Bonjour/bonsoir. Le temps a passé depuis ma dernière fic et après plusieurs années où l'écriture n'a pas eu beaucoup de place dans mon emploi du temps me revoilà sur le site pour recommencer mon petit bonhomme de chemin en votre compagnie.

Amoureuse des Marvel (mais pas lectrice des comics, déso pas déso) je me penche cette fois-ci sur nos Avengers préférés et la famille Stark plus particulièrement. Je m'inspire principalement de fanarts drôles trouvés sur Pinterest donc ceux qui fouinent reconnaîtront certainement. Honnêtement je ne sais pas à quelle fréquence sortiront les prochains chapitres. J'essayerai d'être régulière mais je ne promets rien, la vie étant ce qu'elle est.

Merci à ma bêta & besta Melli-Mello pour les premières lectures et la correction (parce que oui, même après dix relectures, il y a toujours des fautes qui survivent, les sales...).

Je vous souhaite une bonne lecture, à la prochaine !


La créature

Ils n'en avaient jamais parlé. Le captain avait perdu sa mère très jeune et venait d'une époque où l'homosexualité n'était pas bien perçue. Pour lui la question ne se posait même pas. Quant à Tony, sa relation conflictuelle avec son père et ses années de batifolage avec la gente féminine l'avaient vacciné d'une quelconque envie. Oh bien sûr, quand ils croisaient des familles dans la rue, ou quand leurs amis avaient commencé à mettre en place leur future descendance l'idée leur avait effleuré l'esprit. Mais ça restait enfoui quelque part dans leur tête, sans jamais traverser leurs lèvres. Pourquoi en parler alors ? Aussi, ils menaient leur vie comme bon leur semblait, chacun éprouvant une fibre paternelle pour autre chose, des histoires que Steve dessinait dans son coin quand personne ne le regardait, et les chers robots de Tony. Sans parler de Jarvis. La voix qui les accompagnait quotidiennement dans la tour était à la fois un enfant, un confident et un parent. A eux trois ils formaient une drôle de famille, mais c'était la leur et ça leur suffisait.

Ce fut donc un vrai chamboulement pour eux deux et pour leur entourage quand la créature apparut dans leur vie. Elle était arrivée on ne sait comment, la veille on n'en parlait même pas et le lendemain pouf ! Elle était en train de prendre ses aises sur le canapé d'angle du salon. C'était Steve qui avait craqué le premier. Lorsqu'il avait croisé le regard de la créature quelque chose avait explosé du côté de son cœur et il avait presque harcelé Tony au téléphone pour que celui-ci quitte son bureau pour le rejoindre et voir ce qui avait tellement marqué son compagnon. Si le captain avait été catégorique dès la première seconde, il avait fallu presque deux heures de discussion pour convaincre Iron Man. C'était une lourde responsabilité. Ça leur prendrait des années, du temps, de l'argent. Ça pouvait être dangereux avec leur vie de super héros. Et puis si Steve était une sorte de saint glacé qui ne connaissait ni le vice ni le doute, Tony était loin d'être le candidat idéal. Certes depuis qu'ils sortaient ensemble il avait fini par oublier l'alcool et les fêtes plus proches de l'orgie que de la soirée tranquille. Mais il n'en restait pas moins un génie qui avait le cerveau constamment en ébullition. Même s'il essayait de ne pas le faire trop souvent, ça lui arrivait encore de passer des nuits blanches sur ses créations, d'oublier de manger ou de se laver tellement il était emporté par ses projets. Il avait déjà du mal à s'occuper correctement de lui-même sans que son amant ou Jarvis interviennent, comment pouvait-il objectivement s'occuper de ça ? Mais Steve avait su trouver les mots, Steve trouvait toujours les mots. Et Tony avait accepté, lui aussi emporté par l'enthousiasme et l'envie de prendre soin de cette petite chose en lui donnant tout l'amour qu'il lui fallait. Peut-être qu'il n'était pas comme son père finalement. Normalement ça aurait du être bien plus long et la créature n'aurait pas pu atterrir chez eux aussi rapidement. Mais quand on s'appelait Tony Stark et qu'en plus on était marié au héros national, on pouvait se permettre d'accélérer les choses à sa guise. Bien sûr, ils devraient eux aussi passer tout les tests pour finaliser l'adoption, tout le monde était à la même enseigne, quand bien même on sauvait le pays une ou deux fois par mois. Et ils auraient également plusieurs visites durant les premiers mois pour vérifier qu'on n'oubliait pas la créature dans un coin de l'appartement. Mais ils avaient pu la prendre avec eux le jour même. Jarvis avait été très efficace comme toujours et la nuit tombée ils avaient pu coucher leur nouveau colocataire dans une chambre digne de ce nom, juste à quelques mètres de la leur. Bien entendu, les autres habitants de la tour avaient aussitôt montré leurs museaux dès leur retour et après les exclamations de Thor, les remontrances de Bruce et les menaces de Natasha tous les avaient félicité. Steve avait souri, aux anges et Tony avait été fier comme un coq, ce qui le surprenait lui-même. C'est qu'on s'attache vite à ces petites choses. Les premiers jours, ça n'avait pas été simple. La créature était un peu perdue avec tout ce qui lui était arrivé en quelques jours, et cherchait encore ses marques. Les deux hommes avaient du apprendre en peu de temps à s'occuper de tout ce qui impliquait leur colocataire : la nourriture, les pleurs, les jeux, les couches (ça, Tony s'en serait bien passé). Mais finalement, au fil des semaines tous s'acclimataient et la vie repris son cours tranquillement. On commença même à prendre des photos des moments jugés trop « chous » comme lorsque Steve donnait le bain ou que Tony se retrouvait avec de la purée de carottes dans les cheveux. On s'adaptait avec bonheur et le génie trouvait même très plaisant d'accompagner les siestes quotidiennes de la créature et dormant avec elle sur le canapé. Lui allongé comme un pacha et elle bien calée contre son torse, un bras de l'adulte la retenant au cas où. C'était justement lors d'une de ses siestes que Steve se dit qu'il faudrait sérieusement commencer à faire un album de toutes leurs photos. Son téléphone était rempli de souvenirs, il ne fallait pas laisser tous ces clichés trainer bêtement. Attendri par la scène, il s'assit dans un des fauteuils et repris son livre, attendant que ses deux hommes se réveillent. Ce fut Tony qui ouvrit un œil le premier, au bout d'un quart d'heure. Jetant un regard à la chose qui ronflait doucement sur lui, il s'amusa à toucher le petit nez de son doigt. Bientôt de grands yeux marron le fixèrent, l'air interrogateur. Tony continua son manège, allant jusqu'à chatouiller la petite chose derrière les oreilles. Des gloussements ravis lui répondirent.

