Un petit chapitre pour Noël... Euh... Bon, d'accord, ce n'est vraiment pas un chapitre très fun, et poster ça le 23 décembre n'est pas vraiment dans l'air du temps, mais bon, étant donné que j'ai pris du retard sur cette fic, je ne vais pas attendre que les fêtes soient passées ! Donc, je vous préviens : chapitre assez sombre. Décembre a été un mois chargé (euphémisme !) et je commence à peine à sortir la tête de l'eau. Je suis vraiment désolée pour mon retard... J'espère cependant pouvoir profiter des vacances pour écrire et avancer un peu sur tous mes projets, mais je préfère ne rien promettre.

En attendant, bonnes fêtes de fin d'année à tous !

Chapitre 8 - Où les choses se gâtent vraiment

Et je méditai sur ma conclusion, perdu dans le désert et menacé, nu entre le sable et les étoiles, éloigné des pôles de ma vie par trop de silence.

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- Commandant Spock !

La voix d'Effner, rauque et affaiblie, ne parvenait qu'à peine à couvrir le bruit strident de l'alarme qui rebondissait sur les parois de la navette et de l'endroit où il se trouvait, le Vulcain ne pouvait apercevoir le jeune homme à travers l'écran de fumée qui avait envahi le poste de pilotage. Détachant dans un geste fluide la ceinture qui lui avait probablement sauvé la vie, Spock retint sa respiration et fit trois enjambées vers le siège où le docteur McCoy gisait inconscient. L'arcade sourcilière saignait abondamment, mais en dehors de cette blessure plus spectaculaire que dangereuse, il ne semblait pas atteint. Le premier officier, tout en débouclant la ceinture qui maintenait le médecin en position assise, laissa ses doigts s'attarder quelques instants sur sa carotide, en prenant bien garde d'éviter toute intrusion télépathique mal venue.

La voix d'Effner retentit de nouveau.

- Commandant…

Un râle, suivi d'un gargouillis de mauvais augure, l'empêcha d'achever sa phrase. Spock ne s'autorisa pas même un instant de compassion ni d'empathie. Il releva ses boucliers mentaux et, sans hésiter, passa la main droite autour des épaules de McCoy, la main gauche derrière ses genoux. Il se devait d'être efficace. Il ne pouvait se permettre aucune faiblesse. De sa rapidité de décision et d'action dépendaient probablement plusieurs vies. Il ne pouvait permettre à sa moitié humaine de le retarder par des atermoiements sentimentaux.

Il souleva le médecin sans trop de difficulté, mais ce dernier lui sembla beaucoup plus lourd qu'il n'aurait dû l'être si Spock avait été en parfaite condition physique. Que son bref combat contre Juliette Beaumont eût totalement drainé ses forces, ou qu'il fût toujours affaibli par sa récente convalescence, il fut en sueur avant d'avoir atteint l'extérieur de la navette. Une épaisse fumée noire provenant d'un panneau de contrôle lui piquait les yeux, envahissait ses poumons, lui tournait la tête, et l'air de la planète, par contraste avec les vapeurs toxiques qu'il venait d'inhaler, lui sembla d'une pureté revigorante.

Haletant, il fit quelques pas dans le sable, notant de façon purement scientifique le rouge orangé du ciel, les traînées roses dans le sable, les quelques rocs bancs veinés de noir se découpant sur l'horizon, une montagne au loin…

… Et fit énergiquement taire la partie de son esprit qui ne pouvait se permettre de remarquer que cet endroit ressemblait à s'y méprendre au désert de la Forge, sur sa planète natale.

Spock déposa le docteur McCoy, qui n'avait pas repris connaissance, suffisamment loin de la navette en flammes pour lui éviter tout risque en cas d'explosion, puis, sans se donner le temps de réfléchir, il revint en courant vers le lieu de leur atterrissage forcé. Ses décisions lui étaient comme dictées par une voix intérieure qui lui soufflait, les unes après les autres, les actions logiques qu'il devait entreprendre, sans aucune hésitation.

