Disclaimer : L'histoire se situe dans le lore de Breath of the Wild. Les personnages de Ganondorf, Nabooru, Urbosa, ainsi que les diverses ethnies mentionnées, ne m'appartiennent pas.

Note : Ce texte a été réalisé dans le cadre du Concours d'Écriture 2018 sur Puissance Zelda, et a passé la première manche. Le thème était Rébellion ;
Dans une Hyrule en guerre contre les forces du mal, vous devez retranscrire un acte, décisif ou non, qui assurerait une victoire dans l'un des deux camps (bataille, espionnage, assassinat, etc…).
La présence de Link n'est pas obligatoire, vous pouvez créer vos propres personnages, mais cela doit obligatoirement se passer dans l'univers de Zelda, n'importe lequel.
Avec pour contrainte la présence d'une scène de bagarre.

Ce fut assez plaisant à écrire, ce qui n'était pas gagné car c'est la première fois que je tentais de faire un récit épistolaire. Je me suis beaucoup amusé à travailler sur cette histoire perdue gerudo, et je me dis que je pourrais peut-être la peaufiner un jour, en rajoutant des feuillets ou en développant davantage certains détails... On verra bien.

Vous le remarquerez assez vite, les chapitres sont très courts ; limite de mots oblige (maximum de 6500 mots). Mais j'ai quand même préféré découper le texte ainsi.

Merci beaucoup pour votre attention, et bonne lecture !


FRAGMENTS DE VÉRITÉ

Préface


Aussi impensable que cela puisse paraître, les feuillets réunis ici ne sont pas une fiction.

Tandis que notre continent vit ses heures les plus sombres sous l'ombre de Ganon, le Fléau, je n'ai vécu qu'avec l'incompréhension profonde de ce qui avait pu bouleverser notre monde à ce point. Quels événements avaient précédé l'arrivée de ces incroyables tempêtes de sable autour de ma ville natale, et des ombres qui semblent étouffer le château d'Hyrule ? Depuis aussi loin que je me souvienne, ma vie n'a été qu'une succession de rencontres et de voyages, toujours orientés vers ces questions qui me perturbaient profondément. J'ai grandi persuadée qu'il y avait forcément une explication derrière une telle catastrophe, une origine tangible et compréhensible. Je ne parle pas d'une raison, mais bien d'une explication – comme il y en a derrière les ouragans, les séismes, et les tempêtes. Qu'il s'agisse d'un phénomène naturel ou de quelque chose de plus profond, je ne pouvais pas mener ma vie sans au moins chercher.

Je ne compte plus les pas que j'ai faits dans le désert, sous le zénith étouffant, dans les sables aveuglants, à dos de chameaux qui fléchissaient leurs jambes sous la fatigue. Je ne m'arrêtais qu'à chaque nouvelle ruine, à chaque espoir de trouver des informations sur mon peuple, et sur l'immense civilisation qui semblait avoir été enfouie au plus profond des dunes. Presque dix ans durant, j'ai amassé dans mes sacs des parchemins, tablettes, outils, bijoux, et autres bricoles que je trouvais au cours de mes périples. Ce n'est qu'une fois rentrée chez moi que je me rendis compte que les réponses étaient sous mes yeux, que je n'avais plus qu'à assembler les pièces du puzzle.

Après dix ans de voyage, je m'attelais à une autre longue et lourde tâche : la traduction et reconstitution des présents feuillets, parmi beaucoup d'autres. Le moins que je puisse dire, c'est que la vieille langue du désert n'est pas facile à déchiffrer. Mais l'épreuve menée à bout, j'avais sous mes yeux la résolution d'une quête à laquelle j'avais, sans le savoir, déjà dédié plus du premier quart de ma vie : étudier les anciennes civilisations gerudos, et ce faisant, apprendre ce qui avait causé l'assèchement de nos puits et les tempêtes de sable inépuisables qui menaçaient notre capitale.

Toute Gerudo, ou tout voyageur ayant déjà posé une empreinte dans le sable de notre désert, connaît cette légende :
« D'une de ces femmes maudites à ne faire naître que des femmes, un homme naîtra. Cet homme mènera son peuple [au salut]. »
Il en existe plusieurs variantes, selon les localités et dialectes, mais l'idée générale d'un homme issu de notre peuple intégralement féminin remonte à très loin. Et si le cataclysme s'étant abattu il y a cent ans a effacé une grande partie de l'histoire, il n'a pas pu tout emporter avec lui, bien heureusement.

Les découvertes que j'ai pu faire au cours de mes recherches m'ont profondément bouleversée. Je ne pensais pas découvrir tant d'histoires de sang, de violence, et de cruauté pure. Devant le tableau complet, il paraissait alors évident qu'une telle histoire ait été enfouie sous terre ; personne ne voudrait l'entendre ou la raconter. Et pourtant, quelque chose me pousse à croire que c'est justement tout ce qu'elle a d'horrible qui lui donne son importance. Les vieilles paroles diront que c'est afin que cela ne se reproduise plus jamais… Mais ma formation d'historienne me dira simplement que détourner le regard de la bête qu'on égorge ne change rien à sa mort. Et qu'il est hypocrite de déguster un repas en s'entêtant à refuser de voir le sang couler.

En partageant ces feuillets avec toutes celles et ceux que je rencontre, je veux montrer le cadavre de la bête que l'on dîne – mais aussi sa vie, sa joie, sa tristesse, sa colère, sa terreur. Je veux tirer la main qui se place devant les yeux de l'imbécile heureux. En cette lecture, nous ne partagerons sans doute pas un moment facile. Mais nous échangerons un savoir, un instant de réelle sincérité ; une vérité.

Assez parlé. Je n'ai jamais aimé apprendre l'histoire par les historiens, ironiquement. J'ai toujours préféré laisser les sources parler d'elles-mêmes, et en recoller moi-même les fragments.