Robin et petit Jean revinrent tous les deux de leur pillage. Cette fois, ils n'avaient presque rien eu d'intéressant. Tu ne vas pas avoir le choix, dit Petit Jean. Il faut vraiment que tu gagnes ce concours de tir et remporte la flèche d'or.

Robin se rembrunit un peu. Il detestait Nottingham... Il detestait le château... Et il détestait les nobles. Mais pour l'amour de l'arc, et pour les familles qui mourraient de faim, petit jean avait raison, il n'avait pas le choix. Ils rentrèrent au camp, et firent leurs bagages.

*Marianne était dans sa chambre située dans la plus haute tour du château. Elle était face à ma fenêtre et comtemplait les extérieurs, où les serviteurs de son père, le roi Richard Coeur de Lion, finissaient les derniers préparatifs pour le concours de tir à l'arc. Elle touchait son collier, qu'elle portait à son cou, offert par son père, parti en croisade. "J'aurai aimé que tu sois là, père." Pensa t'elle. Il l'avait laissé sous la garde de son oncle, un homme effroyable. Tout le contraire de son paternel. Il l'avait promis au shérif de Nottigham, le mariage devait se dérouler dans quelques semaines. Elle prévoyait alors de s'échapper, profitant de la cohue et de la foule, elle espérait pouvoir passer entre les mailles du filet. Beaucoup de monde était prévu, il ne ferait pas attention à elle, c'était l'occasion rêvée. Sa servante rentra dans la chambre. "Il faut vous préparer, très chère." Alors elle sortit des ses pensées, et la suivit.*

Robin et Petit Jean se mirent en selle. Leirs compagnons et amis vinrent leur faire leurs adieux, Nottingham était à plusieurs jour de cheval, ils ne reviendraient pas avant une semaine. Robin se re'frognit un peu à l'idée de partir si loin de son chez lui, tout ça pour de l'argent. Il se détestait pour cela. Mais Petit Jean lut dans ses pensées. Robin, dit-il, tu ne fais pas ça pour toi mais pour eux. Et puis... Ne rêve-tu pas de leurs botter les fesses, à tous ces nobliaux en col blanc, et leur montrer de quoi tu es capable ? Personne ne tire comme toi, pas même leurs meilleurs maîtres archers !

*La jeune femme resta cloîtrée pendant plusieurs jours dans sa chambre, évitant au maximum son infâme oncle. Attendant patiemment, le jour du concours. Celui ci arriva finalement, Marianne fut préparer, aux petits soins des servantes. Elle avait prévu de partir vers la fin, car elle devait être présente au côté de son oncle pour l'ouverture du concours. Quand elle fut prête, Dame Gertrude la comtempla quelques secondes avant de la prendre dans ses bras. Avait elle pressenti quelque chose ? Elle regarda une dernière fois à la fenêtre, respirant un grand coup Pour se donner du courage. Les participants arrivaient au fur et à mesure. Des nobles.. et des moins nobles.. Elle sortit de la pièce et se dirigea vers les portes du château, elle attendit son oncle et sortit a ses côtés, le visage fermé, sans dire un mot. Tous les regards se tournaient alors vers eux.*

Robin et Petit Jean arrivèrent ensemble. Robin leva les yeux vers le paysage grandiose. Un château, un temps resplendissant, un parc plein de monde, de belles femmes. Mais rien de tout ça ne lui disait, il se sentait très étranger ici, et savait que mettre quelques flèches en plein dans le mille n'y changerait rien. Robin n'avait pas la trac, il était sûre de son coup, mais avait peur de se faire attraper. En effet, il était de coutume que le concours ne soit ouvert qu'aux jeunes hommes d'origine noble, et Robin n'en était pas un. Petit Jean lui avait donc dérobé une magnifique tunique verte comme les bois, dans laquelle il devait paraître, avec de fausses lettres de noblesses. Robin déserra un peu son col, et essaya de se gratter le dos en jurant. Il détestait avoir à s'enguignoler de telle sorte pour pouvoir participer à ce concours. Il avait vraiment l'impression d'être ridicule. Il descendit de son cheval, et marcha avec une démarche raide et très peu naturelle, ce qui fit rire certains passants autour.

Il va falloir retravailler ta démarche Robin, dit Petit Jean en soupirant.

Le jeune homme se retint de ne pas s' emporter, il savait que Petit Jean se moquait de lui.

Tu sais ce que c'est que de marcher avec des collants ? Demanda-t-il. C'est très déplaisant. J'ai l'impression que je vais découturer mon pantalon à chaque pas que je fais. Mais bien sûre, ça doit te connaître, puisque tu es si gros... Dit-il avec ironie

*La belle Marianne continuait de suivre son oncle, toujours sans un bruit. Elle semblait vide de toute émotion. Elle détourna les yeux, pour regarder la foule. Elle remarqua plusieurs participants, et son regard se posa sur un homme, habillé de vert, il a avait une démarche ridicule dans cet accoutrement. Quelle idée ! Pensa t'elle. Elle ne put s'empêcher de laisser échapper un léger rire. Elle se reprit immédiatement. Son oncle, se posta en hauteur, elle a ses côtés. Il prit la parole et invita tout le monde a se rapprocher pour écouter. Il énonce le déroulement et les règles du tournois. La jeune fille, Elle, regardait dans le vide, presque absente.*

Robin entends le Prince Jean parler, et se dépêche pour se rapprocher et ne rien rater. Distraitement, il redérange ses cheveux qu'il avait du plaquer pour faire bonne impression. Très vite il décrocha de la voix monotone du prince, il l'entendit dire que le gagnant se verrait remettre la flèche d'or de la main de sa pupille, Marianne, et son regard divagua pour voir qui elle pouvait bien être. Ses yeux noirs se posèrent sur une jeune fille en retrait, qui se tenait à côté de son oncle. La regarder lui procura une impression très étrange qu'il n'avait jamais ressenti avant. Il avait déjà vu des belles filles, mais celle-ci était différente. Robin détestait les filles. Il savait dire quand l'une d'elle était jolie, mais c'était tout. Avec celle-ci, il eut l'impression de lire à travers elle, de la connaître mieux que tout le monde ici. Qu'elle avait l'air triste, pensa-t-il en soupirant.

