A titre informatif :

JE REFUSE QUE MON TEXTE SOIT PUBLIÉ SUR UN AUTRE SITE/BLOG/ETC.

L'univers et les personnages ne m'appartiennent peut-être pas mais l'histoire, en elle-même, reste ma propriété et la publier sans mon consentement est du plagiat pur et simple. Le moindre d'entre eux sera supprimé.

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Bonjour à tou(te)s !

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AVANT TOUTE CHOSE, JE METS EN GARDE TOUS CEUX QUI N'ONT PAS LU « ME SAUVERAS-TU ? ». « M'AIMERAS-TU ? » EST SA « SUITE », ALORS POUR LES LECTEURS QUI VOUDRAIENT SUIVRE LA SERIE « HANDICAP SENTIMENTAL », RENDEZ-VOUS SUR MA FICHE AUTEURE ET MA FIC' « ME SAUVERAS-TU ? ». :)

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Pour tous les autres…

BIENVENUE !

Merlin, vous ne pouvez pas savoir comme je suis heureuse de vous retrouver ici, avec MAT, pour le deuxième acte de la série « Handicap Sentimental » qui regroupe donc « Me sauveras-tu ? » (MST pour les intimes) et « M'aimeras-tu ? » (MAT pour les intimes) !

Pour vous parler un peu de MAT, de sa forme, de son fond, de l'idée générale, etc : Initialement, j'avais envisagé d'écrire seulement un OS. Puis cet OS s'est transformé en deux chapitres et, finalement, j'ai écrit… seize chapitres. Je vous annonce qu'il y aura donc seize chapitres ET un épilogue (cette fois-ci, pas d'entourloupe ;)). En revanche, il n'y a pas de prologue mais je pense que ça ne sera pas un problème puisqu'ainsi, vous allez pouvoir vous plonger dans le vif du sujet dès le début. La longueur des chapitres varie mais nous sommes globalement sur des chapitres assez longs (moyenne haute de ceux d'MST). Pour ceux qui suivaient « Malefoy », on laisse tomber l'originalité du style et la première personne du singulier puisqu'ici, le but est de se replonger totalement dans « l'ambiance MST ». Je dois vous avouer que ça a été quelque peu délicat au début et je m'excuse donc si le(s) premier(s) chapitre(s) vous apparait(ssent) parfois un peu hésitant(s).

Après la « forme » de la fic', parlons un peu de son « fond ». MAT n'est pas à proprement parler une suite d'MST puisque les personnages principaux changent. Dans MST, nous suivions avant tout les Dramione. Là, nous suivrons notre très SCORPINOU-CHÉRI dans ses aventures au côté d'Hélène ainsi que de Daniel, mais également des DRAMIONE ! Beh oui, ils seront là les petits handicapés des sentiments, ne vous inquiétez pas ! D'autres personnages présents dans MST le seront également ici mais dans une moindre mesure et comme je veux laisser un minimum de suspens, je ne vous les citerai pas. :)

En termes de chronologie, sachez que cette histoire débute un peu moins d'un an avant l'épilogue de MST.

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Ensuite, je voudrais vous dire que cette fic' est véritablement sans prétention. Je l'ai écrite parce que mes personnages me manquaient, que l'ambiance me manquait, etc. Il ne m'a pas fallu plus de deux semaines pour la rédiger entièrement tellement j'ai pris plaisir à me plonger dedans. Je ne me suis lancé aucun « défi » comme j'avais pu le faire avec « Malefoy » et la trame sera plus « simple » que celle d'MST. C'est un peu une fic' « cadeau » et la seule chose que j'espère c'est qu'elle vous plaira :).

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En ce qui concerne la publication cela sera un chapitre par semaine avec une MAJ chaque mercredi soir. (Hors cas exceptionnel.) Les titres des chapitres sont par ailleurs annoncés en « amont » de la publication : chaque samedi sur ma page FB (dont le lien se trouve dans ma bio).

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Je prends le temps de remercier ma bêta, Mariye, pour son travail et vous fournir les crédits de l'illustration de MAT : Lila.22 ; Funkymonkey1945 sur DA ; avec des modifications par la génialissime MariePuffy !

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Bon eh bien voilà, je crois que je vous ai tout dit et qu'il ne me reste donc plus qu'à vous laisser en compagnie des Malefoy-Granger… (Merlin je crois que je vais pleurer… ^^) Je vous souhaite une très bonne lecture et je vous retrouve, comme prévu, un peu plus bas.

Comme toujours : seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.

PS : Pour une fois, j'ai essayé de faire sobre en guise de note mais… bah c'pas possible ! PUTAIN DE MERDE JE SUIS TROP CONTENTE DE VOUS PRÉSENTER LE PREMIER CHAPITRE DE MAT ! Je trépigne d'impatience de vous retrouver avec cette « suite » depuis que l'idée de l'écrire me trotte dans la tête ! Je crois que je vais pleurer… Bordel, ça y est, je pleure… *DRAGOOOOOOOOOO ! Un mouchoir s'il-te-plaît !* *Merci bébé*… Bah quoi ? ^^ VIVE LES DRALUSSE !

PPS : BONNE LECTURE ! *-*


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Chapitre 1 : Comment s'annonce l'année ? Délicate…

Bonjour Scorpius,

J'espère que tu vas bien et que ta première nuit en tant que cinquième année s'est bien déroulée.

Tu trouveras, joint à cette lettre, un… livre que tu as oublié. Micky l'a récupéré hier en faisant le ménage dans ta chambre, après ton départ. Ne t'inquiète pas, je ne l'ai pas montré à ton père.

Très sincèrement, je ne pense pas que tu aies besoin de ce genre de choses mais tu as quinze ans et tu es assez grand pour décider par toi-même.

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N'oublie pas que cette année est celle des BUSE et qu'il te faudra encore plus travailler qu'à l'accoutumée, surtout en considération des options que tu as choisies. Mais j'ai toute confiance en toi et je sais que tu y parviendras. Et même si ce n'était pas le cas, sache je serai toujours fière de toi et ton père également.

Je t'embrasse très fort et te souhaite une très bonne rentrée scolaire.

(Je suis certaine que ton père se joindrait à moi sans hésitation.)

Avec tout mon amour,

Maman.

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Mortifié à l'idée de ce qu'il trouverait sous le bout de papier Craft auquel avait été attachée la lettre d'Hermione, Scorpius ferma momentanément les paupières et prit une profonde inspiration. Heureusement pour lui, Daniel, son camarade de maison et meilleur ami, était occupé à discuter avec un autre élève. Quant à Hélène, son autre meilleure amie, elle était tout simplement partie prendre son petit-déjeuner avec ses copines de Poufsouffle. Le Serdaigle rouvrit les yeux et les posa sur le petit paquet rectangulaire que sa mère adoptive lui avait envoyé. S'assurant, une nouvelle fois, que personne ne regardait dans sa direction, Scorpius défit précautionneusement un coin du papier et le souleva tout aussi lentement entre le pouce et l'index. Ses yeux tombèrent immédiatement sur le titre de l'ouvrage qu'il avait acheté dans une nouvelle librairie ayant ouvert, peu de temps auparavant, sur le Chemin de Traverse et tenue par nulle autre que la femme de son parrain, Marie Zabini. Après avoir travaillé au ministère et notamment dans le Département de la justice magique avec Hermione, Marie avait décidé de se reconvertir. Elle avait alors investi dans un local afin de créer sa propre boutique. Merlin merci, l'adolescent avait pu compter sur sa discrétion puisqu'elle n'avait fait aucun commentaire en le voyant sortir les deux Gallions, trois Mornilles et quatorze Noises que coûtait l'ouvrage intitulé : « Embrasser pour la première fois : conseils et détails de la procédure en dix étapes. ».

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Scorpius rabattit précipitamment le papier dans lequel sa mère lui avait envoyé le livre et le fourra rapidement dans son sac de cours.

- Ça va, Malefoy ? l'interpella Dan' qui avait fini de discuter avec Jackson Kane et s'était retourné vers lui, sa tartine à la main.

- Hein ? Ouais, ouais, ça va, répondit distraitement Scorpius en s'assurant que son sac était bien fermé. Et c'est « Malefoy-Granger » ! Combien de fois va-t-il falloir que je te le répète ?!

Cela faisait pourtant près de deux ans et demi que Scorpius portait les deux noms de famille mais Daniel semblait vouloir rester focalisé sur le premier d'entre eux. Scorpius avait parfaitement conscience que son « ami » faisait cela uniquement pour le provoquer mais ça fonctionnait pourtant à chaque fois. Lui qui avait si ardemment espéré, puis attendu, qu'Hermione Granger devienne sa mère adoptive ne supportait tout simplement pas que l'on puisse faire référence à toutes ces années où il n'avait été que « Scorpius Malefoy ». Années pendant lesquelles il avait vécu sans beaucoup de repères et dans une souffrance quasi-quotidienne.

