Bonjour

Voici le 1er chapite de la suit. Il se déroule plusieurs mois plus tard. Le chapitre suivant reprendra immédiatement à la fin de la dernière histoire.

J'espère qu'elle vous plaira !

merci de me lire et à jeudi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Radioactive d'Imagine Dragons

Chapitre 1 : Danger

« Le courage est souvent l'effet d'une vue nette du danger qu'on affronte ou de l'ignorance entière du même danger »

Claude Adrien Helvétius

Comment Dean en était-il arrivé là ? C'était la question qu'il se posait depuis quelques semaines maintenant et qui ne cessait de le hanter depuis qu'il avait dû prendre la fuite pour échapper à une mort certaine.

Ce n'était pas la première fois qu'il se trouvait ainsi en danger. Son métier – son ancien métier – l'avait souvent conduit à se retrouver dans des situations plus ou moins similaires. Il avait dû lutter pour sa vie, combattre des criminels et tuer avant d'être tué. Il avait été entraîné dans ce but et s'il préférait s'en sortir sans tuer personne, il était également préparé à le faire si c'était nécessaire.

Il n'avait jamais eu peur. Il ne laissait pas ce sentiment l'envahir tant il le savait capable de l'handicaper et de l'empêcher d'être au maximum de ses capacités. Il ne pensait pas alors au pire scénario et se concentrait uniquement sur ce qu'il devait faire pour survivre. Il avait appris à compartimenter les choses pour être plus efficace. Quand il était Dean l'agent du FBI, il n'avait plus de famille, plus de gens qui comptaient sur lui et plus de peur de les abandonner à leur sort. Il ne pensait plus qu'à ce qu'il devait faire et envisageait toutes les options sans la moindre difficulté.

Mais cette fois, c'était différent. Cette fois, il n'était pas Dean l'agent du FBI mais juste Dean Winchester. Un homme qui avait fait les mauvais choix et était tombé amoureux du mauvais homme. Il était un cliché sur lequel on aurait pu écrire des livres à l'eau de rose et fait des films dont tout le monde se serait moqué.

Il ne pouvait même pas réellement s'en prendre à quelqu'un et le blâmer pour la situation dans laquelle il se trouvait. C'était en grande partie sa propre faute. Il avait fait les mauvais choix et pris les mauvaises décisions. Il avait senti venir le danger mais il avait refusé d'ouvrir les yeux. Puis, quand il avait eu une chance d'échapper à tout ça, il avait hésité. Il avait ensuite joué de malchance. Et il avait à nouveau choisi de suivre la mauvaise personne une dernière fois.

Sam lui aurait probablement dit qu'il ne pouvait pas contrôler ses sentiments et qu'aimer un homme qui l'avait finalement mis en danger n'était pas quelque chose qu'il aurait pu s'empêcher de faire. Dean voulait le croire lui aussi. Mais il était convaincu qu'il aurait du tout arrêter avant d'en arriver là.

Car il était à présent dos au mur. Dans tous les sens du terme. Il n'avait plus d'autre choix que de continuer dans sa voie et d'espérer qu'il s'en sortirait en vie malgré tout. Et il était également littéralement le dos contre un mur, suivi et traqué, menacé et mort de peur. Il était seul. Il avait une arme dans la main dans laquelle il ne lui restait que quelques balles. Il pouvait entendre son ennemi approcher et il savait qu'il ne lui restait que quelques minutes pour trouver une issue.

Le problème était qu'il n'en voyait aucune pour le moment. Il était perdu. Il aurait aimé que Castiel soit là pour lui sauver la vie une fois de plus. Qu'il surgisse brusquement et tue tous ceux qui le menaçaient. Mais il ne savait pas où Castiel se trouvait. Ils avaient été séparés rapidement et Dean n'était même pas sûr qu'il était toujours envie. Il avait entendu des coups de feu un peu plus tôt. Il n'avait pas pris le temps d'aller voir qui était blessé. Castiel lui avait donné un ordre clair. « Fuis et ne te retourne pas ». Et si cela allait à l'encontre de tous ses principes et de son instinct, il l'avait fait. Pas parce qu'il estimait que Castiel était son supérieur ou qu'il était en droit de lui dire ce qu'il devait ou non faire. Mais parce qu'il était plus expérimenté que lui dans ce type de situation. Parce qu'il connaissait par cœur les gens contre lesquels ils se battaient. Et parce que Dean en avait assez de se mettre en danger pour un combat qui n'était finalement pas vraiment le sien.

Il était blessé de surcroît. Malgré sa fuite rapide, une balle s'était logée dans son épaule. Il avait déjà reçu ce type de blessure. Il savait que ce n'était pas mortel mais qu'il devait rapidement se faire soigner s'il voulait éviter toutes complications. Ça faisait un mal de chien et l'enfoiré qui lui avait tiré dessus avait touché son épaule droite. Ce qui, pour un droitier, compliquait grandement les choses s'il devait se battre ou même se servir de son arme.

