Note de l'auteur :

Chapitre 2 !

Dif-tor heh smusma ! (longue vie et prospérité)

PDV JIM :

Je fixais calmement la passerelle, reprenant mon souffle, lentement. Spock m'avait annoncé une excellente nouvelle : il venait de trouver une planète de classe M habitée ! Bon Dieu, si ça c'était pas un signe du destin...

Je fixais calmement les deux Officiers en Second. A dire vrai, Mademoiselle Roussel et Spock se collaient toujours, inséparables ces deux-là. Il était évident qu'une amitié puissante les avaient reliés. Déjà, rien que le fait qu'ils aient vécu sur Vulcain tout deux. Je me sentais comme étranger quand je voyais ce duo si complice.

Je finis par déclarer :

"Il faut qu'on aille l'explorer !

-Excellente idée, Capitaine. salua Spock

-Capitaine, je suggère une prudence plus élevée qu'à l'accoutumée. N'oublions pas que nous sommes peut-être sur le territoire d'une alliance qui pourrait voir notre présence comme une intrusion. Je suggère de tout d'abord envoyer une sonde de reconnaissane. proposa Mademoiselle Roussel

-Bonne idée, Mademoiselle Roussel !"

Celle-ci tiqua au 'Mademoiselle'. Mince, j'ai encore fait une bourde. Cette Marine Roussel avait des cheveux de jais, comme Spock -quoique plus foncé-, des yeux bleus pâles et une peau d'albâtre. En soit, elle était très jolie, et comme avec toute les femmes très jolies, j'ai tenté de la courtiser. Sauf que d'habitude il me suffit d'un sourire charmeur et de deux belles paroles pour avoir n'importe quelle femme à mes pieds ors celle-ci me tient tête.

J'aurais du m'y attendre : avec le sosie d'Oreilles Pointues, comme aime bien la surnommer Bones, j'aurais dû m'attendre à un échec cuisant. Mais je ne désespère pas : je suis quelqu'un de déterminé. Et puis je prends ça comme un jeu, et je pense qu'elle aussi. En tout cas elle ne m'a pas dit non ni fait savoir qu'elle était contre.

Je demandais à ce qu'une sonde soit envoyée sur la planète et Monsieur Spock m'informa de ce qu'il se passait :

"Arrivée de la sonde sur la planète, Capitaine. Les relevés de l'air sont bons, il y a une présence très faible de radiations qui ne dépasse pas le taux recommandé...

-Mettez en visuel, Monsieur Spock.

-Tout de suite, Capitaine."

Quelques instants plus tard, on vit apparaître sur l'écran principal la vision de la caméra placée dans la sonde. Celle-ci se déplaçait et c'est ainsi que je pus constater qu'il s'agissait d'un environnement montagneux. Rapidement, je vis des traces de pas. Un peu plus loin, une silhouette au sol.

Spock m'informa de sa voix monocorde :

"Ce que vous voyez est un cadavre, Capitaine.

-Mort comment ?

-Il semblerait qu'il ait été assassiné."

Voilà une planète très acceuillante, ma foi ! Remarquant que d'autres cadavres suivaient un peu plus devant, jonchant le sol de ci et là. Marine remarqua :

"Il semblerait que les corps aient été positionnés de façon aléatoire, ce qui me laisse penser qu'ils n'ont pas été tués ici. L'absence de sang aussi. Je pense qu'ils ont du être transportés dans un moyen de locomotion et sont tombés par inadvertance. Un convoi rempli de morts.

-Voilà qui est très gai, Made... Madame Roussel !

-Ils ont été assassinés, mais on peut aussi remarquer qu'ils ont été tués d'une façon plutôt douce, Capitaine. rajouta Spock, Vu la précision des coups, il est possible qu'ils aient été tués par une machine et de leur plein gré ou du moins endormis.

-Une sorte de... génocide ?

-Je ne pense pas, Capitaine. Si tel était le cas, les corps n'auraient pas été transportés mais brûlés : le coût du transport est plus élevé.

-Il est plus probable que cela soit un convoi de condamnés à mort, peut-être. marmonna Marine"

Ils se complétaient parfaitement, je n'aurais pas été surpris si Spock commençait une phrase et Madame Roussel la terminait. Cela aurait coulé de source.