*Son oncle finit par lui donner la parole, alors Marianne, s'éclaircit la gorge pour tenter de se donner un peu de contenance. Elle affiche un grand sourire, essayant de le rendre le plus vrai possible. Elle devait énoncer les règles et annoncer le début des festivités. Elle récita son texte comme une leçon qu'elle avait appris par coeur. Elle baladait son regard dans la foule, quand celui croisa celui de l'homme habillé en vert, elle fut distraite et marqua un temps d'hésitation, avant de détourner les yeux en secouant la tête. Quand elle eut enfin finit, elle put reprendre sa respiration correctement, elle déclara alors le concours ouvert et invita tous les participants à se mettre en place.*

Robin la regarda attentivement. Il ne savais pas pourquoi, mais maintenant qu'il avait posé les yeux sur elle, il n'arrivait pas à regarder autre part. Elle énonça les règles et il la vit poser les yeux sur lui, ce qui lui fit une drôle d'impression. Toute sa personne exprimait la joie, la gaieté, l'enthousiasme. Mais au fond de ses yeux, il la vit apeurée, presque prisonnière. Il du rompre le contact visuel lorsque petit Jean lui tapota l'épaule. Il l'invita à regarder à sa gauche un homme blond et charmant, l'air assuré.

- C'est le shériff de Nottingham. Dit-il. Ton adversaire le plus redoutable. Il a remporté toutes les compétitions jusqu'à présent, et il ne ratera pas celle-ci puisqu'il recevra la flèche des mains de sa fiancée. Robin regarda le shériff. Il le connaissait assez de nom et de réputation pour le détester. Cet homme était cupide, sans coeur, c'était lui qui réclamait des taxes astronomiques aux gens de son village. Robin bouillonna à l'idée qu'il empoche la flèche d'or.

*Marianne s'installa de nouveau sur le côté, près du shériff. Elle ne lui avait adressé aucun regard depuis le début. Il se pencha vers elle, et lui murmura quelque chose. Immédiatement après elle serra les poings, se contrôlant pour ne pas exploser et lui en mettre une, une bonne fois pour toute. Son oncle reprit la parole quelques instants avant de venir vers elle. Ils devaient aller s'installer à un endroit prévu pour eux, où ils assisteraient au tournois. Il lui attrapa le poignet. De la foule, on penserait qu'il lui avait simplement prit le poignet. De sa place à Elle, il venait d'écraser chacun des os de son poignet. Elle se mordit la lèvre pour ne pas grimacer et le suivit de force. Ils arrivèrent à leurs places et s'y installèrent. La jolie brune caressait son poignet, rougit, tout en regardant les participants se mettre en place. Inconsciemment, Elle cherchait l'homme sur lequel son regard s'était arrêté juste avant. Elle se demandait également, a quel moment elle pourrait s'échapper. Le Prince Jean et le Shériff de Nottingham semblaient se douter de quelque chose car ils ne cessaient de la surveiller et veillaient a ce qu'elle reste près d'eux.*

Robin vit de lui le shériff murmurer à son oreille. C'etait donc sa fiancée... Il ne savait pas pourquoi, mais il se prit à encore plus détester le shériff. Il essaya de penser à autre chose et presenta ses lettres de noblesses au moine, qui les lut attentivement. Robin de Loxley? C'est bien cela ?

Oui, répondit-il avec assurance.

Vous pouvez aller vous mettre en place. Robin alla se mettre sur la ligne, entre le shériff et un jeune adolescent tremblant de peur

*Le prince Jean se leva devant la foule. Il donna l'ordre aux participants de préparer leur première flèche. Marianne avait finalement retrouvé le jeune homme qu'elle avait vu un peu plus tôt. Elle ne cessait de le regarder ne sachant pas pourquoi. Il l'intriguait. Les concurrents mirent en place leur fleche et s'apprêtaient à tirer. La jeune femme se leva, pour mieux assister à la scène. Elle espérait tellement que le shériff échoue mais elle avait peu d'espoir. Surtout qu'il était très doué pour tricher. Elle se mordait l'intérieur de la joue, stressé.*

*Archers ! Dit l'arbitre. A vos cibles.

Robin se met en place. Il observe ses plus jeunes sont effarés, ils arrivent à peine à porter leur arc. Les soldats affichent une mine concentrée mais exercent des gestes mécaniques. Il n'y a que le shériff à ses côtés qui s'applique réellement.

A peine le coup de sifflet résonne-t-il que Robin a déjà décoché sa première flèche. C'est sa manière à lui de tirer, très rapidement. Sa flèche est la première à atteindre sa cible. De loin il lui semble qu'elle a bien atteint le petit cercle rouge. Et en effet les résultats son annoncés, il remporte la première manche avec 400 points. Le shériff à ses côtés fulmine, il vient d'en remporter seulement 350. Le coup de sifflet pour la deuxième résonne, mais au moment de tirer Robin se sent chanceller. Le shériff à ses côtés vient de lui donner un coup de coude que seul a vu, et senti. Il regarde sa flèche au loin, le score affiche 350. Et 400 pour le shériff. Les participants se retirent, sauf les deux finalistes, Robin et le Shériff, qui ont exactement le même score. Il a 5 minutes avant la dernière manche, et Robin prends soin de s'installer à bonne distance de son adversaire cette fois. Pour la dernière manche, ils devront viser sur la même cible. Robin est furieux contre le shériff d'avoir triché.*

*Marianne ne cesse de passer son regard de l'un à l'autre. De l'inconnu au shériff. Elle était en train de serrer les poings, laissant la trace de ses ongles sur ses paumes de main. Elle applaudit quand l'homme habillé de vert marque 400 points. Pour la deuxième manche, c'est le Shériff qui marque a son tour les 400 points. Mais elle remarque le coup de coude en traître qu'il vient de mettre à son adversaire. Elle s'apprêtait à prendre la parole, quand son oncle se tourna vers en secouant la tête. Lui aussi, avait remarqué ce que le shériff venait de faire, mais il ne dit rien. Il regarda Marianne avec un regard tellement noir qu'elle n'osa plus rien dire. Arriva enfin la dernière manche. La tension était à son comble et tout le monde retenait son souffle. L'inconnu allait il enfin battre le champion de ce tournois ? Ce serait bien la première fois, et c'est d'ailleurs la première fois qu'il a une aussi grande concurrence. Elle espérait que le shériff ne tricherait pas cette fois ci. L'arbitre ordonna de se remettre en place pour la finale.*

*À cet instant, son oncle marmonna

- Tout se déroule comme prévu ! Il intercepte le regard de Marianne et voyant son incompréhension, il s'explique.

