DISCLAIMER Bleach ne m'appartient pas.

Chapitre 1

Il était seul. Assis sur son lit, ou du moins il le pensait, face à un mur vierge. Le regard perdu, la vie perdue, les émotions en ébullition. Il voulait crier comme il voulait pleurer. Il pouvait sentir ses mains trembler, son visage était figé dans la douleur comme les souvenirs l'assaillaient. Violemment. Incapable de se défendre, sans arme, sans volonté de se protéger. Était-ce sa faute ? Ses amis ne voulaient plus le regarder, ils ne voulaient plus lui parler, étaient-ils amis ? Était-il un monstre ? Sa tristesse le tourmentait dans un éternel cauchemar dont il n'arrivait pas à s'extirper. Et soudainement, des gouttes d'eau, des larmes, coulèrent sur son visage. Les cris recommencèrent, ces cris si familiers, si douloureux, était-ce sa faute ?

Ichigo était un enfant solitaire. Un enfant moqué et insulté par ses camarades en raison de la couleur de ses cheveux. Il était souriant, il était heureux avant la mort de sa mère. Celle qui apportait le sourire sur son visage. À la mort de sa tendre mère, tuée par un Hollow, la relation avec son père a pris une autre tournure. Même si les jumelles ne l'ont jamais su, Ichigo avait très rapidement compris la différence de comportement de son père quand ses sœurs étaient la même pièce et quand elles n'étaient pas. Combien de temps a-t-il été effrayé ? Combien de fois son père ivre l'a-t-il frappé ? Il a cessé de compter. Son père le détestait, le blâmait pour la mort de sa femme. Il a grandi amer. Il était devenu à la fois calme et violent. Il était calme autour de ses amis, des amis qui ont su ne pas se moquer de lui ou de l'insulter, et violent envers ceux qui lui voulaient du mal. Les traces de son enfance n'étaient pas lointaines, les bagarres ou plutôt les massacres. Combien de fois était-il rentré chez lui couvert de bleu avec du sang sur le visage ? Ichigo n'était pas un sain. Son propre père ne s'occupait pas de lui, voir l'ignorer la majorité du temps sauf quand il était ivre. Ichigo se blâmait pour la mort de sa mère, il se blâmait pour être un monstre.

Ichigo avait été toujours conscient de l'autre monde. Celui des fantômes, des dieux de la mort, des monstres blancs. Et tout ça avant même que Rukia n'arrive. Le jeune homme n'avait jamais espéré quelque chose ayant abandonné tout espoir. Jeté dans la fosse aux loups, n'ayant aucun autre choix que de se battre. S'il avait voulu sauver Rukia, c'était simplement parce que celle-ci avait sauvé ses sœurs. Il en était reconnaissant. Il n'avait jamais voulu être envoyé dans une guerre. La guerre… Les souvenirs le détruisaient un peu plus chaque jour, la nuit était terrible, il pleurait comme il se débattait. Les souvenirs de ses amis, de ceux qui lui ont tourné le dos, de ceux qui l'ont abandonné pour son propre bien, et ses cris résonnaient. Le sang comme la mort, incapable de se reposer, incapable de se détendre, il luttait comme s'il luttait encore. Les larmes coulaient sur son visage comme les coups pleuvaient, Ichigo avait perdu, il avait cessé de se battre. Seul face à un monde qui le blâmait.

La lumière du soleil pénétra la pièce au petit matin, avec difficulté et douleur le jeune homme ouvrit les yeux. Il s'assit doucement remarquant que son pyjama était tâché de sang, que ses bras et son torse étaient remplis de bleu. Encore, pensa-t-il. Il ouvrit son armoire – où Rukia dormait autrefois – et prit ses deux sacs – dont l'un était son sac de cours – pour faire ses affaires. Un chuchotement atteignit son oreille. Qui était-ce ? Il écouta un instant mais il n'entendit rien. Ichigo plia ses vêtements les emballant dans le grand sac, il combla ce dernier avec tous ses bibelots. Dans son sac de cours, il y rangea ses affaires d'école, son vieux doudou, et ses papiers. Le jeune homme cacha les sacs dans son armoire et alla prendre une douche. Quelques minutes plus tard, vêtu de vêtements propres, il jeta un coup d'œil au réchaussé. La voie était libre. Il remonta prendre ses sacs et quitta la demeure familiale.