La densité de la fumée l'empêcha de distinguer parfaitement l'intérieur de la navette, mais ses yeux vulcains repérèrent presque immédiatement le lieutenant, effondré contre un des murs de la cabine, la jambe droite pliée dans un angle improbable. Effner n'avait pas attaché sa ceinture, en déduisit cliniquement le premier officier. Projeté contre la paroi, le lieutenant avait été atteint par une des pièces du vaisseau, arrachée du panneau de contrôle pendant l'impact, et qui était venue se ficher dans son ventre. Spock s'agenouilla aux côtés du jeune homme et, en voyant le sang qui coulait à flots de la large blessure, inondant l'uniforme rouge d'une teinte légèrement plus vermeille, il comprit qu'il ne pourrait rien faire. Son esprit vulcain calculait malgré lui la quantité de sang qu'avait déjà perdue Effner, estimait la profondeur de la blessure, et en déduisait le nombre de minutes qui lui restaient à vivre.

La décision logique eût été de laisser là le jeune homme et de fouiller la navette en quête d'eau et de nourriture.

Logique, et peut-être également inhumaine.

Spock s'agenouilla auprès du blessé.

- Commandant… haleta ce dernier.

Le Vulcain était déjà en train d'ôter la veste de son uniforme pour comprimer la plaie béante, tout en sachant pertinemment que les probabilités de réussite de cette tentative pitoyable étaient voisines de zéro. Effner n'eut même pas la force de hurler lorsque Spock pressa le tissu sur les chairs déchirées, mais sa tête roula sur le côté et ses yeux dans leurs orbites. Une petite flamme qui courait le long du mur vint lécher la botte du premier officier, qui constata en un coup d'œil que le feu progressait autour d'eux plus rapidement qu'il ne l'avait prévu. Rehaussant encore une fois ses boucliers mentaux, qui déclinaient malgré ses efforts pour les maintenir, il souleva délicatement le blessé dans ses bras. Le visage exsangue du jeune lieutenant, sa respiration saccadée, le sang qui perlait à la commissure de ses lèvres – tout indiquait qu'Effner n'en avait plus pour très longtemps, mais l'abandonner à la plus abominable des morts semblait inexplicablement impossible à Spock, tout Vulcain qu'il fût.

Il sortit de la navette, fit cinq pas et déposa le jeune homme dans le sable, le plus doucement possible.

Puis il hésita.

La logique, encore une fois, lui commandait de retourner immédiatement à bord, avant l'explosion qui ne pouvait manquer de se produire, afin de sauver ce qu'il pourrait de matériel susceptible de les aider dans ce qu'il savait être un désert aussi vaste qu'aride, mais il ne put se résoudre à abandonner le blessé, dont la main s'était faiblement crispée sur son bras.

Spock s'agenouilla à côté de lui. Et ce n'était probablement pas la chose la plus rationnelle à faire, lui hurlait sa moitié vulcaine, dans la mesure où ses défenses mentales avaient déjà été mises à rude épreuve récemment, mais l'humain en lui se révoltait à l'idée de laisser le jeune homme, pour coupable qu'il fût, mourir seul, effrayé, sans même essayer de soulager sa douleur ou sa terreur. Le Vulcain se concentra quelques secondes avant de poser délicatement trois doigts sur le visage du blessé. La vague de douleur et de pure panique qu'il éprouva se fracassa contre les épaisses murailles de son esprit, impuissante à l'atteindre. Il se contenta d'absorber ce qu'il pouvait de souffrance et d'effroi face à la mort qui s'avançait lentement mais sûrement.

Etonnamment, ce fut le sentiment d'intense gratitude succédant à la peur qui faillit lui faire perdre tout contrôle.

Il parvint à ne pas bouger, mais tenta de transmettre à travers leur connexion mentale ce qu'il pouvait de compassion, de bienveillance, tout en sachant qu'exprimer de telles émotions risquait de faire voler en éclats ses propres boucliers. Mais enfin, Jonathan n'était qu'un très jeune homme sur le point de mourir, et quoi qu'il eût pu faire d'horrible, il ne méritait pas de mourir inhumainement.

Deux minutes s'écoulèrent ainsi. La respiration d'Effner ralentit progressivement jusqu'à devenir un râle, tandis que ses ondes cérébrales s'affaiblissaient d'instant en instant. La main qui enserrait le poignet du Vulcain retomba, inerte, le long de son corps. Spock attendit encore quelques instants, jusqu'à ce qu'il fût certain que, les yeux grands ouverts vers le ciel orange, Jonathan eût cessé de respirer. Le premier officier ne chercha pas à le ranimer. Il savait, depuis qu'il avait entrevu la blessure béante, que cette fin était inévitable.

