DERRIERE LE SCRIPT.

Note de l'auteur : dans mon histoire, les deux hommes ne sont pas mariés et n'ont que des relations passagères avec quelques femmes. C'est un parti pris pour les besoins de la fiction ?

« - Coupez ! »

Le clap retentit et James put enfin se lever. Il adorait son personnage. Charles Xavier était quelqu'un de fort. Pas seulement d'un point de vue mutant mais d'un point de vue mental. Il était déchiré entre la belle Mystique interprétée par Jennifer et Magneto, le personnage de Michael. Il étira ses membre endoloris. Ils avaient beau faire des pauses, être assis la plupart du temps était éreintant. Michael était là aussi. Ils venaient d'interpréter une scène du futur film X-Men Phoenix où les deux enn-ami se battaient. Tout comme leurs personnages l'étaient, James et Michael étaient amis. Un peu comme des frères. Tous deux européens (ou d'origine européenne), ils se comprenaient et avaient beaucoup de points communs.

James ouvrit sa veste et l'ôta. Il faisait vraiment chaud dans le studio. Il se rendit dans sa loge dans la ferme intention de prendre une douche. La porte où figurait leur deux noms était ouverte. Il jeta sa veste sur le sofa rouge. Puis il se pencha sur la table où était posé un miroir. Ses traits étaient tirés car il dormait peu. Cela s'en ressentait d'autant plus que son teint penchait vers le livide. A tel point que la maquilleuse avait dû forcer sur le fond de teint pour lui donner un air normal. Il déboutonna sa chemise blanche. Son torse imberbe finement musclé transpirait légèrement. Foutu costume en synthétique. Il préférait largement les costume en coton qui laissait la peau respirer. Puis son regard fut encore attiré par ses cheveux qui brillaient par leurs absences justement. Pour les besoins du tournage précédent, il avait dû se raser le crâne. Pas que cela le dérangeait outre-mesure mais c'était assez étrange et il ne s'y habituait pas vraiment. A l'époque, il était persuadé que cela marquerait la fin de sa carrière mais cela eut l'effet inverse, sa côte de popularité avait grimpé en flèche. Il passa ses deux mains sur sa tête en fermant les yeux. Un mal de tête pointait le bout de son nez …

« - James, habille-toi ou déshabille-toi mais choisit parce que tu vas finir par attraper froid. »

Ledit James sursauta. Il n'avait pas entendu Michael rentrer. Ce dernier commença à retirer son costume lie-de-vin.

« - Tu n'as pas chaud avec tout ton attirail ? demanda l'écossais.

- A un point, tu ne peux pas imaginer ! ».

Il finit par investir la salle de douche. L'eau se mit à couler et James en profita pour préparer ses affaires. Il prendrait une douche chez lui finalement. Il ne pouvait attendre car il avait encore mille choses à faire avant de se rendre à la soirée du Ellen DeGeneres Show prévu le soir même.

« - Michael ? »

Seul le bruit de l'eau se fit entendre dans la pièce d'à côté. James dépassa la porte entrouverte et tapota sur la vitre de la douche où l'acteur d'origine germanique se détendait sous la cascade d'eau chaude. L'humidité de la pièce étouffait un peu James. Quand Michael se rendit compte de la présence de son cadet, il ouvrit légèrement la porte vitrée et y passa la tête.

« - Hum ?

- Je venais te dire que j'y allais. On se retrouve ce soir ?

- Oui oui vas-y ! »

Michael lui rendit un sourire immense comme il en avait le secret et alors que James allait quitter la pièce, Michael l'interpella.

« - Tu t'habilles comment ce soir ? »

La question étonna quelque peu James mais il y répondit.

« - J'avais prévu un jean et un col-v violet. Pourquoi ?

- Je voulais que nos tenus soit accordée. Que l'un ne soit pas sur ses grands chevaux et pas l'autre. »

Michael passa une main dans ses cheveux courts et ondulés.

« - Du coup, c'est décontracté. Dit-il toujours le sourire au bec.

- Tu préfères plus habiller ? demanda James pour ne pas imposer son choix.

- Non c'est parfait, ça sera plus sympa. Et puis c'est le Ellen Show ! Le costume jurerait avec l'ambiance ! ».