La sonde continua sa progression sur cet environnement désertique jusqu'à rencontrer des rails de ce qui semblerait être un train. La sonde poursuivit le chemin de rail et rapidement, d'on ne sait où, une balle fut tirée. La sonde l'avait esquivée de peu. Une deuxième balle fut tirée.

On perdit la trace visuelle de la sonde.

Marine s'exclama soudainement :

"Je le savais ! Chaque monde regorge de dangers, il faut à chaque fois analyser son environnement avant de s'y jeter tête baissée !"

La passerelle se figea. Madame Roussel était donc capable d'exprimer ses émotions ? Elle regarda tout le monde puis, comme comprenant la raison du malaise général, elle expliqua :

"N'oubliez pas que je suis entièrement humaine. J'ai juste reçu une éducation un peu plus Vulcaine que vous tous, hormis Spock. Je suis allée dans des établissements scolaires Vulcains aussi. Mais toutes ces années passées aux côtés de mes congénères me permettent de laisser libre cours à mes émotions quand nécessaire.

-Des paroles pleines d'illogisme. se contenta de commenter Spock"

La passerelle fut prise d'un fou rire général, qui épargna Marine et Spock. Eux, regardant la scène avec une incompréhension manifeste, attendirent patiemment que le calme se fasse. Je finis par déclarer :

"Soit. Bon. Maintenant on sait que c'est un environnement hostile qui tue beaucoup de gens et avec des tireurs en embuscade. Mais nous avons besoin de connaître notre position mais aussi de refaire les pleins d'énergie !"

Tout le monde hocha de la tête silencieusement : "faire les pleins" était nécessaire, au vu du long voyage qui les attendaient.

Je marmonnais :

"Madame Roussel, Spock, je vous demande de m'établir une stratégie à partir des données de la sonde pour une approche sur le terrain demain.

-Aye, Capitaine. déclara Spock"

Quand la relève arriva, ce fut avec soulagement que chacun put quitter la passerelle.

PDV Mlle ROUSSEL :

A la sortie de notre quart, j'avais suggéré à Spock de se mettre au travail, mais il avait repoussé ça à la fin du repas, justifiant qu'il avait besoin de méditer un peu.

Considérant que mon ami avait eu une excellente idée, j'allais dans ma chambre. Là, j'y vis Uhura qui, en tenue décontractée, lisait quelque chose dans son lit. Elle semblait si concentrée que je n'osais pas la déranger. Moi, je me contentais de m'asseoir sur mon lit, en position du lotus, afin de vider mon esprit.

Des pensées me vinrent, comme un amas noir et gluant. J'avais peur. Nous étions dans un univers inconnu et à première vue hostile. Tout ça à cause de la misoginie de mon supérieur... Je soupirais. Je repensais à l'Urani, à ses quatre cent membres, tous morts. Tous ceux avec qui j'ai passé les deux dernières années sont morts.

Ne pouvant reflouer mes pensées négatives en moi (je n'étais pas Vulcaine), je me permis de les exposer, de les décortiquer, chacunes d'entre elles. Je me rendis compte que j'éprouvais du bonheur, d'avoir retrouvé Spock. En effet, nos années passées à étudier ensemble avec à cette époque une certaine nostalgie de Vulcain restent encore les meilleures années de ma vie. Et puis je n'étais pas complètement déboussolée avec lui. Jamais je n'avais mis le pied hors de Vulcain, avant. Cela m'a fait bizarre de voir des gens qui, comme moi et mes parents, n'avaient ni les oreilles pointues, ni le sang vert, ni les sourcils arqués.

Rapidement, je vis que se mêlait à tout ça de l'apréhension. Par rapport à l'avenir sur l'Enterprise. Qu'allait-il advenir de moi, une Humaine qui pourtant a un comportement plus Vulcain qu'autre chose ?

Je soupirais. En un sens, Vulcain était plus ma famille que l'Humanité ne l'a été. Mais je suis une Humaine, le fonctionnement de mon corps et de mon cerveau est Humain, je suis et serais toujours trahie par cet esprit illogique de nature. Ce fut un constat dur à accepter pour moi. J'ai été éduquée par les Vulcains, comme une Vulcaine. Pour moi, je devais contrôler mes émotions. Mais un Humain ne fonctionne pas pareil qu'un Vulcain.

