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La vérité est en nous

1

Ce soir-là, Dana n'en pouvait plus. Elle pleurait déjà depuis des heures, des jours en fait, et elle était épuisée. Ses yeux la brûlaient, elle n'avait rien mangé de la journée et n'arrivait même pas à sortir du canapé, où elle s'était effondrée en rentrant chez elle, pour aller se coucher. Elle ne faisait que cela ces derniers temps : travailler en pilote automatique, passer sa soirée à pleurer toutes les larmes de son corps, s'effondrer dans son lit aux petites heures du jour et recommencer. Elle ne savait pas à quand remontait son dernier vrai repas mais elle savait qu'elle n'avait pas eu une seule nuit correcte depuis ce jour-là, depuis qu'elle avait dû le laisser. Des images de William lui traversèrent l'esprit, elle sentit même son odeur avec une intensité qui lui arracha un cri rauque tant sa gorge était à vif.

Au même moment, son interphone retentit. Elle n'eut pas le courage ni même la force de se lever pour aller répondre. Et qu'importe, elle ne voulait voir personne. Quelques minutes plus tard, on frappa à sa porte.

« Scully ? Scully, c'est Monica, Monica Reyes. Je sais que vous êtes là, ouvrez-moi ! »

Dana réussit péniblement à se mettre debout pour aller ouvrir à l'agent Reyes. Non pas qu'elle eut envie de la voir, pas plus que qui que ce soit, mais Reyes avait toujours été là pour elle. Elle était également très attachée à William depuis le premier jour. Après tout, elle avait aidé à le mettre au monde. Dana savait qu'elle avait elle aussi été très affectée de son départ et ne se sentait pas le droit de la renvoyer sans un mot.

Elle ouvrit donc la porte. Aucun mot n'eut besoin d'être échangé, juste un regard et Monica la prit par la main, l'emmena jusqu'au canapé, l'assit à côté d'elle et la prit dans ses bras. Elle la berça doucement, comme on bercerait un enfant. Dana sentit les larmes monter de tant de tendresse et de compréhension silencieuse. Ayant déjà versé toutes celles qu'elle pouvait verser, elle ferma les yeux et se laissa aller. Comme c'était bon. La brune dégageait une impression étonnante qui envahissait tous ses sens. Monica sentait si bon, les épices et l'encens. Comme l'église de son enfance, où elle se réfugiait souvent, parce que Dieu était là et l'écoutait. Elle retrouvait ce sentiment de sérénité dans ses bras. Elle était comme dans un cocon de douceur, au chaud, protégée. Là, rien ni personne ne pourrait lui faire du mal.

Dieu, comme cela faisait du bien. Enfin quelqu'un qui ne lui demandait pas pourquoi, qui ne la jugeait pas, qui ne la regardait pas avec pitié. Monica était juste là pour elle et semblait savoir exactement ce dont elle avait besoin en ce moment précis. Peut-être mieux qu'elle-même. En effet, elle aurait juré, il y a quelques minutes, qu'elle voulait absolument rester seule. Et, pourtant, elle ne souhaitait qu'une chose en ce moment précis, que surtout Monica ne bouge pas et la garde ainsi le plus longtemps possible.

Les paupières de Dana s'alourdirent, elle sentit avec bonheur le sommeil la gagner.

« Venez », dit Monica en l'aidant à se lever.

Elle l'accompagna dans la chambre et l'aida à enlever ses chaussures et son pantalon. Elle souleva la couette et l'allongea doucement. Elle se mit ensuite elle aussi à l'aise, rejoignit Dana et se lova derrière elle en l'enserrant d'un bras. En paix, enfin, Dana s'endormit sur un soupir.