Et voilà enfin le nouveau chapitre désolé j'ai été un peu lente ^^

je vous souhaites toutefois une bonne lecture


Une mine concentrée. Des doigts fins qui couraient sur la console lui faisant face. Des sourcils très légèrement haussés. Jusqu'où pouvaient-ils aller d'ailleurs ? Une mâchoire à peine crispée, un menton volontaire. Des lignes fines sur un visage anguleux. Des cheveux noirs de jais où dansaient des reflets bleutés, un regard profond tout aussi sombre. Une peau verdâtre qui s'intensifiait sous la gêne ou la colère. Être vert de rage n'avait jamais pris autant sens pour moi.

On faisait tout un monde de la logique vulcane, comme étant un exemple ou une honte, les avis divergeaient. Mais qu'en était il de la douceur pure ou de l'amour sans limite vulcain ? Ça c'était un fait jalousement gardé. Spock l'avait partagé avec moi pourtant, je m'en sentais privilégié, comme choisis. Par qui, par quoi, la question subsistait sans réponse.

Je ne parvenais pas tout à fait à me concentrer sur mon rapport. Rien de bien intéressant, une simple formalité pour classifier la planète ka'hann selon sa géologie, ses reliefs, son climat. Spock était bien plus fascinant. Il m'avait demandé de réfléchir il y avait quelques jours déjà. Depuis nous n'avions eût que peu l'occasion d'être seuls. J'avais donc été contraint et forcé de songer à ce que mon premier officier m'avait demandé. Il voulait que je sois près à une relation avec lui. Mais je l'étais quoi que cela implique. Là était probablement le problème d'ailleurs. Mon ignorance sur le sujet. Il n'était pas facile de savoir ce qu'être avec un vulcain signifiait. Il m'avait parlé de la jalousie et également le côté exclusif et irrémédiable de ce genre de couple. Je n'en savais guère plus. Une autre interrogation me serinait. Qu'en était il des relations intimes dans leur culture ? Je savais qu'ils avaient pour horreur tout ce qui était du domaine du ressentis et des émotions. Mais ils procréaient. Ils ne s'éteignaient pas et il y avait des enfants vulcains. Donc ils avaient sans doutes des relations sexuelles, mais comment ? Et leur anatomie était elle semblable à celle des humains ? À quoi devais-je m'attendre ? Je ne voulais en rien mettre la pression à Spock, je voulais juste être près, ne pas me sentir pris au dépourvus, pour ne pas risquer de me montrer maladroit, de blesser Spock d'une quelconque manière. J'avais besoin de réponses à mes questions. J'avais déjà établi que quémander à Sarek des conseilssur comment faire la cour à Spock était une idée déplorable, lui demander comment lui faire l'amour n'en était pas une meilleur, loin de là. Ma seule autre option c'était Spock lui même. Pas l'alternative la plus romantique cela dit.

Oui, Spock avait raison, comme toujours. Nous devions avoir une véritable discussion.

Je me levais donc et me dirigeais vers mon adorable vulcain.

- « Spock, une partie d'échec vous direz t'il ce soir ? »

Le ton n'était ni formel, ni familier. Juste courtois. Sans nous adonner à une comédie, d'un accord tacite, nous nous comportions comme avant, pour l'instant rien n'avait été dévoilé à l'équipage, puisque pour le moment rien n'était vraiment acté. Il n'y avait pas grand chose à dire. Bientôt les choses seraient différentes, je l'espérais du moins. J'avais besoin de comprendre ce qu'il en était de nous, pour ensuite en faire part à ceux qui m'étaient chers. Leonard en tout premier lieu. Sa réaction ne manquerait pas d'être hilarante. J'en exultais d'avance.

- « Naturellement capitaine. Rejoignez moi dans mes quartiers à 20h, si cela vous conviens»

à nouveau ce faux sourire, celui qui n'éclairait que ses yeux. Voilà, les vulcains souriaient avec leurs yeux, mais ils souriaient bel et bien. Je surprenais le regard de Spock glisser sur mon visage pour s'arrêter contemplatif sur mes lèvres. Je laissais un sourire narquois s'épanouir sur mes traits.

- « Vous pensez trop fort Spock »

Je le narguais un ton plus bas, pour n'être entendu que de lui. Ses joues verdirent adorablement et il remonta ses yeux vers les miens.

- « A ce soir capitaine »

Cette simple phrase avait pour moi le goût d'une promesse.


Dans moins de 30 minutes, je suis attendus dans les quartiers de Spock, pour une partie d'échec. En théorie.

Je suis nerveux et ça ce n'est pas seulement théorique.

