Nous revoilà donc pour ce petit chapitre 4. Merci pour les reviews et autres followers et favorites et pour l'absence de lettre de menaces.

Bonne lecture


J'ignore depuis combien de temps je erre là sans but. Une petite éternité ? J'attends sans vraiment savoir quoi. Un réveil ? Oui mais pas le mien. Celui de qui alors ? Cela m'échappe. Essence impalpable, insaisissable. Je le sais pourtant, mais ça s'obstine à se soustraire à moi. Une fumée qui me glisse entre les doigts alors que je sens pourtant son contact sur ma peau à vif. Je suis sur le point de savoir ce que je cherche obstinément, avant que cela ne se dérobe encore, en une course folle. C'est là présent à mes côtés, puis l'instant d'après ça ne l'est plus. L'absence fait mal. Je n'aime pas le manque. Je le fuis, mais n'ai aucun endroit ou me réfugier. Alors je le poursuit inlassablement. Je sais, c'est brillant et ça a la profondeur de l'immensité . C'est calme et brûlant. C'est réconfortant et agaçant. C'est unique et semblable à moi. C'est puissant et vulnérable parfois. C'est droit et impulsif. Je le cherche et le fuis. C'est beau et terrifiant. C'est fascinant et connu. Intriguant et magnifique.

J'ai mal. Horriblement. C'est partit et ça ne reviens pas. Je ne sais où aller. Je ne suis pas sur de me souvenir de mon nom, ou de quoi que ce soit d'autre. Mais ça m'appelle. M'attire. Ça veut que je le suive. Je ne sais si je dois obéir ou rester dans le rien. Le vide est reposant. La voix de ça est douce, rassurante. Un doux murmure qui raisonne dans tout mon être. J'aspire à écouter, à me fondre dans ce qu'il est. Je suis ma lumière où qu'elle veuille bien me mener

- « Jim !»

Je ne me rappel plus vraiment ce qu'il c'est passé. J'étais avec Chekov puis plus rien. Je bouge avec lenteur. J'essaie de m'étirer précautionneusement. Tous mes muscles me font mal, je ne soupçonnais même pas l'existence de certain, avant cela. Il se rappel à moi avec beaucoup trop d'application à mon gout. Je suis allongé. J'ai dut être attaqué ou quelque chose d'avoisinant. Je ne me rappel plus. Un coup sur la tête sûrement. J'ouvre les yeux difficilement. Une véritable petite épreuve. La lumière est aveuglante. Trop de blanc. Je suis sur le vaisseaux, mais pas dans ma chambre. Je suis ailleurs. Un regard sombre et soucieux. Spock. Lui au moins m'est familier. Il est là. Tout va bien.

- « Ne cherche pas à bouger. Je suis là. Dors »

La voix est tendre, douce et incroyablement préoccupé. Je suis fatigué et douloureux. Il n'y a que lui. De cela au moins je suis certain. Je ferme les yeux, les maintenir ouvert,ne me demande que bien trop d'effort. Un corps s'approche de moi. Je le laisse faire m'appuie même un peu contre lui. Par simple réflexe, mon corps semble mué de sa volonté propre. Soit. Je ne cherche pas à m'en dérober bien au contraire je savoure ce contact bienheureux. Tout indique que je suis chez moi. Une odeur de musc que j'identifie comme celle de mon foyer m'inonde. Je la laisse m'apaiser.

Une main s'égare dans mes cheveux. Le contact est délicieux. Quelque part dans le brouillard qu'est en l'instant mon pauvre cerveau, je crois que je suis surpris, un peu étonné, mais ravis. Alors je laisse simplement ce rêve me consumer.

Léonard me scrute dans un mélange de suspicion, de colère et de tendresse dont lui seul a le secret. Les bras croisés, le menton haut et la mâchoire crispée, dans une attitude qui se veut sévère. Je lui ai fait peur. Encore. Parfois je me demande presque comment il parviens à me supporter. Puis je me rappel l'insupportable médecin qu'il est et je ne me pose plus de question. C'est ma famille et je suis la sienne. Tout simplement. Chekov est là aussi, penaud. Lui aussi je l'ai inquiété. Mince je m'en sens coupable, je suis bon pour lui offrir la prochaine tournée pour me faire pardonner. Spock n'est pas là. Il doit être occupé ailleurs. Je suis à l'infirmerie bien sur. Ou pourrais-je être ailleurs? Le blanc immaculé pare les murs, des bruits de machines qui me sont reliés, des bips réguliers.

