Titre : Treasures

Auteur : yeaka

Résumé : Il arrive que les Vulcains lui demandent commment il a réussi à se lier à un compagnon aussi exotique. Parfois, il se pose lui-même la question.

Disclamer : L'univers de Star Trek ne m'appartient pas.


Hello :) J'espère que vous avez passé une bonne semaine. Honnêtement, je n'ai pas eu le temps de relire ce chapitre (j'ai eu des contrôles et j'ai tout juste pu terminer de traduire ce chapitre à temps), alors n'hésitez pas à me dire si vous remarquez quelques fautes et je tenterais de le corriger ce week-end. J'espère en tout que, s'il y en a, cela ne vous gênera pas dans votre lecture !

Je vais essayer de terminer le quatrième (et dernier chapitre) dans les temps, mais il est plus long que tous les autres, donc je risque d'avoir un peu de retard malheureusement :) Bonne lecture, et à la semaine prochaine !


Chapitre 3 :

Sarek a son propre bureau à proximité du pont principal. Il y a une table avec un ordinateur, un grand écran présentant généralement une image de Vulcain, et c'est à peu près tout. Spock est assis sur la chaise devant le bureau, parfaitement conscient que son temps arrive à son terme.

« Tu commences à ressentir des changements ? » Demande Sarek sans lever les yeux de l'ordinateur. Il joint les mains et appuie son menton contre eux, ses yeux s'arrêtent sur des mots que Spock ne peut voir.

Spock veut dire non. Il veut que la méditation fonctionne. Ce n'est pas le cas. Il rêve de l'humain quand il dort, et ses yeux s'attardent plus qu'ils ne devraient. Il répond simplement :

« Tout va bien. »

Sarek acquiesce. Il éteint finalement l'ordinateur, se concentrant totalement sur Spock. Comme s'il commentait juste la météo, il dit :

« Ton potentiel compagnon a rencontré une fin malheureuse. » Spock hoche la tête. « Un autre doit le remplacer. Il est venu à mon attention que tu n'étais pas le seul Vulcain à bord à entrer en Pon Farr. Sa compagne est décédée dans le même accident. C'était une période malheureuse pour nous tous. »

Spock ne savait pas qu'un autre vulcain s'approchait du Pon Farr. Ça doit être un homme, ou Sarek les liera par commodité. Les Vulcains peuvent se lier avec des hommes, mais l'arrangement n'est pas idéal. Les hommes ne peuvent pas avoir d'enfants. Spock veut demander quel est cet autre Vulcain, mais il sait qu'il ne devrait pas.

« Suval. » Répond Sarek à sa question silencieuse. « Un pilote de navette alpha. Il sera un rival formidable, si tu as la possibilité de choisir entre les candidats que le Conseil te présentera. Il est essentiel que tu continues à méditer et à te retenir. »

« Je le ferai. »

« Il est tout aussi vital que tu ne te laisses pas distraire. »

Spock se raidit plus qu'il ne le voudrait. Il sait exactement de quoi parle Sarek, et il n'en est pas fier. Tout ce qu'il peut faire, c'est prétendre qu'il n'y a rien à craindre malgré ses propres peurs.

« Je comprends. »

« Bien. »

Et juste comme ça, Sarek retourne à son ordinateur : il le congédie. Spock se lève de son siège, lisse son uniforme, et s'en va.

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Il n'a aucune information sur les éventuels partenaires qu'il pourrait rencontrer sur Vulcain. Sarek ne lui en donne aucune. Apparemment, ça ne semble pas important qu'il rencontre à la dernière minute la personne à qui il sera lié pour le reste de sa vie.

Suval est un Vulcain particulièrement beau que l'on croise principalement aux alentours du hangar à navettes. Où Jim se trouve également le plus souvent. Spock passe plus qu'il ne devrait voir si les deux interagissent, mais ils ne se parlent jamais.

Ou plutôt, Suval surveille régulièrement Jim comme beaucoup d'autres Vulcains, mais Jim est seulement sympathique avec eux, pas intime. Il ne rit pas de leurs blagues, ne touchent pas leurs mains. Spock ne connait pas Suval ; il n'a pas l'intention de changer cela.