Lorsqu'il fut certain que tout était terminé, Spock ôta doucement ses doigts du visage juvénile et prit une profonde inspiration, tant pour emplir ses poumons d'air frais que pour chasser de son esprit toute trace de ce qu'il venait d'apercevoir dans celui du jeune homme. Plus tard, il serait temps d'y repenser, mais pour l'heure, il devait concentrer toute son énergie à sa survie et à celle du docteur McCoy.

Kaiidth.*

Il retourna dans la navette emplie de fumée, se dirigea sans hésiter vers le poste de pilotage et ouvrit la petite trappe située entre les deux sièges. A la place des kits de survie standards qu'il s'attendait à trouver, il en tira un bidon d'eau d'environ cinq litres et un sac de taille moyenne hermétiquement fermé. Refusant de se laisser décevoir ou de s'inquiéter, il se redressa rapidement, fouillant la cabine du regard en quête d'objets utiles. Il s'empara sans réfléchir de la mallette qui était venue heurter le médecin en chef au front, puis comprit qu'il ne pouvait s'attarder davantage : le feu avait à présent gagné toute la partie gauche de la navette et s'approchait dangereusement du réservoir d'énergie.

Il saisit au passage deux chiffons oubliés là par quelque technicien négligent, puis sortit précipitamment. Le sac chargé sur l'épaule, le bidon dans la main droite, la mallette dans la main gauche, conscient de l'imminence du danger, il se mit à courir vers l'endroit où il avait laissé le médecin.

Il était environ à mi-chemin lorsque l'explosion retentit derrière lui. Dans un réflexe, il se jeta à terre pour protéger de son corps les précieuses denrées qu'il avait sauvées. Un fracas assourdissant lui transperça les tympans et un morceau de métal tranchant se ficha dans le sable, à quelques centimètres de lui. Il rentra instinctivement la tête dans les épaules et attendit 1,35 minutes avant de se retourner avec prudence.

A la place de la navette, un cratère fumant et noirci déformait le paysage harmonieux du désert. Tout autour, projetés dans un rayon d'une cinquantaine de mètres, des débris métalliques, portés au rouge, jonchaient le sol. Le corps d'Effner, nota Spock en refoulant les pensées qui étaient à présent associées au jeune homme, avait été arraché de terre pour atterrir lourdement plusieurs mètres plus loin.

Le Vulcain se redressa lentement et cligna des yeux. L'eau, le sac et la mallette étaient heureusement intacts. Spock ouvrit ces deux derniers items pour en inspecter le contenu, qui se révéla décevant : des barres de protéines en grand nombre, des compresses, des gouttes pour les yeux, un protoplaseur, un microscope, un couteau, un phaseur, mais pas de tricordeur ni d'éléments de survie dignes de ce nom. Pas de couverture, pas de protection. Le premier officier inspira lentement et analysa lucidement la situation.

Sois efficace. Va droit au but. Ne te retourne pas sur ce que tu ne peux changer.

Spock marcha jusqu'au corps d'Effner, mutilé par les débris projetés au loin par le souffle de l'explosion, dont il retira doucement les vêtements déchirés et maculés de sang – la veste rouge, le t-shirt et le pantalons noirs. Puis il saisit une poignée de sable brûlant – refusant de se souvenir à quel point ce geste, dans une autre vie, lui avait été familier sur sa planète natale – et commença à frotter le tissu pour le sécher et en ôter au maximum le sang. Il fit de même avec sa propre veste, poisseuse du même liquide depuis qu'il l'avait appliquée contre la blessure du lieutenant. Lorsque le tout fut à peu près sec, quoique légèrement raidi par le sang, il fouilla les décombres jusqu'à trouver deux tiges métalliques, et revint vers le médecin toujours inconscient. Après avoir vérifié que l'homme n'était pas en danger, mais simplement toujours sous le choc du coup violent qu'il avait reçu à la tête, il planta les deux tiges de chaque côté de sa tête et y accrocha la veste d'Effner de telle sorte que le visage de son compagnon se trouve à l'ombre. La température frôlait déjà les 36°C et allait probablement encore monter, et les tempes de McCoy étaient déjà trempées de sueur.

