Salut à tous ! On se retrouve pour un nouvel update de ce chapitre !

Avant de me jeter sur les reviews, je veux que vous ayez bien conscience d'une chose : Si le début de ce chapitre est sur un ton assez léger, sachez que les choses vont s'assombrirent très vite. Je rappelle que le monde de One Piece, même s'il nous fait rire, reste tordu et très sombre. Donc, si vous avez une âme un peu trop sensible, je vous recommande de sauter les passages qui seront noté par trois étoiles. Si vous lisez et que vous n'aimez pas ou ne supportez pas le contenu, ça sera de votre faute, je vous ais averti.

Ceci étant dit, passons donc aux commentaires :

Maenas : Nan, c'est bousillé mon scénar, ça, s'il le tue. Surtout avec les dramas que j'ai en réserve./ Cassandra et Kali, je peux comprendre, parce que j'ai pas mal développé leur background, mais Chris, ça fait plasir à savoir. L'effet placebo est parfois très efficace. / ah on à un petit imprévu avant cet incident, mais j'espère que ça vaudra le coup. Si j'en crois ma bêta j'ai pas été très sympa avec Garp./ Contente que la mésavenutre de Robb te plaise. / Marco n'a pas le physique, mais c'est un beau-parleur, et Ace n'est tellement pas habituée à ce qu'on lui fasse du charme qu'elle réagit à 200%, c'est ce qui rend ce couple aussi cute.

Misstykata : Il a rien vu, donc, c'est accepté *rire de gosse qui a fait une grosse connerie*

Nous pouvons ainsi passer à la lecture ! on se revoit en septembre !

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Quand deux navires ou plus se retrouvaient, c'était toujours la même chose. Une petite fête. Cette fois, il s'agissait de présenter les nouveaux venus aux autres Commandants. Ici, Atmos, Kingdew, Namur et Vista. Cela enchaînerait sur une petite réunion entre les Commandants et Shirohige, pendant que Cassandra rassemblait toutes les infirmières (leur présentant au passage le nouveau médecin) pour un debriefing médical, quelque peu semblable à celui des Commandants dans la salle de réunion.

Marco, comme toujours, était assis à la droite de leur père, prenant en note ce que disait ses frères, sachant que de toute façon, il devrait lire leurs rapports une fois qu'ils seraient passés entre les mains de Shirohige.

- On a un chien fou qui réclama un duel avec toi, Oyaji, annonça Vista en jouant avec ses moustaches.

- La nouvelle génération a des envies de suicide, commenta Izou.

- Ou est juste totalement barge, proposa Haruta.

- Plus, oui, parce que les Spades m'ont tous l'air sorti d'un asile psychiatrique ! ricana Thatch.

- Ils rendent les choses plus vivantes à bord ! sourit Shirohige. Qui est ce gamin qui veut mon trône, cette fois ?

- Un certain Doma le Bohémien, répondit Vista.

Il montra une des cartes qui avait été épinglée sur la table et qui représentait les îles de leur territoire.

- Le gamin attend à Macseppy, il a pas l'air de vouloir te courir après.

- On a pas eu d'appel de l'île en question pour signaler leur présence, yoi, commenta Marco avec perplexité.

- Ils sont sages pour l'instant, peut-être pour ça, répondit Namur.

- Je veux le maire en ligne immédiatement. Marco…

- …Je vais voir les navigateurs pour leur signaler le changement de destination, devança le blond qui était déjà hors de sa chaise.

Il fit glisser sa prise de note à Kingdew, jugé le plus sérieux du lot, pour qu'il puisse continuer en son absence. Il avait du travail.

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Le reste de la journée fut calme. Étrangement très calme. Ils avaient fait demi-tour pour prendre la direction de Macseppy, et outre un commentaire très cryptique que Haiiro avait adressé au Phénix au sujet de se préparer aux accusations de promotion canapé, rien d'exceptionnel ne s'était passé.

Le dîner festif fut donc servi à l'équipage, heureux de se retrouver, sachant que le lendemain, il y aurait l'annonce de la nouvelle répartition.

Tout se passait très bien jusqu'à ce que Marco réalise quelque chose.

Portgas n'était pas avec sa flotte.

Elle n'était nulle part dans le réfectoire.

Il reposa ses couverts avec agacement. Trois semaines qu'il bataillait avec elle pour qu'elle fasse l'effort de manger un peu plus, et qu'elle essayait toutes les méthodes pour l'éviter. Il allait finir par s'énerver avec elle. Autant qu'il s'énervait avec Shirohige pour l'alcool.

- Fils ? appela Shirohige en voyant Marco quitter le réfectoire.

- Je m'en vais chercher une tête de mule pour m'assurer qu'elle se couche avec quelque chose dans l'estomac, yoi.

Et il partit en quête de la demoiselle. La connaissant, elle devait s'être trouvée une bonne cachette pour échapper à sa vue et à son Haki. Il ne se cassa pas la tête. Il se laissa glisser dans la première échelle, puis la seconde, arrivant ainsi aux dortoirs et toqua à la porte des femmes.

Aucune réponse, elles devaient certainement être au repas.

- C'est Marco, je rentre, yoi, avertit tout de même le blond.

Il ouvrit la porte et passa un œil dedans.

Oui, tous les hamacs des femmes étaient vides. Le commandant entra dans le dortoir et alla directement vers le hamac qui correspondait à celui d'Ace (pas qu'elle l'occupe souvent, mais elle en avait un). Une tête grise apparut hors du filet, le regardant avancer.

- Du chagrin, Iro ? demanda le blond en s'arrêtant à côté de la panthère qui occupait la place.

Le félin lui renifla doucement la main avant de lui lécher tout doucement les doigts et de se laisser caresser.

- Tu sais où est ta maman, yoi ?

Le gris devint encore plus triste alors qu'elle poussait un miaulement.

- Comment ça partie ? demanda Marco en fronçant les sourcils.

La panthère miaula de nouveau et Marco eut envie de se frapper la tête contre un mur.

Ace avait juste pris son sac, dit à sa panthère qu'elle serait absente quelques jours, avant de la laisser là.

- Tu peux retrouver son odeur pour savoir ce qu'elle a fait avant de partir, yoi ?

Iro sauta du hamac et rechercha l'odeur de la pirate. Et ce que Marco découvrit fit grimper sa pression sanguine. Ace aurait sa mort.

Ou mieux, Thatch aurait dû se taire au lieu de mettre Ace au défi de leur causer plus d'ennuis que ne l'avait fait Roger.

Quand il revint dans le réfectoire, une veine battante, Iro sur les talons, tout le monde sentait bien qu'il était très en colère.

- Tu l'as trouvée ? demanda Haruta.

- Ace a foutu le camp.

Un silence de mort suivit l'annonce.

- Qu'est-ce que tu veux dire par-là ? demanda Shirohige en se levant.

- Ace a dû entendre l'affaire de Doma, parce que l'éternel log de l'autre navire pour Macseppy a disparu, en plus de son Striker, yoi.

- Me dis pas qu'Ace est partie seule se charger de ce gars ! s'étrangla Thatch.

- Tout porte à croire.

- Rattrape-la. Prends l'autre Eternel Log, Kennichi va s'occuper de la navigation et se repérer avec ta Vivre Card, ordonna Shirohige. Et prends un denden.

Kennichi se leva de la table de la Première Flotte et alla chercher la Vivre Card de son Commandant. Marco soupira et s'accroupit devant la panthère.

- J'la ramène au plus vite, d'accord, yoi ?

Le félin posa une patte sur la main que lui tendit le blond. Il la lui serra avant de lui caresser doucement le crâne et se leva.

- J'y vais.

Il disparut hors de la pièce.

Shirohige soupira et recommanda à tout le monde de reprendre son repas. Marco était le plus rapide, il rattraperait aisément la demoiselle pour la ramener à bord sans dommage et avoir des explications sur son comportement.

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Ace amarra son Striker dans le port de Macseppy et sauta sur le ponton, accrochant rapidement son embarcation à une des bites prévues à cet effet. Satisfaite et certaine que son unique moyen de transport ne prendrait pas le large, elle remonta le long du ponton, dépassant l'arche qui marquait l'entrée de la ville avec le drapeau de Shirohige bien visible flottant juste au-dessus. Elle jeta un œil aux habitants. Nerveux, mais pas trop, comme s'ils ne savaient pas trop à quoi s'attendre.

- Excusez-moi, interpella Ace en s'adressant au premier venu.

Aucun risque qu'on ne sache pas pour sa nouvelle affiliation, ça avait fait les choux gras de la presse pendant trois jours entiers. Et même dans ce petit coin perdu de Shin Sekai, ça se savait, raison du soulagement évident du pauvre homme à qui Ace s'adressa.

- Shirohige-sama est au courant ?

- Il est en route, assura Ace avec un sourire. Je suis venue m'assurer que tout allait bien.