Spock ne devrait pas vouloir parler avec Jim, non plus. Dans un effort pour mettre de la distance, il travaille tard. Quand il arrive à la cafétaria deux heures après le créneau habituel, il la trouve vide. Son estomac se serre, mais il sait que ça sera plus facile comme ça. Il ne peut pas se permettre de s'attacher plus qu'il ne l'est.

Il se détourne du synthétiseur, tenant une assiette, quand Jim franchit la porte, marchant directement vers lui. Spock se force à choisir une table et à s'assoeir comme s'il était toujours seul.

Jim commande des spaghettis – un plat qui nécessite l'utilisation d'une fourchette, Dieu merci – et le rejoint.

« Comment était le travail ? » Lui demande-t-il en s'asseyant.

« Adéquat. Et le tien ? » Spock essaye d'être aimable.

Jim lève les yeux sur lui. « Terminé il y a un moment. Comme le tien, à la réflexion. Tu as été retenu, ou … ? »

Pendant un instant, Spock a cru qu'il pourrait s'en tiré. Et maintenant, il est mal à l'aise, et doit choisir entre mentir ouvertement ou faire face à la vérité. Les Vulcains ne sont pas connus pour être des menteurs. Jim avale une fourchette de pâtes, puis laisse tomber sa main sur la table ; l'autre atteint le genou de Spock sous la table. Un frisson lui remonte le long de la colonne vertébrale.

Au lieu de répondre à la question, il demande avec plus d'insistance :

« Pourquoi est-ce que tu me touches tout le temps ? »

Jim hausse les épaules.

« Parce que j'en ai envie. »

Il se penche un peu plus près, ses doigts remontant un peu plus haut. Le pouls de Spock dépasse son rythme habituel. Ils sont seuls dans la pièce, mais ça ne rend pas cela plus approprié.

Comme Spock ne répond pas, Jim ajoute :

« Ecoute, je ne peux pas t'expliquer pourquoi je veux le faire, d'accord ? Je sais juste que je suis attiré par toi, et je pense que tu ressens la même chose. Je veux dire, allez … on s'amuses ensemble, non ? »

Il sourit comme il le fait toujours, lumineux et brûlant.

Il n'y a rien de logique dans l'amusement. « Oui. » Mais ça ne veut rien dire.

Ça ne peut pas marcher. Ça ne peut pas marcher. L'anxiété du Pon Farr a un effet effrayant sur lui.

Et il sait que Jim sera là pour lui s'il lui demande. Mais il ne peut tout simplement pas. La main de Jim ne monte pas plus haut, mais elle le serre de manière rassurante. Peut-être que Jim peut voir la tourmente en lui.

Spock ramasse son plateau, se lève et dit :

« Je suis désolé. Je … suis plus fatigué que je ne le pensais. » Il déteste quand Jim ne le touche plus ; celui-ci fronce les sourcils. « Je te pris de m'excuser. »

Spock lui tourne le dos et s'éloigne.

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Son esprit est agité, mais pas productif. La méditation n'a aucun effet. Spock fixe son plafond à travers les ténèbres quand son communicateur émet un bip. Il se retourne et l'attrape sur sa table de nuit, se demandant vaguement pourquoi quelqu'un le contacterait via un communicateur plutôt que par ordinateur au milieu de la nuit. Il s'attend à entendre Sarek.

Mais c'est la voix de Jim qui résonne. « Désolé, tu es réveillé ? »

Même avec ça, Spock se sent … mieux.

« Je le suis maintenant. » Et il l'était avant ; ce n'est pas un mensonge.

Jim soupire.

« Ah, désolé. »

« Ce n'est rien. De quoi as-tu besoin ? »

« Entendre ta voix. » Alors que les joues de Spock deviennent vertes sous l'afflue sanguin soudain, Jim rit : « Est-ce que c'est trop ringard? Tu as déjà eu un chien ? »

Eh bien, c'est très aléatoire. Spock n'est pas sûr de savoir par quoi commencer, alors il prend le temps de répondre. Il s'ajuste sur le lit, tire les couvertures un peu plus haut. Il est déjà difficile de ne pas penser à Jim à chaque instant quand celui-ci l'appelle.

