Bonjour,

Voici le 1er chapitre de ma nouvelle histoire. Je sais que je vous avais promis de le poster le 24 mais je n'ai pas trouvé le temps de le faire entre les préparations du réveillon et tout le reste. Désolée mille fois.

Cette histoire ne sera écrite que du point de vue de Castiel.

J'espère qu'elle vous plaira autant que les autres.

Bonne lecture et encore désolée pour le retard de publication.

A jeudi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Every wants to rule the world de Tears for Fears

Chapitre 1 : Nouvel emploi

« La vanité consiste à vouloir paraître l'ambition, à vouloir être l'amour propre, à croire que l'on est la fierté, à savoir ce que l'on vaut. »

Comte Rackzinski

Castiel leva les yeux vers le bâtiment, impressionné par sa hauteur. Il était entièrement vitré et semblait particulièrement impressionnant pour quiconque le regardait d'en bas. L'adresse, en elle même, en disait déjà beaucoup. Il se dressait fièrement dans le quartier le plus chic et huppé de New York. Là où toutes les sociétés les plus importantes et les plus riches avaient choisi d'installer leur siège social. Dans la rue des femmes en tailleur de couturier et des hommes en costumes hors de prix défilaient, un café à la main, leur téléphone dans l'autre. Tous avaient des responsabilités, des emplois importants et probablement une pression immense sur les épaules.

Castiel les regarda le dépasser durant quelques secondes, fasciné. Il ferait bientôt parti d'eux. Si tout se passait bien durant sa période d'essai, il deviendrait l'un de ses employés qu'on enviait en secret quand on les regardait depuis la vitre d'un taxi ou du bus.

Castiel reporta son attention sur le bâtiment dans lequel il s'apprêtait à entrer. Il avait mémorisé les instructions par cœur. Les bureaux dans lesquels il se rendait se trouvaient au dernier étage. La vue serait probablement imprenable d'en haut. Castiel n'était pas sûr qu'il aurait le droit à un bureau à lui ou même à une fenêtre. Mais il devinait qu'on devait dominer le monde depuis le dernier étage. Et sans doute était-ce l'impression que tous les employés du cabinet avaient en venant travailler.

Castiel savait qu'il avait de la chance. Décrocher une place ici après avoir tout juste terminé ses études était inespéré. Tout avait été très rapide pour lui. Il avait intégré Harvard cinq ans plus tôt puis, lors d'une journée organisée par son université pour rencontrer de potentiels employeurs, il avait visiblement impressionné l'un des avocats du plus gros cabinet de la ville. L'un des fondateurs du dit cabinet. Castiel n'était même pas vraiment sûr de savoir ce qu'il avait dit pour mériter une telle attention. Il n'avait toutefois pas cherché à le comprendre. Travailler pour ce cabinet faisait parti de ses rêves. Il était déterminé à gravir les échelons ici et à devenir un jour associé. Il voulait que son nom apparaisse sur la plaque à l'entrée et sur le mur à l'intérieur. Il ne voulait pas juste être un avocat parmi tant d'autres. Il voulait être celui vers qui tout le monde se tournait et dont on parlait durant les soirées du cabinet.

Pour cela, bien sûr, il allait devoir faire ses preuves pendant sa période d'essai. Son contrat était clair. Il avait trois mois pour finir de convaincre ses employeurs. Et parce qu'il avait été le choix d'un seul des deux membres fondateurs, c'était le second qu'il allait devoir absolument convaincre et il savait que la tâche s'annonçait compliquée.

Il pénétra finalement dans le bâtiment, donna son nom au garde à l'entrée puis grimpa dans l'ascenseur. Il appuya sur le bouton menant au dernier étage puis se redressa et prit une grande inspiration.

Il avait consacré toute sa vie à ses études. Il n'avait pas participé aux fêtes à l'époque du lycée et avait refusé toute sollicitation une fois à l'université. Il ne s'était pas réellement fait d'amis mis à part Meg. Il n'avait pas non plus de vie amoureuse. Il avait un plan très simple. Réussir professionnellement avant d'envisager quoi que ce soit d'autre. S'il voulait être le meilleur, il devait faire des sacrifices. Il était tout à fait prêt à l'accepter.

Tous ses anciens camarades avaient été jaloux en apprenant que l'unique poste du cabinet lui avait été donné. Durant ces journées, les étudiants devaient présenter une liste de choix. Ils devaient sélectionner trois cabinets présents et aller ensuite discuter avec leurs représentants. Sur la liste de Castiel, il n'y avait qu'un seul nom. Il ne voulait travailler que pour eux. Parce qu'ils étaient les meilleurs. Et parce qu'inscrire leur nom sur son CV lui ouvrirait toutes les portes. Ils étaient exigeants et difficiles à satisfaire. Mais ils travaillaient pour tous ceux qui comptaient dans cette ville et dans ce pays.

