Alooooors... Hem, hem... Non contente de rallonger mes chapitres de mille mots environ à chaque fois, j'en rajoute aussi de plus en plus dans le pathos et le cliché. Ne m'envoyez pas de tomates à la figure trop vite, mais soyez prévenus : je verse à fond dans le topos du héros blessé/fiévreux/délirant, et c'est probablement... trop. Adalas, tu m'as dit que tu porterais "l'entière responsabilité de l'abondance de H/C" - c'est le moment d'assumer.

Dans le chapitre précédent, la citation en exergue était un dialogue entre Han Solo et Luke, à la fin du Retour du Jedi, quand Luke vient sauver Han des griffes de Jabba the Hutt (un de mes moments préférés dans Star Wars). Celui qui précède ce nouveau chapitre est directement lié à la grotte mystérieuse envahie par le côté obscur de la Force dans L'empire contre-attaque, et il faut que j'explique un peu mon sentiment à ce sujet. Pour moi, la grotte montre ce que redoute le personnage (par exemple Luke se bat contre Dark Vador pour se rendre compte qu'en fait, c'est lui-même, car il a peur de basculer du côté obscur) et révèle ses véritables faiblesses. Pour Spock TOS, je ne pense pas que la colère soit véritablement son "sentiment obscur" le plus marquant (contrairement à son jeune double dans le reboot). Je pense plutôt que ce serait la peur (d'être rejeté, notamment) - mais ce n'est que mon opinion, évidemment. Mais ladite opinion a quand même pas mal orienté ce qui se passe dans ce chapitre.

A Listelia (qui a commenté en guest) : merci beaucoup pour ta review enthousiaste ! J'avoue que toute seule, je n'aurais pas choisi Jim pour lui en faire baver, donc tu peux remercier Adalas pour ce changement de victime... J'espère que la suite ne te décevra pas.


Chapitre 3 : Fear Factory*

« - Y entrer tu dois.

- Qu'y a-t-il là-dedans ?

- Ce que tu y apporteras. »

Christine Chapel répondit d'un sourire aux remerciements dithyrambiques du lieutenant Riley**, qui en faisait toujours trop, et profita du fait d'être dans le hangar pour jeter un coup d'œil à l'avancée des travaux. Sous la direction de M. Scott, qui prodiguait ses instructions depuis la passerelle (elle admirait d'ailleurs qu'il fût capable de les orienter si précisément sans même avoir les dégâts sous les yeux), une douzaine de techniciens s'affairaient autour de la navette Colombus, dont les instruments de navigation avaient été paralysés par la tempête qui faisait toujours rage autour de la planète Dagobah. Christine avait été appelée une vingtaine de minutes auparavant pour venir soigner le lieutenant Riley, atteint au bras par un ressort vicieux qui, aux dires de l'intéressé, « lui avait littéralement sauté dessus », à l'indignation bruyante du docteur McCoy, tout disposé à quitter l'infirmerie pour aller voir ce qui se passait par lui-même, mais que M. Scott avait (assez peu gentiment) confiné dans son bureau.

Poursuivie par les hurlements peu amènes de son supérieur, elle s'était donc rendue sur les lieux de l'incident et avait appris de la bouche même de Riley les dommages qu'avaient subis les sept navettes spatiales d'exploration. En effet, si l'ingénieur en chef avait coupé à temps certains circuits pour éviter que le vaisseau ne subisse des dégâts difficilement réparables, il n'avait pas immédiatement pensé aux navettes. Ce n'avait été que lorsque le lieutenant Garrovick, chargé de monter une équipe de secours pour venir en aide au capitaine et au premier officier, était arrivé dans le hangar, qu'il avait constaté l'avarie. Depuis, une équipe s'occupait du Colombus, essayant par tous les moyens de remettre en marche les différentes consoles de navigation, rendues totalement inopérantes. La tempête avait diminué d'intensité et, selon les prévisions, il serait possible, d'ici quelques heures, d'envoyer un véhicule au sol – mais encore fallait-il que ledit véhicule fût opérationnel.

- On joue de malchance, conclut Riley avec un soupir de frustration. Je ne comprends pas comment cette tempête a pu causer autant de dégâts internes.

Chapel ne répondit rien, car elle n'avait pas de réconfort à apporter au lieutenant. Tout le monde à bord de l'Enterprise était plus qu'inquiet, à tel point que leur angoisse en devenait presque palpable, depuis la passerelle jusqu'à l'infirmerie, mais personne n'osait la formuler de façon claire. En recommandant à Riley de ménager son bras droit, elle le laissa retourner à son travail, et reprit de son côté le chemin de l'infirmerie.