« Est-ce que les Vulcains ont des chiens ? » Demande Jim quand il ne répond pas.

« Non, nous ne le faisons pas. »

« Ah, c'est une honte. Des chats, alors ? »

« Si tu parles d'animaux domestiques, oui, j'en ai eu un. »

Il a l'impression d'entendre le sourire de Jim, ce qui est évidemment impossible. « Cool. C'était quoi ? »

« Un sehlat. »

« Qu'est-ce que c'est ? »

Spock doit réfléchir un moment. « On dit que ça ressemble à un ours en peluche humain, mais plus grand, de la largeur d'un adulte mais de la taille d'un enfant. Il a le dos voûté, de la fourrure épaisse, et marche à quatre pattes. » Il fait une pause, puis il reprend : « Pourquoi tu me demandes ça ? »

« On dirait pas un ours en peluche. »

Spock fronce les sourcils ; ce n'est pas ce qu'il a demandé. Mais Jim fait soupire finalement :

« Je suppose que j'essaie de faire la conversation. C'est difficile d'avoir un peu de temps seul avec toi sur ce vaisseau. Je veux apprendre à mieux te connaître. Tu aimerais être sur un vaisseau de la Fédération avec moi ? »

C'est au tour de Spock de poser des questions.

« Pourquoi un vaisseau de la Fédération ? »

« Avec on pourrait explorer l'univers. Je veux dire, ne te méprens pas, la recherche de la connaissance et tout, c'est louable, mais … pourquoi passer sa vie à observer des plantes alors qu'on pourrait découvrir de nouvelles planètes ? »

Spock le sait. Mais il doute que Sarek approuve qu'il serve sur un vaisseau d'exploration rempli de tant d'espèces aussi … imprévisibles. Les Vulcains sont des créatures méthodiques. Pourquoi explorer l'univers alors qu'ils ne comprennent pas encore le leur ? Mais, il y a aussi une partie de Spock – une partie plus humaine – qui a encore des questions :

« Et tu serais le capitaine de ce vaisseau ? » Demande-t-il.

« Naturellement. » Rit Jim. « Tu pourrais être mon premier officier. Je vais avoir besoin d'un bon officier scientifique. On pourrais voyager à travers les étoiles, et tu pourrais étudier tout ce que tu veux. »

Spock se sent ridicule de l'avoir imaginé. Le concept des rêveries est une de ces choses que les humains font et qu'il ne comprend pas. Mais Jim lui peint quelque chose de très intriguant, de très séduisant.

« Spock ? »

« Je suis là. »

« Tu accepterais d'être mon premier officier ? »

Spock hésite. Sa bouche parle avant que son esprit ait le temps d'y penser.

« Je pourrais l'envisager. »

Il peut presque sentir Jim rayonner. Jim ferait probablement un bon capitaine.

Ils parlent beaucoup trop longtemps, et Spock n'éteint pas son communicateur avaint que, quelques heures plus tard, Jim s'endorme de l'autre côté.

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Les doigts de Spock sont toujours autour de son peigne. Il regarde son reflet. Ses cheveux sont parfaits, son uniforme est parfait, et sa posture est rigide comme toujours.

Quelque chose est éteint, et il ne sert à rien de l'ignorer. Il sera forcer d'y faire face tôt ou tard. Il devra faire face aux autres.

Il est … attiré par Jim Kirk. Il ne peut le nier. Il pense trop à lui. Il commence à se demander quel vaisseau Jim commandera. Spock n'a plus aucun doute, Jim sera un jour capitaine. Il est un peu cavalier et trop confiant, mais il est toujours indéniablement talentueux et charmant. C'est un homme qui sait ce qu'il veut et comment l'obtenir.

Apparemment, ce qu'il veut, c'est Spock.

Spock, lui, veut …

Les portes s'ouvrent quand il se dirige vers elles, jetant le peigne sur son bureau. Il est l'heure de faire son devoir.

Les couloirs sont froids et ont l'air de se refermer sur lui. Peut-être à cause du manque de sommeil. Il a besoin de récupérer le compte-rendu de sa nouvelle mission ; il a terminé l'autre hier.