Quand les portes de l'ascendeur s'ouvrirent enfin, Castiel fut à nouveau impressionné par le luxe des lieux. Le large couloir menaient à une succession de bureaux dont les portes étaient vitrées. Des noms étaient inscrits dessus. Devant certains, un bureau permettait à leur assistant ou assistante de gérer leurs visiteurs. En face, se trouvait un long mur où le nom du cabinet était fièrement affiché. Winchester et Winchester. Castiel avait appris tout ce qu'il devait savoir sur eux avant de les rencontrer pour la première fois. Le cabinet avait été fondé par deux frères, tous les deux avocats. Le plus âgé, Dean Winchester, était tout juste âgé de trente ans. Son frère, Sam, avait vingt six ans. Leur réussite avait été extrêmement précoce. Ils avaient fondé leur cabinet trois ans plus tôt alors que Sam n'avait même pas encore fini ses études. Dean avait travaillé pour plusieurs autres cabinets avant de se lancer. Il était connu pour être le meilleur négociateur de la ville. Il était intransigeant et parfois cruel. Il ne se laissait pas marcher sur les pieds. Et si ses premiers bureaux n'avaient définitivement pas été dans cette partie de la ville, il avait très vite réussi à trouver des clients et à acheter le dernier étage de ce bâtiment. Ils employaient aujourd'hui un grand nombre d'avocats et leur réputation n'était clairement plus à faire. Si Dean était spécialisé en droit des affaires et gérait principalement les rachats de société et les entrées en bourse, Sam était spécialisé en droit pénal. Il était un peu moins effrayant que son frère mais tout aussi coriace. Et malgré son peu d'expérience, personne ne doutait de son talent.

C'était lui que Castiel avait rencontré. Il était connu que Dean refusait d'assister à ces journées de recrutement. Il n'aimait pas écouter des candidats se vendre pour travailler pour lui. Il préférait laisser cette tâche à son frère. Sam avait carte blanche pour engager qui il souhaitait mais Dean avait tout de même son mot à dire à la fin de la période d'essai. Ils prenaient toujours cette décision ensemble.

Castiel ne savait pas encore avec lequel des deux frères il serait amené à travailler mais il était prêt à faire son maximum pour les impressionner. Il était sorti major de sa promotion et il ne comptait pas baisser de régime jusqu'à avoir son nom sur le mur.

Il n'avait pas fait plus d'une dizaine de pas quand une jeune femme approcha de lui rapidement. Elle était petite et blonde, incroyablement belle mais également terrifiante. Elle marchait d'un pas assuré malgré la hauteur de ses talons. Elle portait un tailleur qui mettait en valeur sa silhouette parfaite.

- Castiel Novak ? Lança t-elle en s'arrêtant devant lui.

Il hocha la tête avant de lui tendre la main. Elle la serra rapidement puis lui fit signe de la suivre. De toute évidence, elle n'avait pas de temps à perdre.

- Je suis Johanna Harvelle et je suis l'assistante de Sam. Vous pourrez m'appeler Jo si toutefois vous survivez aux prochains mois. Je suis chargée de vous faire visiter les lieux et de vous conduire à votre bureau.

Castiel mémorisa son nom dans un coin de sa tête puis se mit en route à ses côtés.

- Vous devez probablement avoir fait vos recherches et je suppose que rien de ce que je vais vous dire ce matin ne sera nouveau pour vous mais je vous conseille tout de même vivement de m'écouter. Je ne me répéterais pas et d'ici la fin de cette visite, vous serez livré à vous même. Si vous n'avez pas été attentif, vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous même.

Castiel hocha à nouveau la tête. Jo marchait rapidement et il avait un peu de mal à suivre son rythme. Il regardait autour de lui avec curiosité. Il était fasciné par tout ce qu'il voyait.

- A votre droite, ce sont les bureaux de nos avocats principaux. Pour en avoir un, il va falloir que vous soyez patients. A votre gauche, la salle de repas et la cuisine. Juste après vous trouverez les toilettes.

Castiel tenta de tout mémoriser mais Jo parlait vite et ne semblait pas avoir envie de lui laisser le temps d'assimiler chaque information.

- A votre droite, le bureau de Sam. Et juste devant, c'est le mien. Je suis son assistante et je ne travaille que pour lui. Si vous avez des questions, adressez vous à quelqu'un d'autre. Je ne suis pas là pour vous tenir la main.

Castiel jeta un coup d'œil dans le bureau de Sam. Il se tenait devant une immense fenêtre et parlait au téléphone. Il était immense même vu d'aussi loin. Il dégageait quelque chose d'impressionnant que Castiel admirait. Son bureau était le plus grand qu'il avait vu jusque là. Le mobilier était élégant mais semblait avoir été choisi par lui. Il y avait quelques photos sur les murs et son diplôme encadré juste à l'entrée. Il n'eut pas le temps d'en voir plus que déjà Jo le conduisait au bureau suivant.

- Ce bureau est celui de Dean. N'y entrez surtout pas sans avoir été expressément autorisé par son assistant Kevin dont le bureau est juste là. C'est lui qui gère tout les rendez vous de Dean. Si vous souhaitez lui parler adressez vous à Kevin en premier lieu. Ou je peux vous garantir que vous n'apprécierez pas sa façon de vous recevoir.

Castiel ne prendrait certainement pas ce risque. Il regarda toutefois à l'intérieur du bureau de Dean. Il ne l'avait jamais vu jusque là. Il avait en revanche beaucoup entendu parler de lui durant ses études. Il se trouvait lui aussi devant sa fenêtre. Son bureau était couvert de dossiers et de papiers en tout genre. Il avait un canapé dans un coin et tout un mur était couvert de casiers contenant des vinyles. Dean semblait lui aussi en grande conversation au téléphone. Il avait retiré sa veste de costume. Castiel ne put s'empêcher d'admirer sa silhouette pendant quelques secondes. Il avait les épaules larges et les fesses musclées. Il semblait particulièrement séduisant. Castiel ne devait toutefois pas trop y penser. Peu importait que Dean soit son genre d'hommes. Il n'était pas là pour se trouver un petit ami. Et il ignorait de toute façon si Dean était gay ou non.

