PDV KARA

Chapitre 1 – Avant la chute.

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Tu étais Kara El, fille de Alura El et de Zor El, nièce de Astra El et de Non El, nièce de Jor El et Lara El. Tu étais l'héritière de la Maison El.

Tu étais tout cela bien sûr, mais tu avais surtout 19 ans.

Tu avais 19 ans, donc, et tu avais ton enfant dans les bras, ton joli Kal El.

Si on avait demandé à ton Toi de 10 ans, si tu aurais un enfant si jeune, cette version de toi aurait sans doute ri. Quelle drôle d'idée.

Tu étais brillante, genre un génie même pour sa race. Tu avais les capacités de faire ce que tu voulais, de choisir le métier que tu voulais. Mais tu n'avais pas choisi, tu fis un peu (beaucoup) de tout.

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Par ta mère, Alura El, tu connaissais la loi sur le bout des doigts, pas seulement la loi de ta planète mais des autres planètes liées à Kripton où ta mère allait parfois comme juge extérieur. Mais ce qui te plaisait dans le travail de ta mère c'était les langues. Ta mère parlait toutes les langues de la confédération, 45 langues vivantes et la langue confédérante évidement. La langue confédérante était une langue créée de toute pièce par un algorithme neutre. Elle était devenue la langue officielle de la confédération. Une langue pour 39 planètes, une langue pour 51 races. Toi, comme tous les jeunes Kriptonniens, tu avais dû suivre des cours généralistes le matin. De l'âge de 4 ans à 14 ans, tous les petits Kriptonniens apprenaient la langue confédérante. A l'âge de 15, tu parlais couramment cette langue, mais aussi celle des douze planètes les plus proches de Kripton, celle que ta mère visitait régulièrement. Celle sur lesquelles Alura emmenait sa douce Kara.

Grâce à ton père, Zor El, la Science n'avait aucun secret. L'univers était merveilleusement construit, une œuvre d'art aux règles aussi nombreuses que complexe, Lara disait de ton père qu'il était un poète frustré... Physique et médecine, biologie et chimie mais surtout l'astronomie et l'astrophysique, tu avais une mémoire gigantesque et une capacité d'analyse hors pair. Tu t'étais d'abord intéressé aux étoiles comme tous les enfants. Et puis, les lois de l'univers, et puis les réactions chimiques, les réactions de si petites choses qui entrainent des forces si puissantes. Des presque rien qui produisent des presque tout, tu adorais quand ton père disait ça… Un poète frustré... Toi aussi tu étais frustrée... quand tu ne savais pas... alors il fallait que tu apprennes tout... Tu adorais savoir pourquoi si et comment ça. Pourquoi comme ça et pas autrement. Tu adorais savoir tout sur tout et ton père était ravi de te l'expliquer, de te l'enseigner, de te montrer… Tu adorais la médecine enfin la théorie médicale parce que le sang non-merci. Tu avais, à l'âge de 8 ans, affirmé que si tu devais devenir médecin, tu irais sur Mijurdi, au moins là-bas, les habitants n'avaient pas de sang. Ton air sérieux et déterminé avait fait rire les six adultes présents.

Par tes oncles Non et Jor, tu avais été mis au secret de l'ingénierie de pointe.

Avec Jor, le frère de ton père, c'était les ordinateurs et les interfaces quotidiennes. Les interfaces de médecine étaient les plus intéressante, car leur cerveau numérique était le plus complexe, presque humaine, comme disant Jor. Tu adorais programmer des cerveaux numériques, créer des programmes, des nouvelles fonctionnalités… Tu avais amélioré les hologrammes d'information à l'âge de 9 ans car tu trouvais que l'hologramme d'Astra n'était pas assez joli, tu trouvais que sa jolie mèche blanche n'était pas assez éclatante. Ta tante avait rougi et l'éclat de sa mèche était devenue une blague récurrente au sein de la famille El, au grand désespoir d'Astra… Le brevet que ton oncle avait déposé en ton nom avait rendu ta famille encore plus riche mais surtout très fière de toi.

