Dans une autre de mes fics, je vous ai déjà parlé de Lucy, la sœur de Spock qui sort complètement de ma tête et qui n'est absolument pas canon, n'est-ce-pas ? J'avais dit que, peut-être, je reparlerai d'elle autre part, eh bien voilà. Depuis deux jours, j'ai cette scène dans la tête et je n'ai pas réussi à me l'ôter, alors je l'ai extériorisée. Ça n'a rien à voir avec ce que j'écris d'habitude, je ne sais même pas pourquoi je le poste, mais peut-être que quelqu'un y trouvera son compte. J'avais envie / besoin de quelque chose de plutôt doux et tendre (pas trop mon genre habituel, quoi).

J'ai essayé ici de rendre compte au mieux d'un Spock de quatre ans. Je pense que les Vulcains sont super en avance sur les humains au niveau intellectuel, donc il pige tout, il a un vocabulaire de taré et il agit déjà très logiquement. En revanche, au niveau des sentiments, c'est pas gagné... Je ne suis pas certaine que ce que j'ai écrit fasse vraiment sens, mais tant pis.

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Quatre ans

Exactement huit mois, huit jours et quinze heures auparavant (et vingt-deux minutes, pour être tout à fait exact), Lucy était arrivée parmi eux. Spock n'avait pas volontairement compté le temps qui s'était écoulé depuis que la petite fille avait fait irruption dans leur vie, mais il le savait aussi sûrement que s'il avait eu à sa disposition un chronomètre allumé à la seconde précise où Amanda s'était agenouillée dans le sable pour prendre l'enfant dans ses bras. Il n'avait que récemment compris que cette faculté de sentir avec exactitude le temps et l'espace autour de lui faisait partie de son héritage vulcain, comme tant d'autres aptitudes qu'il découvrait au fur et à mesure qu'il grandissait.

Il se demandait à quel moment se manifesterait son héritage humain. Pour l'instant, il devait à sa moitié vulcaine tout ce qu'il était capable de faire. Lorsqu'il posait la question à sa mère, elle se contentait de sourire et de lui caresser doucement les cheveux, un de ces gestes typiquement terriens qui éveillaient en Spock une étrange sensation, qu'il était incapable d'analyser totalement – une sensation dont il se méfiait instinctivement, sans pouvoir cependant se résoudre à la repousser.

Car la sensation était merveilleuse. « Merveilleux » était un adjectif totalement non-vulcain, il le savait, mais il n'y avait pas de mot en vulcain pour traduire ce qu'il ressentait lorsqu'Amanda lui souriait et effleurait le sommet de sa tête d'une caresse légère come le vent.

Pour en revenir à Lucy, son arrivée avait été suivie par le départ de Sybok, mais ni l'un ni l'autre de ces événements n'avait perturbé l'existence de Spock. Sybok avait toujours été un grand frère assez lointain, de près de quinze ans son aîné, et Lucy, qui passait beaucoup de temps dans la colonie humaine toute proche, ne partageait avec lui que les repas et quelques promenades, si bien que la vie du jeune Vulcain n'avait pratiquement pas changé.

Cependant, ce matin-là, alors qu'il se dirigeait vers la cuisine pour prendre son petit déjeuner, il fut surpris de trouver sa sœur dans le salon, parfaitement éveillée, et l'attendant visiblement. Généralement, Spock était le premier debout. Sarek était déjà parti travailler, mais les deux humaines, qui avaient davantage besoin de sommeil, se levaient après lui. Il arrivait fréquemment à Spock de se réveiller avant sa mère ; il prenait alors un livre, ou montait sur le toit de la maison pour contempler les étoiles et le lever du soleil, en attendait qu'elle émerge du sommeil.

Mais aujourd'hui, il trouva Lucy et Amanda dans le salon, la première assise sur le canapé, agitant ses jambes dans un mouvement de va-et-vient qui pouvait traduire, au choix, l'excitation ou la nervosité, pour ce qu'il avait compris du fonctionnement des humains, et la seconde debout derrière, une main posée sur l'épaule de sa fille.