Daniel ne répondit pas et se contenta d'un rictus goguenard avant de reporter son attention sur son bol de chocolat chaud. Scorpius, lui, ressentait une sorte de boule bizarre dans son ventre depuis qu'il avait avisé le « cadeau » que sa mère lui avait envoyé et n'avait, de ce fait, plus vraiment faim. Il s'obligea tout de même à manger un ridicule morceau de tartine et à boire un verre de jus d'orange mais cela n'alla pas plus loin. Il ne cessait de se sentir nauséeux depuis la veille au matin. En fait, cette « sorte de boule bizarre » dans son estomac semblait y avoir élu domicile à partir du moment où il avait posé les yeux sur Hélène, peu après être arrivé sur le quai de la gare de King's Cross avec ses parents.

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L'adolescente le remarqua très rapidement et lui adressa un chaleureux signe de la main, accompagné d'un splendide sourire. Scorpius y répondit de la même façon, ses lèvres s'étirant le plus niaisement qu'il lui semblait être possible. Se fustigeant mentalement, le Serdaigle tourna alors rapidement la tête. S'ensuivirent les habituels au revoir de fins de vacances, une fois que ses parents et lui-même eurent franchi le passage menant au côté sorcier de la gare. Scorpius échangea une accolade avec son père qui se faisait de plus en plus maladroite au fil des années puis étreignit longuement sa mère contre lui. Il la dépassait à présent d'une bonne demi-tête mais Drago demeurait toujours le plus grand de leur famille. Ce qui, aux dires de sa grand-mère Narcissa, ne tarderait pas à changer si Scorpius continuait à grandir aussi rapidement.

Après ces échanges, Scorpius monta rapidement dans le train à la recherche d'un compartiment vide. Sa grosse valise estampillée des lettres « S.M.G. » et la cage de sa chouette Bathilda – en référence à la très célèbre historienne de la Magie – dans les deux mains, il trouva rapidement un espace libre, ce qui lui permit de réserver le compartiment avant de retourner sur le quai. Après avoir avisé Daniel, occupé à dire au revoir à sa mère et son beau-père, Scorpius se redirigea tout naturellement vers ses parents qui bavardaient avec les Weasley-Potter. Enfin… sa mère discutait avec eux mais son père, lui, se contentait de rester légèrement à l'écart, les bras croisés sur sa poitrine, un air indéchiffrable et peu chaleureux plaqué sur le visage. Scorpius soupira longuement. Bien qu'il n'y ait plus vraiment d'animosités entre les deux familles et ce depuis quelques années déjà, Drago conservait toujours son attitude détachée lorsque les Weasley-Potter étaient dans les parages. En fait, c'était surtout lorsqu'Harry Potter était là... Hermione trouvait cela particulièrement ridicule mais ne semblait ni surprise ni particulièrement touchée par l'attitude de son époux. Scorpius, lui, aurait préféré que son père soit plus avenant mais étant donné que Mr Potter affichait le même air revêche dès qu'il croisait le regard de Drago, il avait fini par se faire une raison.

- Qu'est-ce que tu fais là ? lui demanda son père en arquant un sourcil lorsqu'il se fut approché.

- Leny et Dan' sont encore avec leurs parents, répondit Scorpius en haussant les épaules avant de s'avancer pour saluer les Weasley-Potter.

Il échangea une poignée de main assez froide avec James mais, dans l'ensemble, tout se déroula dans la civilité et la bonne humeur.

- Hermione nous a expliqué que tu avais pris toutes les options possibles pour tes BUSE, Scorpius, dit alors Ginny Potter. C'est très impressionnant !

L'adolescent la vit jeter une œillade à son propre fils qui leva instantanément les yeux au ciel avant de s'éloigner de quelques pas.

- Oui. Je tiens à engranger le maximum de connaissances si je veux, un jour, pouvoir devenir l'associé de Maman à DDAS.

DDAS était le cabinet de Défenseur des Droits des Accusés Sorciers qu'avait monté Hermione moins d'un an auparavant. Il s'agissait du tout premier cabinet de ce genre, dans leur monde et Scorpius avait consacré presque l'entièreté de ses vacances d'été à aider sa mère pour tout et n'importe quoi. Il avait assisté à ses rendez-vous d'affaires lorsque les clients d'Hermione donnaient leur accord, l'avait aidée avec ses dossiers et avait été présent, de même que son père, à sa toute première plaidoirie devant le Magenmagot, au début de juillet. Scorpius trouvait le projet de la Gryffondor tellement passionnant que lorsque ses parents l'avaient interrogé sur ses ambitions après Poudlard, il avait exprimé le désir de marcher dans les traces de sa mère. Ni Hermione ni Drago n'avaient semblé particulièrement surpris par sa réponse. Après tout, il avait réellement fait preuve d'investissement, s'était montré extrêmement intéressé et sérieux pendant toute la période où il était, officieusement, devenu l'assistant d'Hermione. Pour autant, tous les deux avaient insisté pour que Scorpius envisage plusieurs carrières. Le Serdaigle leur avait, bien évidemment, répondu par l'affirmative et avait, en ce sens, décidé de prendre l'ensemble des options disponibles. Ce, même s'il devrait, à l'image d'Hermione au cours de sa troisième année, utiliser un Retourneur de Temps bridé pour suivre l'ensemble de ses cours. Il aurait ainsi douze BUSE à passer en fin d'année mais Scorpius n'était pas plus inquiet que cela. Il savait qu'il avait beaucoup de capacités et puis, de toute façon et malgré ce qu'il avait pu répondre à ses parents, il était déjà plus ou moins certain de son choix de carrière : il deviendrait Défenseur des Droits des Accusés également.

Emergeant de ses pensées, le jeune homme remarqua que sa mère avait arqué un sourcil.

- Euh… et pour me permettre d'envisager plusieurs carrières aussi, bien sûr, se reprit-il en ponctuant sa déclaration d'un large sourire.

L'air sceptique d'Hermione s'accentua tandis qu'un rictus naissait sur les lèvres de son père.

- Eh bien c'est véritablement très impressionnant, répéta Mrs Potter. J'espère que tes projets aboutiront, ajouta-t-elle avec bienveillance.

- Bien évidemment qu'ils aboutiront, intervint le Serpentard sur un ton présomptueux.

- Drago ! Ne recommence pas à lui mettre la pression ! le coupa presque Hermione en fronçant les sourcils.

Elle pivota légèrement sur elle-même pour faire face à son époux alors que ce dernier reprenait la parole.

- Tu dis n'importe quoi ! Je ne lui mets pas la pression, je l'encourage. C'est très différent.

- C'est toi qui dit n'importe quoi ! Ce que tu fais, c'est lui mettre la pression ! Il n'a pas besoin que…

- Ok… J'y vais, moi. Le train va partir, annonça Scorpius en roulant des yeux.

Il avait beau aimer ses parents de façon inconditionnelle, il les trouvait carrément chiants lorsqu'ils commençaient à s'écharper pour des broutilles. Scorpius avait été très heureux de revenir chez lui deux mois et demi plus tôt mais il était tout aussi content de repartir. L'ambiance à la maison était toujours aussi explosive malgré les années qui s'écoulaient. Son père et sa mère avaient deux fiertés mal placées et deux égos qui les poussaient sans cesse à surenchérir au lieu de laisser couler, si bien que les disputes et les bouderies en tout genre étaient monnaie courante chez les Malefoy-Granger.

Se souvenant soudainement qu'ils n'étaient ni à la maison ni seuls, Hermione et Drago se tournèrent instantanément vers lui, une moue d'excuse flottant sur leur visage. Oui, ils étaient carrément chiants mais ils étaient tout de même les meilleurs parents qu'un enfant puisse rêver et Scorpius sentit son cœur se serrer fortement dans sa poitrine lorsqu'après être monté dans le train, il les vit s'éloigner sous ses yeux à mesure que le Poudlard Express prenait de la vitesse.

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Le Serdaigle rejoignit rapidement le compartiment qu'il avait réservé et son cœur fit une nouvelle embardée lorsqu'il posa les yeux sur la jeune fille brune qui était occupée à fouiller dans son sac à main de voyage. Le même sourire idiot qu'un peu plus tôt naquit sur ses lèvres au moment où Hélène releva la tête et plongea ses beaux yeux verts dans les siens. Il n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche qu'elle lui sautait déjà dans les bras.