L'idée du capitaine et de M. Spock bloqués sur la planète Dagobah, attendant désespérément des secours qui n'arrivaient pas (l'adverbe désespérément, ne put s'empêcher de se dire Christine avec un sourire un peu triste, aurait fait frémir d'indignation le premier officier, et pourtant, lorsque Kirk était en danger, il n'était pas rare que Spock, malgré son habituel contrôle, ne parvienne plus à dissimuler ses émotions), lui étreignait le cœur. Depuis presque cinq années qu'ils naviguaient ensemble, elle avait, comme la plupart des membres de l'équipage, appris à respecter et à aimer le capitaine Kirk, d'une loyauté à toute épreuve envers ses hommes. Quant à M. Spock…

Christine hocha la tête. Cinq années avaient adouci les sentiments qu'elle n'avait pourtant jamais cessé d'éprouver pour le premier officier vulcain*** et l'avaient d'une certaine façon rapprochée de lui. Le perdre maintenant, à trois mois de leur retour sur Terre, lui semblait tout simplement inimaginable.

A l'inquiétude légitime qu'elle ressentait pour ses supérieurs s'ajoutait une autre préoccupation, concernant quant à elle le médecin en chef. On était sans nouvelles des deux « naufragés », comme les appelait M. Scott, depuis maintenant près de sept heures, et le docteur McCoy avait occupé ce temps à marcher de long en large dans l'infirmerie comme un ours en cage, refusant de prendre le moindre repos alors que le quart de nuit était entamé depuis plus de trois heures, de manger – et, chose plus surprenante, de boire. Non que l'infirmière encourageât les penchants alcooliques de son supérieur direct, bien au contraire, mais un comportement aussi atypique lui semblait de mauvais augure. Elle l'avait rarement vu ainsi – et pourtant, elle était habituée à ses états d'âme tous plus excessifs les uns que les autres. L'impuissance rongeait toujours le médecin jusqu'à la moelle, elle le savait, et elle se demandait ce qu'elle pouvait bien faire pour lui venir en aide.

Elle n'avait toujours pas trouvé de réponse à cet épineux problème lorsqu'elle entra dans l'infirmerie, mais un coup d'œil suffit à lui indiquer que quelque chose s'était produit pendant son absence : Leonard était assis devant son ordinateur, qu'il fixait avec une intensité dérangeante. Christine s'avança prudemment et fit le tour du bureau pour se trouver à son tour face à l'écran. Le médecin en chef ne bougea pas, mais se contenta de dire d'une voix blanche :

- Les appareils de détection fonctionnent de nouveau.

L'infirmière regarda machinalement les points lumineux qui clignotaient sur l'écran – un rouge pour Kirk, un vert pour Spock (petite facétie de Leonard, qui prétendait que « ça lui rappellerait la couleur de son sang ») – pour s'apercevoir que le point rouge était parfaitement immobile, alors que le vert se déplaçait relativement rapidement vers le nord. Ses yeux passèrent de l'écran au moniteur relié à l'ordinateur, et elle ne put réprimer un léger cri en voyant les chiffres alarmants qui s'y affichaient.****

- Leonard, qu'est-ce que…

- Spock a laissé Jim, déclara McCoy de ce même ton atone qui sonnait horriblement faux, comme une caricature de la voix du premier officier dans ses pires moment de vulcanisme, comme les appelait le médecin. Il l'a laissé alors qu'il est blessé, peut-être inconscient, en tout cas incapable de se défendre seul. Et il y a un… un truc qui lui tourne autour.

Christine, encore troublée par les très alarmants température 39,6°C et rythme cardiaque 142 battements par minute, sans parler de la perte de sang, reporta son regard sur l'écran pour constater qu'un petit point bleu – une forme de vie quelconque – rôdait en effet dans un périmètre limité autour du capitaine.

- Qu'est-ce que c'est ? murmura-t-elle en sentait son propre cœur s'emballer.

- Impossible de savoir à cette distance.

- Pourquoi n'attaque-t-elle pas ?

Le docteur McCoy haussa les épaules.

- Est-ce que je sais ? Peut-être parce que Jim est à l'abri. Les scans détectent les minéraux et les formes de vie, mais s'ils ont trouvé un refuge, il n'apparaîtra pas sur nos écrans… Et de toute façon, je ne peux pas croire que Spock aurait laissé le capitaine dans un tel état sans protection. Et il n'a vraiment pas intérêt à l'avoir fait, ajouta le médecin entre ses dents, s'il ne veut pas que je lui arrache ses précieuses oreilles quand il remontera à bord.

Christine ne releva pas, cherchant à se concentrer sur le seul espoir qui lui restait.

- La tempête est en train de passer. Si l'équipe d'ingénieurs arrive à remettre le Colombus en état, d'ici cinq ou six heures nous pourrons…

- Je sais, l'interrompit McCoy en fermant les yeux. Je viens de parler avec Scotty. Mais à moins d'un miracle, Jim n'a pas six heures devant lui. Il a perdu trop de sang.

De nouveau, Chapel risqua un coup d'œil vers les constantes du capitaine, qui oscillaient dangereusement.

- Je me suis porté volontaire pour conduite la première navette en état de quitter le vaisseau, même si elle n'est pas totalement opérationnelle, tempête ou pas tempête.

Christine avala sa salive et posa une main sur l'épaule du médecin. Elle savait pertinemment que rien ne pouvait faire changer Leonard H. McCoy d'avis lorsqu'il avait décidé quelque chose, mais elle se devait d'essayer de le raisonner.