Ses amis, ou ex-amis, partaient pour des villes universitaires japonaises. Lui ? Il partait à l'étranger. Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire mais il avait été accepté dans une université aux États-Unis. Son anglais était parfait, lui avait sa professeure d'anglais avec un sourire, donc il n'avait pas de soucis à faire. Diplômé dans les premiers, car il s'était focalisé pendant des nuits entières sur ses études malgré les cauchemars et les coups d'ivresse de son père, et Ichigo était plutôt content de quitter la ville pour de bon. Son anniversaire, comme les autres, avait oublié par son père mais aussi par ses ex-amis.

Il acheta son billet. Le train était à l'heure, comme toujours – c'était une particularité japonaise – il monta à l'intérieur et s'installa sur un siège. Le voyage fut long, le train s'arrêta a Tokyo là Ichigo prenait son avion. Il y avait au moins dix heures d'avion pour arriver à Los Angeles. Sans le savoir, le jeune Vizard se rendait à l'emplacement du groupe de Vizard – ceux qui avaient été les seuls à être honnête – ces derniers y étaient depuis un moment. Ils guérissaient des blessures qu'ils avaient reçu durant la guerre. Très fatigué, épuisé mentalement, le jeune Vizard arriva à Los Angeles. Le jeune homme ignora les regards étranges des gens et s'avança vers la route pour obtenir un taxi. Avec un sourire fatigué, il parla à l'un des chauffeurs.

Le véhicule l'emmena à l'hôtel le plus proche, Ichigo le remercia en le payant. Le jeune Vizard demanda une chambre pour une seule nuit. Il paya immédiatement et alla se poser même s'il savait que la nuit allait être compliquée. Étonnement, Ichigo dormit six heures sans interruption. Il était plutôt content de ce fait. Le jeune Vizard quitta l'hôtel après un bon petit déjeuner. Ichigo se rendit à son université pour bien préparer la rentrée qui sera en septembre. Au lieu de prendre une chambre au campus universitaire, le jeune homme préféra louer un appartement et obtenir un job pour combler le tout.

XXX

Kuna Mashiro était une Vizard. Autrefois elle était une Shinigami, lieutenant de la neuvième division. Depuis la fin de la guerre froide, elle était coincée au repos – par Hachi – sans possibilité de s'entrainer. Ce qui n'était pas drôle. Mashiro passait des journées entières à se ressasser le passé, en particulier les moments avec le jeune Vizard Ichigo. Elle était enfantine mais elle n'était pas stupide. Lorsqu'elle l'avait vu la première fois, c'était lorsqu'ils avaient décidé de l'observer un peu avant de l'approcher, elle avait su tout de ce suite qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Lorsqu'elle le vit une seconde combattant Hiyori, elle vit un bref mouvement de recule lorsque son amie l'a touché.

Ce n'était pas rien. Mashiro l'avait donc bien observé pendant les entraînements, et elle en avait conclu que le « Ichigo protecteur » n'était qu'une façade. La façade de quelqu'un brisé. Mashiro éprouva une curiosité sans pareille envers le plus jeune et découvrit un bon nombres de choses que même les « amis » de Ichigo ne savaient pas. Depuis la fin de la guerre, Mashiro se demandait comme il allait ne croyant pas les réponses que Kisuke apportait au téléphone. Comment pouvait-il savoir ? Il ne connaissait rien de Ichigo ! Elle ferma les yeux essayant de se calmer, la rage était présente, et elle était rarement énervée.

Hirako Shinji regarda Mashiro. Curieux, il se demandait ce qui pouvait bien la mettre en colère ces temps ci. Bien qu'il avait une réponse. Il savait que la curiosité de Mashiro était difficile à satisfaire, il l'avait observé de loin. Il l'avait vu se reprocher du jeune Vizard – Ichigo – et prendre lentement conscience de la véritable personnalité du plus jeune. Shinji, en tant qu'ancien capitaine, l'avait immédiatement vu. Cette façade, ce masque invisible que le plus jeune portait, et donc lui et les autres Vizard s'étaient doucement rapprochés de lui malgré les divers événements.

