Bon, bon, bon... Me revoilà avec une histoire à rallonge que j'écris à l'occasion du NaNoWriMo 2017 (National Novel Writing Month, un défi consistant à écrire 50 000 mots pendant tout le mois de novembre). Je n'ai donc pas terminé d'écrire l'histoire mais j'ai 6 (longs) chapitres d'avance et, si tout va bien, tout sera terminé ou presque le 30 novembre.

C'est une Sastiel, je trouve qu'il y en a trop peu par rapport au fandom anglais donc j'ai voulu me lancer :)

Avant de lire ce premier chapitre, il vaut mieux lire mon OS "Autour d'un café", c'est en quelque sorte un prologue dont j'ai voulu écrire la suite. Mais vous pouvez très bien démarrer directement par cette histoire, sachez seulement que Castiel a embrassé Sam quelques années plus tôt.

Titre : Back in Black (j'avais une super playlist pleine de AC/DC pour écrire)

Paiting : Sam/Castiel

Rating : T

Disclaimer : Rien ne m'appartient sinon Gabriel serait vivant.

Spoiler : Alors l'histoire se déroule après l'épisode 04 de la saison 13 donc ça spoile... tout le reste ha ha ! C'est mieux d'avoir vu les premiers épisodes de la saison 13 sinon vous n'allez pas trop comprendre je pense. Du coup, prenez cette histoire comme une alternative à la saison 13.

J'ai tout relu mais il peut rester des fautes.

Oh et un gros, gros merci à Loufok pour son aide et ses idées (autant vous dire qu'on a brainstormé un moment) !

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 01

Dean se laissa aller contre le dossier de son lit et ramena l'ordinateur sur ses genoux. Il tapota sur les touches quelques minutes puis trouva enfin un site lui permettant de regarder la dernière saison de « La clinique des Cœurs brisés » gratuitement. Il attrapa sa bière sur la table de nuit et en but une longue gorgée avec satisfaction alors que le générique retentissait dans le casque sur ses oreilles. Il poussa un soupir et se laissa happer par les problèmes de la très belle docteur Picolo dont la sœur jumelle, morte dans ses bras lors d'un accident d'avion sur le parking de l'hôpital, revenait la hanter. Ce genre de petits plaisirs, comme une soirée tranquille au bunker, était d'autant plus appréciés qu'ils étaient rares.

Il avait laissé Sam, Castiel et Jack dans la chambre de Sam où ils s'étaient réunis pour regarder un quelconque blockbuster de super-héros dont Dean aurait été ravi, en temps normal, de regarder. Cependant, il ne faisait pas confiance à Jack de manière générale et il en voulait à Castiel de prendre son parti et celui de Sam. Malgré tout, il faisait l'effort de se montrer aimable avec l'ange, revenu d'entre les morts depuis peu, et Castiel n'y voyait que du feu. Seul Sam n'était pas dupe mais Dean n'était pas d'humeur à se disputer avec son frère. Pas encore. Quand le monde brûlait mais qu'il avait de bon rapport avec Sam, alors tout allait bien, mais s'il se disputait avec Sam alors le monde lui paraissait bien noir quand bien même tout allait bien autour de lui. Il s'en voulait d'être si dépendant de ses bons rapports avec son frère mais c'était ainsi. Or, ça faisait des semaines qu'ils ne cessaient de se hurler dessus, parfois jusqu'à deux fois par jour, à propos de ce maudit nephilim qui, même sans rien faire, leur apportait un paquet de problème. De toute façon, Dean avait conscience qu'il traversait une période de dépression à laquelle il essayait le plus possible de ne pas penser.