- Monter dans une navette alors que les conditions ne sont pas sûres n'est pas…

- … Logique ? compléta le médecin avec un petit rire désabusé. Je le sais bien et je m'en fiche. Ma fonction sur ce vaisseau n'est pas d'agir logiquement en dehors de mon champ de compétences direct. Que Scotty le veuille ou non, je monterai dans cette navette dès qu'elle sera capable de voler. Si j'échoue, j'aurai au moins essayé de les sauver.

- Leonard… commença-t-elle, les larmes au bord des yeux, mais elle n'eut pas le loisir de poursuivre.

En face d'eux, sur l'écran de l'ordinateur, le point vert qui, depuis que l'infirmière était arrivée dans la pièce, n'avait cessé de suivre une trajectoire en ligne droite, s'éteignit brusquement et ne se ralluma pas. Dans une exclamation angoissée, McCoy se redressa, fixa un instant l'endroit où, quelques minutes auparavant, s'était trouvé le point lumineux qui représentait Spock, puis, dans un élan de rage incontrôlable, donna un formidable coup de poing dans l'écran qui se brisa net sous l'impact.

- Je pars maintenant.

.

La cabane était totalement vide, probablement laissée à l'abandon depuis de nombreuses années, et extrêmement exiguë (Spock dut aider Kirk à s'agenouiller pour y entrer, tant la porte était basse), mais propre et sèche. De façon totalement irrationnelle, elle lui sembla même accueillante. Quoique le très logique premier officier fût réticent à se laisser entraîner par de telles impressions, il lui semblait percevoir les vibrations lointaines d'un pouvoir très ancien, qu'il avait déjà pressenti en arrivant sur la planète, proche de celui qu'il avait déjà pu approcher sur Vulcain, dans certains sanctuaires sacrés aux yeux de son peuple.

Pour l'instant cependant, ce genre de considérations ne les mènerait nulle part, aussi Spock laissa-t-il de côté ses impressions et se concentra-t-il sur l'essentiel : il aida Kirk à s'asseoir par terre (aucun matelas n'était visible dans l'unique pièce, et il était de toute façon impossible aux deux hommes de tenir debout dans cet espace restreint), le dos calé contre un mur, et s'apprêta à examiner de nouveau ses blessures, mais Jim l'arrêta d'un murmure.

- Spock…

- Capitaine ?

- Refermez… Refermez bien la porte. Sinon, cette… cette saloperie risque d'entrer.

Le Vulcain hésita pendant un imperceptible instant avant d'aller obéir sans même essayer de persuader Kirk que la fièvre le faisait délirer. La probabilité qu'une créature les eût traqués dans les marécages pendant près de quatre heures, sans qu'à aucun moment Spock ne parvienne à la repérer, était d'environ 1,42 sur mille. Cependant, voir la porte close sembla apaiser le capitaine, qui poussa un soupir de soulagement et se laissa aller contre le mur. Spock en profita pour faire un rapide tour du propriétaire, à moitié courbé sous le plafond bas. Si les placards avaient contenu de la nourriture, cette dernière était moisie depuis bien longtemps, et, hélas, il n'y avait pas trace d'une réserve d'eau. En revanche, le premier officier trouva deux couvertures élimées mais relativement propres, dont il recouvrit le corps grelottant de Jim. La fièvre, loin d'avoir baissé, montait toujours, lentement mais irrépressiblement, constata le Vulcain effleurant du dos de sa main le front de son compagnon. Ce dernier sursauta comme sous l'effet d'une brûlure et, clignant des yeux, fit un faible effort pour repousser l'intrusion. Spock n'était pas certain qu'il le reconnût.

- Ce n'est que moi, dit-il calmement. Tout va bien, il n'y a pas de danger.

Kirk hocha la tête, laissa retomber sa main et retint un gémissement pendant que Spock desserrait avec d'infinies précautions le bandage de fortune, maculé de terre, de bourbe et de sang, qui entourait sa jambe. Autour de la blessure, sur une longueur de 6,78 centimètres, la peau était tendue, luisante, violemment inflammée, et un abcès était, de façon prévisible, en train de se former. Il était cependant trop tôt pour en drainer le pus, aussi le premier officier laissa-t-il la plaie sécher à l'air libre, à présent qu'ils étaient à l'abri. Puis il remonta délicatement la veste de Jim, qui tressaillit violemment, et demeura quelques instants incrédule (et, s'il lui était permis de l'admettre, plus qu'inquiet) face au spectacle illogique qui s'offrait à lui.

A l'endroit, relativement propre et sans infection quatre heures auparavant, où le carreau de l'arbalète avait meurtri les chairs, la peau avait pris une coloration noirâtre, tandis que des filaments d'un rouge sombre s'étendaient tout autour de la plaie, dans toutes les directions. Spock n'avait jamais rien vu de tel, et il se surprit à souhaiter ardemment la présence du docteur McCoy à leurs côtés. Il s'empara instinctivement de son communicateur, qui évidemment ne fonctionnait toujours pas, et le replaça à son côté avec un peu plus de force que nécessaire.