- Ils sont bruyants, se mettent un peu trop à l'aise, mais pas trop méchants. C'est seulement que leur capitaine n'arrête pas de dire qu'il aura la tête de Shirohige-sama qui est gênant.

- Je vais voir ça. Où est la taverne ?

La bande ne devait être qu'en taverne, s'ils étaient bruyants, sinon, les villageois n'auraient eu aucun souci avec eux.

L'homme lui montra la pente menant vers le volcan éteint de l'île.

- La taverne est dans le cratère.

- Merci bien.

Elle tira un peu sur son chapeau et reprit sa route vers le sommet, grimpant la faible pente qui menait jusqu'à la base du défunt volcan. Elle n'avait pas vraiment réfléchi à comment gérer l'affaire, mais elle improviserait sur le pouce. C'était sa spécialité après tout.

Ainsi, elle entra dans la taverne juste à temps pour voir comment elle allait aborder l'affaire avec la bande de Doma. La réponse lui apparut quand elle vit clairement un des gars de la bande de Doma embêter une femme, une serveuse, qui lui demandait d'arrêter.

Le pirate qui voulait mettre sa main aux fesses de la jeune femme ne comprit pas pourquoi il fut intercepté avant d'y arriver. Il poussa un hurlement quand ses os se brisèrent et sa chair se mit à brûler, avant d'être tiré hors de sa chaise.

Un hurlement de douleur lui échappa quand un pied chaussé d'une botte renforcée lui écrasa la main.

- Ta mère ne t'a jamais appris qu'on demande avant de toucher ? J'ai vu des gamins de dix ans avoir bien plus conscience du consentement que toi, siffla Ace en continuant d'écraser la main.

Elle releva le nez vers la serveuse qui avait reculé jusqu'au bar pour se réfugier derrière.

- Ce genre de chose dure depuis longtemps ?

- Non.

- Ils ont fait pire ?

La demoiselle secoua la tête.

- Oi ! Tu crois que tu fais quoi là ? demanda quelqu'un.

Ace tourna la tête vers son nouvel interlocuteur. Doma le Bohémien, elle se souvenait de sa prime. Elle ramassa le pirate à terre et le jeta dehors de façon à ce qu'il dévale la pente jusqu'au port, avant de sentir quelqu'un essayer de mettre sa main sur son épaule. La pirate se saisit du bras et fit passer Doma par-dessus elle, l'étalant proprement sur le sol où il resta immobile, le souffle coupé, surtout quand un pied décida de le frapper dans l'estomac.

- J'allais vous dire gentiment de vous barrer, parce qu'à dire que vous comptez vous attaquer à Shirohige, vous rendez les civils nerveux, mais il semblerait que je doive vous donner une petite leçon avant ça ! cracha Ace.

- On faisait que s'amuser ! se défendit un gars.

- On ne s'amuse pas avec ça quand l'autre côté ne veut pas ! Et elle vous a dit d'arrêter ! rétorqua la D. avec un grognement animal. Quand on dit stop, c'est pas pour rien !

Des flammes illuminaient les yeux de la pirate folle de rage. Il n'était plus question de Shirohige. Il était question de faire comprendre à ces hommes leur erreur.

- Je vais me faire un plaisir de refaire votre éducation.

Elle avait du boulot.

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Marco n'avait jamais vu le Striker monté. Quand il avait accompagné Kali et Ace jusqu'à leur ancien navire, le voilier était dans une housse, comme une grande planche de surf. Et à le voir, ainsi au port, le Phénix reconnaissait parfaitement la patte de son utilisatrice, raison pour laquelle il l'avait identifié immédiatement, même si le petit navire n'avait aucun drapeau ni aucune marque sur la voile pour le rattacher à un quelconque équipage. Il verrait pour régler ce problème plus tard.

Il se posa sur le quai et reprit forme humaine.

Son Haki lui dit instantanément qu'il y avait un groupe de personnes blessées et inconscientes sur un navire à proximité. Un regard dans cette direction lui dit qu'il devait s'agir de la bande du Bohémien s'il prenait en compte le pirate pendu en travers le bastingage de son navire. Le drapeau le confirmait, et son Haki lui disait qu'Ace n'était pas dans la masse.

Tout ce dont il avait besoin : chercher une tête dure dans un village entier.

Il remonta lentement la rue principale, scannant les environs avec son Haki, jusqu'à arriver à l'auberge dans le volcan.

- Konbanwa, Viridia-kun, salua le Commandant en entrant dans la partie taverne de l'établissement.

- Bonsoir à vous aussi, Commandant Marco ! salua joyeusement la serveuse.

- Ton père n'est pas là ?

- Malade, mais il sera vite remis. Merci encore d'avoir envoyé quelqu'un en avant-garde, je commençais à avoir vraiment la frousse !

Avant-garde ?

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'enquit le blond en allant s'adosser à une table.

La jeune femme retourna derrière son bar.

- Ils ont un peu trop bu et ont commencé à être dérangeant. Portgas-san est arrivé à cet instant et leur a bien fait comprendre que ce n'était pas un comportement à avoir. Il les a chassés de la taverne et il est ensuite revenu pour m'aider à nettoyer les maigres dégâts. C'étaient surtout des marques de brûlures et un peu de sang sur le sol.

- Pas de meuble cassé, yoi ?

- Aucun ! Il m'a demandé de l'avertir s'ils revenaient et a demandé s'il me restait une chambre de libre. Il disait qu'il repartirait demain matin. Merci encore de l'avoir envoyé, vraiment.

- C'est lui qui l'a dit qu'on l'a envoyé ? s'enquit Marco.

- C'est pas le cas ? s'étonna la femme. Je pensais…

- Il a pris l'initiative, mais c'est bon de savoir qu'il n'a pas fait de bêtises. Il a une chambre ici, donc ?

- Oui. J'espère qu'il n'aura pas trop d'ennuis, il m'a bien aidé.

- On verra, yoi.

- Soyez pas trop dur.

Tout dépendrait de ce qu'Ace dirait pour sa défense. Qu'elle se soit assurée de ne causer aucun dégât matériel et même nettoyer ce qu'elle avait sali jouait en sa faveur cependant. Il se tourna vers l'escalier menant à l'étage et y grimpa, se souvenant que les quelques chambres de l'auberge étaient accessibles à partir de là. Il parcourut le couloir en se guidant de son Haki avant de s'arrêter devant une porte. Il y toqua. Une clef tourna dans la serrure et la porte s'ouvrit un chouilla, mais rien de plus, outre des petits pas qui s'éloignèrent de la porte. Comprenant le message, Marco entra dans la pièce pour voir Ace tournant le dos à la porte en train de finir de se déshabiller sur le seuil de la salle de bain. Avec un long soupir, il referma la porte et alla s'asseoir sur le lit pendant que la jeune femme jetait dans l'évier la bandelette qu'elle usait pour sa poitrine.

- Je peux savoir ce que tu fabriques ici, yoi ? demanda Marco alors que son amante se dirigeait vers la douche.

Il se leva pour s'appuyer au chambranle de la porte pour se faire entendre malgré le bruit de l'eau.

- Je me faisais chier, j'avais la bougeotte, donc, je me suis dit que quitte à faire une balade, autant qu'elle soit utile, répondit Ace comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

Elle ouvrit l'eau et tira le rideau de douche.

- Et qui t'as dit de t'en charger ? demanda Marco.

- Personne.

- Et tu trouves ça normal, yoi ?

Ace tira un peu sur le rideau de douche pour jeter un regard à Marco pour montrer qu'elle était sérieuse.

- C'était pas dans le contrat que je devais demander l'autorisation pour faire ce que j'en ai envie. Si j'avais su que j'avais pas le droit de quitter le navire, je me serais barrée depuis longtemps.

Et la tête disparut de nouveau derrière le rideau.

- Tu as le droit d'aller où tu veux, là n'est pas le problème, l'affaire est que tu as disparu sans explications, yoi.

- J'ai pas besoin de nounou.

- Je me le demande. Tu aurais pu nous dire que tu avais l'intention de te charger de l'affaire, on aurait pas paniqué comme des idiots pour essayer de savoir où tu étais.

- Je suis une grande fille, tu sais.

- Peut-être, mais en tant que Commandant en charge de la Seconde Flotte et Vice-Capitaine, je suis responsable de ta petite personne. On te demande simplement de dire quand tu comptes prendre ce genre d'initiative, qu'on se fasse pas du souci pour rien, yoi.

- « Salut, j'ai entendu cette histoire au sujet du Bohémien et je me fais littéralement chier. Je vais aller voir ce qu'il veut exactement, à plus tard ! »… oui, on m'aurait vachement laissé partir ! ironisa la D. en se frottant le crâne.

- Pas en le présentant comme ça, mais oui, on t'aurait laissé partir.