Je soupirais en resongeant à une conversation que j'avais eu avec Spock, la première je crois :

Nous venions de sortir de la salle de classe et j'allais sortir pour manger un bout. Il m'avait alors dit :

"J'ai trouvé très pertinent votre remarque quant aux propriétés de la matière noire.

-Vraiment ? Je vous remercie, mais ce n'était que l'issue logique d'un problème présenté.

-Certes, et cela ne m'aurait pas étonné venant d'une Vulcaine, mais le fait est que vous êtes Humaine et les quelques jours que j'ai passé ici m'ont déjà appris l'illogisme des Hommes. Je trouve fascinant que certains Humains, comme vous, préconisent la voie de la logique.

-Parce que je suis Humaine, je ne peux pas être logique, Monsieur Spock ?

-Comment connaissez-vous mon nom ?

-Tous le monde connaît de nom le mi-Vulcain. Mais moi je me suis plutôt intéréssée à vôtre sujet parce que, tout comme vous, je suis perdue face à ce bain d'émotions et d'illogisme.

-Vous êtes Vulcaine ?

-Non, seulement Humaine !

-C'est... fascinant.

-Ravie de piquer votre curiosité, Monsieur Spock. Appelez moi Marine."

Dès lors, nous nous étions raccrochés l'uns à l'autre, seuls piliers de la planète qui nous avait vue naître.

Je fus sortie de ma méditation par Uhura qui visiblement s'inquiétait pour moi. Je me retins de lui lancer un regard désaprobateur quand je vis ses prunelles troublées. Je demandais :

"Qu'y a-t-il, Lieutenante ?

-Appelle moi Nyota.

-Bien. Qu'y a-t-il, Nyota ?

-Je ne te voyais pas bouger et je ne te voyais pas respirer, j'ai cru que tu t'étais évanouie.

-Je ne faisais que méditer."

Elle me regarda quelques instants, son si beau visage noir me faisant face. J'admirais ses traits délicats tandis qu'elle réfléchissait à mes paroles. Je remarquais qu'elle était un peu trop près de moi : nous n'avions une distance que d'une vingtaine de centimètres, mais c'est la distance que j'aurais autorisé à un ami. Hors, Nyota n'était pas mon amie pour l'instant. Elle se recula, sentant ma gêne, et marmonna :

"Du coup, tu es l'amie de Spock ?

-Affirmatif.

-Vous vous êtes connus comment ?"

Je fronçais les sourcils, incapable de comprendre pourquoi est-ce qu'elle me demandait ça. Réfléchissant rapidement, je compris qu'elle voulait faire connaissance avec moi, au vu du fait que nous allions occuper un espace commun. Comportement compréhensible, acceptable, et attentionné. Je souris et répondis :

"Notre première rencontre fut à la rentrée de l'académie. J'avais... Comment dire... beaucoup bu la veille.

-Sérieusement ?! s'exclama Uhura avec un sourire jusqu'aux oreilles

-A dire vrai, à l'époque, j'étais pas vraiment comme aujourd'hui. J'ai été un peu livrée à moi-même sur Terre. C'était tellement différent de Vulcain... Mes barrières mentales se sont brisées partiellement et ce fut très dur pour moi de m'en remettre. J'étais devenue alcoolique.

-Ah, je suis désolée.

-Il n'y a pas de quoi, si c'était une partie honteuse de mon passé, je n'en parlerais pas aussi ouvertement. Bref. Spock faisait sa rentrée à l'académie, c'était le premier jour, pour moi aussi. J'avais passé trois ans sur Terre et ça m'avait minée. Mais quand j'ai vu ce Vulcain sorti de nulle part, qui ne répondait que part des phrases de logique, quand je l'ai vu réussir à maintenir ses barrières mentales face à autant de... excuse moi du terme, barabarie, j'ai compris que je pouvais moi aussi y arriver.

-Tu es Humaine, pourtant.

-C'est exact. Mais j'ai toujours réussi à me mettre au niveau de mes camarades Vulcains. Avec plus de difficultés, certes, mais j'ai pu y parvenir. Et toi ?"

