Blabla de l'auteur : voilà finalement la suite, malgré ma nouvelle addiction à Star Wars et mon black out d'internet de deux mois suite à mon déménagement.

Harry calamité ambulante Potter

Chapitre 3 : Fin d'été

L'arrivée aux portes de Poudlard se fit dans un concert de bruits désagréables. Entre la chouette qui faisait savoir qu'elle n'avait pas apprécié le transplannage et l'estomac d'Harry qui protestait de même en se répandant par terre, les oreilles de Severus auraient voulu pouvoir faire grève. Mais la grève était un droit dont Severus était privé suite à ses erreurs passées. Les 2e chances comportaient leur lot de conditions et de pertes de droits et de privilèges. Il ouvrit la cage de la chouette pour qu'elle aille se calmer ailleurs - il n'était pas prêt à se transformer en Hagrid, merci bien - et essaya d'oublier que les enfants l'insupportaient pour frotter le dos du malade en lui disant que ça allait passer - il espérait que sa voix n'était pas trop grinçante.

Heureusement le malaise passa rapidement et la vue du château requinqua l'enfant. Au point que Severus se retrouva à devoir accélérer le pas pour suivre l'allure - alors que ses grandes enjambées auraient dû semer le môme ! Ok le château était encore à une certaine distance de marche à cause de la limite anti-transplannage, mais ce n'était pas une raison pour courir ! Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Et puis ce n'était pas digne. Bien qu'il essaye de garder l'allure en deçà du galop effréné, ils se retrouvèrent rapidement à destination. Ignorant la question sur l'existence des sangliers ailés, il ouvrit le portail et entraina le petit curieux jusqu'à la porte du château, qu'il entrouvrit prestement avant de les presser vers le bureau du directeur. Maintenant qu'il approchaient du but, il avait hâte d'en finir avec cette histoire.

- Suçacide.

- C'est quoi un su...

Le reste de la question se perdit alors que la gargouille bloquant l'accès au bureau se mit à bouger. Au moins, s'il était insupportablement bavard, il ne semblait pas s'offusquer de voir la plupart de ses questions ignorées, trop occupé à découvrir autre chose de plus intéressant la seconde d'après. Tant mieux parce que Severus n'avait pas la patience pour lui expliquer les tableaux qui bougent, les fantômes et la passion du directeur pour les sucreries - déplorable exemple qui plus est pour un enfant qui devrait se nourrir sainement.

- Ah Severus, comment se sont passées les... Vous avez ramené Harry ?

- En dehors du choix douteux de confier le môme à des moldus détestant la magie, il se trouve que lesdits tuteurs ont profité que j'emmenais leur charge honnie faire ses courses pour prendre la poudre d'escampette et fuir leurs responsabilités pour le mois restant.

- Oh.

- Oui oh. En plus de ça il va falloir apprendre au gamin à répondre au nom d'Harry Potter au lieu du sobriquet de "Garçon". Sans compter les problèmes d'hyperactivité, de déficit de l'attention et la fréquence plus ou moins élevée des épisodes de magie accidentelle. Et évidement il ne sait rien de notre univers, pas plus que de l'histoire de ses parents.

Severus se demanda s'il devait se réjouir d'avoir l'honneur de laisser le grand Dumbledore sans voix. Les conséquences de la situation présente ne prêtaient malheureusement pas à rire. Et sa migraine était soulagée qu'au moins le gosse soit trop occupé à se faire un torticolis en passant d'un objet à un autre sans poser de questions dans le grand foutoir qui tenait lieu de bureau directorial.

- Hum, eh bien... il va falloir effectivement s'occuper de ça.

Le professeur de potions retint la pique ironique qu'Harry n'était pas un "ça" et qu'il lui souhaitait bien du courage.

- Étant donné les problèmes qu'une médiatisation de l'affaire apporterait, il vaut mieux gérer cela entre nous. Je suis débordé avec la rentrée qui approche alors je vous le confie. Je vous excuserais pour les réunions préparatoires.

Severus eut l'impression que le Seigneur des Ténèbres venait de ressusciter sous ses yeux. Il avait mal entendu, Dumbledore ne pouvait pas lui confier à lui, qui détestait les enfants, le gamin de James Potter ?! Bon, de Lily aussi, et il avait juré de le protéger, mais pas de l'éduquer ! D'ailleurs il tremblait à l'idée qu'il aurait pu être nommé tuteur par Lily dans son testament.