- Voila des semaines qu'on essaye d'avoir ce petit. Sa tête est mise à prix. Nous savions qu'il ne resisterais pas à l'envie de venir à ce tournoi. S'il l'emporte, ce n'est pas une flèche d'or qu'il aura, mais bien 10 ans de prison. Il croisa les doigts et donna le signal pour la dernière manche. Cette fois, Robin ne tira pas tout de suite, il laissa le shériff lancer sa première flèche, qui atteignit la cible en son centre. Tout le monde fit un tonerre d'applaudissement, mais Robin fit un sourire en coin. Il n'avait pas dit son dernier mot. Il envoya sa flèche avec tellement de rapidité et de précision qu'elle fendit celle de son adversaire et attignit le point central à son tour.*

*Quand Elle entendit les paroles de son oncle, elle ouvrit la bouche en signe d'incompréhension. "Quoi?" S'exclame t'elle. C'était la première elle haussait le ton devant le Prince Jean. Elle se recula pour ne pas être entendu. "Qu'à t'il fait pour mériter cela ? Si mon père était là, il ne laisserait pas faire cela ! Êtes vous a ce point frustré que votre champion puisse perdre face à cet inconnu ? Le visage de son oncle devint rouge de colère, elle recula, apeurée. Si la première flèche n'avait pas été tirée, qui sait jusqu'à ou il serait allé. Le shériff tira dans le mille, et tout le monde applaudit, le prince avec. Quand le jeune brun tira sa fleche, tout le public retint son souffle. La flèche fila a toute vitesse, et vint fendre en deux, l'autre qui s'y trouvait déjà, avant de venir toucher le milieu de la cible. Personne ne dit plus un mot. Attendant la délibération pour désigner le vainqueur du tournois.*

*C'est moi le roi ici, pas ton père ! Dit le prince jean en haussant le ton, couvert par les applaudissements. "De toutes les façons, la loi du roi Richard est la même pour les voleurs, il sera pendu. Cela fait des semaines qu'il nous file entre les doigts et nous dérobe nos trésore, pour en faire je ne sais quoi... De toutes les manières, je ne vous ai pas demandé votre avis." Il reporta son regard sur le tournoi, et vit la situation, qui l'embêtait terriblement. Il ne pouvait se permettre d'humilier ainsi son futur neveu face à... Un voleur. C'est pourquoi, il annonça avec un malin plaisir qu'il prononçait le shériff de Nottingham vainqueur du tournoi.

Un tonerre d'applaudissement retentit, et Robin contint son humiliation, il saurait leur faire payer la prochaine fois. Mais au moment où il allait protester, il se sentit tiré en arrière par Petit Jean. "Il faut partir d'ici au plus vite, dit ce dernier. Ils veulent ta peau Robin !"

*Elle ne put répliquer face à ce que lui disait son oncle. Marianne se sentait terriblement mal et apprehendait le retour au château, le prince lui ferait payer son agissement en public. Quand le shérif fut déclarer vainqueur, il était hors de question pour elle de délivrer la flèche d'or à cette pourriture. Les applaudissements faisaient et la brune profita alors de cette énorme cohue, pour s'éclipser. C'était le moment où jamais. Elle recula très discrètement, avant de passer derrière les rideaux. Ou elle tomba nez a nez avec Dame Gertrude. "Euh.. je.." bafouilla t'elle. "Je sais ma douce... partez, c'est le moment." Répondit la femme. "Venez avec moi !" S'exclama Marianne. "Je les retiendrais... allez vous en." Marianne laissa échapper une larme le long de sa joue avant de prendre dans ses bras sa servante, qui était sa seule famille. Puis elle partit à toute vitesse, elle récupèra un sac en toile avec quelques bricoles quelle avait caché auparavant. Puis elle courut. Aussi vite que ses jambes le pouvait. Elle gagna la forêt.*

*A la lisière de la forêt, cependant, elle rentre dans quelqu'un, et ce quelqu'un étant Robin.

"Hé ! La" s'exclame-t-il lorsqu'elle lui rentre dedans. "Regardez où vous allez !" Puis il baissa les yeux sur la personne en personne, et recula d'un pas en voyant que c'était Lady Marianne. Il pouvait s'attirer de graves ennuis si quelqu'un l'appercevait avec une dame dans un lieu aussi isolé.

*Marianne était tellement pressé qu'elle bouscula quelqu'un. Elle te regarda paniquée. "Excusez moi ! Je suis désolée ! Je dois partir, pardon !" La jeune était confuse, elle ne prit même pas le temps de se rendre de qui il était avant de repartir, s'enfoncant de plus en plus dans les sous bois. Elle trébucha et se rattrapa de justesse à un arbre. "Fichue robe !" Jura t'elle. Elle marqua un temps d'arrêt et regarda tout autour d'elle, ne sachant plus où aller. Son chignon s'était détaché et ses cheveux en bataille tombaient en cascade sur ses épaules. Elle souffla un peu.*

Robin fronçant les sourcils en la voyant s'enfoncer dans la forêt.

" Si vous cherchez des toilettes pour vous repoudrer, c'est dans l'autre direction, lança-t-il, intrigué par cette drôle de lady *

*En entendant la voix, elle se retourna et remarqua l'homme qu'elle venait de percuter, qui était d'ailleurs l'homme du tournois. Elle fronça les sourcils a sa phrase.* Je n'ai pas besoin de me repoudrer, merci ! *lança t'elle a son tour froidement*

*Vous avez perdu votre dame de compagnie alors ? Comprenez moi, j'essaye de comprendre ce que peut faire une dame comme vous aussi loin de chez elle. Il avait dit ça en se rapprochant à petits pas. Il se trouvait plus près d'elle désormais, et observa son visage. Elle était encore plus belle de près, et même les cheveux défaits et pleins d'herbes. *

"Je.. je n'ai rien perdu du tout !" S'exclama t'elle de nouveau. "Je me suis.." Elle ne finit pas sa phrase, hésitante. Elle ne lui faisait pas suffisamment confiance pour lui révéler ses projets. Elle réfléchis en repensant à ce qu'il s'était passé au tournois. Le prince Jean semblait le hair autant qu'elle, haissait son oncle. Il ne pouvait pas être de son côté. Elle reprit d'une voix faible, presque inaudible. "Je me suis enfuie." Le garçon se rapprocha et elle fit un pas en arrière, restant méfiante. C'était loin d'être une aventurière ou une guerrière, Elle n'était pas très rassurée d'être seule avec un inconnu au beau milieu de la forêt.