Elle me regarda, rougissante. Elle finit par marmonner :

"Je ne me souviens pas t'avoir vue, à l'académie. C'était un an avant que l'on ne parte sur l'Enterprise et Spock enseignait.

-Ah, oui, je m'en souviens. Spock avait voulu rester encore un peu sur Terre, devenant ainsi professeur, mais moi j'avais obtenu une trop belle opportunité, que... je ne pouvais pas me permettre de refuser. J'ai directement commencé en tant qu'Officier en Second, ça ne se refuse pas.

-Ah ouais, quand même !

-Tu n'as pas répondu à ma question, Nyota.

-Moi, je l'ai rencontré en cours, j'étais une de ses élèves !"

Je fus étonnée. Certes, Spock a enseigné jeune, mais quand je voix Nyota, je me rends compte qu'elle a à peu de choses près le même âge que moi. Elle doit avoir maximum deux ans de moins. Elle remarqua mon étonnement et répondit à ma question muette :

"Je suis entrée plutôt tard à l'académie.

-Je comprends.

-Dans tous les cas... Le Capitaine te fait de l'oeil, à ce que je vois !

-C'est exact.

-Tu comptes répondre à ses avances ?

-Absolument pas.

-C'est bien, il ne faut pas lui donner trop d'espoirs !"

Elle me donna une tape sur l'épaule, chose que je faillis prendre comme une agression, mais je me retins. Nyota était d'agréable compagnie, dans un sens Humain. Elle avait de la conversation, un beau sourire, une intelligence remarquable, et elle savait ne pas trop insister sur un sujet. Je finis par demander :

"J'ai remarqué que toi et Spock êtes plutôt proches. Vous êtes amis ?

-Non, actuellement, nous sommes en couple.

-En couple ? Que veux-tu dire ?"

Les Vulcains ne sont pas "en couple". Ils accomplissent le rituel du Pon Farr et se marient à leur fiancée. Ce qui, dans le cas de Spock, a du se révéler impossible à cause de la destruction de Vulcain. Et puis Spock n'avait pas une attitude qui indiquait que Nyota et lui avaient des sentiments amoureux l'un à l'encontre de l'autre : il se comportait avec elle de la même façon dont il se comportait avec Scotty, l'ingénieur. Elle poursuivit :

"Oui, depuis un an et deux mois.

-Je sais que les Vulcains et les Humains n'ont pas la même définition du couple. Cela se passe-t-il bien pour toi ? demandais-je avec un réel intérêt

-Nous... allons à notre rythme, je sais bien qu'il n'aime pas trop le toucher, qu'il préfère une relation plus... platonique pour l'instant."

Je hochais de la tête. Spock n'était pas clair sur ses émotions, mais quel Vulcain peut se vanter de l'être ? Au moins, moi, je n'ai que les chaînes de l'éducation autour de mes émotions, aucun instinct primaire. Je peux plus facilement les laisser s'exprimer. Alors que Spock...

Je vis qu'il était l'heure du repas. Nyota et moi allèrent ensemble au réfectoire et je remarquais que Spock mangeait seul, isolé à une table. Je pris mon plateau et proposais à l'officière des communications d'aller le rejoindre. Elle accepta avec joie et tandis que ma camarade de chambrée prenait place, je fis un salut vulcain en me contentant de dire :

"Salut, Spock."

Cette familiarité était signe de l'importance qu'il avait à mes yeux : celle d'un ami proche. Il me regarda, comme surpris de voir un salut vulcain, puis me le rendit de bonne grâce. Je remarquais son maigre sourire, qui n'échappa à Nyota. Elle me fixa quelques secondes.

J'attaquais ma soupe de plo'meek sous les yeux ébahis de la lieutenante. Elle s'exclama :

"Tu manges ce truc ?! Mais je croyais qu'aucun humain n'aimait ça !

-C'est mon plat préféré. Quand j'étais à l'académie, je la préparais moi-même."

A dire vrai, cette soupe était trop fade, si bien que j'eus une envie irrésistible d'acheter de vrais ingrédients dès que j'en trouverais. Je remarquais que Spock avait pris lui aussi de la soupe. Il la buvait patiemment. Je soupirais de bonheur en sentant les arômes envahir mes papilles. Spock leva sur moi un regard surpris et je m'expliquais :

"Sur l'Urani, au vu du fait qu'aucun Vulcain n'était à bord, le duplicateur ne proposait aucun plat Vulcain. Même pas du thé.