Puis, se forçant à demeurer logique, il posa deux doigts sur le poignet du capitaine. La température avait dépassé les 39,5°C, le rythme cardiaque s'affolait, la pression artérielle diminuait dangereusement…

- Ce n'est pas très beau, fit remarquer Kirk avec un détachement presque amusé.

- Le carreau de l'arbalète était peut-être empoisonné, suggéra le Vulcain, atterré malgré lui et cherchant désespérément une explication logique.

Un poison à effet lent pourrait en effet expliquer l'état actuel de la blessure. Spock considéra également la possibilité qu'une créature venimeuse se fût réellement posée sur la plaie après l'attaque du serpent d'eau. Dans les deux cas, il fallait agir rapidement.

L'eau leur faisait cruellement défaut. Avec de l'eau, il aurait été en mesure de faire baisser la fièvre, si peu que ce fût, de diminuer la tachycardie, d'éviter la déshydratation…

Un frisson plus prononcé parcourut le corps du blessé.

- J'ai soif, murmura-t-il en se passant la langue sur les lèvres.

- Il n'y a pas d'eau ici, Jim, répondit doucement Spock.

Kirk hocha la tête et émit une petite toux sèche.

- C'est le comble, hein ?... On est bloqués au milieu des marais, et… il n'y a pas d'eau.

- Peut-être y a-t-il une source non loin d'ici, dit Spock lentement, au fur et à mesure qu'il réfléchissait. Si des humanoïdes ont habité ici, ils ont nécessairement eu besoin d'eau potable pour survivre.

Et vous aussi, pensa Spock, mais il se garda bien de le formuler de cette façon.

- Capitaine, je vais sortir en quête d'une source d'eau. Je ne serai pas absent plus d'une heure, l'assura-t-il en voyant les yeux du capitaine refléter soudain une panique incompréhensible.

- Et si la chose revient ? murmura Kirk en se passant la main sur le front pour essuyer la sueur qui perlait à ses tempes.

- Je fermerai la porte, répondit Spock sans perdre de temps à discuter de l'existence de la « chose ». Les fenêtres sont hermétiques. Vous ne risquez rien ici.

En son for intérieur, il lui répugnait d'abandonner Jim dans cet état, mais si l'équipage ne parvenait pas à les localiser, ou était bloqué sur l'Enterprise pour un temps indéterminé en raison de la tempête, il lui fallait mettre toutes les chances de leur côté. Il s'empara donc d'une petite marmite en terre posée sur un réchaud qui n'avait pas servi depuis des années et quitta la cabane, prenant soin de refermer la porte derrière lui.

Il contourna la petite maison et put constater, sans déplaisir, qu'il progressait à présent sur de la roche, un terrain beaucoup plus ferme que les talus instables qu'ils avaient arpentés jusqu'ici. A quelques centimètres au-dessus du sol, une nappe de brouillard verdâtre rendait la marche quelque peu difficile, mais du moins la boue fétide des marais n'était plus qu'un souvenir. Il faisait encore jour, quoique le soleil décrût rapidement, mais la canopée au-dessus de sa tête accentuait l'impression d'obscurité et d'étouffement.

Spock marcha pendant 15,56 minutes, attentif au moindre bruit. Deux petits reptiles prirent la fuite à son approche, et un petit nuage d'oiseaux quitta brusquement le tronc noueux d'un arbre pour aller se percher dans de plus hautes branches, tout en piaillant son mécontentement d'avoir été ainsi dérangé.

Soudain, le faible bruit d'une goutte d'eau résonna dans le silence de la forêt. Immédiatement, le Vulcain s'immobilisa et écouta attentivement. Le son se répéta après 17,8 secondes, droit devant lui. Sans hésiter, en proie à un soulagement qu'il dissimula soigneusement derrière ses boucliers mentaux, il se dirigea à grandes enjambées vers la direction indiquée. Le clapotis de l'eau heurtant une surface liquide se répéta à plusieurs reprises, et lorsque Spock aperçut l'entrée de la grotte, il sut qu'il devait y pénétrer. Cependant, au lieu de presser le pas, il ralentit son allure, parcouru d'un incompréhensible frisson. Il n'était pas rare que des sources prissent naissance au fond d'une caverne, se morigéna-t-il, et, d'après ce qu'il voyait, de larges ouvertures dans le roc laissait suffisamment filtrer la lumière pour qu'il pût se repérer sans problème dans la semi-pénombre. Le problème était autre, et totalement irrationnel : la présence qu'il avait confusément sentie (bien qu'il refusât d'accorder crédit à ce mot si humain) autour de lui depuis qu'il avait été téléporté sur Dagobah lui semblait provenir de ce lieu, ou du moins y être concentrée, mais au lieu de l'apaiser, comme elle avait pu le faire dans la cabane, elle provoquait en lui une réaction viscérale : le désir de fuir loin d'ici.

N'y va pas, lui soufflait une partie de lui qu'il n'autorisait que rarement à prendre la parole.