La seule solution qui lui restait était de trouver le moyen de rejoindre la voiture de Castiel, de parvenir à la démarrer sans les clefs et de quitter cet endroit. Il avait perdu son téléphone pendant qu'il prenait la fuite et il ne pouvait pas appeler Benny à la rescousse. Il n'était de toute façon pas sûr que son ancien coéquipier aurait accepté de venir l'aider. Il avait été là après son séjour à l'hôpital et il l'avait supplié de dénoncer Castiel et de reprendre son ancienne vie. Dean avait assuré qu'il y réfléchirait. Mais il n'en avait rien fait. Quand Castiel était revenu le chercher, il avait plongé à nouveau tête baissée. Pas parce qu'il aimait le danger qu'une relation avec Castiel représentait. Pas parce qu'il avait envie de cette vie où il côtoyait des criminels et assistait à des choses qu'il aurait dû empêcher. Mais parce qu'il aimait Castiel comme un dingue. Il l'aimait malgré ses tendances meurtrières. Malgré son absence complète de morale et malgré tout ce qu'il lui avait fait subir depuis qu'il était sorti de prison.

Durant les quelques mois de leur cohabitation, Dean avait pu voir le véritable visage de l'homme qu'il aimait. En prison, Castiel était contraint de faire profil bas pour ne pas risquer une incarcération plus longue. Il avait commis plusieurs crimes pendant qu'il était enfermé. Il était responsable de la mort de plusieurs personnes durant cette période. Mais c'était bien pire depuis qu'il avait réussi à s'échapper.

C'était comme si le fait d'être en cavale lui avait ouvert les yeux. Il n'avait plus besoin de donner le change pour tromper la police ou ses parents. Tout le monde savait qu'il était un criminel. Son nom était dans toutes les bouches et dans tous les journaux qu'ils soient télévisés ou papiers. Il faisait parti des personnes le plus recherchés par toutes les polices et Interpol l'avait classé parmi les hommes les plus dangereux en liberté. Castiel n'avait plus besoin de jouer un rôle. Il n'avait plus besoin de faire comme s'il n'était pas un criminel la majeure partie du temps. Cela lui avait offert la liberté de faire ce que bon lui semblait. Un meurtre de plus ou de moins ne changerait jamais sa sentence. S'il était attrapé, il serait condamné à mort. Point final.

Dean s'était attendu à ce qu'il choisisse de quitter le pays et de partir quelque part où on ne pourrait pas l'extrader et le rendre aux autorités américaines. Il s'était attendu à ce qu'il le contraigne à le suivre là-bas. Mais Castiel avait refusé de quitter le pays. Pas par patriotisme ou parce qu'il avait des attaches ici. Il n'avait juste pas peur d'être retrouvé. Il se savait plus fort que la police et le FBI. Plus fort que tous ses ennemis. Il était également plus intelligent. Et il était libre. Peut être pas libre d'aller et venir comme bon lui semblait. Mais libre de faire son travail comme il le souhaitait et sans se soucier que cela puisse lui retomber dessus.

Si Dean avait pensé qu'être ainsi poursuivi le rendrait peut-être plus prudent et par conséquent plus enclin à ne rien faire de radical, il s'était trompé. C'était pire encore.

Il l'avait rapidement compris en vivant avec lui. Castiel était dangereux. Il était cruel et il n'avait aucune conscience. Il tuait sans se soucier des conséquences. Il continuait à vendre de la drogue ou des armes. Et si Dean avait espéré que sa présence à ses côtés finirait peut-être par le calmer, il avait une nouvelle fois eu tort. Castiel était inarrêtable. Même quand Dean était là pour tenter de lui expliquer qu'il ne pouvait pas continuer ainsi.

Depuis le premier jour, il avait essayé de le calmer. Il lui avait répété à plusieurs reprises que cela lui faisait peur et qu'il refusait d'être mêlé à ses histoires. Il voulait bien donner une chance à leur relation mais pas dans ces circonstances. Il avait plaidé sa cause à de multiples reprises et menacé de partir. Il avait même tenté de le faire à deux reprises puis réussi à le faire à sa troisième tentative. Ça ne s'était pas bien terminé bien sûr. Mais il s'agissait là d'un détail.

Dean avait essayé de s'adapter à cette nouvelle vie. Il avait essayé de voir les bons côtés de cette aventure. Castiel était incroyablement tendre et délicat avec lui. Le sexe était génial et l'appartement luxueux. Dean état libre d'aller et venir la journée. Il pouvait profiter de l'argent de Castiel pour s'amuser. Mais il y avait également de nombreux points négatifs. Castiel partait parfois durant plusieurs jours sans qu'il n'ait la moindre garantie de le revoir en vie un jour. Il revenait parfois couvert de sang et excité. Dean se sentait seul et pas à sa place. Il n'avait pas pu continuer.

C'était toutefois de l'histoire ancienne. Il aurait pu échapper à Castiel quand Benny lui en avait offert l'opportunité à l'hôpital. Il aurait pu choisir de le dénoncer et de retourner ensuite à son ancienne vie. Mais il avait fait le choix inverse. Malgré tout ce qui l'avait conduit à le fuir quelques jours plus tôt, il était à présent déterminé à le retrouver pour le prévenir. Il était en danger. Et Dean ne pouvait pas le laisser mourir. Il avait trop besoin de lui. Il l'aimait trop pour ça.

Et c'était finalement le cumul de tous ses éléments qui l'avait conduit ici aujourd'hui. Il était là pour tuer un homme mais rien n'avait fonctionné comme prévu. Il avait dû fuir et Castiel était peut-être mort. Dean avait envie de pleurer.