- Alors comme ça on aime les chatouilles ?

Un grand sourire lui répondit.

- Mais tu es un vrai tombeur. Tu vas faire chavirer les cœurs quand tu seras plus grand ! Tu me ferais presque craquer créature.

- Tony, ce n'est pas une créature mais un enfant. Il a un prénom je te rappelle. – lui répéta pour la énième fois Steve, le nez toujours plongé dans son roman.

- Je trouve que créature lui va beaucoup mieux. Cette chose va nous surprendre, je le sens. Et puis les prénoms sont tellement surfaits de nos jours.

- Ben voyons. – soudain des gargouillis se firent entendre, Steve se leva aussitôt pour prendre le petit dans ses bras – On va vite te nourrir mon grand ! Laissons Tony l'imbécile tout seul, il l'a mérité.

- Hey ! Qui est-ce que tu traites d'imbécile ? – il se redressa aussitôt, entrant dans la cuisine à la suite du captain. – Je suis certainement l'homme le plus doué depuis que Mozart a vu le jour. Tu n'as aucun droit de me rabaisser de la sorte Rogers.

- Stark Rogers, Tony. Tu t'en rappelles ? – la tête enfouie dans le placard, en train de choisir le petit pot adéquat pour le goûter, il présenta sa main gauche d'un geste.

- Ben tiens, là tu es fier de ton mari quand il s'agit d'exhiber ton alliance. J'ai toujours su que tu n'en voulais qu'à mon fric, et mon cul.

- Tony ! Langage ! Tu ne peux pas faire un effort devant le petit ?

Le brun lança un regard goguenard à l'enfant, sagement assis dans sa chaise haute qui le regardait sans évidemment rien comprendre de la discussion. Il ébouriffa gentiment la petite touffe de cheveux bruns du garçon avant de redresser le menton, d'un air hautin.

- Ne t'en fais pas, papa Stark enseignera tout ce qu'il faut à sa progéniture. Je lui apprendrai tout ce que je sais, il fera des merveilles.

- Si tu parles de ce que je pense garde tes leçons pour toi. – Steve installa une chaise juste à côté de l'enfant et ouvrit le pot sélectionné avec attention, avant d'en tendre une cuillère pleine au bambin – Notre fils ne deviendra certainement pas un dragueur paumé comme tu l'as été, Tony.

- Il gagnera tous les prix de science. Il sera un brillant médecin ou ingénieur.

- Et s'il préférait autre chose ? Comme les arts ou la littérature ?

- Un Stark professeur ou artiste ? Drôle d'idée. Enfin ! Il pourra faire tout ce qu'il veut. Du moment qu'il ne finit pas journaliste à chercher n'importe quel scoop comme une hyène. J'ai suffisamment donné avec ce genre de personne, merci bien ! – s'exclama le génie en se vautrant sur une chaise, juste en face de Steve.

Le blond hocha la tête, lui aussi avait eu ses déboires avec la presse il y a de cela des années, et tendit une nouvelle cuillère au petit garçon affamé.

- On l'aidera dans ses choix, pour qu'il fasse le moins d'erreur possible. Aussi bien dans les études que dans les amours.

- Comment ça ? Tu ne veux pas qu'il ai de petite amie ?

- Bien sûr que si, mais je refuse qu'il nous ramène une écervelée, une fille qui ne pense qu'à l'argent… ou pire, une psychopathe !

- Qu'est-ce que tu vas imaginer là, il ira dans les meilleures écoles, on ne rencontre pas de psychopathe arriviste et vénale là-bas. Ou si peu.

- Et si jamais il avait de mauvaises fréquentations ?

- On fera attention. Jarvis le surveillera. Au pire qu'est-ce qu'on risque ? Qu'il nous ramène un jour un vieil animal blessé et à moitié fou trouvé dans la rue ? On a vu pire avec les méchants qu'on se coltine.

Steve soupira, la tête pleine de scénarios catastrophe. Il jeta un coup d'œil sévère au petit garçon qui terminait son pot.

- Qu'on ne te prenne pas à nous faire tourner en bourrique, compris Peter Parker ?

- Stark chéri, Peter Stark.