Elle s'acharna un peu plus sur son crâne. Même en s'évaporant, l'alcool lui laissait toujours des cheveux puants et poisseux. Raison pour laquelle elle s'était amusée à casser les dents du coupable de la choppe qu'on lui avait jeté à la figure. Elle porta une mèche de cheveux à son nez et la renifla.

- Enfin !

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? demanda Marco de l'autre côté de la douche alors qu'il sortait le denden de son sac.

Il composa machinalement le numéro du Moby Dick et le temps qu'on le mette en ligne, il détacha le bracelet de cuir à sa cheville qui servait à maintenir l'éternel log pose à sa patte sous sa forme animale. C'est Vista qui décrocha, et en reconnaissant Marco, il alla chercher leur père ce qui rameuta bien évidemment la moitié du navire.

« Tu as retrouvé Ace ?» demanda Shirohige.

- Ouais, j'ai retrouvé en un seul morceau le sale chaton fugueur, yoi.

Il entendit le rideau s'écarter et quelque chose de glacé le frappa dans le dos.

- PUTAIN ! PORTGAS ! rugit Marco en se retournant.

Ace, le pommeau de douche toujours en main, lui tira la langue, visiblement fière de l'avoir arrosé et referma le rideau. Avec un claquement de langue, le Phénix retira sa chemise. Elle était trempée.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? » demanda Haruta de l'autre côté de la ligne.

- Une sale blague avec de l'eau glacée. Peu importe.

Il jeta sa chemise sur une chaise et revint au denden.

- Si Portgas s'est permise de partir sans un mot, c'est parce que personne ne lui a dit qu'elle devait au minimum avertir quelqu'un de son idée. Et je pense bien que même si on avait eu une règle contre ça, elle aurait juste décidé de l'ignorer. En attendant, je pense pas que Doma et sa bande resteront longtemps à terre ou tenteront quoi que ce soit contre toi, Oyaji, yoi.

« Pourquoi ? » s'enquit le Yonkou.

- Je suis arrivé au port, ils étaient inconscients sur leur navire. C'est le boulot de la miss. Et encore, mieux, ça été fait proprement. Comme quoi, même si la situation initiale nous a fait chier, elle a fait les choses correctement à la fin, yoi.

Marco ferma les yeux quand il se prit une nouvelle douche glacée et adressa un regard assassin à Ace qui se cachait de nouveau derrière son rideau de douche.

« Un problème, fils ? » demanda Shirohige.

- Rappelez-moi la date d'aujourd'hui ?

- Trente novembre ! lança Ace de sous la douche.

- Arrête de te comporter comme une gosse quand tu es à presque un mois de ta majorité !

Un autre jet d'eau glacée le frappa, cette fois au visage.

« On vous attend demain dans la soirée. Essaye de ne pas tuer ta jeune sœur, Marco ! » dit Shirohige en se retenant de rire devant la tête que devait reproduire le denden.

- Je ne fais aucune promesse sur l'état de santé de Portgas, yoi.

Et il raccrocha.

Il avait un compte à régler avec une demoiselle au comportement très rebelle. Il retira ses spartiates et se dirigea d'un pas vif vers la salle de bain, détachant ceinture, bijou et poignard pour envoyer tout ça dans le lavabo. Aisément il grimpa dans la baignoire pour être accueilli par un nouveau jet d'eau dans la figure. D'une main ferme, il s'en saisit pour le retirer de son visage, passant son autre bras autour des hanches de la brunette.

- Tu me cherches.

- Un peu ?

- Tu sais que tu vas devoir le payer, yoi.

Il rapprocha un peu plus Ace de lui et captura ses lèvres. Deux bras vinrent lui enlacer la nuque et le baiser lui fut rendu, empli de passion.

- Je t'ai pervertie, demoiselle… chuchota le blond sur les lèvres de la D. pendant qu'il cherchait le robinet à l'aveuglette pour fermer l'eau.

- Raison de plus pour que je t'embête, sourit la jeune femme.

Elle fit glisser ses mains sur les épaules musclées de son amant, puis sur ses pectoraux, ses ongles finissant par racler les abdominaux du zoan. Elle ferma les yeux, penchant la tête sur le côté en sentant Marco l'embrasser dans le cou, ses mains retraçant avec langueur les cicatrices qu'il avait inscrites dans son dos.

- J'ai envie de toi, Marco, murmura-t-elle en jouant avec le bouton du pantacourt de son amant.

- Ce qui tombe très bien, parce que c'est mon cas aussi, yoi.

Le bouton sauta.

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C'était relaxant.

Dormir avec Ace était toujours relaxant, apaisant. Sa chaleur, sa respiration étaient hypnotiques.

Même s'il ne dormait pas autant qu'il devrait le faire pour sa santé, le simple fait de s'allonger avec la jeune femme était revigorant.

Le blond releva légèrement sa main du dos de son amante quand il la sentit bouger un peu. Ace remonta un peu plus le long de sa poitrine et se réinstalla confortablement, la tête à quelques centimètres du cou du blond qui tourna le visage pour lui embrasser délicatement le sommet du crâne. La longue main fine du zoan retomba sur le dos de la brune et recommença à tracer les constellations sur la peau éclairée par un faible rayon de lune.

- Ne…

Marco recula un peu sa tête pour mieux voir la brune qui ne dormait plus apparemment.

- Tu as honte de moi ? demanda doucement Ace sans le regarder.

- D'où te vient cette idée saugrenue ? s'enquit Marco.

- Je sais que je suis pas la personne la plus sérieuse ou la plus responsable au monde, sans parler que je suis même pas certaine de savoir si je devrais rester une femme ou chercher à devenir un homme…

- Va droit au but et dis-moi, dans mon comportement, ce qui te fait dire que j'ai honte de toi, yoi.

- Quand tu parles de moi ou me parle en public, c'est toujours « Portgas ». Tu es… distant… j'ai l'impression que tu as honte de notre relation…

Marco eut un bref soupir agacé et s'assit dans le lit. Il tapota ses cuisses, faisant comprendre à la jeune femme de s'y asseoir et l'attira dans ses bras quand elle fut installée contre lui. Il installa son menton contre son épaule pour lui expliquer son comportement :

- Je t'aime, Ace. Malgré tes incertitudes et ton comportement, je t'aime et je suis bien avec toi. C'est pour ça que je veux te préserver, yoi. Teach est peut-être le seul à avoir eu le culot de se comporter ainsi, mais malheureusement, beaucoup sont ceux qui pensent plus avec leur sexe plus qu'avec le crâne. Haruta a déjà eu du mal à se faire respecter et j'ai déjà eu à régler des problèmes par le passé parce que des gars pensaient que les tenues des infirmières étaient une invitation à faire des conneries. Je veux pas que tu subisses tout ça, yoi. D'autant plus avec ce qui arrive. Je veux qu'on prenne conscience que tu ne te résumes pas au contenu de ton pantalon, que tu as de la force, une personnalité, une conscience… que tu es quelqu'un, une pirate, une Shirohige comme n'importe qui. Et je sais que les rumeurs et les commentaires désobligeants vont être légion. Si on apprend là, maintenant, qu'on est ensemble, les choses se compliqueront pour toi, yoi.

- De quoi tu parles ? Qu'est-ce qui doit arriver pour que ça mène à de telles conséquences ?

- Oyaji attend de voir les conclusions de ta vengeance contre Garp pour te promouvoir en tant que Seconde Commandante.

Ace se figea. Si tôt ?!

- Et si on apprend qu'on couche ensemble, on va croire que cette promotion rapide, ce n'est pas pour tes capacités ou tes accomplissements, mais parce qu'on est ensemble ou parce que tu es passée par la case promotion canapé. Ce qui ne sera pas bon pour ton autorité et ta vie à bord, yoi. J'ai vu ce par quoi est passé Haruta quand elle a été choisie pour sa flotte, je ne veux pas que tu passes par ça toi aussi, yoi.

Il embrassa son amante silencieuse dans le cou en resserrant son étreinte.

- Te faire du mal, n'est pas mon intention. Je veux juste te préserver. On t'a promis une famille, un foyer où tu puisses t'épanouir. Si tu te fais insulter dans ton dos, je le supporterai pas, parce que ça sera la preuve que l'on aura échoué, yoi. Quand ton autorité sera bien établie, quand ça deviendra évident de pourquoi c'est toi le poste et pas quelqu'un d'autre, je te promets qu'on aura plus aucune raison de se cacher.

Il l'embrassa sur la tempe, continuant de la serrer contre lui, passant de temps à autre une main dans ses cheveux sombres.

- Tu crois qu'on m'en voudra si je cherche la merde aux autres commandants ? Dans le genre, les mettre au défi, pour pas me rouiller ? demanda-t-elle.

- Tu songes à quoi ?

- Eh bien, si je me bats à armes égales ou si je botte le cul de ceux qui sont censés avoir le plus de force à bord, ça aidera, non ?