Il s'arrêta, les mains dans les poches, comme il sentait une présence familière. Était-il là ? Comment allait-il ? Lui non plus ne croyait pas aux réponses de Kisuke. Comment pouvait-il savoir ? Shinji remarqua que Mashiro s'était levé, elle se dirigea vers la sortie de la maison. Sans un mot, il la suivit. Mashiro se tourna vers lui, il haussa des épaules, et les deux poursuivirent leur chemin jusqu'au jeune Vizard. La peau pâle, des cernes autour des yeux, des yeux ternes, Ichigo était l'ombre de lui-même.

Incapable d'avancer la vie, le jeune Vizard avait été incapable de parler à un agent immobilier. Qu'allait il faire pour la rentrée ? Ichigo s'assit sur un banc tenant ses deux sacs fermement. Un long silence s'en suivit. Le jeune Vizard se figea lorsqu'une voix familière chuchota dans sa tête. Puis il leva la tête vers les deux Vizard – Mashiro et Shinji – tous les deux semblaient en colère. Contre qui ? Contre lui ? Était-ce sa faute ? Était-il un monstre ?

« Ichigo. »

Le ton était calme, il était également ferme. Avait-il fait quelque chose de mal ? Il sentit la tristesse l'envahir, les larmes menaçaient de couler. Shinji vit ses yeux se mouiller, vit la terreur se répandre sur son visage. Qui avait causé autant de douleur sur le jeune Vizard ? Il voyait les mains du plus jeune trembler.

« Tu te souviens de ce que je t'ai dis ? »

Le silence lui répondit. Ichigo ne comprenait pas. N'était-il pas en colère contre lui ? Pourquoi parlait-il avec un monstre tel que lui ?

« Nous, on n'abandonne pas notre Famille. »

Et les mots firent son effet. Ichigo écarquilla les yeux comme les larmes coulaient, comme le souvenir d'une promesse cachée le frappa de plein fouet. Ce jour-là, lors de leur première rencontre, Shinji avait prononcé ces mots, cette promesse cachée.

XXX

Il reposait dans une chambre. Ses affaires ont été soigneusement rangé. Hachi avait travaillé sur lui pendant de longues heures pour, au final, annoncer un bilan de santé alarmant. Le corps du jeune Vizard était fatiguée et affaibli à cause du manque de nourriture, de sommeil, et des coups. Des marques et des cicatrices se trouvaient un peu partout sur le corps du plus jeune. Mashiro serra les points en se souvenant de sa découverte. Ichigo avait bu un verre d'eau avec un somnifère à l'intérieur le plongeant dans un sommeil sans rêve.

Le mensonge de leur vieil ami pesait sur leurs esprits. Comment osait il faire ça ? S'ils avaient su ça plus tôt, ils l'auraient pris avec eux. Lisa, ancienne lieutenant de la huitième division, fouilla dans ses affaires trouvant ses papiers. Ils découvrirent que Ichigo s'était inscrit à la rentrée dans une université américaine, pour une seule année. Il avait fini dans les premiers dans son lycée. Ichigo était parti sans laisser un mot à ses « amis ». Par ailleurs, ils se doutaient de quelque chose concernant ces fameux « amis ».

« Que fait-on ? » demanda Love, un soir, après le repas.

« On ne dit rien. On aide Ichi à se remettre même si ça prend des années. » répondit Lisa les bras croisés.

« Je suis d'accord. Par contre, il y a des zones d'ombre. Par exemple, les sœurs d'Ichigo. » fit Rose, assis sur le canapé.

« Le mieux c'est d'attendre. Surtout avec l'autre dégénéré. » protesta Mashiro attirant l'attention de ses amis.

« L'autre dégénéré ? » demanda Kensei n'aimant pas ce qu'elle sous entendait.

« Son père. » répondit Mashiro d'un ton sérieux.

La conversation aurait pu continuer si ce ne n'était pas le réveil de Ichigo. Ce dernier se tenait, confus, sur le seuil de la porte.

L'heure n'était pas à l'information. L'heure était au réconfort.