Voilà. Nous y sommes. Ceci est le tout dernier chapitre de cette fanfiction :')

See you at the end~


Lorsque les premiers rayons du soleil traversent la fenêtre de la chambre de Derek, Stiles est au-dessus de lui, nu, dans la lumière pâle du matin, ses cheveux sont décoiffés et ses lunettes tressautent à chacun de ses mouvements.

Les poils sur le torse de Derek ont l'air encore plus noirs qu'ils ne le sont et la sueur sur sa peau… Les doigts de Derek s'enfoncent dans ses hanches, il tremble un peu, ses yeux sont noirs de désir et ses lèvres sont rougies de tous ces baisers échangés au cours de la nuit. Stiles aime beaucoup le spectacle qui s'offre à lui.

Chaque marque que Derek a laissé sur sa peau le fait se sentir beau et libre et Derek lui dit qu'il est magnifique.

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Ils se réveillent à nouveau dans l'après-midi : ils ont faim mais ne sont pas encore prêts à bouger.

- C'était ta première fois ? demande Derek.

- Oui, marmonne Stiles, la voix un peu enrouée.

- Est-ce que c'était bien ?

- C'est une blague ?

Derek sourit contre la nuque de Stiles, son sourire est contagieux.

- J'aurais besoin d'être au-dessus, tu sais. Pour la science. A un moment ou à un autre.

Derek fait un petit bruit de gorge. Il dépose un baiser sur la nuque de Stiles et murmure :

- Je suis impatient de voir ça.

Stiles se retourne pour faire face à Derek : maintenant qu'il a retiré ses lunettes, il lui est un peu plus difficile de discerner clairement ses traits mais, d'aussi près, il voit relativement bien.

- C'était comment, ta première fois ?

- Avec un garçon ? commence Derek. C'était bien.

Stiles bouge ses sourcils pour encourager Derek à poursuivre, à lui raconter. Ce dernier soupire, lève les yeux au ciel, comme si le souvenir flottait juste au-dessus de sa tête.

- Jordan. Lui et moi, on partageait notre chambre au dortoir, en première année. Il était hétéro.

Stiles hausse un sourcil.

- Ou du moins, il disait qu'il l'était, précise Derek.

- Ah, glousse Stiles.

Derek le regarde d'un air malicieux et poursuit :

- Je voulais coucher avec lui, le prendre, mais il n'en savait rien. On était amis et je ne voulais pas mettre en péril notre amitié.

- Bien, dit seulement Stiles.

- Il a rompu avec sa petite amie après deux ans de relation, c'était un peu avant Pâques. Il m'a demandé de m'allonger avec lui jusqu'à ce qu'il s'endorme, il était dans tous ses états. Et c'est ce que j'ai fait. Je l'ai rejoint dans son lit et je me suis allongé à côté de lui.

Stiles l'observe curieusement, un tiraillement inconfortable se fait ressentir dans sa nuque mais il veut voir le visage de Derek.

- Au beau milieu de la nuit, il m'a touché la main, continue Derek, recouvrant la main de Stiles de la sienne. J'ai pensé qu'il dormait peut-être déjà, qu'il devait être en train de rêver. Je l'ai laissé faire, et puis il a passé son bras autour de ma taille.

Derek glisse ses bras autour de Stiles et dit :

- Et j'ai su que ce n'était pas une erreur.

- Est-ce que tu l'as embrassé ou c'est lui qui t'a embrassé ? demande doucement Stiles.

- Il m'a embrassé, répond Derek, souriant un peu de travers. Après des mois à penser à la façon dont je pourrais lui faire perdre la tête avec notre premier baiser, dès que j'ai vu une ouverture, je me suis retrouvé pétrifié.

Stiles a un petit sourire et affirme :

- Ça arrive aux meilleurs d'entre nous.

Lorsque le silence revient, le cœur de Stiles se met à tambouriner dans sa poitrine et la vérité lui échappe avant qu'il n'ait pu la retenir.

- Tu devrais savoir que… quelqu'un m'a engagé pour t'écrire.

Derek s'immobilise complètement à ses côtés.

- Quelqu'un t'a donné de l'argent pour que tu m'écrives une lettre d'amour ?

Stiles hoche la tête, il a la gorge nouée.

Le silence se prolonge pendant un long moment et Stiles sent la magie de la nuit dernière lui glisser peu à peu entre les doigts.

- Qui t'a engagé ?

- Je ne sais pas, lui répond honnêtement Stiles, la demande était anonyme.

- Et tu as juste accepté ?

Le souffle de Stiles tremble :

- Non, je… J'écris des lettres d'amour, c'est mon travail.