Ace redressa la tête pour regarder son amant dans les yeux qui la fixa d'un air contemplatif, avant de l'embrasser délicatement sur les lèvres.

- J'ai hâte de voir combien je vais me mettre dans les poches en pariant sur ta victoire, yoi. Évite juste de finir à l'infirmerie.

- Ooooh… monsieur aime donc me voir me battre ?

- T'es magnifique en plein combat, yoi. Que puis-je dire, je suis un homme faible quand il s'agit de toi.

Ace se retourna dans ses bras pour mieux l'embrasser, lui mordillant les lèvres pendant que son amant l'allongeait dans le lit. Il n'y avait personne pour les voir et apporter leur jugement, autant en profiter. Et la D. était une très bonne élève. Marco respectait le marché, c'était elle qui décidait la quasi-totalité du fonctionnement de leur couple, et même pour le sexe, c'était elle qui faisait le premier pas. Elle l'avait plus d'une fois testé, il savait très bien que ces fois-là, son zoan avait été très tenté de l'envoyer se faire foutre, mais il comprenait très bien que maladroitement, elle essayait de savoir jusqu'où elle pouvait aller pour lui faire confiance, alors, il se retenait. Il savait très bien qu'elle allait parfois jusqu'à attendre longtemps après qu'il s'endorme pour fermer à son tour les yeux.

Ace était son joyau, et qu'il soit damné s'il brisait ce qu'ils avaient.

Ils étaient encore à apprendre à se connaître, à se comprendre.

Le temps faisant, les habitudes s'installeraient et ça serait plus facile.

Ils roulèrent un instant dans les draps, s'embrassant comme deux affamés, mais il ne fallut pas longtemps pour qu'Ace prenne le dessus. Même nue, les cheveux en désordre et un suçon dans le cou, elle était magnifique.

Mais surtout, elle en imposait.

Elle était sa reine. Sa souveraine guerrière. Son ange vengeur.

Une jeune femme droite, forte, puissante.

Et son égo appréciait énormément de savoir que le seul nom qu'elle hurlait sous le plaisir, c'était le sien.

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- Tu songes à quoi, frangin ?

Marco détourna un instant du journal son attention, juste pour regarder Vista, puis revint à sa lecture.

- Qu'est-ce qui te fait dire que je songe à quelque chose de particulier, outre les conneries de Garp, Vista, yoi ?

- Parce que tu es généralement le premier à finir ton petit-déjeuner, que ton café est quasiment froid et que tu n'as pas encore regardé l'intérieur du journal. Donc, tu rêvasses et c'est pas commun.

Marco regarda sa tasse de café et en but une gorgée. Exact, il était vaguement tiède. Tant pis.

Il leva un sourcil à son camarade commandant quand celui-ci passa un bras autour de ses épaules, souriant d'un air conspirateur derrière ses moustaches.

- C'est vrai ce qu'a dit Thatch ?

- Je crois me souvenir qu'il ne faut pas croire Thatch sur parole quand il s'agit de rumeurs sur l'équipage, et ce genre de chose.

- D'où le pourquoi je te demande. Alors, c'est qui ? Mec ou nana ?

Pour toute réponse, Marco repoussa d'un mouvement expert le bras autour de ses épaules sans renverser son café. A grandir avec un nombre en constante augmentation de frères et sœurs, ce genre de compétence devenait rapidement nécessaire. Tout comme celle de garder sa langue dans sa poche, et ses yeux sur de la lecture, surtout quand ce qui hantait ses pensées était assis deux tables plus loin.

- Dis-moi tout ! Y'a quoi… vingt ans depuis ta dernière aventure !

- Je vais te renverser mon café sur la tête si tu continues, Vista. Et tu devras laver le sol, yoi. Tu savais que Garp avait fait dérailler huit fois l'Umi Ressha simplement parce qu'il avait oublié quelque chose à l'intérieur ?

- Mhmh… et t'as vu ce passage sur l'interdiction aux forains de passer par Dawn, parce que leurs jeux n'aident pas les jeunes hommes à devenir des marines forts et valeureux ?

- Quelque chose me dit que c'est pour s'assurer que Portgas et son petit-frère n'y aient pas accès et ne se déconcentrent pas de leur entraînement.

Marco reposa son café et ouvrit le journal, avant de pointer une ligne.

- C'est pas mal, ça, Garp qui fortifie ses poings en voulant réduire en poussière une montagne et qui s'avérait un volcan, yoi. Boom l'éruption.

- Et regarde le compte de navires de la Marine et du Gouvernement qu'il a détruit à force de jeter à main nue des boulets de canon !

- Tiens, ça c'est familier. Regarde. Trois bases réduites en morceaux par sa faute quand il a lâché des bêtes géantes sur les recrues sous prétexte d'en faire des hommes forts. Tu parles d'un entraînement, j'ai mal pour les marines, yoi.

- C'est pas comme ça que le p'tit Ace a été élevé ?

C'est vrai que techniquement parlant, il n'y avait que cinq flottes au courant pour le vrai genre d'Ace, et bizarrement, ça ne s'était pas répandu. Sauf pour les mauvais commentaires, mais Marco avait confiance en ses propres hommes pour remettre à leur place les esprits déviants.

- Et on dit que c'est un Héros de la Marine. Eh ben putain, le monde tourne pas droit, ça devient de plus en plus flagrant, yoi, soupira le blond.

- Pourquoi c'est un Héros, déjà ?

- Parce qu'il a capturé un mourant qui avait eu les tripes de conquérir la Grand Line et de vivre libre. Portgas, demi-tour et retourne t'asseoir.

Ace l'ignora pour continuer son chemin vers la sortie du réfectoire.

- Portgas deux fois. Retourne t'asseoir, tu n'as pas fini de manger.

Il releva le nez de son journal pour regarder Ace qui l'ignorait réellement.

- C'est ton tour de te faire botter les fesses, j'ai assez pris ! marmonna Vista.

Marco replia son journal et rattrapa la D. sur le chemin du pont, la jetant sur son épaule pour revenir dans le réfectoire, tout ça sous le regard d'une Iro perplexe.

- Repose-moi ou je te botte le cul, Commandant ! menaça Ace en se débattant sous les rires.

- Mais oui, Portgas, mais oui, j'attends que ça.

Il la laissa tomber sur le siège qu'elle avait abandonné pour le plus grand amusement de l'équipage. Il lui mit dans l'assiette de quoi manger, sachant qu'elle n'avait rien avalé, se pencha à son oreille, juste assez bas pour qu'elle seule puisse l'entendre.

- Continue ton petit manège et tu devras prendre chaque repas en étant assise sur mes genoux jusqu'à ce que tu prennes au moins dix bons kilos, yoi.

Le regard qu'elle lui jeta disait clairement qu'elle ne le pensait pas capable de le faire, mais il se contenta de sourire. Oh, oui, il pouvait le faire. Tout plutôt que de la voir attachée à un lit de l'infirmerie à devoir prendre les nutriments dont elle avait vraiment besoin par intraveineuse.

- Ton frère a appelé tôt ce matin. Il est prêt et se met en route pour Shabaody dans la journée. Si tu ne finis pas cette assiette, tu peux dire adieu à ta vengeance. Et interdiction de brûler directement la nourriture, ton corps doit avoir le temps de la digérer.

Il ne fallut pas plus pour que la D. se mette à avaler toute sa nourriture au risque de devenir malade.

- Edwin, assure-toi qu'elle mange toute son assiette.

Un cri venant sur le pont fit grogner Marco. A croire que même le destin pensait qu'Ace n'avait pas besoin de manger. Et elle devait comprendre ce à quoi il pensait puisqu'elle lui adressa un sourire un brin moqueur.

Shirohige (qui avait depuis longtemps fini de manger) revint dans le réfectoire avec un air froid sur le visage.

- Nous avons la visite d'un navire d'un Tenryuubito.

Un bruit d'un boulet de canon qui explosa dans l'océan à proximité du navire troubla le silence de ce qui venait de suivre. Le Moby Dick s'agita en réponse, avant de retrouver sa stabilité, alors que lentement, avec des mines mortellement sérieuses, tout le monde se levait de son siège pour faire face à leur capitaine.

- Vous savez ce qu'on dit…

Un sourire froid et féroce apparut sur le visage du Yonkou.

- Dead men tell no tales.

Et il se retourna dans un envol de son manteau.

- Tout le monde sur le pont ! Exécution ! rugit Marco. Vista ! Assure-toi que personne ne traîne en bas !

Vista hocha la tête et fila hors de du réfectoire, alors que tous les pirates se précipitaient au dehors de la pièce à sa suite, soit pour récupérer des armes, soit pour se mettre en position sur le pont. Rapidement, quelqu'un se mit à la barre, orientant leur navire vers le bateau du Tenryuubito qui les avait déjà attaqués et venait vers eux avec l'intention d'en découdre. Les pirates étaient tendus, désirant clairement en découdre, plus qu'avec les marines ou les autres équipages pirates.