Et, il y avait Non, qui était à la fois un cousin éloigné de Jor et Zor mais aussi le mari d'Astra, on t'avait dit que ses deux-là s'était rencontrés au mariage de tes parents et qu'ils étaient tombés amoureux l'un de l'autre… tu adorais cette histoire. Avec Non, donc, c'était le transport. S'il s'occupait de tous types de transporteurs, il avait vite remarqué que tu aimais les transporteurs spatiaux. Tu avais adoré passé des heures à décortiquer un vieux vaisseau et à le réparer et à l'améliorer. Tu adorais piloter même si officiellement, tu n'avais pas touché à une manette avant tes 16 ans comme le veut la loi. Officieusement, tu pilotais depuis tes 13 ans, avec comme co-pilote Non, qui t'apprenait à faire des loopings.

Et puis après, il y avait eu les courses. Tu étais persuadée qu'il n'y avait que ta mère pour ignorer tes frasques de pilote… et peut-être Lara et Jor aussi. Car tu savais que Zor, Astra et Non pariaient sur le gagnant des courses que toi et Non vous faisiez. Non gagnait toujours quand tu étais petite, mais un jour que tu bidouillais le moteur de ton vaisseau, tu avais modifié le consecteur et augmenté le débit du Jripta, comme ça juste pour voir. Et ton vaisseau avait été tellement rapide qu'il avait pris feu… quand tu avais pu t'arrêter, tu étais sortie. Le temps que Non arrive ton vaisseau ne ressemblait plus qu'à un tas de cendre et Non t'avais prise dans ses bras. Tu avais pensé qu'il te réconfortait pour la perte de ton vaisseau, mais quand tu avais senti ses épaules tremblées, tu lui avais dit que perdre était pas si grave. Il avait acquiescé en souriant mais des larmes coulaient de ses yeux. Plus tard, tu avais compris qu'il avait eu peur, si peur pour toi qu'il en avait pleuré dans les bras de sa femme pendant des heures.

Avec Astra, la sœur-jumelle de ta mère, c'était différent. Ce n'était pas l'esprit mais le corps. En fait, ce n'est pas tout à fait vrai. La maîtrise du corps et le travail de la volonté c'était ce qu'Astra t'enseignait. Et tu étais une élève appliquée, malgré les frayeurs de ta mère. Courir avec Astra, le maniement des armes et surtout le combat à main nue. A la fois, le corps et l'esprit, la matière et l'âme. Une danse, un jeu, bien sûr mais aussi un duel et une mise en danger. Une fois, tu avais été blessé, presque rien, mais tu saignais… Ta mère avait fait une crise, bien sûr. Elle avait crié sur Astra, tu n'avais jamais vu ta mère en colère comme ça. Astra avait juste souri, en ignorant Alura, en te murmurant qu'un soldat sans cicatrice n'en n'était pas un. Tu avais une cicatrice sur la main, une cicatrice presque invisible, cela fait une toute petite bosse lorsqu'on passe la main. Tu trouvais ça cool.

Et puis, il y avait Lara El, la femme de Jor. Elle, elle était professeur d'histoire et de lettres. Elle était une des érudits les plus estimées de Kripton. Elle avait offert pour ton septième anniversaire, une liseuse où tous les livres parus de Kripton et ceux traduit en Kriptonnien étaient disponibles et il y avait une mise à jour tous les trois révolutions. Tu passais des heures à lire. Tout et n'importe quoi, de la poésie, de la fiction... Avec Lara, c'est la langue et les mots que tu appris à aimer. Les chiffres et les symboles scientifiques avaient toujours eu un sens pour toi, mais les mots, leur beauté, leur harmonie et leur puissance, tu découvris tout cela avec Lara. La poésie kriptonnienne était la plus belle chose au monde, plus belle qu'une étoile naine, tu en étais sûre et certaine. Tu avais dit cela avec un tel sérieux, que Lara n'avait pas pu s'empêcher d'envoyer ta phrase à Alura. Au dîner, Alura avait avoué à sa fille avoir exploser de rire devant la Cour en son entier. Kara ne comprenait toujours pas en quoi sa phrase était drôle… ce qui fit rire les adultes encore longtemps.

Pour Kara, le monde était parfait. Tantôt, elle voyageait et découvrait de nouvelles planètes et de nouvelles façons de vivre avec sa mère, tantôt, elle s'initiait aux mystères de l'univers, tantôt, elle avait les mains dans des moteurs puissants ou dans des processeurs si beaux et si complexes, tantôt, elle se faisait mettre au tapis par sa tante, tantôt elle récitait des poèmes sous les yeux émerveillés et aimant de Lara…

Kara avait une vie parfaite. Faite de savoir et de travail, faite d'amour… Elle adorait sa famille, elle adorait chaque moment passé avec eux.