Quelques mois plus tôt, il était terrassé par la douleur d'avoir perdu l'homme qu'il aimait. De l'avoir trahi pour remplir sa mission. Il était déprimé et convaincu qu'il lui faudrait des mois voire des années pour sortir à nouveau la tête de l'eau. Puis un jour, Castiel était réapparu dans sa vie. Il était venu le trouver dans son appartement alors même qu'il venait tout juste de s'échapper de prison et qu'il aurait dû se cacher quelque part en espérant que la situation se tasse pour lui. Il avait pris ce risque pour venir le voir et s'assurer que ce qu'ils avaient partagé était vrai. Dean le lui avait alors juré parce qu'il refusait de mentir. Parce que revoir Castiel avait balayé toutes ses bonnes résolutions et toutes ses défenses. Il lui avait tout dit. Puis il avait exigé que Castiel lui donne des réponses à son tour. Ce qu'il avait fait. Il lui avait dit tout ce que Dean rêvait d'entendre depuis longtemps. Ils avaient fait l'amour. Et alors qu'ils auraient dû se séparer, Castiel avait pris une décision qui avait changé la vie de Dean pour de bon. Il avait longtemps été prisonnier de cette nouvelle vie. Il n'en voulait pas mais ne pouvait pas non plus s'en défaire. Il était réellement dos au mur.

Benny lui aurait probablement dit que tout était de la faute de Castiel. Que c'était lui qui l'avait « enlevé » et contraint à le suivre. Que c'était lui qui l'avait présenté à ces gens qui voulaient à présent le tuer. Que sans lui, Dean ne serait pas en danger.

Il n'aurait pas eu totalement tort. Mais le jeune homme savait également que c'était en grande partie sa faute. Il avait rapidement compris que Castiel n'était pas capable de le laisser partir mais qu'il était également incapable de lui faire du mal. Si Dean avait pris la fuite, il l'aurait probablement cherché et trouvé. Mais il ne l'aurait pas forcé à le suivre à nouveau. Il aurait fait ce dont Dean avait besoin. Comme à chaque fois. Il le lui avait même proposé quand le jeune homme était à l'hôpital. Dean avait refusé son offre et l'avait suivi à nouveau. Volontairement et en sachant exactement ce que cela signifiait. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui.

- Dean, Dean, Dean, tu aurais dû accepter ma proposition … tu ne serais pas dans cette situation si tu avais fait le bon choix, lança son adversaire qui semblait approcher rapidement.

S'il était là, cela signifiait probablement que Castiel était celui qui avait été blessé lors de leur affrontement. Dean refusait de penser qu'il pouvait être mort. Pour le moment, il avait besoin de rester concentré sur ce qui lui arrivait.

Car Balthazar était bien plus dangereux que ce qu'il avait pensé la première fois qu'il l'avait vu. Comme Gabriel, Dean l'avait sous-estimé. Il avait pensé qu'il était juste un pion qui suivait les ordres bêtement. Qu'il était incapable de prendre des décisions par lui-même. Il le voyait comme bien moins dangereux que Castiel. Il avait eu tort. Balthazar était peut-être drôle et passait du temps à séduire tout le monde mais il n'en était pas moins un criminel prêt à tout pour obtenir ce qu'il désirait tant. Et ce qu'il désirait à cet instant précis était simple. Il voulait la place de Castiel. Au sein de l'organisation et dans le lit de Dean. Il n'était pas prêt à abandonner son idée.

- Tu sais aussi bien que moi que j'aurais su prendre soin de toi. Tu n'aurais manqué de rien. Tu aurais été protégé et chéri comme tu le mérites. Castiel n'a jamais été capable de te combler comme j'aurais pu le faire.

Dean aurait probablement ri devant autant de prétention s'il n'avait pas été terrifié. Il avait également du mal à se concentrer sur autre chose que sur la douleur dans son épaule.

Comme bien des gens avant lui, il s'était laissé charmer par Balthazar. Il était séduisant, avait un accent sexy et était également riche à million. Il s'était montré gentil avec Dean quand ce dernier avait tenté de fuir Castiel. Il l'avait recueilli chez lui et l'avait écouté se plaindre pendant de longues minutes. Puis il avait montré son vrai visage. Il se fichait pas mal des états d'âme du jeune homme. Tout ce qu'il voulait était le mettre dans son lit. Et pas uniquement parce qu'il avait envie de lui mais aussi parce qu'il savait que cela détruirait Castiel. Dean refusait d'être un pion dans la petite guerre qu'ils se menaient. Il refusait qu'on se serve de lui.

- Montre toi maintenant et je réfléchirais à te laisser en vie. Je n'ai pas vraiment envie de te tuer. C'est Castiel que je veux voir mort. Si tu te montres raisonnable, je pourrais t'épargner.

Dean savait qu'il s'agissait d'un mensonge. Après ce qu'il avait fait, Balthazar refuserait de le laisser en vie. C'était évident. Il avait deux solutions et il devait choisir la bonne malgré la confusion qui régnait dans son esprit. Il pouvait affronter Balthazar et tenter de prendre le dessus sur lui malgré sa blessure. Ou il pouvait essayer de fuir le plus discrètement possible. Les deux options étaient risquées et aucune ne le satisfaisait entièrement. Il ne pouvait toutefois pas rester éternellement caché derrière le mur contre lequel il se trouvait. Il finirait par être trouvé et tué. Il devait tenter sa chance.