*Robin fut surpris. Il ne s'attendait pas à cette confidence. Il pensait que les dames étaient bien dans leurs châteaux, et qu'elles avaient une sainte horreur d'en sortir.

- Très bien. Dit-t-il en voyant sa méfiance, il se recula en levant les mains.

Où comptez-vous aller ? Enfin... Vous savez quoi ? Peu importe ! Je vais vous laisser. Mon ami m'attends de toutes les façons, nous devons retourner dans la forêt de Sherwood au plus vite. Je vous souhaite bonne chance, et surtout avec les loups. Dit-il gentiment, s'empêchant de ricaner devant la bêtise de la jeune femme. Il lui tourna le dos et s'en alla, rejoignant petit Jean pour se mettre en selle.

Elle avança d'un pas Quand le jeune homme recula. "La forêt de Sherwood?" Demanda t'elle. "Je ne savais pas qu'il y avait un château la bas.." finit Marianne. Elle pensait toujours qu'il était de rang noble, sachant qu'il avait participé au concours. Et seul la noblesse y était autorisée. Quand il lui annonça qu'il la laissait, Marianne fut rapidement prise d'inquiétude. Alors quand il rajouta qu'il y avait des loups, La jeune femme paniqua. "Des.. loups ? Ne me.." Elle était prête à lui dire de rester. Mais la façon dont il venait de lui parler ne lui avait guère plut, et sa fierté refit surface. Ce n'était pas parce qu'elle avait du sang royal qu'elle ne pouvait survivre dans la forêt.. quoique... Elle ne savait même pas où aller. "Attendez...!" S'exclama la brune.

*Robin s'arrêta, sans se retourner. '' Qu'il y a-t-il ?" demanda-t-il, en feignant la surprise, alors qu'il s'y attendait. Puis il se retourna, les mains sur les hanches. '' Vous avez l'air de très bien savoir ce que vous voulez. Vous êtes sûre que vous avez besoin de moi ?" Il ne put retenir le sourire narquois qui nacquit sur ses lèvres. Il adorait se faire supplier.

De loin, Petit Jean l'appela, ils étaient déjà en retard.*

Elle fronça les sourcils, en croisant les bras contre sa poitrine. Elle ne pouvait déjà plus le supporter, son arrogance et ses manières de monsieur je sais tout l'agaçait. "Très bien. Je n'ai pas besoin de vous. Merci, au revoir." Lança t'elle sèchement. Marianne ramassa son sac en toile, et attrapa sa longue robe pour éviter qu'elle ne s'accroche. Elle se retourna et partit en direction opposé du garçon. Elle se marmonna à elle même en jurant. Les hommes étaient tous les même, ils pensaient être indispensables aux femmes. Marianne savait qu'elle pourrait y arriver. Elle était douée de ses mains et maligne.*

Robin la regarda partir, un peu déçu, puis il retourna vers son ami.

'' Alors demanda Petit Jean. Pas de demoiselles en détresse ? ''

'' Pas celle-ci, répondit Robin. Elle peut bien crever dans les bois, ce n'est pas moi qui irait la chercher. Et ils se remirent en selles, s'arrêtant de l'autre côté de la forêt pour passer la nuit.

Marianne continua un bout de chemin, dans la même direction. Elle se demanda si son oncle avait remarqué son absence... Et elle eut finalement la réponse plus vite que prévu. Plusieurs gardes à cheval passaient à quelques mètres d'elle et semblaient chercher quelque chose. Ou quelqu'un. Disons une jeune fille égarée, brune et de taille moyenne. Marianne se cacha rapidement derrière un arbre et attendit qu'ils partent. Quand ce fut le cas, elle se mit à courir aussi vite que possible dans l'autre direction avant de se stopper net devant un autre groupe de gardes. Elle devia sur la gauche mais ils venaient de la réperer. "Attrapez la !" Ordonna l'un d'eux. Elle s'enfonça dans la forêt, passant par des chemins qui n'étaient pas praticables a cheval. Elle regarda en arrière, elle les entendait crier, ils étaient juste à côté. Dans sa course, elle trébucha sur une pierre et tomba au sol. Elle lâcha un cri de surprise. L'un des gardes arriva à pied. "Non, non, laissez moi !" Hurla la femme. "Les ordres sont les ordres, Dame Marianne." Il lui attrapa le poignet pour la forcer à le suivre. "Lâchez moi ! Je préfèrerai mourir que de retourner la bas !" Marianne se débattait tant qu'elle le put, en vain.

De l'autre côté de la forêt, Robin et Petit Jean faisaient tranquiller tourner à la broche deux beaux lapins. Petit Jean sifflait des airs populaires, pendant que Robin regardait les étoiles, allongé dans l'herbe. Soudain Il lui sembla que petit Jean fit quelques fausses notes, ce qui n'était pas son habitude.

Il se redressa, fronçant les sourcils et tendant l'oreille. Ce n'était pas Petit Jean, mais des cris, très aigus, au fond de la forêt. Robin n'hésita pas un instant et enfourcha son cheval, le talonnant pour qu'il s'enfonce dans les bois sombres en cette tombée du jour. Il se laissait guider par les cris. Bien sûre ! Pensa-t-il. Ils se demandait la minute d'avant quelle femme pouvait assez sotte pour s'aventurer dans les bois à une heure pareille, mais il n'eut pas à chercher bien loin dans sa mémoire. L'image de la jeune fille lui revint un instant en mémoire, même si pour une raison qu'il ignorait, elle ne l'avait pas vraiment quitté de toute la journée.

Lorsqu'il arriva à proximité des cris, il descendit de cheval et continua à pieds, se cachant dans un fourré. Il banda son arc. 5 hommes, une femme. Il avait l'avantage de ne pas être vu. Il en tua deux de ses flèches, sans que les trois autres ne s'en apperçoivent. Il essayait de tirer sur les trois dernier, mais la fille était dans son champs de vision, il ne pouvait se permettre de la viser. '' Allez... Grommela-t-il. Pousse-toi un peu. Pousse toi ''

Marianne continua de se débattre. Elle continuerait jour et nuit, elle continuerait même si cela lui en coûtait la vie. Jamais elle ne retournerait dans cette prison. Elle criait et frappait quiconque se trouvait devant elle. Soudain, un homme tomba a terre, Puis deux. Elle remarqua des flèches dans leur poitrine. Les autres gardes eurent un moment d'inattention, ils chercherent autour d'eux pour trouver d'où cela venait. La jolie brune profita de ce moment, elle cracha sur le visage du garde qui la tenait, et tendit qu'il s'essuyait le visage, elle ferma son poing et l'envoya tout droit dans sa figure. Elle grimaca de douleur, mais n'eut pas le temps de s'accabler. Le gros lourdeau venait de la lâcher alors Marianne se remit à courir, le plus vite possible. Les gardes mirent quelque seconde a comprendre ce qu'il venait de se passer avant de se mettre à sa poursuite. Elle espèra que l'homme aux flèches les visent avant qu'ils ne la rattrapent car elle ne tiendrait plus longtemps a cette allure.