Seule la présence de Castiel avait apaisé leurs tensions mais Dean préférait s'isoler pour profiter de sa solitude de temps en temps. De plus en plus souvent cela dit. D'ailleurs, il avait déjà prévu sa soirée du lendemain, ce qui lui éviterait une fois de plus de trouver une excuse toute prête pour fuir leur compagnie : un concert de rock dans une ville à cinq petites heures de route d'ici. Il partirait tôt le lendemain matin, dormirait dans un motel et reviendrait dans deux jours. Cette petite coupure lui ferait beaucoup de bien. Un peu égoïstement, il n'avait rien dit à Sam, ni à Cas' et avait prévu de laisser un mot sur la table de la cuisine le lendemain matin. Il n'avait pas spécialement envie d'avoir à expliquer qu'il se sentait de trop dans le bunker puisque tout le monde avait décidé de prendre le parti de Lucifer Junior.

D'ailleurs, sa résolution de boire moins d'alcool était tombé à l'eau. Littéralement. Il renifla, attrapa une nouvelle bouteille de bière et s'installa plus confortablement sur son lit et passa à l'épisode suivant.


Le lendemain matin, ce fut la sonnerie un peu stridente du vieux réveil qui réveilla Dean en sursaut, au bout milieu d'un rêve. Il l'éteignit à tâtons, grogna, et se retourna en rabattant la couette sur sa tête, se demandant vaguement pourquoi il avait voulu se lever tôt. Quelques secondes plus tard, il dormait. Fort heureusement, avant de tomber endormi sur l'épisode cinq de la nouvelle saison de « La clinique des Cœurs Brisés », il avait programmé le réveil de son smartphone pour qu'il sonne dix minutes plus tard. C'est donc avec un nouveau sursaut que Dean se réveilla et chercha son téléphone. Quand il vit « Concert. Ce soir, 20h » inscrit sur l'écran, il se souvint de son programme de la journée et se força à se réveiller. Il bailla à s'en décrocher la mâchoire et étira chacun de ses membres endolories puis rabattit la couette pour sortir de son lit.

Il commença par prendre une longue douche chaude et enfila des vêtements propres. Il examina son reflet dans le miroir et se trouva fatigué. Pas seulement physiquement mais moralement, ce qui n'avait rien d'étonnant vu la vie qu'il menait. Il soupira un instant et ouvrit un tiroir d'où il tira une crème hydratante achetée un jour où il enquêtait seul et l'appliqua sur son visage avec des gestes précautionneux ainsi que le lui avait dit la très jolie vendeuse. Bon, d'accord, la vendeuse était la cause principale de son achat mais il devait bien avouer que prendre un peu soin de lui n'était pas du luxe.

Comme prévu, il laissa un bref mot sur la table de la cuisine pour Sam et Castiel, avala une tasse de café à la va-vite et se prépara un sandwich au bacon qu'il emporta dans l'Impala.

Lui, l'Impala, un sandwich et une bonne playlist de vieux rock. Que demander de plus ? Il entra dans le garage, ouvrit la voiture, démarra et sourit en entendant son ronronnement habituel.


Sam fut, lui aussi, réveillé en plein milieu d'un rêve d'où il s'extirpa avec un grognement audible en se demandant vaguement où il se trouvait et qui le secouait ainsi.

– Sam !

Castiel le secouait doucement. Sam écarta les cheveux qui lui tombaient devant les yeux et fit face à son ami.

– Cas', marmonna Sam. Un problème avec Jack ?

– Non, Jack va bien, le rassura Castiel. Il regarde un dessin animé impliquant des humains à la peau jaune et de grands yeux.

Sam mit plusieurs minutes à comprendre qu'il parlait des Simpson. En revanche, Castiel lui montra un mot écrit à la va-vite de la main de Dean expliquant qu'il passerait la journée et la nuit dehors à cause d'un concert de rock dans l'état voisin.

– Il n'a rien dit, dit Castiel en retournant la feuille de papier entre ses mains comme s'il la soupçonnait d'être ensorcelée.

Sam haussa les épaules et soupira. Dean et lui avaient des relations très compliquées pour le moment. Il en restait éveillé des heures entières la nuit. Il avait bien tenté de parler à Dean mais ça se terminait généralement par des éclats de voix et par Castiel qui se plaçait entre eux deux avec un ton sec pour qu'ils se calment. Sam ne s'étonnait pas que Dean veuille s'éloigner même si ce simple mot écrit vite fait sur un bout de papier lui contractait les entrailles. Il détestait se fâcher contre son grand frère.