- Scorp' !

Elle sentait bon. Elle sentait le soleil. La fleur et le soleil.

« La fleur et le soleil » ?! Non mais n'importe quoi ! Scorpius secoua légèrement la tête et rendit, excessivement gauchement, son étreinte à la jeune fille avant de s'écarter quelque peu d'elle. Leny était une personne plutôt tactile et enlaçait les gens à tout bout de champ. Chose qui déplaisait profondément à Scorpius qui ne comprenait tout simplement pas pourquoi elle agissait ainsi avec tout le monde.

- Salut, ça va ? s'enquit-il après s'être reculé d'un pas.

Il se passa une main dans les cheveux et se sentit plus idiot que jamais. Il avait trop chaud, le tissu fin de sa chemise collait à son dos et il se sentait mal à l'aise. Hélène sembla le remarquer car elle lui adressa un regard un peu surpris avant de reculer, elle aussi, pour se réinstaller sur la banquette du train.

- Très bien et toi ? demanda-t-elle en ne quittant pas des yeux.

- Ouais, répondit-il sur un ton un peu bourru.

L'un des sourcils de la jeune fille s'arqua. Merde ! Dire quelque chose ! Dire quelque chose ! Euh…

- Dan' n'est pas là ?

Bravo, Scorpius !

Hélène demeura silencieuse quelques secondes, le sondant de ses prunelles. Ces dernières avaient une couleur sensiblement identique à l'émeraude de la bague de fiançailles de sa mère. En un peu plus foncée toutefois. Et en un peu plus belle. Scorpius s'était déjà fait cette réflexion la toute première fois qu'il avait vu Leny, quatre ans plus tôt. C'était au moment de la répartition. La jeune fille avait été appelée un peu après lui. Depuis la table des Serdaigle, il l'avait regardée marcher jusqu'au tabouret et y prendre place. Le Professeur Londubat, à l'époque Directeur adjoint, avait alors placé le vieux Choixpeau magique sur sa tête. Contrairement à la plupart des élèves avant elle, Hélène avait conservé les yeux grands ouverts pendant le processus. Ces derniers étaient braqués sur la table des Poufsouffle et c'est ainsi que Scorpius avait pu les observer pour la première fois. Ses prunelles. Oscillants entre le vert émeraude et le vert bouteille. Une étrange sensation s'était alors emparée de lui. Une douce chaleur qui était née au niveau de son sternum puis qui s'était lentement propagée dans le reste de son corps. De ses épaules jusqu'au bout de ses doigts, de son ventre jusqu'à ses orteils. De son cœur jusqu'à son cerveau. Un léger frisson l'avait finalement tiré de sa léthargie au moment où le Choixpeau avait scandé un puissant « Poufsouffle ». Il avait ensuite observé la jeune fille bondir de son siège, un sourire resplendissant aux lèvres puis se diriger tout naturellement vers la table des jaune et noir.

- Non, il est parti nous acheter de quoi grignoter pendant le trajet, répondit Hélène, le tirant, à nouveau, de ses pensées.

Scorpius dut cligner des yeux plusieurs fois pour revenir à lui-même et comprendre ce qu'elle venait de lui dire.

- Ah !

Se secouant mentalement, il s'obligea à s'asseoir sur le tissu usé de la banquette. Rester debout devant la porte, les bras ballants et un air idiot sur le visage ne l'aiderait certainement pas à conquérir le cœur de la jeune fille dont il était amoureux depuis maintenant quatre longues années.

Scorpius était persuadé que ce qu'il avait vécu, le jour de la répartition, était ce que l'on nommait communément un coup de foudre. Il avait lu quelques livres à ce sujet mais aucun ne l'avait particulièrement renseigné. Il n'avait pas nécessairement recherché d'explication rationnelle à ce qu'il avait ressenti à ce moment-là et ce qu'il avait continué à ressentir par la suite mais quelques renseignements n'auraient pas été de refus. « Le coup de foudre a-t-il une réciprocité ? » étant l'information qu'il recherchait avant tout. Il avait fallu plus d'un an au Serdaigle pour comprendre qu'il était amoureux. Il s'en était, en fait, plus ou moins rendu compte en voyant Hermione – qui n'était pas encore sa mère adoptive à ce moment-là – et son père, au cours de l'été suivant sa première année à Poudlard. Les deux « handicapés des sentiments », comme il les avait surnommés, avaient enfin décidé de vivre leur amour pleinement et cela avait été en les voyant échanger des regards, des attentions et quelques sourires complices que Scorpius avait compris que lui-même aimerait un jour vivre ça avec quelqu'un. Et avec Hélène, si possible. Bien évidemment, le jeune homme n'en avait fait mention à personne mais il soupçonnait très fortement ses parents d'être déjà au courant. Daniel, lui, avait percé Scorpius à jour juste avant le Noël suivant. Son meilleur ami, bien que très exubérant, avait promis au jeune Malefoy-Granger de tenir sa langue et c'était ce qu'il avait fait jusque-là.

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Un effluve aux notes florales et ensoleillées ramena Scorpius au présent. Ses paupières se fermèrent d'elles-mêmes et une étrange sensation d'apaisement s'empara de lui. Une sensation qui se mua rapidement en quelque chose de beaucoup plus fort et qu'il ne parvint pas à définir au moment où Hélène tendit le cou pour déposer un baiser frais sur sa joue. Le Serdaigle rouvrit instantanément les yeux et tourna la tête sur le côté gauche, celui où elle l'avait embrassée. Son mouvement fut purement instinctif, comme souvent depuis quelques mois. Lorsqu'elle était dans les parages, le jeune homme avait énormément de mal à se concentrer, voire à se contrôler. Cette « sorte de boule bizarre » qu'il avait dans l'estomac se contractait ou se relâchait mais ne le quittait jamais réellement, de même que cette étrange sensation de manque qu'il ressentait lorsqu'il n'avait pas Leny en vis-à-vis.

La boule qu'il avait dans le ventre se contracta d'ailleurs fortement lorsqu'il la vit embrasser Daniel de la même façon qu'elle avait pu le faire avec lui, quelques secondes auparavant. Scorpius savait pertinemment que son meilleur ami ne nourrissait aucun sentiment autre que celui de l'amitié pour la jeune fille mais c'était plus fort que lui. Il n'arrivait pas à se départir de cette jalousie et cette possessivité qui se manifestaient dès qu'Hélène approchait un autre garçon d'un peu trop près.

- Salut les garçons ! s'exclama-t-elle en se redressant.

Sa bonne humeur et l'enthousiasme qu'il percevait dans son timbre donna presque instantanément le sourire à Scorpius.

- Vous avez reçu vos emplois du temps ? enchaîna-t-elle sans leur laisser le temps de répondre.

- Yep ! Mate un peu celui de Scorp' ! Un vrai casse-tête, son machin ! ricana Daniel avant de terminer son jus d'orange.

- Eh bien ce n'est pas très étonnant puisqu'il a pris toutes les options. Je peux le voir ?

Il fallut plusieurs secondes à Scorpius pour comprendre que c'était à lui que Leny venait de poser une question. Son regard passa de sa main tendue vers lui, à son expression interrogative puis de nouveau à sa main et il finit par bredouiller une réponse.

- Euh… ouais. Attends.

Le Serdaigle attrapa son sac de cours qu'il plaça sur ses genoux et ouvrit la petite poche avant. Il en ressortit un bout de papier soigneusement plié et le présenta à sa meilleure amie. Cette dernière lui sourit avant de s'en emparer. Scorpius ressentit une douce chaleur apaiser quelque peu la sensation étrange qu'il avait au creux de l'estomac lorsque la peau de Leny, en se saisissant du bout de papier, caressa la sienne.

Il l'observa scruter son emploi du temps avec attention.

- Dan', donne-moi le tiens aussi, s'il-te-plaît, requit-elle.