Robin profita de l'escapade de la jeune fille, il décocha deux flèches. Mais le dernier disparut, et Robin dans son buisson ne pouvait plus le viser. Il entendait la jeune fille crier, et se laissa guider par sa voix, grimpant d'arbre en arbre, agile et silencieux. Finallement le dernier garde plaqua Marianne à terre, il avait toutes les prises sur elle, et Robin se laissa tomber de la branche sur laquelle il était perché, enfonçant une flèche dans le dos de l'homme, qui s'écroula sur Marianne. Robin épousseta ses habits, il avait réenfilé ses simples vêtements, et s'assura du coin de l'oeil que la fille n'avait rien. Puis il alla ramasser ses flèches éparpillées un peu partout dans la forêt.

Elle entendu le son de deux flèches filer dans le vent, Puis les cris de deux hommes tombant a terre. Plus qu'un, pensa t'elle. D'ailleurs, ce dernier l'avait rattrapé, il plaqua au sol et Marianne ne put rien faire pour empêcher cela. Elle était à bout de force, puis, quand elle fut prête à se rendre, le garde tomba raide mort, sur elle. Elle ne put pas voir ce qu'il se passait. Elle se dégagea difficilement et remarqua de nouveau une flèche. Elle s'éloigna du corps sans vie, et s'ecroula au sol, a bout de force. Elle frotta ses yeux et vit l'homme qui venait de la sauver. Le même que celui du tournois. Le même que celui qui l'avait laissé au beau milieu de la foret. Il l'avait sauvé. Elle n'en oublia pas moins ses dires de tout à l'heure, mais ce n'était pas le moment de faire une scène. Elle resta assise par terre, reprenant peu a peu une respiration normale. Elle était dans un état pitoyable, bien loin de la jolie princesse.

Robin ramassa silencieusement ses flèches. Il mourrait d'envie de lancer un '' Je vous l'avais bien dit. '' mais il se retint. Après tout, elle venait de se faire brutalisée, ce n'était pas très juste de le lui lancer à la figure alors qu'elle était encore bouleversée. Il s'approcha prudemment, et s'accroupit devant elle, les bras croisés sur ses genoux, sans rien dire, attendant qu'elle se remette de ses émotions

Marianne restait assise sur le sol, la tête enfoui dans ses bras, recroquevillée sur elle même. Elle se disait qu'elle devrait peut être finalement retourner au château, qu'une femme n'était pas capable de survivre seule. Elle entendit les pas du jeune homme se rapprocher et sentit sa présence prêt d'elle. Il s'accroupit devant elle. La jeune fille releva alors doucement la tête, les yeux rougis, et une vilaine plaie sur la joue. Elle le regarda pendant quelques instants, sans rien dire. Elle remarqua ses vêtements, ceux qu'il portait maintenant ne ressemblait en rien à un habit de noble. Elle se demanda qui il était, d'où venait t'il. Ce qui était certain, c'est qu'il avait menti. Elle fit par articuler un faible "Merci." Il fallait bien le reconnaître, il venait de lui sauver la vie, si il n'avait pas été là... Elle frisonna a l'idée de penser à ce que son oncle aurait pu lui faire subir. Son corps tout entier tremblait, ses nerfs lachaient et l'adrénaline retombait. Elle commençait à avoir froid, elle frottait ses bras pour tenter de se rechauffer. À présent, Elle ne savait pas ce que me garçon allait faire. Allait il la laisser ici, après tout, elle lui avait clairement dit qu'elle n'avait pas besoin de lui. Et si il lui redemandait elle dirait peut être la même chose. Et pourtant, tout son être lui disait, oui Marianne, tu as besoin de cet homme.*

* Robin était tout aussi perdu qu'elle. Il voyait comme elle avait besoin de protection, et ne voulait plus la laisser derrière, mais il avait peur qu'en demandant elle refuse par orgueil. En attendant, voyant qu'elle tremblait, il alla chercher dans la sacoche de son cheval sa veste, qu'il lui mit sur les épaules. Puis il s'assit à côté d'elle, et lui parla comme un ami.

" Qu'est-ce qu'une dame comme vous fait aussi loin de chez elle ?" *

*Marianne regarda le garçon partir et revenir avec sa veste qu'il posa sur ses épaules. Elle le remercia de nouveau. Elle posa sa tête sur ses genoux en regardant devant Elle, dans le vide. Elle se posait mille et une questions et craignait pour son avenir. Elle revait depuis toujours d'un conte de fée. Vivre au château avec ses parents, heureux. Rencontrer un homme et l'épouser par amour, Et pas parce qu'on l'aurait forcé. En parlant de ça, le shériff devait être aussi sur ses traces. Il ne pouvait rater l'occasion de devenir prince et succéder au roi. Quand le garçon se mit à parler, Elle l'écouta puis tourna la tête vers lui, avant de répondre. "Je vous l'ai dis, je me suis enfuie." Elle haussa les épaules avant de dévier son regard.

Robin soupira. Il se demandait ce qu'il faisait ici, au fond des bois avec cette fille dont il ne se rappelait même plus le prénom. Elle avait clairement besoin d'aide, et il était en mesure de l'aider, mais elle avait l'air tellement bornée ! Robin s'assit face à elle et observa son visage. Elle était vraiment belle, même complètement décoiffée, avec les yeux rougis et le visage écorché. C'est surtout ses yeux qui le fascinaient. Ils étaient d'une couleure brune un peu dorée, et lançaient des éclairs partout où elle posait les yeux. Il ne faisait nul doute qu'elle avait beaucoup de caractère. Il regarda avec attention la coupure. Il n'avait pas sur lui de quoi la soigner, mais à sa tente, si.

Finallement, il dit :

" Ecoutez. Vous et moi cherchons tous deux à ne pas se faire trouver par le prince Jean. Voilà 10 ans qu'il me cherche et ne m'a jamais eu, alors j'ai des raisons de penser que je suis assez bon pour l'éviter. Si vraiment vous cherchez à vous éloigner de lui, nous pouvons vous conduire à Sherwood, c'est suffisament éloigné du château pour qu'il ne vous cherche pas là-bas. Ensuite, vous pourrez partir de votre côté et nous du nôtre, si vous le souhaitez.