- « C'est un peu flou. Dans ta si grande bonté aurais-tu l'amabilité de me faire un résumé ? »

Ma voix me semble étrange à mes propres oreilles, comme enraillée, rouillée. Depuis combien de temps suis-je silencieux, allongé là? Mon compère s'approche de moi, s'installe sur un tabouret à mes côtés. Je me tourne vers lui et ne peut retenir une grimace de douleur. Tout déclenche de nouvelle vague douloureuse. Pourtant je ne vois aucun pansement, aucune blessure qui pourrait tout expliquer

- « De quoi te souviens tu ? »

Je fouille ma mémoire récalcitrante pour pouvoir répondre, mais elle résiste. Il y a quelques choses que mon esprit semble refuser de me rappeler. un détail une toute petite chose... J'essaie en vain, renonce un court instant.

- « Chekov. Asling. On discutaient. Puis la douleur. Puis plus rien »

Dire que mes souvenirs étaient flou surpassait l'euphémisme. Je m'attendais à une raillerie acérée de Leonard, mais rien ne vint. Étonnant. Il me cachait quelque chose. je scrutait la mine préoccupée sous la masque d'assurance. Mon regard dévia sur Pavel. Il était en général plus facile à décrypter, moins habitué à réprimer ses émotions. Ses traits nordiques étaient tendus. Un plus d'inquiétude sur le front qu'il n'avait pas encore hier. Enfin du hier dont j'avais souvenir.

- « Je t'ai appelé juste avant que te ne sombres.»

- « Spock !»

Mon cris avait franchit mes lèvres sans mon accord. L'atroce vérité. Spock était blessé quelque part seul. Il fallait aller le retrouver, il fallait qu'on aille lui porter secours. Tout de suite, maintenant. Immédiatement.

- «Jim, calme toi. Spock va bien ça fait deux jours que tu es là »

Léonard me tenait, Chekov aussi. à quel moment m'étais-levé? Je ne me souvenais plus vraiment. Aucune importance. Spock allait bien. Tout allait pour le mieux. Je me réinstallait dans le lit d'hôpital calmement.

- « Que c'est il passé ? »

Je tachais d'aborder un ton de commandant et pas d'amoureux terrorisé.

Leonard se triturait les mains, une grimace indéterminée étirant ses traits. Il s'en voulait de quelque chose. Je devais savoir pourquoi. Je devais savoir où étais Spock

- « J'ai été imprudent. Je voulais analyser les roches bleu. Je me suis éloigné un peu. Juste un peu. Mais suffisamment pour me faire attaquer par une bête. Ça ressemblai à un tigre à dents de sabre de la préhistoire terrienne. Enfin pour ce que j'en ai vu. J'étais un peu occupé à essayer de survivre. Le gob... Spock est arrivé. Il m'a défendu et m'a sauvé la vie je crois. Il a eut plusieurs côtes cassé, un poumon perforé. Il en a fallut de peu, mais il c'est remis remarquablement bien. Même moi je ne me pensais pas si bon chirurgien »

Il essayait l'humour pour camoufler sa reconnaissance. Léonard était redevable à Spock. Rien n'allait plus. Je ne devais pas être réveillé. Une ombre subsistait toutefois que je n'arrivais pas à éclaircir.

- « Pourquoi j'ai mal ? »

La question que je voulais réellement posée était plus proche du: Bordel où est Spock s'il va bien, mais ça aurait été malvenue.

- « ça c'est un mystère. Tu t'es écroulé dans les bras de Chekov. Ton pouls étaient élevées, ta tension également. Pas d'infection cela dit. Scotty nous a rapatrié. Tu souffrais et tu ne te réveillais pas, mais aucune explication médicale à cela. J'ai interrogé les habitants pour savoir si c'était un virus commun. Mais apparemment pas. Il va falloir être vigilent. Je n'ai pas trouvé de signe qui pourrait expliqué que les humains soit intolérant à quoi que ce soit dans leur habitat. Personne d'autre n'a présenté de signe similaire aux tiens. Compte tenu de ta chance légendaire je paris pour une découverte de quelque chose d'improbable et d'inconnu. Il serait plus prudent que tu ne retournes pas sur cette planète»

J'analysais ses paroles et tachais de leur donner un sens, en vain. La douleur que je ressentais était étrange, comme si elle n'avait pas été réellement la mienne. ça n'avait aucun sens, j'étais sans doutes en train de délirer, encore.

- «où est Spock?»

Après tout et bien considéré, j'avais tout les droits de poser cette question. Mon premier officier n'était pas là et il avait été grièvement blessé de ce que l'on m'en disait. Prendre de ses nouvelles était donc des plus naturelle. Léonard me sourit, comme s'il s'attendait à cette question et fut surpris que je ne la pose si tard.