Ce dernier s'exécuta et les deux adolescents regardèrent les yeux de la Poufsouffle faire la navette entre les deux morceaux de papiers. Scorpius en profita pour détailler son visage. Le retroussement de son petit nez était consécutif au froncement de ses sourcils bruns, signe qu'elle était en pleine réflexion. Les traits de son visage étaient délicats, sauf lorsqu'elle se mettait en colère ou s'agaçait plus que de raison. Sa peau était légèrement hâlée et donnait l'impression d'être la plus douce au monde. Depuis deux ans maintenant, Hélène avait abandonné la frange qu'elle arborait depuis sa première année et ses cheveux et brun foncé, qui lui arrivaient naturellement dans le milieu du dos, étaient presque exclusivement retenus en une queue de cheval très haute. Chose que Scorpius n'appréciait pas particulièrement, trouvant ses traits magnifiés lorsque ses mèches brunes et lisses encadraient son visage. Hélène ne se maquillait pas encore. Elle n'était pas particulièrement grande et avait de jolies formes féminines pour son âge. En bref, elle était parfaite. Enfin, parfaite pour lui car il ne supporterait certainement pas qu'un autre individu la considère un jour ainsi. Pourtant, il ne pouvait manquer les regards des garçons sur elle qui se faisaient de plus en plus nombreux et de plus en plus intéressés. Il savait qu'ils étaient arrivés à un âge où il était l'heure de faire de premières expériences amoureuses. Il savait que cela arriverait pour elle et peut-être aussi pour lui et il espérait simplement que sa première expérience serait également celle d'Hélène. C'était avec ce « projet » en tête que Scorpius avait décidé de se renseigner sur les premiers baisers. Il espérait du fond du cœur que les sentiments qu'il pouvait éprouver pour la jeune fille soient partagés. Tout au moins un minimum. Il savait qu'il ne supporterait pas qu'elle le rejette. Il s'en sentirait blessé et meurtri et était certain que leur amitié en serait entachée pour toujours. Ce qu'il ne souhaitait pas. Mais il savait également que plus il tardait à se déclarer ou à simplement tenter de lui faire comprendre qu'il l'appréciait un peu – voire beaucoup – plus que simplement comme une amie, plus il prenait le risque qu'elle sorte avec un autre garçon.

Scorpius avait eu beau pousser ses deux parents l'un vers l'autre jusqu'à ce qu'ils se déclarent mutuellement leur amour, il se rendait compte que cela s'avérait nettement plus délicat lorsque l'on était pleinement concerné ! Il n'avait aucune idée de comment s'y prendre et se voyait mal demander conseil à Daniel. Ce dernier avait déjà plusieurs conquêtes à son actif mais au vu du genre de relation qu'il pouvait entretenir avec elles, Scorpius savait parfaitement que ce n'était pas vers lui qu'il devait se tourner pour savoir comment conquérir le cœur de Leny.

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Cette dernière venait de finir d'inspecter leurs deux emplois du temps et les leur rendit respectivement.

- On sera tous ensemble en Potions, Divination et Histoire de la Magie. Ce qui est plutôt cool pour cette dernière puisque Dan' et moi pourront dormir pendant que Scorp' prendra des notes.

Elle ponctua sa déclaration par un grand sourire à destination de ce dernier qui, lui, eut du mal à esquisser autre chose qu'une sorte de rictus pas vraiment convainquant. Les choses étaient ainsi depuis près de quatre ans. Scorpius était le seul qui parvenait à prendre des notes dans ce cours dispensé par le Professeur Binns et il était surtout le seul que cela intéressait.

- Et, Scorp', reprit finalement Hélène après lui avoir adressé une œillade perplexe face à sa réaction, nous serons ensemble en cours d'Arithmancie.

Cette information eut un effet immédiat sur Scorpius qui redressa immédiatement la tête.

- Tu n'as pas pris cette option ? demanda-t-il en plantant ses prunelles gris/bleu dans celles de son meilleur ami.

- Nope ! Je te rappelle que, moi, j'ai pas laissé tomber l'équipe pour aller me foutre la tronche dans les bouquins toute la journée et toute la nuit.

Scorpius leva les yeux au ciel.

- Leny non plus n'a pas abandonné le Quidditch mais ça ne l'a pas empêchée de de prendre l'option.

- Ouais bah, Leny fait ce qu'elle veut et moi aussi. C'est quoi ton problème, Malefoy ? T'as peur de te retrouver tout seul avec une fille ou quoi ?

Le sang de l'adolescent ne fit qu'un tour. Toute trace d'amabilité s'effaça de son visage et il serra la mâchoire. Il lança un regard torve à Daniel dont le sourire sardonique se flétrit légèrement à son tour. Scorpius bouillonnait intérieurement. Il savait que c'était trop beau pour durer. Daniel avait tenu sa langue pendant deux ans mais il allait tout faire capoter alors que lui-même avait enfin décidé de tenter de se déclarer à Hélène. Sentant une rage sourde s'emparer de lui, Scorpius se leva brusquement du banc sur lequel il était assis. Il attrapa son sac à dos dans une main, son emploi du temps dans l'autre et quitta la Grande Salle sans se retourner, laissant un Daniel mal à l'aise et une Hélène perplexe.

Il avait un cours d'étude des Moldus avant de retrouver ses camarades pour un double cours de Potions et cette heure à étudier le monde d'où était issue sa mère adoptive et la fille qu'il aimait ne serait décidément pas de trop pour lui permettre de se calmer.

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Pour autant, Scorpius était toujours aussi furieux contre son meilleur ami lorsqu'il se laissa tomber sur son tabouret une heure plus tard, déposant, sans aucune délicatesse, son sac sur la paillasse qu'il partageait avec ce dernier et Leny. Le blond était à l'extrémité droite de la table, près de la jeune fille. Comme le matin même, son parfum l'assaillit de toute part et il lui fut extrêmement difficile de parvenir à se concentrer sur ce que disait le Professeur Slughorn. Heureusement pour lui, Scorpius était un brillant élève et il parvint à rattraper son retard au moment de passer à la partie pratique du cours. Son « Filtre de Paix » fut, comme toujours, parfait et il eut le temps d'aider ses deux meilleurs-amis avec les leurs. En ce qui concernait Daniel, Scorpius se contenta de quelques mots.

Son camarade lui adressa un regard désolé mais le Serdaigle n'y prêta aucune attention et se précipita hors de la salle de classe, à peine la cloche eut-elle sonnée. Il n'avait qu'une trentaine de minutes pour déjeuner avant d'enchaîner sur un cours d'Études des Runes puis d'Arithmancie puis de Métamorphose pendant deux heures et, enfin, de Soins aux créatures magiques.

Il était en train de se servir un verre de jus de citrouille bien frais lorsque Daniel, ainsi que le reste des Serdaigle, prirent place près de lui.

- Hey ! Je suis désolé, mec, ok ? Je voulais pas dire ça.

Irrité, Scorpius tourna la tête vers Dan' qui était en train de remplir son assiette de frites. Il le dévisagea quelques secondes avant d'ouvrir, à son tour, la bouche.

- Bah il fallait fermer ta gueule, dans ce cas, répliqua-t-il d'une voix acerbe.

Le jeune homme jurait très rarement et ses amis savaient que lorsqu'il le faisait, c'était parce qu'il était vraiment très agacé voire furieux. Chose que Daniel capta parfaitement puisqu'il fit profil bas tout le reste de la journée.

Le cours d'Arithmancie, avec Hélène, fut… plutôt indescriptible. A l'instar de sa mère, Scorpius adorait cette matière mais il ne parvenait tout simplement pas à se concentrer sur ce que disait la Professeure Vector. Tout comme en Potions, le matin-même, la partie pratique se déroula un peu – légèrement – mieux que la partie théorique. Le nez plongé dans des calculs complexes, l'esprit de Scorpius n'était plus autant accaparé par le parfum de Leny, les mouvements de ses cheveux à chaque fois qu'elle secouait la tête - habitude qu'elle avait prise lorsqu'elle ne comprenait pas quelque chose -, ceux de ses jambes qu'elle croisait, décroisait puis recroisait sous la table. Toutes ces petites choses qui attiraient le regard du blond, comme si elle avait été une flamme et lui, un papillon de nuit. Ces petites choses qui faisaient battre son cœur un peu plus rapidement, accélérant sensiblement sa respiration et faisant naître une douce chaleur dans son corps. Toutes ces petites choses qui l'exaspéraient autant qu'elles lui plaisaient. Elles lui plaisaient tout simplement car il était fou amoureux d'Hélène. Elles l'exaspéraient tout simplement car il ne parvenait pas à trouver le courage de lui faire part de ses sentiments. Ni ce jour-là, ni au cours de la semaine qui suivit ou des mois qui les séparèrent de leur retour à la maison pour les vacances de Noël.