– Il a besoin d'être un peu seul, Cas', expliqua Sam. Nous ne sommes pas en très bon terme ces derniers temps…

Sam laissa sa phrase en suspend, après tout, Castiel était bien au courant.

– Je crois qu'il m'en veut de ne pas le soutenir concernant…

Castiel se tut, sentant probablement que Jack n'était pas loin. Et c'était le cas, le jeune homme passa devant la chambre de Sam et s'y arrêta, l'air mal à l'aise.

– Je voulais boire du café mais je ne sais pas comment fonctionne la machine qui en fait, expliqua t-il.

Sam eut un sourire.

– Je vais venir te montrer, je prends juste une douche et…

– Je vais le faire, Sam, coupa Castiel. Je sais le faire, ajouta-t-il avec une pointe de fierté.

Sam sourit franchement cette fois-ci et donna une tape amicale sur l'épaule de Castiel. Puis, il prit des vêtements propres et fila se doucher.

Lorsqu'il revint dans la cuisine, une demi-heure plus tard, Sam trouva Castiel et Jack dans la cuisine. Un pot de miel était ouvert sur le plan de travail, ainsi qu'un paquet de café colombien qui se répandait à moitié par terre. Apparemment, un ange du Seigneur et un néphilim n'étaient pas entièrement habilité à faire fonctionner la cafetière.

– Tu as réussi ? demanda Sam en refermant le pot de miel.

– J'ai réussi, Sam, même s'il a fallu plusieurs essais…

Castiel fronça les sourcils en observant le paquet de café ouvert.

– Et le miel ? questionna Sam.

– J'ai voulu faire goûter ça à Jack, expliqua l'ange en rangeant le pot dans un placard au dessus du plan de travail. C'est un des plus merveilleux mets de cette planète.

– J'ai adoré ça, ajouta Jack qui mangeait un bol de céréale.

Castiel le regarda avec fierté et Sam se mordit la langue pour ne pas rire. Il devait bien avouer qu'ils étaient de bien meilleures compagnies que Dean. En pensant à Dean, Sam sortit son téléphone et regarda l'écran dans l'espoir, peut-être, de voir apparaître un message de son grand frère. Mais rien. Sam ouvrit ses messages et envoya un énième SMS : « Dean, ça va ? » qui s'ajouta aux deux autres qu'il avait envoyé depuis son réveil.

« Quelle tête de mule », pensa Sam en rangeant son téléphone dans la poche.


Dean regarda le message de son petit frère tout en avalant la dernière bouchée de son sandwich. Il s'était arrêté sur une aire d'autoroute et profitait de la fraîcheur de l'automne pour se dégourdir les jambes. Sam lui avait envoyé trois messages en une heure et demi et un peu bêtement, il ne voulait pas lui répondre. Il avait besoin de souffler un peu. Il soupira et remonta le col de sa vieille veste de cuir élimée avant de remonter dans l'Impala et de rouler.

Il arriva dans la ville de Twinbrook en fin de matinée et gara l'Impala sur le parking de l'hôtel. Il monta ensuite à la réception avec son sac afin de demander les clés de sa chambre. Il avait choisi un hôtel au lieu d'un motel pourri pour la bonne et simple raison qu'il s'était décidé un peu tard et que les fans avaient pris d'assaut tout ce qui était bas de gamme dans cette ville. Cela dit, il ne s'en plaignait pas, la chambre était simple et propre et il pourrait même prendre un bon bain. Un peu machinalement, il attrapa son téléphone dans la poche arrière de son jean et consulta ses messages. Pendant un instant, il fut sur le point de dire à Sammy de ne pas s'inquiéter mais il n'en fit rien. Il laissa l'appareil sur la table de nuit et se laissa tomber sur le lit en grognant de satisfaction. Il pourrait faire une petite sieste par exemple…

Dean se réveilla quand son portable se mit à vibrer et sonner. Il s'était endormi sur le ventre et roula sur le dos en grimaçant parce que sa nuque était devenue douloureuse. Il attrapa son téléphone et vit un appel de Sam. Il hésita puis appuya sur le bouton rouge avant de rédiger un message.