- Dean, je te laisse cinq minutes pour te montrer. Si tu ne le fais, je te trouverais moi-même et je te ferais souffrir. Je ne me contenterais pas te tuer. Je te forcerais à regarder pendant que j'achèverais ton précieux Castiel avant de m'amuser avec toi pendant des heures et des heures.

Dean dégluti avec peine. La menace était claire. Il savait que Balthazar ne mentait pas juste pour lui faire peur. Il était parfaitement capable de faire tout ce qu'il avait dit. Il y avait toutefois une bonne nouvelle dans ce qu'il venait de dire. Castiel était en vie. Il avait parlé de l'achever. Il était probablement blessé mais il n'était pas mort. Et Dean savait qu'il allait tenter de venir à sa rescousse. Il ne l'abandonnerait pas derrière. Il avait confiance en lui. Il devait juste tenir suffisamment longtemps pour que Castiel puisse le rejoindre.

- Je prendrais bien soin de toi Dean. Je peux te promettre que tu seras bien avec moi.

Dean secoua la tête. Comment Balthazar pouvait-il penser qu'il allait le croire ? Il aurait du savoir qu'il n'allait pas sortir de sa cachette aussi facilement. Pas quand il avait eu l'occasion de voir son vrai visage. Il était soit stupide soit trop prétentieux pour penser qu'il était possible de lui résister. Peut-être un peu des deux.

Dean prit une grande inspiration. Il était temps pour lui de passer à l'action. Attendre Castiel était stupide et risqué. Il était peut-être terrifié mais il était également un ancien agent du FBI. Il avait été entraîné. Il savait se battre et se servir d'une arme. Il avait déjà affronté des hommes aussi dangereux que Balthazar et aucun n'avait réussi à prendre le dessus sur lui. Il avait également participé à certains rendez vous de Castiel au début de leur petite « aventure ». Il avait été parfaitement capable de remplir son rôle. Il était fort et intelligent. Il n'allait pas se laisser tuer sans réagir. Il n'allait pas non plus attendre qu'on vole à son secours. Balthazar semblait le sous-estimer et Dean allait utiliser ceci à son avantage. Il était à présent déterminé à le tuer.

Il regarda autour de lui rapidement. Il était juste à l'extérieur du bâtiment où il avait laissé Castiel. Ils étaient isolés et loin de toutes habituations. Il ne pouvait pas se réfugier quelque part facilement. Sa seule chance était de courir se cacher parmi les arbres qui entouraient l'endroit. Il aurait toutefois aimé savoir exactement où se situait son ennemi. Mais sa voix se répercutait autour d'eux et il ne pouvait pas le localiser précisément.

- Dean ! l'appela alors à nouveau Balthazar.

Une chose était sûr, il se rapprochait de lui. Contrairement à ce qu'il lui avait dit, il n'allait pas se contenter de l'attendre patiemment. Il était déterminé à lui mettre la main dessus. Il ne cherchait qu'à gagner du temps en lui parlant. Dean n'était pas stupide. Il voyait clair dans son jeu.

Il vérifia rapidement le chargeur de son arme. C'était difficile de ne le faire que d'une main mais il y parvint finalement. Il ne lui restait que trois balles. C'était trop peu pour réaliser un tir de couverture le temps d'aller se cacher ailleurs. S'il devait tirer, ce ne serait que lorsqu'il aurait Balthazar dans son viseur. Il n'avait pas le luxe de gaspiller des balles.

Une fois cette option écartée, il observa les alentours. Il y avait deux carcasses de voiture droit devant lui. Elles pourraient le cacher s'il s'accroupissait. Mais cela supposait qu'il court à découvert pendant quelques mètres. Si Balthazar était juste à l'angle du mur, il ne pourrait pas ne pas le voir. Il lui tirerait dans le dos et tout serait terminé. A sa gauche, il y avait une sorte de petite cabane qui tombait en ruine. Il était hors de question de se réfugier à l'intérieur puisqu'il n'y avait qu'une porte et qu'il serait pris au piège si Balthazar le trouvait. Mais il pouvait tenter de la contourner et de trouver refuge derrière.

Le jeune homme avait pris sa décision. Il prit une dernière grande inspiration et se força à expirer lentement par le nez. Il se lança ensuite en direction de la cabane à sa gauche. Il fit un effort pour faire le moins de bruit possible. Malheureusement pour lui, Balthazar dut l'entendre puisqu'il entendit un coup de feu et qu'une balle vint s'écraser à ses pieds, le manquant de peu.

- Je te vois … tu ne pourras pas m'échapper éternellement. Tu es blessé et tu es vulnérable. Sans Castiel, tu n'as aucune chance.

Dean détestait constater combien Balthazar le sous estimait. Il ne semblait pas avoir peur de lui. Il ne le voyait que comme le jouet de Castiel. Un homme faible et incapable de se défendre seul. C'était inacceptable. Il était toutefois possible que Balthazar ne dise cela que pour le provoquer et pour le forcer à commettre une erreur. Dean n'allait pas se laisser avoir.