- Tu as bien dormi ? demanda Lucy en se levant d'un bond, mains dissimulées derrière son dos.

Le jeune Vulcain la regarda avec méfiance. Sa sœur avait une fâcheuse tendance à faire de grands gestes inconsidérés, voire absolument pas contrôlés, qui s'achevaient souvent par une maladresse et des excuses désolées. Il avait déjà ainsi reçu du jus de fruits sur les genoux, du sable dans les yeux, un jouet sur la tête, et avait appris en conséquence à se tenir à une distance prudente de sa sœur lorsque cette dernière était dans un état parfaitement humain d'excitation, c'est-à-dire environ 82,3% du temps.

- Oui, répondit-il sans la quitter des yeux.

La petite file hocha la tête d'un air satisfait, comme si apprendre que son frère avait bien dormi était une nouvelle particulièrement réjouissante (ce que le Vulcain ne parvenait pas à comprendre) puis ses mains jaillirent de derrière son dos et elle tendit à Spock une feuille de papier enroulée sur elle-même et liée avec un ruban bleu décoré de paillettes argentées.

- C'est pour toi, dit Lucy avec une certaine solennité.

Spock la considéra un instant avant de se tourner vers sa mère pour l'interroger du regard. Jamais Lucy ne lui avait rien donné jusqu'ici, et il ne comprenait pas la raison de ce changement subit.

- C'est un cadeau que ta sœur a fait pour toi, expliqua Amanda, qui souriait toujours. Elle s'est levée très tôt pour pouvoir te l'offrir dès que tu serais réveillé.

Anticipant la prochaine question de son fils, elle ajouta :

- Tu n'as pas oublié que c'est ton anniversaire aujourd'hui, n'est-ce-pas ?

Spock secoua négativement la tête. Non, il n'avait pas oublié, mais, s'il s'attendait à recevoir un présent de la part de sa mère (une tradition humaine, lui avait expliqué Sarek), il n'avait certainement pas anticipé un cadeau – potentiellement dangereux – de la part de Lucy. Tout ce que faisait Lucy était potentiellement dangereux, il l'avait compris très rapidement, car absolument non maîtrisé. Il s'était donc tenu à une prudente distance de sa sœur, l'évitant lorsqu'elle s'approchait trop près et essayant, autant que faire se peut, de ne pas se trouver à proximité des nombreux désagréments qu'elle avait tendance à causer autour d'elle.

Il hésitait donc à prendre la feuille. De loin (Lucy était à 3,12 mètres de lui), elle paraissait inoffensive, mais…

- Tu n'en veux pas ?

Le jeune Vulcain perçut dans la voix de Lucy quelque chose d'étrange et de dérangeant, qu'il analysa comme des larmes refoulées. Un des autres aspects déplaisants de sa sœur était qu'elle pleurait souvent – discrètement, il devait lui reconnaître ce mérite, mais un tel manquement aux règles vulcaines lui semblait toujours dérangeant. Il s'attendait donc à une explosion, mais Amanda posa de nouveau sa main sur l'épaule de la petite fille, qui se calma presque immédiatement.

- Je vais le poser là, dit-elle en mettant la feuille sur la petite table. Si jamais tu le veux, tu peux le prendre. Je vais déjeuner, ajouta-t-elle en jetant un coup d'œil à sa mère.

Cette dernière acquiesça, et Spock comprit qu'elles s'étaient entendues sur la conduite à tenir devant lui, probablement parce que quelque chose lui échappait dans cette scène parfaitement non-vulcaine. Il regarda Lucy sortir à pas mesurés, et apprécia l'effort visible qu'elle faisait pour ne pas courir. Lorsqu'il reporta ses yeux sur sa mère, cette dernière ne souriait plus.

- Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? demanda Spock.

Il sentait confusément que les deux humaines attendaient de lui quelque chose, mais il était incapable de comprendre de quoi il retournait. Le sourire revint sur le visage d'Amanda, et Spock se sentit immédiatement mieux (il n'avait pas eu conscience de se sentir mal, mais une légère tension, qu'il n'avait pourtant pas perçue, quitta son estomac).