Pour m'apaiser je saisis du papier, un crayon et m'installe à mon bureau. Je grimace à la pensée d'un Léonard triomphant « Tu vois que l'écriture fonctionne comme exutoire sur toi ». Je l'entends presque d'ici. Jamais je ne lui avouerais qu'il avait raison, il ne me laisserait plus jamais vivre en paix, après cela. Je tenais à ma tranquillité et mon orgueil ne l'aurait pas supporté je tairais donc cet immense secret que j'emporterais avec moi dans ma tombe.

« Je suis nerveux. Je ne suis jamais nerveux habituellement. Mais la situation n'a rien d'habituelle. Hormis en apparence peut être. Pour un œil non aguerrit, du moins. Une simple partit d'échec. Pourtant j'ai l'impression de jouer ma vie. C'est un peu le cas à dire vrai. De quoi ai-je si peur ? Que Spock me dise impassible, finalement mauvaise idée, restons amis ? Il ne le fera pas. Pourtant une sale petite voix insidieuse dans mon crâne, me chuchote que m'abandonner et monnaie courante pour ceux à qui je tiens. Mon père, mon frère, ma mère... Ils l'ont tous fait après tout. Je sais, je suis injuste. Ils ne l'ont pas choisis. On ne choisit pas de mourir, je suppose que pour ma mère, on ne choisit pas non plus de vivre... Je suis injuste, mais j'en ai le droit. De moi à moi, personne ne me juge.

On ne choisit pas non plus d'avoir peur, j'imagine. Je ne veux pas me laisser guider par mes craintes. Pas avec Spock. Il ne mérite pas un idiot incapable de s'ouvrir, de s'engager... Il mérite bien mieux. Mais peut être suis-je plus que cela avec lui ? Je suis bien près à me lier à lui ad vitam eternam. Je le suis sincèrement et de cela je n'ai pas peur. Doux paradoxe. Moi qui il y a quelques temps encore, trouvais le simple fait de dormir avec une de ses conquêtes bien trop intime. Mais c'est Spock. Je suppose que tout s'explique par ce simple fait.

Parce que c'était lui, parce que c'était moi. J'avais lu cette déclaration d'amitié de Montaigne et elle me revenait en mémoire à l'évocation de Spock. Parfaitement à propos.

J'avais été terrifié longtemps à l'idée de laisser un autre être suffisamment proche de moi, pour que son départ me fasse mal. J'avais confiance en Spock. En tant que mon premier officier je lui confiais régulièrement mon vaisseau et ma vie et le faisais sans l'ombre du moindre doute. Parce que c'était Spock. Je tente de m'exhorter au courage. Tout ira bien. Je pouvais me fier à lui, m'abandonner à lui. Il n'en abuserait pas, ne me laisserait pas. Pas lui. Impossible. »


Je revêtis la simple tenue décontractée fournie par starfleet et me dirigea vers la chambre de mon compère.

- « Entrez Jim »

Pas de capitaine cette fois. Nous sommes seuls après tout. Cette simple marque de proximité efface tous mes doutes. J'entre sans craintes et m'installe pour notre partie d'échec rituelle.

Après trois parties l'ambiance est plaisante, détendue. Nous parlons peu, mais entre Spock et moi les silences ne sont pas gênants. À mon sens, c'est aussi cela être proche d'un autre, ne pas forcément se sentir obligé de combler un vide. Vide qu'il n'y a d'ailleurs aucunement dans notre relation.

- « Vous faites preuve de patience capitaine, j'en suis positivement étonné. »

Il fixe l'échiquier et son ton est ouvertement railleur, pour un vulcain, mais je ne suis pas dupe. Il ne parle pas de ma stratégie de jeu et il se moque de moi, comme en atteste son « capitaine ». Il m'appelle ainsi quand nous sommes seuls, pour me taquiner. Je trouves ça amusant et lui souris

- « je suis quelqu'un détonnant Spock »

Encore ce faux sourire qui me fait fondre

- « J'en conviens capitaine »

Il me provoque ! C'est agréable. Notre complicité est palpable et j'en suis ravi. Je n'ai donc pas imaginé notre dernière entrevue. Ses doigts se posent sur l'échiquier pour en bouger une pièce, le cavalier.

Ils ont dansé sur ma peau agiles, ont joué avec la pulpe de mon index et de mon majeur en ce baiser vulcain qui m'était jusqu'alors inconnu. Ozh'esta!C'était le nom qu'ils lui donnaient. Cela au moins j'avais put le trouver. Ses lèvres c'étaient posées sur les miennes, impérieuses. J'avais fourragé dans les cheveux foncés, avais sentis la chaleur de son corps contre le mien. Les vulcains avaient une températures corporelles élevée. Je voulais me blottir contre Spock, sentir son contact brûlant sur moi

- « Capitaine, vous pensez trop fort, encore. »

Il m'offrait une mine mi-amusée mi- intéressée. Visiblement mes pensées ne le gênaient pas. Bien au contraire. Tiens donc. Qui me provoquait quelque minutes auparavant ? Je laissais donc mes divagations dérivent ou bon leurs semblaient, un sourire narquois fixé à mes lèvres. Je songeais à Spock accroché à mon épaule approfondissant de fait notre baiser, à ses joues légèrement verdies, à ses pommettes saillantes que j'avais envie de couvrir de baisers, à ses oreilles en pointes que je voulais croquer . Je pensais allègrement aux lèvres de Spock que je voulais goûter, découvrir à nouveau encore et encore.