« Je suis à Twinbrook. J'ai juste besoin de souffler un peu, je reviens demain. »

Il l'envoyer et rangea son téléphone dans la poche arrière de son jean puis prit sa veste en cuir et sortit. L'air frais lui fit du bien et acheva de le réveiller, mais il avait quand même besoin d'un café et d'un bon repas.

Le concert avait lieu à vingt-et-une heures mais Dean décida d'aller boire un verre au bar d'à côté. Après tout, un concert de rock s'appréciait toujours mieux après une ou deux bières bien fraîches. C'est là qu'il remarqua une jeune fille assise quelques mètres plus loin, dégustant un cocktail rouge dans un haut verre d'où dépassait une petite ombrelle. Elle était plutôt petite et voluptueuse, ses cheveux coupés au carré, d'un blond polaire. Elle portait une chemise à carreaux aux manches retroussées sur ses bras dont l'un était tatoué. Dean hésita un peu. Ça n'était pas son type de femme mais après tout pourquoi pas ? Il pouvait bien discuter un peu si elle le voulait bien.

– Salut, dit-il en souriant. Je peux vous offrir un verre ?

La jeune tourna la tête vers lui et le jaugea de haut en bas.

– Pourquoi pas, dit-elle d'un ton un peu méfiant.

Dean s'approcha et héla le serveur.

– La demoiselle prendra... euh...

Il jaugea le cocktail rouge en se demandant vaguement ce que c'était.

– Disons qu'un margarita fraise ira, répondit la jeune femme en souriant.

– Et une bière pour moi, ajouta Dean.


Dean ressortit du concert un grand sourire aux lèvres, les oreilles bourdonnantes et discutait avec animation avec son voisin qu'il ne connaissait absolument pas mais qui était un gars très sympathique avec de bons goûts musicaux et qui s'appelait James. En plus de ça, il avait prévu de retrouver la jeune femme du bar d'ici une vingtaine de minutes pour boire un dernier verre et plus si affinité.

– Et là il a sauté dans la foule ! dit le dénommé James.

– Non ?!

– Si, je te promet ! On a tous retenu notre souffle et là…

Alors que James lui racontait avidement son concert du groupe Boston, il fut interrompu par trois hommes en costume qui s'approchèrent d'eux. Dean se retourna et fronça les sourcils alors que le plus petit d'entre eux s'adressa à lui.

– Veuillez m'excuser, messieurs, mais le chanteur du groupe a remarqué votre grand enthousiasme lors d'un concert et souhaiterait vous inviter en backstage, annonça l'homme avec un grand sourire.

James lança un regard à Dean et acquiesça avec vigueur.

– Ça marche pour moi, tu viens ? ajouta-t-il à l'intention de Dean.

Dean hésita, méfiant par nature et à cause de son travail. En plus de ça, une jolie jeune femme l'attendait dans un bar non loin de là. Cela dit, il ne voyait pas ce qui pourrait mal tourner à prendre juste un petit verre avec un groupe dont il avait apprécié la musique.

– Pourquoi pas, sourit le chasseur.

Ils repartirent dans la salle de concert, la retraversèrent en sens inverse et prirent une porte gardée par deux gorilles puis longèrent un couloir. A côté de lui, son tout nouvel ami James, dont Dean ne connaissait d'ailleurs que le nom, discutait des meilleurs moments du concert avec ce qui était visiblement le manager du groupe. Ils finirent par arriver devant une porte recouverte d'un vieux poster qu'un des garde poussa et ils entrèrent dans une salle où régnait sexe, drogues et rock'n roll de façon très littérale. Dean ne s'attendait pas à ça et fronça les sourcils quand le chanteur s'approcha de lui : un type grand et maigre avec de longs cheveux noirs et des tatouages partout et jusque dans le cou.