Marco était sur le point de décoller, mais le bisentô de son père se mit sur sa route.

- Je veux pas que tu y ailles seul. Prends des gars pour arranger les voiles, je veux plus de vitesse, demanda le capitaine. Kingdew, prépare les canons !

Les deux commandants acquiescèrent la tête et rapidement, les canons furent orientés vers le navire, alors que le Moby Dick était orienté pour aller vers leur assaillant. Du sommet des voiles qu'il était en train d'arranger, Marco voyait leur navire tourner lentement. Le vent n'était pas favorable pour la navigation de leur maison.

Il tourna la tête à l'autre bout de l'espar en entendant Ace se percher au-dessus de la voile.

- On manque de vent, faut plus de toile.

- Une grosse vague arrière ? proposa la D. en défaisant rapidement le nœud sous ses pieds.

- Nan, la puissance nécessaire serait telle que ça éloignerait l'autre navire, lui donnant aussi la possibilité de manœuvrer, yoi.

- Quelle direction le vent dans l'idéal ?

- Si on avait la possibilité de contrôler le vent à la demande, je demanderai un vent sud-sud-ouest, force deux, mains on a pas cette possibilité.

- Renseigne-toi un peu plus avant de dire des conneries.

Ace revint vers le mât, sautant par-dessus Marco qui se tenait au milieu du passage et se saisit d'une corde pour se laisser glisser jusqu'au sol. Il ne chercha pas à savoir où elle allait, sautant en l'air pour passer à l'espar du dessus et sa voile.

Il s'immobilisa quand le vent commença à se lever, faisant jouter sa ceinture de tissus et ses lourdes mèches de cheveux.

Les voiles se gonflèrent rapidement, aidant à la manœuvre du navire. Marco se dépêcha de libérer la voile entre ses mains et se retourna sur son perchoir pour retrouver Ace, avant de plonger vers le sol, finissant accroupi juste à côté d'elle, ses plumes se dispersant dans le vent qui prenait en force.

- Quezacoatl n'est pas que le patron des devins. C'est aussi le dieu des vents, lui dit la jeune femme avec un sourire un brin moqueur. Ça coûtera une bouteille de lait pour Kali.

- Elle a une bonne maîtrise de son zoan, yoi, complimenta Marco.

- C'est épuisant, donc, elle durera pas énormément. D'ici cinq minutes, elle sera à bout de force et le vent cessera.

- C'est bon à savoir. Elle est en sécurité ?

- Comme toujours quand elle fait ça.

Le Phénix hocha la tête. Un souci de moins à se faire.

Et un autre qui prit place dans son crâne quand Ace disparut dans la foule de corps qui composait l'équipage.

Il soupira. Il ne pouvait pas se permettre de la couver, elle était une pirate, une femme puissante, il était le premier à l'admettre. Mais en face, c'était un représentant même de ses pires cauchemars. Il sentait son sang bouillir dans ses veines à la simple vue de la tête de proue dorée du navire en approche avec lequel ils échangeaient des bordés de canons.

- Mes fils, mes filles, vous savez comment on joue… on garde le ou les Tenryuubito pour la fin, mais le reste de ces morveux n'a pas besoin de votre pitié ! Pas de quartier ! rugit Shirohige.

Et il donna un puissant coup de poing dans les airs devant lui qui fractura l'atmosphère un instant, avant de provoquer un mini-séisme localisé qui souleva le navire des Tenryuubito par l'arrière. Les pirates poussèrent des hurlements d'encouragement, et passèrent enfin à l'abordage quand ils furent à porter de saut ou de corde, sautant sur les agents du gouvernement qui avaient eu l'idée de faire feu sur eux en premier lieu.

C'était l'une des batailles les plus sanglantes qu'Ace ait jamais vu.

Elle se retrouva bien vite à marcher dans du bois inondé d'eau de mer et de sang, à piétiner des organes ou des morceaux de corps quand elle ne sautait pas par-dessus des cadavres.

La bataille fut courte et intense avec la quasi-totalité des pirates qui visaient et attaquaient pour tuer. Malgré l'horreur et la triste réalité, le Tenryuubito (qui s'était réfugié dans ce qui devait être sa cabine), continua de hurler aux hommes à son service de se battre, malgré le fait qu'ils menaient une bataille perdue d'avance.

Elle entendit vaguement quelqu'un hurler de sortir le Tenryuubito de sa cachette, en dépit des hurlements de la cohue. Vu qu'elle était la plus proche, elle se décida de sortir le mollusque de sa coquille histoire de le mettre nez à nez avec l'horreur qu'il avait ordonné.

Devant la porte, elle perçut des gémissements tout juste audibles en dépit du combat dans son dos. Elle appuya sa main sur la porte en bois, délaissant la poignée dorée, et rapidement, le panneau s'embrasa, formant un trou incandescent de plus en plus important. Elle se changea en colonne de flammes et commença à entrer dans la cabine, avant de se figer alors qu'elle n'était pas encore sortie du trou. Elle était dans une salle à manger richement décorée, avec un peu plus loin, une porte ouverte, juste en face d'elle, donnant sur une chambre à coucher.

Le salopard lui tournait peut-être le dos, mais le pantalon baissé, les gémissements et les pleurs étaient bien assez explicites sur ce qu'il était en train de faire pendant que tout le monde se battait pour lui sur le pont.

Les flammes devinrent plus chaudes, plus dangereuses, réduisant en charpie le reste de la porte. Ace reprit sa forme humaine et avança comme un fauve vers sa proie, avant de le saisir avec un bras autour de sa gorge et le tirer en arrière.

- Ne me touche pas ! Lâche-moi ! Impureté ! Vermine ! hurla l'homme en se débattant.

Ace lui fit le plaisir d'obéir : en l'envoyant voler au travers la porte ouverte. Elle s'occuperait de lui plus tard.

Elle se tourna vers le partenaire de coït du salopard et sentit son cœur se briser.

C'était une enfant, elle n'avait pas l'air d'avoir plus de huit-neuf ans, mais elle avait l'air si faible qu'elle pouvait très bien être un chouilla plus âgée.

Elle était nue, crasseuse, recouverte de blessures et de sang, recroquevillée sur elle-même avec de grands yeux vides et morts, un lourd et étroit collier d'esclave autour de sa gorge, la marque des Tenryuubito inscrite au fer rouge sur son ventre et des traces de fouets et de fers sur le reste de sa petite personne. Sa respiration était saccadée.

- Hey… c'est fini… le vilain porc ne te fera plus de mal… essaya de rassurer Ace en s'approchant.

La gamine se recroquevilla un peu plus sur elle-même en se protégeant la tête, un sanglot étranglé au fond de la gorge. La D. la regarda et retira sa chemise (gardant seulement les bandelettes qui lui faisaient office de brassière) pour la déposer sur l'enfant qui sursauta. La jeune femme s'accroupit doucement et leva une main hésitante pour lui caresser la tête d'un geste réconfortant, avant de changer d'avis en voyant l'enfant effrayée par l'idée du contact.

- Hey, tu veux pas enfiler la chemise ? Tu vas prendre froid, chuchota la pirate en essayant de rester le moins menaçante possible en dépit de la colère et de la haine qui grondait en elle.

L'enfant renifla et se redressa pour obéir, mais n'osa rien faire de plus. Elle se raidit même quand Ace prit sur elle de fermer les boutons du vêtement qui faisait quasiment une robe pour l'enfant.

- Hey, regarde-moi, s'il te plaît.

L'enfant leva deux grands yeux larmoyants et effrayés vers la jeune femme qui lui sourit.

- Ce que je vais faire va être bruyant et te faire peur. Mais c'est nécessaire, d'accord ? Tu ne risques plus rien. Tout ce que je te demande, c'est de me faire confiance. Comment tu t'appelles ?

L'enfant resta recroquevillée sur elle-même dans une boule protectrice, avant de répondre avec une voix cassée :

- Mafalda.

- C'est un sympathique prénom que tu as là. Je connais une bande-dessinée avec une héroïne qui a le même nom, c'est dingue. Moi, c'est Ace. Tu me sers la main ?

Ace lui tendit sa main sans cesser de sourire, malgré qu'elle ait envie de pleurer et de hurler devant l'horreur qui avait été infligée à la gamine. Il fallut du temps, mais l'enfant accepta de serrer la main de la brune, gardant une poigne incertaine et tremblante.

- Tu veux bien m'accorder ta confiance, Mafalda-chan ? Tu risques d'avoir peur, mais je veux t'aider, c'est tout.

Il fallut encore plus de temps pour que l'enfant accepte de hocher la tête.

- Tu es une fille très courageuse. Je vais avoir besoin que tu me montres ton cou. Je vais te retirer ce collier.