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Embourbé dans ses devoirs et ses révisions toujours plus nombreux et harassants, Scorpius ne trouvait tout simplement pas le temps de partager autant de moments avec ses meilleurs amis qu'il en avait l'habitude. Alors que les autres élèves se rendaient tous au stade pour assister aux différents matchs de Quidditch afin de supporter l'équipe de leur maison ou juste jouer les spectateurs, Scorpius restait enfermé à la bibliothèque. Il n'avait, de ce fait, pas été témoin de la défaite des Gryffondor face aux Serpentard ni n'avait vu les Poufsouffle écraser les Serdaigle. Il n'avait, en revanche, rien manqué des regards supérieurs qu'Hélène avait lancé à Daniel au cours des repas, lui rappelant qu'elle avait attrapé le Vif d'or avant l'attrapeur de l'équipe des bleu et bronze dont le jeune homme faisait partie en tant que batteur. Le Quidditch était une activité qui lui plaisait beaucoup, bien qu'il n'y excelle clairement pas, mais Scorpius avait dû faire une concession et il avait choisi ses études. Avec douze matières à suivre et à préparer pour les BUSE, il n'avait pas pu pas se permettre de rester dans l'équipe. Même avec un Retourneur de Temps bridé, cela n'aurait tout simplement pas été possible.

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Le trajet dans le Poudlard Express, en ce vingt décembre, aurait pu être un bon moyen de renouer avec ses deux meilleurs amis. Tous les trois partageaient le même compartiment, Hélène et Daniel avaient finalement enterré la hache de guerre et la bonne humeur régnait. Pour autant, il fut pratiquement impossible à Scorpius de sortir la tête de ses livres. Après s'être endormi en cours de Métamorphose la semaine précédente, il avait accumulé un retard dont il se serait volontiers passé. Or, le planning de devoirs et de révisions qu'il avait élaboré pour les vacances ne pouvait guère être ajusté et le jeune homme n'eut d'autre choix que de travailler dans le train. Il rangea finalement ses livres, parchemins, plumes et bouteilles d'encre, trente minutes avant leur arrivée à la gare de King's Cross.

- Qu'avez-vous prévu, tes parents et toi, pour vos vacances ? l'interrogea Hélène en lui adressant un mince sourire.

- Je ne sais pas, répondit-il. De toute façon, j'ai un programme très chargé.

Leny le dévisagea quelques instants avant de détourner la tête, son regard se portant au dehors, par-delà la vitre du train.

- Je sais.

La pointe d'irritation qu'il perçut dans sa voix n'étonna pas Scorpius. Il soupira longuement avant de reprendre la parole.

- Je sais que je vous laisse de côté ces derniers temps… commença-t-il.

- Ça, c'est le moins que l'on puisse dire, le coupa Daniel en sortant son nez du magazine de Quidditch qu'il feuilletait distraitement.

Scorpius accusa le coup.

- Je ne peux pas faire autrement… Je suis désolé.

- Nous aussi.

Le ton désabusé de son meilleur ami ne plût absolument pas au blond qui s'emporta immédiatement.

- Et comment veux-tu que je fasse, hein ?! Je fais mon maximum pour passer le plus de temps possible avec vous mais je n'ai…

- T'inquiète, on a compris, le coupa une nouvelle fois Daniel en plantant son regard sombre dans le sien. Tu n'as pas de temps à nous accorder, on a bien saisi.

- Je n'ai pas dit ça… J'essaie juste de…

- Tu ne l'as peut-être pas dit mais c'est ce qu'il se passe quand même !

Incapable de répondre quoique ce soit puisque sachant pertinemment que le brun avait raison, Scorpius baissa les yeux sur le sol. La voix de Leny les lui fit, toutefois, relever très rapidement.

- Ecoute, Scorp'. On sait et on comprend parfaitement que tu as beaucoup de travail. Mais nous ne pensons pas que travailler tout le temps, comme tu le fais depuis la rentrée, soit très bon non plus. Tu prends à peine le temps de manger et Dan' m'a dit que tu étais toujours le dernier à monter te coucher et le premier à te lever le matin. Nous nous inquiétons pour toi et tu nous manques.

Une douce chaleur prit Scorpius aux tripes et se répandit bientôt dans l'ensemble de son corps. Cela faisait longtemps qu'une telle chose n'était pas arrivée. Depuis ce fameux cours d'Arithmancie où, après qu'il soit parvenu à lui expliquer un problème particulièrement complexe, Hélène lui avait littéralement sauté au cou pour le remercier, parsemant sa joue gauche de sept – il les avait compté - petits baisers volages. Le jeune homme était resté hébété pendant dix bonnes minutes après cela, perdant totalement le fil du cours.

Revenant au présent, Scorpius fit la première chose qui lui passait par la tête : il acquiesça vigoureusement de la tête, se sentant, soudainement, totalement idiot.

- Je vais faire des efforts, c'est promis. Je viendrai vous voir à vos prochains matchs et je prendrai le temps de petit-déjeuner, déjeuner et dîner avec vous.

En face de lui, Hélène lui adressa un sourire rayonnant tandis qu'à côté d'elle, Daniel se contenta d'un hochement de la tête. Pour prouver sa bonne volonté, Scorpius les interrogea ensuite sur le classement du Quidditch. Il apprit ainsi que les Serpentard menaient la course devant les Poufsouffle. Venaient ensuite les Serdaigle et, enfin, les Gryffondor.

Discuter de tout et de rien avec ses amis fit beaucoup de bien à Scorpius qui se rendit compte que cela lui avait terriblement manqué ces derniers temps. Pour autant, il savait d'avance qu'il aurait beaucoup de mal à tenir sa promesse. Voire qu'il lui serait impossible de le faire tant il croulait sous le travail scolaire. Cela le minait. Il avait anticipé la charge de travail, lorsqu'il avait décidé de prendre l'ensemble des options proposées mais il n'avait tout de même pas imaginé qu'il en aurait autant. Sa mère et son père avaient tenté de le lui faire comprendre mais Scorpius n'en avait fait qu'à sa tête, leur assurant qu'ils pourraient tout gérer sans aucun souci. Sauf qu'il se retrouvait, à la fin du premier semestre, totalement épuisé, avec le moral dans les chaussettes, sans aucune vie sociale et qu'il ne mangeait plus. Il ne se voyait cependant pas abandonner une matière. Toutes lui plaisaient et il se sentait tout simplement incapable d'en choisir une au détriment d'une autre. Non, il devrait tenir le coup jusqu'à la fin de l'année et tant pis s'il passait ses deux mois et demi de vacances à dormir et manger.

C'est donc fort de cette pensée que Scorpius se leva, attrapa la cage de Bathilda ainsi que sa valise, après avoir aidé Leny à descendre la sienne et se dirigea vers le quai.

Il repéra très rapidement ses parents. Côtes à côtes, Hermione et Drago scrutaient le flot des élèves dans l'espoir de le repérer. A peine le contact visuel fut-il établi qu'un grand sourire naquit sur leurs trois visages. Le Serdaigle s'apprêtait à marcher vers eux lorsqu'on l'interpella en arrière-plan.

- Scorp' ?

- Oui ? répondit-il en se retournant, son regard accrochant celui d'Hélène.

- Tu peux m'aider ? Je n'arrive pas à descendre ma valise…

- Bien sûr !

Déposant la cage de sa chouette sur sa propre valise, Scorpius fit trois pas en arrière et alla réceptionner celle de la Poufsouffle tandis qu'elle-même sautait à bas du train, tenant un panier en osier dans lequel son chat, Alfred, ronflait de mécontentement. Ce dernier ayant été nommé ainsi en référence au grand-père de la jeune fille qui le lui avait offert pour son anniversaire.

- Merci, souffla Hélène à son attention.

Scorpius ne répondit rien mais lui rendit son sourire. Tous les deux commencèrent à s'avancer sur le quai lorsque Dan' apparut soudainement devant eux.

- Hey ! Vous pouvez venir deux secondes ? Mes vieux voudraient vous dire bonjour et moi, j'voudrais vous dire au revoir, les interpella-t-il.

- Déjà ?

- Ouais… On doit passer faire j'sais pas quoi avant de rentrer, soupira-t-il. Bref, vous v'nez ?

Hélène et Scorpius échangèrent un regard avant de hocher la tête de concert. Le Serdaigle fit comprendre, de loin, à ses parents qu'il ne serait pas long et suivit son meilleur ami.

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Cinq minutes plus tard, la Poufsouffle et le blond se présentaient devant les parents de ce dernier. Lâchant la valise et déposant la cage de Bathilda au sol, Scorpius alla enlacer sa mère adoptive. Il savait que peu de jeunes de son âge adoptaient encore ce comportement mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il était si heureux de la retrouver qu'il suivait totalement ses instincts et c'est ainsi qu'il se retrouva à étreindre Hermione qui referma rapidement les bras sur lui.

- Bonjour mon cœur. Comment vas-tu ? Tu as encore grandi ! Et maigri ! Pourquoi as-tu maigri, Scorp' ? C'est quoi ces cernes sur ton visage ?!

- Hermione, laisse-le tranquille, soupira Drago tandis que Scorpius se tournait vers lui.