- A votre gauche, les bureaux des avocats juniors. C'est ici que vous travaillerez. Vous êtes dix pour le moment mais le chiffre change régulièrement. Le cabinet est particulièrement exigeant et beaucoup de vos petits camarades ne remplissent pas réellement les critères pour continuer à travailler avec nous. j'espère que ce sera différent pour vous.

Ça le sera, assura Castiel, confiant.

Jo ne le reprit pas. Elle le conduisit à la place jusqu'à un petit bureau avant de s'immobiliser.

- Voilà votre nouveau chez vous pour les prochains mois.

Le bureau était petit et calé entre deux autres où deux jeunes femmes semblaient travailler. Il s'agissait de l'un de ses open space où tout le monde travaillait à côté de tout le monde. Il espérait réussi à se concentrer malgré le bruit et les allers et venues de ses collègues. Il n'aurait de toute façon pas le choix.

- Les nouveaux sont supervisés par Crowley. Il prend son travail particulièrement à cœur et c'est également un avocat brillant. Il ne vous laissera rien passer. Il rendra son évaluation à la fin de votre période d'essai et croyez moi, son avis sera pris en compte par Sam et Dean. Tâchez de le satisfaire si vous souhaitez rester.

Castiel hocha la tête en posant son sac sur le bureau. Jo croisa ensuite ses bras sur sa poitrine.

- Au fond du couloir, vous trouverez les bureaux des assistants juridiques. C'est à eux que vous devez vous adresser si vous souhaitez consulter un dossier ou obtenir des informations. Il y a également une bibliothèque et la salle des archives. Des questions ?

Castiel savait qu'elle refuserait d'y répondre même s'il osait lui en poser une. Il secoua donc la tête puis le regarda déposer son badge sur son bureau. Elle reprit ensuite la parole.

- Ici, vous ne travaillez pas pour vous. Vous travaillez pour Dean ou pour Sam … éventuellement pour des avocats seniors s'ils ont besoin de votre aide. Les dossiers vous seront transmis par eux. Vous ne prendrez aucune initiative et ne rencontrerez jamais seul nos clients.

Castiel ne s'attendait pas à quoi que ce soit d'autre. Il savait comment les choses fonctionnaient dans ce genre de cabinet. Il ne demandait pas de traitement de faveur. Il ne voulait pas être traité différemment des autres jeunes avocats. Il était là pour faire ses preuves et il comptait bien y parvenir.

- Je vous laisse quelques minutes pour vous installer mais vous avez rendez vous avec Dean d'ici quinze minutes pour qu'il vous parle de votre premier dossier.

- Est-ce que je dois … commença t-il avant de réaliser son erreur.

Jo avait été claire. Elle n'était pas là pour répondre à ses questions. Il aurait du s'en souvenir avant d'ouvrir la bouche. La jeune femme le dévisagea avant de soupirer longuement.

- Je vous accorde cette question parce que vous êtes nouveau mais la prochaine fois je ne serais pas aussi clémente. Et pour vous répondre … oui, adressez vous à Kevin avant même si vous avez déjà rendez vous et s'il vous attend.

Castiel fronça les sourcils avant de reprendre la parole.

- Comment saviez vous que c'était ce que j'allais vous demander ?

- C'est une seconde question Novak.

Castiel hocha la tête avant de s'asseoir derrière son bureau. Il ouvrit son sac pour en sortir ses affaires et fut surpris de trouver Jo toujours là quand il releva finalement la tête.

- Je me charge de faire visiter les locaux aux nouveaux depuis presque deux ans maintenant. Je vous connais par cœur et je sais exactement quel genre de questions vous vous posez … surtout avant de rencontrer Dean pour la première fois. A vrai dire, je sais tout ce qu'i savoir sur tout le monde. C'est pour ça que je suis la meilleure.

Sur ces mots, elle tourna les talons avant de partir toujours aussi rapidement. Castiel la regarda disparaître avant de recommencer à sortir ses affaires de son sac. Il les rangea soigneusement sur son bureau puis jeta un coup d'œil à sa montre. Il ne voulait surtout pas être en retard à son premier rendez vous avec Dean. Il devait absolument faire bonne impression.

- Hé le nouveau, lança un homme à sa droite.

Castiel tourna la tête dans sa direction. Il était un peu plus âgé que lui. Il souriait en le fixant dans les yeux. Castiel n'aurait pas su dire s'il se moquait de lui ou s'il cherchait juste à se montrer sympathique.

- Je m'appelle Gabriel. Et de toute évidence, on va travailler côte à côté jusqu'à ce que l'un d'entre nous se fasse virer … sans doute moi d'ailleurs … alors voilà. Comme je suis le plus ancien ici, je tenais juste à te souhaiter la bienvenue.

Castiel ne put que sourire en l'entendant parler ainsi d'un possible renvoi. Il savait combien la pression était forte sur les employés du cabinet. Ils étaient en sursis constamment. Jusqu'à réussir à devenir un peu plus important et à avoir un de ses bureaux vitrés qu'il avait vu en entrant. Il était sans doute préférable d'en rire pour ne pas craquer sous la pression constante.