Il accéléra donc et contourna la cabane. Il plaqua son dos contre et regarda à nouveau autour de lui en quête d'une autre cachette. Il ne pouvait pas rester trop longtemps au même endroit. Il devait rester en mouvement pour ne pas devenir une cible trop facile à atteindre. Mais être en mouvement signifiait prendre le risque d'être vu une fois de plus. Il avait eu de la chance jusque-là. Il n'était pas sûr que cela continue. Il avait toutefois pris une décision et il comptait bien s'y tenir. Il avait l'obscurité de son côté. L'endroit n'était pas éclairé et c'était clairement un avantage. Dean avait en revanche toujours très mal à l'épaule. Il avait perdu beaucoup de sang et s'il continuait sur ce rythme, il risquait de finir par perdre connaissance. Il ne pourrait pas se défendre non plus s'il se retrouvait face à face avec Balthazar.

- Dean, sois raisonnable. Viens avec moi, lança son adversaire.

Il s'approchait. Le jeune homme était persuadé que la situation l'amusait beaucoup. Il devait aimer jouer les prédateurs et poursuivre ainsi sa proie blessée en jouant avec elle. Il était dégoûtant. Dean avait longtemps cru que Castiel était un monstre sanguinaire dont il devait avoir peur. Il avait vu de ses yeux ce dont il était capable au cours des derniers mois. Mais il réalisait à présent que Balthazar était bien pire. Il n'était pas uniquement un criminel. Il était également un pervers qui n'hésitait pas à abuser sexuellement de ses victimes. Il était bien plus dangereux que Castiel.

- Va te faire foutre, s'écria le jeune homme qui avait la nausée rien qu'en pensant à ce que Balthazar pourrait lui faire s'il mettait la main sur lui.

Il refusait que ce porc pose à nouveau les mains sur lui. Il s'était plus ou moins laissé faire la première fois avant de comprendre qu'il ne voulait personne d'autre que Castiel. Que s'il devait le quitter alors il finirait sa vie seul. Il refusait d'envisager une autre histoire. Et certainement pas avec un type comme Balthazar.

Il ne devait toutefois pas entrer dans son jeu et se laisser déstabiliser. C'était une guerre des nerfs. Et si dans le combat physique, Dean était clairement désavantagé, il pouvait avoir le dessus dans ce domaine. Il était intelligent et entrainé.

- Je crois au contraire que c'est toi qui va aller te faire foutre … et par moi si tout se passe comme prévu.

Dean dut ravaler une nouvelle nausée. Il regarda autour de lui et fit le point rapidement. Balthazar se rapprochait rapidement et il n'avait que quelques secondes pour choisir sa nouvelle destination.

Face à lui, les arbres offraient une couverture. Mais c'était plus sombre encore que là où il se trouvait et il prenait le risque de trébucher et de perdre du temps. La voiture était à sa droite mais à quelques centaines de mètres. Le chemin était à découvert. Le bâtiment était à sa gauche. Il n'était pas vraiment loin. S'il pouvait atteindre l'angle, il pourrait ensuite longer le mur tout en restant à couvert. Il était hors de question de rentrer à l'intérieur et d'être pris au piège même si l'envie de rejoindre Castiel était forte. Il devait penser avant tout à lui. C'était ce qu'il aurait voulu le voir faire.

- Dean … lança Balthazar à nouveau.

Ce fut le déclic pour le jeune homme. Il s'élança à sa gauche en direction du bâtiment. Il entendit son adversaire courir derrière lui puis un coup de feu retentit. Il ne s'arrêta pas. Il n'entendait pas la balle s'écraser où que ce soit. Balthazar avait visiblement tiré en l'air pour lui faire peur. Ça ne fonctionnait pas. Dean se sentait fort. Il ne savait pas d'où cette énergie lui venait quand il s'était senti à bout de souffle et de force quelques minutes plus tôt. Peut être était ce le fait de parvenir à échapper à Balthazar malgré sa blessure. Peut être était ce le fait de penser à Castiel et d'avoir envie de le rendre fier en survivant malgré tout. Il n'aurait pas su le dire mais il accueillait cette bonne énergie avec soulagement. Il avait une chance. Il lui suffisait de ne pas commettre d'erreur.

- Dean, ça suffit maintenant. Je commence à perdre patience ! jeta Balthazar qui semblait effectivement perdre patience.

Il avait dû penser qu'il serait plus simple de coincer Dean. Qu'il se laisserait faire et baisserait les bras. Qu'il renoncerait à se battre. Il avait réellement eu tort de le sous-estimer. Dean n'était pas faible. C'était aussi pour ça que Castiel l'avait choisi.

- Si tu ne sors pas de ta cachette alors j'irais achever ton petit ami. Tu veux vraiment que je le tue parce que tu m'as mis en colère ?

Dean s'immobilisa alors en entendant cette menace. Il avait le dos collé contre le mur du bâtiment et s'apprêtait à basculer de l'autre côté. Mais entendre Balthazar parler de Castiel le stoppa dans son élan. Il n'était pas sûr que son adversaire soit sérieux. Il semblait avoir envie de l'attraper avant. Peut être pour pouvoir le torturer devant Castiel. Pour faire souffrir son ennemi en violant Dean sous ses yeux. Mais il y avait une infime chance qu'il renonce et choisisse finalement d'aller achever Castiel avant de se lancer à nouveau à sa poursuite. Après tout, c'était lui sa cible principale. Dean n'était qu'un petit bonus. Il voulait Castiel mort avant toute autre chose.