Le bruit d'un léger ruissellement parvint alors à ses oreilles, et, faisant définitivement taire sa moitié humaine, il pénétra dans la grotte. Jim avait besoin d'eau. Ses pressentiments ridicules n'avaient pas lieu d'être. Cependant, à peine avait-il fait quelques pas qu'il se sentit saisi d'une étrange torpeur. L'air était oppressant, et comme chargé d'une électricité statique qui lui fit courir des frissons le long du dos. La végétation avait totalement envahi les parois de la caverne, et les bottes de Spock foulaient un tapis de feuilles mortes dont la senteur humide lui faisait presque tourner la tête. Il progressa en silence, toujours guidé par le son bienveillant de l'eau…

… Et s'arrêta net, la respiration courte. A quelques pas de lui, recroquevillé au sol, se trouvait James Kirk.

Ce n'est pas possible, fut la première pensée logique et cohérente qui perça le brouillard enveloppant son esprit. Jim, gravement blessé, n'aurait pas pu quitter la cabane et marcher seul, encore moins à la vitesse d'un Vulcain en parfaite santé. La conclusion était irréfutable : ce n'était pas le capitaine.

Un frisson parcourut le corps étendu devant lui, et Jim se redressa légèrement sur un coude pour se tourner avec difficulté vers le nouveau venu.

- Spock ? croassa-t-il.

Ce n'est pas possible, se répéta le Vulcain, mais il n'était plus certain d'avoir encore le contrôle de ses jambes, qui continuaient de le porter irrésistiblement, malgré lui, vers la forme étendue à terre.

Lorsqu'il ne fut plus qu'à cinquante centimètres du faux Kirk, il s'arrêta enfin et se baissa avec prudence, prêt à tout. Son instinct lui hurlait de faire demi-tour, parce qu'il n'était pas logique que le capitaine, qu'il avait laissé en sécurité dans la cabane, fût présent dans cette grotte. Tout ceci était plus que probablement un piège – et pourtant, il ne pouvait se résoudre à s'en aller, retenu par d'invisibles fils qui, s'il les rompait, il le sentait, arracheraient probablement au passage un morceau de lui-même.

Kirk redressa péniblement la tête et ses yeux brillants de fièvre rencontrèrent ceux du Vulcain.

- Spock….

Sa main se posa sur celle de Spock, qui tressaillit violemment au contact brûlant mais bien réel.

C'est une hallucination, insista-t-il (mais de plus en plus faiblement). Visuelle. Auditive. Tactile. Mais une hallucination tout de même.

- … Qu'est-ce que je fais là ? murmura le capitaine.

- De quoi vous souvenez-vous ? demanda le Vulcain en serrant le bras de son interlocuteur.

- J'étais dans la cabane et… et je me suis retrouvé ici. J'imagine que c'est la fin ?

La voix de Kirk, habituellement si assurée, tremblait. Spock hésita. Jamais il n'avait entendu cette résignation dans le ton du capitaine, et le fait… le perturbait.

- Je ne voyais pas ça comme ça, ajouta Jim en toussant, mais je suis content que vous soyez ici avec moi.

Kirk essaya de se relever et poussa un léger cri de douleur. Sa tête oscilla dangereusement en arrière, et Spock cessa de se méfier, cessa de réfléchir, et se précipita pour le soutenir, ses derniers doutes envolés. Refermant machinalement ses bras autour du corps de son ami, il s'agenouilla derrière lui pour lui offrir son soutien, car il était évident que Jim était dans l'incapacité de demeurer assis sans aide. Le corps tremblant de fièvre qui s'affaissa contre lui était solide, consistant, réel.

- L'Enterprise nous a abandonnés, murmura Jim. Ils sont partis. Bones… Scotty… Uhura… et tous les autres…

Spock avala péniblement. Il n'arrivait pas fréquemment à Kirk de désespérer, mais il avait avoué à son premier officier, un soir de « déprime » typiquement humaine, après quelques verres d'alcool, qu'il lui arrivait souvent de rêver que son équipage l'abandonnait sans raison. Ces cauchemars, avait-il précisé avec un petit rire gêné, le réveillaient en sursaut, le laissant glacé d'effroi, en nage et incapable de se rendormir pour le restant de la nuit. Le Vulcain, touché de la confiance que plaçait en lui son supérieur, n'avait su que répondre (mais Kirk avait dissipé la gêne qui aurait pu résulter de son silence en ramenant la conversation vers des terrains moins émotionnels), et il n'était pas certain de mieux le savoir aujourd'hui.

- Je suis certain que M. Scott fait tout ce qu'il peut pour nous retrouver.

Le visage du capitaine, d'une pâleur de cire, se tordit dans une moue qui pouvait aussi bien exprimer le scepticisme que la douleur.

- Je sais que je vous ai demandé d'y croire, Spock, mais pour moi au moins, le voyage s'arrête là.

Il releva à demi le haut de son uniforme, révélant son flanc gauche. Le Vulcain, incapable de penser de façon fonctionnelle, resta les yeux fixés sur la blessure. L'infection s'était répandue depuis l'aine jusqu'à l'épaule, et ce à une vitesse alarmante.