- Non, répondit doucement sa mère. Lucy a du mal à s'habituer à ta façon de réagir, comme tu as du mal à t'habituer à la sienne, mais ce n'est pas grave. Est-ce que tu veux venir prendre ton petit déjeuner avec nous ?

Spock jeta un coup d'œil rapide à la feuille qui, à présent que Lucy l'avait lâchée, ne semblait plus aussi menaçante.

- Pourquoi m'a-t-elle offert un cadeau ? demanda-t-il finalement.

- Parce que c'est ainsi que nous faisons sur Terre. Elle voulait te faire plaisir.

Il hocha la tête, à demi satisfait par cette réponse, et partagé entre le désir de regarder à l'intérieur et celui d'aller prendre son petit déjeuner.

La curiosité l'emporta.

Il avança jusqu'à la petite table, sous le regard attentif de sa mère, et prit délicatement la feuille. Rien d'étrange ne se produisit, ce qui était bon signe. Se penchant sur le ruban bleu, il vit que les paillettes, collées bout à bout, formaient son nom. Il tira doucement sur l'extrémité du ruban, qui tomba sur la table. La feuille se déplia à demi. Le jeune Vulcain la prit dans ses mains et la déroula entièrement.

Lucy avait peint en bleu foncé la partie supérieure de la feuille et y avait collé un certain nombre d'étoiles argentées. Tout en bas, sur la partie demeurée blanche, on pouvait voir deux planètes, l'une bleue, l'autre orange. Sur la première, la petite fille avait dessiné des continents, ce qui permit à Spock d'identifier l'Afrique avec une certaine satisfaction. Sur la seconde planète se tenaient deux personnages, qui agitaient les mains. Et au milieu de la feuille, entre la partie blanche et la partie bleue…

Spock fronça les sourcils et regarda avec perplexité l'étrange vaisseau spatial, dessiné et colorié avec soins, qui prenait une place considérable sur le papier. Il ne ressemblait à aucun vaisseau connu. En fait, Spock était à peu près certain qu'une navette comme celle-ci n'aurait jamais pu atteindre l'espace, ni même s'envoler. Il était encore en train de chercher une logique à son aérodynamique lorsqu'une petite voix s'éleva timidement sur sa gauche :

- Ca ne te plaît pas ?

Il ne sursauta pas, parce que les Vulcains ne sursautent pas, et il ne manifesta en aucune façon sa surprise (et sa légère appréhension) de se trouver si proche de sa sœur, qui était revenue dans la pièce sans faire le moindre bruit. L'idée que la petite fille n'avait qu'à tendre la main pour le toucher lui donna envie de s'éloigner aussitôt, mais il résista à la tentation, car il avait l'intuition qu'un tel geste amènerait Lucy à pleurer.

Il ne répondit pas et se contenta de hocher la tête de façon non-compromettante avant de reporter son attention sur la figure principale qui se trouvait dans le vaisseau, derrière une vitre en longueur. Il était évident que Lucy ne maîtrisait absolument pas les règles les plus élémentaires de la perspective, car cet individu, dont seul le torse et le visage étaient visible, mesurait à peu près un tiers du vaisseau et n'aurait par conséquent jamais pu entrer dans le poste de pilotage. Spock hésita à le faire remarquer, mais il préféra demander, en montrant du doigt le personnage :

- Qui est-ce ?

Lucy sembla choquée par une telle question.

- Mais c'est toi ! s'exclama-t-elle sur un ton d'évidence qui fit rire leur mère.

- Moi ? répéta-t-il, incapable d'y croire.

Il cherchait vainement la moindre ressemblance entre cet humanoïde grossièrement dessiné et le visage qu'il voyait dans le miroir tous les matins, mais Amanda l'empêcha d'exprimer son opinion :

- Bien sûr que c'est toi. Regarde, ce sont tes cheveux noirs, et tes yeux, et tes oreilles, et la tunique que tu mets lorsque nous allons marcher ensemble dans le désert.

Spock plissa les paupières et reconnut en effet le vêtement bleu qu'il affectionnait particulièrement. Cela l'aida à accepter le reste.