Un jour, alors qu'elle avait quinze ans, elle demanda si elle aurait un jour un petit frère ou sœur, ou un cousin ou une cousine, lors d'un repas de famille. Cela jeta un froid sur la joyeuse assemblée. Les adultes expliquèrent alors à Kara que la surpopulation était dangereuse et que l'Etat avait ordonné une restriction des naissances. Les hautes familles devaient n'avoir qu'un seul héritier.

Kara regarda alors d'un œil plus critique la relation qu'elle avait avec tous les adultes El. Elle se rendit compte qu'elle était leur enfant à tous les six. Elle était la fille de chacun d'entre eux. Elle avait trois mères et trois pères. Elle se sentait bien, en sécurité, aimée, entourée, protégée. Elle avait eu le sentiment que jamais elle ne connaîtrait la sensation de solitude. Mais elle se rendit compte aussi que ce n'était pas juste. Ils ne méritaient pas de se partager un enfant comme cela.

Quand tu eu 18 ans, quand tu fus majeure, quand tu fus fertile, tu entamas dans le plus grand secret les démarches pour devenir mère. Six mois plus tard, tu obtiens l'autorisation de procréer. Tu tombas enceinte. Quand tu l'annonças à ta famille. Il y eu d'abord des grands cris et des tas de question…

Est-ce une grossesse légale ?

Qui est le père ?

Qu'est-ce qui t'es passé par la tête ?

Tu répondis calmement.

Oui, c'est une grossesse légale, le père est Mon Kar El, un jeune homme de condition moyenne, qui ne veut rien et ne demande nullement de connaître l'enfant. Et enfin, tu t'étais dit que ceux et celles, qui t'avaient élevée, méritaient de voir grandir un garçon El, ton fils, leur petit-fils. Kal. Kal El.

Te ne parlais pas spécialement à tes parents mais à tous les adultes présents.

Tu leur offrais ce cadeau pour les remercier de leur amour, de leur temps, pour les remercier d'être eux, d'être là pour toi. Toujours.

Tu n'avais pas été surprise par les larmes de Lara.

Tu n'avais pas été surprise par l'embrassade d'Alura.

Tu n'avais pas été surprise par le regard tendre et intense d'Astra.

Tu n'avais pas été surprise par le silence aimant de Zor, par le coup sur l'épaule de la part de Non, comme si tu avais réussi à faire un triple looping arrière.

Tu n'avais pas été surprise du baiser de Jor sur sa joue.

La vie repris son cours.

Tu donnas naissance à un magnifique Kriptonnien, en parfaite santé. Ton petit Kal.

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Tu étais Kara El et tu avais 19 ans quand le plus beau jour de ta vie se produisit, la naissance de ton fils.

Tu étais entourée de ta famille. Tous les El étaient là pour accueillir le nouvel arrivant.

Tu t'étais dit que l'avenir ne pouvait pas être mauvais pour toi, que tout allait bien se passer. Que ton fils grandirait, entouré de sa famille, de toute sa famille. Tu te disais que ta mère lui apprendrait les bases de la langue confédérante, tu te disais que ton père lui montrerait la beauté des étoiles, tu te disais que Jor lui apprendrait à programmer son premier algorithme, que Non lui apprendrait à piloter, qu'Astra lui apprendrait à sa battre et que Lara lui montrait la beauté des mots.

Tu voyais tout cela dans l'avenir de ton fils. Un avenir paisible.

Tu avais 19 ans quand le plus beau jour de ta vie se produisit, la naissance de ton fils. Et tu ne pouvais que voir un avenir radieux.

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Tu avais 20 ans quand le pire jour de sa vie se produisit, la chute de Kripton. Tu tenais dans les bras ton fils alors que tout brulait.

Tu regardais ta planète pour la dernière fois. Kripton n'est plus. Mais tant qu'il y a des El, il y a de l'espoir, c'est ce que tu te dis alors que les larmes qui coulent sur tes joues, en silence pour ne pas réveiller le dernier fils de Kripton. Ton fils Kal El de la maison El.

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Pardon pour les fautes d'orthographe.

SuperGirl, SuperMan, rien ne m'appartient.