-Tu n'as pas pu faire la demande ? demanda Uhura

-J'ai bien essayé, mais on m'a répondu gentiment qu'il ne servait à rien de reparamétrer les duplicateurs pour un membre de l'équipage. Résultat, j'ai du me contenter du goût trop marqué et acide du thé Terrien et de la texture -sans parler du goût- pâteuse de la soupe de légumes."

Spock m'observa lentement, avant de boire sa soupe. Je vis que Nyota semblait hésitante. Moi, j'observais Spock. Même en dehors de notre quart, il arborait une attitude professionnelle avec Nyota.

J'avais une maigre idée de ce qui se passait dans sa tête : il voit bien que son espèce est en voie d'extinction et que dans l'espace il lui sera difficile de regagner la nouvelle vulcain tous les sept ans alors il a pris le choix le plus logique comme fiancée : Nyota. Chose que je comprends tout à fait, malheureusement celle-ci n'a pas les capacités psychiques adaptées et Spock n'y met pas beaucoup du sien. Je pris une inspiration, avant de demander, pour vérifier mon hypothèse :

"Tu as quel âge, Spock ?

-Pourquoi cette question ?

-Si tu veux que je sois plus précise, combien d'années se sont écoulées depuis ta majorité ?"

Il se figea quelques instants et je vis ses oreilles verdir. Il a compris mon allusion. Je sais que c'est un sujet extrêmement tabou, voilà pourquoi jamais je ne me serais osée à en faire directement allusion, mais bloqués dans ce vaisseau, c'était une problématique bien réelle pour Spock. Car ici, la Nouvelle Vulcain, c'est une Utopie.

Mon ami finit par marmonner :

"Six ans, huit mois et vingt-quatres jours... Je voudrais que tu ne t'inquiètes pas à mon sujet, sache que cela n'est pas obligatoire : j'ai pris les mesures nécessaire.

-De ce que je vois, ce n'est pas le cas, Spock. Et tu le sais."

Il baissa la tête, visiblement mal à l'aise. J'allais passer à autre chose quand Nyota demanda :

"De quoi tu parles ?"

Je fusillais Spock du regard. Certes, le Pon Farr est un sujet tabou, mais ne pas prévenir celle que l'on a choisit pour l'accomplir, c'est autre chose ! Je me contentais de répondre :

"D'un rite Vulcain de nature très... intime. Je ne pense pas que Spock veuille t'en parler ici, c'est très gênant et très tabou chez les Vulcains.

-Dans ce cas, comment est-ce que tu le sais ? Tu as certes vécu sur Vulcain, mais...

-Ayant été fiancée à un Vulcain à l'âge de mes sept ans, j'ai bien du me renseigner."

Spock haussa un sourcil, surpris. Nyota elle aussi qui s'exclama :

"Tu es fiancée ?!

-Non, plus maintenant : il est mort durant l'attaque de Néro.

-Toutes mes condoléances.

-Ce n'était pas un mariage d'amour, Nyota. Je le faisais plus par compassion et lui plus par logique qu'autre chose.

-Comment s'appelait-il ? se risqua Spock

-Tu ne le connais sûrement pas, mais figures toi que lui aussi s'appelait Spock. D'ailleurs, quand j'ai entendu parler d'un Spock à l'académie la première fois, j'ai cru que mon fiancé était venu... Il lui arrivait d'avoir sa propre logique."

Je soupirais avant de mordre dans mon bout de pain. Je n'avais pas envie d'en parler et Nyota le comprit. Spock, quant à lui, n'aborda pas le sujet : cela aurait été indiscret pour un Vulcain.

Le repas se déroula donc avec un certain silence gênant. Cela ne dérangeait ni Spock ni moi-même, mais Nyota s'agitait sur sa chaise, manifestement mal à l'aise. Je jetais un coup d'oeil à Spock, pour lui faire signe de l'aider. Il me regarda quelques instants sans rien dire, puis fixa la Lieutenante, comme intrigué. Il finit par demander :

"Pourquoi êtes-vous mal à l'aise ?"

