Je vous souhaite une bonne lecture de cette fiction que je prends beaucoup de plaisir à écrire. Je laisse à votre interprétation tout ce que vous voudrez voir dans les détails de l'écriture et j'espère que ma vision des personnages vous entrainera.

L'univers de One Piece ne m'appartient évidemment pas.

Samarlis.


L'homme qui vivait avec la Mort

« J'sais pas, encore une petite heure. »

« Y'a rien à bouffer… ? »

« Menteur ! J'ai gagné, c'est évident, demande à Bepo… »

La bonne humeur de l'équipage du Heart n'avait rien à envier à aucun autre. L'image du pont et de ces pirates formait un tableau charmant en tous points. Sourires, exclamations, et discussions animées rythmaient l'avancée du navire.

Mais n'importe qui dans le Nouveau Monde savait que ces blouses blanches n'avaient rien d'inoffensif, et qu'elles n'annonçaient que trop bien un ennemi plus puissant qu'il n'y paraissait.

Qui ne connaissait pas le nom de Trafalgar (D. Water) Law, blouse blanche par excellence, Chirurgien de la Mort à ses heures perdues et être exécrable lorsqu'il décidait d'exprimer une émotion ? A lui seul, il contrebalançait l'apparente bonhomie de l'équipage.

« Traff' est à l'intérieur ? » fit une voix sur le pont.

Effectivement, pensa le médecin sans ciller. Sa déconnexion du monde extérieur n'était qu'une façade. Il savait, entendait, voyait tout.

Chiffonné, un avis de capture gisait à ses côtés. Dessus, son propre visage.

Coincé quelque part entre l'enfant ayant perdu ce qui lui était le plus cher – il rejeta l'image de Corazon dans les bas-fonds de son esprit tortueux – et une espèce d'adolescent trop vicieux pour son âge, Trafalgar Law était trop insaisissable pour que même ses plus proches relations le cernent avec netteté.

Et à chaque fois qu'on pensait avoir touché le fond du gouffre humain, le cœur voilé de Law était là pour vous rappeler qu'il y avait encore une douleur plus profonde à trouver, d'autres couches d'horreurs à creuser pour arriver au pire.

- Traff', fit une voix de la porte derrière lui.

Avant de se retourner, le chirurgien reconnut la voix de Penguin. Son regard perçant intima silencieusement au marin de parler.

- On accoste toujours à… ?
- Ouais, lâcha Trafalgar, dont les yeux d'acier dépouillaient le pirate avec désinvolture.

Penguin ne broncha pas face à la froideur de la réponse, comprenant qu'il avait interrompu une des intenses réflexions dans lesquelles le capitaine du Heart s'enfermait régulièrement. Avant de se retirer, légèrement gêné, il jeta un dernier coup d'œil à Trafalgar, sachant que le médecin sentirait instantanément son regard.

Le plus fascinant, c'est que le visage de Law parvenait à vous faire croire qu'il existait un être absolument insensible en ce monde ; et ce gel absolu de toute émotion était alarmant pour qui regardait l'homme plus de quelques secondes.

Dans ces moments-là, même Penguin pouvait vouloir s'enfuir. Comme si la seule présence de Law, même sans sa Room, suffisait à lui donner le contrôle de la pièce.

Parfois, quand il dérangeait Trafalgar, il ne se serait pas étonné de voir un de ses reins sortir de son corps en le narguant, et Law de grincer : « Ça, c'est pour la prochaine fois que quelqu'un viendra m'emmerder dans les huit heures qui viennent. » Mais Law ne ferait jamais cela, même pour blaguer. Sa perpétuelle apathie faisait partie de ses compétences ; en outre, sa personnalité ne se résumait heureusement pas à sa nonchalance. Et puis, être capitaine imperturbable et calculateur est loin d'être une faiblesse ; c'est plutôt la garantie d'une autorité sans faille. De toute façon, Law était un meneur d'hommes naturel. En tout cas il avait l'air de l'être devenu.

De toute façon, Law était trop intelligent pour que même son caractère parfois franchement irritant ne fasse pas partie d'un plan de génie. Sur cette pensée, Penguin disparut, et Law se demanda sans raison si les gens qui l'entouraient le soupçonnaient de tout ce qu'il était capable de faire.

C'est idiot. Non, ils l'avaient vu tuer des dizaines de personnes sans le moindre scrupule. Ils avaient été les témoins de choses qui n'avaient même pas été prises en compte dans sa glaçante réputation de sadique. Ils l'avaient vu utiliser sans effort son terrible Fruit du Démon, presque avec désinvolture.

Mais étaient-ils conscients de ce qu'il pouvait leur faire à eux, si seulement il le désirait ?

Law eut un mouvement brusque, comme une gêne nerveuse. L'opinion générale était juste. Il pensait à beaucoup trop de choses qui le rapprochaient d'un homme mort.