Très lentement, l'enfant se déroula de sa position fœtale pour s'asseoir au bord du lit défait, permettant à Ace d'avoir libre-accès au collier. Tout en serrant doucement la main de la fillette dans la sienne, la pirate leva celle qu'elle avait toujours de libre et toucha doucement le collier avec un doigt empli de Haki.

La gamine se figea de peur et d'effroi en entendant la bombe dans son collier réagir avec un tic-tic d'avertissement. Second petit coup sur le collier et le compte à rebours accéléra. En usant de sa vitesse et de son Haki, Ace s'assura de protéger la fillette de l'explosion du collier qu'elle retira juste à temps du cou pour qu'il ne lui fasse pas de mal. Le bruit fit se recroqueviller l'enfant de peur, avant que doucement, elle ne jette un œil par-dessus son bras.

- Tu es libre, lui sourit doucement Ace.

Elle entendit des pas dans la salle à manger et leva la tête pour voir qui venait d'entrer.

- On a entendu une explosion, lui dit Edwin. Oyaji se fait du souci de pas te voir revenir.

- Tu peux me laisser une chemise ou un tee-shirt sur la table, s'il te plaît ? demanda Ace. J'arrive dans un instant.

Le pirate la regarda d'un air interrogateur, avant de voir la gamine de dos, assise au bord du lit avec la chemise de la D. sur elle. Il dut relier les points tout seul parce qu'il retira son sweat pour rester en marcel dessous, et déposa le vêtement sur la table.

- Je vais rassurer Oyaji et avertir l'infirmerie.

Il tourna les talons et s'en alla. Ace se leva pour aller récupérer le vêtement et l'enfila en retournant auprès de l'enfant qui restait immobile sur le lit.

- Tu veux venir avec moi ? On va aller voir un docteur qui va soigner tous tes bobos, lui dit Ace en reprenant son sourire.

Elle s'accroupit de nouveau devant la gamine et tendit ses bras en invitation, attendant que l'enfant fasse le premier pas. Dans un premier temps, l'enfant se recroquevilla sur elle-même, trop effrayée par la situation qu'elle avait dû mal à intégrer. Puis, lentement, elle se remit au bord du lit en position assise et porta une main tremblante à l'un des bras d'Ace pour essayer de se lever. Ses jambes ne parvinrent par à supporter son poids, faisant qu'elle manqua de tomber. La D. la rattrapa juste à temps et la hissa sur sa hanche.

- C'est fini, assura Ace en lui caressant doucement ses cheveux sales, pouilleux et emmêlés.

La gamine resta tendue dans la prise de la jeune femme, clairement effrayée, mais ne pipa mot. Humant un petit air pour essayer d'apaiser l'enfant, la pirate quitta l'endroit, laissant le lit prendre feu dans son dos. Quand elle pénétra sur le pont, ce fut pour voir que les combats étaient finis depuis longtemps. Certains gars de l'équipage faisaient le tour des corps sur le pont, achevant ceux qui avaient survécu. Il fallait qu'il ne reste aucun survivant de cette attaque, sinon, tout le monde saurait qui était à blâmer pour la disparition du Tenryuubito, et pour la stabilité et sécurité du territoire, le Yonkou ne pouvait pas se le permettre. Le Dragon Céleste était hors de vue, et c'était tant mieux dans l'opinion d'Ace. Elle n'était pas certaine qu'elle aurait réussi à se retenir si elle avait été face à face avec ce salopard.

Quand elle sortit sur le pont, Shirohige la regarda passer avec l'enfant, ses épaules s'affaissant sous la tristesse et ses yeux se remplissant de peine.

- Va l'apporter à Christopher, il doit être déjà à l'infirmerie.

- Oyaji !

Edward tourna la tête pour voir Thatch revenir de la cale avec trois enfants. Un petit garçon qui devait avoir à peine cinq ans sur la hanche, et deux autres enfants crasseux à peine plus âgés marchant avec lui en se tenant à son pantalon et en se cachant à moitié derrière ses jambes. Ils portaient des loques qui les couvraient à peine.

- Marco essaye de sauver le dernier, annonça le commandant avec un visage étrangement fermé.

- Vista, trouve-moi quoi que ce soit qui puissent aider ces enfants à rentrer chez eux. Thatch, assure-toi que ces mômes reçoivent vite des soins, ordonna Shirohige. Je vais voir où en est Marco.

Et il tourna les talons pour descendre à son tour dans la cale.

Outre des provisions qui seraient rapidement transférées sur le Moby Dick et des caisses emplies de richesses, il y avait une petite cellule tout au fond. Elle avait sa porte ouverte en grand et il voyait parfaitement la chemise mauve de son fils aîné alors qu'il était assis à l'intérieur, dos à lui.

Son Haki ne sentait que Marco et rien d'autre. Rien qui puisse suggérer que son bras-droit soit en train de lutter pour sauver une vie. En se rapprochant des barreaux, il comprit pourquoi en voyant le poignard encore sanglant dans la main du Phénix et la dépouille immobile d'un petit garçon couvert de blessure et avec une incision nette, précise et fatale pile sur la carotide.

L'ouverture étant trop petite pour lui permettre de rejoindre le blond, Shirohige attrapa les barreaux de la cellule et les arracha, dégageant l'espace nécessaire pour entrer dedans et s'asseoir à côté de son fils.

- Il en avait pour deux heures… trois grand maximum… des heures de souffrance et d'agonie… chuchota Marco.

- Tu as fait ce qu'il fallait. Un enfant ne mérite pas de souffrir ainsi.

Le commandant eut un reniflement narquois pour toute réponse alors qu'il essuyait le sang de son arme sur la manche de sa chemise pour ensuite ranger le poignard dans son fourreau et le fourreau, de nouveau dans sa ceinture.

Sans rien dire, Shirohige prit dans son immense main la silhouette frêle et longiligne de son fils et l'attira contre lui.

Les Saints étaient ceux qui briser le plus de vie.

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Sabo était sur le départ quand son denden sonna.

Avec un soupir, il arrêta de faire son sac et alla décrocher alors que son partenaire Karasu entrait dans la pièce.

- Sabo en ligne.

« Appel d'une ligne extérieure cryptée. On m'a demandé de vous dire qu'il s'agit de votre rendez-vous de Shabaody » dit la femme à l'autre bout.

- Je prends la communication.

Karasu eut un geste de la tête à l'adresse du jeune homme pour savoir s'il y avait un souci, mais Sabo eut une moue pour dire qu'il ne savait pas justement. La ligne fut connectée et deux yeux ternes, morts et larmoyants lui apparurent. Sabo avait très peur, brusquement. Qu'est-ce qu'il pouvait bien s'être passé pour que sa sœur affiche une tête pareille ?

- Hey, salua Sabo avec hésitation.

« Hey » répondit faiblement Ace sans même essayer d'esquisser un sourire.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

« Je vais avoir du retard. Du genre, beaucoup de retard. »

- Tu veux que je vienne te chercher ? Karasu peut porter deux personnes en même temps et t'es du genre poids plume.

Sabo regarda son camarade qui haussa des épaules pour dire qu'il y voyait aucun problème.

« Non… je… j'ai quelque chose à faire. Je… je peux pas rester les bras ballants ou juste ignorer ce qu'il s'est passé, quand je pourrais aider. »

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Le denden se mordit une lèvre, inspira profondément, avant de parler, les larmes brisant enfin le peu de résistance qu'il y avait encore.

« Un navire de Tenryuubito nous a attaqués en début de matinée. Avec de très mauvaises surprises à bord. »

Sabo sentit son sang se refroidir dans ses veines. Il avait eu bien assez de contact avec d'anciens esclaves pour savoir le genre de mauvaise surprise qu'on pouvait trouver.

« Cinq enfants, utilisés en esclaves sexuels. La plus vieille était en train de se faire violer pendant l'attaque. J'ai retiré ce porc d'entre ses jambes. Elle a à peine dix ans, elle a l'air d'en avoir huit, et elle doit recourir à une IVG… le plus vieux était un gosse de onze ans et Marco a dû abréger ses souffrances… »

Karasu posa une main sur ses yeux alors que Sabo fermait les paupières, la bile et la haine lui remontant dans la gorge.

- Qu'est-ce qu'y a été fait du salopard ?

« Il sert de punching-ball pour le quatrième commandant pour l'instant. Shirohige a proposé un vote pour savoir qui voulait qu'il soit tué immédiatement et qui voulait qu'on lui fasse payer. J'ai aucun remord de dire que je fais partie de la majorité qui a décidé de s'assurer qu'il aurait une mort très lente et douloureuse. Même l'enfer est trop doux après ce que ces enfants ont subi. »

- J'aurai eu la même réponse. Qu'est-ce que votre capitaine va faire des enfants ? S'il faut, je peux demander à ce qu'on vienne les chercher pour les ramener chez eux. On a assez d'anciens esclaves dans nos rangs pour savoir comment gérer.