- Tu ne le feras pas, jeta t-il à son tour.

- Tu crois ? Et qu'est-ce qui te fait dire ça exactement ?

- Tu veux me posséder et tu veux qu'il le sache. Tu n'y prendrais pas le même plaisir si tu le tues avant de l'avoir fait souffrir. C'est pour ça que tu me veux.

- Peut être bien oui. Mais j'ai également l'ordre de le tuer et je suis toujours les ordres qu'on me donne. Je pourrais choisir de m'amuser avec toi après.

Dean fronça les sourcils. Il avait cru que Balthazar avait agi seul. Il avait vraiment pensé qu'il avait pris l'initiative de le tuer seul. Parce qu'il voulait prendre sa place au sein de l'organisation et devenir le bras droit de Crowley. Mais le fait qu'il ait reçu l'ordre de le tuer signifiait qu'il ne travaillait pas seul. Même s'il arrivait à le tuer, la menace resterait entière. Et cette fois, elle serait sans visage. Dean avait besoin d'en savoir plus. Mais il n'avait aucune idée de la manière dont il pourrait le conduire à parler.

- Tu mens, tenta t-il en avançant un peu plus encore vers l'angle du mur.

- Peut être … ou peut être que je dis la vérité. Tu crois que j'ai agi seul ? Tu crois que je suis le seul à vouloir la mort de Castiel ? Si c'est réellement ce que tu penses, alors tu vas au-devant de gros ennuis.

- Qui pourrait vouloir le tuer à part toi ?

- Gabriel pour commencer.

Dean savait déjà tout ça. Il avait été aux premières loges et avait de lui-même constaté jusqu'où Gabriel était capable d'aller. Lui qui avait été le bras droit de Castiel pendant des années avait finalement choisi de retourner sa veste. Il avait changé de camp. Uniquement parce qu'il ne supportait pas de voir Dean prendre une place importante dans la vie de son patron. Il avait tenté de tuer Dean lui-même. Il était possible que ce soit lui qui ait donné l'ordre à Balthazar de tuer Castiel. Dean n'en savait pas suffisamment sur la hiérarchie au sein de l'organisation pour être sûr que Gabriel était plus haut « gradé » que Balthazar. Mais il était probable qu'ils travaillent ensemble. Après tout, ils avaient le même objectif. La mort de Dean et de Castiel. Cela pouvait les avoir conduits à s'allier.

- C'est Gabriel qui t'a donné l'ordre de le tuer ? demanda t-il parce qu'il avait besoin d'en savoir plus.

- Je ne reçois pas d'ordre de Gabriel. Il n'est pas en mesure de m'en donner. Non … désolé Dean mais l'ordre ne vient pas de lui. Il vient de quelqu'un de plus haut placé et qui a fortement insisté pour que je me débarrasse de Castiel.

- Il est le meilleur d'entre vous. Pourquoi voudrait-on le voir mort ?

Dean savait pourquoi Gabriel voulait tuer Castiel. Il savait aussi pourquoi Balthazar en avait envie. Mais il ne voyait pas pourquoi leurs supérieurs pourraient avoir le même objectif quand ils avaient toujours semblé satisfaits de son travail. Il leur avait toujours été fidèle. Il avait même été prêt à finir ses jours en prison pour eux. Ils ne pouvaient pas vouloir se débarrasser de lui.

- Parce qu'il est devenu faible. Et tout ça à cause de toi. Il n'est plus le même depuis que tu vis avec lui. On a fermé les yeux sur votre histoire tant qu'il continuait à faire ce qu'on attendait de lui. Mais il commence à avoir de doutes … il commence à avoir envie d'autre chose. Et il en sait bien trop pour qu'on le laisse nous échapper. Il doit mourir.

Dean ricana alors. C'était idiot de penser que Castiel pourrait vouloir les trahir. Il avait toujours tout fait pour protéger Crowley et tous ses associés. Il ne parlerait jamais. Ni au FBI ni à la police. Il était fidèle et loyal.

- Si tu me tues, tu le pousseras à le faire, sois en sûr. Il vous dénoncera tous si tu me fais du mal, assura t-il alors.

Dean en était convaincu. C'était une des choses qui le rassuraient et l'avaient convaincu de reprendre Castiel et de lui laisser une seconde chance. Il ne pouvait plus nier que son petit ami était un criminel. Qu'il prenait du plaisir à faire le mal. Il en avait été le témoin à plusieurs reprises. C'était même ce qui l'avait conduit en premier lieu à vouloir le fuir. Mais il était également convaincu qu'il ne lui ferait jamais de mal à lui. Castiel avait du mal à comprendre les émotions que vivaient Dean. Les sentiments qu'il avait depuis leur départ. Le fait que sa famille lui manque et la tristesse de ne pas savoir quoi faire de sa vie. Il ne comprenait pas non plus la peur que le travail de Castiel lui inspirait. Il n'était pas familier avec ce genre d'émotions. Il n'avait appris que très récemment ce qu'était « aimer quelqu'un ». Il pouvait être méchant parfois, uniquement par la parole, et un peu brusque aussi quand il était question de sexe. Mais il était totalement incapable de faire du mal à Dean. Il ne pouvait pas le faire souffrir volontairement. Il tenait bien trop à lui pour ça. Et il était parfaitement capable de trahir tout le monde ou de faire un massacre si quelqu'un touchait au jeune homme. Il était prêt à tout pour le défendre lui. Et si Balthazar réussissait à lui faire du mal ou à le tuer alors Castiel n'hésiterait pas une seconde. Il le tuerait en premier lieu après l'avoir fait longuement souffrir. Puis il dénoncerait tous les gens qui avaient travaillé avec lui. Il les ferait tous tomber en guise de vengeance. Castiel avait choisi son camp depuis un moment maintenant. Il était du côté de Dean. Il le lui avait assuré et le jeune homme avait totalement confiance en lui. Il ne doutait plus de son amour ou de sa loyauté. Il se demandait même comment il avait pu en douter un jour quand Castiel lui avait donné des preuves à maintes reprises qu'il ne lui ferait jamais de mal. Il avait fait des efforts et des concessions pour le jeune homme. Il n'était pas parfait mais personne ne l'était vraiment. Et Dean avait des torts aussi. Il l'avait abandonné après tout.