Sarek est sur le pont. Il se lève dès que Spock entre, se dirige vers son bureau, et Spock sait qu'il doit le suivre. Les ordres ne sont généralement pas donnés en privé, mais il peut tujours espérer que c'est bien de cela qu'ils vont discuter.

Dès que les portes se referment derrière eux, Sarek se tourne vers lui, les bras derrière son dos. Il ne s'assoit pas, ni n'autorise Spock à le faire. Il se contente de le regarder, neutre, avant de parler :

« Tu dois rompre tes liens avec le Lieutenant Kirk. »

Les deux sourcils de Spock se lèvent. C'est sa façon d'exprimer subtilement qu'il ne contrôle plus rien ; son cœur veut battre plus vite, et ses poumons veulent arrêter de fonctionner. Le Pon Farr se rapproche chaque jour.

Quand Spock ne répond pas, Sarek demande :

« Tu le feras ? »

Spock ne peut pas dire oui. Alors, il l'interroge à son tour :

« Pourquoi devrais-je le faire ? »

Il sait. Il sait. Mais, il y a encore une partie de lui qui refuse de l'écouter.

« Tu sais pourquoi, Spock. Le moment approche où tu devras te choisir un compagnon pour le reste de ta vie. »

Sauf que Spock ne choisira pas ; il n'aura pas le choix. Sarek se détourne et fait le tour de son bureau, s'assoit sur sa chaise. Spock ne bouge pas.

« Il est imprudent de commencer une relation qui pourrait compliquer ton avenir. Je t'accorde le bénéfice du doute, et suppose que tu ne t'attends pas à ce que le lieutenant soit un danger pour ton compagnon. Cependant, maintenant que tu es plus que vulnérable au Pon Farr, il y a des chances à ce que tu sois extrêmement confus le jour où ça arrivera. Ce serait expotentiellement malheureux qu'il soit dans les parages à ce moment-là. Nous trouverons un candidat bien plus adapté quand nous arriverons sur Vulcain. »

Spock attend une suite.

Rien ne vient.

« Je comprends, Père. »

C'est la verité, mais il est définitivement contre.

Sarek acquiesce. « Bien. » Puis, « Tu peux disposer. »

Spock essaye de ne pas s'agiter avant d'être sorti du bureau. Puis, il quitte rapidement le pont, oubliant ses devoirs.

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C'est le plus long quart qu'il ait connu ; ce qui n'a aucun sens, car le temps est une constante et que le quart dure aussi longtemps que d'habitude.

Mais il ne peut pas se concentrer. Un moment, il sent son estomac se contracter. Le Pon Farr, peut-être. Ou Jim. Les deux sont mortels. Il a sauté le déjeuner. Il a sauté le dîner. Son estomac lui fait mal. Mais pas parce qu'il est vide. Jim l'a appelé et lui a demandé s'il voulait manger avec lui, mais Spock lui a répondu qu'il était occupé et qu'il avait besoin de travailler. Jim a été compréhensif. Il lui a proposé de lui apporter le thé.

Spock aurait voulu accepté. Mais il aurait difficilement pu dire oui avec une pièce pleine de Vulcains, dont l'un était son père, qui avaient les yeux fixés sur lui. Jim s'était plaint que Suval avait été hargneux avec lui, puis avait racroché. Spock avait désespérément essayé de ne pas sourire.

Maintenant, c'est la fin de la journée, et il doit faire quelque chose. Mais, tout ce qu'il veut faire, c'est se coucher, et de préférence dans les bras de Jim.

Ses épaules sont raides lorsqu'il quitte le laboratoire B. Et Jim se tient dehors, dos au mur, une datapad dans une main et une tasse dans l'autre. Il lève les yeux, fronçant les sourcils quand Spock s'approche.

« Tu vas bien ? »

Spock hésite pour quelques réponses différentes avant de se décider :

« Je vais bien. »

Jim lui tend la tasse. Un mélange de thé Vulcain. L'empathie n'est pas quelque chose à laquelle Spock est habitué. Il se sent étrange.