- Je suis trop petit pour piloter un vaisseau, fit-il remarquer en se tournant vers sa sœur. Pourquoi est-ce que tu as fait ce dessin ? Il n'est pas logique.

Il aurait voulu ajouter que la perspective posait également problème, et que le ciel n'aurait pas dû s'arrêter à la moitié de la feuille, mais la petite fille répondit avec enthousiasme :

- Bien sûr, tu es trop petit maintenant, mais c'est quelque chose qui va arriver plus tard. Regarde en bas, c'est Maman et Sarek (Spock écarquilla les yeux devant les deux figures humanoïdes, sur la planète orange, qu'il n'avait absolument pas reconnues), qui te font signe depuis Vulcain. Quand tu seras devenu un explorateur, tu partiras sur ton vaisseau et tu iras visiter les étoiles. C'est pour ça que je t'ai dessiné au milieu. De l'autre côté, ajouta-t-elle comme si son petit frère était trop stupide pour comprendre, c'est la Terre, parce que tu es quand même à moitié humain.

Le jeune Vulcain hocha de nouveau la tête. Une boule s'était incompréhensiblement formée dans sa gorge alors qu'il continuait à fixer la figure souriante qui se trouvait dans le vaisseau, cette figure qui n'était pas lui (déjà parce qu'il ne souriait jamais, ensuite parce qu'il n'avait pas cette tête, heureusement), et qui en même temps aurait peut-être pu être lui, pourrait peut-être le devenir un jour. Sa mère lui effleura les cheveux.

- Je vais préparer le petit déjeuner, d'accord ?

Spock se demanda si elle avait senti son besoin de parler en tête à tête avec Lucy. Sinon, comment expliquer qu'elle laisse ses deux enfants seuls pour la première fois en huit mois, huit jours, quinze heures et trente-sept minutes ? Dès qu'elle eut quitté la pièce, il se tourna vers sa sœur, mais cette dernière devança sa question.

- Je t'ai vu, tu sais.

Il leva un sourcil interrogateur et Lucy éclata de rire.

- J'adore quand tu fais ça ! Comment tu fais ?

Elle essaya, mais ne parvint qu'à contorsionner les traits de son visage en des grimaces plus ou moins réussies – plus ou moins amusantes, se dit-il en sentant le coin droit de sa propre bouche remonter légèrement dans une esquisse de sourire.

- C'est trop difficile, conclut Lucy avec un haussement d'épaules.

Le coin de la bouche de Spock revint immédiatement à la place qu'il n'aurait jamais dû quitter.

- Où m'as-tu vu ?

- Sur le toit, la nuit.

Il s'attendait à la réponse, et pourtant il tressaillit.

- Et qu'est-ce que tu as vu ? demanda-t-il en essayant de garder sous contrôle les battements de son cœur.

- J'ai vu que tu joues à…

- Je ne joue pas, protesta-t-il avec peut-être un peu trop de véhémence. Les Vulcains ne jouent pas.

Lucy le regarda, l'air surprise.

- Bien sûr que tu joues. Tu te racontes des histoires dans ta tête, je t'ai entendu. Tu dis que tu es dans un vaisseau qui va explorer les étoiles.

- Les planètes, ne put s'empêcher de rectifier Spock malgré le malaise qu'il éprouvait malgré lui à l'idée d'avoir été pris en flagrant délit de jeu – une activité illogique, typiquement humaine. On ne peut pas explorer une étoile car on ne peut pas marcher à sa surface. Il fait trop chaud.

- Ah bon, commenta Lucy avec désinvolture. Il n'empêche que tu joues.

- Je ne joue pas, répéta le jeune Vulcain, qui sentait son visage le brûler. Jouer est un acte illogique.

La petite fille sembla réfléchir sérieusement à cette assertion.

- Je ne suis pas d'accord, finit-elle par répondre après 15,3 secondes de réflexion. Quand tu joues, tu fais semblant d'être quelqu'un d'autre, non ?

- Oui, répondit-il, sur le qui-vive.