- Castiel, se présenta t-il alors.

- Enchanté Castiel. Juste un petit conseil avant que tu ne rencontres le patron. Ne t'adresse surtout pas à lui tant qu'il ne t'a pas invité à le faire. Contente toi de répondre à ses questions et de dire oui à chaque fois qu'il te demande de faire quelque chose. Oh … et évite aussi de le regarder dans les yeux. Je ne suis pas sûr qu'il apprécie vraiment ça.

La façon dont Gabriel décrivait Dean en disait long sur l'impression qu'il donnait à ses employés. Cela collait parfaitement avec la réputation qu'il avait depuis toujours. Castiel devait reconnaître qu'il était à la fois angoissé et impatient à l'idée de le rencontrer. Il était rapidement devenu une légende dans son métier. Et il était clairement l'exemple à suivre pour quiconque voulait faire carrière.

- Il peut être sympa quand il est de bon humeur ou du moins c'est que la légende raconte.

- La légende ?

- Je ne l'ai jamais vu de bon humeur.

- Et depuis combien de temps travailles tu ici ?

- Depuis presque trois ans. Je suppose que ça en dit long sur le personnage hein ?

Castiel déglutit avec peine avant d'hocher la tête. Oui, ça en disait long sur le genre d'homme que Dean était. Mais Castiel ne se laisserait pas déstabiliser. Il connaissait sa place et il ne cherchait pas à faire des vagues. Il voulait juste faire son travail au mieux et rapidement devenir essentiel à ce cabinet. Il voulait réussir.

Gabriel lui sourit à nouveau avant de détourner le visage et de se concentrer sur ce qu'il faisait. Castiel jeta un nouveau coup d'œil à sa montre. Il lui restait un petite dizaine de minutes avant son rendez vous. Il rangea donc soigneusement ses stylos et son bloc note. Il glissa son badge dans la poche de sa veste puis utilisa le temps restant pour contrôler sa respiration.

Quand il fut temps pour lui de rejoindre le bureau de Dean, il quitta le sien et parcourut le chemin tête baissée.

Il avait les mains moites et le cœur qui battait rapidement quand il s'immobilisa finalement devant le bureau de l'assistant de Dean. Kevin était un jeune asiatique qui semblait tout droit sorti du lycée. Il était occupé à taper sur le clavier de son ordinateur et ne leva pas les yeux quand Castiel approcha. Ce dernier hésita à l'interrompre mais après un coup d'œil à sa montre il n'eut pas d'autre choix.

- Excusez moi. J'ai rendez vous avec Monsieur Winchester.

Kevin leva la main dans sa direction pour le faire taire puis releva finalement la tête. Il était bien moins effrayant que Jo mais s'il était l'assistant de Dean, il ne pouvait pas être aussi inoffensif qu'il le semblait. Castiel devait rester sur ses gardes. Kevin l'étudia une seconde avant d'appuyer sur un bouton de son téléphone.

- Castiel Novak pour vous, lança t-il.

Castiel attendit alors qu'il lui fasse signe d'entrer. Il poussa la porte du bureau de Dean puis la referma soigneusement derrière lui. Il avait très envie de regarder autour de lui pour étudier avec attention l'endroit où Dean travaillait. Mais il ne voulait pas paraître trop curieux. Il s'immobilisa donc devant son bureau et joignit ses mains dans son dos. Dean se tenait en face de lui, le dos tourné et le regard visiblement perdu sur le paysage derrière la fenêtre.

- Asseyez vous Castiel et prenez le dossier sur le haut de la pile.

Castiel fit aussitôt ce que Dean lui demandait. Il fit un effort pour ne pas se laisser déstabiliser par la voix de son patron. Elle était grave et chaude. Particulièrement agréable. Il attrapa le dossier pour s'occuper les mains. Dean se tourna alors finalement dans sa direction.

Castiel commit l'erreur de lever les yeux sur lui. Il le regretta aussitôt. Car s'il avait été séduit par sa silhouette, c'était pire encore par son visage. Dean Winchester était sans contestation possible l'homme le plus séduisant qu'il lui ait été donné de rencontrer. Il avait les yeux verts, le nez droit et des lèvres épaisses et charnues. Ses joues étaient couvertes d'une fine barbe soigneusement entretenue. Il avait les cheveux châtains foncés et un long cou particulièrement élégant.

- L'un de nos clients souhaite racheter cette société. Tous les documents la concernant se trouvent dans ce dossier. J'ai besoin que vous les étudiez soigneusement pour me dire si selon vous, cette décision serait judicieuse ou non. Je veux connaître leurs perspectives d'évolution et le bénéfice qu'il pourrait retirer en revendant les locaux dont elle ne se sert plus.

Castiel en était parfaitement capable. Il était de surcroît convaincu qu'il s'agissait d'un premier test. Dean avait probablement déjà étudié ces documents et voulait juste savoir si Castiel était en mesure d'en arriver à la même conclusion que lui. Il voulait évaluer ses capacités en la matière. Castiel allait faire en sorte de l'épater.

- Pour quand avez vous besoin de mon rapport ? Demanda t-il en baissant les yeux sur le dossier.