Tous les deux échangèrent une poignée de main qui se voulait « virile » bien que leurs yeux trahissaient leur émotion.

- Salut Maman. Salut Papa.

- Bonjour mon fils.

Le Serdaigle recula d'un pas et ouvrit de nouveau la bouche.

- Je vais bien, Maman. J'ai maigri car je n'ai pas vraiment le temps de manger, depuis quelques semaines. Mais ne t'inquiète pas, tout va bien, la rassura-t-il immédiatement en la voyant froncer des sourcils alors que son père arquait l'un des siens.

Ce dernier amorça une parole mais Hermione fut plus rapide.

- On en reparlera à la maison. Bonjour Hélène, ajouta-t-elle, ses lèvres s'étirant en un large sourire alors qu'elle tendait la main en direction de la jeune Poufsouffle.

Scorpius se sentit, une nouvelle fois, le garçon le plus idiot de la planète. Tellement heureux de retrouver ses parents, il en aurait presque oublié la jeune fille. Pourtant, son attention se focalisa sur elle et uniquement sur elle lorsque Leny le dépassa de quelques centimètres pour aller serrer la main d'Hermione.

- Mrs Malefoy-Granger, c'est un plaisir de vous revoir, la salua-t-elle avec courtoisie et sincérité. Mr Malefoy, poursuivit-elle en se tournant vers son père.

Ce dernier lui serra la main. S'ensuivit une discussion animée sur la vie à Poudlard tandis que tous les quatre traversaient la barrière magique les séparant du monde Moldu. Les parents d'Hélène attendaient cette dernière à quelques mètres seulement. Un sourire presque aussi large que ceux qui avaient illuminés les visages de la famille Malefoy-Granger, étira les lèvres de celle des Robin. Naturellement, Scorpius, Hermione et Drago suivirent la jeune fille et saluèrent chaleureusement Amanda et Grégoire. Ce dernier était une sorte d'Auror Moldu qui était tombé éperdument amoureux de la mère d'Hélène pendant des vacances qu'il avait passé à Londres. D'origine française, l'homme s'était expatrié pour vivre son idylle et Scorpius l'en remerciait mentalement à chaque fois qu'il posait les yeux sur sa fille.

Après avoir échangé quelques civilités supplémentaires, les deux familles se séparèrent mais pas avant que Leny ait déposé un baiser sur la joue de Scorpius en lui faisant promettre d'essayer de faire autre chose que de travailler pendant toutes ses vacances. Ce qu'il lui promit puisqu'il était tout simplement incapable de lui refuser quoique ce soit lorsqu'elle le regardait ainsi.

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Scorpius fut plus qu'heureux de retrouver son domicile. Il fut d'autant plus ravi lorsqu'en entrant dans le salon, il vit que sa grand-mère, Narcissa, était présente, assise dans son fauteuil flottant. Ils s'étreignirent quelques instants puis le Serdaigle alla porter toutes ses affaires dans sa chambre, au deuxième étage. Heureusement, son père avait enchanté sa grosse valise si bien qu'elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume. Scorpius prit soin de dépaqueter tout ce qu'il avait apporté. Il étala minutieusement ses livres et parchemins de cours sur son bureau avant de sortir ses bouteilles d'encre et ses plumes qu'il disposa tout aussi stratégiquement. Il accrocha ensuite son planning au mur, observa son « œuvre » puis, satisfait, quitta la pièce. Afin de profiter de sa famille, il n'avait rien prévu avant le lendemain matin, sept heures tapantes.

En arrivant au salon, il vit que les adultes étaient en train de dresser le couvert pour le déjeuner. Ni une ni deux, l'adolescent alla apporter son aide.

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- Comment ça va, à Poudlard, Scorpius ? Tu ne nous as pas beaucoup écrit ces derniers temps…

- Je sais Grand-mère, je suis désolé. Je suis très occupé. Je travaille beaucoup pour réussir.

- Nous nous en doutons, le rassura Narcissa en prenant une bouchée de son plat de résistance.

- As-tu eu de bons résultats ? l'interrogea alors Hermione, sur le ton de la conversation.

- Que des « O » sauf un « Effort Exceptionnel » en Potions et un autre en Arithmancie, la semaine dernière.

- En Arithmancie ? s'étonna sa mère. Je croyais que c'était ta matière de prédilection…

Scorpius baissa quelque peu les yeux sur son assiette et sentit ses joues s'enflammer. L'Arithmancie était effectivement sa matière de prédilection mais rien, pas même les calculs arithmétiques du Professeure Vector, ne pouvait contrebalancer la présence d'une Leny toujours plus belle de jour en jour. Ce lundi-ci, elle avait, pour une raison que Scorpius ignorait, lâché ses cheveux qui encadraient son doux visage. Peu habituée à cela, la jeune fille n'avait alors cessé de les remuer dans tous les sens pendant le test que leur Professeure avait fait passer. Littéralement submergé par l'odeur de son shampooing et hypnotisé par ses mouvements, Scorpius avait perdu dix bonnes minutes en début d'heure et n'avait donc pas eu le temps de terminer.

- Hum… oui… J'ai… euh… eu... mal au ventre. J'ai dû aller à l'infirmerie. La Professeure Vector voulait me faire repasser le test mais je n'avais pas vraiment le temps alors… voilà, dit-il en espérant de tout cœur que son mensonge donnerait l'impression d'être la vérité.

Ses parents, de même que Narcissa, arquèrent un sourcil et Scorpius commença se sentir très mal à l'aise mais, étonnement, aucun des trois ne releva.

- C'est bien, nous sommes fiers de toi et de ton travail, lui annonça finalement Drago.

- Merci Papa.

- Mais ta santé passe avant tout, ajouta Hermione.

- Oui, Maman.

- Je suis sérieuse, Scorpius.

- Je sais, Maman, soupira-t-il.

- J'ai été à ta place, je te l'ai déjà expliqué. J'ai mis ma santé en danger et mes amis de côté pour le travail scolaire. Ce n'est pas bon de…

Scorpius regretta ses paroles avant même de les avoir prononcées. Pour autant, il ne put se retenir. Il ne parvenait tout simplement plus à ne pas exploser dans la seconde dès que l'on abordait ce sujet.

- Oui eh bien, peut-être que tu n'y arrivais pas mais, moi, je m'en sors parfaitement bien ! Je t'ai dit que j'arrivais à gérer !

- Scorp', je…, commença Hermione.

- Je ne suis pas toi ! Arrête de nous comparer sans arrêt ! Tu me soûles !

Un silence de mort s'abattit dans le salon de la demeure des Malefoy-Granger. Un silence bientôt rompu par le bruit de quatre pieds de chaises qui raclèrent le parquet. Profitant de l'hébétement général, Scorpius se leva de table et la contourna d'un pas vif. Il s'apprêtait à quitter la pièce lorsqu'une main pâle surgit brusquement devant lui, l'empoignant par le col de sa chemise. Son père s'était levé à une vitesse fulgurante et lui faisait maintenant face. Son visage était inexpressif mais la fureur que Scorpius pouvait lire dans ses yeux le fit instinctivement reculer d'un pas. Drago raffermit sa prise.

- Excuse-toi auprès de ta mère. Tout de suite.

Ses paroles n'étaient qu'un souffle mais Scorpius frissonna en percevant son ressentiment et il baissa les yeux au sol. Il savait qu'il était allé trop loin. Il en avait eu conscience avant même d'avoir parlé mais il n'avait pas réussi à faire autrement. Le manque de sommeil et cette irritation permanente l'empoisonnait un peu plus de jour en jour, le faisant devenir aigri et colérique. Il avait tout d'abord instauré de la distance avec ses meilleurs-amis et voilà qu'à présent, il s'en prenait à sa mère.

- Je suis désolé, murmura-t-il.

En relevant la tête, le Serdaigle remarqua qu'Hermione avait baissé les yeux sur son assiette. Une intense sensation de culpabilité l'envahit et il eut envie de se donner des gifles. Il allait rouvrir la bouche mais son père le prit de court.

- Dans ta chambre. Maintenant !

Il le relâcha et lui adressa un regard où se mêlait la colère et la déception. Sentant sa propre rage se nicher de nouveau en son sein, Scorpius ne se fit pas prier et sortit de la salle à manger sans se retourner. Il monta les escaliers quatre à quatre et fit claquer la porte de sa chambre avant de s'approcher de son lit et de s'y laisser tomber.