Je tiquais : Spock vouvoyait Nyota ? Je devrais lui en parler. La jeune femme lui fit un sourire aimable avant de lui répondre :

"Je n'aime pas les longs silences. J'ai toujours été habituée à beaucoup de bruit autour de moi, et je n'aime pas vraiment le calme plat.

-Tu devrais t'y habituer. Certes, les Vulcains ne sont en général pas très bavards, mais Spock est un vrai muet. dis-je sur un ton que je voulais plaisantin

-Je sais ! soupira la jeune femme

-Je ne prends la parole que lorsque c'est nécessaire. Logique."

Spock m'exaspérait en cet instant. Il ne comprenait pas Nyota, je le voyais. Je sentais qu'il faisait des efforts, mais ne réussissait pas à la comprendre. Et Nyota, elle, aimait Spock et attendait qu'il avance à son rythme. Je soupirais en cet instant. Je ne sais pas pourquoi, mais Nyota m'inspirait de la confiance et beaucoup d'empathie. Je n'avais pas envie que Spock -même sans le vouloir- lui fasse du mal. Je devrais lui exposer la situation selon mon point de vue après.

Une fois nos assiettes finies, Nyota se leva et effleura l'épaule de Spock, un instant. Il la regarda et celle-ci lui proposa :

"Spock... est-ce que tu voudrais bien venir dans mes quartiers ce soir ?

-Je peux vous laisser l'intimité dont vous aurez besoin. dis-je, avec un peu d'espoir

-Et pour quelle raison voudriez-vous que j'ailles dans vos quartiers ?"

Je vis dans les yeux de Nyota de la tristesse mais de la compréhension. Elle allait enlacer son petit ami mais se retint et décida de s'en aller, après de lui avoir souhaité une excellente soirée. Je regardais Spock. Il ne semblait pas comprendre Nyota, je le voyais déboussolé. Soupirant, il me dit :

"Cela fais exactement deux fois en l'espace de deux minutes et quinze secondes que tu soupires. Cela n'est pas dans tes habitudes de montrer tes émotions de façon aussi distincte.

-Ces deux ans aux côtés d'humains m'ont permis de comprendre certaines choses. Comme la logique de l'illogisme.

-Illogique.

-Et pourtant ! Bon, je crois savoir que nous avons une stratégie à préparer. Que suggères-tu ?

-Allons dans mes quartiers, la passerelle est actuellement occupée et les laboratoires aussi."

Je me levais, et, sur la même cadence, Spock et moi allâmes dans ses quartiers, nos épaules se frôlant de temps à autre. C'était une proximité très importante, pour un Vulcain. Celle d'un ami proche ou bien de son époux/épouse.

Les quartiers de Spock étaient modestes. Il n'y avait qu'une table avec deux chaises, un tapis sur lequel il devait sans doute méditer au vu de la présence du coussin, un lit une place impeccable, un ordinateur et un coffre. Spock alla s'asseoir devant son ordinateur et je le suivit.

On commença à parler de notre stratégie, des meilleures options. Spock raisonnait avec une logique imparable, mais chaque être a sa propre logique et c'est ainsi que nos logiques se confrontèrent. On mélangea nos idées de départ sur un terrain d'entente qui me sembla parfait en apparence.

Spock déclara :

"Si tu n'as rien à rajouter, je suggère de garder ce plan.

-Excellente idée, Spock."

Le Commandant l'enregistra sur un pad avant de me regarder. C'était ma chance. Le fixant droit dans les yeux, je lui dis, sans détour :

"Laisse moi te dire que ce que tu fais est immoral et illogique, Spock.

-A quel propos ? demanda innocemment le Vulcain

-A propos de Nyota. J'ai bien vu ton stratagème. Tu comptes faire d'elle ta femme.

-Exact, et je ne vois pas ce qu'il y a d'illogique dans ce comportement. Le Lieutenant est une femme intelligente, connaissant certaines choses sur la culture Vulcaine et elle s'est donc présentée comme étant le choix le plus logique. Ses affects à mon encontre n'ont fait que renforcer cette certitude.

-Spock, tu la traites comme une étrangère."