- Pour la fin de la matinée. Mon client sera là à quatorze heures et il attend une réponse ferme et définitive de notre part.

Castiel garda les yeux rivés sur le dossier alors que Dean s'asseyait finalement sur sa chaise en face de lui. Il ne dit rien pendant quelques secondes mais finit par reprendre la parole face au silence de Castiel.

- Est-ce que vous pensez en être capable Monsieur Novak ?

Castiel en était capable bien sûr. Ce n'était pas un travail très compliqué. C'était quelque chose qu'il aurait pu faire les yeux fermés. Il était le meilleur de sa promotion en droit des sociétés. Il maîtrisait le sujet. Il avait en revanche plus de mal à s'exprimer clairement quand il avait un homme particulièrement séduisant sous les yeux. C'était en grande parie ce qui avait compliqué ses interactions avec les autres élèves que ce soit à l'époque du lycée ou à la faculté. Il était toujours déstabilisé quand il se retrouvait face à un homme par lequel il était attiré. Que l'attirance soit réciproque ou non.

- Monsieur Novak, mon temps est précieux et celui de mon client l'est sans doute plus encore. J'ai besoin d'une réponse.

- J'en suis capable oui. Si je ne l'étais pas, je ne serais probablement pas ici.

- Probablement pas. Mon frère étudie soigneusement les dossiers de tous nos nouveaux employés. Mais il existe une différence nette entre la théorie et la pratique.

- Et vous me confiez ce dossier pour savoir si je suis aussi doué pour l'un que pour l'autre.

- Je vous confie ce dossier parce que j'ai besoin que quelqu'un l'étudie pendant que je me charge d'autre chose. Et en tant que nouveau, c'est votre travail de soulager les associés en déminant le terrain pour eux.

Castiel savait qu'il n'aurait pas l'occasion de faire quoi que ce soit de plus avant d'avoir réellement pu faire ses preuves. Il voulait plaider. Il voulait choisir ses dossiers et ses clients. Il voulait que les gens appellent le cabinet pour le demander lui et personne d'autre. Mais cela viendrait avec le temps. Il devait se montrer patient et faire en sorte de garder son poste pour le moment.

- Monsieur Novak, je sais combien votre position peut être frustrante. Vous êtes avocat et vous rêvez sans doute de grands procès et de victoires retentissantes au tribunal. Et peut être cela viendra t-il avec le temps. Mais si vous voulez vous faire une place dans ce cabinet, vous allez devoir accepter de remplir toutes ces tâches ingrates jusqu'à avoir fait vos preuves. J'ai vécu la même chose quand j'ai commencé à travailler. Sam a connu la même chose. Il y a beaucoup d'appelés et très peu d'élus. Faites en sorte d'être l'un d'eux.

Castiel hocha la tête avant de refermer le dossier et de lever à nouveau les yeux vers Dean. Il choisit de ne pas le regarder droit dans les yeux et se contenta d'observer son cou. C'était préférable.

- Je sais parfaitement quelle est ma place et je n'ai pas l'intention de griller les étapes. Je rêve de travailler pour vous depuis que j'ai entendu parler de votre cabinet pour la première fois. Vous êtes une sorte de légende parmi les étudiants en droit. Tous veulent vous ressembler.

- Mais pas vous ? Demanda Dean en souriant.

Castiel secoua la tête.

- Non, je veux être meilleur que vous. Et je ferais en sorte d'y parvenir.

Dean éclata alors de rire et Castiel sentit un frisson lui remonter la colonne vertébrale en l'entendant. Il avait un rire incroyablement mélodieux. C'était comme de la musique aux oreilles de Castiel. Il avait envie de l'entendre rire encore et encore.

- Je suis le meilleur Monsieur Novak. Je le suis depuis des années. Et croyez moi, nombreux ont été ceux qui pensaient pouvoir prendre ma place. Aucun n'a réussi à me détrôner. J'admire votre ambition. Elle vous mènera loin. Mais ne confondez pas ambition et orgueil. Si la première est ce qui conduit les gens au sommet, le second est ce qui les conduit le plus souvent à leur perte.

Castiel hocha la tête. C'était effectivement plein de bon sens. Il avait connu des élèves à la fac qui se croyaient les meilleurs simplement par orgueil. Tous avaient échoué. Castiel n'était pas comme eux. Il connaissait ses qualités et ses défauts.

- L'ambition n'est pas de l'orgueil quand elle est soutenue par de la confiance en soi et de la lucidité sur nos qualités et nos défauts. Je sais ce dont je suis capable et je sais que je saurais me montrer à la hauteur.

- Je ne demande qu'à être convaincu.

Castiel pouvait sentir que cette conversation touchait à sa fin. Dean n'avait probablement pas de temps à perdre à discuter de Castiel. Il se fichait même probablement pas mal de lui et de ce dont il était capable. Il était un employé de plus. Juste un nom à rajouter à l'organigramme du cabinet. Il n'était pas intéressé par lui et ne le serait probablement pas tant que Castiel n'aurait pas fait ses preuves. Et cela commençait par le dossier qu'il lui avait confié aujourd'hui.

- Je devrais probablement me mettre au travail alors.

- Vous devriez oui.