Il se morfondit sur son propre sort pendant quelques minutes puis posa les yeux sur ses manuels. Il soupira longuement, jeta finalement ses jambes à bas de son lit et se leva. Il avait de plus en plus souvent envie de brûler l'ensemble de son matériel scolaire. Pourtant, à d'autres moments, comme en cet instant par exemple, il avait plutôt envie de les bénir. Se perdre quelques heures dans les méandres de l'apprentissage d'un sortilège retors, d'une potion particulièrement complexe, d'une traduction difficile ou d'un calcul qui n'en finissait pas, lui permettait, au moins, de ne pas penser à autre chose. A autre chose que la culpabilité qu'il ressentait pour avoir hurlé ces mots au visage de sa mère ou bien l'amour qu'il portait à une fille qui n'en avait aucune idée.

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Il était en train de rédiger son devoir sur le sortilège d'Inanimatus Disparitus, après avoir étudié celui d'Inanimatus Apparitus un peu plus tôt dans le semestre, lorsque quelques coups furent donnés contre sa porte. Scorpius n'hésita pas une seule seconde et posa sa plume avant de se lever de sa chaise et de traverser sa chambre. Il savait qui était derrière le panneau de bois.

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- Je peux entrer ?

- Bien sûrs Maman.

Le Serdaigle s'effaça pour la laisser passer et referma la porte derrière elle. Hermione fit quelques pas avant de s'arrêter et de se retourner vers lui. Ils ouvrirent la bouche en même temps.

- Excuse-moi.

Un mince sourire naquit sur leurs deux visages pendant quelques instants puis Scorpius reprit la parole.

- Pourquoi tu t'excuses ? Je n'aurais jamais dû te parler comme ça ! Je suis vraiment désolé. Je ne pensais pas ce que j'ai dit.

Un nouveau sourire, triste cette fois-ci, naquit sur les lèvres de la Gryffondor.

- Je sais que je peux parfois te donner l'impression de te comparer à moi. Je suis désolée. Je sais que tu n'es pas moi et que tu ressens les choses différemment. C'est juste que… je suis passée par là également et, si j'avais su, j'aurais fait les choses différemment. C'est tout.

Touché par le ton presque désabusé de sa mère adoptive, Scorpius se sentit plus honteux que jamais.

- Je sais. Je suis vraiment désolé. Je n'aurai pas dû dire ça. Je ne le pense pas.

- Nous nous inquiétons pour toi, Scorp'.

- Je sais, répéta-t-il.

Soudain las, il se laissa tomber sur son lit et se prit la tête entre les mains. Il sentit son matelas s'affaisser légèrement quelques secondes plus tard. Il savait qu'il aurait dû rassurer Hermione mais il n'y parvenait pas. Il était perdu et en colère et il avait besoin de se confier à quelqu'un.

- J'y arrive pas, Maman, se morfondit-il.

- A quoi est-ce que tu n'arrives pas ? l'interrogea-t-elle avec patience.

- Rien… ou plutôt tout !

Sa mère rit légèrement et le blond lui-même sentit ses lèvres s'étirer en prenant conscience de l'absurdité de sa réponse.

- Je n'arrive pas à gérer les cours et les devoirs. Je n'arrive pas à prendre du temps pour mes amis. Ni pour manger ou pour dormir. J'y arrive pas, répéta Scorpius d'un ton morne.

- Est-ce que…

- Je ne veux pas abandonner une matière ! s'exclama vivement le Serdaigle en tournant la tête vers Hermione.

- Je sais, répondit-elle dans un sourire. J'allais te demander si tu en avais discuté avec tes Professeurs. Ou le Directeur.

- Oh…

Baissant les yeux sur le parquet de sa chambre, Scorpius secoua la tête.

- Tu devrais le faire. Peut-être que tu pourrais être dispensé de certains cours théoriques que l'on te permettrait de rattraper plus rapidement. De même pour les devoirs quotidiens.

- Tu penses ?

- Oui, répondit Hermione avec assurance.

- Alors je le ferai et je verrai bien ce qu'ils me diront. Merci.

Sa mère lui fit signe qu'il n'avait pas à le remercier.

- Ce que je veux, Scorp', c'est que tu nous tiennes au courant, d'accord ?

- Oui, Maman.

- Tu me le promets ?

Le jeune homme acquiesça. Ce qu'il fit avec sincérité.

- Bien. Tu sais, pendant que tu es à la maison, ton père et moi pourrions également t'aider. Cela fait peut-être quelques années que nous avons quitté Poudlard mais nous pourrions t'être utiles, proposa-t-elle en lui faisant un clin d'œil.

Scorpius sourit et hocha de nouveau la tête.

- Tu as déjà un planning, je suppose.

- Oui.

- Tu me le montres ?

Le Serdaigle se leva prestement de son lit et alla récupérer « l'œuvre » qu'il avait accrochée sur le mur. Hermione l'inspecta minutieusement avant de, finalement, le lui rendre, n'ayant rien à y redire. Mère et fils bavardèrent ensuite de tout et de rien puis Scorpius la prit spontanément dans ses bras tout en s'excusant une nouvelle fois pour ses paroles blessantes.

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Ce petit incident mis à part, le Serdaigle passa de très bonnes vacances. Ses parents et même sa grand-mère, lui avaient apporté leur aide autant que possible pour le décharger un peu et l'adolescent avait, ainsi, pu passer plus de temps avec eux qu'il ne l'avait tout d'abord envisagé. Comme tous les ans, Noël se fit chez Narcissa et le trente-et-un décembre, chez les Potter avec les Weasley. Scorpius échangea quelques lettres avec ses deux meilleurs amis et tous les trois se promirent d'essayer de convaincre leurs parents respectifs de les laisser fêter la nouvelle année ensemble l'année suivante.

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La veille de son retour à Poudlard, la « sorte de boule bizarre » qui l'avait progressivement quitté à mesure que Leny s'éloignait sur le quai de la gare, réapparut au creux de son estomac. Le Serdaigle avait envie de se promettre qu'il lui parlerait avant les prochaines vacances mais il savait que cela serait se mentir à lui-même. Il n'avait aucune idée de comment s'y prendre et aucun bouquin ne pourrait l'aider. Il avait besoin de conseils de quelqu'un qui avait été dans le même cas que lui mais… Eh bien il n'était pas certain, non plus, que discuter de cela avec son père soit la meilleure des solutions. En avait-il une autre, cependant ? Pas vraiment…

Avant même qu'il ne s'en soit rendu compte, ses pas l'avaient mené jusqu'au rez-de-chaussée, devant l'arcade du salon-salle à manger. Il pouvait voit son père, assis dans un fauteuil, un verre contenant une dose raisonnable de Whisky-Pur-Feu dans une main et un numéro de Philtres Magazine dans l'autre.

Sentant son cœur battre fortement dans sa poitrine, Scorpius ferma les paupières et prit une profonde inspiration. Il reporta son regard sur le dossier du fauteuil et marcha vers Drago. Celui-ci leva rapidement les yeux de sa lecture et interrogea tacitement son fils.

- Où est Maman ? demanda Scorpius à brûle-pourpoint.

- Elle prend un bain, répondit son père. Pourquoi ?

- Est-ce que je peux te parler ? Enfin… je voudrais te parler. D'un… truc… bredouilla l'adolescent.

Surpris et légèrement suspicieux, le Serpentard lui désigna le canapé, en face de lui, d'un geste de la main. Scorpius y prit place, le dos très droit. Il était extrêmement mal à l'aise et ne savait pas comment aborder le sujet si bien qu'il tergiversa pendant de longues minutes. Son père ne disait rien mais le quittait pas des yeux, attendant patiemment qu'il s'explique. Ce qu'il fit. Décidant qu'il n'y avait, de toute façon, pas de manière plus aisée qu'une autre pour poser cette question, Scorpius demanda directement ce qu'il avait besoin de savoir.

- Comment as-tu fait pour dire à Maman que tu l'aimais ?

Il avait parlé très vite et s'était attendu à, à peu près toutes les réactions mais certainement pas à ce que qu'un léger sourire vienne flotter sur les lèvres de son père. Sourire qui n'avait, étonnement, rien de moqueur. Scorpius fut légèrement désarçonné par l'attitude du Serpentard. Il tenta de ne rien laisser paraître et s'occupa en posant ses mains, à plat, sur ses cuisses avant de plier puis de déplier ses doigts. Plusieurs minutes s'écoulèrent à nouveau avant que Drago ne prenne la parole pour lui répondre.

- J'ai dit à ta mère que je l'aimais car je n'en ai pas eu le choix.

L'adolescent releva aussitôt la tête et plongea ses yeux dans ceux de son père. Sa réponse le surprit encore plus que tout le reste. Il ouvrait la bouche lorsque le Serpentard reprit la parole.