« On en a aussi chez nous. Ils sont en train de recevoir des soins et on va les ramener. On attend qu'ils veuillent bien parler pour qu'on puisse savoir d'où ils viennent. »

Karasu tendit la main vers le transmetteur du denden.

- Un de mes collègues veut te parler, avertit Sabo. Il est ok.

Ace soupira à l'autre bout alors que l'homme en noir prenait l'appareil pour parler dedans.

Et il resta silencieux.

« Moshi moshi ? Y'a quelqu'un ? » demanda la D. avec perplexité.

- Karasu, ton haut-parleur, on t'entend pas, rappela Sabo.

L'homme écarquilla des yeux en réalisant qu'il avait oublié quelque chose et manipula son masque de corbeau pour pouvoir parler.

- Désolé. Donc, je voulais savoir si on pouvait avoir une description des enfants. On a récupéré beaucoup de signalements de disparition. En croisant les deux, on pourra leur permettre de retrouver rapidement leur domicile. Le fichier n'est peut-être pas complet, mais c'est déjà quelque chose.

La pirate cligna des yeux et demanda un instant avant de déposer le transmetteur.

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Chris leva le nez de la suture qu'il était en train de faire sur un pirate de sa flotte quand Ace passa le nez dans l'infirmerie en essuyant avec une manche du sweat des traces de larmes sur ses joues.

- Tu as besoin de quelque chose ? demanda l'ancien médecin des Spades en revenant à la blessure qu'il était en train de recoudre.

- Le Commandant en a fini ?

- Il aide les enfants à se laver avec une infirmière.

- Un endroit où je peux me mettre sans déranger ?

Chris pointa une chaise dans son dos, à proximité du bureau, et la jeune femme alla s'y asseoir sagement, les yeux rivés sur ses pieds, le cul au bord du siège, le dos très droit. Après un long moment d'attente, la porte de la salle de bain dédiée aux malades s'ouvrit, laissant passer Marco et une infirmière avec les quatre enfants. Ace se leva mais ne s'avança pas, attendant de savoir si elle pouvait lui parler sans le déranger.

- Portgas ? demanda le blond en se redressant. Tu as prévenu ton rendez-vous de Shabaody ?

- Un de ses collègues propose de nous aider. Ils ont un fichier de personnes portées disparu. Avec les enfants qui ne parlent pas… c'est toujours ça pour leur permettre de rentrer chez eux, mais c'est pas à moi que revient la décision et comme je sais pas où est le capitaine...

Le blond hocha la tête et lui fit signe de se rapprocher. Quand elle fut à sa portée, elle se retrouva avec une Mafalda propre dans les bras, permettant de voir qu'elle avait une peau très claire et des cheveux châtains avec des mèches lourdes et de très beaux yeux bleus.

- Ils doivent se reposer. Aide Talia à les coucher, yoi. Vu que c'est toi qui as sorti la petite d'affaire, elle te fera plus confiance qu'à n'importe qui, et par extension, le reste des enfants. Donc, reste avec eux, s'il te plaît, Ace

- Je le ferai.

Sans rien laisser paraître de sa surprise de se voir appeler brusquement par son prénom en public quand il ne le faisait pas généralement, la jeune femme tendit une main vers l'un des enfants capables de se déplacer seul qui accepta avec timidité et hésitation de la lui donner. Le Phénix regarda la procession quitter l'infirmerie avant de suivre le mouvement en se passant les mains sur son visage. Il se laissa tomber lourdement sur la chaise à la table de réunion des commandants et récupéra le denden mushi toujours actif qui laissait filtrer des voix.

- Premier Commandant Marco des Shirohige en ligne.

« Karasu, Officier de la Révolution et Commandant de l'Armée du Nord »

Qu'est-ce que ce gars foutait dans le Shin Sekai s'il bossait dans le nord ? Peu importe, ce n'était pas ses affaires.

« Nous venons d'apprendre pour les enfants » dit une voix que Marco identifia comme celle de Sabo.

- C'est malheureusement pas la première fois qu'on fait ce genre de découverte macabre. Y'a quatre ans en arrière, ce sont des gosses empaillés qu'on a trouvés, yoi.

« Ceux-là auront la chance d'être ramené à leurs parents. »

« On a notre dossier disparu. » informa Sabo.

- Très bien, alors voilà…

.


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Ace s'assit dans l'ombre du fauteuil de Shirohige avec une bouteille d'alcool qu'elle avait chapardée dans les cuisines. Elle regarda le sweat qu'elle portait toujours. Elle devrait vraiment le rendre à son propriétaire.

Avec un soupir, elle avala une gorgée du liquide amer qui dévala sa gorge alors qu'elle retenait son logia pour qu'il ne brûle pas l'alcool.

Comment, en dépit des horreurs, le monde pouvait-il fermer les yeux et dire que les méchants de l'histoire, c'étaient eux et pas les riches salopards ?

Une goutte de pluie tomba du ciel nuageux de la soirée agitée, suivie d'une seconde et d'une troisième. Bientôt, l'averse tomba drue sur le pont, clapotant sur le pont dans un bruit sourd et apaisant. Ace prit une nouvelle gorgée d'alcool et retira son chapeau pour laisser l'eau du ciel dévalait sur son visage en dépit du chuintement. A la tempête, elle joignit bientôt ses larmes, laissant l'eau des cieux emporté avec elle sa douleur. Personne n'en saurait rien.

Elle ne détourna pas la tête quand elle entendit Shirohige s'approcher de son coin et s'asseoir par terre, juste à côté d'elle, sans rien dire.

Peu importe qu'elle demande pourquoi les hommes pouvaient faire autant de mal à des êtres aussi innocents, elle n'aurait aucune réponse concrète. Seulement des belles paroles pour lui dire que les hommes étaient ainsi, faits pour se déchirer et souffrir.

- Tu as le droit de te laisser aller, Ace. Personne ne te jugera. Personne n'en saura rien. La pluie emportera avec elle toutes les preuves, lui dit le Yonkou en lui posant une main réconfortante dans son dos. Libère-toi, je suis là, fille.

C'était la pression qu'il manquait pour faire céder le barrage de la demoiselle. La bouteille d'alcool à moitié vide tomba au sol alors qu'elle se recroquevillait sur elle-même pour sangloter, laissant la pluie masquer ses larmes et le son de sa peine. La main du Yonkou resta sur son dos, rassurante, chaude, alors qu'il regardait le large tourmenté, laissant la pluie masquer sa propre peine. Il avait beau avoir bien vécu, ce genre d'horreur continuait de lui faire mal. Il essuya deux larmes solitaires sur ses joues avec sa main libre, avant de la reposer sur son genou, continuant d'offrir autant de réconfort que possible à sa fille. Aucun mot, aucune formule magique ne pourrait arranger les choses, il le savait.

Il tourna la tête en entendant des pas sur les ponts et fit signe à Thatch de faire silence quand il le vit venir vers eux. Le roux hocha la tête et alla s'asseoir à la rambarde à proximité, ignorant la pluie qui commençait à avoir rapidement raison de sa pompadour pour laisser de longues mèches retomber dans son dos.

Il entendit un reniflement venant d'Ace et se risqua à l'appeler.

- Hey, Ace, tu peux rendre service ?

Ace s'agita un instant pour essuyer ses larmes et se leva, laissant la main de Shirohige retomber au sol.

- Les gosses ont besoin de figures de confiance pour leur prouver que c'est sans risque de manger, et Marco dit qu'il faudra qu'ils aillent de nouveau se coucher ensuite.

- J'arrive, assura-t-elle en ramassant la bouteille d'alcool.

Elle tira sur une de ses manches et essuya ses yeux une dernière fois avant de remettre son chapeau sur son crâne trempe.

- N'hésite pas à venir me retrouver si tu as besoin, fille, lui dit Shirohige.

- Merci Oyaji.

Triste de se dire que ce satané jour était la première fois où il entendait Ace l'appelait enfin 'Oyaji'.

- C'est normal, fille.

Ace alla rejoindre Thatch qui lui passa un bras autour des épaules pour l'embarquer à la cuisine. Avant d'entrer, elle termina sa boisson avant de laisser au cuisinier la bouteille en verre qu'il alla jeter dans la poubelle dédiée, laissant la jeune femme s'asseoir à la petite table où étaient les enfants avec Marco dans un coin de la cuisine où il servait déjà de la soupe dans les bols devant les gamins catatoniques.

- Pourquoi ils sont pas dans le réfectoire ? demanda Ace en prenant la place que lui montra le blond.

- Trop de monde, trop tôt, résuma le Phénix.

Ace hocha la tête et attrapa le pain au milieu de la table pour le rompre à la main en remarquant que les seuls couverts étaient des cuillères. Thatch récupéra la soupière une fois que tout le monde fut servi et alla la déposer sur le feu, avant de prendre une autre casserole avec laquelle il quitta la cuisine.