Le regard de Spock se posa sur le corps mutilé du jeune homme et décida, malgré son extrême fatigue, tant physique que mentale, d'enterrer le corps d'Effner. Une telle action était après tout logique. Tout d'abord, parce que la vision d'un corps déchiqueté n'améliorerait certainement pas le moral du médecin en chef. Ensuite, parce que creuser une tombe occuperait pour un certain temps l'esprit du premier officier et l'empêcherait d'errer sur de dangereux chemins. Enfin, parce que, selon la coutume humaine, il était décent d'offrir une sépulture à un homme, et qu'Effner, quelque crime qu'il eût perpétré par le passé, demeurait un homme.

Spock dégagea donc, à l'aide de ses mains, un large espace d'environ deux mètres sur un (il était difficile de se montrer plus précis avec un élément aussi capricieux que le sable), où il déposa le corps avant de le recouvrir entièrement du sable brûlant de Sigma Octantis.

Empli d'une lassitude qui lui sembla excessive et par là même intolérable, il se força à se relever et à porter ce qu'il avait trouvé dans la navette aux côtés du médecin, qui n'était toujours pas revenu à lui. Puis il s'assit à côté de lui, et ses boucliers se relâchèrent brusquement. La forte chaleur, la gravité légèrement supérieure à celle à laquelle Spock avait fini par s'habituer sur le vaisseau, et, par-dessus tout, la vue des dunes qui ondulaient sous le soleil faisaient naître en lui une mélancolie inattendue et d'autant plus malvenue qu'il ne pouvait se permettre aucune distraction. Il devrait bientôt prendre des décisions, réfléchir, agir – et, après avoir paré au plus pressé, il s'en sentait à présent incapable, assailli par des souvenirs qui ne pouvaient que le déstabiliser. Il s'agenouilla lentement dans le sable et ferma les yeux pour se plonger dans la méditation.

Il lui fallut s'immerger totalement dans le tvi-sochya pendant près d'une demi-heure afin d'atteindre l'état de paix intérieure qui lui était nécessaire, dans l'état de trouble dans lequel il se trouvait auparavant, pour percevoir distinctement la voie logique à suivre. Il pressentait en outre qu'une fois McCoy réveillé, il lui serait plus difficile de trouver un moment de calme et de tranquillité pour méditer…

Il poussa un peu plus avant, examinant une à une ses pensées avant de les détacher de son être profond.

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- Par Jupiter, qu'est-ce qui s'est passé ?

La voix du médecin tira Spock de l'état méditatif dans lequel il s'était plongé. Comme il s'attendait à une interruption de ce genre, il ne lui fallut que quelques secondes pour reprendre totalement pied dans la réalité. A 1,32 mètres sur sa gauche, McCoy essayait péniblement de se redresser avec une petite grimace de douleur.

Soucieux de ne pas déclencher, par un geste malvenu ou mal interprété, l'ire de son coéquipier, Spock se tourna lentement vers lui.

- Doucement, docteur. Ne vous relevez pas trop vite. Vous avez subi un choc. Comment vous sentez-vous ?

Le médecin cligna des yeux à plusieurs reprises, comme s'il avait du mal à fixer son attention sur son interlocuteur, puis grimaça de nouveau.

- Pas de nausées, pas de vertiges, pas de perte de mémoire, tout va bien, Spock, j'ai juste un mal de crâne de tous les diables. Où sommes-nous ?

- Dans le désert de Sigma Octantis IV, il semblerait.

McCoy leva les yeux au ciel. Le Vulcain était incapable de déterminer quels sentiment dominait dans ce geste pourtant familier – l'exaspération, la colère, l'angoisse ? Spock comprit, non sans une certaine perplexité, que les épais boucliers qu'il avait reconstruits la va-vite, renforcés, colmatés grossièrement, l'empêchaient de percevoir les émotions humaines qu'il avait patiemment plus ou moins appris à reconnaître à certains signes, après deux années de proximité immédiate avec quelque quatre cents humains. Il se sentait comme anesthésié.