- «Il se repose, il s'est réveillé quelques heures avant toi. Il est quatre heure du matin Jim. Rendors toi»

Pour une fois, je n'étais que trop heureux de lui obéir.

Cela fait plusieurs jours que je suis sorti de l'infirmerie et rien ne s'est passé. Plus de malaise, plus de douleur. Tout va pour le mieux. Leonard ne me lâche pas d'un pouce, il veut comprendre. Je le laisse faire. Il se focalise sur moi pour ne pas avoir à remercier Spock. À dire vrai son comportement m'amuse, il peut être particulièrement immature parfois, surtout quand sa concerne mon première officier. En parlant de lui mes pieds, ses traîtres, m'ont conduit à ses quartiers, juste en face des miens. Je n'ai qu'a tourner les talons. C'est évidents. Je fais volte face et rentre dans ma chambre. Rien de plus simple. La conversation que je ne veux de toute façon pas avoir n'aura pas lieu et je pourrais continuer ma vie comme je l'entends.

Mes doigts frappent contre le bois. Un court instant plus tard, Spock me fait face. Nous n'avons eut que des conversations professionnelles depuis sa blessure. Si je ne le connaissais si bien, je songerais qu'il m'évite. Mais c'est Spock. Les vulcains ne doivent même pas être en mesure d'agir ainsi. Mais mon compère est à moitié humain... Il ressent des émotions j'en suis certain même s'il s'en défend. Il ne peut pas me mentir à moi.

- « Capitaine. Quel est le sujet de votre visite ? »

Le ton est incroyablement formel. Il ne s'exprime plus ainsi devant moi, depuis les tout premier jours. Son visage est fermé en un masque de stoïque froideur. Il ne me laisse plus l'approcher. Au propre comme au figuré. Je m'en sens aussi blessé que heurté. Il fait barrière de son corps pour m'empêcher d'avancer. Je carre les épaules et passe devant lui comme si de rien n'était avant de m'affaler purement et simplement sur son lit. Surpris, il n'a pas esquissé un geste pour m'arrêter. Parfait. Ça lui apprendra à nier notre amitié. Spock me fait face. Un autre que moi, ne remarquerais sans doutes pas le léger froncement de sourcil, cette ride ridicule au dessus de son nez quand il est contrarié. Sa mâchoire à peine crispé, le nez relevé dans une attitude de défi à mon adresse. Je suis en colère désormais, sans même comprendre exactement pourquoi, mais je n'en est cure pour l'instant. Lui aussi est irrité, j'en suis certain.

- « tout va bien Spock ? »

Je contemple mes ongles comme s'ils détenaient le sens de la vie. Je le provoque, il le sait aussi bien que moi. Après tout ,c'est lui qui a commencé le duel en me considérant comme un parfait étranger. Comment à t'il osé après tout... toute notre amitié ? Je cherche à le heurter. Je veux qu'il réagisse. Voir que notre proximité n'était pas le fait de mon imagination trop fertile. Je veux qu'il riposte, qu'il me prouve que moi je peux l'atteindre, toujours.

- « Pourquoi en serait il autrement capitaine ? »

Il n'aime pas que je me prélasse dans son espace intime sans son autorisation. J'ai déjà été sur ce lit, souvent. Mais alors mon attitude était différente. Plus respectueuse. Nous jouions aux échecs. Je ne le narguais pas de toute mon arrogance affichée

- « Je ne sais pas. Vous avez été récemment blessé. Comment est-ce arrivé d'ailleurs ? Vous ne m'avez pas encore rendu votre rapport. »

Je relève à peine le menton dans une attitude de bravade pure. Les mots ont du mal à sortir de ma gorge, un poids les en empêches. Spock a été blessé. Cela aurait put être plus grave. J'aurais put le perdre et il ne semble pas en être affecté le moins du monde. J'aurais put être contraint de vivre sans lui. Cela ne se peut. Je ne le peux tolérer.

- « Il me semble que le docteur mc Coy vous a déjà raconté ce qui doit l'être »

Lui aussi paraît agacé, autant qu'un vulcain peut l'être du moins.

- « Il me semble que c'est à vous que je pose la question »

Spock me domine de toute sa hauteur. Je sens le cinglant de ma réponse. Son regard noir me sonde. J'y perçoit de l'irritation, du désarroi aussi, de l'incompréhension. Je l'affronte ne baisse pas les yeux. Qu'y lit il lui ? Quoi que ce fut, ses prunelles brillent furtivement d'une lueur plus tendre. Juste un instant. Une chimère.