Puis il rentra dans la douche et James quitta les studios pour retrouver son appartement. L'ensemble était assez épuré dans un style cocoon. Il se rendit dans sa chambre dont le lit était encore défait. La fille avec qui il avait passé la nuit lui avait laisser son numéro tracé au rouge à lèvre rouge sur le miroir de sa salle de bain. Je vais encore devoir frotter … pensa-t-il. Il sortit les vêtements prévus pour la soirée et retourna au salon. Il fit un brin de ménage avant de se préparer un déjeuner léger. Il n'avait pas très faim ces deniers temps … Puis il passa l'après-midi à faire les choses qu'il avait prévu de faire. Une fois de retour chez lui, il commença à se préparer. Déjà, il n'était pas dans les temps. Il se déshabilla en vitesse lançant les vêtements sur son lit. Sa douche se fit de façon express, à tel point qu'il chuta à la sortie ! lorsqu'il posa son pied au sol, il sentit le sol se dérober sous lui et dans la chute, il se cogna la tête contre le rebord du lavabo. L'obscurité l'entoura et il perdit connaissance. Il se réveilla deux heures plus tard. Il avait froid et une douleur lui vrillait le crâne. Depuis combien de temps comatait-il ici ? Il se redressa lentement mais il dut renoncer à le faire tant le sol tournait. Quelle heure était-il ? il ne pouvait pas le savoir et cela le fit paniquer davantage. Il porta sa main au front. Il y avait un peu de sang mais cela ne semblait pas brisé. C'était certain, il lui faudrait des points de suture. Le froid lui mordait le corps et sa nudité forcée ne le protègerait pas davantage. Il tendit le bras pour toucher le rebord du lavabo. L'effort lui fit tourner la tête et il se dépêcha de pousser son téléphone pour le faire tomber. Sans succès. Même si ses doigts touchaient l'un des rebords du téléphones, il n'arrivait pas à le faire bouger. Il se saisit donc de sa serviette et s'en servant comme d'une extension de son bras, il le lança à plusieurs reprises pour faire tomber l'objet.

Une fois capturé, il put voir l'heure et il manqua un battement de cœur. Il était 19h et l'émission de télévision démarrait dans une heure. Il appela Michael sans vraiment savoir pourquoi mais il avait besoin d'aide et il n'avait pas envie d'appeler les secours au risque de faire la une des tabloïdes … ou de compromettre le tournage du film. La tonalité retentit six fois avant que son ainée décroche.

« - Allo ? James ? ou es-tu ? Tu es en retard pour le débriefing ! »

La voix puissante de Michael résonna à le faire grimacer.

« - Je … J'ai un problème … Je suis dans ma salle de bain et je ne peux pas me lever …

- Tu es tombé ? et Merde ! tu as appelé les secours ?

- Je ne veux pas appeler les secours, Michael. Tu peux venir m'aider ?

- Oui bien sûre, je préviens l'agent de presse et je viens directement. La porte est ouverte ?

- Oui, elle l'est. Je t'att … ».

James reperdit connaissance, la voix de son coéquipier se perdit au loin et ce fut le néant.

James ! James ! Allez, ouvre les yeux !

PAF !

La gifle qu'il reçut le réveilla d'un coup. Il ouvrit les yeux, essoufflé et choqué. Michael était là. Il tenait son torse dans les bras et le maintenait relevé. Il sentait le chèvrefeuille. C'était étrange, il travaillait avec lui depuis plusieurs années et il ne le remarquait que maintenant. D'une main, l'acteur se saisit d'un plaid plié dans le placard et en recouvrit le corps nu de James.

« - Il faut que je te porte jusque dans ton lit.

- Ce n'est pas la peine, je vais y aller moi-même et je préfère le canapé. répondit James en tapotant l'épaule de Michael.

- Je viens de te trouver nu, inconscient sur le sol de ta salle de bain, la tête en sang. J'ai dû t'en coller une pour te réveiller ! alors va pour le canapé mais c'est moi qui t'y emmène. Mets ta fierté de côté ! »

Comme pour joindre le geste à la parole, il passa un bras sous les genoux de James et le porta au salon. Il retourna ensuite dans la chambre pour lui amener une robe de chambre noire. James perçut du mouvement dans la cuisine.

« - qui est venu avec toi ? demanda James inquiet.