En attendant, je ne peux pas vous laisser passer la nuit seule ici, venez au moins à notre campement, nous ne vous ferons aucun mal, c'est promis. Il dit ses derniers mots en appuyant son regard, un regard sincère et bienveillant.

Quand le garçon se positionna devant elle, Elle n'eut d'autres choix que de le regarder. Elle détailla chacun de ses traits. Ses cheveux bouclés en bataille, son regard qui en disait long, qui montrait qu'il en avait vécu des sales choses mais qu'il était toujours là, tombant à terre de nombreuses fois, mais se relevant toujours. Il était courageux. Il l'avait bien montré en tuant les cinq gardes à lui tout seul. Son visage était marqué par la fatigué, mais pourtant il avait quelque de beau et de profond. Elle en était sûre maintenant, il n'était pas de sang royal. C'était au final, la première fois qu'elle s'adressait à une personne du peuple. Quand il prit la parole, Elle l'écouta attentivement. Il était son unique chance. Elle n'avait pas d'autres choix. Et en même temps, au fond d'elle, elle ne voulait pas d'autre choix, que lui, ce mystérieux inconnu venu de nul part. Elle hocha la tête de haut en bas. Acceptant sa proposition. "C'est d'accord." Dit elle d'une petite voix. "Je vous suis." Elle se releva alors, difficilement, souffrant de chaque partie de son corps d'avoir lutté. Elle grimaca légèrement, tentant de ne pas trop le montrer.*

*Robin se mit à ses côtés, il vint passer sa tête sous son bras pour la soutenir, et ils marchèrent jusqu'au cheval. Il hésita quelques secondes puis mit ses mains sur sa taille et la souleva, la hissant sur le cheval. Puis il enleva rapidement les mains, pour qu'elle n'aille pas s'imaginer des choses. Il se racla la gorge, les joues un peu rosées, et prit les rennes du cheval, marchant à côté pour le guider. Il se retournait de temps en temps pour s'assurer qu'elle tenait bien sur le cheval, il remarqua avec amusement qu'elle avait rabattu ses jambes du même côté de la selle, comme une vrai dame, et cela le fit sourire

*Marianne se laissa faire, de toute façon elle n'avait pas le choix. Le contact de ses mains la rassura, Elle se sentit protégée. Elle se hissa sur le cheval avec l'aide du jeune homme, celui restant à terre, il fit marcher le cheval. Elle ne sentit pas a l'aise, ses Jambes de chaque côté de l'animal, elle avait ramené celles ci du même côté, C'était mieux comme ça. Elle esquissa un léger sourire quand elle vit le sien. C'était son premier depuis bien longtemps. Elle avait hâte d'arriver, elle était morte de fatigue. Elle aperçu finalement des tentes au loin qui formaient un campement. Ainsi que des hommes qui criaient et s'amusaient. Elle appréhendait légèrement, étant très loin de sa zone de confort, elle était un peu gêné. Heureusement qu'il était la. Ce garçon dont elle ne connaissait même pas le nom. Contre toute attente, elle lui faisait entièrement confiance, mais ça elle ne l'avouerai pas tout de suite.

Robin arriva finallement à proximité du campement, et bizarrement, plus vite qu'il ne l'aurait voulu. Il attacha le cheval à un arbre, et le contourna, pour aider la jeune fille à descendre. Il tendit les bras en avant et la fit glisser vers lui, si bien qu'ils se retrouvèrent très proche pendant quelques secondes. Il eut un peu de mal à respirer, comme si son air s'était d'un coup coupé, et il recula de quelques pas.

Ils arrivèrent au campement, et le garçon vint l'aider à descendre de son cheval. Au contact du sol, ses jambes lacherent et elle se rattrapa sur lui, ses deux mains sur chaque épaules. Ils n'avaient jamais été aussi proche et cette soudaine proximité semblait les gêné tout les deux. Le jeune homme recula alors, tandis que Marianne repris son équilibre correctement. Il commença à se diriger vers le campement, Elle le suivit, un peu derrière lui. "Je m'appelle Marianne." Dit elle timidement. Il était temps qu'elle sache enfin son prénom, Elle était à cours de surnom pour le nommer.

Robin se retourna, surpris.

Il continua à marcher, mais cette fois côte à côte. '' Dame Marianne. '' dit-il avec un sourire. '' C'est donc vous. ''. Il baissa la tête, réflechissant à toute allure. Tout le monde dans le pays avait déjà entendu parler de Robin des bois. Il était une sorte de légende vivante. Mais étrangement, beaucoup de théories contradictoires circulaient à son sujet. On lui prétait quelque fois 40 ans, quelque fois 10, personne ne semblait vraiment savoir qui se cachait sous ce surnom célèbre. Mais il y avait toujours un risque à lui dire son prénom. Son oncle avait mis sa tête à prix après tout, et son fiancé rêvait de le mettre derrière des barreaux.

Il hésita un peu, et failli employer un faux nom, mais il ne su pourquoi, au dernier moment il ne put s'y résoudre. Quelque chose chez cette dame lui inspirait confiance, et il lâcha : '' Robin. Je m'appelle Robin. '' Puis il l'invita à passer devant lui, ils arrivaient à proximité des tentes et les hommes se taisaient en voyant la jeune fille.

Ils continuèrent de marcher côte à côte. "Je préfère Marianne, tout simplement." Ici Elle n'était plus une princesse, Elle n'était plus rien du tout. Et au final, cela ne lui deplaisait pas tant que ça. Ils avancerent sans dire un mot, l'homme ne lui avait toujours pas exprimer son prenom. Il finit par reprendre la parole. "Enchantée, Robin." Étant restée prisonnière au château, elle n'était pas réellement au courant de ce qu'il s'était passé à l'extérieur depuis plusieurs années. Et son oncle et le Shériff veillaient bien a ne jamais parler devant elle. Elle passa devant lui, légèrement intimidée. Elle ne savait comment réagir devant ces hommes. Elle esquissa un léger sourire, en hochant la tête pour les saluer. Elle l'attendit pour qu'il la rejoigne a ses côtés et par réflexe, Elle agrippa son bras.