Il me regarda calmement, ne niant pas. Je poursuivais :

"De plus, après une année entière de relation, il me semble anormal que vous ne soyez pas liés par le Kugalsu'kash-naf (lien psychique des fiancés). Spock, fais-toi une raison, Nyota n'est pas celle qu'il te faut. Et puis, en restant avec elle et en lui donnant de faux espoirs, tu ne vas que lui faire du mal.

-Ses espoirs ne sont pas faux étant donné que je compte réellement me marier avec elle.

-Elle n'est pas en quête d'un mariage, elle est en quête d'amour, Spock.

-L'amour est humain et je suis Vulcain.

-Et l'amour rend aveugle.

-Le Lieutenant Uhura a une excellente vision."

Je fixais Spock. Il fallait que je lui explique. Je repris mon visage neutre, ce qui sembla le détendre -je ne m'étais même pas rendue compte qu'il s'était tendu- et je pus dire :

"Spock, ta décision est illogique en vu du fait que le Lieutenant Uhura est une Humaine. Tu ne pourras jamais la satisfaire et jamais elle ne pourra te satisfaire. Ainsi, il en va de mon devoir d'amie de t'avertir de l'illogisme de tes propos.

-Mon père a épousé une Humaine et en est extrêmement satisfait. Cela n'est donc pas un argument valable.

-Certes, sauf que tu oublies de te mettre à la place de ton père. Celui-ci avait trouvé logique d'épouser une Humaine et non une Vulcaine, ainsi son choix était réellement mu par la logique. Dans ta situation, au vu du fait que la Nouvelle Vulcain n'est pas accessible, tu as choisi le Lieutenant Uhura. Cela veut dire par conséquent qu'elle n'est pas le choix idéal et que l'épouser est dangereux.

-Si je ne l'épouse pas, j'en mourrais à cause de la Plak'tow (fièvre de sang). contra Spock

-Il te reste la possibilité du duel.

-Ôter la vie d'autrui afin de survivre plus longtemps me semble inacceptable.

-C'est pourtant le choix le plus logique, cela te guarantis sept ans de tranquilité.

-Je ne peux tuer autrui."

Spock était catégorique. Je soupirais. Ne comprenait-il donc pas que c'était la seule option ? Je marmonnais :

"Tu peux peut-être te lier avec quelqu'un d'autre que Nyota.

-Qui d'autre ?

-Tes critères ne doivent pas se restreindre à un seul genre, Spock. Il serait illogique de te baser uniquement sur les femmes alors que tu ne pourras pas repeupler la Nouvelle Vulcain. Ne pense pas à la procréation, pense à ta survie. Il faut que tu trouves quelqu'un maître de lui-même, capable de donner sa vie pour toi et qui n'aurait pas de difficultés à t'accepter tel que tu es.

-Essaies-tu de me pousser à te choisir ? demanda Spock

-Non. A dire vrai, je pensais à un autre membre de l'équipage qui semble correspondre à tout cela.

-Et de qui s'agit-il ?

-Du Capitaine Kirk, Spock."

Mon ami se figea. Je savais que ce n'était pas à cause du fait que le Capitaine soit un homme, les Vulcains se souciaient peu du genre de leur partenaire, mais à cause du simple fait que le Capitaine Kirk soit son ami. Spock marmonna :

"Le Capitaine est mon ami, jamais je ne me permettrait de..."

Sa voix se perdit. Je demandais :

"Spock, le Capitaine et toi êtes de grands amis, n'est-ce pas ?

-Certes oui.

-Je vois bien que vous vous entendez extrêmement bien, tous les deux. Je ne pense pas que cela pose un problème.

-Le Capitaine est un homme à femmes et la fidélité du mariage l'empêcherait de... mener à bien ses activités."

Ah, je n'y avais pas pensé. C'est vrai que le Capitaine a essayé de me draguer mais n'a pas la même attitude avec les hommes de son équipage. Je soupirais avant de marmonner :

"Effectivement, c'est un problème. Cela te pousserait à répondre au moindre de ses désirs, ce qui n'est certainement pas sain pour toi.

-Exactement. Voilà pourquoi le Lieutenant Uhura me semble être l'option la plus logique.

-J'ai une proposition à te faire, Spock.

-Oui ?"