- Mais...

- Je ne peux avoir confiance qu'en vous pour cette mission, Severus. Minerva est aussi surchargée que moi et je ne vois personne d'autre pour gérer l'affaire dans le secret absolu. À part Maugrey mais il n'a pas d'expérience avec les enfants et avec sa paranoïa...

Severus voyait surtout que Dumbledore ne lui laissait pas le choix. Et Severus ne pouvait rien refuser à Dumbledore - et parfois ça l'irritait BEAUCOUP. Puisqu'il n'y avait rien d'autre à faire, il acquiesça et récupéra la main de sa charge officielle pour quitter le bureau. En claquant la porte. Fort. Harry sursauta mais son attention fut vite attirée par les marches qui se remettaient en branle. Severus avait envie d'un bon verre de Whisky pur feu quand il pensait à tout ce qu'il allait devoir faire pour que le séjour du gamin ne vire pas à la catastrophe. En premier lieu sécuriser son laboratoire de potion.

Comme il l'avait craint, les jours qui suivirent lui causèrent de nombreuses migraines. Et il avait traqué le moindre insecte de sa baraque pour les expulser. De pauvres faucheuses qui trainaient leurs toiles depuis des mois - si ce n'est des années - dans un recoin obscure du salon avait reçu leur congé pour la simple raison qu'Harry pouvait être distrait en les apercevant. Les mouches, papillons et autres bestioles virevoltantes étaient chassées avec encore plus de soin. Et le maître des potions devait surveiller sa charge comme si elle était une potion extrêmement volatile.

Lui apprendre le minimum vital pour sa survie et pour conserver un minimum de crédit à Dumbledore - Lucius serait ravi de l'accuser de négligence si le Survivant se pointait dans le monde magique en tant qu'ignare idiot - était une gageure que Severus devait malheureusement relever. Lui raconter ce qu'il devait savoir sur le monde sorcier était une chose. S'assurer qu'il l'écoutait tout du long et qu'il retenait était le véritable problème. En plus de voir ses précieux ouvrages léviter et changer de couleur. Et chaque jour il devait penser à appeler Harry par son nom complet pour l'y habituer.

- Garçon Harry Potter, votre nœud de cravate est encore mal fait. Regardez attentivement, je vous remontre encore une fois comment le faire.

En rajoutant "Garçon" devant pour qu'il y réagisse. Après quelques jours il diminua la voix sur cette première appellation, espérant qu'il pourrait rapidement la faire disparaître. Mais mieux valait ne pas se précipiter. Harry devrait vraiment répondre à son nom. Et ne jamais mentionner à quiconque comment il avait été appelé les premières années de sa vie.

- Garçon Harry Potter, on retrempe la plume dans l'encrier quand il n'y a plus assez d'encre pour que les lettres soient bien nettes.

Après il faudrait aussi qu'il s'assure qu'il réponde autant à "Harry" et à "Potter" seuls. Et dire qu'il n'avait que jusqu'à la rentrée. Severus aurait bien voulu savoir comment Dumbledore avait fait surveiller Potter pour ne pas avoir pu relever plus tôt le problèmes. Les problèmes. Dont il s'était dépêché de se débarrasser sur le dos de Severus.

Comme si avoir à s'occuper d'un gamin ne suffisait pas, Severus vit sa cheminée flamber un matin autour du faciès de Lucius. Heureusement qu'Harry était bien occupé dans une autre pièce.

- Ah Severus ! Heureux de te trouver, j'ai un imprévu urgent et Cissa est à une réunion. Je te laisse Draco pour la journée et la nuit, d'accord ?

Et sans attendre l'accord - ou le désaccord - il disparut des flammes qui devinrent vertes avant que le-dit Draco n'en sorte.

- Bonjour parrain !

Et un marmot supplémentaire, un. Au moins celui-là était éduqué. Severus soupira avant de sacrifier à la politesse, Draco n'était pour rien dans l'histoire et il ne voulait pas le vexer - il valait toujours mieux éviter de vexer un Malfoy, même en robes courtes.