Derek ne dit rien, alors Stiles continue à meubler le silence qui les entoure avec inquiétude :

- Je tiens un blog sur les techniques d'écriture et les lettres d'amour. Je poste beaucoup de chose sur la poésie et, parfois, on me demande d'écrire un poème ou une lettre d'amour. L'argent que je gagne me sert à acheter mes cahiers de cours, rit nerveusement Stiles. Je suis – Je ne peux pas changer qui je suis. Plusieurs personnes m'aident à transmettre les lettres que j'écris et, si quelqu'un venait à découvrir qui se cache derrière elles, la magie de la chose serait perdue, tu sais ? Alors…

- Qu'est-ce qu'il y a d'amusant dans le fait d'écrire des lettres à des gens que tu ne connais pas ? La magie serait perdue ?

Stiles avale difficilement la boule qui se forme dans sa gorge.

Derek bouge enfin et Stiles le sent s'écarter. Un sentiment de panique s'empare de lui et il s'accroche au bras de Derek seulement pour constater qu'il se rapproche en fait. Il grimpe au-dessus de Stiles. Son expression est indéchiffrable.

- Mais tu es amoureux de moi.

Stiles sent ses joues s'enflammer.

- Oui.

- Alors, peu importe pourquoi tu as commencé à m'écrire. Tu as continué à le faire.

Un sourire prudent commence à étirer les lèvres de Stiles.

- O-oui.

Derek tend un bras vers sa table de chevet et s'empare des lunettes de Stiles. Il émet un grognement et marmonne :

- Mon dieu, tu es vraiment aveugle.

- Woo, merci, Derek !

Derek presse les joues de Stiles d'une main, sa bouche formant un o, et dit :

- Maintenant, il faut qu'on parle d'un truc important : tu as essayé à nouveau de siffler depuis la dernière fois que tu m'as écrit avoir échoué ?

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Stiles finit par siffler une fois alors qu'il entame sa troisième crêpe au bistrot du coin.

Le visage de Derek brille de fierté.

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Stiles prend Derek à l'arrière de sa Jeep lors de leur second rendez-vous.

Il lui propose de l'aider dans l'acheminement de ses lettres.

Il affirme qu'avoir Derek comme muse pourrait l'aider (et c'est sûrement le cas).

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Scott et le colocataire de Derek, Isaac, deviennent très amis et, même si Derek reste toujours discret en présence des amis de Stiles, ceux-ci aiment cette étincelle qui brille dans les yeux de leur ami lorsqu'il est près de lui. Ils l'accueillent dans leur cercle à bras ouverts.

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Stiles fait la connaissance de Laura pendant les vacances d'été, lorsqu'il va passer deux semaines chez Derek.

Elle est très intimidante, son chat est un vrai con et elle est une des personnes les plus sympathiques que Stiles ait jamais rencontrées.

Elle l'embrasse sur les joues à l'instant même où il ouvre la porte pour l'accueillir. Leur lien est instantané.

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Le travail de Stiles prend fin de manière retentissante au cours de sa dernière semaine de cours.

Stiles a le sentiment que, même si Derek ne le lui dit jamais, il est heureux de ne plus avoir à partager les mots d'amour de Stiles avec des étrangers.

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Après qu'ils aient tous deux obtenu leur diplôme, Stiles fait un stage : impossible de s'en préoccuper moins qu'il ne le fait. La première semaine, il n'est même pas sûr de ce qu'il doit faire. (Il y a des papiers, en fait. Il se dit qu'il devrait sans doute les ranger par catégories, ces papiers ? Peut-être ?)

Lorsque l'un de ses supérieurs lui dit qu'il n'a aucun talent, Derek s'introduit sur son lieu de travail avant que Stiles n'ait terminé son boulot et ils font l'amour sur le bureau du type.

Bien sûr, ils ne laissent aucune preuve derrière eux, mais Stiles a un sourire radieux à chaque fois qu'il passe devant le bureau et il arrête d'accorder de l'importance à ce que ce mec peut bien penser de son style d'écriture.

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Derek finit par abandonner sa carrière d'enseignant (ça lui permet d'acheter deux billets d'avion pour la Thaïlande, où Stiles et lui s'engagent pour sauver les éléphants et partent faire le tour des montagnes à moto).

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Ils emménagent ensemble le jour du 25ème anniversaire de Stiles.

Ils se disputent pas mal au niveau des couleurs de leurs nouveaux meubles et c'est ainsi que Stiles découvre que Derek ne voit pas certaines couleurs.

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Ils adoptent un chat qui n'a plus qu'un œil et avec lequel Derek joue tous les jours : il serait probablement (absolument) prêt à donner sa vie pour lui.

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Des post-it et des lettres et des poèmes sont souvent laissés un peu partout dans la maison à l'intention de l'autre.

