Je ne suis pas ton ennemie, Severus, du moins pas encore, j'aime à le croire, mais je ne peux plus être ton amie non plus. Crois-moi, c'est mieux comme ça.

Elle baissa la tête devant la souffrance qui s'était affichée sur le visage du jeune homme au fur et à mesure qu'elle parlait.

—Je comprends admit-il d'un ton vaincu. « J'ai mérité ton mépris. Mais je veux que tu saches que grâce à toi, j'ai ouvert les yeux, et que quoi qu'il arrive, je serai toujours là pour toi. Quant aux personnes que je fréquente… souviens-toi que les apparences peuvent parfois se montrer trompeuses, Lily. Et enfin si je peux te jurer une chose, c'est que malgré ce que disent tes chers amis Gryffondors, je n'ai pas rejoint les rangs de Tu-Sais-Qui, et jamais je ne le ferai.

Il tendit une main hésitante pour lui relever le menton, et la regarder au fond des yeux avant d'ajouter.

« Jamais je ne pourrai être ton ennemi, Lily. Jamais. Si ton bonheur doit passer par Potter, qu'il en soit ainsi, mais sois prudente, je t'en supplie. Les chaines qui semblent les plus solides ont toutes leur maillon faible, et les rats… les rats sont toujours les premiers à quitter le navire !

Tournant les talons, il s'éloigna à grands pas, sans lui laisser le temps de répondre.

—Qu'est-ce que tu veux d… ?

Mais Severus avait déjà tourné à l'angle du couloir qui menait vers les cachots.

TBC