- Tu crois vraiment que tu es plus important pour lui que nous ? Tu crois qu'il te fait passer avant l'organisation qui l'a amené au sommet et qui l'ai aidé à s'échapper de prison ?

Quelques mois plus tôt, Dean en aurait peut-être douté. Il avait longtemps pensé que Castiel ne tenait pas réellement à lui. Qu'il n'était pas en mesure de le faire passer en premier dans sa vie. Il l'avait pensé quand ils étaient en prison puis quand il était venu le chercher chez lui. Mais malgré sa présence au quotidien, Castiel continuait de vaquer à ses occupations. Il n'était presque jamais là au début. Dean avait alors cru qu'il n'était rien de plus qu'un jouet pour lui. Il avait eu tort. Si seulement il l'avait compris dès le début, ils n'en seraient certainement pas là maintenant.

- J'en suis convaincu oui. Tu peux penser que c'est orgueilleux de ma part mais j'ai aucun doute sur ce point. Et je sais que vous n'en avez pas. Sans quoi, vous ne chercheriez pas à le tuer par tous les moyens. Vous ne vous serviriez pas de moi pour le faire d'ailleurs !

Il savait qu'il avait marqué un point puisqu'il entendit Balthazar jurer entre ses dents. Il entendit ensuite des bruits de pas qui se rapprochaient. Il était temps pour le jeune homme de bouger à nouveau. Il contourna donc l'angle du bâtiment et continua à le longer jusqu'à se trouver de l'autre côté. S'il courait vraiment vite, il pouvait tenter de rejoindre la voiture à présent. Il n'avait plus qu'à espérer que Castiel avait laissé un jeu de clef à l'intérieur. S'il n'y en avait pas, il serait coincé. Mais il ne pouvait pas continuer à jouer au chat et à la souris éternellement. Pas quand il continuait à perdre du sang. Son épaule le lançait affreusement. Il avait besoin de soins et rapidement. Il n'avait pas d'autres choix.

Il prit une grande inspiration, s'excusa mentalement d'abandonner Castiel puis s'élança finalement. Il courut aussi vite qu'il le put. Il était épuisé et ses jambes tremblaient. Ses muscles le lançaient et il avait le souffle court. Mais il réussit à atteindre la voiture. Il avait tout juste ouvert la portière quand une balle ricocha contre la carrosserie à quelques centimètres de lui. Il se jeta à l'intérieur et tenta de referma la porte. Mais Balthazar était plus rapide que lui. Il attrapa la portière avant de venir coller son arme dans le dos du jeune homme. Ce dernier fut alors convaincu qu'il allait tirer. Il ferma les yeux et attendit que son ennemi le tue. Mais il n'en fit rien.

- Je t'ai trouvé, souffla Balthazar.

Dean devait reconnaître qu'il avait perdu. Il n'avait plus aucune issue. Il était à la merci de ce monstre. Il recula donc pour sortir de la voiture. S'il devait être abattu, il voulait se tenir debout et faire face à son meurtrier. Il refusait qu'il le tue alors qu'il était de dos et agenouillé sur le siège de la voiture.

- Je dois reconnaître que je suis surpris que tu aies résisté aussi longtemps. Je t'ai clairement sous-estimé Dean. J'aurais dû savoir qu'un ancien agent du FBI serait suffisamment entrainé pour me donner du fil à retordre.

- Qu'est-ce que tu attends pour me tuer ? Tu parles beaucoup mais tu ne fais pas grand-chose.

C'était ce que Dean faisait toujours dans ce genre de situations. Il avait recours à l'humour et aux moqueries pour ne pas laisser paraître qu'il était totalement terrifié. Il l'avait fait avec Gabriel et il le faisait à nouveau avec Balthazar. Le plus souvent, cela lui valait d'être frappé. Mais il aimait l'idée d'être capable de faire sortir son adversaire de ses gonds. C'était une victoire à ses yeux.

- Tu tiens tant que ça à mourir Dean ? Tu n'as donc aucune raison de vouloir vivre ?

- J'en ai des dizaines mais je suis réaliste. Je sais que c'est ce que tu prévois de faire. Alors autant que tu passes à l'acte tout de suite et que tu ne perdes pas plus de temps.

- Je vais te tuer Dean … tu as raison. Mais je ne vais pas faire que ça. Je vais te faire souffrir avant. Je vais te faire crier et pleurer et je vais y prendre un plaisir intense.