Robin piqua un far lorsqu'elle saisit son bras. C'etait un graçon brave, courageux, qui avait vu et fait des milliards de choses, mais étrangement il était toujours un peu mal à l'aise avec la compagnie féminine. Depuis qu'il était petit, il n'avait grandit qu'avec des hommes. Mais le contact de sa main sur son bras lui fit un bien étrange, pas déplaisant.

En revanche, ce geste n'échappa pas à ses amis qui se murmurèrent des choses en éclatant de rire. Robin savait ce qu'ils pensaient, et il leva les yeux au ciel.

'' Voici Marianne. Dit-il à ses hommes. Elle restera avec nous ce soir, et jusqu'à ce que l'on atteigne Sherwood. '' Puis il se tourna vers la jeune fille, et lui dit à voix basse '' Ne craignez rien, j'ai entièrement confiance en eux, ils ne vous trahiront jamais auprès de votre oncle. '' De loin, Petit Jean l'apostropha, et s'exclama '' Bah alors Robin ? Je croyais que tu la laisserais crever dans les bois, comme tu avais dit. "

Marianne devint rouge écarlate quand les hommes se mirent à rire et sentit la gêne de Robin, alors elle lâcha son bras aussitôt pour ne pas le mettre encore plus mal à l'aise. Après les présentations, Elle hocha la tête pour acquiescer ses dires. Elle lui faisait confiance et si ils leur faisaient confiance, alors, il n'y avait pas de problème. Un autre homme, plutôt petit et rond, s'approcha. Il s'adressa à Robin et quand Marianne entendu ses paroles, elle fronça les sourcils, ne comprenant pas la situation. Pourquoi l'avait il sauvé après avoir dit cela. Elle croisa les bras contre sa poitrine, légèrement vexée. "Je devrais peut être aller.. "crever" dans les bois dans ce cas..." Elle avait eu du mal à employer ce mot si familier. Ce n'était pas une façon de parler pour une jeune fille et encore moins pour une princesse.

Robin fit un coup de coude vengeur à son ami. '' J'y ai pensé c'est vrai. Enfin c'est aussi vrai que rien de ceci ne serait arrivé si vous ne vous étiez pas entêtée à partir toute seule ! ''

Elle haussa le ton en lui répondant. "Si vous ne m'aviez pas parlé sur ce ton, je ne serais pas partie toute seule !" S'exclama t'elle. Marianne fronça les sourcils et fit volte face, elle partit se mettre à l'écart pour souffler un peu. Après toutes les péripéties qu'il y avait eu en si peu de temps, elle avait besoin de s'isoler.

Robin leva les yeux au ciel. '' Ah les filles ! '' fit-il à son ami, avec un signe d'impuissance agacé. Puis il alla manger avec ses amis, sans se repréoccuper de la jeune fille.

Elle s'asseya a terre contre un arbre, tandis qu'elle les regarder manger et s'amuser. Elle se demandait vraiment ce qu'elle pouvait faire ici. Oui, il l'avait sauvé, parce qu'il était ainsi. Il sauve les âmes en détresse, mais il n'avait pas l'air de se préoccuper beaucoup d'elle. Au fond elle ne pouvait pas lui en vouloir, c'était une inconnu pour lui, et elle avait plutôt mauvais caractère. Elle décida alors qu'elle partirait quand tout le monde dormira, Ils seront mieux ainsi et elle lui enleverait un poids sur les épaules. La jeune femme remarqua un lapin près d'elle, elle se leva et tenta de l'approcher. Elle adorait les animaux et la nature. Elle saccroupit devant lui en tendant son bras pour le toucher. L'animal n'eut même pas peur d'elle. Elle afficha un large sourire, un vrai, cette fois ci. Elle n'avait pas vu d'animaux depuis trop longtemps, et elle se permit d'oublier un peu, tous ses soucis.

Robin festoya jusqu'à très tard avec ses amis, puis il jugea que Marianne avait passer assez de temps à bouder. D'ailleurs, il ne la voyait plus de là où il était. Tandis que ses amis s'étaient tous endormi, ronflant dans la nuit noire, il se leva, prit une torche et se dirigea vers le dernier endroit où il l'avait apperçu. Une boule d'inquiétude monta à sa gorge tandis qu'il ne la voyait pas. Il lui avait promis de la protéger, et il lui avait fallu moins d'une nuit pour qu'elle disparaisse. Il retourna près du cheval, et fouilla les environs, mais il ne la trouva pas.

La nuit tombait, et elle votait les lumières du camp s'éteindre. Marianne avait trouvé une petite clairière d'où elle pouvait voir les etoiles. Elle s'était allongé sur le sol et regardait le ciel. D'où elle était, elle ne voyait plus le camp. Elle ne savait pas qu'elle heure il était, Elle prévoyait d'attendre encore un peu pour partir afin d'être bien sûre que tout le monde soit endormi.

Robin s'enfonça un peu plus profondément dans la forêt, il commençait à serieusement s'inquiéter.

- Marianne? Appela-t-il, hésitant. MARIANNE?

La jeune femme se leva en sursaut quand elle entendit son prénom. Elle se dirigea vers la voix, ayant reconnu celle de Robin, Elle finit par le rejoindre. Elle mit une main devant ses yeux, éblouie par la lumière. "Pourquoi criez vous si fort ?" Demanda t'elle. Elle fut surprise qu'il soit à sa recherche.

Robin ecarquilla les yeux en la voyant.

- Ah vous voilà ! S'exclama-t-il. Je pensais qu'on vous avait enlevé... Il lui saisit le bras, la tirant un peu vers lui pour l'éclairer et s'assurer qu'elle n'avait rien

Mais qu'est-ce que vous faites ici ?

Elle fut attiré vers toi par ton geste et continua de cacher ses yeux pour ne pas être oublié. "Oui, je suis là." Répondit Elle, avant de reprendre. "Mais dites moi... vous seriez vous... inquiétez ? Elle rit un peu en penchant sa tête sur le côté. Elle haussa les épaules à sa question. "Je me promenais.. et je regardais les étoiles." Elle était amusée de la situation. Lui, qui juste avant l'aurait laissé mourir dans la forêt, soudain s'était inquiété de ne plus la voir. Au fond, il ne pensait pas ce qu'il disait mais il était trop fier pour l'avouer. Ils avaient au final, un peu tous les deux le même caractère.

'' Pas du tout. Repondit-il. Mais vous êtes parti avec ma veste, et j'y tiens beaucoup. C'etait la seule excuse qu'il avait pu trouver pour se défendre de l'inquiétude qui l'avait en effet rongé depuis sa disparition.