- « Veuillez m'excuser, je vais faire l'effort d'y remédier »

Sa mine soupçonneuse est parfaitement risible et adorable et j'avais le plus grand mal à garder mon sérieux.

- « Vous n'en pensez pas un mot. »

Je laisse échapper un rire léger devant les sourcils froncés et la bouche faussement boudeuse.

- « C'est vrai »

Ses yeux brillent d'un éclat que j'identifiais désormais sans difficultés. Malice et affection.

- « Avez vous songé à notre dernière discussion ? »

Je m'étouffe avec ma propre salive, toussant, retrouvant difficilement ma dignité et ma respiration. Un humain pouvait il mourir ainsi ? Il faudrait que je pose la question à Léonard. Spock était déconcertant la plupart du temps. Il me faudrait me pencher sur la question, si je ne voulais pas trépasser de manière aussi idiote. Cela m'embêterait que l'ont se souviennent de moi comme le plus jeune capitaine de l'histoire de starfleet, mort pour s'être étouffé face à une remarque inopinée.

- « Je souhaite que vous me fassiez part de toutes les questions que vous vous posez. Ensuite, j'aimerais m'entretenir avec vous de certaines données, pour que vous puissiez prendre votre décision de manière totalement éclairée. Pour finir, j'accepterais votre choix quel qu'il soit. »

Je lèves les yeux au ciel tout en soupirant de manière théâtrale, comme s'il y avait le moindre doute sur ma réponse. Il me laisse faire sans broncher, impassible à mon côté mélodramatique.

- « D'accord c'est inutile, mais comme vous voudrez. Vous m'avez parlé de jalousie excessive c'est à dire ? »

J'essayais de commencer par une question facile et il n'y avait que celle ci qui m'étais venu à l'esprit.

- « Un vulcain est possessif par nature. De manière encore plus entière quand son compagnon est également son t'hy'la. Cela implique que je supporterais difficilement qu'un ou une autre s'approche de vous. »

Il essai d'adopter un ton neutre et distant, mais je ressens que cette conversation nécessaire ne l'enchante pas.

Il ressent le besoin de tout me dire, l'envie c'est autre chose. Il ne veut rien omettre de ce qu'il est, cela aurait été pour lui l'équivalent de me mentir et il se le refusait. Il veut que je sois pleinement conscient de tout, même si pour cela il doit lever le voile sur des tabous vulcains.

Je percevais indistinctement les pensées de Spock, comme s'il me parlait à distance dans un brouhaha. C'était cela, le lien t'hy'la. Je commençais à en comprendre la portée, et voulais en découvrir davantage.

- « C'est à dire, quels en sera les manifestations ? »

J'essaie de me concentrer au mieux sur notre conversation. Elle est primordiale après tout.

- « Habituellement minime. Je sais me contrôler. En temps normal »

Ces derniers mots ils les a prononcé d'un ton très bas et ils lui avaient écorché la bouche en étant prononcé. Il ne me regarde plus. S'adonnant à la contemplation du plateau de jeu. Je comprenais qu'il lui fallait du temps pour s'expliquer sur ce qu'il allait dire. Un secret visiblement. Je n'y pipes mot, mais savait que ça ne durerait pas. Spock m'expliquerait quand il serait près. Il avait tout son temps. Je patienterais.

- « Votre sollicitude me touche. Comprenez qu'il est difficile pour moi de converser de cela avec vous. Mon peuple n'en parle pas, même entre nous. C'est honteux. Incroyablement honteux. Mais il me faut pourtant vous en faire part. Je ne veux risquer de vous duper. Vous devez tout savoir, pour prendre votre décision en connaissance de cause. »

Les mots franchissent ses lèvres avec grandes difficultés. J'hésitais un instant à m'approcher de lui et puis au diable les convenances. Je m'assis devant Spock à même le sol, posant mes mains sur ses genoux. Il ne fuit pas le contact, l'acceptant même avec ce qui me semblait être, une reconnaissance mesurée.