Derek rentre souvent à la maison avec un bouquet de fleurs.

Stiles apprend à cuisiner autre chose que des nouilles en boîte.

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Alors que Stiles apprend à cuisiner, un petit feu se déclare.

Relativement petit.

Il se sent assez mal d'avoir détruit le micro-onde mais, lorsqu'il voit Derek bondir hors de sa voiture, blanc comme un linge, l'air complètement paniqué, et courir jusqu'à leur appartement, il réalise à quel point cela a pu effrayer Derek.

Derek lui fait sa demande dans l'herbe encore humide de la rosée du matin, alors qu'il caresse le chat.

Il se retrouve avec des marques de gazon sur son t-shirt et sur les genoux de son pantalon.

Stiles pleure et, plus tard, écrit un poème sur l'amour et le feu.

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Le jour de leur mariage, une semaine avant noël, ils s'écrivent tous deux une lettre plutôt que d'écrire leurs vœux.

Stiles lit la lettre que Derek lui a écrit, Derek lit la sienne et Pythagorus (leur chat) amène les alliances.

Plus tard, il renverse une bouteille de vin pleine, parce que c'est un connard, parce que tous les chats sont des connards.

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La vie poursuit son cours, le temps passe, ralentissant sa course à chaque fois que leurs lèvres se rencontrent et s'accélérant lorsqu'ils n'y font pas attention.

Ils achètent une maison en banlieue, à trois rues de celle de Scott et de sa femme, Allison, et à seulement une heure de chez Laura et son mari.

Trois enfants viennent bientôt rejoindre la famille Hale-Stilinski.

Stiles, Isaac, Scott et Allison font des paris pour savoir quel nom de famille portera chaque enfant.

La majorité des paris sont placés sur Hale et Stiles en est très offensé.

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Des photos de famille font leur apparition sur les murs et les étagères, des livres sont éparpillés de ci de là et Stiles a 37 ans lorsque son premier livre est publié.

Il décroche une interview avec Ellen et s'épanche sur son mari sexy sur une chaine de télévision nationale.

Cette nuit-là, Derek lui fait l'amour sur le sol de leur chambre d'hôtel.

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Lorsque leur plus jeune enfant, Talia, quitte la maison familiale pour entrer à l'université, Stiles et Derek voyagent, fuyant leur maison vide.

Derek coche quasiment tous les lieux qu'il a mis sur sa liste et Stiles pense que c'est un peu du gâchis car son mari passe plus de temps à le regarder lui que les paysages qu'ils visitent.

(Mais Derek et lui ont l'occasion de nager et jouer avec des tigres du Bengal rescapés et Derek est à la limite de faire une crise émotionnelle lorsqu'ils rentrent chez eux.)

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Derek s'occupe de Stiles lorsque son arthrite le fait trop souffrir, l'encourageant sans cesse à utiliser son ordinateur, mais Stiles insiste : ses poèmes et ses lettres doivent être manuscrits.

Même si l'écriture recouvrant les post-it et les lettres devient plus hésitante au niveau des lettres majuscules et de la ponctuation qu'elle ne l'était auparavant, les mots sont toujours éparpillés dans la maison.

Il y a encore des fleurs et l'odeur de l'encre dans le bureau et bien plus de lumière naturelle dans le salon qu'aucun des deux ne l'auraient jamais imaginé.

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Le temps emporte Derek en premier, au cours d'un mois de janvier froid, et le foyer vide de Stiles est à nouveau empli de ses enfants et de leurs enfants, allant et venant, nettoyant et récupérant des objets qu'ils ne souhaitent pas que Stiles voient trop longtemps.

Ses mains sont âgées, des veines sombres et une peau plus lâche les recouvrent ; des mains avec lesquelles il conquérait, créait son propre monde, avant.

Derek est incinéré et ses cendres sont mélangées aux graines d'un pommier qui donnera des pommes vertes. Stiles aura sa place juste à côté de lui : il choisit pour lui des pommes rouges.

Lorsque son fils unique lui demande s'il y a quoi que ce soit dont il voudrait se débarrasser au grenier, Stiles lui dit qu'il doit probablement y avoir les décorations de Noël mais c'est tout.

Son fils l'aide à gravir les marches et, quelques minutes plus tard, ils sont dans le grenier pour voir ce qu'il en est.

Il y a une petite fenêtre, moins de toiles d'araignées que Stiles ne l'avait imaginé, des boîtes de pacotilles qu'ils n'ont jamais eu l'occasion de mettre en ordre, des bibelots et des choses hors du temps.

Mais, contre le mur le plus éloigné, il y a un bureau avec un miroir. Sur lui se trouve une enveloppe à l'air relativement neuf avec le nom de Stiles écrit dessus.

