Hey !

Petit OS qui vient un peu de nul part. Comme toujours.


C'était leur maison.

Dean se réveillait toujours le premier. La tête dans les nuages. Les yeux lourds et l'esprit embrumé. Il se réveillait dans les draps un peu rêches de son lit, ceux qui sentait la lavande et l'odeur de vieux livres. Il se réveillait les jambes enroulées dans celles de son ange lorsque celui-ci avait décidé de passer la nuit avec lui - c'était l'inconvénient d'être un ange, ne pas dormir. Les bras de Castiel qui entouraient parfois sa taille, parfois ses épaules. Plus rarement, il sentait les doigts de celui-ci roulés sur sa peau, glissés dans ses cheveux ou se faire joueurs - et que Dean aimait ces matins-là.

Ils restaient là, dans la pénombre de leur chambre. À s'embrasser. À s'aimer. Parfois, ils se contentaient de s'observer silencieusement. Appréciant la chaleur de l'autre. Appréciant les quelques minutes qu'ils grapillaient. Ensembles.

Mais Dean se levait bien vite.

Il n'aimait pas resté là. Pas alors qu'il pouvait faire tellement plus en attendant - et il savait à quel point Castiel détestait ça. À quel point il aurait voulu que Dean n'appartienne qu'à lui pendant quelques minutes, quelques heures de plus.

Mais Dean se levait.

Lorsque Cas n'avait pas dormi avec lui, il le retrouvait toujours dans la cuisine, occupé à lire, à trifouiller un ordinateur ou à faire ce que font les anges lorsqu'ils passent une nuit seule dans une cuisine. Lorsqu'ils avaient dormit ensembles, Dean aimait mettre son doigt dans l'une des boucles du pantalon de Castiel pour le tirer dans son dos. L'entendre grogner qu'ils auraient put rester un peu plus longtemps au lit.

Alors débutait un ballet fait d'habitude et de complicité. Où Dean sortait la pâte à pancakes que Castiel avait préparée la veille. Où l'ange sortait les couverts et les sauces et les sucreries. Où Dean embrassait Castiel au coin de sa nuque, juste sous son oreille lorsqu'il déposait les premiers pancakes sur la table. Où l'ange posait son menton sur son épaule, ses bras autours de sa taille. Où ils se chamaillaient. Et où Cas finissait généralement avec de la pâte sur le nez.

Dean réveillait Sam après. Il toquait à la porte. Attendait le grognement fatigué avant de lui dire que le petit-déjeuner était prêt. Il y avait toujours une latence, un moment avant que Sam ne sorte de sa chambre, les yeux à demi-clos et les pas hésitants. Qu'il ne s'enferme dans la salle de bain plus loin. Sans même un bonjour.

Jack arrivait seulement quelques minutes après dans la cuisine. Il souriait toujours, parlait de ce film qu'il avait regardé la nuit, de ce nouveau site internet ou de ce forum qu'il avait rejoint. Castiel écoutait religieusement, les yeux emplit de tendresse et de fierté. Comme un parent qui observait son fils faire ses premiers pas sur le plancher du salon. Juste un pas derrière lui. Si fier. Si triste de le voir s'éloigner.

Et Sam revenait.

Disait enfin bonjour.

Alors ils s'asseyaient autours de la table. Et Dean glissait son genou contre celui de Cas. Et Sam leur jetait un regard qui brillait de bonheur alors qu'il râlait. Et Jack se contentait de sourire en fronçant des sourcils par instant. Et Cas glissait son genou contre celui de Dean. Plus proche encore.

C'était conversations futiles. Regards en biais. Amusés. Aimants. Tendres. C'était des pancakes qui refroidissaient. Qu'on inondait de sucres, de chocolat ou de sirop d'érable. Avec des morceaux de nougats.

C'était un instant hors du temps. Juste eux quatre. Un peu fatigués. Un peu tristes. Un peu heureux.

C'était les matins au bunker.

C'était leur maison.