- Bonjour Draco.

- Désolé de débarquer sans prévenir. Mais si tu étais en train de faire des potions, je peux t'aider.

- Pas cette fois. Tu n'es pas le seul invité imprévu que j'accueille aujourd'hui.

- Vraiment ?

- Viens, autant le rejoindre, je n'aime pas le laisser seul trop longtemps.

Heureusement la maison de Snape n'était pas bien grande. Il ne voulait pas imaginer s'il avait dû garder un œil sur Potter dans un manoir immense tel celui des Malfoy.

- Harry, je te présente mon filleul Draco. Il va passer la journée et la nuit avec nous.

"Harry" ne sembla pas réagir à son prénom seul - Severus soupira mentalement devant le travail qu'il restait à faire pour l'habituer - mais l'apparition du garçon blond suffit à attirer son attention.

- Draco, je te présente Harry. Ses tuteurs n'étaient pas en mesure de l'aider à s'occuper de sa rentrée.

- Bonjour, je m'appelle Draco.

- Dracofeu ?

- Non, Draco tout court. Qu'est-ce qu'un dracofeu ?

- Un dragon très grand et très fort qui crache du feu pour protéger ses amis !

L'héritier Malfoy sembla flatté qu'on le compare à un telle créature, même si elle était certainement tirée d'un conte peu connu vu qu'elle n'était mentionnée nulle part dans sa collection au sujet des dragons. Severus espéra qu'Harry ne lâcherait pas trop d'indices sur ses origines moldues. Et que Draco ne le prendrait pas trop en grippe, Severus n'avait pas envie de supporter un serpent venimeux dans son panier jusqu'au lendemain. Heureusement quand Draco commença à saisir les nombreux petits problèmes d'Harry, il sembla plutôt amusé. Severus fut partagé entre se sentir soulagé et s'irriter que son filleul s'amuse des difficultés de son parrain à gérer le phénomène.

- Snapy !

Regard noir. Harry se corrigea.

- SnaPE.

- Professeur Snape.

- Fesseur Snap !

Draco ne savait pas s'il devait s'inquiéter de voir son parrain devenir de plus en plus rouge, ou s'amuser de l'impertinence inconsciente du petit lutin. Il ne pensait pas qu'on puisse ainsi manquer de respect à Severus. Certes, beaucoup de sang-pur le regardait de haut parce qu'il avait le malheur d'être un sang-mêlé avec peu de fortune et une influence réduite en dehors du soutien des Malfoy et de la considération des potionnistes. Mais la plupart des enfants et beaucoup d'adultes étaient terrifiés par son regard peu amène et la puissance magique qui se dégageait de lui.

Quand Narcissa vint reprendre Draco, celui-ci avait adopté Harry, le trouvant très amusant - surtout comparé aux enfants stupides ou maniérés qu'il devait fréquenter lors des invitations huppées auxquelles ses parents l'emmenaient. Quand ils seraient à Poudlard, il s'assurerait de prendre le simple d'esprit sous sa protection. Et puis ça pouvait toujours servir d'avoir un innocent choupinet pour amadouer les profs.

Severus lui priait pour que le garçon n'atterrisse PAS à Serpentard et qu'un autre directeur de maison ait à s'occuper du boulet. Sans compter qu'il pourrait difficilement garder sa couverture auprès des anciens mangemort s'il ne martyrisait pas celui qui avait vaincu leur maître. Et il n'aimait pas martyriser des Serpentards, encore moins en-dehors du secret de la salle commune. Et martyriser un idiot qui ne comprenait même pas ce qu'on lui voulait n'avait rien de glorieux. Et Severus n'avait pas envie de maltraiter Potter. Lui crier dessus oui. Mais il aurait déjà assez à faire à l'empêcher d'aligner les incidents de potions sans en plus en rajouter en le malmenant.

Plus qu'à espérer que tous les enquiquineurs comprennent que Potter était un bol de lait sur le feu que TOUT LE MONDEdevait surveiller. S'ils tenaient à la survie du monde magique.

A SUIVRE

Question non encore résolue et essentielle pour la suite : dans quelle maison vais-je le mettre ?

Au plaisir de lire vos reviews

Iroko