« Les émotions sont néfastes. C'est l'une des croyances de mon peuple. Nous les refoulons donc. Mais il y a une contrepartie à cela. Le Pon'far. »

Ce dernier mot il l'a lancé comme une injure. Du moins, c'est comme ça que moi je jurais. Je lui laissais encore du temps, traçant des arabesques imaginaires sur ses genoux pour l'apaiser. Quoi qu'il ai à me dire, ce n'est pas chose aisée pour lui. Je veux seulement l'assurer de ma présence. Quoi qu'il advienne

Après un long moment salutaire, il reprend, déterminé à aller jusqu'au bout de son explication.

- « On appelle cela la fièvre de sang. Pendant cette période, qui arrive une fois tout les sept ans, nous n'avons plus contrôle ni sur nos émotions, ni sur nos actes. Nous devons nous reproduire à tous prix. Pour ceux n'ayant pas trouvé leur t'hy'la n'importe quels partenaires est acceptable, c'est une question de vie ou de mort. En cas contraire, seul le t'hy'la est concerné par cette soif de sang. Vous comprenez donc aisément pourquoi je vous en fait part. Vous êtes mon t'hy'la Jim. ce sera donc vous la cible de ma fièvre de sang. Si une personne s'approche de vous dans cette période, je risque de me montrer ...violent. Le Pon'far l'est également en lui même. Je risque de vous blesser Jim. C'est loin d'être un accouplement tendre. Les vulcains peuvent être doux, mais pas en ces circonstances. Toutefois, il y a une faible chance pour que mon sang humain m'en préserve. Je n'ai pas encore atteint l'âge pour mon premier Pon'far. Je serais fixé d'ici approximativement un an. C'est malheureusement une donnée variable.»

Cette confidence était pour lui douloureuse et j'éprouvais une certaine reconnaissance teintée de fierté. Il me faisait suffisamment confiance pour partager avec moi les secrets vulcains, il était suffisamment attaché à moi pour me faire part, même de ce qui le répugnait de lui même. J'éprouvais une tendresse singulière pour la force de Spock. Il ne me montrait pas seulement son meilleur jour, il m'offrait tout. Je tentais de choisir mes mots avec le plus grand soin, en attendant qu'il assume suffisamment ses dires, pour croiser mon regard. Ce qu'il fit. Je me noyais allègrement dans les prunelles foncées.

- « Nous serons fixés Spock. Je ne pars pas. »

Je mets toute la tendresse du monde dans ma voix, avant de lui faire l'offrande salutaire de changer de sujet pour quelque chose de plus léger.

- « Vous savez je ne suis pas non plus enclin à vous partager, Spock »

Je tentes un sourire timide à son adresse. Il me le rend avec ses yeux, bien sur

- « J'ai pourtant ouïe dire, que partager vos partenaires ne vous avez pas toujours dérangé »

- « Vous c'est différent. »

Les mots ce sont échappés de ma traîtresse de bouche sans que j'ai pu les en empêcher. Il était vrai c'était Spock tout était différent.

- « Je veux que vous soyez mien et être votre. De manière exclusive, totale, excessive ».

Il entrelace nos doigts et m'offre un baiser vulcain, je lui souris en posant mes lèvres sur les siennes. Un baiser léger, délicat au goût de promesse. J'ai répété ses propres mots, qui reflètent parfaitement mes pensées. Pris d'une inspiration soudaine, je saisis délicatement l'une de ses mains et la place d'autorité sur ma tempe dans une demande tacite mais parfaitement claire. Je savais qu'une fusion mentale cèlerait notre lien et c'était exactement ce que je voulais

- « Jim, j'aimerais que votre décision soit prise de manière impartiale. Il y a encore de nombreux points à aborder »

je lui coupe allègrement la parole impérieux.

- « Des choses que nous ne pouvons pas traiter ensuite? »

- « Probablement pas »

Il abonde dans mon sens avec un regret visible.

- « Spock je n'ai jamais été aussi certain de vouloir quelque chose de toute mon existence. Je suis sur, si vous vous ne l'êtes pas j'attendrais. Je n'ai pas peur. Vous ne m'avez rien caché et j'agis en connaissance de cause. C'est une union à vie, j'en suis conscient et m'en trouve comblé. Je ne m'imagine plus sans vous de toute manière. Vous m'avez parlé du Pon'far, qui vous dégoûte tant. Je ne vous laisserais pas Spock. Je serais avec vous et agirais en conséquence. Quelques ecchymoses ne m'arrêteront pas. à dire vrai, rien ne m'arrêtera. Hormis vous Spock. Vous n'avez qu'un mot à dire et ...»

- «t'hy'la»

Avec une déférence non feinte, Spock place sa main sur ma tempe et son front sur le mien.

- « Mon esprit dans le tien, ton esprit dans le mien.»


Et voilà mes bons.

Je voulais traiter la questions du Pon'far avant qu'il n'y ai quoi ce soit de plus tangible entre eux. ^^