- Soyez logique, Spock, ordonna Kirk plus durement, acceptez ce qui ne peut être changé et calculez les minutes qui me restent à vivre à présent.

Spock prit une profonde inspiration, essaya d'obéir, de prendre en compte les différents éléments qui étaient en sa possession, mais les chiffres dansaient devant ses yeux sans qu'il parvînt à les saisir.

- Alors ? (La voix du capitaine se faisait de plus en plus froide, incisive.) Vous ne me ferez pas croire que vous, un Vulcain, vous n'êtes pas capable d'un calcul de probabilités aussi simple. A moins que vous ne commenciez à comprendre que, sans votre idée de traverser les marécages, mes chances de survie auraient été considérablement augmentées ?

Abasourdi, et le cœur battant la chamade, Spock resta un instant muet de stupeur face à ce déferlement de rancœur qui l'atteignait plus qu'il n'aurait voulu l'admettre. Comme McCoy le lui avait fait remarquer à de (trop) nombreuses reprises, il lui avait toujours été difficile de balayer le sentiment de culpabilité aussi aisément que la plupart des autres émotions que sa moitié humaine se plaisait à lui faire éprouver.

- Peut-être, conclut Jim dans un nouvel accès de toux, était-ce calculé ? Après tout, si vous parvenez à regagner l'Enterprise, vous hériterez de son commandement.

Spock sentit quelque chose se déchirer au plus profond de lui. Il ouvrit la bouche pour se défendre de cette accusation injuste, que jamais le capitaine, s'il avait été dans son état normal, n'aurait portée contre lui, mais les mots s'étranglèrent dans sa gorge serrée et il fut incapable d'articuler le moindre son.

.

Jim sursauta. Quelque chose l'avait réveillé, un bruit peut-être. Le mouvement envoya une vague de douleur à travers tout son côté gauche, depuis le bout de son pied jusqu'à son épaule. Où était-il ? Et que lui était-il arrivé ? Il lui semblait que la réponse était là, non loin, à portée de main, mais il ne parvenait pas à l'atteindre.

La soif qu'il éprouvait était à la limite du supportable et il ressentait le manque d'eau dans chaque fibre de son corps. S'il avait été blessé, pourquoi ne l'avait-on pas placé sous perfusion hydratante ?

- Bones ? chuchota-t-il, incertain.

Mais personne ne lui répondit. Kirk se rendit alors compte qu'il n'était pas allongé sur un des lits de l'infirmerie, mais assis contre une surface lisse, dure et froide…

Il ouvrit péniblement les yeux, qui s'emplirent aussitôt de larmes. La lumière n'était pourtant pas très forte, mais elle déclencha immédiatement un début de migraine, accompagné d'une nausée qui le força à respirer plus lentement pour contrôler les spasmes de son estomac. Enfin, ses pupilles s'accoutumèrent et il put distinguer les alentours immédiats : un sol nu et froid, des murs de boue séchée mêlée de pierres…

Dans un éclair, il se souvint.

Dagobah, la tempête, sa blessure, la fuite à travers le tunnel, les marécages, le dragon d'eau…

La créature !

Jim porta instinctivement la main droite à son côté pour dégainer son phaseur, mais il ne trouva pas l'arme à sa ceinture.

- Spock ? appela-t-il, mais là encore, il n'obtint aucune réponse.

Sur le point de paniquer complètement, il essaya de réfléchir à ce qui s'était passé précisément, mais l'image de la chose translucide qui s'était collée à sa blessure lui revenait sans cesse à l'esprit, comme si ses tentacules s'étaient accrochés à son cerveau, refusant de le laisser en repos. Sa respiration s'accéléra de nouveau. Il sentait son cœur battre violemment dans tout son flanc gauche, ébranlant à chaque pulsation l'équilibre précaire de son corps, comme si chaque coup avait eu le pouvoir de le réduire en cendres. Il avait froid – non, il n'avait pas froid, il était glacé et grelottait de façon continue, malgré les deux couvertures qui recouvraient son corps. Il lui semblait qu'il perdait pied et s'enfonçait dans un marécage sans fond, recouvert d'une boue noirâtre, attiré dans les profondeurs par quelque créature maléfique…

Il sursauta de nouveau, retrouvant miraculeusement pied sur un sol solide, mais certain d'avoir aperçu, à quelques centimètres de lui, un tentacule translucide. A demi conscient, il donna un coup de poing sur la pierre, mais la chose avait déjà disparu. Il fouilla anxieusement du regard les alentours, sentant déjà se resserrer autour de ses chevilles l'étreinte de la créature. Avec un cri, il se pencha pour se débarrasser de la matière molle et visqueuse qui l'agrippait, mais ses mains se refermèrent sur du vide.

Dans un éclair de lucidité, il se souvint alors que Spock lui avait assuré qu'il délirait sous l'effet de la fièvre. Avait-il réellement rêvé tout cela ? S'il en croyait les signaux contradictoires que lui envoyait son corps et la soif inextinguible qui le consumait, sa température était en effet très élevée, et il était possible qu'il confonde songe et réalité. Il se sentit paradoxalement rassuré par son état physique. S'il avait rêvé, si la créature n'existait pas, il pouvait rester tranquille et attendre que Spock revienne.