- Ce n'est que moi ! dit une voix féminine. »

La belle Jennifer sorti de la cuisine avec trois tasses de thé sucré. Elle portait une jolie robe fourreau chocolat qui mettait ses courbes en valeur et faisait ressortir ses cheveux dorés. Magnifique ! C'est ce que pensa James en la voyant. Elle s'approcha pour déposer les tasses sur la table basse et vint voir James de plus près. Doucement, elle souleva les mèches de cheveux châtain clair et regarda la blessure entourées de croutes de sang.

« - et bien, ce n'est pas joli à voir. Tu vas avoir une belle bosse ! et je ne te parle pas de la douleur derrière.

- Si je sais …

- Non, James, à côté de ça, ce n'est rien d'autant que tu dois être en état de choc. »

Il la regarda dans le bleu de ses yeux et lui sourit gentiment en saisissant la tasse de thé chaude qu'elle lui tendait. Il mourrait de soif.

« - Jenn, je ne pense pas qu'il puisse boire avant d'avoir vu un médecin. »

Alors qu'elle se rendit compte de son erreur, elle reprit la tasse arrachant la porcelaine des lèvres du jeune homme. Il l'a regarda de façon alarmante.

« - Ne me regarde pas comme ça, il a raison. »

Puis Michael revint avec les vêtements prévus pour la soirée.

« - Tant pis pour le peignoir, enfile ça. On file aux urgences.

- Donne-moi le plaid, dis gentiment Jennifer. »

Elle se retourna légèrement le temps qu'il enfile les vêtements puis elle ramena le plaid dans la salle de bain et regroupa quelques affaires dans un sac de cuir à bandoulière. Michael prit le sac et le bras de James puis tous trois, ils partirent de l'appartement.

« - et le Show ? comment va-t-on faire ? Que je n'y assiste pas est une chose mais tous les trois, c'est impossible.

- Ne t'inquiète pas, lui répondit gentiment la blonde, on a prévenu l'équipe et ils se chargent de reporter l'émission. »

James fut soulagé. La main de la jeune femme sur sa joue le réconfortait. Soudain, il entendit le vrombissement de la voiture de sport de Michael, il monta dans la voiture et le reste du voyage fut assez floue. C'était assez gênant. Il alternait entre instant de lucidité et instant comateux. Mais à chaque fois qu'il tombait dans l'un de ces derniers, il recevait une petite gifle de la part de Jennifer.

« - Et James, tu restes avec nous. Parle-moi ! »

Puis s'adressant à Michael.

« - Tu peux accélérer Michael, je crois que c'est plus important que ce que l'on pensait. »

Quelques minutes plus tard, ils arrivaient à la clinique mais à peine eut-il posé le pied au sol, qu'il perdit définitivement connaissance. Il eut juste le temps d'entendre Jennifer hoqueter de peur et Michael se ruer sur lui en tendant le bras.

Bip, bip, bip, bip, bip …

Lorsqu'il rouvrit les yeux, la lumière blanche aussi faible soit-elle l'éblouit. Il grimaça en porta sa main à la tête. Sa plaie avait été nettoyé et il pouvait sentir des points de suture. Il se trouvait dans un lit d'hôpital, dans une chambre individuelle. Il regarda autour de lui mais ne vit personne. Il vit un réveil sur la table de nuit. Cela faisait trois jours qu'ils étaient arrivés et il était actuellement une heure du matin. Il sursauta quand il entendit la porte s'ouvrir. Michael entra dans la chambre avec un café. Il referma la porte le plus doucement possible avant de se retourner et de voir James éveillé.

« - Mon dieu, tu es enfin réveillé !

- Je ne me sens pas bien, Michael.

- Ce sont les médicaments et surtout l'après coup. Ne t'inquiète pas, ça va passer. Tu veux un verre d'eau ? ».

James acquiesça. Il but le verre d'une traite.

« - Il est très tôt, rendors-toi et tâche de te reposer.

- Comment tu as fait pour rester, il n'y a pas d'heure de visite ?

- Disons que quand on est connu, on obtient certains privilèges. »

Sur ces mots, Michael but son café assis dans le large fauteuil tandis que James se reposait.

James ? … James ?