- « Le dr mcCoy était en danger, j'ai réagis en conséquence »

Son ton est toujours égal, détaché. Il n'y met aucune émotions et les miennes s'intensifient, explosent.

- « Et votre propre vie ? »

Ma voix me paraît horriblement plaintive à mes propres oreilles.

- « Est ce là une brimade officielle capitaine ? »

- « Avez-vous aussi peu de respect pour votre existence Spock ? À quoi avez vous pensez bon sang en vous précipitant contre ce monstre sans en prévenir d'abord votre équipe ? N'avez vous pas songé un instant à ceux qui tiennent à vous? êtes vous à ce point égoïste Spock? »

Je lui fait face. Il est plus grand que moi, mais j'ai en l'instant une irrépressible envie de le cogner. Il a mit sa vie en danger. Sans penser le moins du monde aux autres. Sans penser à moi. à moi sans lui. Spock c'est montré égoïste. Je ne pensais même pas ça seulement possible. Je le réprimande d'avoir été inconséquent. Dans d'autres circonstances, j'en rirais de bon cœur. Mais là le mien hurle à la mort. J'ai le sentiment qu'il va imploser d'un trop plein d'émotions contradictoires.

- « à votre vie sans lui. »

La réponse est sincère. Brut. Je ne sais que dire. Spock viens littéralement de me laisser sans voix. Léonard en serait épaté, lui qui essaye depuis des années sans grands succès.

Ma colère est toujours là, je la sens qui couve. Comment peut il ne serais ce que penser que je m'en sortirais mieux sans lui ? Léonard est ma famille certes, je ne m'en cache pas. Spock s'en sert désormais contre moi pour justifier une de ses actions les plus stupide ? Derrière ma hargne se cache autre chose que je ne suis pas près à reconnaître. Je suis terrifié. Un instant à presque suffit à me l'arracher. La douleur reviens fantôme indésirable. Je voudrais lui hurler qu'il n'aurait pas dut. Que je n'ai besoin de personne pour me protéger. Qu'il n'a pas besoin de se sentir responsable au point de prendre soin de ceux que j'aime. Que je le fais très bien tout seul. Mais la vérité est toute autre. Sans lui il n'y aurait plus de Léonard. Sans lui, j'aurais encore perdu un frère.

Je ne peux plus longtemps l'affronter, alors comme le morveux que je me défend d'être, je tournes les talons et je le laisse là en plan, les bras ballant.

à peine arrivé dans ma chambre je me saisis à nouveau de papier et d'un crayon abandonné là sur mon bureau.

« Tu es le plus grand crétin que l'univers ai jamais abrité Sopck. Ou peut être que c'est moi. Je ne sais plus vraiment. Je suis en colère. Tellement en colère. Je n'ai jamais rien sentit d'avoisinant. Ou peut être qui si une fois. Juste une fois. Quand j'ai fusionné avec l'autre toi. Je ne te l'ai jamais dit, mais pour me prouver qu'il ne me mentait pas, il a partagé son souvenir le plus douloureux avec moi. C'était ma mort ou plutôt celle de cet autre moi.

Il a tant vécu. La perte d'Amanda. De toute sa planète d'origine. Pourtant ce qui lui ronge le cœur, ce qui l'a presque conduit à la folie, c'est la mort de son capitaine. J'ai compris lors de cet échange qu'il n'était pas seulement ça pour lui. Ils n'étaient pas seulement ça. Mais bien plus. Tellement plus. Cet autre Spock, cet autre Jim...

Il l'aimait. D'un amour total, plein, entier. Quand il est partit, quand Jim est mort... Spock n'a ressenti que du vide, que du rien, une immense douleur paralysante. Saisissante. Tout était une épreuve. Il a eut le sentiment qu'il ne pourrait plus jamais respirer sans lui. Puis il c'est souvenu, s'il avait mal de manière aussi intense, c'est que ça avait existé, c'est que Jim avait existé. Il continue à vivre sans lui, plutôt pour lui je crois. Pour son souvenir. Pour leurs souvenirs.

Je ne sais trop comment, mais j'ai ressentis ta douleur Spock. Je sais tu n'y crois pas. C'est impossible. Pourtant j'en suis certain. Je la sens encore de manière moindre. Je t'ai sentis. Je t'ai même suivis je crois. Je ne sais pas trop où. Ce que je sais, c'est que j'ai ressenti une version atténuée de la terreur du commander. C'est terrifiant Spock. Une vie sans toi, c'est terrifiant. »