Parce que Spock était parti… chercher de l'eau. De cela, Jim était à peu près sûr. Si sa mémoire ne le trahissait pas, ils étaient tombés sur une étrange petite cabane inexplicablement perdue au milieu des marais les plus putrides de la galaxie. Et Spock l'avait laissé pour aller trouver une source. Depuis combien de temps était-il parti ? se demanda le capitaine en refermant les yeux. Ses paupières étaient trop lourdes pour lui. Tout était trop lourd pour lui, sa tête, ses mains, ses pensées.

Dans un demi-sommeil, il sentit son esprit se détacher de son corps. Il se considéra quelques instants, gisant là, à la lisière de l'évanouissement, la tête reposant sur son épaule, la respiration encombrée et douloureuse, frissonnant sons l'effet conjugué du froid et de la fièvre, puis, poussé par une force mystérieuse, quitta la cabane. Il se demanda l'espace d'un instant, sans parvenir à éprouver la moindre crainte, s'il était en train de mourir. Il avait l'impression de flotter, de ne plus rien peser.

Sans comprendre comment, il se retrouva dans une espèce de grotte aux murs tapissés de branches entrelacées et de feuilles à demi pourries. Au-dessus de sa tête, la lumière du jour s'insinuait par d'étroites ouvertures circulaires. Miraculeusement, il n'avait plus mal nulle part, ne ressentait plus l'effet de la fièvre, pouvait se mouvoir librement. Il avança, curieux de comprendre ce qui lui arrivait, lorsqu'il aperçut, au fond de la cavité, une forme sombre accroupie. En s'approchant, il se rendit compte avec un tressaillement de joie qu'il s'agissait de Spock, penché en avant sur…

Kirk écarquilla les yeux, stupéfait. Dans les bras du premier officier se trouvait son propre corps, exactement dans la même position que celle dans laquelle il s'était réveillé dans la cabane, grelottant, le visage exsangue et crispé de douleur. Puis son double cracha sur un ton de mépris et de haine qui lui coupa momentanément le souffle :

Vous ne me ferez pas croire que vous, un Vulcain, vous n'êtes pas capable d'un calcul de probabilités aussi simple. A moins que vous ne commenciez à comprendre que, sans votre idée de traverser les marécages, mes chances de survie auraient été considérablement augmentées ? Peut-être était-ce calculé ? Après tout, si vous parvenez à regagner l'Enterprise, vous hériterez de son commandement.

Le capitaine vit très distinctement de Spock se raidir à ces mots, ses traits habituellement neutres se contracter, et ses paupières cligner rapidement, comme pour en chasser les larmes, avec un tressaillement convulsif qui ressemblait un peu trop à un sanglot mal réprimé.

- Spock, ce n'est pas moi ! s'exclama Jim sans réfléchir en s'approchant. Spock, ne croyez pas cette… cette chose ! ajouta-t-il.

Il s'agenouilla à côté de son ami et le secoua par les épaules, mais le Vulcain ne le sentait même pas. Il continuait à fixer l'autre Kirk, avec une expression d'intense angoisse et de culpabilité que le capitaine n'aurait jamais pu imaginer voir sur le visage habituellement impassible de son premier officier.

- Ce n'est pas moi, répéta Kirk, la gorge nouée. Spock, vous n'y êtes absolument pour rien, vous savez que je ne vous dirai jamais une chose pareille !

Le Vulcain releva la tête, le regard perdu, serrant contre lui le faux Kirk.

- Spock, regardez-moi, murmura Jimd'une voix rauque, je suis là, je ne suis pas mort…

Dans un nouveau sursaut, il ouvrit les yeux pour constater qu'il se trouvait toujours dans la cabane, adossé au même mur. La douleur revint immédiatement, brûlante, acide, paralysante, à la limite du supportable.

- Spock, murmura-t-il en toussant, les yeux emplis de larmes, ce n'était pas moi

Avait-il rêvé ? La fièvre lui avait-elle valu un nouveau délire ? Tout avait paru si… si réel, y compris les sentiments bruts reflétés dans les yeux de son ami… Son regard erra à travers la petite maison, se posa un instant sur un banc de pierre, s'arrêta sur une étrange gravure au plafond.

Soudain, un mouvement à peine perceptible, un tressaillement, apparut dans son champ de vision. Kirk tourna la tête avec peine sur la droite, pour s'apercevoir avec horreur qu'une des pierres scellées dans le mur, non loin de lui, bougeait légèrement. Il la vit distinctement osciller de quelques millimètres vers la gauche, puis vers la droite. Quelques grains de boue séchée s'effritèrent, se détachèrent du mur et tombèrent à terre. Incapable de déterminer s'il s'agissait ou non d'un rêve, Jim chercha du regard une arme quelconque, mais les rares objets qui se trouvaient dans la cabane étaient hors de sa portée. Se lever n'était pas une option, décida-t-il après avoir essayé de se redresser et senti l'ensemble de la pièce tourner autour de lui tandis que sa vision s'obscurcissait.