Il me regarda, légèrement tendu. Je posais ma main sur son épaule pour le détendre et cela eut l'effet escompté. Je dis :

"Tu vas essayer de te rapprocher de Nyota. Si tu arrives à tisser ne serait-ce que les prémices d'un Kugalsu'kash-naf (lien psychique des fiancés) avec elle, tu accompliras le Pon Farr avec elle. Je pourrais t'aider autant que tu en auras besoin. Si tu n'y arrives pas... Nous nous battrons à mort dans le duel.

-C'est illogique, je refuse de te tuer.

-Spock, c'est moi qui refuse de perdre mon ami dès sa première Plak'tow (fièvre du sang). Je suis prête à tout pour cela. Et te connaissant, je sais qu'envisager un marriage avec moi n'est certainement pas ton premier souhait.

-Permets moi de modifier ton offre.

-Je t'en prie, Spock.

-J'ai beaucoup réfléchi pendant que tu parlais... Et j'en suis parvenu à une conclusion capitale. Le Lieutenant ne m'attire pas. Je respecte son intelligence et sa beauté, mais je ne me vois pas passer ma vie avec elle."

Je souris. Des paroles bien humaines pour un Vulcain, Spock. Il continua :

"En effet, elle ne me comprend pas et c'est réciproque. Cependant, je maintiens ce que j'ai dit. C'était à l'époque où je l'ai choisie le choix le plus logique. Mais maintenant, je comprends que je dois recalibrer mes estimations. Il y a eu beaucoup de changements à bord de l'Enterprise. Et tu as raison, si Jim n'était pas exclusivement hétérosexuel, il aurait été mon premier choix. Mais ce n'est pas le cas, il n'est donc pas qualifiable. Il me reste trois mois et six jours avant d'entrer en Pon Farr. Tu as raison une fois de plus, si je ne fais rien, je serais contraint de me battre à mort contre toi. Chose inacceptable. Les seules personnes impliquées dans cette affaire sont le Lieutenant Uhura et toi. Le Lieutenant Uhura n'est pas retenue pour les raisons que tu m'as montré. Par élimination et logique, tu es donc mon premier et unique choix."

Il se tourna vers moi. Je me sentais mal à l'aise. Cela pouvait être comparé à une demande en mariage. Mais nous n'étions qu'amis. Et puis je sais ce que ça fait d'être fiancée à un Vulcain, cette sensation de chaleur dans l'esprit... J'avais connu ça. Et je l'avais perdu si subitement. Je n'étais pas une Vulcaine, je n'avais pas ce super-pouvoir que mes compatriotes ont. Je ne veux sous aucun prétexte revivre cette expérience. Je finis par répondre en passant au vouvoiement :

"Spock, je pense que vous pouvez savoir que je n'envisage pas d'avoir une relation d'ordre amoureux avec quique ce soit pour encore longtemps.

-Votre fiancé est mort. répondit-il en passant lui au vouvoiement

-Et vous êtes aussi bien placé que moi pour savoir ce que ça fait. Donner ma vie pour te sauver est un prix acceptable, vouer ma vie à ta sécurité est autre chose.

-Je comprends. Est-ce donc un refus ?

-D'un autre côté, je ne veux pas que tu me tues, Spock.

-Ce que tu dis est illogique.

-Voilà pourquoi j'hésite autant. La logique m'intime d'accepter mais mon coeur hurle à la prudence. Et en tant qu'Humaine, je sais qu'il faut que j'écoute mon coeur.

-Ce n'est donc ni un refus ni une acceptation.

-Tout à fait, Spock.

-Peut-on comparer cela au phénomène terrien qui se nomme... faire la cour ?

-Ma fois, si tel est ton désir...

-Soit. Dans ce cas notre arrangement s'en trouve changé. Le voici. Si je n'ai pas réussi à vous courtiser avant mon Pon Farr, nous nous battrons à mort."

Il me fixa avec ce sérieux si particulier et je hôchais de la tête, prête à accepter mon sort quelqu'il soit.

Note de l'auteur :

Au début, je vous jure que je voulais faire du Spirk... Je vous le jure. Il semblerait que mon esprit farfelu se soit dit qu'un simple Spirk n'était pas suffisant.