Il ouvrit les yeux. James était penché sur lui. L'odeur enivrante de chèvre feuille l'enveloppa comme dans un nuage et il se focalisa sur les lèvres fines de son ami. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi cet attirance ? Surtout qu'ils étaient tous deux des hommes … La main chaude et brut de Michael lui effleura le haut du bras droit puis cette caresse se transforma en une étreinte affirmée. S'en fut trop, James posa ses lèvres sur celle de son aîné. Ce fut doux. James n'en avait jamais espéré autant. Mais quand avait-il cessé de considérer cet homme comme son ami ? Il ne s'en souvenait pas. Lorsque la langue humide et chaude de Michael caressa les lèvres pleines de James, ce dernier laissa apparaitre un sourire contre le visage de Michael et entrouvrit ses lèvres pour approfondir leurs baiser. Le germanique s'appuya davantage sur le lit se rapprochant dans le même fait du corps de James qui était nu sous sa tenue de patient. Comme si Michael avait compris le message, il descendit sa main droite sur le torse de James puis sur sa hanche et enfin, la main passa doucement sous le drapée. James sous le coup du plaisir et de la surprise, s'arracha au baiser et bascula la tête en arrière. Le plaisir le saisit et la pièce tourna autour de lui. Elle disparut totalement dans les vagues de plaisir que lui procurait Michael. Et au moment où la jouissance venait, il susurra « et toi ? » Pour toute réponse, Michael lui sourit tendrement et perdu dans ses yeux gris, James jouit.

James se réveilla en sueur. A côté de lui dans le fauteuil, Michael dormait encore. Quel était ce rêve ?! Bordel … pensa-t-il. Il regarda son entrejambe douloureux. Il était dans de beaux draps ! Il fallait qu'il se soulage avant le réveil de Michael. Il tenta de penser à quelque chose désagréable. Sa chute par exemple. Mais très vite, l'image de son corps dans les bras musclés de Michael s'imposa. Il fallait changer de méthode, d'autant qu'il ne souhait pas imaginer l'un des ses grands parents en tenu d'Eve et d'Adam. Il ra claqua la couverture et se leva tant bien que mal, évitant d'arracher un câble qui le reliait aux machines. Puis quand enfin, il réussit à se libérer, il se saisit du perchoir à perfusion et se dirigea dans la salle de douche. Le soleil était déjà haut dans le ciel et ses rayons caressaient la peau de Michael. Une image idyllique en somme. Mais il ne pouvait s'y attarder. Il referma la porte doucement et commença à se procurer du plaisir en pensant à l'homme qui se trouvait à peine à deux mètres de lui. Ses lèvres fines, ses longs cils blonds, ses grandes mains robustes, son torse fin et musclé … c'est en pensant à lui qu'il sombra dans les méandres du plaisir.

Quand Michael ouvrit les yeux, il déplia ses longues jambes et s'étira. Il fut surpris de trouver James assis droit dans son lit qui fixait le mur d'en face. Il ne peut s'empêcher de regarder à son tour le mur à la recherche d'une singularité mais rien. Un mur tout ce qu'il y a de plus normal. Il reporta son regard sur son cadet.

« - James ? »

L'écossais sursauta. Cette voix qui prononçait son nom lui donnait des frissons et des envies de meurtre !

« - Je vais bien Michael, j'ai juste un peu mal à la tête. »

Michael se leva et sans prévenir, il posa son front sur celui de James en fermant les yeux. James était stupéfié mais il ne bougea pas. Quand son ainé recula, il put enfin reprendre son souffle.

« - je vais chercher une infirmière ou un infirmier pour qu'il te voit. Je te trouve un peu rouge.

- Non ! Enfin … je veux dire … ce n'est pas la peine.

- Tu es sûre ? demanda Michael avec un sourire en coin.

- Oui, je suis certain.

- Bien, je vais chercher un petit déjeuner mangeable alors, tu dois avoir faim et je peux te dire que la nourriture qu'il propose ne te donne pas envie de rester une journée de plus. »

James hocha la tête pour acquiescer. Michael sorti de la chambre, ce qui soulagea James qui n'arrivait plus à regarder Michael dans les yeux. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que Michael s'était réveillé bien avant lui et que quand il avait joui, ses gémissements avaient dépassé le seuil de la salle de douche décrochant un sourire malicieux à celui qui feignait de dormir.

Le même sourire que quand il passa la porte de la chambre afin de chercher le petit déjeuner.