Hello ! Me revoilà pour un chapitre beaucoup moins introspectif que le précédent. Disons que ça compense pour le manque relatif d'action jusqu'ici. Les explications complètes viendront par la suite. La citation en exergue est toujours de Saint-Exupéry (toujours Terre des hommes), elle n'est pas parfaitement adaptée ici mais je l'aime trop pour ne pas vous l'offrir.

Je voulais vous remercier de m'avoir (encore) laissé des tas de reviews pour le dernier chapitre, sur lequel j'étais assez dubitative. Un merci tout particulier à Eury, qui a laissé un commentaire en guest et à qui je ne peux donc pas répondre personnellement.

(PS : OldGirl, il y a des gros mots...)

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Chapitre 7 - Où McCoy se rappelle qu'il a des tendances claustrophobes

Dès lors, nous nous sentîmes perdus dans l'espace interplanétaire, parmi cent planètes inaccessibles, à la recherche de la seule planète véritable, de la nôtre, de celle qui, seule, contenait nos paysages familiers, nos maisons amies, nos tendresses.

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- Eh bien, Leonard, on a des insomnies ? Il aurait mieux valu m'appeler.

Bones sursauta et fit tomber à terre la feuille qu'il était en train de parcourir des yeux, l'estomac noué par une épouvantable nausée.

Juliette Beaumont et le docteur Everlord se tenaient dans l'encadrement de la porte, à côté d'un Jonathan Effner plus pâle que la mort, les yeux exorbités par la terreur et tremblant de tous ses membres. La jeune femme le tenait en joue à l'aide d'un phaseur qui n'était certainement pas réglé pour se contenter d'assommer. Leonard déglutit péniblement, le bouche soudain sèche.

Il avait pourtant pris le maximum de précautions (ou du moins en était-il convaincu), attendant le milieu de la nuit pour passer à l'action. Après avoir eu avec Jim une discussion pour le moins houleuse suite aux fracassantes révélations de Spock, il avait, sur un coup de tête, envoyé sa démission au capitaine, et porté plainte contre le premier officier auprès du haut commandement de Starfleet. Puis, allongé dans le noir en attendant que tout le monde dorme sur la base, et que s'apaisent, à défaut des esprits, les mouvements et les bruits, il s'était octroyé une séance relativement longue d'auto-apitoiement.

Il avait été recalé aux tests psys de Starfleet.

Spock était un connard.

Il ne devait qu'à la notoriété de James Kirk sa place sur l'Enterprise.

Spock était quand même un connard.

Il ne méritait pas d'être sur le vaisseau.

Spock était toujours un connard.

Bones n'était pourtant pas – du moins le pensait-il – un plus mauvais médecin qu'un autre, y compris dans l'espace. Durant deux années, il avait réussi à mettre entre parenthèses ses diverses phobies et à trouver son équilibre au sein de l'équipage. Et s'il avait démontré des tendances paranoïaques, c'était parce que Nero venait tout juste de faire exploser Vulcain et menacé de faire de même avec la Terre. N'importe qui, dans ces circonstances, avait le droit et peut-être même le devoir de se méfier de tout et de tout le monde.

Sauf Spock, peut-être. Cet ordinateur ne pouvait pas présenter ce genre de symptôme, même après la destruction de sa propre planète. Espèce de salaud sans-cœur.

Ces pensées déprimantes avaient néanmoins totalement déserté le médecin en chef lorsqu'il s'était penché sur les dossiers (écrits intégralement à la main, intraçables sur toute base de données, officielle ou non) de la salle B373, pour être remplacées par des pensées plus noires encore. Comment pouvait-on faire… ça à des humanoïdes ? A des êtres vivants et pensants ? Les dossiers avaient tous été rédigés par la même personne et décrivaient avec force détails les effets les plus dévastateurs des poisons les plus dégueulasses jamais découverts (apparemment, la faune de cette planète n'avait rien à envier à celle des marais de Dagobah ou à la flore d'Adenia, de sinistre mémoire*). Pas étonnant qu'Effner en fasse des cauchemars.