« Merci. »

La tasse synthétique est chaude dans sa main.

« Tu veux aller chercher quelque chose à manger ? »

Spock secoue la tête. C'est tout ce qu'il peut faire. Il porte le thé à ses lèvres ; c'est apaisant, ses yeux se ferment. C'est chaud. Les Vulcains n'ont pas besoin d'autant de nourriture que les humains ; il survivra. Mais le thé est sympa, irrationnellement parce que c'est Jim qui l'a apporté.

Jim se place à côté de lui, passant un bras autour de sa taille. Un bras autour de sa taille. Le couloir est vide. Jim commence à marcher, l'emmenant avec lui.

Spock se dégage de son étreinte et le suit, gardant le silence sur leur destination. Parler mène à des choses qu'il ne devrait pas faire. Spock sirote son thé en marchant, se dirigeant vers les quartiers d'équipage.

Mais ils s'arrêtent devant les quartiers de Jim, et celui-ci ouvre la porte. Jim le pousse dans la chambre et laisse les portes se refermer derrière eux. Spock ne comprend pas pourquoi il l'a suivi.

Jim pose le datapad sur son bureau. La pièce est fondamentalement la même que celle de Spock, que toutes les autres, à l'exception de quelques photos sur les murs, des vêtements par terre et d'une maquette d'un vaisseau de la Fédération sur la table de chevet.

Jim se tourne vers lui, entre dans son espace, et dit :

« Je sais que tu passes par cette chose – le Pon Farr, ou quoi que ce soit. Et tu ne vas pas bien à cause de ça. Parle-moi. »

Il lui faut une seconde pour réaliser que ses doigts tremblent autour de sa tasse. Jim la prend et la pose à côté du datapad, et maintenant Spock chercher quoi faire de ses mains. Elles veulent être sur Jim. Il les replie derrière son dos, essayant de se tenir droit. Il a l'impression de basculer et de tomber. Ça arrive.

Il lui faut encore quelques secondes pour réussir à parler :

« Nous ne pouvons plus nous voir. »

La surprise se peint sur le visage de Jim. Puis, il fronce les sourcils :

« Pourquoi pas ? »

« Parce que ça ne doit pas arriver. »

« Eh bien, je refuse. »

Les sourcils de Spock se rejoignent Jim a l'air parfaitement sérieux, se tenant si près, ses bras croisés sur son torse.

« Je veux dire, si tu ne m'aimes pas, d'accord, mais si c'est à cause d'une stupide tradition vulcaine, qu'ils aillent se faire voir. » Spock essaye de réprimer l'irritation quand son monde est insulté, quand Jim ajoute : « A moins que tu ne m'aimes vraiment pas … dis-moi que tu ne m'aimes pas, et je ne t'embêterai plus, je le jure. »

Sa gorge est soudain sêche. Ça serait si facile d'y mettre fin. Mais il ne peut pas mentir. Et il ne veut pas. Il sent que …

Il soupire. Il n'a pas le choix. Jim doit avoir compris, parce qu'il l'emmène vers le lit sans attendre de réponse. Spock se laisse faire, et il s'assoit, maladroit et déplacé. Le lit n'est pas fait. Ils s'assoient directement sur les draps. Les genoux de Jim frôlent les siens quand il se tourne vers lui :

« Dis-moi. Je sais que tu n'es pas censé en parler, mais je ne vais pas arrêter à moins de savoir à quoi j'ai affaire. Je veux t'aider. »

« Tu ne peux pas m'aider. »

Spock s'interrompt, Jim a l'air perplexe. Il n'y a … il n'y a pas d'autres moyens. Il sait qu'il ne devrait pas, qu'il ne peut pas, mais c'est Jim, et il n'a pas d'autres choix. Il ne peux pas rester comme ça, continuer à avoir constamment peur de Jim, tentation inébranlable le tirant vers la folie.

Jim prend sa main, la tenant fermement sur ses genoux, et il se décide :

« Personne ne devra savoir que je te l'ai dit. »

« Je comprends. »

Spock inspire profondément. Plus un tremblement qu'une véritable inspiration. Il se lèche les lèvres – une réaction nerveuse qu'il ne devrait pas avoir. Tout s'effondre.