- Vous avez des prénoms ou je peux vous appeler Riri, Fifi et Loulou ? demanda Ace en essayant de faire bonne figure.

Un petit garçon roux se mit à rougir alors que les trois autres restèrent de marbre.

- Toi, t'es d'East Blue, devina-t-elle.

- Will est de l'archipel de Konomi, yoi, lui dit Marco.

Ace se figea en fronçant les sourcils.

Elle avait déjà lu ce nom quelque part. Le blond lui adressa un regard qui disait clairement plus tard, alors, elle laissa glisser.

- Donc, nous avons Will d'East Blue, Elizabeth d'Embriville.

Elizabeth avait des yeux verts éteints et des marques de brûlures sur le visage à moitié caché par des cheveux brun foncé ondulés.

- Meidhi de Fez, à deux pas de Foodvalten, une île de notre territoire. Quant à Mafalda, c'est une de mes compatriotes. Elle est d'Anvil, comme moi.

La D. arrêta la distribution du pain pour regarder Marco, puis la gamine, puis de nouveau le commandant. Comprenant la question silencieuse, il hocha tristement la tête.

Ce n'était certainement pas comme ça qu'il aurait voulu apprendre que sa jumelle était vivante et qu'il avait une nièce. Il brisa son pain en plusieurs morceaux et en mangea un bout, avant d'en tendre un autre à Meidhi qui le regarda de ses grands yeux bruns. L'enfant regarda l'adulte manger son pain, avant de prendre avec hésitation le morceau qu'on lui donnait et de le manger. Ace imita le blond et tendit un morceau à la petite Elizabeth après en avoir mangé un. Quand les enfants eurent l'assurance que le pain était sans danger et qu'on n'avait pas l'intention de les empoisonner ou de les intoxiquer, ils le mangèrent avec un peu plus d'assurance, permettant aux adultes de passer à la soupe. Bien heureusement, la nourriture venait de la même soupière, donc, ils n'eurent pas besoin de prendre une lampée dans chacun de bol.

- Je dois faire un rapport à Oyaji, tu pourras aider les enfants à se coucher quand ils auront fini ? demanda Marco en allant chercher la soupière.

Il se resservit et en remit à Ace qui aidait Elizabeth à ne pas mettre ses cheveux dans la nourriture. La D. regarda son bol, puis Marco avec toute son indignation, mais il lui répondit par un regard noir et un coup d'œil rapide aux enfants qui avaient du mal avec leur part.

- Bien Commandant.

Elle se leva et fit vaguement une tresse avec les cheveux d'Elizabeth qu'elle lui coinça dans le col du pull trop grand pour elle qu'elle portait pour remplacer ses loques.

- Demain soir, on devrait arriver sur une île, si ce n'est plus tôt si le temps nous l'accorde. On pourra leur trouver des vêtements à leur taille.

- Je trouve que ma chemise va très bien à Mafalda et je suis certaine qu'elle adore le jaune.

- Toujours mieux que l'orange immonde de ce qui te sert de chapeau.

- Tu sauras que c'est mon petit-frère qu'il l'a choisi parce qu'il dit que ça va très bien avec mes pouvoirs ! Et na !

Elle tira la langue à Marco en se rasseyant. Elle reprit sa cuillère et se força à manger sa soupe pendant que le Commandant adressait un sourire très satisfait et fier de lui par-dessus la sienne.

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Tous les commandants étaient là avec Shirohige quand Marco chaussa ses lunettes, debout devant sa chaise pour annoncer l'ampleur de l'horreur.

- C'est mauvais. Très mauvais.

- Vas-y, qu'on sache comment agir, encouragea Vista en jetant d'un geste las son chapeau sur la table.

- Ils sont tous en sous-alimentation. L'un des garçons a vomi pendant qu'on le douchait. Cela ressemblait plus à des aliments périmés ou des emballages qu'à de la vraie nourriture, yoi. Il faudra les rhabituer lentement à manger correctement et sainement.

- Soupe et smoothie pour les gosses, décréta Thatch. Peut-être du poisson ou de la viande blanche prédécoupés.

- Quelque chose de fin et de facilement digérable.

Le cuisinier hocha la tête.

- Le plus jeune des mômes a cinq ans. C'est le petit Meidhi. Mafalda, la plus vieille, a tout juste dix ans, mais elle a m'a tout l'air d'avoir déjà un ou deux ans d'esclavages derrière elle à cause de sa taille. Les deux autres ont tous les deux huit ans, à deux mois de différence.

Il fit rouler nerveusement ses épaules comme pour repousser une brûlure qui venait du fin fond de ses souvenirs.

- Meidhi doit être une acquisition récente. La marque au fer rouge est infectée, j'ai fait le nécessaire pour que ça se soigne et il a des médicaments à prendre. Elizabeth a été marqué sur le vagin. Les deux autres s'en sortent mieux pour le placement de la marque, yoi. Ils ont été roués de coups, électrocutés, fouettés et j'en passe. J'ai retrouvé de l'eau dans les poumons de Will et il manque un orteil à Elizabeth. Mafalda a été amputée d'un sein alors qu'elle commence tout juste à se développer et Meidhi est aveugle de l'œil droit.

Shirohige ferma les yeux et inspira profondément.

Il savait que le pire était à venir.

- Ils ont tous subis des sévices sexuels graves. Will a eu une déchirure du colon, d'où le fait qu'il n'arrivait pas à marcher. Je l'ai opéré et il est encore sous anti douleur. Cassidy a retrouvé des poils de chien sur Elizabeth, là où ça n'a rien à faire.

- On gardera Stefan loin des enfants, annonça Kingdew.

- Et pour conclure, la petite Mafalda est enceinte.

- A dix ans ? s'étrangla Vista.

- Elle a eu la malchance de se former plus tôt que la majorité des filles. C'est pas commun, mais pas si rare non plus. Voilà les faits.

- Et l'enfant qui n'a pas survécu ? demanda Shirohige.

- Antoine, les gamins savent qu'il n'a pas survécu, ils l'ont compris. Onze ans, de Shabaody. Et certainement pas l'âge pour passer le pas et demander volontairement à changer de sexe. Les cicatrices de l'opération… je peux pas dire barbare parce qu'en comparaison, c'est rien.

Si on demandait à Edward Newgate, l'horreur et l'abomination humaine avait un visage : celui de l'argent. Cet argent sombre et mauvais qui offrait aux hommes le pouvoir d'accomplir des actes malfaisants sur des êtres innocents comme des enfants.

- Nous allons déposer les enfants chez eux, puis, on ira à Shabaody et j'irai à la rencontre des parents de ce gosse pour leur rendre la dépouille. Tu l'as mis au frais pour qu'il reste intact ? demanda Shirohige d'une voix morne.

Marco se contenta de hocher la tête.

- Quand les enfants auront un peu plus de confiance, nous récupèrerons un maximum d'informations auprès d'eux pour trouver ceux qui les ont capturés et vendus, et où. La seconde flotte sera ensuite lâchée pour anéantir ces personnages.

- Will ne pourra pas rentrer chez lui. Son île est entre les mains de Arlong. Vu qu'il a servi sous Fisher Tiger, j'ose espérer qu'il n'a pas eu l'idée stupide de vendre un enfant, tout humain soit-il, mais on ne peut pas renvoyer un enfant traumatisé ainsi là-bas. Je sais que Jinbe nous demande de le laisser gérer cette affaire…

- Je comprends fils. Quand le gosse acceptera de parler, essaye de savoir si ses parents sont toujours en vie. Si c'est le cas, on s'assurera de les avertir qu'on a retrouvé leur enfant et qu'on le met à l'abri. Je contacterai Jinbe pour lui demander de régler rapidement l'affaire. Quelque chose à rajouter ?

- Vu que Portgas, Thatch et moi sommes ceux qui les ont libérés, ils vont nous coller pas mal. Il faut que le reste de l'équipage les laisse respirer. Un rien peut leur faire peur à ce stade. J'ai demandé à Portgas de passer la nuit avec eux pour les rassurer, mais on se relèvera durant leur séjour à bord jusqu'à ce qu'ils soient plus en confiance. On va attendre deux trois jours avant de les faire manger au réfectoire et à la table des commandants. Ah, et il faudra remercier l'Armée Révolutionnaire, ils nous ont gracieusement aidés à identifier les gosses grâce à leur réseau d'informations. J'ai fait le tour de ce qu'il fallait dire, outre qu'il faudra acheter des vêtements pour les bambins et que ça ne sert à rien de venir me chercher ce soir, je vais me shooter à coup de somnifère.

- Je viens me shooter avec toi, marmonna Thatch en levant une main à moitié morte.

- C'était une longue journée éprouvante, nous avons tous besoin de repos. La réunion est levée, accorda Shirohige.

Oui, une très longue journée.