- J'avais deviné, figurez-vous, ricana McCoy, mais où exactement ?

- Je suis dans l'incapacité de vous fournir une réponse plus précise, répondit le Vulcain en se raidissant légèrement dans l'anticipation du sarcasme (ou du hurlement) qui allait probablement suivre.

Au lieu de cela, le médecin hocha pensivement la tête.

- Les instruments sont morts, c'est ça ? La navette a explosé ?

- Affirmatif.

- Et où est Effner ?

Spock refusa de laisser sa moitié humaine prendre la parole et répondit de la façon la plus neutre possible :

- Il n'a pas eu le temps de s'attacher. Une pièce métallique provenant de la navette l'a atteint à l'abdomen. Il n'a pas survécu à l'atterrissage.

Une ombre passa sur le visage du praticien.

- Où est-il ? demanda-t-il en fouillant du regard l'immensité du désert. Peut-être que j'aurais pu…

- Il n'est rien que vous auriez pu faire, docteur, le coupa calmement Spock. Il avait déjà perdu beaucoup trop de sang lorsque je l'ai trouvé. J'ai enterré son corps selon la coutume humaine.

McCoy sembla alors réaliser ce qui se trouvait au-dessus de sa tête et il s'écarta brusquement, malgré la chaleur intense, pour quitter l'ombre qui le protégeait.

- C'est sa veste ? murmura-t-il avec une grimace de dégoût.

- Il était logique de vous protéger des rayons du soleil, répondit le Vulcain. De plus, nous aurons besoin de tous les vêtements possibles afin de...

- Besoin de vêtements dans le désert ? l'interrompit durement McCoy. Ce n'était pas la peine de déshabiller un mort pour ça ! Vous ne lui avez laissé aucune dignité, pas vrai ?

Le mépris suintait des paroles du médecin en chef, mais il glissa sur les parois fortifiées des boucliers de son interlocuteur.

- Docteur, croyez-moi lorsque je vous certifie que vous aurez rapidement besoin de vêtements supplémentaires. La nuit, la température chute brutalement et peut parfois descendre jusqu'à 6 ou 7°C.** Il me semblait logique, dans ces conditions, et en l'absence de couverture de survie, de récupérer tout ce qui était susceptible de nous être utile, y compris les vêtements en possession du défunt.

McCoy ouvrit la bouche, prit une brusque inspiration, puis referma les mâchoires avec un claquement sec.

- Entendu, marmonna-t-il entre ses dents crispées. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? J'imagine que c'est vous qui menez l'expédition maintenant ?

- Affirmatif, docteur, répondit tranquillement le Vulcain. En tant qu'officier scientifique et premier officier, je suis tout désigné pour cette tâche. Néanmoins, si vous souhaitez proposer des suggestions, je vous écoute.

Le petit rire qui suivit cette invitation était peut-être sarcastique, peut-être désespéré, peut-être teinté d'affection – encore une fois, Spock fut incapable de le déterminer clairement.

- Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. On va crever dans ce désert, c'est évident. Un vêtement de plus ou de moins n'y changera rien.

Spock fronça les sourcils. Il ne s'attendait pas à tant de défaitisme de la part de son coéquipier – après tout, il était rare que le médecin en chef abandonne si rapidement. Généralement, il se battait becs et ongles pour essayer de sauver ce qui pouvait l'être, et partir vaincu n'était pas dans ses habitudes.

- J'ai personnellement l'intention de survivre, déclara le premier officier sans se départir de son calme. Et, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, de tout faire pour que vous surviviez également.

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* Kaiidth : en Vulcain, "ce qui est, est" - formule philosophique pour exprimer l'impossibilité de changer le passé et la nécessité d'aller de l'avant en acceptant les changements sur lesquels nous n'avons pas prise. Je ne résiste pas au plaisir de citer mon cher Marc-Aurèle pour illustrer les propos de Surak : "Que me soit donnée la force d'accepter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l'être, et la sagesse pour distinguer l'un de l'autre." Voilà pour la petite pensée philosophique du jour !

** C'est le cas dans le Sahara, où il peut même, apparemment, geler en hiver ! J'ai testé pour vous en été, et en effet, la différence de température est saisissante. J'ai imaginé qu'il en était de même sur Sigma Octantis.