« Le Pon Farr est … une affliction terrible dont tous les Vulcains souffrent. Il s'impose à nous à certains moments de nos vies et, quand il frappe, certains … rituels doivent être observés. »

Spock fait traîner les choses. Il sait que ce n'est pas suffisant, mais il ne sait pas comment lui expliquer. Jim tient toujours sa main, le regard implorant. Spock commence à sombrer.

« S'ils ne sont pas respectés, nous devons fous et … » Une autre inspiration. « Nous mourons. »

« Vous mourez ? » Répète Jim. L'inquiétude est partout sur son visage, et il se penche plus près, se rapprochant, ses doigts caressant le dos de sa main, ce qui rend la tâche beaucoup plus difficile pour Spock. « Tu vas mourir ? Sauf si … sauf si quoi ? C'est quoi ces rituels ? »

Spock Pon Farr est une chose honteuse. C'est difficile d'en parler.

« Nous sommes … nous devons nous marier, dans un sens. Nous lier avec un … ils sont choisis pendant notre enfance, mais il y a eut un tremblement de terre qui a coûté la vie à beaucoup des nôtres, y compris ma compagne. » Il baisse les yeux et s'écarte un peu, parce que c'est plus facile que de regarder Jim. « Nous rentrons sur Vulcain. On va me choisir un autre partenaire, c'est pourquoi nous ne pouvons pas …. nous ne devons pas continuer … » Ça.

Jim ne caresse plus sa main. Il l'a tient fermement. Il se penche, trop près, et Spock regarde toujours ailleurs, mais il peut le voir, le sentir planer autour de lui.

« Qu'est-ce que tu veux dire par choisi ? Tu ne l'as jamais rencontré ? » Demande-t-il.

Spock secoue simplement la tête. Ce n'est pas censé être important. Son père aura fait le choix logique.

« C'est ridicule ! Tu ne peux pas juste … t'accoupler avec le ou la première venue ! Je- Spock. »

Spock le regarde parce que c'est impossible de ne pas le faire ; il y a de la tourmente dans les yeux si expressifs de Jim. Il le regarde désespérément, et lui serre un peu plus la main.

Puis, Jim dit :

« Choisis-moi. »

« Quoi ? »

« Choisis-moi. » Répète Jim. « Pour être ton compagnon. Au moins, nous, on se connait. Et il y a quelque chose entre nous, tu le sais. Ça doit … ça explique tout. Pourquoi j'étais si attiré par toi, pourquoi j'avais le sentiment qu'il fallait que je viennes sur ce vaisseau. »

« C'est ridicule. »

Sauf que ça ne l'est pas, et le cœur de Spock bat soudain plus vite. Ce n'est pas ridicule du tout la façon dont il est attiré par Jim, mais un humain n'a jamais été lié à un Vulcain. Ce n'est pas si simple, mais Spock –

« Ce n'est pas ridicule. » Dit Jim, l'air sûr. Si sûr. « Tu n'écoutes jamais ton instinct ? Tu ne peux pas dire qu'il n'y a rien. »

Bien sûr qu'il y a quelque chose. Mais ils doivent s'arrêter, ou … ou …

La bouche de Jim est sur la sienne. Chaude et douce et c'est tout que Spock a toujours voulu. Jim est dans ses bras ; ils se tournent l'un vers l'autre, leurs jambes emmêlées sur le bord du lit. Les doigts de Jim sont dans ses cheveux et sur le bas de son dos, ses bras autour de ses épaules et de sa taille.

Les mains de Spock ne peuvent rester immobiles ; elles sont sur sa taille. Ses yeux sont fermés. La langue de Jim est dans sa bouche, ses lèvres sont sur les siennees, leurs nez se cognent et leurs mentons se frôlent.

La température dans la pièce se détériore gravement, et tout si vite et si parfaitement. Et Spock comprend que la folie commence à s'installer.

