Une fois qu'elle sait qu'elle n'est plus dans le champ de vision de Severus, elle se transforme en chat et court le plus rapidement possible vers le Saule Cogneur. Elle appuie sur le nœud de la racine qui immobilise l'arbre violant et s'engouffre dans le passage pour rejoindre la Cabane Hurlante.

Ariel se roule en boule dans le lit de la chambre de la cabane en essayant de vider son esprit pour Occluder la douleur. Quelques minutes plus tard, elle entend un bruit de claquement, signe de transplanage et elle se faufile comme une ombre sous le vieux lit en ruine. Elle ressort doucement quand elle voit que c'est Sirius qui est apparut dans la pièce.

- Ébène, qu'est-ce que tu fais là? Demande son frère en la prenant doucement dans ses bras.

Comme le chat refuse de reprendre forme humaine et que Sirius ne veut pas la forcer, il répare le lit d'un coup de baguette et s'installe dedans avec le petit chat noir contre lui.

- Si c'est Servilus qui t'a fait du mal je…

Mais un grondement sourd et menaçant du petit félin lui fait comprendre de ne pas finir sa phrase.

- Est-ce que c'est père ou mère qui t'ont mis dans cet état?

Le félidé se blottit un peu plus contre lui en miaulant pitoyablement.

- Et si… et si tu te sauvais? Lui propose Sirius. Il y a assez de place chez James pour que tu viennes habiter avec Harry et nous. Qu'est-ce que tu en penses?

- Je ne peux pas faire ça, Siri, dit Ariel qui revenait de prendre forme humaine. Tu ne peux pas juste… juste être là?

- Bien sûr, petite lune, je peux faire ça.

Ariel finit par s'endormir contre son frère avec des stries de larmes sur ses joues dans un silence bienvenue.

Toute la semaine, c'est la mort dans l'âme que Ariel suit tout ses cours. Elle évite Severus comme la peste et il semble comprendre son besoin de prendre de la distance. Pendant les cours de potions de mardi, jeudi et vendredi, il ne lui demande jamais de rester après la classe, quoi que se n'est pas l'envie qui manque.

Le samedi matin, Sirius avait réussi à convaincre Ariel de le laisser l'accompagner à son rendez-vous à Gringotts pour la signature du contrat de fiançailles et de mariage avec ce fameux Lord Prince. Une fois dans le salon privé, Lord et Lady Black fusillent leur fils aîné du regard alors qu'il s'installe à côté de sa sœur. Quelques instants plus tard, un homme de plus ou moins 20 ans entre dans la pièce avec Grognac, le conseiller Gobelin des Black.

- Nous sommes ici pour signer le contrat de fiançailles et de mariage entre Lady Black et Lord Prince qui unirons leurs familles. Tout le monde est d'accord avec ça?

Ariel acquiesce sans ouvrir la bouche et sent la main de Sirius prendre la sienne en signe de soutien. Ils en avaient déjà parlé en long et en large et la condition que lui avait imposée Ariel pour qu'il vienne avec elle, était de ne pas saboter cette union. C'était la consécration de la famille Black qui se jouait là. Quand toutes les closes des contrats sont énumérées et expliquées, Lord Prince demande quelque chose d'inattendu avant d'accepter de signer les parchemin.

- Lady Black, j'aimerais vous parler en privé, un moment.

Sa mère, Walburga, lui jette un regard lourd de sens avant d'hocher la tête pour accepter.

Ariel suit donc son futur époux dans la pièce à côté. Sous ses yeux écarquillés, Lord Prince retire une chaine en argent autour de son cou et ses traits se modifient peu à peu. Ses cheveux noirs s'allongent un peu, son nez fin devient busqué avec une bosse dessus, ses yeux indigos deviennent noirs comme l'ébène, ses lèvres deviennent un peu plus fines, ses pommettes sont plus hautes et son visage en général devient plus sévère.

- Sev… Severus? Qu'est-ce qui se passe? Demande la jeune fille sans comprendre, en fronçant des sourcils.

- Tu ne t'en doutes pas? Lord Prince, c'est moi. Quand je t'ai dit qu'il avait probablement accepté cette union pour toi, c'était vrai. Peut importe la famille d'où tu viens, je l'aurais demandé. Ariel, si je t'ai amené ici, avant la signature, c'est pour être honnête avec toi et savoir si tu acceptes de passer le reste de ta vie avec moi.

- Mais… Lily?

- Oublies Lily, dit doucement Severus en s'approchant d'elle. C'est toi que je veux épouser et personne d'autre. Quand je suis parti en France pour ma Maîtrise, c'est toi qui me manquait, c'est toi que j'étais impatient de revoir. C'est à toi que je rêvais la nuit, c'est ton odeur vanillée qui m'obsédait, ce sont tes yeux sur moi qui me faisaient sentir exister. C'est contre toi que j'avais envie de dormir. Mais si ce n'est pas ce que tu veux, nous retournerons là-bas, nous annulerons cette réunion et je redeviendrai ton enseignant.

- NON! Non. Je… je ne veux pas annuler, dit Ariel avec un regard alarmé. Je... j'en ai envie aussi Sev, depuis si longtemps. Si tu savais depuis combien de temps je rêve de ça. Depuis que tu m'as ramené mon carnet de potions, en fait. Je t'en pris Sev, ne joues pas avec moi.

- Je n'en ai jamais eu l'intention, Ariel, jamais.

C'est alors que Ariel n'y tient plus et lui saute au cou pour un baiser passionné et langoureux que Severus se fait une joie de lui répondre.

Quelques secondes plus tard, la porte de la pièce s'ouvre pour faire entrer Sirius qui les regarde avec un sourire goguenard.

- Alors, les tourtereaux, vous venez les signer ces papiers ou pas?

- Tu… tu le savais? Demande la jeune fille, incrédule.

- Qui tu crois qui lui a fait ces enchantements sur la chaine pour changer son apparence? James s'est occupé de la métamorphose, Remus des runes sur la chaine et Peter et moi des détails. Quand Severus aura finit son année scolaire, il prendra une potion pour rester comme ça de façon définitive pour assister aux séances du Magenmagot sans que Malefoy ne lui tombe dessus à chaque fois qu'il le voit.

- Je… je peux faire une demande spéciale? Demande malicieusement la jeune fille.

- Tout ce que tu veux.

- J'aimerais vraiment que… que tes yeux ne changent pas…

- Ça peut se faire, dit doucement le Maître des Potions en posant un baiser sur la tempe de la jeune fille.

- Merci, Sev.

Ils quittent donc la pièce pour signer les contrats et unir leur vie pour le reste de leur existence.

Fin