Stiles l'ouvre, ses enfants se rassemblant autour de la petite ouverture qui donne sur les escaliers. Ils l'observent curieusement alors que Stiles déplie une lettre écrite sur une page de bloc-notes.

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Très cher Stiles,

J'imagine que tu trouveras cela lorsque les enfants viendront t'aider à nettoyer la maison. Tu sais que les mots me viennent plus facilement à l'écrit. Les mots ont beaucoup plus de mal à sortir lorsque, tout ce que je souhaite faire, c'est t'écouter parler toi. Il y a certaines choses que je dois cependant te dire. Alors j'ai pensé, quoi de mieux que de te les dire avec une machine à remonter le temps ?

Tout d'abord, je veux te remercier.

Merci pour avoir fait de moi l'homme que je suis aujourd'hui. Pour avoir cru en moi. Pour m'avoir supporté à chaque fois, pour m'avoir couvert d'attention, d'affection, pour m'avoir aimé comme tu n'avais jamais aimé personne d'autre. Merci pour m'avoir donné cette vie de rêves.

Merci d'être un père aussi formidable. Je pense que, parfois, j'ai été trop dur dans mes paroles ou je n'en ai pas dit assez, mais toi, tu n'as jamais failli. Ton esprit n'a jamais faibli, ton cœur n'a jamais cessé de prendre soin de ceux qui t'entourent.

Quel magnifique cadeau tu as été.

Tu sais que je t'aime et je ne pense pas pouvoir écrire beaucoup sur le sujet sans me mettre à pleurer et je ne veux pas que tu me trouves ici. Tu es en train de faire un ragoût. Ça sent délicieusement bon.

Je t'aime et je t'ai aimé dans toutes mes vies, de toutes les manières possibles.

J'espère que je t'ai donné ne serait-ce qu'une fraction de tout ce bonheur que toi tu m'as donné ces cinquante dernières années.

Je ne pense pas qu'il m'aurait été possible de te dire au revoir, à toi, en premier. Je ne peux tout simplement pas imaginer une vie sans toi.

Et croire à une vie après la mort, c'est bien, juste pour te revoir encore.

J'ai flâné pendant cinquante longues années dans ton âme, et je n'y ai jamais trouvé la même fleur à deux reprises.

T'aimant pour toujours, flânant sans cesse et éternellement tien,

Derek

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Stiles laisse les larmes couler sur ses joues et serre l'enveloppe entre ses doigts tandis qu'il ouvre le premier tiroir du bureau.

Des piles et des piles de lettres non ouvertes.

Certaines d'entre elles sont vieilles et jaunies par le temps, elles lui sont toutes adressées.

Des centaines, il doit y avoir des centaines de lettres d'amour, que Derek a laissé pour lui.

Il ouvre le deuxième tiroir : il y en a encore d'autres.

Le troisième, le quatrième, des piles, encore et encore, serrées pour être contenues.

Il a vraiment dû attendre toute sa vie pour trouver son coffre rempli de lettres et il peut à peine tenir debout tant les larmes lui brouillent la vue.

Il se baisse et s'assoit sur le sol, la dernière lettre de Derek pressée contre ses lèvres tremblantes.

Derek et lui parlaient le même langage disparu, Derek et lui partageaient le même espace-temps, une chose qui ne se produit jamais qu'une seule et unique fois dans toute une vie.

Et croire au destin, croire en l'amour et en la foi c'est bien, juste pour le revoir encore.


Eh oui, ça y est, c'est la fin.

Je me perturbe toute seule quand je traduis des chapitres pareils.

J'espère que vous avez aimé cette fic, moi elle m'a assassinée...! Dites-moi donc, qu'avez-vous pensé de la fin ? Je l'avais notée "happy end", comme l'auteure, mais c'est quand même triste dans un sens :o

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Je vous remercie tous et toutes d'avoir suivi cette traduction, merci pour vos reviews aussi 3 l'histoire a beau ne pas être de moi, je les apprécie tout de même énormément x3

Je voulais aussi remercier ma fabuleuse bêta et meilleure amie, parce que sans toi il y aurait encore des fautes : fishy-chan18, wuv you !

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Petite note à part : il y a quelques temps, une guest m'a demandé si j'avais moi-même déjà entretenu une relation épistolaire : oui. J'ai toujours été fascinée par la correspondance en général alors, cette fic, ça a été un véritable déclic pour moi. Après l'avoir lue, je me suis mise à envoyer des lettres à mes amis, j'ai trouvé un nouveau correspondant (j'en avais déjà un~)..! Si jamais ça vous intéresse vous aussi, je serais ravie de vous donner quelques sites qui m'ont été utiles ;3