Castiel hocha la tête puis prit le dossier entre ses mains. Il sentit aussitôt l'adrénaline et l'excitation monter en lui. C'était son premier dossier. Et il lui était confié par Dean Winchester. Il se sentait bizarrement important. Il ne savait pas s'il était ordinaire pour le patron du cabinet de confier un dossier ainsi le premier jour à un nouvel employé. Il ne savait pas s'il avait fait une exception pour lui. A vrai dire, cela n'avait pas réellement d'importance. L'essentiel était qu'il se montre à la hauteur de la tâche qui lui avait été confiée.

- Vous aurez mon compte rendu d'ici la fin de la matinée, confirma t-il alors.

- Prenez rendez vous avec Kevin en sortant. Il est le seul à connaître mon emploi du temps. Je serais perdu sans lui.

Castiel pouvait l'imaginer. Dean avait probablement un emploi du temps chargé. Il était extrêmement demandé et son temps était précieux. Il cumulait sans doute les rendez vous. Il avait besoin d'une personne de confiance pour gérer son agenda et s'assurer qu'il n'était pas pris par surprise après avoir oublié la venue d'un client ou d'un collaborateur. Dean devait avoir une confiance aveugle en lui.

- Vous savez quoi Castiel ? Je vais vous donner un conseil et vous feriez bien de prendre note. Ce n'est pas quelque chose que je fais avec tous les nouveaux. A vrai dire, je n'ai généralement aucune interaction avec eux avant plusieurs semaines. La plupart du temps, ils perdent leurs moyens quand je demande à les voir et ils finissent par se ridiculiser et par me décevoir.

Castiel était tout ouï. Il savait que le conseil que Dean allait lui donner serait probablement essentiel pour sa réussite au sein du cabinet. Et le fait qu'il fasse une exception pour lui l'encourageait à se montrer plus attentif encore.

- Sam a été particulièrement impressionné par votre dossier et par vous lors de votre entretien. Il semble fonder beaucoup d'espoir en vous. Et comme je fais confiance à mon frère pour dénicher les meilleurs talents, je me sens obligé de vous aider à lui donner raison.

Castiel releva les yeux du dossier. Il allait les poser sur le cou de Dean à nouveau pour ne pas avoir à le regarder dans les yeux mais ils s'attardèrent à la place et sans son consentement sur ses mains. Il les avait jointes sur le bureau. Il avait de longs doigts élégants. Ses ongles étaient manifestement manucurés et parfaitement entretenus. C'était les mains d'un homme qui savait combien l'apparence comptait dans ce milieu.

- Ne faites pas l'erreur de compter vos heures durant les prochaines semaines. Soyez là avant tout le monde et ne repartez que lorsqu'il ne reste plus que vous. Oubliez l'idée d'avoir une vie personnelle, des amis ou une relation amoureuse. Pour les prochains mois, vous appartenez à ce cabinet. Il saura vous le rendre si toutefois vous vous concentrez entièrement à satisfaire ceux qui le dirigent. Si vous avez une petite amie, rompez immédiatement car vous ne passerez plus aucun moment avec elle. Appelez votre famille et vos amis et prévenez les qu'ils ne vous reverrons pas avant un long moment.

Castiel hocha la tête sans quitter les mains de Dean des yeux. Il finit par les décroiser et le jeune avocat aperçut alors une alliance qui brillait à son annulaire gauche. Dean était marié. Castiel n'aurait pas du trouver cette information décevante. Ou même lui accorder le moindre intérêt. Mais il ne pouvait toutefois s'empêcher d'être déçu. Il n'était toutefois pas étonné. Dean était un homme incroyablement séduisant, riche et intelligent. Il n'y avait aucune raison pour qu'il soit célibataire.

- C'est un sacrifice important et il n'y a aucune honte à ne pas être en mesure de l'accepter. Il existe des centaines d'avocats brillants qui ont su se contenter d'un cabinet moins important que le notre pour avoir l'opportunité de cumuler une vie de famille. Je peux les comprendre et je ne les en blâme pas. Mais les meilleurs sont ceux qui ont su mettre le reste de leur vie entre parenthèses les premiers temps et n'avoir comme objectif que leur carrière et leur réussite. A vous de déterminer dans quelle catégorie vous vous trouvez. S'il s'agit de la première, alors quittez ce cabinet aujourd'hui et ne vous retournez surtout pas. Si vous choisissez de rester alors soyez conscient de tout ce que cela implique et donnez vous à fond.

Castiel était tout à fait prêt à faire ce sacrifice. Il l'avait accepté dès le début de ses études. Il n'avait pas voulu avoir de vie personnelle justement pour ne pas être distrait et pouvoir se concentrer uniquement sur sa vie professionnelle. Quelques mois de plus ne changeraient rien. Mais il ne pouvait toutefois pas s'empêcher de se demander à quel moment Dean avait arrêté de ne se soucier que de son travail pour trouver la personne qu'il avait épousé. Et quel rôle cette femme jouait aujourd'hui dans sa vie. Il ne pouvait bien sûr pas poser la question. Mais il restait extrêmement curieux.

- J'ai accepté de faire ce sacrifice le jour où j'ai commencé mes études de droit. Je sais ce qu'il m'en coûtera si je veux réussir. Et parce que je veux devenir le meilleur, je consacrerais tout mon temps à ce cabinet et à mon travail. Vous pouvez compter sur moi.