- Quelqu'un que tu aimerais être plus tard, ajouta-t-elle. Alors c'est logique de te préparer à être ce quelqu'un, non ? Comme ça, quand ça t'arrivera pour de vrai, tu sauras quoi faire.

Spock resta un instant silencieux, cherchant une faille dans le raisonnement de sa sœur.

Il n'en trouva pas.

- Comme ça, tu peux continuer à jouer, et rester Vulcain quand même, conclut-elle en battant des mains, dangereusement près de lui.

La logique lui semblait imparable, et permettait de résoudre un des majeurs problèmes de son existence. Il ne se recula pas et se contenta de fixer Lucy dans les yeux, incapable de ne pas éprouver d'admiration et de gratitude.

- Et toi ? demanda-t-il.

- Moi quoi ?

Spock retint un soupir. Il fallait toujours tout expliquer à sa sœur. Elle ne comprenait pas les questions les plus simples. Mais après l'aide involontaire qu'elle venait de lui apporter, il était prêt à faire des efforts.

- Et toi, pourquoi tu n'es pas sur le dessin ?

La petite fille le regarda avec un air de commisération un peu navrée, comme s'il avait une déficience mentale.

- Je ne suis pas sur le dessin parce que je ne suis pas vraiment dans ta vie, expliqua-t-elle. Tu t'en fiches que je sois là ou pas.

Cette réponse le laissa muet. Il aurait voulu protester, dire que ça n'était pas vrai, mais il n'y parvint pas. Lucy avait raison. Elle n'était pas vraiment dans sa vie. Si elle quittait la maison aussi soudainement qu'elle y était apparue, il ne verrait pratiquement pas de différence et ne la regretterait certainement pas.

Etait-ce normal ? se demanda-t-il.

Il n'avait pas de réponse logique à cette question.

- C'est dommage, continua Lucy avec un petit soupir, parce que moi aussi, plus tard, j'aurai mon vaisseau et j'irai explorer les étoi… les planètes, se reprit-elle au dernier moment.

Cet aveu le prit de court. Il n'aurait jamais pensé avoir quoi que ce soit en commun avec sa sœur, et certainement pas sa fascination pour l'espace. Il la regarda plus attentivement encore. Elle souriait en regardant le dessin.

- Dans ce cas, il faut qu'on te rajoute sur le dessin, déclara-t-il sans réfléchir.

- C'est vrai ? chuchota-t-elle.

- Bien sûr, répondit-il, certain d'avoir pris la bonne décision. Où sont tes feutres ?

Lucy courut dans le coin de la pièce où elle rangeait ses jouets et revint immédiatement à côté de Spock, une boîte à la main. Elle la lui tendit sans une hésitation.

- Tu veux que ce soit moi qui dessine ? demanda le jeune Vulcain, incertain.

Bien sûr, il avait déjà dessiné à l'école, mais il s'agissait d'exercices de reproduction fidèle de la réalité. Participer à un dessin aussi illogique lui semblait presque impossible.

- Oh oui, s'il-te-plaît ! s'écria-t-elle.

Spock tendit une main prudente vers la boîte qu'elle avait ouverte devant lui et choisit un feutre rose clair pour sa peau, un autre marron pour les cheveux et les yeux, et un dernier, rouge, pour reproduire sa robe préférée. Puis il s'agenouilla devant la table.

- Tu peux me tenir la feuille ? demanda-t-il.

Lucy, s'accroupissant de l'autre côté de la table, posa les mains à plat sur les deux coins supérieurs du dessin.

- Comme ça ?

Il acquiesça et reporta son attention sur le travail qui lui avait été confié. Elle l'interrompit encore une fois.

- Alors, est-ce que tu aimes ton cadeau ?

- Oui.

Un sourire éclatant illumina le visage de Lucy.

- Bon anniversaire, Spock, murmura-t-elle.

Il sentit son souffle lui chatouiller le front et se rendit compte qu'ils étaient presque collés l'un à l'autre. Il ne manquait que 2,1 centimètres pour que leurs mains se touchent.

Il n'en éprouva pas l'ombre d'une gêne, et commença à dessiner.