– Hey ! Comment ça va, mon pote ? lança t-il d'une voix éraillée en prenant Dean par l'épaule.

Mon pote ? Dean n'avait pas vraiment l'habitude qu'on soit si familier avec lui.

– Très bien merci. Votre concert était génial, dit Dean avec un sourire un peu crispé.

– C'est toujours mieux de faire bonne impression, rétorqua le chanteur en lui mettant un verre de vodka dans les mains.

– A la notre les gars ? dit la guitariste – une femme avec les cheveux rouges foncés – en levant son verre.

James et Dean levèrent également leur verre, trinquèrent avec le groupe et burent cul sec.

– C'était bon, Dean ? demanda le batteur quand le chasseur s'assit près de lui.

Dean ôta sa veste qui lui tenait bien trop chaud et se laissa aller contre le dossier du fauteuil. Cette vodka devait être particulièrement forte puisque sa tête commença à tourner assez fortement. Il se passa une main sur le visage et fixa le batteur.

– Comment savez-vous mon nom ? demanda-t-il.

– Tout le monde connaît les célèbres frères Winchester en Enfer, lança t-il en riant.

– Les… quoi ? En Enfer ?

La tête de Dean était de plus en plus brumeuse et sa vue se brouilla un peu, mais pas assez pour ne pas remarquer que toutes les personnes dans cette pièce avaient les yeux d'un noir d'ébène.

– Des démons… marmonna-t-il en tentant de se lever. Qu'est-ce que vous avez mis dans mon verre ?

Ils éclatèrent de rire et quelqu'un lui asséna un grand coup sur la tête. La douleur lui donna la nausée et, après ça, il sombra définitivement dans l'inconscience.


Sam étouffa un bâillement. Il tentait, tant bien que mal, d'aider Jack à s'entraîner mais jusqu'à présent, il n'obtenait aucun résultat.

– Ce n'est pas grave, Jack, dit Castiel. On essaiera plus tard.

– Je suis désolé, murmura Jack.

– Tu n'as pas à être désolé, rétorqua Sam en souriant.

– Je n'y arrive que quand je suis en colère, lâcha Jack, visiblement frustré. Pourquoi ?

– La colère est un conducteur puissant, expliqua Castiel. On perd toute inhibition quand on est en colère et ça explique que tes pouvoirs se manifestent à ce moment-là. Mais ne t'inquiète pas, tu es jeune… Tu es né depuis…

– Deux semaines et quatorze heures, répondit Jack.

Castiel et Sam échangèrent un regard.

– … alors c'est normal que tu ais du mal, conclu l'ange.

Sam hocha la tête et sortit le téléphone de sa poche. Il venait de recevoir un message de Dean.

« Je suis à Twinbrook. J'ai juste besoin de souffler un peu, je reviens demain. »

Sam soupira. Si Dean voulait souffler il n'allait pas le blâmer pour ça, lui-même, il devait bien l'avouer, était soulagé de savoir son frère loin. Toutes ces innombrables disputes étaient épuisantes. Castiel l'interrogea du regard.

– Dean est bien arrivé, dit-il.

– Dean est parti ? Demanda Jack les sourcils froncés.

– Il voulait assister à un concert, expliqua Sam.

Jack sembla un peu confus.

– Qu'est-ce que c'est un concert ?

Sam sourit.

– Un endroit où des gens se réunissent pour écouter d'autres gens jouer de la musique, expliqua Castiel.

– Il est parti à cause de moi ? demanda néanmoins Jack.

– Non, Jack. Dean est parti parce qu'il voulait changer d'air et écouter un peu de musique, lui assura Sam.

Jack ne parut pas convaincu mais n'insista pas. Ils se remirent alors au travail jusqu'à la fin de l'après-midi. Jack arrivait désormais à faire bouger quelques objets mais rien de plus. C'était toujours mieux que rien.