Dean hocha la tête puis lui fit un signe de la main qui signifiait qu'ils en avaient fini. Castiel jeta un dernier coup d'œil à son alliance avant de se lever de sa chaise. Il emporta le dossier avec lui et prit la direction de la porte du bureau. Ce ne fut que lorsqu'il eut posé la main sur la poignée qu'une idée lui vint en tête, le stoppant net.

- Vous savez déjà parfaitement ce que vaut cette société n'est-ce-pas ? Demanda t-il en se tournant pour regarder à nouveau Dean.

Il avait un large sourire sur les lèvres et semblait amusé par ce que Castiel venait de dire.

- Je ne serais pas moi si je n'avais pas déjà étudié ce dossier en long et en large.

- Alors pourquoi me le confier ? Est-ce qu'il s'agit d'une forme de test ? Qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que j'en arrive aux mêmes conclusions que vous pour vous conforter avant votre rendez vous ou au contraire que je prouve que vous avez eu tort pour me faire ma place ici ?

Dean rit à nouveau et Castiel ne put s'empêcher de sourire à son tour. Il était évident que Dean ne se moquait pas de lui.

- Je ne me trompe jamais Castiel. Je ne serais pas le meilleur si c'était le cas. Mais je ne demande qu'à être surpris. Si vous parvenez à une autre conclusion que la mienne et que votre choix est suffisamment argumenté, alors vous serez le premier à m'avoir mis en défaut. Et croyez moi, je saurais reconnaître mon erreur. Je vous laisserais même participer au rendez vous si c'est le cas. Mais je suis sûr de moi.

- Il s'agit donc d'un test.

- Tout ne sera que test pendant les prochaines semaines Castiel. Nous n'engageons pas n'importe qui et nous nous assurons toujours que notre choix est le bon. Attendez vous à être jugé par d'autres que moi. Mais commencez par me rassurer. Ce sera déjà un premier pas.

Castiel acquiesça alors. Il avait senti que ce dossier était un test dès le début. Mais à présent, c'était devenu un vrai challenge pour lui. Il n'avait aucune idée de la conclusion à laquelle Dean était arrivé en étudiant cette société. Il n'avait pas le moindre indice sur la réponse qu'il attendait de lui. C'était de toute façon préférable. Il ne voulait pas dire à Dean ce qu'il voulait entendre. Il voulait l'impressionner. Et pour cela, il devait travailler objectivement et ne surtout pas se laisser influencer pour l'opinion de son patron.

- Qu'est-ce que j'obtiendrais si j'en arrive à la même conclusion que vous ? Demanda t-il alors.

Il savait qu'il n'était pas en droit d'exiger quoi que ce soit de Dean. Il ne devait surtout pas s'attendre à des félicitations juste parce qu'il avait fait son travail.

- Comment ça ?

- Vous venez de me dire que si je réussissais à vous convaincre que vous aviez tort, vous me laisseriez assister à votre rendez vous. Je me demande juste si j'ai quelque chose à gagner en parvenant à la même conclusion que vous.

- Ma reconnaissance est un bon début. Et ne pas vous faire renvoyer dès votre premier jour devrait être une motivation suffisante non ?

Castiel savait à présent qu'il avait eu tort de poser cette question. Il était évident que Dean n'avait pas apprécié qu'il sous entende que son travail méritait une récompense. Lui qui avait voulu faire bonne impression avait clairement fait un faux pas. Il allait devoir se reprendre s'il ne voulait pas se mettre son patron à dos dès le premier jour.

- C'est une motivation plus que suffisante oui, confirma t-il. Je suis désolé d'avoir posé la question. Et je vais vous laisser tranquille maintenant.

- N'oubliez pas de prendre rendez vous pour me rendre vos conclusions, rappela Dean en détournant le regard.

Castiel choisit de ne rien ajouter. Il en avait déjà fait suffisamment. Il poussa donc la porte du bureau puis la referma doucement derrière lui. Dean était déjà occupé à étudier un autre dossier. Il ne lui jeta pas le moindre coup d'œil durant sa sortie. Castiel grimaça avant de s'approcher de Kevin.

- J'étais prêt à vous féliciter pour ce premier face à face. Peu sont ceux qui ne commettent aucune erreur quand ils sont face à Dean pour la première fois.

Castiel fronça les sourcils, surpris. De toute évidence, Kevin écoutait soigneusement les conversations de son patron. Il ne savait pas si Dean était au courant et il n'était de toute façon pas question de le lui signaler. Il avait visiblement confiance en Kevin et s'opposer à lui ne ferait que le mettre en porte à faux avec son patron.

- Il sait que j'écoute vous savez, assura Kevin en cliquant sur la souris de son ordinateur. Il m'encourage même à le faire. Cela lui évite d'oublier un détail important quand les réunions s'éternisent.

Castiel se demanda alors si Kevin était le seul à écouter les conversations de son patron ou si Jo avait l'autorisation de Sam de le faire aussi. Il choisit de ne pas poser la question. Il finirait probablement par le savoir de toute façon.

- Il oubliera votre petite erreur si vous lui rendez un rapport parfait.

- Vous croyez vraiment qu'il ne m'en tiendra pas rigueur.

- Dean n'est pas rancunier. Il n'oublie jamais rien mais il pardonne. Montrez vous à la hauteur et tout sera réglé.