- J'aimais ta mère depuis déjà quelques temps. Je n'avais pas prévu de le lui dire à ce moment-là mais je n'ai pas eu le choix. Je savais que j'allais la perdre et il fallait qu'elle sache. Je pensais que le lui dire la ferait changer d'avis mais je l'ai perdue quoi qu'il en soit. Si je devais refaire les choses, tu sais que je le ferais différemment.

Scorpius acquiesça, comprenant que son père faisait référence à son mensonge. Mensonge qui avait bien failli conduire les Malefoy-Granger à ne jamais devenir une véritable famille lorsqu'Hermione l'avait découvert totalement par hasard.

- Mais si je devais refaire les choses, je ne changerais pas que cela. Je lui aurais aussi dit que je l'aimais plus tôt.

- Pourquoi ? demanda le Serdaigle dans un souffle.

- Parce que je n'aurais jamais dû attendre d'y être contraint pour le faire.

Le jeune homme fit signe qu'il comprenait mais fronça tout de même les sourcils. Ce que lui disait son père était bien beau mais Scorpius n'avait toujours pas de réponse digne de ce nom. Comme s'il lisait en lui, Drago ajouta :

- Je n'ai pas de réponse à t'apporter, Scorp'. Je pense que chacun doit trouver son propre moyen d'exprimer son amour. Avec ta mère, nous ne sommes pas vraiment doués pour ce genre de chose mais…

Incapable de se retenir, le jeune homme ne put que le couper afin de commenter sa déclaration.

- Ça, c'est sûr ! Vous êtes de vrais handicapés des sentiments tous les deux.

Un éclat de rire s'échappa de la gorge de son père.

- Sûrement, répondit-il. Mais pas toi. Toi, tu as toujours su exprimer ce que tu ressentais bien plus facilement que moi. Ou qu'Hermione.

- Oui, avec vous. Mais avec… C'est différent dans d'autres… circonstances… dans un autre contexte. Moi aussi j'ai l'impression d'être un handicapé des sentiments, tu sais, dit-il d'une voix morne.

- Tu te souviens de ce que tu m'avais proposé quand il avait fallu que je présente mes excuses à Hermione, peu après l'avoir revue la toute première fois ?

Scorpius fouilla quelques instants dans sa mémoire.

- Oui, de lui écrire une lettre, répondit-il finalement.

- C'est ça.

L'adolescent se plongea dans ses pensées, examinant la suggestion sous tous ses angles.

- Je sais pas trop, Papa, dit-il au bout d'un moment. Je pense que c'est quand même mieux de vive voix.

- Je suis d'accord avec toi sur ce point.

- Disons que… j'envisagerai cette solution en dernier recours.

Son père opina.

- Tu sais, Hélène me semble beaucoup tenir à toi. Si toutefois tes sentiments n'étaient pas réciproques – ce dont je doute – je pense que tu n'aurais pas à craindre de la perdre en tant qu'amie.

Devenant aussi pâle qu'un fantôme de Poudlard, Scorpius crut mourir de honte sur le canapé du salon en entendant ces paroles.

- Co… Co-comment ? balbutia-t-il d'une toute petite voix, sans regarder son père dans les yeux.

- Je suis peut-être un « handicapé des sentiments » mais je ne suis pas un idiot, mon fils.

Mortifié, le Serdaigle ne répondit rien et se contenta de fixer les aspérités du parquet.

- Tu en as parlé à ta mère ?

Il secoua la tête.

- Tu devrais. Elle est tout de même un peu moins « handicapée » que moi. Quoique… Non, en fait, je crois qu'aucun de nous ne rachète l'autre. Désolé, Scorp', tes parents ne te seront d'aucune utilité à ce niveau.

Un sourire naquit sur les lèvres du jeune blond et il échangea un regard complice avec son père. Il était vrai qu'à l'instar de Daniel – bien que cela soit pour d'autres raisons – aucun de ses parents ne pourraient finalement s'avérer de très bon conseil en matière de déclaration d'amour.

- Tu penses que je devrais lui acheter des fleurs ? demanda tout de même le Serdaigle tandis que Drago se levait de son fauteuil. A Hélène.

- Euh… La seule et unique fois où j'ai voulu offrir des fleurs à ta mère – pour me faire pardonner, une nouvelle fois – elle m'a, plus ou moins, envoyé me faire voir chez les Détraqueurs. Tu devrais déjà t'assurer qu'Hélène apprécie ce genre d'attention, si tu veux mon avis ! déclara-t-il en lui lançant une œillade éloquente.

- Oui, je m'en souviens. J'étais chez Maman ce jour-là ! ricana Scorpius.

Père et fils traversèrent la pièce dans l'autre sens et s'engagèrent dans l'escalier. Au moment de se séparer, le Serdaigle reprit la parole.

- J'espère quand même que ma relation – peu importe avec qui – sera moins compliquée que la vôtre.

- Ne t'en fais pas, il n'y a pas de femme plus chiante que ta mère sur cette Terre. De ce côté-là, tu es tranquille.

Drago avait dit cela sur un ton très détaché qui fit hausser un sourcil au jeune blond.

- Mais tu es amoureux d'elle, pourtant…

- Bien sûr ! Elle est la femme de ma vie et je l'aime mais ça, c'est sûrement parce que je suis aussi chiant qu'elle.

Scorpius ouvrit la bouche mais son père l'interrompit.

- Je te préviens, aucun commentaire à ce propos ne sera toléré. Bonne nuit, ajouta-t-il en lui faisant un clin d'œil.

- Bonne nuit. Tu salueras Maman de ma part ?

- Je n'y manquerai pas. A demain.

- Papa ? l'interpella Scorpius.

- Oui ?

- Comment tu sais que Maman est la femme de ta vie ? Je veux dire que… tu l'aimes, d'accord mais comment peux-tu affirmer aussi catégoriquement qu'elle est la femme de ta vie ?

Drago sembla se perdre dans ses pensées quelques instants avant de reporter son attention sur lui.

- Elle est la seule femme que j'ai jamais aimé. Amoureusement, précisa-t-il. Hormis ça, je ne sais pas… Je le sens. Je ne peux pas t'expliquer.

Le Serdaigle assimila ses paroles, les yeux baissés sur le parquet. Il finit par relever la tête.

- Merci. Bonne nuit, à demain.

- Bonne nuit.

Son père marcha en direction de la porte de sa chambre pendant que Scorpius gravissait les marches le menant au palier supérieur.

Il soupira longuement en se couchant, ce soir-là. Il n'était pas vraiment plus avancé et n'avait toujours aucune idée de comment s'y prendre pour dire ou faire comprendre à Hélène qu'il était fou amoureux d'elle.


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Hey ! Bon, j'ai séché mes larmes et vous avez lu le chapitre alors il est maintenant temps pour moi de savoir si je vais maintenant pleurer de joie ou pleurer de tristesse…

Donc ! J'espère que ce premier chapitre vous a plu. Le fait que les actions s'enchaînent rapidement est totalement voulu et, je vous rassure, le rythme ralentit dès le chapitre deux. Disons que ce chapitre est un peu une sorte de trèèèèèèèès long prologue.

Je n'ai pas véritablement de questions à vous poser alors je vous encourage à me dire TOOOOOOUT ce qui vous passe par la tête dans vos reviews.

Beh oui parce que vous savez que moi, j'ADOOOOOOOOOOOOOOORE les reviews ! Bah oui, ça fait classe d'en avoir un max, ça flatte mon égo Serpentardien, toussa, toussa !

Plus sérieusement, votre avis est très important pour moi. D'autant plus avec cette fic' et ce premier chapitre... Alors on reviewe ? S'il-vous-plaît ? Avec un bisou de Drago à la clé ? :D

BREEEF ! J'espère vraiment que vous avez pris plaisir à retrouver les Malefoy-Granger ainsi qu'Hélène, Daniel et les autres.

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Je vous rappelle que vous pouvez me retrouver, retrouver les titres des chapitres à venir (les samedis), les liens, des infos et tout plein d'autres choses sur ma page Facebook. :)

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Je vous fais plein d'énormes bisous et je vous dis donc à très bientôt dans vos reviews.

Longue vie à MAT,

Chalusse-qui-vous-aime

PS : N'oubliez pas d'ajouter MAT à vos follows si vous désirez être avisés par mail de la MAJ. (Notamment pour ceux qui ne suivront pas la page FB.)

PPS : Je publie des textes originaux en parallèle des FF. Le tout dernier a été publié hier soir. Pour les intéressés, il est à retrouver sur FictionPress (entre autres) dont le lien de mon profil se trouve dans ma bio...


Je précise que je réponds tout aussi bien aux reviews des lectrices/lecteurs inscrit(e)s qu'aux « reviews anonymes » !