- Tu es un pervers. J'espère que tu le sais.

- Tu peux me traiter de tous les noms … ça ne changera rien. J'ai le dessus sur toi. Qu'est-ce que tu peux bien faire pour t'en sortir cette fois ?

Dean devait reconnaître qu'il était totalement pris au piège. Il n'avait aucune solution et aucune issue. Sauf miracle, il allait souffrir. Et il finirait par mourir.

- Il n'y a personne pour te sauver Dean. Cette fois, tu es tout seul, ajouta Balthazar en souriant.

- Il n'est pas seul. Je suis là et je ne te laisserais jamais poser tes mains sur lui.

Dean se redressa en reconnaissant la voix de Castiel. Il était venu. Il ne l'avait pas abandonné comme Dean avait tenté de le faire lui. Il aurait pu prendre la fuite et s'échapper en profitant du fait que Balthazar était occupé avec le jeune homme. Mais il avait une nouvelle fois volé à son secours.

- Si tu tentes quoi que ce soit, je le tue. Tu ne veux pas qu'il meurt Castiel. Je te conseille donc de partir. Si tu te montes raisonnable, je me contenterais de m'amuser un peu avec lui avant de la laisser partir.

- Je préfère encore mourir que te laisser me toucher, protesta Dean en cherchant Castiel du regard.

Il ne pouvait pas encore le voir dans l'obscurité ambiante mais il pouvait sentir sa présence. Et elle suffisait à lui donner de la force. Il avait besoin que son petit ami sache qu'il ne laisserait jamais un autre homme le toucher. Il appartenait à Castiel depuis leur rencontre et il refusait que cela change.

- Tu ne vas pas mourir Dean. Je t'ai fait une promesse et je compte bien la tenir, répliqua Castiel en sortant finalement de l'obscurité dans le dos de Balthazar.

Ce dernier ne pouvait pas le voir. Dean en revanche apercevait l'arme qu'il tenait dans la main et qu'il pointait sur leur adversaire.

- Si tu bouges, c'est moi qui te tuerait. Je suis plus rapide que toi et je suis également un bien meilleur tireur.

Balthazar fronça les sourcils et sembla considérer ce qu'il venait d'entendre. Dean retint son souffle. Le moment était crucial. La situation pouvait basculer d'un côté comme de l'autre. Dans tous les cas, il y aurait au moins un mort. Voire plusieurs. Il espérait pouvoir s'en sortir.

- On est dans une impasse alors Castiel. Parce que tu sais que je ne reculerais pas et que je sais que tu ne partiras pas non plus. Alors dis moi mon ami … comment va-t-on s'en sortir ?

Dean savait que Castiel ne pouvait pas bouger sans prendre le risque que Balthazar le tue lui. De son côté, ce dernier ne pouvait pas tirer sans risquer d'être abattu à son tour. Ils étaient effectivement coincés. Il revenait donc au jeune homme de faire quelque chose. Il savait que Castiel le lui reprocherait ensuite. Mais il n'était pas sans défense. Il était peut-être blessé mais il n'était certainement pas vulnérable. Il allait le leur prouver à tous les deux. Il prit une grande inspiration puis expira lentement par le nez. Balthazar semblait légèrement déconcentré par la présence de Castiel. Son arme était toujours pointée sur le visage du jeune homme mais son esprit était clairement ailleurs. Il n'aurait pas une seconde chance comme celle-ci. Il devait la saisir. Il pria une seconde pour ne pas être sur le point de commettre une erreur fatale puis se jeta en avant. Il s'aida de la voiture derrière lui pour avoir suffisamment d'élan. Il attrapa Balthazar par la taille et le fit basculer en arrière. Son adversaire l'entraîna dans sa chute.

- Dean ! cria alors Castiel.

Le jeune homme entendit des bruits de pas qui se rapprochaient. Son petit ami accourait visiblement dans sa direction mais il ne pouvait pas se laisser distraire. La chute sembla durer une éternité. Il finit toutefois par atterrir lourdement sur Balthazar dont le dos heurta violemment le sol. Il entendit un coup de feu à sa gauche mais n'aurait pas su dire qui avait tiré. Il ne ressentit aucune douleur et en déduisit qu'il n'avait pas été touché. Il ne pouvait pas le jurer. L'adrénaline l'empêchait peut-être juste de sentir quoi que ce soit.

Il tâtonna pour tenter de prendre l'arme de Balthazar. Ce dernier le força alors à rouler sur le côté pour tenter de prendre le dessus sur lui. Il bascula sur le dos et hurla quand son épaule blessée heurta le sol. Il entendit Castiel l'appeler à nouveau. Il continua à se débattre. Balthazar était au-dessus de lui. Un nouveau coup de feu retentit. Dean ferma les yeux sans pouvoir s'en empêcher puis sentit quelque chose heurter son visage. Il tenta de rester conscient mais la douleur était trop intense. Son épaule le lançait affreusement et sa tête semblait avoir été enfermée dans un étau qu'on serrait petit à petit. Il adressa une dernière prière silencieuse pour se réveiller et ne pas mourir sans avoir pu dire à Castiel qu'il l'aimait comme un fou et qu'il était désolé d'avoir désobéi. Il perdit connaissance une seconde plus tard.