La question se posait cependant : pourquoi ? Pourquoi risquer des expériences totalement illégales sur une minuscule base, où Everlord et ses éventuels complices (car seul un médecin pouvait avoir fourni les écœurants détails physiologiques consignés dans ces pages) risquaient à tout moment d'être découverts ?

Leonard n'avait cependant pas prévu de poser la question directement aux principaux intéressés.

- Vous avez trouvé des choses passionnantes, j'espère ? ajouta Juliette avec un petit sourire narquois, tandis que McCoy s'efforçait de reprendre ses esprits. Je ne voudrais pas que vous mouriez sans avoir compris.

Malgré la peur qui lui tordait le ventre, Bones s'astreignit à rester calme.

- Je suis en effet tombé sur des données fort intéressantes. Everlord, comment avez-vous pu faire ça ? demanda-t-il malgré lui, en évitant soigneusement – lâchement – le regard de Juliette.

La simple idée qu'il avait… embrassé… caressé… et plus… cette femme l'emplissait de dégoût. Principalement envers lui-même, parce qu'il avait été aisément manipulé depuis le début.

- Les expériences en elles-mêmes n'étaient pas très compliquées, répondit Everlord avec un petit rire satisfait.

- Vous avez prêté serment ! explosa McCoy. Primum non nocere**, ça ne vous dit rien ?

- Mais qu'est-ce qu'un serment en comparaison de la douceur de la vengeance ? murmura le médecin de façon totalement inattendue, les yeux perdus dans un rêve qui semblait particulièrement agréable.

- Allez, suivez-nous sans protester, intervint Juliette en tournant son arme vers Leonard, qui se leva lentement.

Il osa enfin la regarder dans les yeux.

- Qu'allez-vous faire de moi ?

- Tout simplement vous inclure dans une petite mise en scène, avec Jonathan pour vous donner la réplique.

Le jeune lieutenant, des sanglots dans la voix, se tordit les mains.

- Juliette, tu ne peux pas…

- Tu connais la règle, le coupa-t-elle durement, avec un mépris presque palpable. Qui parle meurt. Même sous l'emprise d'un médicament hallucinogène. De toute façon, tu aurais craqué tôt ou tard, et tu le sais très bien. Tu as toujours été faible.

- Je t'en supplie… commença Jonathan, à qui Everlord appliqua une tape bien sentie sur le sommet du crâne pour le faire taire.

- Voilà donc l'idée générale, reprit Juliette en haussant le ton : dans une crise de folie due à une forte réaction allergique au vaccin contre OCT3-P22, l'infortuné lieutenant Effner s'est jeté sur vous et vous a tué. En revenant à lui, horrifié par son geste, il s'est malheureusement suicidé. Un regrettable accident, que votre « ami » Spock confirmera à votre capitaine.

McCoy se mordit les lèvres pour ne pas hurler que jamais Spock ne croirait un truc pareil. Si Juliette pensait le Vulcain naïf à ce point, grand bien lui fasse. Le premier officier, il le savait, ne se contenterait pas des apparences. Pas après que le médecin lui eut confié ses doutes. Il attendrait le moment propice pour mettre hors d'état de nuire ces fous furieux.

Il était étonnant de constater à quel point Bones, malgré leurs dissensions du moment, avait une confiance absolue dans les capacités de Spock et sa détermination à faire éclater la vérité.

En face de lui, Juliette lui lança un regard amusé.

- Nous n'allons certainement pas laisser votre commandant fourrer ses grandes oreilles dans nos affaires, déclara-t-elle comme si elle avait lu sa pensée. Il ne découvrira aucune preuve. Il est heureux qu'il ne vous ait pas cru lorsque vous lui avez tout raconté. Deux morts auraient été plus délicates à expliquer à votre capitaine.

Le médecin se sentit frappé par la foudre.

- Comment… Comment savez-vous… balbutia-t-il.

- Qu'il est naïf ! s'esclaffa Everlord. Tu as raison, Juliette, c'est charmant. Voyons, Leonard, l'intégralité de la base est sous surveillance vidéo en permanence, y compris votre chambre et celle du commandant Spock.

Le temps que l'information monte au cerveau…

Ce n'était pas possible.

McCoy, totalement pétrifié, voulut parler, mais il ne parvint pas à émettre le moindre son. Juliette Beaumont éclata de rire.