Vous ne devriez pas trainer ici toute seule, ajouta-t-il. Je ne mentais pas à propos des loups. Il fit demi tour, et après quelques pas, se retourna :'' Vous venez ?'' demanda-t-il. '' Vous devez mourir de faim. ''

Elle se retint de rire et leva les yeux au ciel. "Tenez, je peux vous la rendre. Comme ça vous n'aurez pas à vous inquiétez la prochaine fois que vous ne me retrouverez pas." Elle retira la veste et la jeta doucement sur lui pour qu'il la rattrape. Elle hocha la tête pour acquiescer. "Je sais." Répondit elle, avant de finalement te suivre. Il disait ne pas s'inquiéter, pourtant il ne souhaitait pas là savoir attaqué par des loups et pas non plus mourir de faim. Elle le rattrapa pour marcher à ses côtés et ils arrivèrent de nouveau au camp. Elle se demanda d'ailleurs comment elle pourrait partir si il continuait de la "surveiller". "Qu'y a t'il a manger ?" Demanda t'elle doucement pour ne pas réveiller les hommes qui dormaient déjà.

'' Rien de très '' royal'', princesse. Mais un beau lapin qui vaut le détour. Il lui tendit une broche sur laquelle était enfilé un lapin rôti entier. Puis il lui montra une gamelle pleine de champignons. Et il vint s' asseoir à côté d'elle, même si lui avait déjà dîné

Elle s'asseya sur un tronc d'arbre qui leur servait de banc. Quand il lui tendit le lapin entier sur la broche, elle grimaça légèrement, alors qu'elle venait tout juste de voir un lapin tellement mignon dans la forêt. Elle ne put se résoudre à le manger. "Je.. je vais prendre les champignons.." Elle te redonna le lapin. "Si vous avez encore faim..." Puis elle attrapa la gamelle de champignons. Elle regarda autour d'elle puis demanda. "Vous avez des couverts ?" Elle craignait déjà la réponse avant même d'avoir posé la question. À coup sûr il lui répondrait de manger avec les mains. Et pour une princesse.. ce n'était pas vraiment dans ses habitudes. Elle fit de la place quand il vint s'assoir a ses côtés. "Vous pouvez aller vous reposez, si vous le souhaitez. Je me débrouillerai." Dit elle doucement.

- Vous êtes sûre ? Demanda-t-il. Feignant le sérieux. Pourtant... Il n'y a pas de couverts. On ne sait jamais, vous pourriez vous salir les mains. Et malgré le fait qu'il essayait de garder son sérieux il ne réussit pas, et explosa de rire. Il ne riait pas à ses plaisanteries, mais probablement à toute l'étrangeté de la situation, à la présence d'une fille aussi jolie qu'elle, sur le même tronc d'arbre que lui. Une fille à qui il n'aurait jamais espéré parler, encore ce matin. Il se tourna vers elle, et lui offrit un sourire. Il ne voulait pas qu'il le pense méchant, il aimait la taquiner, c'est tout. Il ne laissait jamais tranquille les gens qu'il appréciait. Et... Il aimait bien cette fille là.

*Marianne se sentit légèrement mal à l'aise et sotte. Elle fronça ĺes sourcils en secouant la tête quand le garçon explosa de rire. Peu de temps avant, elle se serait sûrement vexée, pensant qu'il se moquait d'elle, alors elle prit sur elle. Finalement elle put s'empêcher et un sourire vint illuminer son visage et elle rit à son tour, son rire était très communicatif. "Vous moqueriez vous de moi?" Demanda t'elle amusée. C'est vrai que la situation dans laquelle ils se trouvaient était plus cocasse. Si elle avait pu un jour penser se retrouver dans la forêt avec un parfait inconnu, elle n'y aurait pas cru. C'était une nouvelle aventure qui commençait pour Elle, une nouvelle vie. Loin de ce qu'elle s'imaginait, pourtant elle s'y voyait déjà. Parcourant le monde, découvrant de nouvelles horizons. Elle regarda une nouvelle fois sa gamelle et finit par saisir un champignon avec ses doigts. Il fallait bien commencer quelque part.

Robin sourit en la voyant faire un effort. Il approcha les mains du feu à cause de la très grande fraicheur qui régnait. Il vit une épaisse couverture à côté de lui, et la tendit timidement à Marianne. Maintenant qu'elle lui avait rendu sa veste, elle devait être morte de froid.

'' Il y a une tente pour vous si vous voulez, dit-il en indiquant une petite tente douillette parmis les autres. J'y ai remis des couvertures, vous ne devriez pas avoir trop de mal à dormir.

Marianne sourit timidement a son geste et attrapa la couverture et la mit sur ses épaules. "C'est gentil." Dit elle doucement. Elle leva les yeux pour regarder la tente. "Merci... pour tout. Pour m'avoir sauvé, pour me nourrir, pour m'héberger et puis tout le reste." Après avoir mit leur différent de côté, Marianne et Robin s'entendait plutôt bien. "D'ailleurs, Je vais y aller." Elle se leva puis se baissa pour déposer un baiser sur sa joue. "Passez une bonne nuit, Robin." Elle fit demi tour et se dirigea vers la tente.

Ses remerciements lui vinrent droit au coeur. C'est vrai que cette fille avait du caractère, et qu'elle pouvait être vraiment tétue au point d'en être agaçante, mais à cet instant, dans ses yeux et dans son sourire, il vit la vrai jeune fille qu'elle était. Marianne était encore délicate, fragile, et la vie qu'elle avait mené la rendait malheureuse. Son regard à cet instant changea sur elle. Il comprit qu'elle n'avait pas juste besoin de protection pour la nuit, mais dans sa vie. Elle n'avait personne sur qui se reposer, et cela rendit Robin triste pour elle. Puis elle se leva, et vint l'embrasser sur la joue. C'était probablement la dernière chose auquel il s'attendait. Heureusement qu'il faisait nuit, car elle aurait probablement vu le rouge lui monter immédiatement aux joues. Il eu presque envie de la retenir, il ne savait pas pourquoi, mais resta dans la même position et la regarda s'éloigner, portant sa main à sa joue, là où elle avait déposé ses lèvres. Il resta le regard plongé dans les flammes, pendant peut-être une heure, avant de sentir la fatigue le gagner. Il regarda en direction de sa tente, mais se rappela qu'il l'avait laissé à Marianne. Il regarda autour de lui et saisit une des dernières couvertures qui traînait, et alla dormir contre son cheval, les yeux rivés sur les étoiles du ciel.