La fin de l'automne approchait et le soleil se couchait tôt. Dehors, la brume arriva avec la nuit froide, recouvrant le tapis de feuilles au sol d'une fine couche de givre blanche et brillante. Sam partit chercher quelques hamburgers dans la ville d'à côté pour le dîner et revint rapidement. Dean ne lui avait pas envoyé d'autres messages et il n'eut plus aucune nouvelle de toute la soirée, puis de toute la journée du lendemain.

Sam commença à être inquiet quand, dans la matinée suivante, son frère n'était toujours pas rentré. Castiel faisait les cent pas dans le bunker faute de mieux, puisqu'il ne pouvait pas localiser Dean à cause des signes qu'il avait gravé sur ses côtes quelques années plus tôt. Son frère ne répondait ni aux messages, ni au téléphone et sans être paranoïaque, Sam ne pouvait s'empêcher d'imaginer qu'une saloperie lui était tombé dessus.

– Toujours rien, soupira Castiel.

Et il recommença à faire les cents pas. Sam soupira. Il était inquiet, tout comme Castiel, mais l'ange semblait vraiment nerveux. Depuis quelques temps, Sam avait recommencé à penser à Cas' d'une façon différente d'un meilleur ami, quelque chose de plus que ça. Et ça, ça lui faisait mal.

Sam aimait Castiel depuis… longtemps. Depuis ce jour, il y a trois ans, où, après une chasse étrange impliquant quelques cercles de culture, Castiel avait embrassé Sam. Ce baiser, Sam ne s'y attendait pas et il était resté une semaine à cogiter intensément tandis que l'ange restait obstinément loin d'eux.

Après ça, ils n'en avaient jamais reparlé. Entre Abaddon, Dean devenu un démon, Crowley et sa mère, le énième retour de Lucifer, Amara et les Hommes de Lettres britanniques, la vie avait toujours eu beaucoup plus important et tragique à leur proposer, si bien que Sam avait enfouit cet événement au fin fond de son esprit. Sans compter que Sam était pratiquement sûr que Castiel regrettait ce baiser. Peut-être qu'il avait voulu faire comme un personnage vu à la télévision et que ça lui avait déplu ? Plus le temps passait et moins Sam avait envie de lui en reparler.

– Dean a peut-être… rencontré quelqu'un en route ? suggéra Sam.

– Comme un démon ? questionna Castiel les sourcils froncés.

– Ou une fille.

Castiel parut perplexe.

– Je ne savais pas que les femmes pouvaient être dangereuses, dit-il finalement.

Sam eut un sourire franchement malgré son inquiétude.

– Non, Cas', je veux dire que si Dean a trouvé une conquête en route, il a pu prendre plus de temps, expliqua t-il.

– Sans te donner de nouvelles ? demanda Castiel.

Sam se mordit la lèvre et soupira. Dean et lui étaient parfois restés des jours sans se donner de nouvelles, sans compter ses années à Stanford où il n'avait pas parlé à sa famille pendant plusieurs années.

– Je ne sais pas, avoua t-il.

Castiel fut sur le point de répondre quand quelqu'un tapa vigoureusement à la porte. Sam sursauta et se précipita dans l'escalier qui menait à la porte d'entrée, Castiel sur ses talons. Le chasseur attrapa une arme et la chargea, prêt à tirer si ce n'était pas Dean. D'autres coups retentirent et Sam se colla au mur, la main tendue vers la poignée de la porte.

– Vous allez m'ouvrir oui ou non ? beugla une voix que Sam n'avait plus entendu depuis des années.

Il échangea un regard avec Castiel qui tenait encore sa lame d'ange dans sa main droite. Sam ouvrit alors la porte et se retrouva nez à nez avec…

– Bobby ? dit-il dans un souffle.


J'espère que vous avez aimé ce premier chapitre, n'hésitez pas à me laisser une review, je vous remercierais en cookies !

A la semaine prochaine (je publierais tous les jeudi) pour la suite :)