Gardant les yeux fixés sur la pierre, il essaya de rassembler ses forces défaillantes. La fièvre le faisait trembler de façon totalement incontrôlable et la sueur qui coulait le long de son visage ne l'aidait pas à distinguer nettement l'objet de sa crainte. Une nouvelle quinte de toux le laissa pantelant et incapable de bouger pendant de longues minutes.

Lorsqu'il eut à peu près repris son souffle, atterré par le bruit rauque de sa propre respiration, il reporta son attention vers la pierre suspecte. Elle bougeait spasmodiquement – comme les battements d'un cœur maléfique, lui sembla-t-il, comme si la pierre était devenue vivante – et fut tout à coup arrachée du mur, tirée vers l'extérieur avec un léger bruit.

Un trou, d'environ cinq centimètres de diamètre, apparut dans le mur et un tentacule transparent se faufila à l'intérieur et glissa jusqu'au sol. Kirk ne put retenir un mouvement de panique. Le long appendice glissait comme un serpent, formant petit à petit sur la pierre une sorte de flaque informe, que Jim savait parfaitement intelligente et dotée d'une malignité sans bornes. Elle l'avait affaibli par il ne savait quel poison, et s'était contentée de le suivre, attendant le bon moment pour se manifester. Lorsqu'elle se fut intégralement coulée par l'interstice qu'elle avait créé, elle se hissa légèrement au-dessus du sol, comme portée par un millier de petites pattes translucides, avant de tressaillir dans ce que le capitaine savait être une bienheureuse anticipation à la vue de sa proie affaiblie, sans arme et totalement à sa merci.

- Tu ne m'auras pas, siffla-t-il.

La créature ne parut pas le moins du monde intimidée par cette réplique particulièrement peu originale, encore moins par la quinte de toux qu'elle déclencha, et continua à ramper vers le blessé. Ce dernier resserra dans un mouvement dérisoire la couverture autour de son corps. De façon prévisible, la chose ne s'en soucia guère. Elle contourna le corps de Kirk, s'arrêta un instant, comme pour considérer la meilleure façon de passer à l'attaque, et s'approcha avec prudence de la blessure qu'elle avait elle-même contribué à aggraver. Jim essaya maladroitement de lui asséner un coup de poing, que la créature ne chercha même pas à éviter. La main de l'humain s'enfonça dans la matière molle et transparente sans lui cause le moindre dommage. Kirk frissonna de dégoût à son contact, mais essaya malgré sa répugnance de l'attraper. Malgré ses réflexes ralentis par la fièvre, il y parvint assez facilement, mais la chose s'écoula sans bruit de ses doigts, comme de l'eau ou du sable, le fuyant sans difficulté, n'offrant aucune prise possible sur son corps mou et amorphe. Elle retomba en flaque sur le sol et lança avec une vivacité foudroyante un tentacule prestement reformé sur le côté gauche du blessé.

Une douleur indescriptible lui traversa le flanc, et pendant un instant le monde autour de lui ne fut plus que souffrance. Il ne vit pas, car un voile rouge était tombé devant ses yeux, mais il sentit la chose se glisser sous son uniforme et se coller sur sa chair, enveloppant son torse dans une étreinte étouffante.

L'avant-dernière pensée cohérente de Jim fut pour son vaisseau, la dernière pour Spock.

Désolé.


* Fear Factory est un groupe de "métal industriel" que je ne vous conseille pas d'écouter sauf si vous aimez les trucs vraiment trash et chelous. Ça veut dire "Usine à peur", et je pense que ça s'adapte bien à ce chapitre.

** Riley est un personnage qu'on voit deux fois dans TOS, notamment dans "The naked time" (saison I épisode 6), et qui me fait hurler de rire quand, en proie à une maladie qui désinhibe totalement les gens, il se proclame "Capitaine Kevin Thomas Riley", annonce qu'il veut de la glace pour le dessert et oblige les membres de l'Enterprise à l'écouter chanter en boucle "I'll take you home again, Kathleen" (une magnifique chanson, à n'en pas douter, mais l'interprète laisse à désirer... même Spock a l'air exaspéré).

*** Pour ceux et celles qui n'auraient pas TOS en tête, Christine Chapel est amoureuse de Spock (on l'apprend également dans "The naked time", d'ailleurs, et ça perturbe profondément Spock, à qui elle fait une super déclaration qui doit le mettre hyper mal à l'aise).

**** Dans le reboot, les équipes à terre sont suivies par les appareils, qui peuvent notamment voir leur fréquence cardiaques et autres signes vitaux (vous ne vous souvenez pas du "I'll be monitoring your frequency" de Nyota à Spock, qui m'a littéralement fait fondre - parce que je trouve que c'est une super façon de dire "Je t'aime" ?). J'ai imaginé que cette technologie était également présente à la fin de la série originale (je vous rappelle que cette histoire se passe vraiment à la toute fin des 5 ans de la mission).