Il se déchire, consumé par le besoin de ne pas le faire, essayant si fort de penser à Sarek, à la logique. Il n'est pas un animal ; il ne peut pas se comporter comme un animal. Pas encore. Les mains de Jim restent dans ses cheveux et sur son dos. Ils respirent fort, mais –

« On ne peut pas faire ça. »

« Dis-moi que tu ne veux pas de moi. »

« Je ne peux pas ! » Grogne Spock, dans un complet et absolu manque de contrôle. Il tombe.

Jim a l'air tout aussi surpris mais, fougueux, il ne s'éloigne pas une seconde.

« Je te veux. » Confirme Spock. « Mais ça, c'est sérieux. C'est pour la vie, Jim. Nous pourrions, bien sûr, nous séparer, mais ça coûterait très cher ; le lien est destiné à être permanent. Et le Pon Farr en lui-même, c'est un procès. Je ne serais pas moi-même. Ça pourrait durer des jours. Même avec toi, je ne serais rien d'autre qu'un animal ; je n'aurais d'autre envie que de te ravager et te déchirer, et tu pourrais ne pas y – »

« Tu ne sais pas à qui tu parles. » Gronde Jim, tout aussi féroce. « Crois-moi, je peux gérer. Je te veux. Je veux te prendre sur toutes les surfaces planes de ce minuscule vaisseau, et je serais heureux de te laisser me prendre là maintenant. »

L'esprit de Spock a cessé de fonctionner. Il ne peut qu'écouter Jim et rêver. Jim sera un brillant capitaine. Et Spock – Spock pourrait être à ses côtés et …

Spock embrasse Jim durement, le tirant à lui, et ils tombent sur le lit. Jim grimpe sur lui, à califourchon sur ses genoux et les déplace jusqu'au milieu du lit. Jim est partout sur lui. Ses dents sont sur sa gorge, et ses mains sur sa taille, puis sa bouche vole son air. Spock a complètement perdu toute l'emprise qu'il avait sur lui-même, mais Jim est chaud et vivant entre ses mains.

Jim le laisse à nouveau respirer, embrassant le coin de sa bouche puis descend sur sa mâchoire.

« Nous ne pouvons pas faire ça. » Gémit Spock. « Nous ne pouvons pas … »

Les mains de Jim sont sur sa ceinture. Spock attrape ses poignets avec force – la force vulcaine le maintient en place –, et Spock tourne la tête pour pouvoir appuyer son front contre le sien. Spock se lèche les lèvres et dit aussi fermement qu'il peut :

« Pas nos pantalons, pas comme ça. »

Ce qui est sa façon de céder d'autres choses.

Jim hoche la tête. Jim l'embrasse fort. Il s'assoit, et, dans un mouvement fluide, enlève sa veste et tire sa chemise au-dessus de sa tête, les jetant par terre comme si de rien n'était. Les yeux de Spock parcourent avidement sa peau dorée et ses muscles parfaits.

La lumière dans la chambre de Jim n'est pas aussi forte que dans celle de Spock. Cela souligne tout et les mains de Spock veulent se lever pour le toucher, mais Jim est déjà en train de se pencher. Il descend la fermeture éclair de la veste de Spock, et Spock, qui a recommencé à l'embrasser, se redresse sur ses coudes pour l'aider. La veste va rejoindre celle de Jim sur le sol.

Jim soulève ensuite sa chemise, sans totalement l'enlever, et pose sa bouche sur la peau découverte, faisant gémir Spock.

Spock a honte de lui-même. Mais il ne peut pas non plus s'arrêter ; et Jim ne montre aucun signe d'arrêt. Sa bouche est de nouveau contre la sienne, leur ventre se touchant. Tout ce que Spock a toujours voulu. Il ne s'est jamais senti plus connecté à quelqu'un de sa vie.

Jim l'embrasse profondément, puis il s'arrête assez longtemps pur respirer. « On va … on va s'arrêter là pour ce soir mais … mais quand le Pon Farr frappera, frappera vraiment, tu me choisiras. »

Les mains de Jim remontent le long de ses flancs, et il vient poser deux doigts sur son cœur.

Une caresse vulcaine. La main de Spock reposer sur la sienne.

Il hoche la tête, et se blottit dans les bras du compagnon qu'il s'est choisi.