Castiel avait plus encore la pression à présent. Mais il se sentait parfaitement capable de la supporter. Il savait qu'en choisissant ce cabinet, il aurait rapidement d'importantes responsabilités. Que la moindre erreur pouvait lui coûter son poste. Il l'avait choisi aussi un peu pour ça. Ceux qui réussissaient ici étaient capables de réussir partout ailleurs.

- Il pourra vous recevoir à nouveau vers 11h30. Ne soyez pas en retard.

Castiel le nota dans un coin de sa tête. Il avait trois heures pour étudier ce dossier et rendre ses conclusions. C'était peu mais cela allait devoir suffire. Dean ne le lui aurait pas confié cette tâche si elle n'était pas faisable. Il n'avait toutefois pas de temps à perdre. Il salua Kevin puis s'apprêtait à retourner à son bureau quand le jeune homme reprit la parole.

- Dean n'est pas quelqu'un de méchant. Il est exigeant oui. Il peut parfois paraître un peu brusque et froid. Mais il sait également être reconnaissant. Si vous faites du bon travail et que vous lui donnez satisfaction, il n'aura aucun mal à l'admettre. Il vous soutiendra quand votre période d'essai sera terminée.

Castiel fut soulagé de l'entendre. Il voyait les propos de Kevin comme un encouragement. Comme une motivation supplémentaire.

- Ce cabinet est toute sa vie … c'est son bébé. Les gens qui en font parti … que ce soit le garde à l'entrée du bâtiment ou les autres avocats seniors … il les voit comme des membres de sa famille. C'est aussi pour ça qu'il est aussi exigeant avec eux. S'ils le déçoivent alors cela devient personnel et il le voit comme un échec. Comme une trahison. Ce cabinet est sans nul doute la chose la plus importante dans sa vie.

Castiel n'en aurait probablement pas douté s'il n'avait pas vu l'alliance au doigt de Dean.

- Il est marié pourtant, intervint-il.

- Le cabinet restera toujours sa priorité. Tout le reste passe en second.

- Mais …

- Mais rien du tout. Et de toute façon, cela ne vous concerne pas. Maintenant, je vous conseille de vous mettre au travail. Si vous venez à le décevoir, vous aurez affaire à lui … et à moi. Croyez moi, il est préférable pour vous que je sois de votre côté.

Castiel n'en doutait pas une seconde. Il était évident que Kevin était extrêmement important pour Dean. Il était sans nul doute celui en qui son patron avait le plus confiance. Et il n'aurait pas été surpris que son opinion compte également dans le choix de garder un employé ou non. Castiel allait avoir besoin de se mettre Kevin dans la poche. Et Jo. Crowley et Sam. Il avait du travail devant lui. Mais également une motivation énorme et une détermination à toute épreuve.

Il salua Kevin puis s'éloigna finalement de son bureau. Il rejoignit le sien rapidement et s'installa aussitôt sur sa chaise. Il ouvrit le dossier que Dean lui avait donné et commença à le lire.

- Alors ? Comment c'était ? Demanda Gabriel à côté de lui.

Castiel haussa les épaules. Il n'avait pas de temps à perdre à discuter avec lui mais il ne voulait pas non plus se montrer méchant. Il n'était pas ici pour se faire des amis. Mais Gabriel était employé du cabinet depuis un moment maintenant et l'avoir de son côté pourrait s'avérer être un avantage sur le long terme.

- Repose moi la question quand je lui aurais rendu mes conclusions.

- Il t'a confié un dossier ?

Castiel hocha la tête sans lever les yeux du document qu'il tentait de lire.

- Tu dois être sacrément bien vu alors. Je ne l'ai rencontré pour la première fois que trois semaines après mon arrivée.

Gabriel semblait réellement impressionné. Castiel choisit toutefois de ne pas trop s'en soucier. Dean lui avait effectivement dit qu'il était une exception. Qu'il n'avait été invité à travailler sur ce dossier que parce que Sam avait été particulièrement impressionné par lui et que Dean voulait donner raison à son petit frère. Mais il préférait ne pas y penser pour le moment.

- Je ne serais plus là dans trois semaines si je ne l'impressionne pas sur ce dossier, déclara t-il alors.

- Compris, je te laisse tranquille, répliqua Gabriel aussitôt.

Castiel leva alors les yeux vers lui. Il espérait ne pas l'avoir blessé. Il était juste un peu stressé.

- Je suis désolé. Je ne voulais pas …

Gabriel leva la main dans sa direction pour le faire taire. Ce que Castiel fit aussitôt.

- Ne le sois pas. Et si tu as besoin d'aide ou si tu as des questions, n'hésite pas. Je sais bien que les autres pensent qu'ici c'est chacun pour soi mais je ne suis pas comme eux. On a tous besoin d'un allié et je peux être le tien si tu le souhaites.

- Avec plaisir.

Castiel ne savait rien de Gabriel. Mais s'il était là depuis trois ans, c'était probablement parce qu'il avait donné satisfaction jusque là. Il avait également l'avantage de savoir comment le cabinet fonctionnait et ce qu'il était important de faire ou non. Castiel avait tout intérêt à l'avoir de son côté s'il voulait avoir une chance de réussir. Il lui sourit donc pour lui faire savoir qu'il lui était reconnaissant avant de se replonger dans la lecture de son dossier. Le temps continuait de défiler et il avait une chance de marquer des points avec Dean. Il n'avait pas l'intention de la laisser lui échapper.