- Ne vous en faites pas, personne n'a assisté à nos ébats. Votre pudeur est sauve et personne à part moi ne pourra juger de vos performances, si cela peut vous consoler.

Les jambes flageolantes, le visage en sueur, McCoy ne parvenait plus à penser. Il s'était vraiment fait avoir du début à la fin, sans avoir rien vu venir. Et Spock qui le traitait de paranoïaque !

- Un dernier mot pour la postérité ? demanda Everlord avec un sourire ironique.

La vue du médecin en chef commença à se brouiller et il sentit l'amertume de la bile lui remonter dans la gorge, tandis qu'il tentait désespérément de contrôler sa respiration. L'idée de mourir ici, aussi stupidement

Avec un glapissement étranglé, Everlord s'effondra soudain à terre. Bones cligna rapidement des yeux, persuadé d'être lui-même victime d'une hallucination.

- Docteur, occupez-vous d'Effner.

La voix de Spock le ramena brutalement à la réalité, bien que le Vulcain eût parlé avec son calme habituel. Juliette s'était retournée vers l'intrus avec une vivacité incroyable et avait brandi son phaseur, mais Spock le fit sauter d'un coup de pied encore plus rapide. Pendant que McCoy se précipitait vers Jonathan pour l'empêcher de bouger, la jeune femme se jeta sur le premier officier avec un hurlement de rage. Ce dernier l'évita d'un mouvement souple et frappa à son tour. Juliette reçut son poing en plein milieu du visage. Etant donné la force physique des Vulcains, Leonard s'attendait à la voir s'écrouler, mais elle chancela à peine. Néanmoins, Spock mit à profit la désorientation de la jeune femme pour ramasser son phaseur tombé à terre. Bones, qui immobilisait un Jonathan de toute façon tétanisé par la peur, vit distinctement la main gauche du Vulcain régler l'arme sur la fonction non létale avant de tirer. Juliette tomba à terre à côté d'Everlord.

Le silence retomba sur la salle B373. Abasourdi, Bones se tourna vers son sauveur inattendu, s'attendant presque à devoir affronter à son tour sa colère (lorsque le premier officier frappait physiquement ses adversaires au lieu d'utiliser la prise neurale, c'était plutôt mauvais signe), mais au lieu du Spock hors contrôle qu'il pensait voir, il trouva un Vulcain parfaitement calme et maître de lui. Le médecin reporta son regard sur le visage en sang de Juliette. Le coup que lui avait porté Spock lui avait brisé le nez.

- La prise vulcaine ne fonctionne pas sur les Elasiens, expliqua calmement le premier officier.

Les Elasiens… ?

- Pardon, Juliette Beaumont est Elasienne ? s'étrangla Bones (il ne pouvait pas avoir manqué ça en plus de tout le reste, ce n'était pas possible !).

Spock acquiesça distraitement avant de s'approcher de Jonathan.

- Quels sont vos complices sur cette base ? demanda-t-il.

Le jeune homme leva vers lui un regard éperdu.

- Vous n'avez pas compris ? répondit-il d'une voix suraiguë. Nous sommes tous complices sur Sigma Octantis ! Tous !

Le sens des mots n'atteignit pas immédiatement l'esprit du médecin en chef. Il faisait un rêve et il allait se réveiller. Cela lui semblait la seule possibilité logique pour expliquer la situation burlesque et cauchemardesque dans laquelle il se retrouvait. Dans quel univers parallèle étaient-ils tombés ? Depuis quand toute une base de Starfleet désobéissait-elle aux lois les plus fondamentales de la Fédération ?

Mais le réveil ne vint pas.

- Il nous faut quitter cet endroit, dit Spock avec une neutralité effarante. J'ai réussi à pirater le système de caméras et je pense que ma ruse tiendra un moment, mais ce n'est qu'une question de minutes avant qu'ils ne se rendent compte de ce qui se passe ici. Nous devons nous enfuir, et la seule façon de le faire est d'utiliser une des navettes de la base.

McCoy secoua la tête, refusant d'admettre ce qui leur arrivait. Trop d'informations à la fois. Spock, par un miracle inexplicable, avait déjoué la surveillance des caméras et lui avait sauvé la vie. Maintenant, ils étaient deux – peut-être trois, en comptant Jonathan qui avait tout intérêt à les accompagner pour sauver sa peau – contre trente-six hommes et femmes coupables de plusieurs meurtres aux yeux de la loi, dans un coin reculé de la galaxie. Ils devaient quitter Sigma Octantis sans se faire repérer, prévenir Starfleet et…

- Emmenez-moi avec vous ! haleta le jeune lieutenant. Si vous me laissez ici, ils me tueront.

Le premier officier fit un bref signe de tête tout en ramassant le phaseur d'Everlord et en le tendant à McCoy, qui s'en empara machinalement.

- Je n'avais pas l'intention de vous laisser derrière. Vous êtes notre seul témoin. Suivez-moi.

Bones, hébété, ne protesta pas, ne posa aucune question, alors que des douzaines affluaient à son esprit. Si la base possédait quatre navettes, comment éviter que leurs ennemis ne les poursuivent ? Où aller avec un engin aux ressources énergétiques limitées ? Comment pénétrer dans le hangar sans les codes ?

Il se retrouva à courir derrière Spock, qui poussait devant lui Jonathan Effner. Le bruit de leurs pas précipités dans les couloirs résonnait sur les murs métalliques, et McCoy était certain qu'une porte allait brusquement s'ouvrir sur un groupe de gardes armés jusqu'aux dents – mais rien de tout cela ne se produisit, et ils arrivèrent sans encombres devant la porte du hangar. Déjà Spock était en train de pianoter le code sur le panneau de contrôle mural.

- Comment… commença Leonard.

- Cela fait 1,87 heures que je prépare notre évasion, docteur, répondit le Vulcain. Nous devons…

Le chuintement électrique d'un rayon de phaseur l'interrompit. Quelques centimètres de plus à gauche, et Spock n'aurait jamais pu finir sa phrase, songea McCoy, les jambes tremblantes devant le trou fumant qui ornait à présent le mur devant eux.

- Ils sont là ! hurla une voix.

Spock, sans se départir de son calme, poussa le jeune lieutenant dans le hangar et tira à son tour, presque sans viser, pendant que Bones se glissait à son tour dans le hangar. Deux nouveaux coups furent tirés, mais le premier officier avait déjà rejoint les deux autres. D'un coup de phaseur parfaitement calculé dans le panneau de contrôle, il referma la porte derrière eux.

- Nous avons approximativement 6,72 minutes avant qu'ils ne parviennent à entrer, annonça-t-il calmement. Lieutenant Effner, docteur McCoy, montez dans le premier engin et mettez-le en route, je me charge du sabotage.

Trop stupéfait pour protester (et parfaitement conscient des capacités hors norme du Vulcain), Leonard obéit immédiatement, tirant par la manche un Jonathan hébété pendant que Spock se dirigeait en courant vers la deuxième navette.

McCoy n'avait jamais été un excellent pilote, mais il possédait heureusement les bases pour faire décoller un engin de cette taille (pas trop petit, Dieu merci – il n'était pas certain, dans l'état de tension dans lequel il se trouvait déjà, de parvenir à contrôler sa claustrophobie pendant très longtemps encore). Il s'installa sans hésitation au poste de pilotage, aidé d'Effner qui connaissait la navette.

Cinq minutes plus tard à peine, Spock les rejoignait.

- Peut-être serait-il préférable que je prenne votre place, docteur. Pendant ce temps, essayez de contacter Starfleet et le capitaine Kirk pour les mettre au courant de notre situation.

Bones acquiesça sans un mot et quitta son poste pour aller s'asseoir en face du panneau de communication. Il ne lui fallut que trente secondes pour s'apercevoir que ses efforts resteraient lettre morte.

- Ca ne fonctionne pas, annonça-t-il d'une voix blanche. Ils ont brouillé les ondes.

La navette décolla de quelques centimètres alors que la porte en face d'eux s'ouvrait.

- Votre communicateur ? suggéra Spock, tout en pianotant sur les commandes.

- Même chose, répondit Leonard après avoir vérifié.

Spock hocha la tête. Le petit vaisseau fit une embardée et se propulsa en avant. Jonathan, resté debout, les bras ballants, vacilla.

- Notre priorité est de quitter la base. Asseyez-vous et attachez-vous.

Bones appuya machinalement sur le bouton qui actionnait la ceinture de sécurité. Bien lui en prit, car ils n'étaient pas encore sortis du hangar lorsque la première navette explosa. Le souffle de la détonation fit vaciller leur propre véhicule et le médecin se sentit violemment poussé vers la gauche.

La vue du ciel étoilé fit éprouver à McCoy un intense soulagement, totalement irrationnel puisqu'ils étaient loin d'être tirés d'affaire.

- Notre seule chance de survie se trouve sur la planète, déclara Spock.

Il fit une brève pause pour laisser à ses interlocuteurs l'opportunité de manifester leur désaccord, mais Bones ne pouvait qu'approuver : avec un vaisseau si limité, ils ne pouvaient pas tenir plus de quelques heures de navigation, et le seul endroit viable était bel et bien Sigma Octantis IV.

- Lieutenant Effner, quel est l'endroit le plus propice pour…

Une violente secousse coupa le Vulcain et le souffle du médecin.

- Ils nous tirent dessus ! glapit-il.

- En effet.

Spock enclencha une manette et la navette bondit, pivota, plongea, tourna, virevolta – et McCoy faillit perdre le contrôle de son estomac.

- Merde, Spock ! C'est le genre de trucs que Jim ferait…

Un nouvel impact ébranla le vaisseau et une alarme stridente retentit. Bones sentit son sang se glacer dans ses veines. Autour de lui, les murs semblaient se rapprocher, l'enserrer, l'étouffer…

Il voyait, sur l'écran en face du poste de pilotage, la planète se rapprocher de plus en plus, d'un jaune ocre d'une beauté époustouflante, strié de sinueux traits verts. Une large tache bleuâtre indiquait la présence d'un petit océan.

- Docteur, je ne contrôle plus la navette qu'à 45%. Je n'ai pas la possibilité de me poser où je le souhaite.

McCoy déglutit péniblement.

- Je m'accroche, murmura-t-il en fermant les yeux.

Il les rouvrit presque immédiatement : ne pas voir était encore pire.

La navette pénétra dans l'atmosphère et un vrombissement inquiétant se fit entendre tandis qu'une épaisse fumée noire se répandait dans le cockpit. La chaleur augmenta soudainement.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Le revêtement extérieur a été endommagé par les tirs et s'est enflammé lors de notre entrée dans l'atmosphère, expliqua Spock. Les probabilités de notre survie sont d'environ…

- Fermez-la, l'interrompit McCoy, les dents serrées, les mains crispées sur les accoudoirs de son siège. Franchement, fermez-la.

Le Vulcain prit une profonde inspiration mais, contre toute attente, referma la bouche. La planète se rapprochait toujours de façon vertigineuse, jusqu'à ce qu'elle finisse par envahir tout l'écran. Bones se demanda brièvement si la dernière chose qu'il verrait serait ce sable jaune aux traces ocres et rosées, parsemé de rocs légèrement verdâtres…

La navette percuta le sol, rebondit, sembla s'envoler, frappa de nouveau le sable, sur lequel elle glissa pendant quelques interminables secondes avant de décoller de nouveau.

Comment elle retomba définitivement, McCoy n'eut pas l'occasion de s'en rendre compte, car une lourde mallette qui avait volé à travers le petit vaisseau depuis que ce dernier avait commencé ses acrobaties traversa brusquement le cockpit et vint heurter le médecin au front.

Le jaune vira instantanément au noir.

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* Euh, ouais, Dagobah, c'est plutôt l'univers Star Wars, me direz-vous. C'était juste pour le fun (et parce que je suis en train d'écrire une "commande" pour Adalas qui se passe là-bas). Adenia, c'est la planète que j'ai inventée dans "Illusions" et où il y a des tas de plantes cheloues.

** Le fameux "do no harm" du serment d'Hippocrate, qui ne figure pas vraiment dans le serment mais qui est ce qu'on en retient généralement.